3 octobre 2013

Le NPA présente sa liste aux élections municipales de Louviers. Avec quelles conséquences ?


Pas question de réaliser de liste d’union à gauche pour le NPA, qui assure avoir « étudié toutes les options. Mais avec la politique de Hollande que l’on ne soutient pas, ce ne serait pas cohérent de venir travailler avec le parti socialiste »(1). Voilà qui a le mérite d’être clair. Les responsables lovériens du Nouveau parti anticapitaliste (2500 adhérents au plan national) ont donc décidé de présenter une liste au premier tour des prochaines élections municipales. Avant d’étudier les conséquences pratiques de ce choix, rappelons que le NPA avait obtenu plus de 10 % des suffrages au premier tour des municipales de 2008 et un élu lors du second tour. Ainsi, Sophie Ozanne, d’abord, et Philippe Thouement, ensuite, ont-ils siégé au conseil municipal dans une opposition de gauche multiple puisque comprenant des membres du NPA, des membres du PS et du PCF. Je n’oublie pas les représentants de l’UMP mais que je sache, les conseillers de ce parti ne sont pas de gauche.
Pourquoi le NPA a-t-il décidé de présenter une liste ? Pour faire comme d’habitude, d’abord, puisque depuis plusieurs élections municipales, il fait cavalier seul. Pour espérer attirer à lui, ensuite, un maximum d’électeurs de gauche, les leurs et des sympathisants socialistes ou autres, mécontents — à tort ou à raison — du gouvernement actuel et de la présidence Hollande. Si le PS ne s’allie pas avec Martin, il aura un adversaire de plus à gauche rendant sa tâche compliquée et s’il s’allie avec le maire sortant, le NPA aura beau jeu de dénoncer le reniement des socialistes à leur volonté de changement à Louviers et à la CASE du moins sur les bases passées. Les dirigeants locaux du NPA jouent donc sur du velours.
Et pourtant, ce sont les mêmes qui, sans cesse, proposent des actions communes, originales, singulières, sur les sujets les plus divers susceptibles de rassembler des militants unis par des idées partagées. Contre le Front national par exemple. Ce sont les mêmes qui demandent (exigent parfois) des actions, des votes, des lois, que seuls des élus de gauche et majoritaires peuvent leur accorder puisque le NPA ne siège pas à l’Assemblée nationale, ni à la CASE, ni dans les exécutifs locaux. Et qu’il n’a ni l’espoir ni le vrai désir de devenir majoritaire par la grâce du suffrage universel. Alors, à quoi bon ?
Prenons l’exemple de la loi Florange…ou loi M-Real. Cette loi vise à contraindre des dirigeants d’entreprises à chercher des repreneurs avant de mettre la clé sous la porte. Elle vient d’être adoptée par l’Assemblée nationale, après avis et propositions de corrections par le Conseil d’Etat. Le NPA était très demandeur de cette loi (eu égard à son fort engagement dans la lutte des salariés de M-Real pour conserver leur emploi) mais il la juge trop timorée à son goût alors qu’une loi plus dure aurait été retoquée par le Conseil constitutionnel, le droit de propriété étant garanti par la déclaration des droits de l’homme et la Constitution. Voilà bien le conflit entre la réalité légale et constitutionnelle et les cris d’orfraie poussés par ceux qui déclarent avoir honte des députés socialistes de l’Eure. Rien que cela.
Prenons un second exemple : le retour des DSP (2) en régie directe. Seule une majorité d’élus de la CASE pourra voter cette dorénavant évidente mesure, bonne pour l’économie, satisfaisante pour les usagers, utile pour la qualité de l’eau. Le NPA seul ne pourra rien. Il faudra donc que des socialistes, des Verts, des sans parti acquis à la cause de l’usager soient majoritaires pour ne pas renouveler (en 2017 et 2021) les conventions liant la CASE à Véolia.
Mais le NPA exclut tout de même de s’allier localement avec des socialistes parce qu’il ne soutient pas Hollande ! Moi qui pensais — à tort — que les solutions locales primaient sur les mots d’ordre nationaux. Moi qui croyais que les actions conduites ensemble sur le terrain et dans le quotidien concret prenaient le pas sur la politique partisane ou politicienne.
Le NPA a évidemment le droit de présenter sa liste. Cette décision, par ailleurs, n’enlève rien à l’estime que je porte à certain(e)s de ses membres pour leur courage moral et physique et pour leur engagement désintéressé. Mais leur décision complique simplement la tâche de ceux qui souhaitent faire aboutir des projets plus sociaux, moins coûteux, plus respectueux de l’environnement. Là où Martin a raison, c’est quand il dit que si un accord ne se fait pas au premier tour, il est exclu de le réaliser au second. Question de cohérence justement.
(1) lu dans « Paris Normandie » d'hier.
(2) DSP : délégations de services publics. Eau, transports, assainissement, élimination et traitement des déchets…

