Claude Cornu au micro. (photo Jean-Charles Houel) |
Claude Cornu demeure un pédagogue.
Retraité de l’éducation nationale au sein de laquelle il exerça son métier de
professeur avec passion, cet érudit sait transformer une simple conférence en
un moment d’histoire et d’information captivant. La salle Pierre Mendès France était
occupée, ce samedi, par les membres de la SED (société d’études diverses) et
quelques autres venus pour écouter Claude Cornu nous parler du sort des femmes
en politique dans l’Eure. Depuis les tentatives engagées, ici ou là, avant la
seconde guerre mondiale jusqu’à nos jours pour que les femmes soient considérées
comme des citoyennes à part entière d’abord, des candidates « acceptables »
ensuite et des élues compétentes enfin.
Claude Cornu a beaucoup
cherché et travaillé sur le sujet. Et comme notre département n’est pas
sensiblement différent des autres, ses trouvailles et constatations pourraient être
élargies à la nation tout entière. Il se trouve que Pierre Mendès France,
ancien maire de Louviers, est de ceux qui ont engagé un processus reconnaissant
aux femmes non seulement la légitimité de l’élection mais également la nécessité
de leur participation à la délibération collective pour obtenir une société
harmonieuse.
Les trois K allemands (Küche,
kirche, kinder : cuisine, église, enfant) se sont appliqués longtemps dans
notre pays. Les hommes de la 3e République n’ont jamais franchi le
pas permettant aux femmes françaises de bénéficier d'une citoyenneté pleine et
entière (1) obtenue ailleurs dans les pays anglo-saxons. L’élection des six femmes
lovériennes en 1936 prouve combien Pierre Mendès France considérait leur rôle
et leur place dans la cité.
Avec le temps, les choses ne
se sont pas arrangées. Quelles que soient les élections (municipales,
cantonales, législatives) les femmes élues dans l’Eure sont demeurées longtemps
très minoritaires. Quant aux responsabilités dans les exécutifs, n’en parlons
pas. Peu de maires femmes, peu d’adjointes femmes, deux députées (Catherine Nicolas et Catherine Picard) il aura fallu attendre les
lois sur la parité pour que les faits établis bougent quelque peu. Le prochain
conseil départemental comprendra d’ailleurs autant de femmes que d’hommes (23
hommes et 23 femmes) puisque le binôme est dorénavant imposé par la loi. Tout comme cette
parité pas si égale que cela puisque par le jeu des têtes de listes et de la
proportionnelle les hommes demeurent majoritaires dans les conseils municipaux
dans les villes de plus de 1000 habitants. Mme Nicole Duranton (UMP) a tout de même réussi à surmonter l'obstacle sexiste en devenant sénatrice…à la proportionnelle. Car là est le principal problème : la fascination des hommes pour le pouvoir et ils ne veulent pas le lâcher (2) !
Leslie Cléret, conseillère générale
socialiste, présente à la conférence, reconnaît que l’égalité homme-femme est
un combat permanent. Que rien n’est jamais acquis définitivement et que les
jeunes filles (comme les jeunes hommes d’ailleurs) doivent s’engager au service
de la collectivité où chacun(e) peut apporter ce qu’il a de meilleur : la
solidarité et le dévouement.
(1) Bien des élus hommes de la 3e République, les radicaux surtout, craignaient que les femmes soient sous l'influence de l'Eglise…leur vote également.
(2) Claude Cornu a raconté comment les socialistes de l'Eure avaient souhaité contourner les impératifs nationaux lors de deux parachutages parisiens totalement ratés.
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