19 mai 2014

Eolien offshore : des milliers d'emplois à portée de main en Haute-Normandie selon le communiqué de Nicolas Mayer-Rossignol


Il faut trier le bon grain de l'ivraie du fameux cercle des économistes et des journalistes soi-disant experts


Michel Godet.
Voilà des mois que j’attendais l’occasion. Elle m’a été offerte par la chaîne Arte, hier soir, qui diffusait le film « les nouveaux chiens de garde » (1). En effet, les journalistes mis en cause dans ce documentaire sont la caution d’une société marchande où règnent évidemment l’argent, ses contempteurs, ses adorateurs, le tout sous le couvert de propos d’experts et de spécialistes, toujours les mêmes, qui courent les plateaux et les soirées mondaines. L’émission C dans l’air est caricaturale de cette mauvaise habitude.
Quand je dis que j’attendais l’occasion, je pense en particulier à tous ces messieurs — Il s’agit d’un univers surtout masculin — dotés d’une science infuse colossale, sachant tout sur tout, parlant de tout mieux que tous les autres, racontant comment marche le monde et comment réparer la machine quand elle est en panne pour qu’il marche mieux encore. Surtout dans leur propre intérêt.
Le comble de l’histoire c’est que les pannes (ou les crises économiques) sont fabriquées et ensuite racontées par ces minorités très agissantes, ces quelques dizaines de grands patrons, d’économistes distingués, de journalistes en mal de notoriété, dont le crédo est toujours le même depuis des décennies : il faut baisser les salaires, augmenter le temps de travail, supprimer tous les acquis de la Résistance à nos jours. Et on les paie grassement pour ça !
Le champion de ce discours illuminé est un certain Michel Godet (2), professeur à l’Ecole des Arts et métiers (50 000 euros de salaire par an) conférencier à ses heures et surtout «conférincé» à 80 000 euros par an pour ses PDF répétitifs. Et c’est lui qui demande la baisse du SMIC ! J’«adore» Michel Godet. Il n’est animé par aucun doute. Il affirme, il assène, il assure. Il est l’un des invités préférés d’Yves Calvi, sur France 5. Avec Elie Cohen, Christian Saint-Etienne, et quelques autres amis il représente le gratin des économistes (ou considérés comme tels) rejoints par Christophe Barbier, l’homme à l’écharpe rouge de l’Express, Dominique Reynié, de Fondapol, tous membres du fameux Cercle d’où rien ne doit sortir des réunions mensuelles (ni musique, ni parole) au cours desquelles on mange bien et on trinque à la santé des chômeurs.
Comme dirait Coluche : « Du cercle, vous n’en êtes pas, ni vous ni moi n’en serons jamais. » Il faut s’appeler Alain Minc, Jean-Hervé Lorenzi, Bernard Brunhes, Patrick Poivre d’Arvor, David Pujadas, Franz-Olivier Giesbert, Christine Ockrent (18 000 euros pour faire un « ménage ») etc. pour accéder au pinacle. Le pinacle de quoi ? De la pensée toute faite, du prêt à porter idéologique de notre société libérale (au plan économique seulement) qui veut que capitalisme rime avec optimisme et finance avec chance.
Invités à s’exprimer après la diffusion du film, Elie Cohen et Franz-Olivier Giesbert ont dit tout le mal qu’ils pensaient de ce navet-torchon si peu respectueux de l’ordre établi et, surtout, commenté par des économistes tels Frédéric Lordon, du « Monde Diplomatique » dont le style n’a rien à voir avec le titre du journal. Frédéric Lordon appelle un chat un chat et n’hésite pas à lister tous ces membres des conseils d’administration dont les seuls titres publics sont cités par les médias. On peut lire Professeur de ceci, expert de cela. Mais jamais, au grand jamais, on ne connaît la liste des sociétés au sein desquelles ils et elles émargent et qu’ils ou elles défendent, même sur les chaînes publiques comme n’hésitait pas à le faire Mme Isabelle Giordano du temps où elle était sur France Inter ! Il était temps qu'on dénonce ces amitiés convenues et suspectes. Nous suivrons dorénavant avec un regard différent et distancié ces émissions grand public où les participants étalent une science orientée vers deux objectifs : le conservatisme et le conformisme.

