13 octobre 2008

Bernard Tapie n'est pas quitte

Dans le contexte de crise financière mondiale qui frappe tous les pays « riches » et les pays émergents, l'indemnité accordée à Bernard Tapie par le trop fameux tribunal arbitral apparait comme aussi exagérée que déplacée. A la suite des auditions de la commission des Finances de l'Assemblée nationale sur ce qu'il faut bien appeler l'affaire Tapie, le groupe socialiste a déposé le mardi 30 septembre « un recours en excès de pouvoir contre la décision de Mme Christine Lagarde, ministre des Finances de recourir à une procédure d'arbitrage pour clore le litige opposant l'ancien président de l'OM et le Consortium de réalisation (CDR) et de ne pas en contester la sentence.
Le groupe socialiste considère que cette procédure était légalement inappropriée et que le refus du ministre de faire appel a gravement lésé les droits et les intérêts de l'Etat dont elle a la responsabilité. Elle a ainsi fait porter sur les contribuables une charge indue.
En pleine crise financière, les 285 millions d'euros versés sans contestation à Bernard Tapie témoignent d'une largesse pour le moins étonnante de la part des autorités publiques. »
Le MODEM de François Bayrou a également déposé deux recours en excès de pouvoir contre la décision du ministre. Le conseil d'Etat devra dire si la procédure d'arbitrage choisie par le gouvernement était adaptée à la situation sachant que Bernard Tapie a déjà touché les 285 millions d'euros.

12 octobre 2008

Enorme succès du marathon Seine-Eure

L'équipe de France féminine des 100 km est venue préparer les championnats du monde (JCH)
Marc-Antoine Jamet, maire de Val-de-Reuil, Bernard Amsalem, président de la fédération française d'athlétisme, et Richard Jacquet, maire de Pont-de-l'Arche. (photo JCH)

Parcours nouveau et « roulant ». Organisation parfaite. Concurrents ravis à la fin de leur course. Présence de Bernard Amsalem, président de la FFA (fédération française d'athlétisme) et de l'équipe de France féminine des 100 km venue se tester avant les championnats du monde programmés dans quatre semaines. Un maire de Val-de-Reuil heureux de la rénovation routière absolument parfaite pour canaliser Marathon et Ekiden (course par équipes). Un Guillaume Voranger (de la CASE) étonné de ce brouillard puis de ce soleil qui fait resplendir l'effort.
Il n'y a pas à dire. Pour sa 4e édition, le marathon Seine-Eure a joué dans la cour des grands. Un athlète raconte : « Nous sommes magnifiquement accueillis, toute l'organisation mérite un grand coup de chapeau ». On a vu parmi les 500 bénévoles, des Hondouvillais, des Pintervillais, des Incarvillais, des Lovériens, des Heudebouvillais, des Rolivalois…tous concernés par les courses sur route et le sens de l'effort. Il est vrai qu'à Val-de-Reuil, le triathlon a conquis ses lettres de noblesse depuis deux décennies.

Revenons à la course. Hommes, femmes, jeunes, moins jeunes, spécialistes en 2 h 20, passionnés en 3 h 40 ou 5 heures, le marathon est un effort sur route et sur soi-même. Le corps, affuté pendant des mois, a besoin du renfort d'un mental à toute épreuve. Il faut s'hydrater et se nourrir quand il faut. Ni trop, ni pas assez. Il faut aussi venir à bout de ces satanées lignes droites qui vous coupent les pattes même si les falaises sur Seine sont magnifiques dans la lumière. Au final, nombreux sont ceux qui ont battu leur record personnel. Et tout cela grâce à un parcours ultra-plat le long de l'Eure et de la Seine.

