![]() |
Leslie Cléret, conseillère générale de Louviers-nord |
Parmi les projets de réforme territoriale figure le nouveau
mode d’élection des membres de l’Assemblée départementale ainsi qu’une
modification des compétences des conseils généraux. Jusqu’à maintenant — et
après la loi de Sarkozy visant à supprimer les conseillers généraux et
régionaux pour en faire des conseillers territoriaux, loi abolie par la gauche
— les conseillers généraux étaient élus au scrutin uninominal à deux tours
(scrutin majoritaire donc) dans des cantons définis depuis des décennies.
L’avantage du scrutin uninominal est qu’il permet aux citoyens de connaître
leurs élus et de pouvoir s’adresser directement à eux. Il dégage également des
majorités nettes dans les assemblées départementales. Jusqu’ici les élus
étaient renouvelés par moitié tous les trois ans. L’inconvénient majeur de ce
scrutin est que les partis politiques — sauf les Verts et des petits partis — ne respectaient pas du tout la parité si
bien que peu de femmes siègent comme conseillères générales et encore moins
comme responsables des exécutifs départementaux.
Manuel Valls vient de présenter le projet de réforme
gouvernementale au Sénat où il a été recalé suite à une majorité de
circonstance rassemblant droite et front de gauche et suscitant l’abstention
des radicaux de gauche. Il reviendra donc à l’Assemblée nationale d’examiner le
projet gouvernemental (et de l’approuver ?) dont l’essentiel tient en deux
points : limitation des compétences du conseil général (essentiellement
cantonnées au social) élection de binômes homme-femme avec division par deux
des cantons redécoupés.
L’Eure compte actuellement 43 cantons très inégalement
peuplés. La volonté du gouvernement est de redistribuer les cantons futurs — 22
donc — en faisant qu’aucun d’entre eux ne s’écarte de plus de 20 % d’électeurs
(en plus ou en moins) de la moyenne départementale. Il nous faut souligner
également que le projet du gouvernement vise à rééquilibrer la démographie
cantonale, ce que le Conseil d'Etat avait demandé à plusieurs reprises
sans obtenir satisfaction. Le canton d’Evreux nord compte plus de 20 000 habitants
tandis que le canton de Lyons-la-Forêt par exemple n’en recense qu’un peu plus de
4000…Il y a là une disparité importante favorisant l’influence du vote rural
sur le vote urbain ce que conteste la gauche depuis longtemps.
Quel sera le sort final réservé au projet défendu par Manuel
Valls, ministre de l’Intérieur et Marylise Lebranchu, ministre de la Réforme de
l'Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique ? Il est
loisible d’imaginer que l’Assemblée nationale aura le dernier mot mais sait-on
jamais ?
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire