6 juin 2018

Et maintenant…la classe sixième au lycée Jules Ferry !


Le professeur est M. Hervieux, enseignant en mathématiques. Nous sommes en 1958-59.
Mon ami Jean-François Le Campion me demande de publier ma photo de classe de 6e sur laquelle il figure, évidemment. Je m’exécute donc. On formait une belle et bonne équipe avec Yves Chédeville (trop tôt disparu) et quelques autres dont Jean-François Sicard, le fils du professeur de philosophie et qui nous enseignait l’instruction civique dès la 6e ! J’ai souvenir d’une exposition qu’il avait organisée sur l’art mexicain au Musée de Louviers, à une époque où l’enseignement de l’histoire — et notamment de l’histoire de l’art —occupait une place sensible dans le cadre d’un enseignement général équilibré.

5 juin 2018

« L'attaque » d'un essaim d'abeilles dans le cantal me laisse circonspect


L'essaim rentre à la ruche.©Jean-Charles Houel
Les articles de presse consacrés à la mort d’une nonagénaire du Cantal victime de plus de 200 piqures d’abeilles me laissent circonspect. De plus, trois personnes lui ayant porté secours ont également été piquées des dizaines de fois au visage et sur les membres dénudés. Les articles parlent, en effet, de « l’attaque » d’un essaim.Le mot « attaque » me dérange.

J’ai une petite expérience des essaims puisque j’en récolte un certain nombre chaque année et je peux dire que jamais je n’ai vu un essaim attaquer qui que ce soit. Certes, pour récupérer ce précieux butin d’apiculteur, il faut prendre quelques précautions, comme se voiler le visage par exemple, mais généralement, les abeilles gorgées de miel ne sont pas agressives.

Alors que s’est-il passé pour qu’on en arrive à ce drame ? J’avoue ne pas pouvoir avancer d’explications plausibles à 100 %. Un essaim en déplacement vole à une certaine hauteur et il se moque bien des humains qui vont et viennent en dessous de lui. L’essaim est guidé par des éclaireuses qui n’ont qu’un objectif : trouver un site favorable à l’implantation de la colonie. Comme l’essaim s’est posé non loin de « l’attaque », peut-être a-t-il rencontré la promeneuse fortuitement et il aurait suffi d’une piqure pour déclencher l’alarme générale, l’odeur du venin ajoutant au réflexe de défense (et non d'attaque) collective. Franchement, je pense qu’une autre explication non relatée encore par les témoins pourrait être avancée.

Dans le cas des nids de guêpes ou de frelons, on sait que c’est leur proximité qui déclenche l’acte de défense et donc d’attaque des hyménoptères. Idem pour les alentours immédiats d’une ruche. Mais un essaim n’est pas installé. Il n’a rien à défendre. Alors, s’il faut évidemment regretter la mort et les blessures graves infligées aux personnes du Cantal, il faudra comprendre comment une telle tragédie a pu se produire. Les abeilles suffisamment mises à mal par les maladies et les pesticides n’ont nul besoin d’effrayer le bon peuple surtout quand des campagnes visent à mieux les protéger et à mieux les aider à se développer.
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4 juin 2018

Quelques réflexions au débotté : le portrait de Lénine, « ma poule », pas de complot mais un héros, Diego Ortega futur maire de Louviers ? La classe de Serge Bove en 1956, 14 voix manquent à PMF en 1953…


Le portrait de Lénine dans la salle à manger
Faut-il faire tout un pataquès, comme Michel Onfray ne s’en est pas privé parce que Mme Garrido et M. Corbière, député de la France Insoumise, vivent avec le portait de Lénine dans leur salle à manger ? Pour le philosophe, cette présence imagée du dictateur du prolétariat en dit long sur l’admiration que peuvent porter les nostalgiques de la Révolution de 1917 en Russie ! Onfray affirme, sans crainte d’être démenti, que les théories de Lénine ne répondent pas aux critères démocratiques que certains révolutionnaires voulaient pourtant mettre en œuvre si bien que cette dictature a entraîné des millions de morts au nom d’une pureté théorique ou tout simplement en fonction de la folie d’un Staline…trop bon élève de son maître.
J’en connais qui vivent avec le portrait de Mao dans leur salon. Dans les années soixante dix et après mai 68, des esprits aussi purs que durs ont admiré le grand timonier lequel à force de révolutions culturelles aux métaphores poétiques, a permis l’assassinat programmé de tous ceux et toutes celles allergiques au régime forcé.
Attention, il y a portrait et portrait. Si l’auteur de l’un d’eux est Andy Warhol, il ne s’agit plus seulement d’opinion politique mais bien d’une œuvre d’artiste dont l’originalité mérite un regard particulier. Mme Garrido et M. Corbière nous apprendront-ils qui a signé la peinture ou la photo de leur environnement domestique ?