2 octobre 2013

Le frelon asiatique est arrivé dans l'Eure. François Loncle interpelle le ministre de l'agriculture


Il faudra donc ajouter l'Eure dans les départements colonisés par le prédateur des abeilles. (carte Abeilles de France)
« M. François Loncle attire l’attention de M. le ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt sur les graves menaces que l’invasion du frelon asiatique fait planer sur les ruches de France. Le frelon à pattes jaunes (Vespa velutina), communément appelé frelon asiatique en raison de son origine géographique, est un hyménoptère qui a été malencontreusement importé, en Lot-et-Garonne, en 2004, dans une cargaison de poteries chinoises. Cette grosse guêpe s’est rapidement acclimatée dans nos contrées puisqu’en moins de deux ans, elle s’est répandue dans toute l’Aquitaine. En 2009, un nid est repéré en Ile-de-France. En 2012, sept nouveaux départements du Midi et du Centre ont, à leur tour, été colonisés. Le front d’invasion progresse d’environ 100 km par an. A l’été 2013, trois nids primaires ont été découverts et détruits dans le département de l’Eure. Actuellement, la moitié du territoire métropolitain est infesté par cet insecte nuisible qui a également été localisé en Espagne, au Portugal, en Belgique et en Italie. Dans notre pays, le nombre de nids de frelons asiatiques est évalué à une centaine de milliers. Un nid abrite environ 2 000 frelons dont 150 fondatrices qui sont, l’année suivante, en état de nidifier. S’il n’est pas plus dangereux pour l’homme que le frelon européen, le frelon asiatique est, en revanche, un redoutable prédateur dont l’expansion s’avère particulièrement difficile à stopper, voire à freiner, d’autant qu’il n’a pas, lui, de prédateur naturel, hormis quelques oiseaux apivores. Dans la mesure où les abeilles constituent son repas favori, il constitue un véritable fléau pour les apiculteurs, au point qu’un arrêté ministériel, en date du 22 janvier 2013, l’a officiellement déclaré insecta non grata. Afin de nourrir ses larves, il aime, en effet, capturer des abeilles, en se positionnant en vol stationnaire à l’entrée d’une ruche. Une attaque de frelons est susceptible de décimer une ruche d’abeilles mellifères, surtout si celle-ci est située en zone urbaine ou périurbaine. Un apiculteur agenais a ainsi perdu 70% de son cheptel. La propagation du frelon asiatique porte sérieusement atteinte tant à la faune qu’à la flore puisque cette guêpe consomme massivement des abeilles qui assurent une part prépondérante de la pollinisation.                      
M. François Loncle demande au ministre de l’Agriculture de lui détailler la stratégie appliquée, au niveau national et sur le plan local, pour lutter contre cette espèce exogène invasive. Il voudrait connaître le programme général de surveillance, de reconnaissance et de destruction des frelons asiatiques, notamment les différentes méthodes de piégeage sélectif. Il aimerait savoir si le ministre estime encore possible d’éradiquer ce fléau ou bien s’il faut plutôt viser à réguler les populations de frelons à pattes jaunes, afin d’en limiter l’impact désastreux. Il souhaite avoir un avis officiel sur l’utilisation, tout au moins temporaire, du dioxyde de soufre qui s’est révélé un pesticide très efficace puisque près de 5 000 nids de frelons asiatiques ont été anéantis l’année dernière en Aquitaine. Il désire, enfin, comprendre pourquoi le frelon asiatique est seulement classé dans la liste des dangers sanitaires de deuxième catégorie. »      
François LONCLE
Député de l'Eure

1 octobre 2013

Les centristes se repaissent des charognes abandonnées par les grands prédateurs


Les centristes sont impayables. C’est toujours un vrai régal de les entendre et d’écouter leurs explications aussi alambiquées qu’à géométrie variable. L’un des plus drôles de cette faune originale est sans conteste Hervé Morin. Le député de l’Eure, maire d’Epaignes, était la vedette du Petit Journal de Yann Bartès, hier soir, sur Canal Plus. Hervé Morin, ayant déclaré dans la journée qu’il souhaitait que la famille centriste devienne une bande copains, Yann Bartès s’est amusé à diffuser les propos aimables de Morin sur le compte de François Bayrou, vilipendé et comparé à Le Pen par icelui, quelques semaines avant le premier tour de l’élection présidentielle.
Il est vrai que les hommes politiques sont remplis de contradictions et que leur parole ne vaut pas plus que plume au vent. Mais tout de même. Morin, déchainé contre Bayrou est un moment de télévision exceptionnel. Il permet de mesurer le taux de crédit qu’on peut accorder aux déclarations des hommes politiques et en particulier aux centristes. Borloo a soutenu Sarkozy, Bayrou a appelé à voter pour Hollande contre Sarkozy et aujourd’hui Bayrou se répand dans la presse pour dénoncer les promesses non tenues et tenter de justifier son ralliement à Borloo. Et pourquoi ? Pour des places sur la liste des européennes à l’heure où l’UMP se déchire et où le PS prend l’eau.
Morin me fait penser à cette réflexion que m’avait faite un ancien ami — comment pourrait-il l’être encore ? — qui me disait : « je n’ai qu’une parole c’est pour cela que je la reprends si souvent. » Les centristes sont des opportunistes. Comme les vautours, ils se repaissent des charognes abandonnées par les grands prédateurs. Ils n’existent pas par eux-mêmes mais par défaut.

29 septembre 2013

« FN et UMP, des électorats en fusion…»


L’arrestation, hier, du principal animateur du mouvement fasciste grec Aube dorée et celle d’élu(s) au Parlement suite à l’assassinat programmé d’un rappeur démontre une fois de plus que les mouvements d’extrême droite ne sont pas des bisounours. Le passage à l’acte violent et parfois meurtrier n’est malheureusement pas une exclusivité des néo-fascistes Grecs. Clément Méric, le jeune étudiant français, militant d’extrême gauche, tué à Paris lors d’une altercation avec des membres des jeunesses patriotes (tu parles !) est bien la preuve que la France n’est pas un territoire neutre où la démocratie ne s’exerce que lors des élections ou du vote des lois.
On a de quoi s’inquiéter vraiment quand on entend un sénateur UMP — un certain Doligé — proclamer devant des caméras (lors des journées parlementaires du parti de Copé) « qu’il en a marre de la bande à Hollande et qu’il a des envies de tuer. » Gaudin, maire de Marseille, s’empressant d’ajouter « qu’il est près à fournir les kalashnikows. » C’est peut-être cela l’humour de la Canebière !
Ces déclarations réfléchies et préméditées sont absolument scandaleuses de la part d’un élu de la nation. Ce qu’on entend au comptoir du café du coin ne peut être exprimé dans l’enceinte du Parlement où se déroulait la rencontre UMP. C’est bien la preuve que quelque chose se passe en France, résultat d’un sarkozysme effréné, d’une porosité acquise entre le Front national et l’UMP. Les langues se délient et les esprits malsains s’en donnent à cœur joie, libérées qu’elles sont par les réflexions de la droite décomplexée. Les récentes saillies d’un Fillon perdu illustrent la dégradation de la pensée à droite. Pour que des Raffarin ou des Le Maire s’interrogent sur leur appartenance durable à l’UMP est un signe.
La fusion des électorats FN et UMP fait donc courir un risque sérieux à l’expression démocratique raisonnable, fondée sur un combat d’idées, de valeurs, de principes et non sur la loi du plus fort ou du plus baraqué.
Jérôme Fourquet et Marie Gariazzo, dans un opuscule (1) récent édité par la fondation Jean Jaurès expliquent longuement et sondages à l’appui, comment des électorats du FN et de l’UMP se rejoignent sans vergogne. La gauche est, pour ces partis, illégitime depuis toujours. Elle n’a pas le doit de gouverner. Quand elle est au pouvoir, c’est par effraction comme dirait M. Baroin. Au fond, ce ne sont pas tant les mesures de Hollande qui les effarouche mais le fait même qu’il soit président de la République. La défaite de 2012 est devenue rancœur, amertume, haine. Si la droite dite de gouvernement ne se ressaisit pas, on court à la catastrophe. Il est tout de même incroyable de voir que les nostalgiques de la révolution nationale vichyssoise (antisémite, anti-communiste, anti-franç-maçonne) vont cotoyer des hommes et des femmes se réclamant du gaullisme. Pauvre et triste droite Française.
(1) Jérôme Fourquet et Marie Gariazzo, Fondation Jean Jaurès, « FN et UMP, électorats en fusion ? » 119 pages, 6 euros.

