« Depuis les premiers jours de la levée démocratique contre le régime dictatorial de Bachar Al-Assad, la Ligue des droits de l'Homme manifeste sa solidarité avec les représentants de l’opposition démocratique et les défenseurs des droits de l’Homme en Syrie. Après avoir manifesté pacifiquement, la majorité du peuple syrien a fait valoir son droit à l’insurrection face à un régime qui a multiplié les atrocités de toute sorte, notamment à l’égard des femmes, pour finir par user de gaz toxiques contre son propre peuple.
Malgré l’évidence des crimes de guerre et contre l’humanité commis, la communauté internationale n’a pas su trouver les voies et les moyens pour mettre un terme à cette situation où aux réfugiés s’ajoutent plus de cent mille morts. En raison d‘une complicité avérée et intéressée, la Russie et la Chine bloquent toute résolution du Conseil de sécurité qui ferait grief à leur allié.
L’hypothèse de frappes militaires « punitives », envisagée par les Etats-Unis et la France, conduit à une impasse aventureuse dont la mise en œuvre reviendrait pour ses protagonistes à s’affranchir du droit international, dans un contexte où le désaccord des nations et des opinions publiques avec une intervention militaire est largement majoritaire. Dans ce contexte, la LDH se félicite que les institutions démocratiques aient, en Angleterre et aux Etats-Unis, contribué à désarmer cette démarche. Elle déplore que la pratique constitutionnelle de la Ve République conduise le Parlement à enregistrer les décisions du pouvoir exécutif.
Aujourd’hui le désarmement des armes chimiques du régime syrien est une exigence d’évidence qui ne saurait masquer d’autres impératifs minimums. C’est pourquoi la LDH :
— continue à soutenir sans réserve, avec la FIDH et le REMDH, l’opposition démocratique syrienne et les défenseurs syriens des droits de l’Homme ;
— exige la saisine de la Cour pénale internationale de tous les crimes de guerre et contre l’humanité commis durant le conflit ;
— demande l’ouverture d’urgence de corridors humanitaires, afin qu’une assistance adéquate puisse être apportée aux populations civiles ;
— exige du gouvernement français qu’il mette en accord ses actes et ses paroles en accordant pleinement le droit d’asile aux réfugiés qui en font la demande. »
20 septembre 2013
16 septembre 2013
Le site Mediapart affirme que Serge Dassault, sénateur UMP, a payé des électeurs pour favoriser l'élection de son poulain
Le site d’informations
Mediapart, encore lui, toujours lui, a annoncé, hier, qu’il détenait un
enregistrement réalisé en 2012 démontrant que Serge Dassault, sénateur UMP et
ancien maire de Corbeil-Essonnes, avait payé des électeurs lors des élections
municipales partielles aboutissant à l’élection de Serge Bechter, UMP, en 2010.
Le site d’Edwy Plenel assure
avoir vérifié, sécurisé, authentifié la voix de Serge Dassault. Ce dernier,
enregistré à son insu par deux de « ses hommes de main » affirme qu’il ne
sortira plus un sou de comptes libanais, qu’il en a assez distribué, et que
Younès n’a qu’à se débrouiller avec la distribution des 1,7 millions d’euros
engagés. Ce Younès est soupçonné d’avoir tiré sur les deux militants auteurs de
l’enregistrement. Il a disparu depuis…en Algérie.
Ces citations reproduites
par le site d’informations, sont terribles. Elles démontrent, si elles sont avérées
comme le Canard Enchaîné l’avait d’ailleurs révélé il y a quelques mois, que
certains hommes politiques sont prêts à utiliser toutes les méthodes même les
plus crapuleuses pour parvenir à leurs fins.
La corruption, car il s’agirait
bien de corruption, a d’ailleurs été reconnue par le Conseil d’Etat quand il a
frappé d’inéligibilité Serge Dassault pour avoir payé des électeurs lors d’une
précédente élection. Mais alors, le Conseil d’Etat n’était en possession que de
témoignages. Aujourd’hui, la justice devrait se saisir des bandes enregistrées
tandis que les sénateurs, contrairement à leur conduite corporatiste récente,
devraient lever l’immunité de Serge Dassault pour qu’il puisse être entendu par
les juges d’instruction saisis de l’affaire des électeurs payés.
