3 juillet 2022

Philippe Brun a remercié les militant(e)s de sa campagne législative victorieuse

Philippe Brun et ses coéquipiers

Les lendemains de victoire, surtout en politique, doivent être fêtés pour solidifier les liens des équipes surtout quand il s’agit de militants et de militantes. Philippe Brun, nouveau député, en est déjà à sa 3e campagne (municipale, cantonale et enfin législative) et il a souhaité, avec son entourage, organiser une rencontre collective et amicale. Elle a eu lieu, vendredi soir, à l’île du Roy sur un territoire de l’agglomération Seine-Eure dont les villes principales ont été décisives pour permettre l’élection du nouveau député de la circonscription de Louviers.

Louviers, Val-de-Reuil, Pont-de-l’Arche, Gaillon, et plus surprenant, le Vaudreuil aussi ont en effet placé en tête Philippe Brun et sa suppléante, Lisa Moreau, les seuls dans l’Eure à avoir défait une candidate du Rassemblement national. En présence de Marc-Antoine Jamet, maire de Val-de-Reuil, soutien constant et efficace de Philippe Brun, une bonne centaine de personnes ont participé à un barbecue champêtre dans une ambiance bon enfant.

Le député avec Lisa Moreau et Marc-Antoine Jamet

Philippe Brun a eu l’occasion de commenter l’actualité et de fustiger le vote du groupe Renaissance (Ex-LREM) en soutien des candidats RN aux postes de vice-présidents de l’Assemblée nationale. Les digues ont explosé. Jusqu’à maintenant, elles contenaient les poussées d’un parti qui a eu l’audace de faire campagne sur le pouvoir d’achat pour mieux taire ses vieilles haines des étrangers et alors que même que ce parti (le RN) continue de défendre la fameuse priorité nationale pourtant interdite par la Constitution.

Le député a aussi eu l’occasion de présenter son équipe d’assistants parlementaires rassemblant l’expérience avec Smaïl Chibane et la jeunesse représentée par des femmes et des hommes appelés à composer les futurs cadres de la nation. Philippe Brun nous a dit sa joie de constater que toutes les générations se sont levées autour de sa candidature pour empêcher le FN-RN de prendre le siège que Pierre Mendès France occupa pendant 26 ans.

2 juillet 2022

Denis Lavant lit « les Saisons » : Maurice Pons en majesté au Moulin d'Andé


Denis Lavant au pupitre

Le 29 juin 1957, Maurice Pons posait son sac et son havresac au Moulin d’Andé. Il y découvrait un lieu enchanteur et une meunière fort avenante. Il y écrivit, des romans, des nouvelles, des scenarii, il y traduisit des auteurs de langue anglaise, y connut des amours et des amourettes, y sua sang et eau en y exerçant son métier d’écrivain, métier que le happa dès ses jeunes années. Il y passa toute sa vie puisqu’il y mourut en 2016. Son dernier texte — prémonitoire — fut celui qu’il écrivit pour décrire « l’île engloutie », une toile de Paul Klee. Maurice n’était pas une île mais un monument de la littérature hexagonale. Ne reçut-il pas, sans qu’il l’ait jamais demandé, le grand prix de l’Académie Française pour la qualité de ses nouvelles et, en fin de compte, pour l’ensemble de son œuvre.

 

Ce 29 juin 2022, 65 ans après sa rencontre avec Suzanne Lipinska et dans le cadre du 60e anniversaire de la création de l’Association culturelle du Moulin d’Andé, Maurice Pons a suscité souvenirs et émotions. Jean-Paul Rappeneau et Alain Cavalier ont dit tout ce qu’ils devaient à Maurice Pons. Jérôme Enrico (fils de Robert) et Bernard Queysanne, le neveu de Maurice, ont souligné la qualité des dialogues de ce dernier, dialogues d’« une Belle vie » film antimilitariste et anti-guerre d’Algérie, sans oublier « la Dormeuse » un court métrage tout droit sorti de l’univers imagé de Maurice Pons.