« Ma Poule » n’est pas la tienne
En appelant Brune Poirson, secrétaire d’Etat du ministère de l’écologie, « ma poule » dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, un député socialiste (pardon nouvelle gauche) a usé d’un ton familier quelque peu déplacé. Certes, l’honorable parlementaire s’est excusé auprès de la ministre mais quand même. A l’heure où la parole des femmes se libère, que des lois sont votées contre le harcèlement, les agressions sexuelles, le viol des mineur(e)s, on attend des représentants de la nation un langage plus châtié et surtout moins sexiste.
« Ma poule » a affirmé le député, est une expression qu’il attribue aux femmes…et aux hommes. Autrement dit, il s’agit d’un tic de langage qui, hier, portait moins à conséquence qu’aujourd’hui. La facilité et le sens étaient les mêmes mais le député avait moins conscience de catégoriser ses interlocuteurs(trices). Le monde change. Il serait bon que nos élus suivent le mouvement.

Pas de complot mais un vrai héros
Des médailles, une nationalité expresse, un travail chez les pompiers de Paris, Mamadou Gassama, le Spiderman du 18e arrondissement n’est plus un migrant sans papiers mais un Français admiré pour son courage. Comme il fallait s’y attendre, des esprits chagrins et d’extrême droite ne se sont pas privés pour inventer une théorie complotiste heureusement dénoncée en temps et en heure. Pour ces racistes et xénophobes, le sauvetage du petit garçon de quatre ans ne serait qu’une mise en scène destinée à valoriser ce Malien malin et à lui permettre d’intégrer la communauté nationale.
Au moment même où on apprend que des dizaines de migrants sont morts noyés en Méditerranée ce week-end suite au naufrage de leur embarcation et alors que le ministre de l’Intérieur italien Salvini leur promet la valise et un coup de pied quelque part, le geste de Mamadou Gassama nous incite à une réflexion posée. Elle n’exclut aucunement la responsabilité de l’Europe sur laquelle la Commission et le Conseil des chefs d’Etats et de gouvernements devraient s’interroger. Faute de solutions négociées, l’Europe court à la catastrophe humanitaire et politique.


Souvenir, souvenir…
Une classe de CM2 à l'école Jules Ferry de Louviers.
Comme vous le savez, j’ai fait don de mes archives photographiques au Musée de Louviers. En conduisant mes recherches dans des cartons pas ouverts depuis des décennies, j’ai redécouvert des photos de classe qu’on regarde toujours avec affection puisqu’il s’agit de notre enfance scolaire primaire.
J’ai plaisir à publier cette photo de mon CM2 dont l’instituteur était Serge Bove, un grand maître s’il en fut. J’ai également redécouvert les cahiers de cette année-là (1956-57). On apprenait et on savait beaucoup de choses qu’on appelle l’apprentissage de la culture générale. Tout simplement.

Diego Ortega, maire de Louviers ? Pourquoi pas ?
Diego Ortega annonce qu’il est partant pour les futures élections municipales à Louviers. Il a reçu le soutien de Franck Martin et de Marc-Antoine Jamet. Dans un texte mesuré et modéré, il explique pourquoi il veut changer la municipalité actuellement dirigée par François-Xavier Priollaud.
Diego Ortega connaît bien la ville de Louviers et la communauté d’agglomération Seine-Eure. Il a été cadre dans la fonction publique pendant 22 ans et continue d’apporter ses lumières aux futurs dirigeants des collectivités locales. Dans son programme, forcément succinct à ce stade, il veut briser les murs et rapprocher les citoyens des centres de décisions. Il lui reste deux ans pour constituer une équipe et composer une liste d’union à gauche qui n’est pas un gros mot. Il dit en effet appartenir à la fraction la plus à gauche des anciens radicaux de gauche. Comme le PRG a fusionné avec les radicaux valoisiens, il faut espérer que les électeurs sauront séparer le bon grain de l’ivraie.

