30 mars 2015
28 mars 2015
« Pas de ça chez nous »…on dirait du Sarkozy dans le texte
Un ami d’origine maghrébine
m’affirme que la déception des jeunes « rebeus » est telle vis-à-vis de la
gauche et de la droite républicaines qu’ils s’apprêteraient, peut être pas tous
heureusement, à voter pour le FN ce dimanche, histoire de donner « un coup de
pied dans la fourmilière ». Et pourtant. Comme dans une ruche, une fourmilière
est un monde organisé, hiérarchisé, où chaque individu ne dépend que de l’attitude
des autres affirmant ainsi une solidarité sans faille entre tous les membres de
la collectivité. La taille même de chaque individu est fonction de l’utilité
commune. Le tout servant à faire perdurer la colonie, à la faire grandir, à
assurer sa subsistance et sa sécurité. Donner un coup de pied dans la fourmilière
reviendrait donc à semer le désordre, la peur, l’angoisse, à déstructurer la
colonie dont les individus seraient perdus…ce qui n’est que provisoire car les
insectes savent, par bonheur, se reconstituer rapidement et ailleurs. Ce qui n’est
pas toujours le cas au sein des colonies humaines.
Loin de moi l’idée de
comparer notre société à une ruche ou une fourmilière. Je sais que certains économistes
flattent l’organisation des hyménoptères dont il faudrait s’inspirer. Mais il s’agit
d’un anthropomorphisme déplacé. Les jeunes « rebeus » devraient y regarder
à deux fois avant de commettre un geste citoyen libre, certes, mais lourd de
conséquences. Car ce que n’affirme pas péremptoirement Marine Le Pen, Sarkozy
le fait à sa place : pas de menu de substitution dans les cantines
scolaires ! Absence de liberté de choix ! Plus de voile pour les étudiantes
à l’université ! S’ils ne sont pas contents qu’ils aillent dans le privé
confessionnel ! Et que je t’en remets une louche. Au point d’indigner même
des ténors de l’UMP comme Fillon, Juppé…ou Rachida Dati qui demande « qu’on arrête le délire. »
Le mot est bien choisi.
Sarkozy délire. Et certains Français l’approuvent. Il est tellement sûr de
lui, tellement certain de gagner la prochaine présidentielle qu’il ne prend
plus de gants pour asséner ses vérités partagées par les électeurs communs au
Front national et à la droite forte. Mais le « Pas de ça chez nous » crié à la
face d’une jeune femme enceinte de huit mois, portant le foulard et agressée physiquement,
hier, par deux voyous fanatiques devrait pourtant être un signal d’alerte.
« Chez nous » comme si ces
deux voyous pouvaient se revendiquer de la France éternelle, celle des lumières
et des droits de l’homme. Comme si la Laïcité à la sauce Le Pen n’avait d’autre
objectif que de défendre l’espace public pour en interdire l’accès aux
kippas, aux djellabas et aux autres tenues religieuses portées par qui le veut
quand il ou elle le veut. Les Français musulmans ont autant de droits que
les autres. Pas plus, mais pas moins. Ils sont nos compatriotes et doivent
pouvoir circuler librement dans toutes les rues de nos villes. Avec ou sans
foulard sur la tête.
Des responsables du CFCM (Comité
français du culte musulman, d’ailleurs constitué à la demande de Nicolas
Sarkozy) accusent les politiques imprudents ou pyromanes de jeter de l’huile
sur le feu. D’attiser des braises toujours chaudes. Et cela, bien évidemment,
à la veille du second tour d’une élection. Ils ont raison, tout cela recèle des arrières pensées. Le « Pas de ça chez nous » illustre parfaitement
la volonté de marginaliser, stigmatiser, rejeter, tous thèmes à l’œuvre à l’extrême
droite. Jouer sur des réflexes d’exclusion, voilà la nouvelle politique qu’on
nous propose. Comme à Hénin-Beaumont où la ligue des droits de l’homme a été
expulsée de son local, comme à Béziers où la liste des associations subventionnées
a été revue à la baisse. Quand on pense que dimanche, ces gens-là sont bien capables de
gagner quelques cantons. Misère.