Il y aura, en 2009, une 5e édition du marathon Seine-Eure. Comment se priverait-on d'un événement aussi énorme ? Profitons de l'occasion pour présenter le programme du challenge des quatre communes : Les foulées de l'Iton auront lieu à Hondouville le 1er février 2009, le challenge René Marc se déroulera à Incarville le 29 mars 2009, la foulée Pintervillaise accueillera les amateurs le 1er mai 2009…à Pinterville et « Courir à Heudebouville » fera fleurir le bouquet final en mai 2009 à une date restant à préciser.
Contact : www.challenge4 communes.fr

Les jeunes Autrichiens tentés par l'extrême-droite

La France et les Français auraient intérêt à regarder de près les résultats des élections législatives autrichiennes récentes. Non pas parce que Jörg Haider, l'un des leaders de l'extrême droite s'est tué dans un accident de la route du à la vitesse excessive de son véhicule, mais parce que les jeunes de moins de 30 ans ont voté à 50 % pour les représentants des deux partis fortement inspirés par des thèses racistes elles-mêmes fortement teintées d'antisémitisme.
Il fut une époque pas très lointaine, lors de la coalition des conservateurs et du parti de Haider, où l'Union européenne décréta une sorte d'embargo à l'égard de l'Autriche. Pendant plusieurs mois, les pays démocratiques ont snobé le pays de Kurt Waldheim lequel, progressivement a réintégré les rangs des pays fréquentables.
Revenons sur le vote des jeunes. Pour la première fois, les jeunes âgés de 16 ans révolus avaient le droit de vote. Ce sont eux qui massivement ont apporté leurs voix à l'extrême droite, séduits par le discours anti-immigration des porte paroles des deux partis nostalgiques du nazisme. C'est un évènement qui dépasse les frontières du pays de naissance de Hitler. Il doit, comme on dit, « interpeller » les responsables politiques, notamment ceux de la gauche. Comment faire, quoi faire, pour empêcher que le désespoir des jeunes se transforme en une « haine » des partis démocratiques ? Comment faire, quoi faire, pour que les sans diplômes ou les diplômés se voient offrir des perspectives de travail, d'insertion, de formation ?
La gauche ferait bien d'analyser à la loupe les résultats de Vienne. Non pas que la jeunesse française soit forcément comparable à la jeunesse autrichienne. Tout de même, ce vote exutoire sent mauvais. 30 % pour les nazillons, en 2008, dans un pays de l'Union européenne développé…il y a quelque chose qui cloche là-dedans.

11 octobre 2008

L'événement artistique de l'année

Le très beau catalogue de l'exposition réalisé par les experts de la Réunion des Musées nationaux concourt lui aussi à la qualité de l'événement.

Indéniablement l’exposition « Picasso et les maîtres » présentée depuis le 8 octobre au Grand Palais, au Louvre et au Musée d’Orsay est l’événement artistique de l’année.
L’exposition centrale qui a lieu au grand Palais présente l’œuvre de Picasso confrontée a celles de ses maîtres : Rembrandt, Poussin, Goya, El Greco, Velasquez, Raphaël, Ingres, Cézanne, Manet, Degas, Van Gogh… Tous ces peintres ont en commun la rupture. Chacun rompt, en effet, avec le style académique de son époque.
En fonction des différents moments de sa vie, Picasso prend tel ou tel maître, s’en imprégne, l’absorbe et le reconfigure dans une nouvelle forme avec une force et une violence toute contemporaine.
A l’heure où l’on ne parle que de « la crise » cette exposition nous renvoie la cruauté du monde et nous insuffle un air de liberté et de légèreté.
Exposition visible pendant quatre mois jusqu'au 2 février 2009.
P.H.-D

Henri Weber défend la motion de Martine Aubry

Henri Weber, député européen, Marc Antoine Jamet, maire de Val-de-Reuil et Philippe Bove, secrétaire de la section rolivaloise. (photo JCH)