Il manqua 14 voix à Pierre Mendès France
François Chapron m’écrit : « Le 3 juin 1953 Pierre Mendès France manquait de 14 voix sa première investiture comme Président du Conseil. Dommage que tant de vies aient été sacrifiées notamment à  Dien Bien Phu avant qu'il puisse mettre fin au conflit d'Indochine  et aux souffrances endurées des deux côtés. Sa volonté de paix et son courage manquent terriblement à  notre monde déboussolé, plein de dangers de violence, d'intolérance et de misère. »

30 mai 2018

Les copains-coquins du FN, Eric Woerth aime le liquide, Hulot avale le glyphosate, l'héroïque ami-migrant et sans papiers s'il vous plaît…


Vous reprendrez bien une rasade de glyphosate !
J’ignore si Nicolas Hulot utilisera ce prétexte pour rendre son tablier de ministre d’Etat mais le camouflet que lui a infligé l’Assemblée nationale sur le vote de non interdiction du Glyphosate devrait accroître son contentieux avec les lobbies de l’agriculture et le Ministre Travert. On sait que ce produit est dangereux pour la santé humaine et animale. On sait que cet herbicide puissant recèle des propriétés cancérigènes et que l’Europe a appelé à la fin de l’utilisation (dans trois ou cinq ans selon les pays) de ce produit.
Les députés qui, en majorité, ont refusé l’interdiction du glyphosate, ont donc été sensibles aux pressions, qu’elles soient extérieures à l’Assemblée nationale ou internes. L’argument avancé par le gouvernement est : «tant qu’on n’a pas trouvé de substituts au glyphosate », on permet aux agriculteurs d’utiliser leur stock ou de le renouveler. Pendant ce temps-là, on pollue à tout va et on va dans le mur en klaxonnant.

Pauvre Eric Woerth, la justice lui voudrait du mal ?
Moi aussi j’apporte mon soutien plein et entier à ce pauvre Eric Woerth, président de la Commission des finances de l’assemblée nationale et ancien trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy, notamment en 2007. Il vient d’être mis en examen dans le cadre de l’affaire dite du financement libyen de la campagne présidentielle de son ami Sarko. La police anticorruption a constaté une circulation d’espèces extravagante et le trésorier de la campagne aura à apporter des réponses aux questions des juges d’instruction. Quand je dis que je soutiens Woerth, c’est évidemment une plaisanterie. Il faut lire le communiqué de soutien de l’appareil des Républicains : à mourir de rire tellement il est hypocrite. J’imagine la tête du sénateur Roger Karoutchi. Elle doit être identique à celle qu’il faisait quand il a appris la victoire de Fillon lors de la primaire de la droite ! Une moue de dépit comme on en voit rarement !

Le FN soigne bien ses copains-coquins
Les comptes de campagne des candidats à la dernière élection présidentielle n’en finissent plus d’être disséqués, analysés, commentés par des journalistes scrupuleux qui ont bien raison de passer des heures et des jours à chercher la vérité. A vrai dire, aucun des candidats importants n’a présenté de compte impeccable. Tous et toutes font l’objet de remarques et de corrections mais à des degrés différents.
Ainsi, Marine Le Pen se fait remonter les bretelles après la découverte renouvelée d’un système de surfacturation habituel pour le FN. Les petits-copains-coquins de la présidente du parti d’extrême droite s’en sont donné à cœur joie pour récupérer l’argent du contribuable puisque, finalement, le financement des campagnes est assuré par tous les Français. Certaines dépenses sont remboursées, d’autres pas…il arrive même que la commission passe la patate chaude au parquet financier après la découverte de possibles délits. Une enquête préliminaire a même été ouverte pour éplucher les comptes de Jean-Luc Mélenchon qui crie à la vengeance, à l’injustice, à l’inanité…Victime il est, victime il reste. Comme d’habitude.

A la force du poignet
Le geste du jeune Malien venu au secours d’un petit garçon de quatre ans suspendu dans le vide a été apprécié à sa juste valeur : celle d’une forme d’héroïsme que tout un chacun admire. Agé de 22 ans, sans papier, ce migrant a été reçu en grandes pompes à l’Elysée où Emmanuel Macron lui a appris qu’il devenait Français et qu’il allait faire son entrée chez les Pompiers de Paris puisque tel est le choix qu’il voulait faire dans son imagination la plus délirante !
Si ce jeune homme a réussi, à la force des poignets à escalader quatre étages, le président de la République en a fait un peu trop devant caméras et appareils photographiques eu égard au peu de cas réservé à tous et toutes ces anonymes qui, après avoir quitté le Mali, le Soudan, le Niger…prennent tous les risques pour gagner l’Europe, ce coin de paradis qu’on atteint après avoir vécu l’enfer. Il faudra bien, un jour, que les Français  — pas seulement eux d’ailleurs — constatent le fait que de plus en plus d’étrangers originaires de l’Afrique, notamment, désireront vivre (ou survivre) en Europe occidentale. Il faudra bien que les gouvernants adaptent le pays, ses structures, ses usines, ses mentalités, pour apprendre une nouvelle vie, moins blanche mais pas forcément moins riche en échanges et en cultures partagées.


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Maurice Séveno, journaliste, est décédé à l'âge de 92 ans. A Louviers, il comptait quelques amis.


Maurice Séveno à Louviers aux côtés de JM Leloup. ©Jean-Charles Houel
L'ancien journaliste Maurice Séveno, l'une des figures de la grève de mai 1968 à l'ORTF, est décédé dans le Calvados à l'âge de 92 ans, a annoncé mardi l'ex-député François Loncle. Maurice Séveno, né le 6 juin 1925, a notamment participé à la présentation du premier journal télévisé en 1949 sur l'ORTF. Il a également présenté le Soir 3 au début des années 80 et dirigé l'information de FR3 (de 1981 à 1984).
Il a été l'un des meneurs de la grève de 1968 à l'ORTF, ce qui lui a valu d'être licencié et interdit d'antenne. Il fonde alors l'Union des journalistes de télévision, qui regroupe 70 journalistes (dont F. Loncle) licenciés comme lui de l'ORTF et qui se battent pour retrouver leur travail. Car Maurice Séveno était un militant, avec tout ce que ce terme réclame de courage et d'optimisme.
Il revient heureusement à l'antenne en 1981 à l'arrivée du Parti socialiste au pouvoir. Adhérent au PS, Maurice Séveno a été le conseiller de François Mitterrand pour la télévision, notamment lors de la campagne de 1981. Il s'investit aussi dans la radio, notamment la création des "radios libres". Il a aussi été conseiller municipal de Trouville-sur-Mer de 1989 à 2001. C’est dans une maison de retraite de cette ville qu’il a fini ses jours après y avoir passé quelques années au cours desquelles sa santé a décliné malgré les soins précieux qu’on lui prodiguait.
Parallèlement, il apparaît dans plusieurs films ("Le Soleil des voyous", "Vivre pour vivre", "La Nuit américaine"...) et est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages.
Proche de François Loncle, Maurice Séveno est souvent venu à Louviers où Claude Bellevin, récemment disparu, l’accueillait et où il comptait quelques amis parmi lesquels j’ai eu le bonheur de compter. Maurice était un homme cultivé, séducteur, il aimait irradier les groupes et les communautés qu’il animait avec brio. Et surtout avec beaucoup d’humour, ce qui manque tellement aujourd’hui. (avec AFP)


27 mai 2018

LERM veut imposer sa ligne, la bourde de Gérard Collomb, Adieu Pierre Bellemare, photo souvenir de médaillés lovériens