26 mars 2015
Les résultats du premier tour des élections départementales dans les bureaux de la ville de Louviers
A la demande de plusieurs de mes lecteurs, je publie le tableau des résultats du premier tour des élections départementales dans les huit bureaux de la ville de Louviers. Pour le rendre plus lisible, cliquez sur l'image.
Jean-Louis Destans a eu le tort de s'opposer à Gérard Grimaud, il en paie le prix fort
Je ne suis pas un adepte de
la langue de bois et même si ce que j’écris dérange parfois mes amis
socialistes, il me semble utile de mettre le doigt là où cela fait mal. Pas par
masochisme ni volonté de nuire mais parce que je juge utile de dénoncer certains
faits ou de commenter certaines déclarations.
Ce matin, je suis notamment
surpris d’une déclaration, lue dans La Dépêche. Etonné des phrases qu’aurait prononcées
Jean-Louis Destans, au lendemain de sa défaite aux élections départementales
dans le canton de Brionne. Il affirme : « Je suis battu, c’est un sentiment difficile. J’assume sans amertume.
On paie la division entre le Front de gauche et le parti socialiste car si on
additionne les scores on serait arrivé en tête…» A qui la faute ? Qui dit division, dit
responsabilité de cette division. C’est ce fait que je veux analyser même si,
sur le plan national, le Front de gauche a préféré des alliances avec
Europe-Ecologie-les-Verts plutôt qu’avec le PS vilipendé pour sa politique nationale.
Les conseillers généraux
sortants du Front de gauche appartenaient à la majorité de gauche du conseil général
sortant présidé par Jean-Louis Destans. Dans le cadre des discussions engagées
par les partis de gauche avant le premier tour, les sortants du Front de gauche
exigeaient du PS qu’il ne présentât pas de candidats socialistes contre eux. C’était
le cas à Brionne avec Gérard Grimaud, à Pont-de-l’Arche avec Gaétan Levitre, à
Saint-André avec Andrée Oger. L’affaire s’est corsée lorsque Jean-Louis
Destans, député de la circonscription de Brionne a souhaité se présenter dans cette dernière aux élections départementales alors qu’il avait été élu conseiller général
de Pont-Audemer dont le canton était situé hors de sa circonscription. On peut
comprendre la volonté de cohérence du président sortant mais cette cohérence
entrait en conflit avec la situation politique globale et locale. Une situation peu
favorable au PS et surtout directement orientée contre le sortant communiste qui a considéré
l'attitude de Jean-Louis Destans comme un casus belli. Elle a eu des conséquences dans d’autres
cantons puisqu’à Pont-de-l’Arche, par exemple, Richard Jacquet (maire PS) s’est
présenté contre Gaétan Levitre (PCF) alors qu’un terrain d’entente entre eux
aurait pu être trouvé.
Ce qui devait arriver, comme
je l’avais d’ailleurs indiqué sur ce blog, arriva. Jean-Louis Destans a été
distancé par le conseiller général sortant et éliminé dès le premier tour faute
d’avoir recueilli 12,5% des électeurs inscrits. Voilà son travail et celui de
sa majorité de gauche, un travail réel, efficace, novateur, engagé depuis 2001
remis en cause faute d’une attitude lucide et réaliste.
L’action du conseil départemental
sera dorénavant conduite par la droite. Que M. Lecornu ou M. Legendre devienne
président nous importe peu. Il s’agira d’un choix partisan auquel les citoyens
sont étrangers. On jugera le futur président à l’aune de la comparaison avec
celle de son prédécesseur de gauche. Qu’il s’agisse d’action sociale, d’aides
aux communes et aux associations, de programmes routiers ou de constructions et
d’entretien des collèges, d’accords avec la région et le département de Seine-Maritime,
j’ai plus que des doutes sur la capacité de la droite à faire plus sinon
autant.
25 mars 2015
Goujat un jour, goujat toujours. Lionnel Luca se distingue une fois encore…
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| Le député UMP Lionnel Luca |
Monsieur le député Lionnel
Luca est l’élu d’une circonscription des Alpes Maritimes. Son profil Wikipédia
indique qu’il est d’origine roumaine et a été professeur d’histoire et
géographie dans des lycées privés pendant 20 ans. Qu’il soit Roumain ne me gêne
aucunement. Qu’il soit professeur dans le privé non plus. Mais il tweete. Et il
tweete souvent sans réfléchir. C’est dommage car ses tweets sont souvent, pas
toujours, d’un humour plus que discutable surtout s’il considère qu’il s’agit d’humour.