 (1) lu sur le site de présentation du documentaire : « Les médias se proclament "contre-pouvoir". Pourtant, la grande majorité des journaux, des radios et des chaînes de télévision appartiennent à des groupes industriels ou financiers intimement liés au pouvoir. Au sein d'un périmètre idéologique minuscule se multiplient les informations pré-mâchées, les intervenants permanents, les notoriétés indues, les affrontements factices et les renvois d'ascenseur.
En 1932, l'écrivain Paul Nizan publiait Les chiens de garde pour dénoncer les philosophes et les écrivains de son époque qui, sous couvert de neutralité intellectuelle, s'imposaient en véritables gardiens de l'ordre établi. Aujourd'hui, les chiens de garde sont journalistes, éditorialistes, experts médiatiques, ouvertement devenus évangélistes du marché et gardiens de l'ordre social. Sur le mode sardonique, Les nouveaux chiens de garde dénonce cette presse qui, se revendiquant indépendante, objective et pluraliste, se prétend contre-pouvoir démocratique. Avec force et précision, le film pointe la menace croissante d'une information produite par des grands groupes industriels du Cac40 et pervertie en marchandise. »
(2) Michel Godet obtient un doctorat en statistique à l'Université Paris Sorbonne-Paris IV en 1974, puis un doctorat en sciences économiques à l'Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne en 1976 (Sujet de thèse : « Crise de la prévision, essor de la prospective »). Il est membre de la Commission économique de la Nation et membre de l'Académie des technologies. Il est aussi membre du Comité directeur de l'Institut Montaigne. Il a été membre du Conseil d’analyse économique rattaché au Premier ministre de 2004 à 2012. Il est administrateur d’AGIPI. Il est aussi membre depuis 2004 du conseil d’administration du groupe mondial laitier et fromager Bongrain. Il a créé le Cercle des Entrepreneurs du Futur qui organise chaque année le Grand Prix de l'impertinence et des bonnes nouvelles. Il est officier de l'ordre de la Légion d'Honneur et de l'ordre national du mérite. (source Wikipédia)

18 mai 2014

D'Héléna Costa à Jérôme Kerviel en passant par Depardieu-DSK


Heléna Costa a tous ses diplômes d’entraîneur d’un club de football. Elle va devenir la responsable de l’équipe de Clermont, une équipe de ligue 2, et cela commence à jaser dans les vestiaires. Il faut croire que les dirigeants du club de football professionnel de Clermont aiment le risque mais ils aiment aussi la compétence et le savoir-faire d’où la nomination d’une femme dans un univers souvent macho, toujours chauvin. Que peut apporter une femme à une équipe de onze hommes dont certains, inévitablement et statistiquement, vont avoir du mal à supporter les consignes et les conseils ? Héléna Costa, portugaise qui plus est, va tout simplement faire son métier. Entraîner les joueurs, établir des feuilles de match, élaborer des stratégies, féliciter les bons, engueuler les mauvais, consoler les blessés et rien ne dit qu’elle ne réussira pas à un poste où tant d’hommes échouent puisque jusqu’aujourd’hui, il n’y avait pas de femmes dans cet univers footeux. Bien sûr, Héléna Costa aura accès aux vestiaires. Là où ces messieurs prennent leur douche et se laissent aller aux blagues graveleuses surtout les soirs de victoire. Peut-on imaginer qu’une cohabitation asexuée s’installe ? C’est tout le mal qu’on souhaite à ce coach qui devra faire ses preuves, et d’abord sur le terrain.
J’en profite pour signaler que selon moi — mais je n’ai pas d’éléments probants pour le prouver — la démission forcée de Nathalie Nougayrède, la directrice du journal « Le Monde » après 14 mois passés à la tête du journal, doit recéler un peu de misogynie. Le trio Pigasse-Berger-Niel souhaitait innover en désignant une femme à la tête du journal de référence. Cela n’a pas fonctionné. Autoritarisme de la part de Mme Nougayrède ? Sabotage conscient ou non de ses subordonnés ? Le débat est ouvert.

Selon les derniers sondages — mais il reste une semaine de campagne — la gauche de la gauche européenne aurait, dimanche prochain, plus d’élus au Parlement de Strasbourg, que les Verts-écologistes. Le responsable grec de l’équivalent du Front de gauche à Athènes, bénéficie d’une popularité élevée notamment dans les pays à qui on a administré un remède de cheval sous forme d’une austérité dont les limites sont évidentes et inacceptables. En Espagne, au Portugal, en Grèce, notamment, les salariés, les retraités, les chômeurs ont subi les conséquences des plans concoctés par la troïka, comme on dit : le FMI, l’Union européenne et la banque centrale européenne. En voulant réduire la dépense publique on a obtenu la décroissance, l’appauvrissement, la privatisation à outrance, on a créé du malheur et du pessimisme.
Cela se verra lors du vote, dimanche, surtout si les partis soutenant Alexis Tsipras, obtiennent plus de voix et de sièges que l’extrême droite de Marine Le Pen et de ses acolytes. Et qui sait, peut-être la gauche de la gauche apportera-t-elle ses voix à une présidence de gauche, même à la sauce sociale-démocrate ?