Henri Weber, député européen, membre du bureau national du Parti socialiste, était invité par la section PS de Val-de-Reuil, ce vendredi, devant laquelle il est venu défendre la motion présentée par Martine Aubry et un certain nombre d'alliés importants comme Arnaud Montebourg, Laurent Fabius, J.C. Cambadélis, Pierre Mauroy, et sur le plan local, Marc-Antoine Jamet, maire de Val-de-Reuil, François Loncle, député et Yves Léonard, premier secrétaire fédéral de l'Eure.
Impossible d'évoquer le congrès de Reims, les problèmes internes du PS, l'analyse de l'échec des présidentielles sans commencer par la crise économique et sociale engendrée par l'effondrement du capitalisme financier. Sous nos yeux, en quelques jours, des banques ayant pignon sur Wall Street, se sont écroulées comme un château de cartes, gangrénées par des actifs « pourris » fruits d'un système pervers visant à augmenter sans cesse les profits sans que l'économie réelle puisse suivre une course effrénée.
A ce jeu là, vient le temps où tous les joueurs sont contraints d'abattre leurs cartes et de montrer qu'ils n'ont pas les atouts de l'annonce. Les socialistes peuvent-ils se réjouir de cette situation : « bien sûr que non, reconnait Henri Weber, mais nous ne sommes pas les passéistes, les ringards, les vilains socio-démocrates qui ne comprennent rien à rien. Le capitalisme financier répond à une méthode, à une théorie, le libéralisme économique, fondée au 18e siècle et qui voudrait que la somme des intérêts particuliers et égoïstes forme l'intérêt général. » Sans les Etats, sans une concertation mondiale, rien ne sera possible. Le socialisme gagnerait-il à être mieux connu ?

Le libéralisme économique ne marche pas. Reagan et Thatcher, depuis trente ans, ont voulu faire croire que cette méthode du renard dans le poulailler allait conquérir le monde : pays développés comme pays émergents. « Au début, ça n'a pas trop mal marché. Quand ça s'est gâté, de bonnes âmes ont assuré que le marché allait s'auto-réguler. Tu parles, aujourd'hui, sans les Etats et la recapitalisation des banques nationalisées, de fait, on serait dans le gouffre. »

Alors, la motion Aubry : « Elle doit arriver en tête car les statuts du parti précisent que la recherche de la synthèse se fait autour de la motion ayant recueilli le plus de voix. » Pour Henri Weber, la motion Hamon, si proche de la motion Aubry, se trompe d'objectif : « On ne peut pas chercher à se compter lorsqu'on fait courir un vrai risque au PS en privilégiant objectivement d'autres leaders de motions bien moins à gauche que la nôtre. » Le risque : que Bertrand Delanoë ou Ségolène Royal arrive en tête. Risque politique, risque d'avenir : « Le PS est aujourd'hui inaudible parce qu'il n'a pas de patron. Martine Aubry a le profil : ses convictions à gauche n'ont jamais varié. Elle a une haute conception de la politique, loin du spectacle, de la messe médiatique. Son opposition à Sarkozy n'est pas molle. Son action au gouvernement Jospin : conquêtes sociales, emplois jeunes, CMU, baisse du chômage, équilibre des comptes de la sécurité sociale…Sa volonté de travailler en équipe et celle de gagner la bataille idéologique face à Fillon-Sarkozy lui permettront de rassembler les socialistes et de mettre le PS au travail. »

J'ai interrogé Henri Weber sur la nécessité de (re)faire du PS un parti de militants : dans les cages d'escaliers, aux portes des usines, aux côtés des grévistes, contre la privatisation de la Poste, aux côtés des syndicats. Hubert Zoutu l'a interpellé sur le manque d'analyses publiques après l'échec des présidentielles de Ségolène Royal…
Le PS est un parti d'élus qui « gouvernent » 60 % des Français. La plupart apprécient l'action locale et régionale des socialistes. Ils sont donc visibles « mais ils jouent en ligue 2. Il nous faut monter en ligue 1. » Quant à l'échec de Ségolène Royal, il n'y a pas une cause mais un ensemble de causes. Et puis, en face, il y avait un poids lourd de la droite, jeune et conquérant. Même si en 18 mois, il a perdu de sa superbe, il demeure un adversaire dangereux tant le caméléon peut changer de couleur et de posture. Prendre des ministres de gauche, tenir un discours « de gauche » et gouverner…à droite.

10 octobre 2008

Profits et primes records pour les banques d’affaires new-yorkaises

C'était hier : Les bénéfices combinés des cinq plus grands établissements de Manhattan devraient dépasser 28 milliards de dollars. Les primes accordées à leurs collaborateurs, en hausse de 30% reflètent cette prospérité.
New York
CORRESPONDANT
L’année 2006 restera dans les annales à Wall Street. La prospérité insolente de la fin du siècle dernier, au moment de la bulle Internet, a été dépassée. Jamais les grandes banques d’investissement américaines n’auront gagné autant d’argent et leurs heureux employés touché autant de bonus : plus de 622.000 dollars (475.000 euros) en moyenne pour les 26 467 salariés de Goldman Sachs par exemple.