Une fois de plus, il faut
saluer le travail minutieux de Mediapart et des journalistes qui appartiennent à
sa rédaction. Depuis que ce site Internet existe, on ne compte plus les affaires
sorties au grand jour grâce à la vigilance et à la crédibilité des hommes et
des femmes engagés au service des faits et de la vérité. L’affaire Cahuzac
demeure sans conteste, le haut fait d’armes journalistiques de Mediapart. Il se
pourrait que l’affaire Dassault devienne un feuilleton au moins aussi intéressant.
Hier, le PS, Le Front national, aujourd’hui, l’UMP. Notre démocratie est malade
mais le médecin est connu : le citoyen informé et éduqué laissera passer
de moins en moins de ces excès aussi scandaleux que répétés.
PS : dans un billet
récent j’ai écrit que Bernard Amsalem, président de la fédération française d’athlétisme
avait contribué à donner le nom de Jesse Owens au stade couvert d’athlétisme de
Val-de-Reuil. C’est une erreur de ma part. L’ancien maire m’a confirmé que l’idée
et sa réalisation revenaient au maire actuel, Marc-Antoine Jamet.
13 septembre 2013
Hommage à Jesse Owens à l'UNESCO
Pour le centenaire de la
naissance de Jesse Owens, et alors qu’aucune cérémonie n’a eu lieu aux
Etats-Unis, Bernard Amsalem, président de la fédération française d’athlétisme
a organisé une soirée spéciale au siège de l’UNESCO de Paris. En présence des deux
filles du champion olympique des 100, 200, 4X 100 mètres et de la longueur à
Berlin en 1936, L’ancien maire de Val-de-Reuil a souligné que Jesse Owens avait
été « l’idole de sa jeunesse » et qu’il était particulièrement fier d’avoir
contribué à donner le nom du champion afro-américain au stade couvert
d’athlétisme rolivalois.
Lors de son intervention, Bernard
Amsalem a souligné : « Jesse Owens a
traversé des périodes qui ont marqué l'histoire du monde : celle de la
ségrégation des noirs aux Etats-Unis et puis la période du nazisme, avec les
Jeux de Berlin. Il est passé à travers ça, en gardant ses valeurs, en étant
exemplaire par rapport à la barbarie. Ça fait de lui plus qu'une légende, une
référence morale. »
Gloria, 81 ans, l’une de ses filles,
s’est montrée fière et émue évidemment, de cette attention de la fédération
française d’athlétisme et de l’initiative des producteurs Luc Dayan et
Jean-Charles Lévy (cf. Intouchables). « Ce
fut un homme merveilleux, comme athlète et surtout comme père, qui avait du
respect pour chacun » a-t-elle précisé en présence de Stphen Hopkins,
réalisateur d’un long métrage consacré à la vie de Jesse Owens.
Bernard Amsalem, actuellement présent
à Nice, à l’occasion des jeux de la francophonie, du sport et de la culture,
est revenu spécialement hier à Paris, pour cette cérémonie d’hommage à un homme
devenu une icône. Notre pays peut s’inspirer de l’action et de l’opiniâtreté de cet homme légendaire à une époque où
pourtant la ségrégation et le racisme sévissaient encore presque partout aux Etats-Unis.
12 septembre 2013
Marc-Antoine Jamet rend hommage à Alain Le Vern, démissionnaire de la présidence de la région Haute-Normandie
![]() |
| Alain Le Vern, président de la région Haute-Normandie. (photo JCH) |
Alain Le Vern a eu « l'honneur » de
présider la région Haute-Normandie, ainsi qu'il l'écrit aujourd'hui dans le
communiqué qu'il publie. Sa démission est un choix personnel, l'appel de
nouvelles missions à remplir, de nouveaux défis à relever. Elle m'attriste
cependant personnellement. Par amitié. Elle ne peut avoir pour écho que notre
reconnaissance collective devant ce qu'il a fait. Par fidélité. Ce sont des
millions de Hauts Normands qui ont eu la "chance" d'avoir choisi un
homme comme lui, avec son caractère justement obstiné, sa personnalité authentique,
sa parole sincère pour veiller sur leur destinée, sur leur vie quotidienne, sur
leur avenir.