Si j’en juge par les commentaires de ce matin, du moins en majorité, le film d’Abdel Ferrara — pas en course dans les différentes compétitions cannoises — avec Gérard Depardieu et Jacqueline Bisset intitulé « Welcome to New York » fait des vagues. Le critique du Monde considère que ce « grand film malade » refusé par les sélectionneurs cannois, contient du beau et du grotesque mais surtout quelques scènes totalement indéfendables. Les allusions à DSK et Anne Sinclair (jouée par Jacqueline Bisset) sont si fortes et si puissantes que les spectateurs ne peuvent s’empêcher d’imaginer une part de réel dans ce biopic qui ne dit pas nom non.
Ce film est, semble-t-il, une descente aux enfers. Gérard Depardieu, invité de Canal Plus, hier soir, a défendu le film avec son autorité et son charisme. Invité à donner son avis, Antoine de Causne a dégagé en touche en résumant son sentiment : « c’est un film violent. Il ya beaucoup de violence. » Ce qui ne veut rien dire. Ou plutôt cela exprime le malaise de l’animateur du Grand journal. J’ignore si vous allez acheter le film en VOD. En tout cas, les affaires n’ont pas l’air de démarrer très fort. Au fait, Dominique Strauss-Kahn donne des conférences partout dans le monde, donne son opinion sur les uns et les autres et on en conclut qu’il se prépare pour 2017. Je ne doute pas que DSK trouvera bien le moyen d’aller au casse-pipe avant !

Jérôme Kerviel hésite à rentrer en France. Il préfère, pour l'instant, demeurer de l'autre côté de la frontière en Italie.Avant de se livrer aux autorités qui l'attendent pour le mettre en prison, l'ancien trader de la Société générale demande à François Hollande de protéger les témoins qui pourraient parler et le disculper. Il n'y a rien dans le code pénal qui permet aux président de la République d'intervenir dans les affaires judiciaires…on est donc bien obligé de considérer cette demande comme une manœuvre dilatoire.
En cassation, Jérôme Kerviel a tout de même été exempté de 4,5 milliards d'euros de dommages et intérêts vis-à-vis de la Société générale. C'est toujours cela de gagner et ce n'est pas rien. Il reste qu'il a trois années de détention devant lui. Enfin, pas tout à fait. Disons quelques mois, car s'il se conduit bien, s'il trouve du travail, s'il bénéficie des remises de peine normales, sa privation de liberté sera courte. 

16 mai 2014

Jean-François Copé, le président « conventionné » de l'UMP doit s'expliquer sur ses liens avec Bygmalion


Jean-François Copé. (photo DR)
J’ai beaucoup, sur ce blog, parlé des turpitudes de Nicolas Sarkozy au point que certains ont pensé que j’étais devenu obsessionnel à son égard. Même si les enquêtes en cours le concernant appellent de sérieux développements et pas souvent à son honneur (il sera toujours temps d'y revenir) je ne peux pas m’empêcher de penser que ses conversations avec son directeur de cabinet actuel, M. Gaudin, et publiées par Le Monde et Médiapart, apportent un éclairage redoutable sur la conception du pouvoir par Sarkozy. Je dois en dire un mot.
Car le fait même qu’il ose faire prendre contact avec l’actuel responsable du renseignement intérieur pour tenter de connaître les éléments de l’enquête dite du financement libyen en dit long sur ce qu’il croit être une forme de continuité de son influence ou de son rôle futur. Il n’est pas malsain que les Français en sachent le maximum sur le caractère et les méthodes de l’ancien président pour lequel les hommes importants de la fonction publique sont des pions et des soumis.
De même, il n’est pas mauvais que le journal Libération nous ait appris, hier, comment Jean-François Copé et son entourage ont «favorisé» les affaires d’une société dont les dirigeants sont en proximité très directe avec le président de l’UMP. 20 millions d’euros ! C’est la somme dépensée par le premier parti de droite pour des « conventions thématiques » par dizaines dont certaines n’évoquent aucun souvenir chez ceux et celles censés y avoir participé.
C’est le cas de Pierre Lelouche, député UMP de Paris, dont le nom est cité mais qui précise que les responsables actuels de l’UMP devront trouver un autre «pigeon» pour assumer des dépenses, pour le coup, extraordinaires et avec lesquelles il n'a rien à voir. Quand on pense que Jean-François Copé a lancé un appel aux militants pour qu’ils envoient chèques et billets afin de compenser les 11 millions d’euros non remboursés à Nicolas Sarkozy suite à l’annulation de ses comptes de campagne présidentielle, on peut s’interroger sur l’origine de ces 20 millions versés à la société Bygmalion…et sur ce qu'ils sont devenus.
Valérie Pécresse assure que Copé aura à cœur de tout expliquer. Compte là-dessus et bois de l’eau Valy…d’autres personnages importants de l’UMP tombent des nues et attendent le 26 mai pour demander des éclaircissements. Copé a de la chance. Quand ces affaires sortent, l’UMP est toujours en campagne électorale et l’électrochoc est toujours reporté à plus tard. Il faut croire que la proscratination est une manie, devenue une seconde habitude chez Copé et ses affidés. 

15 mai 2014

Benoit Hamon fait ovationner le nom et l'action de Christiane Taubira lors du meeting de Val-de-Reuil


Benoit Hamon estime Christiane Taubira.
« L’admiration est le partage des sots ». Va pour la sottise. Je l’avoue, je suis un admirateur de Christiane Taubira. J’apprécie sa vive intelligence, sa grande culture, ses capacités tribuniciennes et ses convictions dont elle ne dévie jamais. Christiane Taubira est une forte personnalité. Elle suscite évidemment des oppositions, ce qui est légitime en démocratie, voire des haines, ce qui est totalement anormal, et ses adversaires ont le don de créer des événements ou des affaires quand il ne s’agit que de comportements publics parfaitement ordinaires.
Hier soir à Val-de-Reuil lors de la réunion publique de soutien à la candidature aux élections européennes de Claude Roiron — cette dernière a choisi de s’établir en Haute-Normandie — Benoit Hamon a tenu à revenir sur l’incident créé de toutes pièces par Marine Le Pen et certains impudents de l’UMP : l’affaire dite de la Marseillaise que Christiane Taubira n’aurait pas chanté lors de la commémoration de l’abolition de l’esclavage comme l’exigerait, dit-on, le premier supporteur venu de l’équipe de France de football même quand elle fait la grève comme lors de la coupe du monde en Afrique du sud. La Marseillaise mérite mieux qu'un symbole chauvin.
Benoit Hamon a décrit par le menu les circonstances de faits montés en épingle par Marine Le Pen et Jean-François Copé. Il a rappelé que Christiane Taubira est celle qui est à l’origine de la loi faisant de l’esclavage un crime contre l’humanité. Elle est celle qui, depuis toujours, exige que la République reconnaisse la violence faite aux hommes et aux femmes noires lors de la traite qui a duré plusieurs siècles et fait des millions de morts et de mortes. Elle est celle qui, sans une note, sans un papier écrit sous les yeux, est capable de prononcer un discours construit, cohérent, savant, démontrant ses grandes qualités d’oratrice au service d’une noble cause et de grands principes.
Que Christiane Taubira, dans un moment de recueillement et d’émotion, ait choisi le silence intime pour écouter la voix d’une cantatrice en solo égrener les paroles de notre hymne national, voilà qui l’honore plutôt que la condamne. Benoit Hamon, lui non plus n'a pas chanté La Marseillaise. Et alors ?
Et quand, cerise sur le gâteau, un député du nom de Thierry Mariani — celui-là même qui a tweeté « la déculpabilisation » souhaitée pour les descendants d’esclavagistes blancs après le rapt des 223 jeunes filles au Nigéria par des Africains — exige la démission de notre ministre de la justice, on se dit que décidément cette opposition-là marche sur la tête. Animé par un souci de justice concrète, Benoit Hamon a fait ovationner Mme Taubira. Loin de Val-de-Reuil, la garde des sceaux n’a pas entendu les applaudissements nourris à elle destinés. Fasse que la lecture de ce blog la rassure (si elle en avait besoin) sur l’estime que lui portent des millions de Français. A elle et à son action.