27 septembre 2013

La Ligue des droits de l’Homme s’intéresse aux futurs citoyens


Parmi ses actions pour la promotion de la citoyenneté et la défense du respect des droits humains fondamentaux, la section lovérienne de la LDH avait pris contact en juin dernier avec trois lycées locaux (Les Fontenelles, J.B. Decrétot, et Marc Bloch à Val-de-Reuil). Elle leur avait proposé pour l’année scolaire 2013/2014 la mise en place d’un programme qui, partant de l’étude d’une collection d’ouvrages destinés à la jeunesse et abordant les grands thèmes emblématiques du respect de la dignité humaine, débouchait sur l’hypothèse d’un concours lycéen de plaidoiries devant se dérouler au printemps 2014.

Le coup d’envoi de ce programme a été officiellement donné le jeudi 26 septembre 2013 au lycée J.B. Decrétot.

La LDH a remis au chef d’établissement, sous forme de don, une collection de 14 livres, un recueil des Conventions internationales et Déclarations officielles relatives aux droits de l’Homme, ainsi qu’une reproduction de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme adoptée par L’ONU le 10 décembre 1948.

Répertoriés et conservés au Centre de Documentation et d’Information du lycée, ces documents devraient permettre aux lycéens et à leur professeurs de préparer le concours local de plaidoiries et surtout de développer le travail de réflexion considéré par la LDH comme indispensable à la formation des citoyens de demain. 
(communiqué de la section de Louviers de la LDH)

Le magazine « valeurs actuelles » sent le rance


Le magazine Valeurs actuelles porte bien mal son nom. Les valeurs (si j’ose dire) qu’il véhicule ne sont pas du tout actuelles et encore moins modernes. Il s’agit pour les journalistes de ce news branché à l’extrême droite de défendre des thèses (pas des théories) rances et vieilles comme l’étaient celles des Maurassiens. Comme il faut que ce journal soit acheté et vendu, les néo-conservateurs qui l’alimentent s’appuient sur des recettes aussi haineuses que provocantes.
Un certain Monsieur de Kerdrel, directeur de la rédaction, veut des unes explosives. Il faut bien vendre n’est-il pas ? Tantôt il fustige les Roms (et justifie l’overdose des Dupont-la-Joie) tantôt il sombre dans l’islamophobie, tantôt comme cette semaine, il s’en prend aux Français naturalisés. On serait envahi !
Rappelons-nous. Certains décrets pétainistes de 1942-43 avaient pour objectif d’ôter la nationalité française aux juifs faits citoyens hexagonaux en 1927. Il s’agissait pour Vichy de rendre apatrides les juifs français de sorte qu’ils ne puissent bénéficier d’aucune protection de l’Etat et d’aucun avantage lié à la nationalité. On sait ce qu’il advint de nos concitoyens juifs raflés, exterminés, gazés.
Après le titre honteux de Valeurs actuelles, l’Union des étudiants juifs de France a décidé de porter plainte pour incitation à la haine raciale. J’ignore quel sera le sort réservé à cette action judiciaire. Elle a au moins le mérite de démontrer qu’il existe des Français indignés par cette presse de caniveau qui use et abuse de la liberté d’éditer et de publier. Je ne demande évidemment pas la censure des journaux, ce serait horrible. Mais si les contenus des journaux sont illégaux et hostiles à la paix civile, pourquoi ne pas demander des comptes à ceux dont le fonds de commerce est de vivre de ces excès et de ces titres pousse au crime.