Peu d'élus, en dehors de lui, ont, avec une
telle constance, une telle force, une telle volonté, mené un combat pour
la justice sociale, l'égalité véritable, le progrès concret sur un territoire
intimement connu par chaque grain de sable, par chaque brin d'herbe, par chaque
souffle de vent. Alain Le Vern, travailleur infatigable, dévoreur de kilomètres
et de dossiers, allant au contact des gens, sur le terrain, mais sachant
diriger sa maison, avec la poigne du chef qui sait où il va, a vécu et
continuera de vivre en symbiose, en harmonie avec la terre qu'il avait choisie,
jeune instituteur, pour s'y accomplir, militer et créer. Aucune des causes de
la Haute Normandie, l'industrialisation à maintenir et à développer,
l'agriculture à moderniser et transformer, l'environnement à défendre et à
valoriser, l'éducation à promouvoir et à renforcer, l'emploi à préserver et à
créer, la mer à explorer et à révéler, n'a
eu, chez nous à Rouen, à Dieppe ou à Evreux, à Paris et à Bruxelles aussi, de
meilleur avocat et de meilleur artisan que Alain Le Vern. Des finances en
ordre, des lycées refaits, des projets économiques lancés, un patrimoine
naturel et culturel réhabilité, un aménagement de deux départements, autrefois
fictivement lointains, désormais rapprochés, mené au rythme du 276 qu'il a
inventé, voici quelques uns des beaux succès de son bilan.
Alain Le Vern a aimé et aimera toujours sa région,
celle qu'une majorité d'électeurs par trois fois, récompense du suffrage
universel, mais aussi d'une politique comprise et partagée, lui a confiée. Auprès
de lui que, comme militant, fonctionnaire, élu, je connais depuis 25 ans, aussi
attentif dans chacun de ses mandats parlementaires, partisans ou territoriaux à
faire, à réussir, à corriger, à réaliser, j'ai observé, découvert et appris. Il
m'a fait confiance et je l'ai servi. Avec franchise, donc dans la discussion.
Avec plaisir, donc dans la satisfaction. Sa décision, que nous sentions venir
depuis quelques mois, est à son image : responsable et réfléchie, pleine de
panache et même un peu de bravade. Je suis certain qu'il continuera d'aider,
dans des fonctions et tâches différentes, les Hauts Normands. Je suis sûr qu'à
l'intérêt général, pour des objectifs différents, il voudra dédier le parcours
qui s'ouvre devant lui.
Avec Nicolas Mayer-Rossignol nous en saluerons, demain encore,
les étapes. A Gauche, nous bâtirons sur ses fondations. Ensemble, nous ferons
vivre cette relève, en Seine-Maritime bien sûr, mais dans l'Eure également, j'y
veillerai, en prenant, pour les prochaines élections, dans les mairies, pour
l'Europe, au Sénat, dans les cantons, à la région, ce témoin qu'il nous confie
avec une éclatante élégance : celle des grands.
Envoyer l'armée à Marseille ? Avec des tanks et des automitrailleuses ?
Envoyer l’armée à Marseille ?
Et pourquoi pas les tanks et les automitrailleuses pendant qu’on y est. 57 %
des Français, selon un sondage réalisé par le Huffington Post (groupe Le Monde)
sont d’accord avec cette idée d’utiliser les militaires pour tenter de rétablir
une sécurité attendue dans le principal port français de Méditerranée. Depuis
quelques années, la violence physique, avec morts et blessés, est monnaie
courante à Marseille. Les règlements de comptes entre caïds et bandes rivales défraient
régulièrement la chronique locale et nationale. L’opposition UMP et FN, au lieu
de regarder avec objectivité les causes de cette violence, préfèrent taper à
bras raccourcis sur les ministères régaliens concernés, l’Intérieur et la
Justice.
Manuel Valls a décidé de
renforcer les effectifs des forces de police, d’augmenter le nombre de
patrouilles à pied soi-disant dissuasives quand Christiane Taubira souhaite
donner plus de moyens aux magistrats chargés des enquêtes. Gaudin (maire de
Marseille) et les siens savent très bien, pourtant, qu’il ne s’agit pas d’un
problème d’effectifs.
Quand quinze personnes sont
tuées par des hommes motorisés et casqués et à coups de révolvers, je voudrais
bien savoir comment faire pour prévenir ces agressions motivées par le contrôle
du trafic de stupéfiants et donc par l’appât du gain. Je voudrais bien savoir
comment les militaires et rangers et en treillis vont venir à bout des gangs
des quartiers installés là depuis des années où ils nagent comme des poissons
dans l’eau. Je le dis comme je le pense : les militaires ne sont pas ceux
qu’il faut pour venir à bout de ces trafics, de ces gangs, de cette délinquance
économique.la police est là pour cela. Donnons lui les moyens de réussir dans son action.