J’oubliais. M. Luca est également
membre de l’UMP mais surtout il appartient à un courant intitulé « droite
populaire ». Après son tweet d’hier, j’ignore si l’adjectif pourra continuer de
lui être accolé. Qu’a dit M. Luca ? Que François Hollande, victime d’un
week-end meurtrier pour le PS (après le premier tour des élections
départementales) était devenu un spécialiste du compassionnel suite à la
catastrophe aérienne de Seyne-les-Alpes et non La Seyne-sur-mer comme l’a
indiqué un journaliste étourdi de BFM-TV ! Et compassionnel devient, dans
la bouche de Lionnel Luca un gros mot. En versant des larmes sur les victimes
du crash, Hollande pleure sur lui-même et sur son ancien parti, voilà le message du député UMP.
Dans le Hollande-bashing,
Lionnel luca est un obsédé. Il en a parfaitement le droit et personne n’oserait
le lui contester. D’ailleurs un parlementaire a tous les droits même celui de
se tromper. Qu’il le veuille ou non, François Hollande est le président de tous
les Français depuis mai 2012. Je sais bien que pour nombre d’entre eux, c’est
injuste, illégitime et insupportable. La démocratie autorise tous les jugements
et toutes les contestations. Un élu UMP, qui plus est un supporteur de Nicolas
Sarkozy, est dans son rôle en contestant la politique d’un président
socialiste. A-t-il, pour autant la faculté de se présenter comme un homme
vulgaire et auteur, à l’évidence, d’une faute de goût ?
On me dira, François
Hollande en fait trop, et patati et patata. La France se devait et son
président avec, de recevoir les responsables des gouvernements allemand et
espagnol même si quinze nationalités ont été recensées parmi les victimes du
crash. Et à partir du moment où notre pays accueille des gouvernants étrangers,
il appartient aux autorités exécutives, aux élus et aux fonctionnaires de les recevoir
avec dignité et respect. J’apprends que des habitants des villages
avoisinant le lieu de la catastrophe sont disposés à mettre des chambres et des
chalets (sans bourse déliée) à disposition des familles venues du nord et du sud de l’Europe.
Peut-être M. Luca pourrait-il s’inspirer de leur exemple et faire preuve sinon
de compassion du moins d’un peu d’humanité. Goujat un jour, goujat toujours ?
24 mars 2015
Nonna Mayer en connaît un rayon sur le vote FN et sur les nostalgiques du Vichysme
![]() |
| Nonna Mayer |
Nonna Mayer en connaît un
rayon sur le vote FN. Voilà trente ans qu’elle ausculte ce parti politique et
essaie de comprendre et d’expliquer pourquoi l’extrême-droite française
parvient à accroître ses scores et à conquérir de nouveaux territoires. J’ai suivi
avec attention le débat organisé en direct par le journal numérique Mediapart
au soir du premier tour des élections cantonales. Nonna Mayer y était invitée à
commenter les résultats du Front national qui a obtenu près de 25 % des
suffrages.
Avec une grande lucidité et
une profonde connaissance de l’électorat du FN, Nonna Mayer explique comment
depuis 1984, le vote FN a évolué. Dans ces années-là, les électeurs de
Jean-Marie Le Pen se recrutaient plutôt dans les milieux bourgeois et chez les
nostalgiques d’une idée de la France à l’opposée de celle du général de Gaulle.