25 septembre 2013

Menaces de mort de l’extrême droite contre les antifa et les communistes : le FN se sent pousser des ailes


Dans la nuit du dimanche 22 septembre au lundi 23, sous la signature du FN ont été taguées et apposées sous forme d’affiche sur le local de permanence du PCF de Cagnes-sur-mer, les menaces « A mort les communiste »(sic) et « A mort les antifa », décorées d’un sigle de l’extrême droite.
Ainsi après les coups de menton de nos édiles locaux, du maire de Nice et du Président du Conseil général, contre les Roms, les Gens du Voyage, les sans-papiers et tous ceux qui les soutiennent, après les déclarations de responsables nationaux de l’UMP fleurant bon la vraie complicité, à peine maquillée, avec des idées de l’extrême droite et du FN, après pour d’autres de ces élus les références appuyées aux moments les plus criminels de notre histoire récente, le FN se sent à présent pousser des ailes.
A tous ceux, militants, républicains, citoyens engagés dans les syndicats, associations et partis politiques, de dire avec ces derniers que ces élus qui, perdant toute dignité à des fins électorales, entonnent les mêmes chants de l’extrême droite, qu’ils ne sont que ses « chauffeurs de salle » et qu’ils préparent ainsi l’expression de sa violence.
Après l’habillage de velours de la fille, tissé d’hypocrisie, voilà le retour des gants de fer de son père. Pour les vrais démocrates, il n’y a rien de bien surprenant : le FN c’est cela. Aux citoyens de se mobiliser pour leur dire qu’ « ils ne passeront pas ! »
La section Cannes-Grasse de la LDH appelle à un rassemblement républicain pour le respect des droits et des libertés démocratiques et contre les menaces de l’extrême droite le samedi 28 septembre à 10 h 30 devant l'Espace Citoyen 6, rue de France à Cagnes-sur-Mer.
(communiqué de la section de Grasse de la ligue des droits de l'homme)

20 septembre 2013

François Loncle interroge le ministre des finances sur l'évasion fiscale…et les turpitudes d'un sarko-boy


