5 février 2017

Le député Julien Auber (LR) a une drôle de conception de l'argent public


« L'enveloppe collaborateur du député, qui lui sert pour fonctionner, a une origine publique mais cela n'est pas pour autant de l'argent public. Ce n'est pas l'origine des fonds qui lui donne son origine publique mais l'organe qui le distribue...Sinon le traitement d'un fonctionnaire ou la pension qu'on verse à un retraité seraient considérés comme de l'argent public, même après avoir été déposés sur leur compte en banque ! »

Julien Auber est l'auteur de « Salaud d'élu. »
Cette phrase du député Julien Aubert est totalement contestable. En voulant à toutes forces défendre l’indéfendable, certains parlementaires se lancent dans des explications oiseuses que tout citoyen un peu réfléchi ne peut que condamner. Oser comparer l’enveloppe « collaborateur » d’un parlementaire avec la retraite d’un fonctionnaire relève bien de l’imposture ! Il faut faire preuve de bien peu de bon sens pour placer sur le même plan les 9561 euros destinés à payer les collaborateurs des parlementaires dont on n’exige rien de particulier et les retraites des fonctionnaires lesquels ont du passer des concours et remplir des fonctions qui n’ont rien de fictives au service de l’Etat, des collectivités, des hôpitaux, des universités, des écoles, de la justice etc.

L’affaire Fillon démontre que les « honorables » parlementaires peuvent employer n’importe qui, n’importe comment et pour faire n’importe quoi et même « repasser des pantalons » selon la formule maintenant célèbre de Julien Dray. Mais cette affaire se corse depuis qu’on sait que le montant de l’enveloppe non distribuée — en deçà des 9561 euros donc — alimentait, au Sénat notamment, une association créée pour procéder à la redistribution de cet argent aux sénateurs eux-mêmes, argent que M. Aubert considère donc comme disponible…

Si tel était le cas, les huit sénateurs actuellement mis en examen ne se verraient pas reprocher ces reversements sur leur compte particulier. D’ailleurs, le candidat de la droite et du centre est lui-même dans le collimateur des juges chargés d’instruire cette nouvelle affaire Fillon puisqu’il aurait touché (quand il était sénateur) la somme de 21 000 euros en sept chèques trimestriels de 3000 euros environ provenant du fameux surplus de l’enveloppe collaborateurs qui se trouve bien être de l’argent public à utiliser à bon escient. Je crains fort pour M. Auber que les juges n’entrent pas dans les subtilités sémantiques qu’il déploie pour savoir si les fonds sont publics ou…d’origine publique. Que M. Auber aille demander aux Français ce qu’ils pensent de son raisonnement !
Il y a mieux dans le texte de M. Auber : « En revanche, vu les horaires et la vie particulière que les députés mènent, certains salarient des membres de leur famille tout simplement pour pouvoir les voir. » C’est ce que j’appelle du grand n’importe quoi ! Payer des membres de sa famille pour être à leurs côtés, j’avoue que cette idée ne m’avait à aucun moment effleuré l’esprit. L’engagement politique est un engagement volontaire. Personne n’oblige qui que ce soit à être candidat aux élections. Cet engagement présente des avantages et des inconvénients. Parmi les avantages, on peut noter une certaine reconnaissance, la volonté de servir l’intérêt général, une façon de donner un sens collectif à sa vie. Parmi les inconvénients, je retiens effectivement une activité chronophage qui éloigne les élus de leurs familles. C’est un choix. Allier sa vie personnelle et professionnelle n’est simple pour personne. Mais c’est bien la première fois que je lis sous la plume d’un parlementaire la nécessité de rétribuer ses proches pour les rencontrer ! Que M. Julien Auber continue d’écrire des énormités pareilles et le fossé entre les citoyens et leurs représentants continuera de se creuser.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Sans défendre Fillon et tous ceux qui députés ou sénateurs pratiquent de la même manière avec leurs proches qu'ils soient leurs femmes légitimes, leurs enfants ou leurs maitresses... il ne serait pas inutile de rappeler que Tonton lui-même, je veux dire François Mitterrand a pratiqué largement le détournement de l'argent public à des fins personnelles (ou pour "faciliter" l'épanouissement de sa propre carrière politique...) en faisant payer pendant des années sur le dos des contribuables mis dans l'ignorance, un appartement dans le très chic arrondissement de Paris (le 7ème)pour y loger sa maitresse Mme Pingeot avec sa propre fille Mazarine, sans parler des gardes républicains chargés d'en assurer la protection rapprochée financés par nos impôts (pour ceux qui en payent en tout cas). Il me semble qu'à cette époque pas si lointaine, les médias qui, pour y très grosse majorité étaient dans le secret des "dieux", n'ont pas révélés cette anomalie manifeste sauf sur le tard via Paris Match,...mais avec plus de 10 ans de retard à l'allumage. Le(mauvais) exemple a été donné d'en haut et n'a malheureusement pas encouragés les politiques de tout bord à corriger le tir sur cette question. Par ailleurs on a envi de rire (jaune) de toutes ces histoires, quand le champion de la primaire du PS propose, grâce à son revenu universel, de verser une somme venant du budget de l'Etat à l'ensemble des français sans aucun travail en contrepartie (n'est pas la définition d'un travail fictif financé par les contribuables comme Fillon semble l'avoir pratiqué n avance phase eavec Pénélope ?).