Pierre Bellemare est décédé
« Vous êtes formidables ! » C’était l’époque sans télévision. Le soir, les familles écoutaient la radio et certaines émissions devenues cultes au fil des années. Je me souviens de la voix de Pierre Bellemare, animateur radio exceptionnel, notamment avec une émission sur Europe N° 1 (ou radio Luxembourg ?) intitulée « Vous êtes formidables. » Il s’agissait déjà d’associer les auditeurs à des opérations humanitaires, c’est du moins le souvenir que j’en conserve. Comme Marcel Fort et Zappy Max, Pierre Bellemare appartenait à cette catégorie de voix particulières, familières, qui reste marquée dans les mémoires.
Pierre Bellemare est mort à l’âge de 88 ans. Il a bien mérité du grand service que fut la radio, sous sa forme publique ou privée. Depuis, il vendait sa notoriété sur des sites moins attractifs que la radio d’antan. Amener le téléspectateur à acheter un aspirateur ou un monte-escalier, c’est joindre le commerce au consumérisme, c’est aussi une façon de gagner sa vie. Pierre Bellemare est un exemple de longévité, un ami de plusieurs générations. Elles lui pardonneront des écarts pas toujours magnifiques mais modestes dans sa longue vie finalement interrompue.

Vive l'autonomie locale !
Pour bénéficier de l’étiquette « La République en Marche » les futurs candidats aux élections municipales devront signer une charte dans laquelle ils s’engageront à soutenir la politique du gouvernement et donc à approuver les actions d’Emmanuel Macron. Etonnant, non ? Pour m’être battu pendant des années en faveur de l’autonomie de l’action municipale, je récuse le fait de devoir mélanger les torchons et les serviettes, la politique étrangère et l’avenir de l’agglomération Seine-Eure par exemple.
Des photos, des affiches, des journaux…
Que la constitution de listes locales nécessite quelque homogénéité, soit. Que des accords entre partis, mouvements, groupes (que sais-je ?) soient passés, fort bien. Que des leaders se distinguent à tel ou tel niveau, pourquoi pas ? Mais je conteste absolument cet alignement national et vertical. Pourquoi, pour être élu à Louviers ou ailleurs, devrait-on signer un contrat national à l’opposé de cette autonomie de gestion si bien développée au soir du 14 mai par Hélène Hatzfeld ? Au fait, j’ai omis, ce soir-là d’inviter les Lovériens ou d’autres, possesseurs d’archives anciennes ou récentes, à les déposer au service municipal spécialisé. Elles seront analysées, classées et mises à la disposition des chercheurs ou de toute personne intéressée par l’histoire, qu’elle soit petite ou grande.

La bourde de Gérard Collomb
Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, est un chouchou du président Macron. L’ancien maire de Lyon a soutenu le président depuis ses débuts et il considère avoir œuvré (avec raison) à sa crédibilité et donc à sa victoire. Mais un ministre de l’Intérieur doit savoir utiliser les bons mots et tenir compte du contexte dans lequel il s’exprime. Avoir un micro en main et déclarer qu’il regrette que les manifestants soient les complices des casseurs en ne les empêchant pas d’agir est manifestement une déclaration plus que maladroite : une grosse bourde.
Une représentante de la CGT affirmait même que cette affirmation était « scandaleuse ». Elle l’est en effet. Le droit de manifester est un droit constitutionnel. Il appartient à l’Etat régalien (avec préfet et ministre) de veiller à la sécurité des manifestants et des biens. Faire respecter l’ordre et la loi, cela relève des forces de police et de gendarmerie. Le service d’ordre des syndicats ou des partis n’est pas une milice ou pire, un commando chargé de…charger les blacks blocs. Cela c’est le boulot des forces de l’ordre étatiques. Surnommé « son altesse sénilissime » par les mauvaises langues, la déclaration de M. Collomb va alimenter le moulin à sarcasmes. Avec raison cette fois.

Photo-souvenir des médaillés lovériens en 1968-69
Au cours de la soirée du 14 mai, il a fallu faire des choix cornéliens pour tenter de tenir dans une durée raisonnable. Lors de mes recherches, j’ai constaté avec bonheur, être possesseur de plusieurs photographies de la période 1965-1969 alors que je n’étais pas encore journaliste. Les négatifs en ma possession m’ont été donnés par les journalistes locaux de cette époque dont Jean Ouin-dit-Lacroix, Journaliste à La Dépêche et décédé prématurément en 1971.
Je propose à votre curiosité cette photographie de remise de médailles d’honneur départementale et communale par le maire d’alors, Le Dr Ernest Martin, agissant en compagnie de Serge Bove, premier adjoint et Paul Astégiani, secrétaire général de la mairie, en arrière sur le cliché.
On reconnaît : de gauche à droite : Mmes Farceau, Batrel, Langlois, Marinier, (une dame âgée dont je ne connais pas le nom) Le Dr Martin, MM. Marie et Marinier. Cette photographie date de 1968 ou 1969. Si quelqu’un peut me donner le nom de la dame située au centre du cliché, je lui restituerai son identité et sa fonction.

26 mai 2018

Ne désespérons pas de l'Europe : L'irlande autorise (enfin) l'interruption volontaire de grossesse

Dans les rues de Dublin. ©Gautier Houel
Les résultats définitifs ne seront connus que dans la journée de samedi mais, d’ores et déjà, le gouvernement irlandais annonce la victoire du Oui à l’autorisation de l’interruption volontaire de grossesse et ce dans des proportions éclatantes. Voilà donc un pays catholique à 80 % faisant fi des campagnes honteuses menées par les anti-IVG, conservateurs de tous poils, refusant de prendre en compte la détresse de ces milliers d’Irlandaises contraintes de prendre le bateau pour interrompre leur grossesse en Angleterre…ou ailleurs.

Dans une Europe devenue frileuse où les pouvoirs forts prennent de plus en plus de place et la régression des mœurs et des pensées avec (Hongrie, Pologne) cette victoire du Oui met du baume au cœur de tous ceux et surtout de toutes celles qui craignaient la capacité de conviction des mouvements dit « pro vie » (?) qui, après avoir traversé l’Atlantique, faisaient campagne dans les rues de Dublin avec des images et des concepts non scientifiques fondés sur des croyances religieuses ou morales d’un autre temps. Il est temps, en effet, que tous les pays démocratiques reconnaissent aux femmes leur droit de choisir non seulement le chemin de leur vie personnelle mais également de choisir d’avoir ou non un enfant. 

Pour ce faire, il faut absolument que les campagnes favorisant la contraception soient développées, expliquées et comprises. On sait aujourd’hui conjuguer une vie sexuelle épanouie et le désir d’enfant. Cette liberté de choix, interdite jusqu’aujourd’hui aux femmes irlandaises, est devenue réalité après un référendum engagé par le gouvernement dont le premier ministre lui-même, était en première ligne pour le Oui. On a remarqué le silence de l’église catholique officielle empêtrée dans des affaires de pédophilie lui interdisant de délivrer toute leçon de morale.
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15 mai 2018

Bien sûr la nostalgie. Bien sûr les retrouvailles. Le CAG tel qu'en lui-même au Moulin.


Hélène Hatzfeld et moi-même. © Patricia Houel-Deschamps
Bien sûr, il y a la nostalgie. Bien sûr, il y a longtemps qu’on s’était rencontrés. Mais nous avions tant à partager. Quelle belle soirée. Hélène Hatzfeld ! Quelle intelligence, quelle maîtrise des concepts, quelle domination dans l’ordre des idées. Jamais, elle n’a dérogé aux faits, à la chronologie, à la narration historique d’une vérité issue de cinq ans d’enquêtes, de recherches et d’écriture. 

En ouvrant le Moulin à l’histoire du Comité d’action de gauche, François-Xavier Priollaud a laissé se rouvrir la plus grande page d’émancipation que nos citoyens, quel que soit leur âge, ont connue au cours des quatre dernières décennies.
Il est vrai que le livre d’Hélène Hatzfeld (1) est un support indispensable pour comprendre comment une soixantaine d’hommes et de femmes liés par l’action, la nécessité de faire, de servir l’intérêt général, ou par des sentiments élevés ont partagé les meilleures années de leur vie militante. Comment une ville moyenne, menacée par la centralisation des pouvoirs d'Etat, l’ignorance des besoins ou l’agressivité d’une opposition active, est devenue un lieu de non violence pour les bébés, de liens solides entre les générations, et un creuset miraculeux pour l’expression libre, l’art, la culture placés au rang de priorités cela reste encore du domaine du mystère. Même la presse parisienne s'y est perdue !

Le duo formé par Hélène Hatzfeld et moi-même n’avait d’autre objectif que de restituer dans leur pâte originelle, les efforts, les batailles, aussi, conduites par Ernest Martin, d’abord et l’équipe Martin-Fromentin, ensuite, dans la lignée d’un Pierre Mendès France dont les mânes ont plané sur le Moulin pendant toute la soirée d’hier. Si on avait omis de saluer la mémoire du grand Lovérien, Françoise Chapron se serait fait un devoir de nous ramener dans le droit chemin. 

Heureusement, Hélène Hatzfeld n’avait rien oublié : ni « Devenir » ni l’autogestion avec son point d’interrogation, ni Wargny, ni le PSU, ni le fonds Singeot, ni les GAM, ni la démocratie participative, ni le service famille si essentiel dans le dispositif, ni la profession de foi de mars 1965, support définitif des 20 ans à venir, sans oublier le fameux « information, participation, contrôle » toujours d'actualité.

Dans son introduction, le maire s’est dit enrichi d’avoir découvert cette page d’histoire lovérienne qu’il a trouvée passionnante. Nous qui l’avons écrite, raturée, corrigée, embellie sans doute, nous ne nous lassons pas de la lire et de la relire sous la plume de Mme Haztfeld. Racontons la aux citoyens dont le seul devoir « est de ne point espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer. » Cette citation attribuée à Guillaume d’Orange, Ernest Martin l’a prononcée devant moi tant de fois. Lui, jamais il ne baissa les bras. Jamais le désir ne fut absent de ses devoirs d’élu même en 1968 quand, stipendié par une droite apeurée, il prit la tête du cortège ouvrier afin d’ouvrir les routes des victoires futures.

(1) La politique à la ville. Inventions citoyennes à Louviers (1965-1983) par Hélène Hatzfeld. Éditions Presses universitaires de Rennes. 25 euros.

13 mai 2018

La mort d'Alain Lantenois, ancien adjoint d'Odile Proust, de 1983 à 1995


Il est difficile d’écrire sur la mort d’un adversaire politique. Trop de complaisance confinerait à l’hypocrisie et un ton par trop agressif ne siérait pas au respect dû à ceux et celles qui disparaissent. Adversaires politiques, nous le fûmes cependant, sans concession, sans compromis. Et les disputes entre nous, par journaux interposés, furent épiques autant que convaincues.
Élu au sein de la municipalité Proust dès 1983, Alain Lantenois avait la charge des finances et il en devint l’adjoint jusqu’en 1995 lors de la défaite de son équipe. Après la gestion Fromentin, le nouvel argentier trouva matière à polémiques. Tous les maires nouveaux s’appuient, en effet, sur des audits qui les arrangent. Dans ses interventions, Alain Lantenois mettait de la passion, de la fougue, habitué qu’il était à diriger une entreprise importante de la région de Gaillon (la CFPI) et à imposer un style qui admettait difficilement la contestation.
Politiquement, Alain Lantenois sans appartenir à ma connaissance à un parti (?) était très clairement favorable au RPR devenu UMP. Ce gaulliste convaincu, comme Odile Proust d’ailleurs, ne ratait pas une occasion de célébrer le souvenir de l'homme de la France libre.
Au plan local, ses accrochages verbaux avec Ernest Martin, d’abord et Franck Martin, ensuite, ont fait vibrer les murs de l’Hôtel de ville. Il m’arriva même, comme journaliste, d’être poursuivi pour diffamation devant le tribunal correctionnel d’Evreux pour avoir osé, dans un article, comparer Alain Lantenois à « un Pinochet au petit pied » dans l’affaire du Drugsport et du musée Wakévitch dont l'inauguration fut marquée par quelques incidents. Le tribunal n’accepta ni ma bonne foi, ni la vérité des faits que j’avais cru pourtant établir. Je fus condamné à lui verser 1000 francs de dommages et intérêts sous la forme d’un chèque que jamais il n’encaissa. Il préférait donc les victoires symboliques à la recherche du profit immédiat.
Dernier sur la liste de François-Xavier Priollaud, lors des dernières élections municipales lovériennes, pour marquer le lien entre la droite ancienne et la droite nouvelle, Alain Lantenois se contentait du rôle du sage, prodigue en conseils, d’autant que sa compagne, Marie-Dominique Perchet occupe le poste d’adjointe en charge des Affaires Générales, de la Politique Sociale, du Logement et de la Démocratie Municipale.
Atteint d’un cancer depuis plusieurs mois, Alain Lantenois est décédé à l’âge de 81 ans. Une cérémonie religieuse aura lieu à l’église Notre-Dame mercredi.

10 mai 2018

"Embaumer l'héritage pour mieux s'en débarrasser" : Le NPA de Louviers joue les redresseurs de torts à peu de frais


Lors du conflit Zimmerfer le CAG n'a pas attendu la LCR pour aider les grévistes en lutte. © Jean-Charles Houel
Je me demandais d’où viendrait l’attaque. Je ne suis pas déçu, elle vient du NPA. Comme disait Ernest Martin, le propre des partis politiques c’est de s’occuper du contenant et rarement du contenu. Pourquoi cette réflexion ? Parce que le NPA (voir La Dépêche d’aujourd’hui) juge iconoclaste le fait d’avoir accepté du maire de Louviers un débat public autour d’un livre sorti (1) récemment et consacré à l’action du Dr Martin, ancien maire, d’abord et du comité d’action de gauche ensuite. Pour le NPA, il s’agirait d’un embaumement, de quoi torturer les mânes de ceux et celles qui sont disparu(e)s et surtout les âmes de ceux qui survivent. Je ne sache pas que le NPA ou son ancêtre, la LCR, ait été directement partie prenante de l’action du Comité d’Action de Gauche sauf à participer, ici ou là, à des défilés et des cortèges…de protestation ce que le NPA sait le mieux faire.

Le NPA remarque avec sagacité que le maire porte l’étiquette UDI. Une étiquette droitière. Et que donc, son but serait d’enterrer définitivement l’histoire du CAG et celle de ceux qui la racontent. Voilà donc une vision simpliste et sectaire de l’histoire. Personne n’est dupe : ni le maire, ni Hélène Hatzfeld, ni moi-même. Il faudrait en effet être bien naïf pour ne pas imaginer que l’offre d’ouverture du maire est dénuée de toute arrière-pensée. François-Xavier Priollaud est Parisien. Il n’a pas toute la mémoire des dernières décennies lovériennes dont celles qui nous intéresseront lundi soir 14 mai à 20 h 30 au Moulin. Pourquoi n’en profiterait-il pas pour faire preuve d’une largesse institutionnelle qui ne l’engage pas politiquement ? Pour lui et pour nous-mêmes, il s’agira d’évoquer un moment d’histoire. Pourquoi Hélène Hatzfeld et moi-même refuserions-nous la proposition d’un maire élu démocratiquement par les Lovériens et qui n’impose ni n’exige quoi que ce soit des orateurs invités ? Comment le contraire serait-il même imaginable ? 

Dans l’interview qu’elle donne à La Dépêche aujourd’hui, Hélène Hatzfeld précise bien les rôles de chacun : « Cette soirée, nous l’avons préparée ensemble, Jean-Charles Houel et moi. Il va présenter des photos, rappeler qui sont les personnes photographiées et à quelle occasion ces photos ont été prises. Je ferai les commentaires historiques et politiques. »

Ensuite, il y aura débat. Chacun (même un membre du NPA) pourra prendre la parole librement soit pour abonder en remarques, soit pour préciser le récit, soit encore pour exprimer des critiques et notamment celles concernant l’organisation de la soirée. Hélène Hatzfeld et moi nous répondrons à toutes les questions liées à ces inventions citoyennes qui, à l’évidence, marquent encore durablement l’histoire de notre ville.

(1) « La politique à la ville, inventions citoyennes à Louviers (1965-1983). Editions Presses universitaires de Rennes. Le livre sera en vente lors de la soirée de lundi.
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