Il me semble inquiétant que
les citoyens français se tournent vers des militaires pour ramener l’ordre dans
nos villes et nos rues. Faut-il que la notion d’état de droit se soit dégradée à
un point inimaginable pour envisager, ne serait-ce que sur le papier, de faire
appel à ceux dont le dessein unique doit être de protéger les frontières de
notre pays et de préserver la sécurité extérieure de ses habitants.
Dans leur grande sagesse,
les auteurs de notre constitution rénovée ne prévoient de faire appel à la
troupe qu’en cas de troubles majeurs portant atteinte à l’unité de la nation,
en cas de guerre civile en un mot. La délinquance urbaine ou rurale ne nécessite
pas l’usage de l’armée. Je sais aussi que nombre de Français recourent de plus
en plus souvent à l’usage des armes. Nombreux sont ceux qui achètent des fusils
ou pensent à créer des milices privées.
Attention, il s’agit de dérives
dangereuses très risquées pour la paix dans le pays et pour que la sérénité l'emporte sur la vengeance. Il s'agit de dérives inadmissibles
dans une République où les différents bras de l’exécutif doivent jouer leur rôle
et uniquement celui-là. L’affaire du bijoutier de Marseille prouve que la mort
d’un homme est un prix trop cher payer pour un hold-up toujours inadmissible et toujours
déplorable. Mais en France, personne n’est autorisé à se faire justice soi-même.
C’est le B-A BA du vivre ensemble. La France n’est ni Le Chili ni l’Egypte. Les
militaires doivent rester dans leur caserne. Sauf si le président leur demande
d’intervenir en Syrie, ce que je ne souhaite pas.
10 septembre 2013
François Fillon n'est pas digne de devenir président de la République
Hervé Le Tellier dans le journal le Monde : «Erratum : en cas de duel FN-PS, Fillon n'a pas conseillé de voter "pour le moins sectaire", mais "pour le saint-nectaire". D'accord, ça ne veut rien dire non plus, mais ça sent moins mauvais. »
Fillon file donc un mauvais coton. Depuis deux jours, les responsables politiques ou plutôt les politiques responsables fustigent la formule alambiquée de l’ancien premier ministre. S’il a à choisir entre un(e) candidat(e) PS et un(e) candidat(e) FN il optera pour le ou la moins sectaire. Copé a inventé le ni-ni, ni PS, ni FN, Fillon invente le choix à la carte, à la tête du client. Il s’agit là d’une régression indigne d’un homme qui prétend devenir un jour Président de la République. Même un Jean-Louis Borloo, dont on connaît le peu d’amour pour la gauche, préfère quand même celle-ci au Front national.
Fillon file donc un mauvais coton. Depuis deux jours, les responsables politiques ou plutôt les politiques responsables fustigent la formule alambiquée de l’ancien premier ministre. S’il a à choisir entre un(e) candidat(e) PS et un(e) candidat(e) FN il optera pour le ou la moins sectaire. Copé a inventé le ni-ni, ni PS, ni FN, Fillon invente le choix à la carte, à la tête du client. Il s’agit là d’une régression indigne d’un homme qui prétend devenir un jour Président de la République. Même un Jean-Louis Borloo, dont on connaît le peu d’amour pour la gauche, préfère quand même celle-ci au Front national.
Cette stratégie de la majeure partie des membres de l’UMP s’inscrit
dans le droit fil du Sarkozysme et de son conseiller, Patrick Buisson. Au cours
des dernières semaines de campagne de l’élection présidentielle, Sarkozy a extrême-droitisé
son discours sur les Roms, la sécurité, la délinquance des étrangers, le
laxisme des juges tous arguments plaisants pour l’électorat de droite très
remonté. Quelques élus de droite, tels Alain Jupé ou Jean-Pierre Raffarin, ont
jugé que Sarko avaient poussé le bouchon un peu loin s’aliénant des voix
centristes (de droite donc) indispensables pour obtenir la victoire.
Mais rien n’y fait. Les
Ciotti, Estrosi, Hortefeux — et maintenant Fillon — ne font plus dans la
dentelle. Ils tirent à boulets rouges sur le PS au mépris de toutes références
républicaines favorisant de fait, le parti de Le Pen.