La finance nage dans l'euphorie
Plus discrète qu’à la fin des années 1990, la finance locale nage dans l’euphorie. Après six mois de hausse, l’indice Dow Jones de la bourse de New York ne cesse d’atteindre de nouveaux sommets historiques – au-delà des 12 000 points – et le volume des fusions-acquisitions a battu le record de l’année 2008, avec un total de transactions de plus de 3.460 milliards de dollars (2.777 milliards d’euros). Le marché obligataire étant lui aussi en grande forme, il n’est pas étonnant que les grandes maisons de Wall Street se soient transformées en machines à fabriquer des profits. Quand Lehman Brothers (LB) et Bear Stearns (BS) ont annoncé leurs résultats pour 2006, jeudi 14 décembre, les messages étaient presque identiques et le mot « record » cité pas moins de 37 fois dans leurs communiqués. LB a réalisé un bénéfice net de 4 milliards de dollars (+23%), et BS de 2,1 milliards (+40%). Une broutille à côté de Goldman Sachs qui, deux jours plus tôt, avait annoncé une envolée de 70% de ses profits, à 9,4 milliards de dollars, soit plus que les cinq grandes banques de Wall Street réunies en 2001 et 2002.

L’argent coule à flots
Morgan Stanley publiera se comptes cette semaine et Merril Lynch en janvier. Il faut s’attendre à d’autres records. Pour les neuf premiers mois de l’année, les bénéfices combinés des cinq maisons représentent 21,3 milliards de dollars, déjà plus que pour toute l’année 2005.
Au total, selon le consensus des analystes, calculé par Thomson Financial, ils devraient atteindre, pour l’ensemble de 2006, plus de 28 milliards de dollars.

Cela peut-il durer ?
Pour les économistes, cela dépendra, notamment, de la capacité de l’économie américaine, dont la croissance ralentit depuis neuf mois, à rebondir en 2007, des éventuelles baisses de taux de la Réserve fédérale et de la résistance du consommateur.
« Ceux qui auront un grand sourire en recevant leur chèque vont tout de même réaliser qu’il y a peu de chances qu’il soit du même montant dans un an. Les étoiles ne s’alignent pas toutes comme cela souvent », souligne Henry Higdon qui dirige la firme de recrutement Higdon Partners à New York.
En attendant, les fêtes de fin d’année s’annoncent grandioses à Manhattan tant l’argent coule à flot et les craintes de la première place financière mondiale de perdre son attrait sont, pour le moment, oubliées. Les 170 000 banquiers et autres courtiers qui travaillent dans les cinq grandes banques d’investissement new-yorkaises devraient recevoir environ 36 milliards de dollars de bonus, soit 30% de plus que l’an dernier.

Pas étonnant si le marché de l’immobilier résiste dans la métropole tandis que les prix baissent et les transactions s’effondrent dans tous les Etats-Unis. A Manhattan, le nombre de logements vendus a augmenté de 1% en novembre et les prix sont en hausse de plus de 17% en un an. Le mois dernier, 38 maisons ont été achetées à plus de 10 millions de dollars l’unité. Parmi les opérations records, le directeur général de la Bourse de New York, John Thain, a acquis un duplex au 740 Park Avenue pour 27,5 millions de dollars. Dans cet immeuble prestigieux ont vécu les familles Rockefeller, Vanderbilt et Chrysler.
Commerces et restaurants de luxe profitent aussi de la mane. Tout comme les finances de la ville : l’industrie financière devrait payer cette année près de 2 milliards et demi d’impôts à la municipalité. Et chaque emploi à Wall Street en génère au moins trois autres dans la cité.