Avec le temps, le vote a conduit des citoyens d’origines diverses à donner leur
voix au parti xénophobe. Justement, la haine de l’étranger, la peur de l’autre,
est au cœur du vote FN. C’est bien pourquoi les thèmes favoris des leaders du
FN sont l’immigration, l’insécurité et le chômage qui en seraient les conséquences
directes. Même si les statistiques dont on dispose démentent ces affirmations,
de plus en plus de Français considèrent qu’il y a trop d’étrangers en France,
qu’ils bénéficient d’avantages sociaux et économiques dont seraient privés les
Français « de souche » comme dirait le président sous une forme humoristique
mal comprise. On dit même que les jeunes âgés de 18 à 24 ans se plaisent à
voter FN en révolte contre leurs parents et contre l’ordre établi ! A mon
époque, on se révoltait en manifestant aux côtés des grévistes, des sans
papiers kurdes, ou des mouvements féministes…
L’électeur FN est d’ailleurs
plutôt un homme (1) sans diplôme, il est âgé de 30 à 50 ans, vit une forme de
précarité juste au-dessus du seuil de pauvreté, habite dans les campagnes ou
les zones péri-urbaines, est sensible au « tous pourris » et au «tous corrompus»
(2) considère que la gauche et la droite ont échoué et qu’on peut donc essayer
du nouveau avec Marine Le Pen même si ses qualités pour diriger la France ne
semblent pas du plus haut niveau. La « préférence nationale » — thème fort au
FN — est adoubée tout comme le besoin d’un état fort et très administré. C’est
pour cette raison que Sarkozy peut affirmer sans barguigner que les
propositions économiques de l’extrême-droite sont semblables à celles de
l’extrême-gauche même si, personnellement, je considère qu’il s’agit là d’un abus
de langage et d’une tromperie sur l’analyse.(3)
De plus, l’électeur FN
(ancien électeur de gauche ou de droite) est aujourd’hui plus prompt à
enclencher une dynamique de mobilisation alors même que les électorats
traditionnels de la gauche, par exemple, se réfugient dans l’abstention pour
exprimer leur mécontentement. S’agissant de l’abstention, les études montrent
que les villes où le taux de chômage augmente ne sont pas celles qui
s’abstiennent le plus. Par contre le second enseignement d’une étude
conduite lors des municipales de 2014 montre un lien très net entre le niveau
de chômage et celui du FN : moins le premier est élevé, moins le second est
important ; plus le premier est fort, plus le second l'est aussi. La résolution
du problème du chômage serait donc un moyen de faire baisser le Front national…
En écoutant Nonna Mayer, on
apprend aussi que les arguments moraux et historiques ne sont d’aucune prise
sur les électeurs du FN. Ils culpabilisent de moins en moins et la réponse
qu’ils font aux sondeurs est de plus en plus en prise avec le réel de leur
vote. C’est sans doute pourquoi les instituts se sont largement trompés sur le
score obtenu par le FN lors du vote de dimanche dernier. Les instituts
donnaient de 3 à 6 points de plus au FN ce qui n’est pas rien. Odoxa a même situé
le rassemblement bleu marine à 33 % soit 8 points au-dessus de son score réel.
Les politiques et les
électeurs ne pourront pas dire, comme l’a suggéré Martine Aubry, qu’ils ne
savaient pas ce qu’ils faisaient en soutenant ou en votant pour le FN. Je me
tue (c’est une image) à répéter que l’implantation du FN dans la vie politique
française ne sera pas durable. Certes, il se passera quelques années avant que
cette secte perde ses adeptes. Mais avec le retour de la croissance et donc de la baisse du chômage et d’un
comportement respectueux des promesses de la part des partis de gouvernement,
je ne doute pas que la vague frontiste reculera jusqu’à revenir à son étiage
originel : le vote des nostalgiques du Vichysme.
(1) Même si de plus en plus de femmes votent pour Marine Le Pen.
(2) Les affaires Cahuzac et Sarkozy ont dégoûté certains électeurs du bipartisme.
(3) Marine Le Pen s'est félicitée de la victoire de Syriza en Grèce.
Le bureau fédéral de l'Eure du PS appelle à voter pour les candidats de gauche et républicains dimanche prochain
Communiqué du bureau fédéral de l'Eure du PS à l'occasion du second tour des élections départementales :
« La
nationalisation de la campagne a probablement permis de contenir la progression
du Front National et, sur certains points de notre territoire, à l’inverser par
rapport au score qu’il avait obtenu lors du dernier scrutin européen. Il faut s’en
féliciter. Toutefois cette dimension a pu permettre à une droite sans idées et
sans projet d’afficher en guise de programme, dans l’Eure comme dans le reste
du pays, la simple photocopie de tracts mensongers, vagues ou polémiques, édités
au siège de l’UMP, afin de faire oublier aux électeurs les enjeux concrets, les
enjeux locaux des élections départementales. Il faut le regretter.