Or, non seulement le FN est
anti-européen, xénophobe et souvent raciste, mais en plus, nombre de ses
dirigeants fricotent avec Bachar Al Assad le tyran Syrien devenu Bachar le
chimiste. Le site Mediapart sort aujourd’hui une enquête fort intéressante démontrant
pourquoi et comment, depuis des années, les Le Pen soutiennent les dictateurs
arabes invoquant des risques d’islamisation des pays en cause et de disparition
des Chrétiens. Au-delà du fait qu’il y a des affaires à faire…c’est pourquoi
Marine Le Pen lutte de toutes ses forces contre l’intervention des occidentaux
en Syrie, pour empêcher la chute du despote et pour préserver l’avenir.
Revenons à François Fillon.
Eu égard aux réactions globalement négatives suite aux propos tenus, celui qui a failli devenir président
de l’UMP a raté une belle occasion de se taire. Ses paroles vont lui coller à la
peau et il lui sera bien difficile de retrouver un profil acceptable pour
une éventuelle majorité de Français. Car chacun le sait bien, le choix entre un
candidat PS et un candidat FN ne se fait pas sur la mine des affiches mais sur les valeurs
qu’il défend. J’aimerais bien que Fillon nous précise celles qu’il accepte de
la part du Front national ?
9 septembre 2013
La campagne pour les élections municipales est ouverte, à Louviers aussi
La proximité des élections
municipales et européennes pousse les partis de gauche à mettre au point leur
stratégie. Cette dernière peut avoir des objectifs différents : exister ou
gagner les élections. Les deux mois à venir vont permettre de décanter des
situations locales, d’une part, et d’apprécier la loyauté des partis de
gouvernement, d’autre part.
La direction d’Europe-Ecologie
Les Verts fera cavalier seul aux Européennes alors qu’aux municipales, on peut
s’attendre à des accords à la carte. Le PS national propose une large union (à
gauche) il sera sans doute entendu par le PCF, EELV et le PRG, seul Jean-Luc Mélenchon
ira à la bataille municipale sous ses propres couleurs du Parti de Gauche.
Cette décision des
communistes de poursuivre les accords locaux avec les socialistes tient à deux évidences :
la situation financière du PCF qui dépend du nombre de ses élus, l’entente
locale sur des programmes plus à gauche que ne le pense le Front de Gauche après
plusieurs mandats souvent exercés dans l’union même si comme chacun le sait :
l’union est toujours un combat. D’ailleurs, la contradiction mise en avant par
Mélenchon et son entourage ne tient pas : ils veulent assimiler politique
nationale et politique locale pour condamner par avance les accords du PCF avec
le PS. C’est un vieux débat aussi vieux que l’existence des groupes d’action
locale et des partis à vocation nationale. A Louviers, on a bien connu cette
problématique, elle a toujours tournée à l’avantage de ceux et celles qui défendent
leur ville en fonction des projets, des actions, de l’implantation réelle des
hommes et des femmes candidats aux fonctions électives. JLM conserve une vision
sectaire de la politique. J’ai bien peur que ses obsessions personnelles n’hypothèquent
la formation de majorités de gauche larges et donc respectueuses des us et
coutumes des différents partis.
Pierre Laurent et JLM sont donc
en froid. L’université d’été du Front de Gauche a permis aux deux leaders de se
faire la gueule et de se serrer la main à quelques minutes de la clôture des débats
dans un climat glacial. Pierre Laurent reproche à JLM d’invectiver le
gouvernement, la majorité, les socialistes. De tout faire pour rendre irrémédiable
une opposition irréductible. Les communistes sont plus réalistes et aussi plus
malins. Même si leur électorat n’a jamais sincèrement aimé les socialistes, ils
savent que les majorités de second tour sont indépassables pour conserver des
mairies, les postes de maires et d’adjoints et donc les indemnités qui vont
avec. Et puis, aujourd’hui, les communes sont regroupées dans des communautés d’agglomérations
ou de communes, lesquelles permettent des programmes d’investissement d’intérêt
général. A ce jeu-là, les communistes n’en sont pas les derniers bénéficiaires.
Quand ils ne sont pas aux manettes, les communistes ont également la possibilité
de s’exprimer et de populariser leurs thèses. Jean-Luc Mélenchon, issu des
rangs socialistes, n’en est plus là.