Éric Leser
Le Monde de l’Économie du 19 décembre 2006

Au moins une information intéressante dans cet article : les Américains ont l’adresse de M. John Thain. Ils savent donc où le trouver. Il doit bien lui rester encore quelques dollars qu’il pourrait mettre à la disposition des plus nécessiteux d’entre eux !
Reynald Harlaut

François Loncle se fâche

Photo : Carlos Ghosn à l'usine de Sandouville. (photo Yahoo)





Dans un communiqué adressé à la presse nationale, François Loncle met sévèrement en cause Carlos Ghosn, le PDG de Renault.
Il écrit : « Le responsable de la crise de Renault, c'est son PDG M. Carlos Ghosn. Redoutable financier, piètre industriel, médiocre manager, M. Carlos Ghosn dit, aujourd'hui, le contraire de ce qu'il fait depuis qu'il est à la tête de Renault.
Lorsqu'il prétend que les constructeurs qui se sortiront de la crise actuelle seront ceux qui auront maintenu leur capacité de recherche et de développement, qui disposeront des bons modèles adaptés aux besoins des clients et qui auront fait de bons choix technologiques, M. Ghosn énonce une stratégie à laquelle il a tourné le dos jusqu'à maintenant.
Le PDG de Renault a accumulé les erreurs de gammes, méprisé les ressources humaines et a ignoré les aspirations des clients. Il est le représentant d'un monde qui privilégie la finance au détriment de l'industrie. Il n'y a rien à attendre de ce dirigeant, pas plus que de la visite-spectacle d'un Président de la République dont les discours sont constamment démentis par les actes et dont les promesses ne sont jamais tenues. »


Où l'on retrouve Philippe Pontet…

Les caisses d'épargne vont s'unir avec les banques populaires. Pour tenter de sauver Natixis ? (photo JCH)
Philippe Pontet, ancien suppléant de Rémy Montagne, devenu député lorsque ce dernier obtint un maroquin dans le dernier gouvernement de VGE, fut sévèrement battu par François Loncle lors de la vague rose de 1981. Il tenta encore sa chance à la proportionnelle en 1986 mais pour quelques voix, c'est claude Michel (PS) qui fut élu député en 3e position sur la liste socialiste. Exit Philippe Pontet.
Depuis, le conseiller référendaire à la cour des Comptes a fait son chemin dans les chiffres et dans les banques. Parti de la banque La Hénin, il est devenu président d'HSBC Europe et lorsque nous l'avons rencontré, jeudi soir à Paris au Grand Palais, à l'occasion du vernissage de l'exposition consacrée aux grands maîtres et à Picasso, nous n'avons pas pu éviter quelques accents de nostalgie. Le combat entre nous fut âpre et très politique. Philippe Pontet, UDF à tout crin, agitait surtout l'anticommunisme primaire (mais avec le temps on s'est aperçu qu'il n'avait pas tort sur toute la ligne) et luttait de toutes ses forces contre le programme de nationalisations de la gauche unie.
Depuis de l'eau a coulé sous les ponts et la crise du capitalisme financier est là et bien là. Les nationalisations retrouvent de la vigueur, même dans les pays anglo-saxons, inventeurs du libéralisme échevelé. Le président de HBBC Europe a-t-il des craintes pour l'avenir immédiat ? Lui assure que sa banque n'est pas « vérolée » par les produits financiers toxiques ou pourris : « Nous avons même refusé l'aide du gouvernement britannique. » Il prévoit deux années très difficiles et cite Benjamin Constant : « tant que nous n'aurons pas fait le tour de la sphère, la crise perdurera. » Il annonce une récession inévitable, un chômage accru, tout cela parce que les Américains nous ont refilé une sale maladie. Et la crise sera mondiale.
Philippe Pontet se souvient de ses amis des années quatre-vingt et, surtout, de celui qui fit une chute vertigineuse d'une nacelle alors qu'il collait sur le pont de l'autoroute, route de Saint-Pierre-du-Vauvray. Ce militant-là aussi a fait son chemin. La greffe entre le proche de VGE et la circonscription eut du mal à prendre. Philippe Pontet ne le regrette pas. François Loncle non plus.

Revenons sur l'exposition : Elle est géniale au sens où Picasso et les grands maîtres sont géniaux. Avant-gardistes et créatifs, les Poussin, Manet, Degas, Rembrandt, Velasquez, Murillo, Gauguin, Van Gogh, Renoir, Goya…ont inspiré Picasso dont les toiles des dernières années expirent un délire et une joie incommensurables à la mesure d'un personnage réellement exceptionnel. L'exposition est à la hauteur de son influence et de ses fulgurances.