Peu de
citoyens se sont souvenus que c’est la Gauche et ses élus qui leur ont proposé,
soixante-dix ans après l’instauration d’un suffrage réellement universel, de désigner
à parité entre hommes et femmes leurs représentants aux conseils départementaux.
Peu de votants ont reconnu que c’est la Gauche et ses élus, par un découpage équilibré
des cantons, qui ont mis fin au système de proportionnelle à l’hectare qui
caractérisait les anciennes élections cantonales pour donner la même assise démographique
à tous les élus départementaux. Peu d’électeurs ont observé que c’est Gauche et
ses élus qui, en imposant aux binômes de candidats de dépasser la barre des
12,5% des inscrits pour être présents au second tour, a voulu redonner de la
clarté et de l’efficacité à la gestion des collectivités départementales. Malheureusement,
seule une moitié des électeurs, 51%, a considéré, dimanche dernier, que ces réformes
démocratiques, ces principes qui ont pu nous être défavorables dans un contexte
de division, en renforçant la justice et l’égalité devant le suffrage, méritaient,
pour les saluer, de se rendre aux urnes.
Dans l’Eure,
ces réformes avaient été précédées, depuis 2001, de très nombreuses autres
avancées : pour l’éducation et le logement, pour l’emploi et le développement
économique, pour l’environnement et la modernisation numérique, pour la petite
enfance et le grand âge, pour le renouvellement urbain et la ruralité. En
quinze ans, Jean Louis Destans et les majorités qu’il a conduites ont transformé
un département qui, jusqu’alors s’endormait, coincé entre Ile-de-de-France et
littoral normand, bercé par le conservatisme de la droite et l’immobilisme de
ses notables, en terre d’innovations et de progrès.
En dernier
ressort, ce sont les électeurs eurois qui jugent. Il faut s’incliner devant
leur décision, l’accepter et la respecter. Il faut aussi en tirer les leçons.
Sans doute ne sommes-nous pas parvenus à souligner suffisamment le caractère
exceptionnel de ce bilan, ni à mettre en valeur le socle qu’il offrait pour d’autres
projets à venir. Il n’en demeure pas moins que les socialistes expriment leur
reconnaissance et leur confiance à celui qui a été leur président de Conseil Général,
faisant voter à l’unanimité 95% de ses propositions, et dont ils sont fiers qu’il
soit leur député. Par simple comparaison, la qualité de cette action qui ne délaissait
aucune partie de notre territoire, n’excluait aucune catégorie de sa
population, ne méprisait aucun engagement de ses représentants, ne tardera pas à
apparaître. A un destin collectif ce sont substitués un système sectaire et une
aventure personnelle.
Nous
remercions donc tous les électeurs qui se sont portés sur les listes de Gauche
pour ce premier tour et tous ceux qui se sont rassemblés espérant leur
victoire. Ils doivent poursuivre leur effort de conviction et de mobilisation.
Ils savent
que la gestion de leur département ne sera pas la même avec la gauche ou avec
la droite. On ne peut prôner, comme le fait cette dernière, une réduction
massive de la fonction publique, une baisse des dépenses de solidarité pour les
jeunes comme pour les aînés, la disparition des politiques culturelles et de
solidarité, et faire croire que cela n’aura aucune conséquence sur la vie
quotidienne des Eurois. Le seul débat suscité par l’UMP ne peut être celui qui
consiste à savoir qui, entre Jean-Paul Legendre et Sébastien Lecornu, aura l’honneur
de s’asseoir dans le fauteuil présidentiel.
Ils savent le risque que représente le Front National. Comme, à
toutes les élections intermédiaires, par la forte mobilisation d’un électorat
qui, dans notre département, conjugue la perte de repères que ressentent les
campagnes et les angoisses que ressentent les villes, le parti de la famille Le
Pen bénéficie, en dépit des dérapages de son fondateur, d’une surreprésentation
qui n’en fait pourtant ni le premier, ni le second parti de France, encore
moins une force d’alternance. Ségrégation raciale, fractures sociales,
isolement international, désastre économique restent les fondamentaux de sa
politique et c’est pour cela qu’elle demeure, au-delà ou malgré ceux qui y adhèrent,
un danger pour la République.