Le 25 mai prochain un choix simple en Europe : Juncker, le défenseur des paradis fiscaux, ou Schulz, le social-démocrate en Euro-vision


Benoit Hamon a dû s'expliquer sur la politique qu'il conduit. (photo JCH)
Pendant une décennie on a eu à la tête de la Commission européenne PDVMV (pas de vague mon vieux) le surnom de José Manuel Barroso (1) considéré comme faible et mou. Surtout, il fut le porte parole et le porte flingue des conservateurs et des libéraux au service d’une politique qui a conduit l’Europe là où elle est : dans les limbes de l’austérité et hors des cœurs et des esprits des européens.
Cette déplorable situation doit changer. C’est du moins la conviction de Benoit Hamon, ministre de l’Education nationale, venu soutenir Claude Roiron, candidate PS aux élections européennes dans notre grande région nord-ouest, lors du meeting organisé, hier soir à Val-de-Reuil, par Marc-Antoine Jamet, maire et premier secrétaire fédéral du PS de l’Eure devant 300 militants ou sympathisants.


Une autre Europe ! Un autre président pour la Commission ! Une autre majorité parlementaire, si possible socialiste et sociale-démocrate avec l’appui de ceux et celles qui croient en une Europe sans dumping social ou fiscal (2) ! Voilà ce que souhaitent Benoit Hamon et Claude Roiron (3). La résolution de cette équation à plusieurs inconnues s’opèrera le 25 mai en « un seul jour un seul tour » puisque les Européens des 28 pays de l’Union éliront à la proportionnelle (en France) leurs représentants au Parlement de Strasbourg. La France aura 74 élus et les projections actuelles placent le FN et l’UMP devant le PS. Situation irréversible ? Sans doute pas. Surtout après les derniers développements de l’affaire Bygmalion et des « marchés » mettant en Cause Jean-François Copé (président de l’UMP) dont Jérôme Lavrilleux (candidat aux Européennes dans notre région) était le bras droit.

Les derniers sondages effectués dans l’ensemble de l’union donnent, en revanche, 212 sièges à la droite et 209 aux socialistes et socio-démocrates. Autrement dit, rien n’est joué et Martin Schulz, le candidat de cette gauche entreprenante, président sortant du Parlement, a une vraie chance de devenir l’animateur de la future Commission. Les socialistes sont en campagne. Après le coup de massue des municipales, relever la tête et améliorer les positions a tout de la gageure. Les résultats du vote de 2009 avaient été si mauvais pour le PS. Il est toujours possible de faire pire mais quand même…D’autant que le gouvernement a décidé de mouiller le maillot.

Hier sous le chapiteau installé sur la voie de la Palestre, un parfum d’optimisme flottait dans l’air baigné des rayons du soleil enfin présent en Normandie, qu’elle soit Haute ou Basse. Ce soleil se lèvera-t-il meilleur le 26 mai ? Les orateurs se succédaient, tantôt remontés contre les populismes (et contre Marine Le Pen) tantôt confiants dans un avenir plus ouvert, plus social, plus favorable à la croissance et à l’emploi. Le chômage demeure la principale préoccupation des Français et un Euro moins fort pourrait aider à la relance notamment par une augmentation des exportations.
 
Benoit Hamon, Claude Roiron et Marc-Antoine Jamet : ils mettent la dernière main à la campagne euroise. (photo Jean-Charles Houel)
Claude Roiron et Benoit Hamon, chacun dans son registre, et en faisant appel à des exemples concrets, ont bien expliqué les enjeux du vote prochain. Le choix est simple entre deux personnalités bien différentes : soit Jean-Claude Juncker, l’ancien premier ministre luxembourgeois, le protecteur des paradis fiscaux, devient le président de la Commission avec les fâcheuses conséquences connues depuis une décennie de gestion libérale, soit Martin Schulz est élu par une nouvelle majorité et l’Europe prendra une orientation très différente et plus conforme au modèle espéré par les électeurs de gauche ou de centre-gauche. Car pour la première fois, les citoyens européens ont la possibilité d’aider à désigner démocratiquement le principal acteur d’un organe de propositions. Pour la première fois depuis 1979, les peuples ont une parole autre qu’institutionnelle. Benoit Hamon nous invite donc à ne pas laisser passer cette chance.
Claude Roiron, elle, craint le déficit démocratique, la démobilisation de l’électorat. Elle insiste pour que l’école de la République permette de dépasser la nation et offre un devenir de citoyen français et Européen sur un continent qui, depuis 70 ans, n’a pas connu la guerre…et alors même que les nationalismes fleurissent tout autour. A plusieurs reprises la citation de François Mitterrand — « le nationalisme c’est la guerre » — a été rappelée avec émotion. 



