Chaque année, le rapport
d’Oxfam dresse un constat toujours plus accablant sur l’accumulation sans
précédent des richesses entre quelques mains : la fortune de huit
milliardaires correspond aujourd’hui à celle d’une
moitié des habitants de la planète. « Il
est temps de mettre l’économie au service des 99 % », dit l’ONG.
Des milliards de pauvres dans le monde. (AFP) |
Vous avez bien lu :
huit milliardaires possèdent autant que 3,2 milliards d’individus ! Mais
que font-ils de tout cet argent puisqu’on n’imagine pas ces milliardaires
jouer au loto ou manger cinq fois par jour ? Ces milliards, comment les ont-ils
obtenus ? Par héritage, par un énorme succès dans le monde des
affaires ? Ont-ils fraudé, trompé le fisc, utilisé des paradis
fiscaux ? Combien de morts par accidents du travail ou de blessés
physiquement ou psychiquement parmi les salariés des grands groupes qu’ils
dirigent ou qu’ils font diriger ? Il serait banal de mettre en avant les
centaines de millions de pauvres, de mal nourris de sous nourris ou de morts
vivants victimes directes ou indirectes des agissements de ces
super-fortunés ? Il serait également banal de lier comme le fait Noam Chomsky,
le penseur américain, pouvoir de l’argent et pouvoir politique, à l’image d’un
Donald Trump et de son gouvernement ploutocrate, cleptocrate plutôt, selon
l’expression de Sylvie Laurent (1) mercredi soir sur Mediapart.
Comment notre monde peut-il
supporter pareille injustice ? S’il est normal que des entrepreneurs
audacieux et utiles à l’intérêt général en tirent des bénéfices personnels et
collectifs, est-il admissible qu’il existe une telle disproportion entre les
quelques hyper-privilégiés possesseurs de richesses immenses sous toutes leurs
formes et ces milliards d’êtres humains, citoyens de pays émergents ou
sous-développés souvent victimes des crises financières,
économiques et sociales, des guerres, des coups d’états, des catastrophes
climatiques ou humanitaires ou encore chômeurs en fin de droit.
Voilà pourquoi je ne
regarderai pas, ce soir, à la télévision ; l’intronisation du nouveau
président des États-Unis d’Amérique. Cet homme-là ne fait pas honneur à la
démocratie. Il appartient à cette caste de milliardaires égoïstes, brutaux,
vulgaires. Il n’a aucune culture, sauf celle de l’argent. D’éminents linguistes
n’affirment-ils pas que les discours improvisés de Trump affichent un niveau de
vocabulaire inférieur à celui d’un élève moyen de 6e ! Ce qui
n’est pas blâmable en soi (tout le monde ne fait pas Saint-Cyr) devient un vrai
handicap politique quand il s’agit de l’expression du président des États-Unis.
En attendant, ses premiers décrets sont prêts : un mur avec le Mexique, la
réouverture des mines de charbon, l’interdiction d’entrer aux Etats-Unis pour
les citoyens de certains pays. Et le pire reste à venir.
(1) Sylvie Laurent est
maître de conférences à Sciences Po Paris. Elle est spécialiste de l’Amérique.
Pour elle, Trump et les siens sont au pouvoir pour « faire des profits ». Comme
toujours. Elle affirme que les conflits d’intérêts ne sont pas réglés.
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