C’est
pourquoi, comme l’a fait dans ces termes le Premier secrétaire national du
Parti Socialiste Jean-Christophe Cambadélis, nous appelons les électeurs de
gauche à se mobiliser sans exception pour le second tour. Pour défendre la
solidarité face à la droite et la République face à l’extrême droite, l’Eure a
besoin que les valeurs, les idées, les actions de la Gauche continuent de se
faire entendre. C’est une cause d’intérêt général.
Il faut pour cela appeler les Eurois au soutien actif, cette semaine et
dimanche prochain, dans les bureaux de vote, des candidats de Gauche
encore qualifiés pour le second tour dans plus d’une dizaine de nos cantons.
Il faut que,
de Pont-Audemer à Conches, de Gaillon à Bourgtheroulde, de Val-de-Reuil à
Evreux, de Bourg-Achard à Saint André de l’Eure, de Pont de l’Arche à Bernay, tous
les partis de gauche et les forces de progrès fassent bloc : Parti socialiste,
Parti communiste Français, le Parti de gauche, Europe Ecologie Les Verts, Parti
Radical de Gauche, divers gauche, républicains et démocrates.
Il faut que les électrices et les électeurs de Gauche, hélas trop
nombreux à s’être abstenus dimanche, se rendent massivement aux urnes et
conservent leur unité jusqu’aux régionales.
Partout où
les candidats de la Gauche ne sont pas au second tour, nous appelons sans la
moindre équivoque au désistement républicain et demandons fermement à l’UMP/UDI,
qui ne rejettera certainement pas nos voix, la réciproque. Partout, il faut
faire barrage au Front National. C’est l’affaire des républicains et des démocrates.
Chaque
voix comptera dans les villes et les campagnes ! Chaque citoyen est concerné.
Dimanche prochain se joue aussi l’avenir de notre pays. Votez à gauche, votez
socialiste, radical, communiste et vert, votez républicain ! »
NDLR :
François-Xavier Priollaud, maire de Louviers et conseiller régional, membre de
l’UDI, invite à faire barrage au candidat FN dans la canton de Val-de-Reuil.
23 mars 2015
Vous voulez voir les maires FN à l'œuvre ? Allez à Mantes-la-ville !
Marine
Le Pen affirme que le Front national a été plébiscité dans les communes
dirigées par un maire frontiste ! Plébiscité par qui ? Pas par les
défenseurs des belles causes humanistes et désintéressées. Car il faut voir les
maires FN à l’œuvre comme à Béziers, Hénin-Beaumont ou pire encore à
Mantes-la-ville. Le communiqué ci-dessous, de la section de la ligue des Droits
de l’homme de cette ville, éclaire d’un jour sombre les pratiques et les
comportements de ces élus d’extrême droite qu’il ne faudrait pas voir
majoritaires dans le pays.
« Par un courrier en date du 24 février 2015, le maire FN de Mantes-la-Ville a
informé la Ligue des droits de l’Homme que les membres de son association
doivent vider et libérer pour le 31 mars les locaux situés rue de Moulins,
locaux occupés en vertu d’une convention annuelle, depuis plus de 20 ans. Dans
le même courrier, il indique par ailleurs que la Ligue des droits de l’Homme
devra mettre fin à la tenue de permanences d’accueil et de conseils juridiques
au Centre de Vie Sociale « l’Arche en ciel » à la fin du mois de
mars.
Le maire FN de Mantes la Ville s’inscrit ainsi
dans un positionnement caractéristique de l’extrême droite qui — dans un esprit
antirépublicain — a toujours désigné la Ligue des droits de l’Homme comme un de
ses principaux adversaires. La Ligue des droits de l’Homme est née à la fin du
XIXème siècle dans le contexte de l’Affaire Dreyfus. Sa vocation depuis lors,
partout en France, a été et reste de lutter contre toutes les formes de
racisme, de veiller au respect des droits de tous, d’impulser des réflexions
collectives pour les faire avancer et de proposer aide et conseil juridiques à
tout être humain.