Le comité d'accueil avec notamment Jean-Louis Destans, Leslie Cléret, Christophe Bouillon et Nicolas Rouly (à gauche) président du conseil général de Seine-Maritime et Claude Roiron. (photo JCH)

Sommes-nous conscients de la chance de vivre dans un pays et une union de pays où les crises sont surmontées par la négociation, le débat, le vote ? Sommes-nous conscients de vivre dans cette Europe, première puissance économique mondiale, berceau des droits de l’homme (avec l’Amérique des pèlerins) où la paix demeure une valeur sublimée ? Bien sûr, les crises n’épargnent pas l’UE. Mais celle de 2008-2009 — due aux imprudences coupables du monde de la finance — a été surmontée grâce à la solidité des institutions et à leur rôle protecteur.
Le 25 mai, n’ayons pas la mémoire courte. Alors que nous commémorons le centième anniversaire de la première guerre mondiale et que nous nous apprêtons à nous souvenir du débarquement du 6 juin 1944 en Normandie, goûtons notre fraternité d’anciens ennemis ou adversaires devenus des partenaires et pour certains, des amis.

       (1) Ce sobriquet a été rappelé par Nicolas Meyer-Rossignol, président du conseil    régional de Haute-Normandie, ancien fonctionnaire à Bruxelles.
300 personnes sous le chapiteau. (photo JCH)
(2)  Tant que des pays européens continueront d’imposer différemment les sociétés et entreprises et donc de jouer la concurrence des taux, la construction européenne n’avancera qu’à petits pas.
(3)  Claude Roiron a 51 ans. Inspectrice générale de l’Education nationale, elle a été présidente du conseil général d’Indre-et-Loire et sillonne depuis des mois les terres de l’Eure et de la Seine-Maritime. Elle est seconde sur la liste PS-PRG-PSE de la circonscription Nord-Ouest. On la sent passionnée et convaincante.

14 mai 2014

La mort de Camille Lepage, une «pépite» du photojournalisme


Camille Lepage (Petapixel.com)
Camille Lepage, 26 ans, photojournaliste, aussi professionnelle que passionnée, est tombée dans une embuscade en Centre-Afrique et y laissé la vie. Une fois de plus, une femme de presse est morte dans l’exercice de son métier, victime de la violence pas du tout aveugle des milices centrafricaines qui se livrent une guerre de religion depuis des mois et des mois.
La profession de reporter de guerre, pratiquée aussi bien par des hommes que par des femmes, nécessite évidemment des qualités exceptionnelles. En plus d’une connaissance certaine des terrains exposés, les journalistes travaillant en zones de combat doivent dépasser leur peur légitime et les limites qu’impose une prudence ordinaire. Ce n’est pas donné à tout le monde. Il faut être animé par le feu sacré, par un amour immodéré de l’action et peut-être par la fascination que procure un danger toujours présent et parfois inattendu.
Camille Lepage a démontré, à maintes reprises, au Sud Soudan ou ailleurs, qu’elle savait s’inscrire dans le paysage et trouver les angles que seule une photographe talentueuse dotée d’un bagage technique élevé et d’une force morale non moins grande peut dénicher. Depuis quelques jours, elle était « drivée » par des membres d’une milice dont elle pouvait attendre une certaine protection. Mais ses «gardiens» ont été eux-mêmes victimes de l’agression armée et dans ces conditions la vie d’une femme considérée comme une adversaire ne pèse pas lourd.
Soyons conscient que les reporters de guerre sont là-bas pour raconter, enquêter, mettre au jour les causes des conflits et leur évolution. Certain(e)s écrivent, d’autres photographient, d’autres filment, l’objectif demeure le même : faire savoir pour faire comprendre.
Le président de la République a déclaré vouloir faire toute la lumière sur l’assassinat de Camille Lepage. La mort de cette « pépite » comme l’a qualifiée la responsable du service photo de Libération, nous rappelle que le métier de journaliste se pratique auprès des parties en conflit avec toutes les conséquences fâcheuses qui en découlent. Pour les hommes et pour les femmes.