 

Avant d’écrire ce billet de blog, j’ai relu « les souvenirs littéraires et quelques autres » de Maurice Pons. J’y ai retrouvé l’écriture élaborée, sérieuse, féroce aussi, que l’écrivain préféré du Moulin d’Andé savait déployer. Pour dire les textes de Maurice Pons et notamment de longues séquences des « Saisons » ce mercredi, il a fallu tout le talent de Denis Lavant (un ami de Maurice Pons) venu tout exprès d’Avignon où il prépare le festival d’été, pour nous faire entrer dans le monde singulier de notre ami. Le public, subjugué, pris à la gorge, saisi, a dû se contenter d’applaudir pour saluer l’artiste.

 

« Les Saisons ». Voilà un livre-culte créateur d’une communauté de lecteurs et lectrices de tous âges et de toutes conditions. Ils et elles forment une tribu d’êtres sensibles prêts à partager comme Siméon « le pain des mots et le vin de la phrase. » Cette arrivée, cette intrusion devrais-je dire, de cet horsain dans ce monde foutraque, cette irruption de cet amoureux des voyelles et des consonnes, du papier de couleur neige, de la littérature, en un mot, touchent le cœur des amoureux du verbe mais aussi celui de ceux et celles qui se laissent porter par l’imaginaire étrange des obsessions de Maurice Pons. Avec lui, la catastrophe, l’accident, la souffrance ne sont jamais bien loin. Même si le corps des femmes et l’amour fleurent bon la vie qui va dans le paradoxal théâtre du monde. Ah Clara…

 

Denis Lavant jette, une à une, les pages du livre qu’il interprète dans une chorégraphie poétique économe d’emphase. Du grand art. Vêtu…comme Siméon, la douleur aux orteils en moins, le comédien de sa voix chaude, limpide, de son débit précis et précieux, nous transporte dans cette vallée où il pleut depuis 16 mois et où les habitants ne se nourrissent que de lentilles.

 

Quelques souvenirs lttéraires
Je ne saurais trop inviter les lecteurs amateurs de beaux textes à se jeter sur les « Les Saisons » mais aussi sur « Rosa », « Mlle B », « La Maison des Brasseurs » sans oublier « Le passager de la nuit » en hommage à tous ces hommes et toutes ces femmes qui ont soutenu le combat pour l’indépendance de l’Algérie, choisi la décolonisation et l’émancipation des peuples opprimés. Maurice Pons fut un des 121 signataires de l’appel à l’insoumission qui devait leur valoir censure et répression de la part de Michel Debré, Premier ministre, favorable à l’Algérie française. Mais Maurice Pons était en bonne compagnie avec Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir,  Simone Signoret, Claude Simon, Pierre Vidal-Naquet, Marguerite Duras, Jean Pouillon, Bernard Pingaud, Vercors pour ne citer que quelques noms… et avec le soutien plein et entier de nombre d’amis du Moulin où certains exilés de l'est et du sud trouvèrent refuge.

 

Hier soir ont été projetés deux films : Les Mistons et Jules et Jim, de François Truffaut. Le premier a été inspiré d’une nouvelle de Maurice Pons et le second a été tourné (en partie) au Moulin et dans ses environs. Maurice avait adressé à François Truffaut des photos de « repérage » et quelques lettres commentées par Bernard Bastide présent au théâtre ce vendredi. Notre écrivain préféré a peut-être permis à l’un des principaux chefs de file de la « Nouvelle vague » de devenir l’auteur d’un film chichement reçu à sa sortie et devenu au fil des décennies un classique unanimement adulé.

 

Ce samedi et ce dimanche, les activités se poursuivent au Moulin. Le programme peut être consulté en ligne.



29 juin 2022

Alain Cavalier et Jean-Paul Rappeneau retrouvent le Moulin de leur jeunesse

Jean-Paul Rappeneau, Alain Cavalier, Suzon et Stanislas Lipinski
Avant la lecture d’extraits des « Saisons » le livre culte de Maurice Pons, ce mercredi soir, au Moulin d’Andé, par Denis Lavant, les nombreux spectateurs présents hier au Théâtre, ont vécu un intense moment d’émotion. Emotion d’entendre Suzanne Lipinska narrer la genèse d’une belle histoire de rencontres et d’amitié qui, dans les années soixante, donna naissance à cet endroit idyllique fréquenté par les artistes et créateurs. Emotion d’écouter Suzon rappeler ses voyages en barque sur la Seine, de Connelles, où ses parents habitaient, à cette île d’Andé qui lui servit de refuge avant de devenir sa tanière enchantée et camper le décor du premier film d’Alain Cavalier « Le combat dans l’île ».

 

Grande complicité
Le réalisateur était présent hier, en compagnie de son complice d’alors, Jean-Paul Rappeneau, (notre photo ci-contre) auteur des  dialogues. Il y a une éternité que les deux amis n’avaient mis les pieds ensemble au Moulin. Quels changements depuis ces années tourmentées par la guerre en Algérie et les menaces de coups d’état militaire. Je n’avais jamais vu ce film. Il est d’une actualité brulante. A l’heure où les démocraties subissent les coups de boutoir des « illibéraux » à la Orban ou à la Trump, à l’heure où les néofascistes osent tendre le bras, le duel opposant Jean-Louis Trintignant et Henri Serre — auxquels se joint Romy Schneider pour un autre combat aussi douloureux, celui de l'amour — tient le spectateur en haleine Jusqu’à sa conclusion…que je tairais pour celles et ceux qui auront un jour, le bonheur de découvrir ce film.

 

Avant la projection du « Combat dans l’île », Alain Cavalier et Jean-Paul Rappeneau ont fait preuve de malice. Tour à tour, ils ont rappelé, souvent avec humour, comment le Moulin fut pour eux un lieu pour leur imaginaire créatif mais aussi et surtout un nœud d’échanges politiques et intellectuels de grande valeur. Il paraît que Maurice Pons fut un lecteur-correcteur attentif du scénario. Rien d’étonnant de la part de ce grand écrivain dont la magie du mot fut portée à un très haut niveau d’exigence.


28 juin 2022

Au Moulin d'Andé : Hier « Je suis Pierre Rivière » ce soir « Le combat dans l'ïle »

Christine présente son film

Dans le cadre de la semaine du 60e anniversaire de la création de l’Association culturelle du Moulin d’Andé, le coup d’envoi cinématographique a été donné ce lundi par Christine Lipinska et son premier long métrage « Je suis Pierre Rivière ». Une belle assistance a revu (ou vu pour la première fois) une œuvre que sa réalisatrice présente comme une première, ses grandes qualités dépassant les défauts que seuls des yeux avertis ou experts pourraient avoir relevés. 

L’histoire de Pierre Rivière n’a rien de banale. Elle se déroule au 19e siècle dans un village où la terre vaut identité et l’intimité étouffante de la famille, passeport pour le futur. Pierre Rivière est ce jeune garçon qui a tué « sa mère, sa sœur et son frère » à coups de serpe pour protester contre le mauvais sort fait à son père humilié mais sans doute aussi pour vaincre une forme de honte de soi que les médecins de l’époque n’appelaient pas encore névrose ou psychose mais « folie » meurtrière. Fait étonnant, Pierre Rivière après avoir tenté d’échapper à la justice décida de se soumettre à sa décision : une peine de mort pour parricide commuée en prison perpétuelle avant de se suicider. Il nous a légué une profession de foi étonnante dans laquelle il exprime « toute sa haine d’une société à laquelle il ne veut pas appartenir. »

La mise en scène du film (en 1976) de Christine Lipinska se déroule dans la campagne normande autour d’Andé et de Louviers notamment. Au générique défilent les noms d’Isabelle Huppert, Jacques Spiesser, Francis Huster, Anne Lipinska, en une apparition fugace mais aussi celui de Suzanne Lipinska, photographe sur le tournage.. Nous avons reconnu nombre de figurants originaires des villages de la région (dont Maurice Pons) ainsi que les bords de Seine et une campagne normande où s’illustrent les portes en bois des chaumières et les costumes d’époque. Le tout rehaussé par des silences en avance sur leur temps et les pensées introspectives du héros malheureux que la cinéaste parvient à rendre intelligibles.

A partir de 18 heures, ce mardi, Alain Cavalier et Jean-Paul Rappeneau seront au Moulin pour présenter « Le combat dans l’île ».

26 juin 2022

« France Inter, pour ceux qui n'ont plus grand-chose entre les oreilles » (1)

Mon ami Reynald Harlaut m'a adressé le texte ci-joint :

« En consacrant la totalité de sa partie enquête, d’une durée d’environ vingt minutes, à la situation politique du département de l’Eure au lendemain du deuxième tour des élections législatives, France Inter, la radio du service public, en ce premier jour de l’été, s’est littéralement assise sur la déontologie du métier de journaliste, et sur le devoir qu’il a d’informer loyalement.

L’équipe d’enquêteurs de l’après-journal du 13/14, animé par le journaliste Bruno Duvic, était donc en direct de Vernon – l’ancien fief de Sébastien Lecornu, très proche du président de la République, depuis peu ministre des Armées -, pour tenter d’analyser les raisons de ce coup de tonnerre dans la France macroniste qui a vu dans ce département normand proche de Paris, le basculement dans l’opposition de ses cinq circonscriptions acquises à LREM en 2017. Et pas n’importe quelle opposition puisque le Rassemblement national a raté de peu le grand chelem. Seule la 4ème circonscription auparavant représentée par le député sortant Bruno Questel, battu dès le premier tour, a élu Philippe Brun, conseiller municipal d’opposition à Louviers, appartenant au Parti socialiste et à la NUPES.

Après avoir largement donné la parole à Thimotée Houssin, nouveau député du Rassemblement national, élu de la 5ème circonscription, sur les raisons de son succès et à ses électeurs sur les raisons de leur vote, France Inter, pour équilibrer le débat, a réalisé la performance surréaliste de longuement interviewer l’ex député Bruno Questel, sans qu’une seule fois ne soit cité le nom de Philippe Brun, son challenger victorieux, se contentant de signaler, au détour d’une phrase anodine, que cette circonscription (la 4e) avait élu un candidat de la NUPES.

Cela fait déjà bien longtemps que nous observons la dérive de ce service public de l’information, devenu au fil des ans organe de propagande de la République en marche, chargé par le pouvoir de faire la courte échelle au Rassemblement national, en lui servant la soupe dès que l’occasion s’en présente, tout en feignant de jouer la surprise quant à sa progression au fil des élections successives.

Au bal des faux-culs, M. Bruno Duvic et sa clique sont donc passés orfèvres, rivalisant en cela avec l’équipe des matinaliers que sont Nicolas Demorand et Léa Salamé." Écrire cela m'a été nécessaire pour canaliser l'indignation qui m'a submergé à l'écoute de cet exercice de manipulation de l'information. »

 

 (1) Il fut une époque où le slogan de France Inter était : « une radio pour ceux qui ont quelque chose entre les oreilles. »

25 juin 2022

L'Amérique de Trump-le-fourbe est devenue folle

Et le pire est à venir. La Cour suprême des Etats-Unis d’Amérique vient de permettre aux Etats fédéraux d’interdire l’avortement ce qui ne leur était plus permis depuis 1973 date de l’arrêt Roe-Wade. C’est une régression absolue du droit des femmes à disposer de leur corps. C’est la victoire de la droite conservatrice et religieuse. Donald Trump, ce président menteur et tricheur, savait ce qu’il faisait en nommant trois juges républicains à sa main faisant basculer à l'extrême droite et pour des décennies, la Cour suprême des Etats-Unis dont le rôle politique est devenu patent. Alors que les trois juges nommés par Trump-le-fourbe avaient promis lors des interrogatoires conduits devant le Congrès de ne pas revenir sur la loi autorisant l’avortement, ces juges ont méprisé la parole donnée et ouvert la voie à des mesures régressives déplorées partout dans le monde libre.

Pourquoi le pire est-il à venir ? Parce qu’un des juges réactionnaires a annoncé publiquement que la Cour suprême allait maintenant revoir les lois sur le mariage homosexuel et sur la contraception. Si tel était le cas et nous n’avons aucune raison de ne pas croire ce juge, les Etats-Unis deviendraient encore plus obscurantistes qu’ils ne l’ont jamais été. En 2022 quelle institution serait assez folle pour empêcher les femmes (et les hommes) d’avoir recours à des méthodes contraceptives ? Il faudrait voir là l’influence pernicieuse des extrémistes évangélistes et des créationnistes dont on mesure aujourd’hui le rôle néfaste au sein de la société américaine.

La décision de la cour suprême démontre qu’un pouvoir, politique ou juridictionnel, peut remettre en cause, du jour au lendemain le progrès scientifique et l’évolution sociétale. C’est bien pourquoi, en France, comme ailleurs, notre vigilance doit être permanente quant à la pérennité des lois que sont les lois sur la PMA, l’IVG, le mariage pour tous et toutes. Trump a osé dire que la décision des juges américains exprimait « la volonté de Dieu ». L’Amérique est devenue folle.

24 juin 2022

Mettre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon au même niveau de détestation est une insulte à notre intelligence

Jean-Luc Mélenchon auprès des travailleurs de M Real.
L’entrée en force des député(e)s du Rassemblement national a surpris l’ensemble du monde politique (et des sondeurs !) et Marine Le Pen elle-même qui ne s’attendait pas à ce que 89 des siens deviennent parlementaires. Il a fallu une conjugaison de circonstances qui fait que quatre députés de l’Eure sur cinq appartiennent au parti des Le Pen. En 2017 Emmanuel Macron avait fait élire cinq députés…sur 5 ! Dans le département de Sébastien Lecornu et de Bruno Le Maire, ça la fout mal.

 

La campagne électorale : Emmanuel Macron a voulu endormir les Français, les anesthésier. Les macronistes ont attendu des signes du chef…qui ne sont pas venus. Il n’a même pas pensé à faire adopter — avant le premier tour des présidentielles — par l’Assemblée nationale le paquet de mesures prévues en faveur du pouvoir d’achat. Alors les Français se sont réveillés. Non pas pour aller voter puisque l’abstention a atteint 53 % des inscrits mais pour aller dire à M. Macron « ça suffit ! » Emmanuel Macron a paru fatigué, sonné par la guerre en Ukraine mais pourtant rasséréné par le second tour des présidentielles. Erreur fatale !

 

Mais il y a plusieurs manières de dire non. On peut choisir la voie républicaine. C’est ce qui s’est fait dans l’agglomération de Louviers. Philippe Brun, un homme qui n’a pas de couteau entre les dents, a coiffé sur le fil une parfaite inconnue du RN…que personne ne regrettera. Philippe Brun a conduit une campagne acharnée, collective, et finalement, il a touché l’en-but. C’est positif pour l’agglomération, pour la circonscription et pour les Eurois.

 

On peut aussi choisir…de ne pas choisir. C’est ce que la droite bien pensante a suggéré aux électeurs et électrices de la 4e circonscription. En adoptant le « ni, ni » les Priollaud, Questel, Terlez et consorts, ont placé au même niveau de détestation Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Pitoyable. D’autant que Philippe Brun n’a pas caché qu’il était socialiste et que Marc-Antoine Jamet a affirmé que la NUPES était le produit de la démission regrettable des dirigeants actuels du PS. Les arguments de la droite n’étaient donc que prétexte pour ne pas mettre en selle un adversaire bien inscrit dans le paysage local. Diego Ortega — il a joué le jeu de l’union — va plus vite que la musique en extrapolant et en visant les futures municipales. Aucun scrutin ne se ressemble et les enjeux locaux ainsi que les personnalités en lice dépassent souvent les simples règles arithmétiques. Il est bien trop tôt pour viser la mairie de Louviers.

 

Quant à JLM, il n’est pas ma tasse de thé. Il parle haut et fort. Il bouscule, harcèle, apostrophe. Il a l’ego bouffi mais ce n’est pas un adversaire de la République. Il est dans le champ de la démocratie puisqu’il a été conseiller général, sénateur, député européen, député national et même ministre de la formation professionnelle où il n’a pas laissé de mauvais souvenirs. Le mettre au niveau d’incompétence de Marine Le Pen est une insulte à notre intelligence à celle des citoyens et des citoyennes. Et c’est aussi commettre un contre sens politique et idéologique. Mélenchon est certes un tribun populiste mais il respecte le fonctionnement institutionnel, même s’il veut le changer, et sacrifie à l’idéal démocratique français. Ni lui, ni son parti ne veulent assumer le pouvoir autrement que par le suffrage. Tout est dit.

 

 

22 juin 2022

Yves coppens, mort aujourd'hui, était venu à Louviers invité par Yves Martin

Yves Martin et Yves Coppens
Le paléontologue mondialement connu, Yves Coppens, mort aujourd'hui, était venu donner une conférence à Louviers dans la salle de la Rotonde du musée municipal, invité par Yves Martin, inventeur avec son frère de la grotte ornée de Gouy près de Rouen. Yves Coppens avait captivé son auditoire venu nombreux pour entendre celui qui avait mis au jour en 1974, aux côtés des scientifiques Maurice Taieb et Donald Johanson, les ossements d'un australopithèque, en Ethiopie, considéré comme un des ancêtres de l'homme. Il avait trouvé dans le massif des Afars, les restes d'un hominidé vieux de trois millions d'années. Il s'agissait des ossements d'une femme qu'il appela Lucy, nom qu'il choisit alors en hommage à une chanson des Beatles.

Odile Jacob, son éditrice, a déclaré : "Yves Coppens nous a quittés ce matin. Ma tristesse est immense", saluant "un très grand savant". "Je perds l'ami qui m'a confié toute son oeuvre. La France perd un de ses grands hommes", a ajouté l'éditrice. Le scientifique est mort des suites d'une longue maladie, à l'âge de 87 ans, a par ailleurs précisé la maison d'édition à l'AFP.

Paléontologue de renommée mondiale, professeur émérite au Collège de France et membre de l’Académie des sciences, Yves Coppens n'a eu de cesse de raconter l'épopée humaine, avec un "talent d'écrivain de conteur, d'essayiste", a aussi commenté Odile Jacob.

21 juin 2022

Musique, théâtre, cinéma, littérature…le Moulin d'Andé fête son 60e anniversaire

Les festivités des 60 ans du Moulin d’Andé démarrent dans cinq jours ! Voici le programme complet. Pour toute réservation, veuillez contacter le 02 32 59 90 89.

Samedi 25 juin :

  • 18h00 | Miracle à Bernay, pièce de théâtre de la Pie Rouge.  (12 €)
  • 19h30 | Dîner (25 €)
  • 21h00 | Il est interdit de vieillir, ciné-théâtre par Henri Gruvman. (20 €)    

Dimanche 26 juin :

  • 11h00 | Concert piano-accordéon avec Madoka Ochi, Karine Sélo et Frédéric Daverio, qui interpréteront des morceaux de Piazzola, Daverio, Rachmaninov et Bernstein.
  • 17h00 | Octuor en Fa majeur de Schubert pour vents et cordes, par l’Orchestre Régional de Normandie (20 €)    
  • 19h00 | Cocktail dînatoire (15 €)

Lundi 27 juin : 

Christine Lipinska en tournage près de Louviers

  • 18h00 | Projection de Georgia et je suis pierre rivière, en présence de la réalisatrice, Christine Lipinska. 
  • 20h00 | Cocktail dînatoire (15 €)
  • 21h00 | Fleur de Lotus de Chester M. Franklin, premier film muet en technicolor, en ciné-concert avec Camille Taver (20 €)

Mardi 28 juin : 

  • 18h00 | Le combat dans l’île d’Alain Cavalier, film écrit et tourné en partie au Moulin. Projection suivie d’échanges en présence du réalisateur et de Jean-Paul Rappeneau. 
  • 20h00 | Cocktail dînatoire (15 €)
  • 21h00 | Obladi-Obaldia, spectacle musical théâtralisé d’après Exobiographie, Chansons de Maurice Ygor, Fantasmes de demoiselle et Innocentine de René de Obaldia. Les textes seront dits par Pascal Monge, les chansons et poèmes interprétés par Natacha Fialkovsky. Olivier Cahours en signe l’adaptation et parfois la composition. (20 €)

Mercredi 29 juin, journée Maurice Pons :

    Maurice Pons
  • 18h00 | Projection de La belle vie de Robert Enrico (107 min). Scénario co-écrit par Maurice Pons. Présentation et débats avec Jérôme Enrico.
  • 20h00 | Cocktail dînatoire (15 € )
  • 21h00 | Lecture des Saisons de Maurice Pons par Denis Lavant. (20 €)    
  • 22h30 | Projection de La Dormeuse de Maurice Pons (15 min)

Jeudi 30 juin :

  • 21h00 | L’Augmentation, pièce de théâtre de Georges Perec, écrite au Moulin et proposée par la Compagnie Le Festin. Mise en scène par Anne-Laure Liégeois. Avec Olivier Dutilloy et Anne Girouard. (20 €)

Vendredi 1er juillet : 

  • 19h00 | Projection des Mistons (18 min) et de Jules et Jim (102 min) de François Truffaut, suivie d’un débat et signature de livre avec Bernard Bastide.
  • 21h00 | Cocktail dînatoire (15 €)

Samedi 2 juillet :

  • 11h00 | Chemins dansants, musique et danse avec Henri Agnel et Ana Yepes.
  • 12h30 | Déjeuner (20 €)
  • 14h00 | Concert de Michel Deneuve et son orgue de cristal
  • 15h00 | En simultané, dans différents lieux du Moulin : 
    • Musique et chant avec les Glotte-trotters
    • Piano et chant avec Isabelle Bonneaux et Isa Lagarde 
    • Improvisation piano avec Francis Vidil
  • 16h30 | En simultané, dans différents lieux du Moulin : 
    • Piano pop avec Maxence Cyrin
    • Piano et chant avec Nicolas Boyer et Thibault Lam Quang
    • Violon avec Vadim Tchijik    
  • 17h30 | En simultané, dans différents lieux du Moulin : 
    • Théâtre avec Mélodie Adda et les élèves de la classe libre du Cours Florent
    • Concert de jazz avec SuperChevreuil    
  • 18h30 | Du Corps à l’Art, école de cirque dans les airs
  • 19h00 | Concert de Jérôme Pernoo accompagné de 60 violoncellistes (20 €)
  • 21h00 | Dîner (20 €)

Dimanche 3 juillet : 

  • 11h00 | Concert du Quatuor Elysée    
  • 13h00 | Déjeuner (20 €)
  • 15h00 | En simultané, dans différents lieux du Moulin : 
  • Performance ARCANES paysages. Chorégraphie Emmanuelle Vo-Dinh. Interprétation Violette Angé, Alexia Bigot, Emmanuelle Vo-Dinh. Environnement sonore David Monceau.
  • Piano pop avec Maxence Cyrin
  • Piano et chant avec Isabelle Bonneaud et Isa Lagarde
  • 16h00 | En simultané, dans différents lieux du Moulin : 
    • Concert de Michel Deneuve et son orgue de cristal
    • Piano et chant avec Nicolas Boyer et Thibault Lam Quang
    • Concert jazz avec SuperChevreuil    
  • 17h00 | Brassens à tout prix, concert de l’Orchestre du Grand Turc (20€)    
  • 19h00 | Clôture des festivités. Tirage au sort de la tombola.