A Louviers, par exemple, les
communistes ont fait alliance dans l’opposition avec le PS depuis plus de cinq
ans. Sur les dossiers les plus controversés, tous les élus de gauche (avec le
NPA) ont souvent fait cause commune. Au sein de Seine-Eure, les élus
communistes d’Alizay bénéficient d’une situation enviable et ils ne sont pas
les seuls. Il ne fait pas de doute que dans un cas comme dans l’autre, les
communistes vont privilégier une politique réaliste plutôt qu’une lutte
frontale sans lendemain. Quant aux Verts, ils ont encore le temps de choisir l’option
d’une union à gauche. La municipalité actuelle ne brille pas particulièrement
pour la qualité de son combat écologique. Les positions de Franck Martin sur
les autoroutes, les délégations de services publics et autre avenir des sites
industriels (M-Real) répondent plus aux impératifs de la croissance à tout prix
qu’à la protection de l’environnement et la nécessaire transition écologique.
La Dépêche nous apprend que
Mme Gateau et M. Bidault ne sont pas certains de repartir pour un second mandat.
L’une (docteur en médecine) prend une retraite attendue (le 30 septembre
prochain) l’autre conditionne, semble-t-il, la poursuite de son travail d’adjoint
à la composition de la liste. Il est évident que l’absence de ces deux
personnalités affaiblirait la liste du maire sortant. Mais comme celui-ci en
est quand même à 19 ans de mandat, on peut comprendre qu’il aspire lui-même à
plus de tranquillité et de temps libre. Un poste se sénateur lui conviendrait
très bien. Beaucoup de disponibilité et une indemnité conséquente. Ce serait l’aboutissement
d’une vie politique sans les tracas du quotidien et sans le management difficile d’un
collectif.
Les Lovériens reçoivent,
aujourd’hui, le premier journal électoral du maire sortant. Il repart donc avec
un nouveau slogan prometteur : «
garder Martin, j’y tiens. » On avait eu droit à « Voter Martin, c’est bien ». Martin ! Pas l’équipe Martin. On
aurait pu imaginer qu’un homme dit de gauche vante le bilan d’un collectif…à
moins que le maire sortant considère qu’il est le seul maître à bord. Ses colistiers
et ceux qui travaillent autour de lui apprécieront. Comme les Lovériens apprécieront
cette remarque qui en dit long sur l’avenir : « La dette ? Ce qui compte ce n’est pas le volume global mais le
coût annuel de l’emprunt. » Les contribuables lui rétorqueront : ce
qui compte ce n’est pas le coût des impôts. C’est le volume de ce qu'on paie.
6 septembre 2013
Le bilan de dix années de droite en matière de sécurité : un échec catastrophique
Christiane Taubira avait
affaire à forte partie, hier soir sur France 2. Invitée de l’émission politique
« Des paroles et des actes » la ministre de la Justice a expliqué en détail
quelle serait la réforme pénale arbitrée par le Président de la République. Obsédée
par la nécessité d’éviter la récidive, Mme Taubira, pour écrire son projet de
loi, s’appuie sur des valeurs aussi basiques que l’obligation pour la
collectivité de favoriser la réinsertion sociale de ceux et celles qui sortent
du droit chemin et organiser les réparations des dommages causés aux victimes.
La surpopulation carcérale
et l’échec patent du tout sécuritaire sont le résultat de la politique aveugle
de Sarkozy. Une politique fondée sur la vengeance, les peines planchers, l’automatisme
de la sanction. Hier soir, Christian Estrosi, maire de Nice, auteur d’une pétition
nationale contre la loi Taubira exprimait une vision caricaturale de la droite,
très proche de celle du Front national. On a revu tous les clichés, on a
entendu tous les gros mots assénés sans aucune démonstration acceptable, et le
laxisme par ci, et l’angélisme par là, alors que la gauche a révisé depuis
longtemps son logiciel fondé sur la prévention et la répression.