M. François Loncle interroge M. le ministre de l’Economie et des Finances sur l’augmentation des saisies d’argent aux frontières. Un récent fait divers extravagant a alerté l’opinion publique sur la recrudescence des transferts illégaux à l’étranger de grosses sommes en liquide. Juste avant d’embarquer dans le Thalys pour Bruxelles, un sémillant quadragénaire est interpellé, le 31 juillet dernier, par la douane qui lui demande ce qu’il transporte dans son sac ; il répond qu’il n’a « rien à déclarer ». Inspectant son bagage, les douaniers y découvrent des enveloppes contenant 350 000 euros – exactement 3 190 billets de 100 euros, 32 billets de 500 euros, 100 billets de 50 euros et 50 de 200 euros – et 40 000 dollars en coupures de 100, soit un poids total de 3,8 kg. Non seulement il n’est pas en mesure de produire la déclaration obligatoire pour tout transfert égal ou supérieur à 10 000 euros, mais en plus il ne peut s’identifier, car il a oublié ses papiers. Or, il s’avère que cet étourdi n’est autre qu’un ancien conseiller diplomatique d’un ancien président de la République. Cette double négligence laisse supposer que, dans ce cas, la fuite des capitaux est plus à craindre que la fuite des cerveaux, d’autant que cet amateur de montres clinquantes était déjà responsable de maintes bévues. En tant que représentant de notre pays en Irak de 2009 à 2011, il s’était illustré, en proclamant que ce pays, ravagé par la guerre, les attentats et les conflits confessionnels, était, à la fois, « un laboratoire de la démocratie arabe » et « le marché du siècle » évalué à 600 milliards de dollars. Il manifestait donc très tôt une appétence particulière pour les activités lucratives. WikiLeaks a révélé que les diplomates américains en poste à Bagdad se gaussaient de son « ignorance » et de ses « erreurs », alors qu’il se vantait de ses solides connaissances en arabe. 
Toujours aussi sagace, il s’échinait à défendre le colonel Kadhafi qu’il a connu lors de l’affaire des infirmières bulgares. Il est vrai que le dictateur libyen  l’appelait « mon fils », car il le faisait rire en imitant l’accent berbère. Se référant à Kadhafi, ce diplomate compréhensif estimait qu’« on fait tous des erreurs et on a tous droit au rachat ». On peut se demander si ce « rachat » n’est pas estimé à 350 000 euros et 40 000 dollars. Nommé ensuite ambassadeur dans la Tunisie en pleine révolution, il multiplie les maladresses. Ce fougueux play-boy, qui aimait se faire photographier en maillot de bain ou en smoking à la James Bond, réussit l’exploit de s’attirer, en quelques jours, l’hostilité de la population tunisienne, au point que les dirigeants de ce pays refusent d’être vus en sa compagnie. 
Adoptant la devise bergsonienne, il prétend « agir en homme de pensée et penser en homme d’action » - d’action boursière, probablement. Ayant quitté le service diplomatique, il n’abandonne pas pour autant les juteuses affaires étrangères puisqu’il se reconvertit dans le consulting international et part s’installer, comme d’autres aventuriers fiscaux, en Belgique. Il confie alors, à un grand hebdomadaire qui pèse ses mots, qu’ « il faut gagner de l’argent maintenant ; c’est le moment ou jamais ». Il semble y déployer une énergie ardente, n’hésitant pas à « enterrer » une mallette remplie de billets de banque près de sa cave. Aux douaniers qui l’interpellent à Paris, il fournit des explications obscures, tout en confessant ne pas avoir été « à l’aise avec cet argent ». Il indique que cette grosse somme provient de ses occupations actuelles avec des entrepreneurs irakiens qu’il aurait connus quand il était ambassadeur, ce qui laisse quelque peu pantois. L’infraction au code des douanes commise par cet ancien haut fonctionnaire français illustre la forte augmentation des saisies d’argent liquide non déclaré puisque les douanes ont intercepté 103 millions d’euros au cours du premier trimestre 2013, soit un accroissement de 518% par rapport à la même période de l’année précédente. Il s’agit surtout de l’argent dissimulé pour des raisons fiscales.
M. François Loncle demande au ministre de l’Economie et des Finances de lui préciser les mesures qu’il compte prendre pour lutter encore plus efficacement contre l’évasion fiscale qui porte gravement préjudice à l’économie nationale. Concernant l’affaire rocambolesque de cet ex-ambassadeur, il voudrait savoir, d’une part, si les résultats de l’enquête menée actuellement par le service de police judiciaire de la douane seront rendus publics, d’autre part, si l’origine et la destination des fonds ont pu être clairement établies.
François LONCLE
député de l'Eure

La Ligue des droits de l'homme soutient l'opposition démocratique syrienne

« Depuis les premiers jours de la levée démocratique contre le régime dictatorial de Bachar Al-Assad, la Ligue des droits de l'Homme manifeste sa solidarité avec les représentants de l’opposition démocratique et les défenseurs des droits de l’Homme en Syrie. Après avoir manifesté pacifiquement, la majorité du peuple syrien a fait valoir son droit à l’insurrection face à un régime qui a multiplié les atrocités de toute sorte, notamment à l’égard des femmes, pour finir par user de gaz toxiques contre son propre peuple.

Malgré l’évidence des crimes de guerre et contre l’humanité commis, la communauté internationale n’a pas su trouver les voies et les moyens pour mettre un terme à cette situation où aux réfugiés s’ajoutent plus de cent mille morts. En raison d‘une complicité avérée et intéressée, la Russie et la Chine bloquent toute résolution du Conseil de sécurité qui ferait grief à leur allié.