9 octobre 2008

Le prix Nobel de littérature à Jean-Marie Gustave Le Clézio


Je viens d'entendre Jean-Marie G. Le Clézio sur France Culture. Le nouveau prix Nobel de littérature n'en fait pas tout un fromage. Avec la simplicité et l'authenticité qui le caractérisent, il reconnaît que ce prix va lui donner envie d'écrire. « Ce que l'on cherche, avoue-t-il, c'est avoir des lecteurs. Ce prix m'aidera à continuer. » Quelques secondes plus tard il « pense à tous ces jeunes écrivains qui ne parviennent pas à se faire éditer malgré leur talent et à ceux qui, loin de la métropole, écrivent en créole sans avoir aucune chance d'être traduits ».
Ses considérations sur la vie : « après notre naissance et avant notre mort, nous traversons quelques difficultés. » L'homme est, parait-il, un écrivain de la sensualité, de la modernité, mais il regrette aussi que seuls les riches aient accès à des facilités à jamais interdites aux pauvres. Jean-Marie Le Clézio obtient ce Nobel après Simon, Sartre, Camus, Gide…autres écrivains français récompensés par la plus haute distinction possible pour une œuvre considérable.

Qui est le nouveau prix Nobel ?
Nous sommes allé sur le site de Fredrik Westerlund : « Jean-Marie Gustave Le Clézio, né à Nice en 1940, devint célèbre quand parut Le procès-verbal en 1963. Sa réputation fut assurée définitivement par l'attribution du prix Théophraste Renaudot pour son premier ouvrage après avoir manqué d'obtenir le prix Goncourt. Depuis, il a publié plus de trente livres: romans, essais, nouvelles, deux traductions de mythologie indienne, ainsi que d'innombrables préfaces et articles et quelques contributions à des ouvrages collectifs. En 1980, Le Clézio fut le premier à recevoir le prix Paul Morand, pour la totalité de son oeuvre, notamment Désert (1980). Plus tard, en 1994, il fut élu le plus grand écrivain vivant de langue française.

Une citation de JMGC : « Lorsque j'ai commencé à écrire, j'écrivais pour le seul plaisir de raconter des histoires, justement. Mais je m'en suis aperçu en écrivant La quarantaine, maintenant j'écris pour une autre raison. Au fond, j'écris pour essayer de savoir qui je suis. Chercher l'aventure...»

(photo Mercure de France)

8 octobre 2008

La pétition antividéosurveillance marche bien

Les rencontres de ce soir, dans le quartier de la Maison rouge, à l'occasion de la campagne de signature de la pétition du collectif formé contre la vidéosurveillance, ont été fort intéressantes. Premier constat, la plupart des habitants savent que le maire et sa majorité projettent d'installer des caméras dans leur quartier. Second constat, ils ont eu le temps d'en parler autour d'eux, de réfléchir à la question et de se faire une idée assez précise de ce qu'ils désirent.
Signent-ils tous les yeux fermés ? Pas du tout, les habitants argumentent, questionnent, pèsent les avantages et les inconvénients. Si la colonne de ces derniers l'emporte, ils signent sans barguigner. Et quiconque y verrait je ne sais quelle extorsion de signature serait un esprit tordu et vil.
Où en sommes-nous de notre campagne ? Nous avons dépassé, grâce aux efforts de membres du collectif particulièrement vaillants, les 600 signatures. Voilà un chiffre significatif. Tellement significatif qu'au cours de mes rencontres, j'ai discuté avec un colistier de la majorité municipale qui n'est pas absolument certain que la religion du maire soit totalement faite. Il est vrai que les sommes en jeu sont colossales. Il est vrai, aussi, qu'il va falloir boucler un budget 2009 qui s'annonce comme le budget de tous les dangers. Peut-on, dans une période aussi incertaine, alors même que le pouvoir d'achat baisse sensiblement, que le chômage repart au galop, se lancer dans des dépenses à l'intérêt si aléatoire qu'elles vont mobiliser, demain encore plus qu'hier, les Lovériens contre une forme de gabegie.