Je considère même que Manuel
Valls va au-delà de ce qui serait compatible avec des idéaux inscrits dans les
gênes de la gauche. Les socialistes ne demandent pas l’impossible. Ils ont en
charge les responsabilités de l’action. Ils doivent donc protéger autant que
faire se peut, les personnes et les biens. Ils doivent contribuer à faire
baisser les tensions et apporter une sérénité bienvenue sans rien lâcher sur la
présence, la surveillance, l’anticipation. Une politique de gauche est une
politique équilibrée. Elle n’oppose pas les policiers aux magistrats. Ni la répression
à la prévention. Elle concilie le respect des personnes et de la présomption d’innocence
sans omettre le traumatisme des victimes. C’est une obligation difficile. Nul
ne le nie. Elle implique pourtant d’éviter les simplifications, les outrances, les
attaques personnelles. Christiane Taubira, anciennement favorable à l’indépendance
de la Guyane, ne serait pas légitime
aux yeux d’un Eric Ciotti, pour figurer au gouvernement de la France. Christiane Taubira a
donc eu raison de réaffirmer son indépendance d’esprit, sa vision personnelle de ses
devoirs et de renvoyer ses détracteurs à leur bilan : catastrophique !
4 septembre 2013
Le bilan des trois années de la régie publique « Eau de Paris» est exceptionnellement positif
![]() |
| Anne Le Strat à Louviers. (photo JCH) |
Le 27 juin dernier, les délégués
de l’agglomération Seine-Eure ont décidé, à une forte majorité, de confier les
délégations de services publics de l’eau et de l’assainissement au groupe Véolia,
jusqu’en 2021 pour l’eau et 2017 pour l’assainissement. Alors que les délégués
de Seine-Eure avaient la possibilité de passer en régie directe en 2015 (arrêt
Olivet) ils ont cédé à une forme de chantage exercé par l’ancien président de l’institution.
Celui-ci a en effet réussi à leur faire croire que l’indemnité immanquablement
réclamée par le groupe privé (dont le contrat ordinaire arrivait à échéance en
2024) serait « hénaurme » et que les juges administratifs ne se gêneraient pas
(pourquoi ?) pour gonfler la note finale.
Heureusement il s’est trouvé
quelques élus — François Merle et Richard Jacquet notamment — pour contester ce
raisonnement étroit. Si étroit que le directeur départemental des finances
publiques, dans son avis motivé, expliqua que le mode de gestion et surtout d’amortissement
de certaines dépenses du groupe privé ne correspondaient pas à la réalité économique.
Les zones d’ombre, comme le
dit justement l’ancien président Martin, sont épaisses et rien n’a été fait
pour les éclairer. Nous avons consulté comme nous nous y étions engagés un
avocat spécialisé dans les problèmes de régies. Face au dossier, l’affaire était
plaidable mais évidemment sans garantie de résultat positif pour l’association
qui n’a pas les reins assez solides financièrement pour se lancer dans un pari
juridique forcément hasardeux, coûteux et long.
Si le combat juridique est
une voie sans issue, le combat politique et économique se poursuit. Nous avons
constaté avec bonheur lors du débat du 27 juin qu’un nombre d’élus conséquent
commençait à se poser de bonnes questions sur l’avenir des régies et des délégations
de services publics. Afin d’apporter de l’eau à notre moulin je leur conseille
vivement de lire l’opuscule édité par la régie eau de Paris relatant l’expérience
de trois ans de régie directe après que la capitale a opté pour ce mode de
gestion. Fini les distributions de dividendes aux actionnaires ! Fini les frais
de siège ! Fini les avances sur travaux ! En trois ans, la régie a économisé
45 millions d’euros ! Une paille…
Aujourd’hui, confirme Anne
Le Strat, présidente de la régie, la collectivité décide de tout : du prix
de l’eau évidemment mais aussi de la situation du personnel, des travaux neufs,
des travaux d’entretien, de la qualité de l’eau et surtout des gros
investissements d’avenir.
Dans « L’eau à Paris, retour
vers le public » les lecteurs constateront à quel point une régie publique
intelligemment conduite, fortement investie par des élus convaincus, servie par
un personnel satisfait des conditions de travail est la solution la meilleure
pour assurer un service public de qualité et une eau irréprochable. Pour le plus grand bonheur et le plus grand intérêt des usagers.
