Arnaud Montebourg ne dédaigne pas jouer les Mirabeau. Au
cours de sa longue visite chez M-Real à Alizay, ce jour, il a laissé libre cours à son talent
oratoire et à sa volonté politique. On a senti un homme heureux et passionné par
la difficile tâche à remplir et les multiples obstacles placés sur sa route.
Ministre du redressement productif n’est pas un job pour timide. Eu égard à la
situation industrielle de notre pays, le ministre en question doit évidemment
croire aux chances des travailleurs, des élus, du gouvernement et des
entreprises associés dans un patriotisme économique autant que social et
sociétal. Tel le message qu’a voulu faire passer Arnaud Montebourg en venant
signer, sous le regard de la gigantesque machine à Papier prête à redémarrer,
l’accord scellé par le département présidé par Jean-Louis Destans et l’industriel Thaïlandais double A.
Il y avait foule pour assister aux festivités : le
préfet Dominique Sorain, d’anciens salariés, l’intersyndicale avec Thierry
Philippot (CGT) et Eric Lardeur (CGC) des représentants du collectif fort utile
pour le succès de l’action, des élus nationaux et locaux (Guillaume Bachelay,
Marc-Antoine Jamet, Patrice Yung, Richard Jacquet, plusieurs conseillers
généraux) et, cerise sur le gâteau, Franck Martin dont le principal but
semblait de figurer sur les photos souvenirs. Un membre du NPA l’a d’ailleurs
agressé verbalement (1) le maire de Louviers étant devenu célèbre quand il
déclara de façon fort imprudente « qu’il
ne miserait pas un kopeck sur l’avenir de cette usine…»

Dans son discours, Arnaud Montebourg s’est félicité du
retour de la puissance publique sur le front industriel. Il a vanté « une
micro-départementalisation provisoire (2) » à l’origine de la crédibilité du
projet et de sa faisabilité. Ce signal important sera conforté, a assuré le
ministre, par une proposition de loi soutenue par le gouvernement et visant à
permettre à l’Etat de contraindre un industriel à vendre son bien à un repreneur
fiable en cas de cessation de l’activité et à condition qu’elle soit rentable.
François Brottes, président de la commission compétente de l’Assemblée
nationale, va travailler sur la proposition législative à présenter dans les
semaines à venir. Évidemment, c’est compliqué juridiquement mais ne s’agit-il
pas d’une promesse du candidat François Hollande, présent sur ce site même en
mars 2012 ?
Un mot sur double A, le repreneur thaïlandais. L’entreprise
a pour ambition d’être internationalement reconnue parmi les premiers
fabricants de papier de qualité supérieure. La marque a été lancée en 2000 est
présente dans plus de 120 pays sur tous les continents.
Quelques chiffres clés : 3 000 salariés, 65% de la
production à l’exportation, 600 000 tonnes de pâte à papier et autant de tonnes
de papier produites par année, 425 millions d’euros de ventes de papier en 2010
et 40 millions d’euros de ventes de pâte à papier.
(1) Pas gêné le maire de Louviers de se pointer sur les estrades après avoir déclaré ce qu'il a déclaré. Mais les salariés n'étaient pas dupes.
(2) Le Département n'est pas demeuré longtemps propriétaire. Il a fallu une heure seulement pour passer de la Finlande à l'Eure et de l'Eure à la Thaïlande.
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