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(photo Jean-Charles Houel) |
La reprise du site M-Real ouvre des perspectives
industrielles prometteuses. Les trois hommes de la photo ci-dessus ont joué un
rôle décisif dans cette décision politique et économique fêtée hier. A Gauche,
Jean-Louis Destans, député, président du conseil général a convaincu
l’unanimité des élus départementaux (de gauche et de droite) d’accepter
l’acquisition provisoire de l’ensemble du site industriel d’Alizay afin de
permettre au vendeur finlandais de ne pas négocier directement avec le
repreneur thaïlandais considéré comme un concurrent. C’est lui qui a permis un
débouché industriel essentiel pour la vitalité du bassin d’emploi et pour
nombre d’entreprises de sous-traitance. Cette départementalisation provisoire a
été la clé permettant d’ouvrir la porte d’une solution positive. Il était
légitime qu’Arnaud Montebourg se félicite de ce retour de la puissance publique
lui qui n’a pu convaincre le gouvernement de nationaliser — fût-ce
provisoirement — le site sidérurgique de Florange. Invité ce soir sur France 2,
les salariés de M-Real vont certainement entendre parler par Arnaud Montebourg
de leur usine et de son avenir.
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La machine à papier est prête à repartir. (photo Jean-Charles Houel) |
Évidemment, les premiers concernés sont les salariés
eux-mêmes. Licenciés il y a quelques mois, ils ont su préserver l’outil de
travail, le défendre, le promouvoir, et participer activement aux solutions
imaginées. Thierry Philippot, au centre de la photo, membre de la CGT, a été
l’une des chevilles ouvrières du succès. Avec Eric Lardeur de la CFE-CGC, les
salariés ont toujours été parties prenantes dans les négociations même quand
elles se déroulaient dans la discrétion afin de défendre les intérêts
commerciaux.
Le troisième personnage à droite de la photo est le préfet Dominique
Sorain en poste depuis septembre 2011. Représentant de l’Etat et des ministres,
il a joué un rôle de facilitateur, de médiateur, en relation avec le
commissaire régional du redressement productif et la sous-préfète Christine Ayache. Ces trois hommes sont donc bien les premiers à devoir se
féliciter de la réussite de leur difficile entreprise.
Il faut ajouter d’autres parties prenantes dans la
performance réalisée. Nul ne songe à nier le rôle des élus nationaux, régionaux
et locaux, celui du collectif comprenant des membres du PS, du PCF, du NPA, de
syndicats, autant de courroies d’entraînement créatrices d’un bruit de fond
essentiel à la médiatisation du combat des M-Real. Là est la nouvelle donnée
des conflits entre salariés et patronat. Les médias télévisés, radiodiffusés,
la presse écrite, les blogs, les réseaux sociaux jouent, dorénavant, un rôle
moteur dans la popularisation des combats syndicaux engagés. Il n’est plus
possible de monter des coups, de tromper ses interlocuteurs, de jouer la
montre…car tout se déroule en direct avec les inévitables bavures inhérentes à
ce besoin de rapidité mais avec la certitude que rien n’est tu, rien n’est
caché.
Le combat n’est pas terminé. Parmi les 200 salariés promis à
l’embauche, quels sont ceux parmi les anciens dont on peut espérer le retour ?
Combien d’entre eux souhaitent retrouver leur emploi, à quelles conditions ? Le nouveau propriétaire Thaïlandais ne
peut ignorer les besoins de ces salariés, leur attachement à leur usine et à
leurs fonctions. Des négociations à venir dépend sans doute le retour à une
certaine tranquillité sociale indispensable à toute production d’avant-garde.
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