13 mai 2014

En dix ans, 44 fichiers de police ont été créés. Il faut renforcer les moyens de contrôle de la CNIL


Entre 2002 et 2012, 44 fichiers de police ont été créés. 45 millions de personnes sont enregistrées par la police ou la gendarmerie, soit comme suspects soit comme victimes. Cela représente 68 % de la population française. « C’est une proportion considérable, constate François Loncle, député, qui suscite l’inquiétude d’autant plus que ces fichiers contiennent de nombreuses inexactitudes puisque le taux d’erreurs relevé par La Commission nationale informatique et liberté est de près de 40 %. »
Mais depuis 2004, cette Commission n’exerce plus qu’un rôle consultatif. Dépourvue de moyens de contrôle efficaces, les procédures de vérification des fichiers par la CNIL durent deux ou trois fois plus longtemps que le temps prévu par la loi. Il y a donc là un dysfonctionnement évident et dangereux pour les libertés individuelles.
Le contexte créé par les révélations d’Edward Snowden concernant les activités de la NSA sur les pratiques d’espionnage à grande échelle nous fait prendre conscience de la nécessité pour chaque citoyen d’être vigilant, attentif aux actes d’organismes sur lesquels nous n’avons que peu de connaissance ou d’expertise. Il est bien évident que les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Linkelden…) favorisent cette mise au jour de nos données personnelles, de nos préférences, de notre histoire et de nos habitudes. Les spécialistes de la vente en ligne s’en donnent à cœur joie tout comme les officines chargés de dénicher les algorithmes ou les sites que nous préférons. On sait aussi que les employeurs n’hésitent pas à consulter les profils de leurs éventuels futurs collaborateurs lesquels ont donc intérêt à ne pas trop en dire s’ils considèrent que ces renseignements pourraient nuire à une embauche éventuelle.
Dans une question écrite au Premier ministre, François Loncle aimerait savoir ce que le gouvernement envisage pour « permettre à la CNIL de remplir convenablement sa mission » et par conséquent pour veiller « à ce que l’informatique ne porte atteinte ni aux droits de l’homme, ni à la vie privée, ni aux libertés individuelles ou publiques. » Je publierai, dès que j’en aurai connaissance, la réponse des services de Manuel Valls. Il est absolument indispensable que le pouvoir démocratique prenne conscience des dangers suscités par un trop grand laxisme ou, au contraire, le recensement d'un trop-plein d’éléments de notre vie qui, par définition, n’intéressent que nous-mêmes et ceux qui nous sont proches.

12 mai 2014

J'en ai assez de recevoir des leçons de ces Mussolini au petit pied…


Elle ne sait plus quoi faire pour occuper les colonnes des journaux et passer à la télé. Marine Le Pen est finalement comme les autres. Tout est bon pour communiquer !  La dernière trouvaille du leader du FN ? Christiane Taubira doit être démissionnée par Manuel Valls. Pourquoi ? Parce qu’elle n’a pas chanté la Marseillaise lors de la cérémonie de commémoration de l’abolition de l’esclavage. C’est bien la preuve, affirme l’opposante systématique, que Christiane Taubira n’aime ni France ni les Français. La garde des sceaux a répondu à cette attaque avec humour. Elle a tout simplement précisé qu’elle chantait faux et qu’elle ne voulait pas participer à ce karaoké d’estrade.

Cette demande de démission de Marine Le Pen m’inspire plusieurs réflexions.
   J’en ai assez d’entendre le Front national s’arroger l’exclusivité de la France et ses symboles : le drapeau tricolore, l’hymne national, Jeanne d’Arc…quand on sait ce que l’extrême droite pense et dit de la Révolution française, de la déclaration des droits de l’homme et de la République.
   J’en ai assez de recevoir des leçons de patriotisme et de Francité quand on sait comment l’extrême droite s’est, majoritairement, comportée sous l’occupant nazi. Marine Le Pen et son père, surtout, ne sont pas clairs à l’égard de l’histoire de la seconde guerre mondiale et surtout de la collaboration et de la Révolution nationale de Pétain. Comme ils ne sont pas clairs à l'égard du colonialisme et de l'esclavage à l'image du maire FN de Villers-Cotterêts refusant « l'autoflagellation ».
   J’en ai assez de me faire tancer par un parti qui juge, aujourd’hui, Poutine fréquentable et honorable, alors que le nouvel adepte de la vieille Russie est en train de déstabiliser l’Europe et ses fragiles équilibres. La paix est un atout trop sérieux pour être galvaudé par des néo-empereurs nationalistes. « Le nationalisme c’est la guerre ! » (1)
   J’en ai assez d’être rangé chez les attardés ou les mauvais Français parce qu’attaché à une certaine justice sociale, à un modèle issu des réflexions du Conseil national de la Résistance, à une gauche laïque, républicaine et démocratique.
   Je suis fier d’être Français et européen même si je n’en tire aucune gloire. Même si mon père a donné huit années de sa vie à la nation comme soldat et prisonnier de guerre avant de servir l’Etat comme policier et si ma mère a été une ouvrière consciencieuse et professionnelle. Nous sommes des millions dans ce pays, de toutes couleurs et de toutes religions, de toutes origines et de tous partis, à aimer l’Histoire de France et des Français sans méconnaître celle de l’Europe.

A Louviers, enfin, on sait comment Jean-Marie Le Pen, député poujadiste, a traité Pierre Mendès France, notre ancien maire et député, comment il l’a insulté et sali à la tribune de l’Assemblée nationale.
Je ne tolère donc plus les admonestations et le ton impérieux de ces Mussolini au petit pied, prêts à transformer le parlement européen en tribune sans morale ni principes.
(1) Déclaration de François Mitterrand devant les députés du Bundestag.
Claude Dumer, Charles Houel et François Mitterrand à Louviers en 1978. (photo JCH)

11 mai 2014

78 % des Français ne font pas confiance à Marine Le Pen pour gouverner la France


68 % des Français ne font pas confiance à Marine Le Pen et 78 % d’entre eux la jugent incapable de gouverner la France. Voilà un sondage qui remet, un peu les pendules à l’heure. Depuis les élections municipales, nombre de médias n’en avaient que pour le Front national et son égérie. Avec une dizaine de villes gagnées par le FN, on a eu l’impression d’un raz de marée alors qu’il ne s’agissait que d’un soubresaut conjoncturel. N’oublions pas que, sauf exception, les maires FN ont été élus grâce à des quadrangulaires ou des triangulaires motivées par des batailles internes à la gauche ou à la droite. Ce qui a causé un effet de loupe bien supérieur à l’influence réelle du FN.
Que nous enseigne ce sondage récent ? Que si Marine Le Pen et ses sbires sont capables de rassembler des protestataires et des déçus de tous les camps dont celui de la gauche, elle ne semble pas posséder toutes les clés lui ouvrant les portes du pouvoir national. Et c’est bien normal. Parce que son programme se limite à quelques aspérités et ne couvre pas l’ensemble du champ politique dans toutes ses dimensions économiques, culturelles, sociétales. Défendre le nationalisme et le protectionnisme, lutter contre l’Euro et l’Europe, mettre en avant l’islamophobie et l’insécurité, ce n’est pas répondre aux questions posées par les Français et par la complexité du pouvoir.
Et de cela, les Français sont conscients. Bien sûr, lors du scrutin européen du 25 mai, il est possible que le FN soit en tête dans l’hexagone. Avec 21 ou 22 % des suffrages, il est probable que Marine Le Pen dira du FN qu’il est le premier parti de France. Ce sera un trompe l’œil car Marine Le Pen n’aura pas de majorité pour gouverner ce pays, ni d’alliés pour conquérir le pouvoir. Même si la droite forte empiète sur les plate bandes idéologiques du FN, même si on a déjà vu la droite s’entendre avec le FN pour diriger des régions (en Haute-Normandie notamment) on n’a pas encore entendu des responsables de l’UMP et encore moins de l’UDI envisager une alliance de gouvernement avec Marine Le Pen, Bruno Golnisch, Louis Aliot et Florian Philipot.
Quand 78 % la jugent incapable de gouverner la France, cela veut dire que seulement 22 % la jugent capable du contraire. C’est le plafond de verre du FN. Ce parti reste dans ses eaux habituelles autour de 20 %, un maximum pour un parti dont les idées sont ce qu’elles sont à l’exemple du maire FN de Villers-Cotterêts qui a refusé de commémorer l’abolition de l’esclavage tout comme il refusera de commémorer la fin de la guerre d’Algérie ou de reconnaître que le colonialisme a été une erreur historique. On sait d’où vient Jean-Marie Le Pen. On sait quelle est sa charpente idéologique, celle de sa fille est la même, mieux dissimulée, mieux présentée. Ce sont pourtant les mêmes mots, le point de détail en moins.