7 septembre 2016

Jérôme Cahuzac n'hésite pas à remuer les cendres de Michel Rocard. Honteux.


Je suis très en colère contre Jérôme Cahuzac. Non seulement il a menti effrontément devant l’assemblée nationale et caché sa situation fiscale au gouvernement mais en plus il continue de se défendre comme un gamin pris en flagrant délit : il accuse autrui de ses propres turpitudes. C’est lâche. Aller chercher les cendres de Michel Rocard pour expliquer l’ouverture d’un compte en Suisse, voilà qui ne va pas améliorer l’image de celui qui a porté un coup fatal à la République exemplaire prôné par François Hollande.

Le quinquennat aura traîné comme un boulet les mensonges de l’ancien ministre et j’ai toujours dit qu’il s’agissait d’un tournant essentiel portant atteinte à la crédibilité du pouvoir actuel. Car choisir Cahuzac comme ministre revenait à démontrer soit une méconnaissance coupable de l’homme et de son histoire, soit une légèreté également coupable à l’égard de ses agissements soi-disant connus localement depuis des années. Il aura fallu trois mois à François Hollande pour se séparer de Cahuzac quand il aurait fallu agir vite et bien. Il est vrai que M. Woerth, ancien ministre, dans le secret semble-t-il, a lui-même été étrangement complice des agissements de M. Cahuzac.

La discrédit de la gauche est tel que les déboires et les écarts de Sarkozy semblent atténués dans leurs conséquences morales puisqu’un homme dit de gauche a été capable d’agir comme l’a fait Cahuzac. Cette fameuse gauche exemplaire en  a pris un sacré coup quand Médiapart a sorti l’affaire et l’enregistrement de Jérôme Cahuzac évoquant son compte UBS en Suisse. Bien sûr, il est naturel que l’accusé se défende et que ses avocats trouvent un moyen d’atténuer sa responsabilité. Je ne suis pas certain qu’aller chercher un financement — éventuel — d’une campagne électorale — éventuelle — de Michel Rocard en 1995 soit le meilleur moyen de convaincre les juges appelés à sanctionner des comportements coupables.

Manuel Valls, rocardien bien connu, se dit dégouté par le système de défense de Cahuzac. On le serait à moins. Aujourd’hui même les juges du tribunal correctionnel ont fait part de leurs sérieux doutes quant à la véracité des déclarations de l’ancien ministre. Il est vrai que ni devant les policiers, ni devant les juges d’instruction « les yeux dans les yeux » l’ancien ministre du budget n’a fait allusion à Michel Rocard. Il est vrai qu’à cette époque, l’ancien Premier ministre vivait encore…

6 septembre 2016

Les décodeurs devraient contraindre les politiques à moins tordre le cou à la vérité


Des quotidiens d’information comme Le Monde et Libération ont créé au sein de leurs rédactions des équipes chargées de contrôler les affirmations des hommes et des femmes politiques. Pendant des années, les vedettes médiatiques telles que Nicolas Sarkozy ou Jean-Marie Le Pen ont sans cesse asséné des arguments, des chiffres, des statistiques présentés comme autant de vérités définitives alors qu’un peu d’investigation aurait mis à mal ces affirmations. La plupart du temps, ces « ténors » de la télévision font peu de cas de la vérité des faits obsédés qu’ils sont par leur course à la notoriété et à la « petite phrase ».

Les décodeurs, donc, puisque tel est leur nom, vérifient aujourd’hui systématiquement les déclarations des candidats aux primaires de gauche, de droite, du centre, du FN, des Verts ou celles des membres du gouvernement. Ils sont conduits à analyser chaque phrase, chaque assertion de ceux et celles qui ont vocation à représenter le peuple et donc à lui dire la vérité. C’est évidemment très théorique dans la mesure où les généralités, la langue de bois et les faux semblants composent le plus souvent le menu quotidien des candidats. Les Mendès France ne sont pas pléthore.

Deux exemples suffisent à illustrer la nécessité de ce travail de contrôle et d’investigation. Le procureur de la république, au vu du dossier établi par les trois juges d’instruction de l’affaire Bygmalion, affaire du dépassement du plafond des comptes de campagne de Sarkozy en 2012, propose le renvoi en correctionnelle de l’ensemble des protagonistes dont l’ancien président de la République alors candidat. Me Herzog, avocat de Nicolas Sarkozy, a émis quelques remarques considérées comme «douteuses» par les décodeurs du journal Le Monde. Considérant ces remarques une par une, ces derniers démontrent, preuves à l’appui, que l’avocat prend des aises avec la vérité des faits et expliquent « pourquoi c’est faux ». Me Herzog est ainsi ridiculisé et le citoyen Sarkozy confondu.