Depuis des décennies, la LDH section de Mantes et
du Mantois s’est attachée à incarner cet esprit fraternel et républicain sur le
territoire mantais. L'affluence à ses permanences des droits pour tous
et de soutien au plus démunis est la preuve d'un réel besoin concret dans la
ville. N’en déplaise au Front national, la LDH ne renoncera pas à ces
objectifs. Les membres de cette association ont, par conséquent, décidé, avec l’appui
d’un collectif d’associations et d’organisations, de ne pas rendre les clés des
locaux de la rue de Moulins qu’ils utilisent depuis 1995.
D'autres actions sont envisagées rapidement
pour ne pas laisser passer ce coup de force anti-démocratique. »
La LDH est soutenue par : Ensemble pour une
Gauche Citoyenne, Europe Ecologie Les Verts, DAL du Mantois, Parti Communiste
Limay-Vexin, Parti Communiste du Mantois, Parti de Gauche du Mantois, NPA Val
de Seine, ATTAC 78 Nord, Parti Communiste de Mantes la Jolie, Parti Socialiste
Limay-Vexin, Nouvelle Donne, Union Locale CGT de la région Mantaise, Parti
Socialiste de Mantes la Ville, La Gauche Unitaire, FSU 78.
Coefficient 119 pour l'UMP et le FN. Vivement le reflux !
![]() |
| Janick Léger et Jean-Jacques Coquelet à Val-de-Reuil : vers une victoire au second tour. (photo JCH) |
Les candidats FN se
racontent et nous racontent des histoires. Pour l’immense majorité d’entre eux,
il s’agit d’inconnus au bataillon dans les cantons où ils se présentaient. De
fait, le score des candidats frontistes est celui de Marine Le Pen. Point barre.
Toutes les affirmations des Ludovic Larue et consorts sur leurs mérites
respectifs sont nuls et non avenus. La preuve ? Leur tract distribué la
semaine dernière. On n’y trouve aucune proposition locale ou départementale. On
n’y trouve aucune originalité cantonale. Seul le portrait de la guide, seule sa
couleur, seul son nom, font figure de programme. C’est comme ça à l’extrême-droite
et ce sera toujours comme ça. Un chef, une troupe. Silence dans les rangs.
La gauche dans l’Eure recule
nettement. Les raisons ? Essentiellement, l’abstention de l’électorat de
gauche mécontent de la politique gouvernementale. Secondairement, la division à
gauche. Comme me le disait Janick Léger, bien placée pour gagner le canton de
Val-de-Reuil avec Jean-Jacques Coquelet, «
les résultats des candidats PS et leurs alliés sont très injustes. Nous avons
beaucoup travaillé et le bilan de la majorité Destans est bon. Avant nous, le département
de l’Eure ronronnait. L’élimination de Leslie Cléret à Louviers m’afflige. Les électeurs
(trices) n’ont pas pris suffisamment ces données en compte. Je souhaite que le
second tour soit l’occasion d’une forte mobilisation pour empêcher le FN de
gagner un seul canton. » Je regrette au passage, l’élimination de
Jean-Louis Destans, suicidaire dans sa candidature dans le canton de Brionne
face à Gérard Grimaud, PCF, ce qui lui portera préjudice pour les futures législatives.
Cette défaite annoncée contraste avec les bons résultats des candidats de
gauche dans les cantons de Pont-Audemer, Pont-de-l’Arche, Bourgtheroulde,
Evreux, Aubevoye, Saint-André, Conches, où la victoire de la gauche est
possible sinon probable le 29 mars.
Malgré le mot d’ordre annoncé
par Manuel Valls et visant à faire barrage aux candidats FN partout en France
en votant pour les candidats de gauche ou pour la droite républicaine, je ne
suis pas certains que les électeurs socialistes ne traîneront pas les pieds
pour se rendre vers certaines urnes. Les résultats du second tour de la présidentielle
de 2002 avec un Chirac triomphant mais peu reconnaissant ont laissé des traces
dans les mémoires. Il faudra sans doute autre chose que le « ni-ni » de Sarkozy
pour convaincre les électeurs de la gauche éliminée d’apporter leurs suffrages à
la droite, celle qui veut interdire les menus de substitution dans les
cantines, qui veut abolir Schengen, qui affirme que Marine Le Pen est d’extrême-gauche,
le reste à l’avenant.
Hier, la marée
exceptionnelle de coefficient 119 a favorisé l’UMP-UDI-centre. Et le FN.