 

Le Front républicain est mort et enterré, la droite a joué avec le feu

 

« Les choses se sont accélérées dans l’entre-deux tours des législatives. Cette fois, c’était au tour des ténors de la majorité présidentielle de renvoyer dos à dos la Nupes et le RN en parlant de la notion floue des « extrêmes » et en ne donnant pas de consigne systématique de vote contre la formation d’extrême droite. En faisant cela, ils ont, de fait, banalisé à leur tour le RN, en le mettant sur un pied d’égalité avec la gauche. »

Cette citation extraite d’un article du journal Le Monde de ce jour montre bien que l’absence de consigne claire de la part de la majorité présidentielle à l’égard du vote FN a favorisé ce dernier et aidé au mouvement national de Marine Le Pen à briser le plafond de verre qui, jusqu’à maintenant l’empêchait de remporter les seconds tours. A Louviers, ce relâchement des consciences s’est exprimé de deux manières. Bruno Questel, sans doute marri d’avoir été éliminé au premier tour, a indiqué, du bout des lèvres, « pas une voix pour l’extrême droite » permettant aux électeurs d’Ensemble de voter blanc ou nul ou de s’abstenir. En 2017, Bruno Questel, face au FN de l’époque, avait pourtant bénéficié à plein du front républicain. Il aurait dû s’en souvenir mais la défaite rend mauvais joueur.

François-Xavier Priollaud, maire de Louviers et ancien candidat UDI aux législatives défait à deux reprises, n’a pas fait preuve de plus de clarté en assurant qu’il ne soutenait pas l’extrême droite, certes, mais en apostrophant Philippe Brun sur ses soi-disant ambiguïtés à l’égard de la police, de l’Europe et tutti quanti. Une partie de ses électeurs(trices) a reçu le message cinq sur cinq en s’abstenant ou en votant blanc ou nul ou même en votant pour la candidate RN. Heureusement à Louviers, malgré ces réticences de LREM-MODEM Philippe Brun a obtenu 58 % des suffrages infligeant de fait un désaveu à celui qui dirige la ville. Au lieu de voir en lui un futur député représentatif d’une agglomération dynamique, le maire de Louviers a voulu le réduire à un statut d’adversaire faisant preuve d’un cynisme que Marc-Antoine Jamet résume d’une formule cruelle dont il a le secret : « cet homme invoque des principes républicains pour ne pas appeler à voter Brun. Mais il n’a pas de principes et il n’est pas républicain. » (1)

Je trouve donc désolant que les macronistes qui ont bénéficié à plein des voix de la gauche au second tour des présidentielles — je suis de ceux qui n’hésite jamais entre un candidat républicain fût-il de droite et un candidat frontiste — n’aient pas eu la même attitude à l’égard des candidats NUPES. Il y a eu des exceptions et les déclarations de Clément Beaune (ministre macroniste) entre les deux tours sont tout à son honneur.(2) Il est heureux que cet homme-là ait gagné une élection a priori difficile.

FX Priollaud au Moulin
Les excès de Jean-Luc Mélenchon ont fait peur à nombre de citoyens et citoyennes. Il aurait, dit-on, effrayé un électorat timide préférant la femme aux chatons au candidat du bruit et de la fureur qui, dès hier, a proposé au mépris de l’accord récent, la constitution d’un groupe unique comprenant LFI, le PS, le PCF et Europe Ecologie les Verts, lesquels se sont empressés de refuser cette proposition à vocation dirigiste. Idem pour une motion de censure sortie du chapeau de M. Coquerel (LFI) alors même que l’on ne connaît ni la composition du gouvernement (et son programme) ni la constitution des groupes et commissions à l’Assemblée nationale. L’union ne veut pas dire uniformité. Sur certains points importants, il existe plus que des nuances entre La France insoumise et les autres partenaires de la NUPES. Le nucléaire, L’Europe, l’OTAN, les relations avec la Russie, la transition énergétique, autant de points de vue différents de LFI, du PCF, du PS et d’EELV. Le président de la République reçoit aujourd’hui les chefs des partis en cours de constitution. Que veut-il, qu’espère-t-il ? « Wait and see » comme dirait Boris Johnson.

(1)  Déclaration faite par le maire de Val-de-Reuil lors de la réunion publique de jeudi dernier à la Maison des associations.

(2)  Clément Beaune a appelé à voter pour « le candidat opposé à celui du rassemblement national partout en France. » Il est républicain et connaît l’histoire.