Un résumé du texte : « Europe, Amérique du Sud, Asie, Afrique : de Berlin à Buenos
Aires, les collectivités reprennent la main sur la distribution de l’eau. Cette vague de remunicipalisations manifeste que l’heure n’est plus à l’engouement pour la privatisation de cette ressource vitale, bien commun par excellence. En France, Paris a fait le choix de revenir en régie, après vingt-cinq ans de délégation à deux grandes entreprises privées. Le cas emblématique de la remunicipalisation parisienne illustre les vicissitudes du retour de l’eau vers la gestion publique. A l’issue d’un processus à la fois politique et technique de plusieurs années, l’eau de Paris est désormais administrée selon des dispositifs démocratiques et transparents qui associent la société civile de manière inédite. Le passage en régie, placé sous le signe de l’intérêt
général, s’illustre par la création d’une valeur ajoutée citoyenne, là où, auparavant, il ne s’agissait que de privatiser les bénéfices pour le profit des multinationales et de leurs actionnaires. Cet ouvrage retrace les étapes et rassemble les témoignages des acteurs de cette transformation économique, sociale et culturelle, qui a donné naissance à la plus grande régie d’eau française. »
Aires, les collectivités reprennent la main sur la distribution de l’eau. Cette vague de remunicipalisations manifeste que l’heure n’est plus à l’engouement pour la privatisation de cette ressource vitale, bien commun par excellence. En France, Paris a fait le choix de revenir en régie, après vingt-cinq ans de délégation à deux grandes entreprises privées. Le cas emblématique de la remunicipalisation parisienne illustre les vicissitudes du retour de l’eau vers la gestion publique. A l’issue d’un processus à la fois politique et technique de plusieurs années, l’eau de Paris est désormais administrée selon des dispositifs démocratiques et transparents qui associent la société civile de manière inédite. Le passage en régie, placé sous le signe de l’intérêt
général, s’illustre par la création d’une valeur ajoutée citoyenne, là où, auparavant, il ne s’agissait que de privatiser les bénéfices pour le profit des multinationales et de leurs actionnaires. Cet ouvrage retrace les étapes et rassemble les témoignages des acteurs de cette transformation économique, sociale et culturelle, qui a donné naissance à la plus grande régie d’eau française. »
Ouvrage rédigé pour Eau de Paris par Agnès Sinaï, journaliste environnementale et auteure, maître de conférences à Sciences Po.
1 septembre 2013
Le Sarko-boy aime l'argent surtout quand il est liquide…
Tous ceux qui approchent d’une
façon ou d’une autre Sarkozy, sont pleins aux as. L’ancien président de la République
est devenu un conférencier demandé et chacune de ses prestations vaut entre 100
000 et 150 000 euros. C’est dire le poids de la parole. Peut-être est-il payé
au nombre de mots prononcés comme capitalisme, libéralisme, antifiscalisme,
pour le plus grand bonheur des amis de Sarko.
Un Sarko boy, hier célèbre,
vient d’être pris la main dans la sacoche par les douaniers parisiens. Il
embarquait à bord d’un Thalys en direction de Bruxelles, sans papier, ou plutôt
chargé de papier monnaie puisque M. Boillon, ancien diplomate en Tunisie,
ancien conseiller de Sarko, se promenait avec 350 000 euros et 40 000 dollars
en liquide, tous les cruciverbistes savent que l’argent s’écoule mieux quand il
est sous cette forme chimique. Interrogé sur la provenance de ces fonds, M.
Boillon avait une réponse toute prête. L’une de ses sociétés travaille avec l’Irak
où le système bancaire demeure instable. Donc, toutes les transactions se font
en espèces. Et comme M. Boillon — un bon Français — est résident à Bruxelles,
il faisait tout simplement un transport de fonds de Paris à la capitale belge.
Mais la loi précise qu’au-dessus de 10 000 euros, une déclaration est obligatoire
auprès des douanes. Ce dont s’est exonéré le sarko boy considérant sans doute
que les procédures usuelles ne sont pas applicables aux anciens conseillers de
l’ex président.
Aujourd’hui, les groupies de
Sarko vont danser en rond pour laisser planer le retour sur scène du président
battu. Parmi les protagonistes, ont trouvera Hortefeux, grand copain de Gaubert
lui-même copain de Bazire, lui-même bras armé de Balladur, lui-même grand ami
de Sarko. En Sarkozye ils se tiennent tous par la minette. Étonnez-vous qu’ils
aient ramassé 11 millions d’euros en quelques jours pour financer la dette électorale
du battu. Ce sont les mêmes qui se lamentent sur les hausses d’impôts ! L’argent
est là, il suffit de le chercher un peu.
Inscription à :
Articles (Atom)