L’hypothèse de frappes militaires « punitives », envisagée par les Etats-Unis et la France, conduit à une impasse aventureuse dont la mise en œuvre reviendrait pour ses protagonistes à s’affranchir du droit international, dans un contexte où le désaccord des nations et des opinions publiques avec une intervention militaire est largement majoritaire. Dans ce contexte, la LDH se félicite que les institutions démocratiques aient, en Angleterre et aux Etats-Unis, contribué à désarmer cette démarche. Elle déplore que la pratique constitutionnelle de la Ve République conduise le Parlement à enregistrer les décisions du pouvoir exécutif.

Aujourd’hui le désarmement des armes chimiques du régime syrien est une exigence d’évidence qui ne saurait masquer d’autres impératifs minimums. C’est pourquoi la LDH :

— continue à soutenir sans réserve, avec la FIDH et le REMDH, l’opposition démocratique syrienne et les défenseurs syriens des droits de l’Homme ;
— exige la saisine de la Cour pénale internationale de tous les crimes de guerre et contre l’humanité commis durant le conflit ;
— demande l’ouverture d’urgence de corridors humanitaires, afin qu’une assistance adéquate puisse être apportée aux populations civiles ;
— exige du gouvernement français qu’il mette en accord ses actes et ses paroles en accordant pleinement le droit d’asile aux réfugiés qui en font la demande. »
 

16 septembre 2013

Le site Mediapart affirme que Serge Dassault, sénateur UMP, a payé des électeurs pour favoriser l'élection de son poulain


Le site d’informations Mediapart, encore lui, toujours lui, a annoncé, hier, qu’il détenait un enregistrement réalisé en 2012 démontrant que Serge Dassault, sénateur UMP et ancien maire de Corbeil-Essonnes, avait payé des électeurs lors des élections municipales partielles aboutissant à l’élection de Serge Bechter, UMP, en 2010.
Le site d’Edwy Plenel assure avoir vérifié, sécurisé, authentifié la voix de Serge Dassault. Ce dernier, enregistré à son insu par deux de « ses hommes de main » affirme qu’il ne sortira plus un sou de comptes libanais, qu’il en a assez distribué, et que Younès n’a qu’à se débrouiller avec la distribution des 1,7 millions d’euros engagés. Ce Younès est soupçonné d’avoir tiré sur les deux militants auteurs de l’enregistrement. Il a disparu depuis…en Algérie.
Ces citations reproduites par le site d’informations, sont terribles. Elles démontrent, si elles sont avérées comme le Canard Enchaîné l’avait d’ailleurs révélé il y a quelques mois, que certains hommes politiques sont prêts à utiliser toutes les méthodes même les plus crapuleuses pour parvenir à leurs fins.
La corruption, car il s’agirait bien de corruption, a d’ailleurs été reconnue par le Conseil d’Etat quand il a frappé d’inéligibilité Serge Dassault pour avoir payé des électeurs lors d’une précédente élection. Mais alors, le Conseil d’Etat n’était en possession que de témoignages. Aujourd’hui, la justice devrait se saisir des bandes enregistrées tandis que les sénateurs, contrairement à leur conduite corporatiste récente, devraient lever l’immunité de Serge Dassault pour qu’il puisse être entendu par les juges d’instruction saisis de l’affaire des électeurs payés.
Une fois de plus, il faut saluer le travail minutieux de Mediapart et des journalistes qui appartiennent à sa rédaction. Depuis que ce site Internet existe, on ne compte plus les affaires sorties au grand jour grâce à la vigilance et à la crédibilité des hommes et des femmes engagés au service des faits et de la vérité. L’affaire Cahuzac demeure sans conteste, le haut fait d’armes journalistiques de Mediapart. Il se pourrait que l’affaire Dassault devienne un feuilleton au moins aussi intéressant. Hier, le PS, Le Front national, aujourd’hui, l’UMP. Notre démocratie est malade mais le médecin est connu : le citoyen informé et éduqué laissera passer de moins en moins de ces excès aussi scandaleux que répétés.

PS : dans un billet récent j’ai écrit que Bernard Amsalem, président de la fédération française d’athlétisme avait contribué à donner le nom de Jesse Owens au stade couvert d’athlétisme de Val-de-Reuil. C’est une erreur de ma part. L’ancien maire m’a confirmé que l’idée et sa réalisation revenaient au maire actuel, Marc-Antoine Jamet.