Viendra le temps du reflux. La gauche doit faire le gros dos et laisser passer
l’orage en analysant les causes de sa défaite relative et en réfléchissant à la
stratégie à mettre en place pour les régionales de décembre. Si elle part divisée,
comme c’est malheureusement probable, le vote proportionnel avec prime aux
premiers risque de placer le FN en position de force. Il est donc temps de
préparer des listes d’union PS-Front de gauche, écolos, PRG, seules à même de
sauver ce qui demeure sauvable.
22 mars 2015
L'Assemblée nationale vote l'interdiction des néonicotinoïdes toxiques pour les abeilles
Je suis heureux de publier cet article du journal « Les Échos » :
« L’Assemblée nationale a voté jeudi, contre l’avis de Ségolène Royal, l’interdiction
de toutes les substances de la famille des néonicotinoïdes, réputés toxiques
pour les abeilles.
Les abeilles vont peut-être devoir leur salut à une initiative des
parlementaires socialistes contre l’avis du gouvernement. L’Assemblée nationale
a voté en effet jeudi l’interdiction de tous les produits phytosanitaires de la
famille des néonicotinoïdes, réputés toxiques pour les abeilles, et ce à
compter de janvier 2016. Les députés PS Gérard Bapt et Delphine Batho étaient à
la manœuvre contre l’avis de Ségolène Royal, la ministre de l’Ecologie.
Petit rappel. A la suite de l’action menée par la France pour que l’Union
européenne interdise le Cruiser OSR sur le colza, la Commission européenne a déjà
restreint l’utilisation de trois substances actives de cette famille d’insecticides.
Pour autant, cinq molécules restent encore autorisées dans l’Hexagone
(imidaclopride, thiaclopride, clothianidine, thiaméthoxame et acétamipride)
alors qu’elles présenteraient une toxicité aigüe, notamment pour les abeilles.
L’amendement propose donc de les interdire toutes, pour éviter que l’industrie
ne substitue des produits cousins après le retrait d’un produit précis, plaide
Gérard Bapt. Ces néonicotinoïdes sont « neurotoxiques de 500 à 10.000 fois
plus que le DDT, qui est interdit, estime ce médecin de profession. Il n’y a
pas un seul repas où nous n’en consommons pas. Au Moyen-Age, on aurait appelé ça
un nouveau fléau de Dieu ».
Action au niveau européen du gouvernement
Défavorable à la mesure, au motif notamment que « le cadre européen ne permet pas une interdiction
stricte », la ministre
de l’Ecologie Ségolène Royal a souligné le travail déjà engagé par le
gouvernement en matière de pesticides, y compris le plan sur la sauvegarde des
pollinisateurs sauvages et des abeilles, et les discussions au niveau européen.
La rapporteure Geneviève Gaillard (PS) s’était elle aussi montrée défavorable à
« une
interdiction brute » pour « ne pas gêner
les avancées du gouvernement », craignant que ces produits restent utilisés à titre dérogatoire, en l’absence
d’ « alternative » chimique jusqu’alors.
Dans sa « feuille de
route » écologiste,
présentée le 4 février, le gouvernement a assuré que la France mènerait « au niveau européen une action volontariste » pour que les substances néonicotinoïdes des
insecticides soient réévaluées « au plus vite, en prenant en compte toutes les études concernant les effets
sur les colonies d’abeilles, les pollinisateurs sauvages, la faune ».
Chute d’un tiers en 2014 de la production de miel
La Fondation Nicolas Hulot a « salué ces avancées ». « Au gouvernement
maintenant de traduire ce cap ambitieux en actes », a-t-elle ajouté. Pour l’association « Générations futures », « l’adoption de
cette interdiction (...) est une bonne nouvelle. Il faudra cependant s’assurer que
cet amendement ne soit pas revu lors du passage au Sénat ».
La production de miel en France en 2014 a baissé d’un tiers par rapport à
2013 pour tomber à son niveau le plus bas depuis 20 ans, selon le bilan annuel
publié jeudi par l’Union nationale des apiculteurs français, qui pointe du
doigt pesticides et insecticides, notamment les insecticides néonicotinoïdes. »
Source AFP
En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/0204241046621-les-deputes-a-la-rescousse-des-abeilles-1104149.php?J0aw31xuKQBHKhJ3.99
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