Idem avec une mise au point de Manuel Valls. Les mêmes décodeurs ont enquêté pour savoir si la contestation (par le premier ministre) d’un article du New York Times était justifiée ou non. Elle ne l’est pas. M. Valls a pris bien des libertés avec la vérité et ce n’est pas à son honneur surtout quand il s’agit de répondre à un article de presse. Dans ces cas là, l’expérience prouve que les contradicteurs des journalistes ont intérêt à vérifier plutôt deux fois qu’une la teneur de leurs réponses. Visiblement Manuel Valls a tiré plus vite que son ombre mais ce n’est pas la première fois.

On le voit, les politiques ou leur entourage (1) pratiquent l’art de l’enfumage avec une facilité déconcertante. L’existence des réseaux sociaux, la mémorisation aisée de leurs anciennes « vérités » comparées à celles d’aujourd’hui, devraient contraindre les discoureurs  à plus de précautions et plus de respect pour les citoyens que nous sommes. Nous disposons, avec une presse indépendante, d’outils nouveaux et incontestables. Fini de dire n’importe quoi pour gagner des voix.

(1) Les juges d’instruction disposent d’un délai d’un mois pour prendre leur décision : non lieu ou renvoi devant le tribunal correctionnel. Voilà pourquoi les Ciotti et consorts mettent la pression sur ces juges pourtant indépendants.

4 septembre 2016

Le 24 septembre, à Louviers, conférence-débat sur le livre de Pierre Mendès France « Liberté, liberté chérie »


La guerre a été pour Pierre Mendès France une période cruciale. En septembre 1939, il est mobilisé dans l’armée de l’Air et affecté au Levant, où il obtient son brevet d’officier observateur. C’est au cours d’une permission en France qu’il apprend l’offensive allemande du 10 mai. Aussitôt il demande à être envoyé sur le front pour se battre. Mais il lui faut pour cela effectuer un stage de formation sur les appareils en service et, dans la débâcle générale, ce n’est que le 10 juin qu’il est muté à l’école d’observateurs de Bordeaux-Mérignac.

Lorsqu’il y arrive le 19 juin, celle-ci vient de se replier au Maroc. C’est donc pour rejoindre son unité qu’il embarque le 21 juin sur le Massilia, en même temps que d’autres parlementaires. Mais, au cours de la traversée, les passagers apprennent la signature de l’armistice. Dès lors le gouvernement de Vichy va mettre à profit cet épisode pour discréditer les hommes de la IIIe République, en présentant les parlementaires qui ont pris ce bateau pour des fuyards et ceux d’entre eux qui étaient mobilisés pour des déserteurs. Mendès France est ainsi arrêté, transféré à Clermont-Ferrand et, le 9 mai 1941, au terme d’un procès qui n’est qu’une parodie de justice, condamné pour désertion à six ans de prison. Dès le rejet de son pourvoi, il s’évade le 21 juin et, après quelques mois de vie clandestine, rejoint Londres en février 1942 pour s’engager dans les Forces aériennes françaises libres et reprendre le combat.

Rédigé en 1942 et publié en 1943 à New-York, « Liberté, liberté chérie » est un témoignage capital sur l’épreuve subie par l’auteur et sur la situation de la France au lendemain de l’armistice. Pierre Mendès France y raconte son départ pour le Maroc, son incarcération, son procès, son évasion rocambolesque. Mais, à partir des observations qu’il a pu recueillir au cours de ses mois d’errance avant son départ pour l’Angleterre, il brosse aussi un tableau fidèle des difficultés de tous ordres que rencontrent les Français dans un pays asservi et de l’évolution des esprits face à la politique de collaboration entre Vichy et l’occupant.

Les éditions Demopolis ont procédé en 2015 à une édition de la version intégrale livre, avec le soutien de l’Institut Pierre Mendès France et de la Fondation Jean Jaurès. Le texte est accompagné d’une introduction et de notes de l’historien Vincent Duclert et comporte en annexe de nombreux documents écrits et iconographiques. Postface de Denis Salas (haut magistrat) Président de l’Association française pour l’histoire de la justice : spécialiste des années noires de la Justice Française.

C’est à la présentation de la nouvelle édition de cet ouvrage que la Société d’Études Diverses de Louviers, en association avec la Fondation Jean Jaurès et l’Institut Pierre Mendès France, consacre la première de ses conférences mensuelles de l’année 2016-2017. Vincent Duclert, chercheur au Centre d’études sociologiques et politiques Raymond Aron (EHESS) et inspecteur général de l’Éducation nationale, et Éric Roussel, auteur d’une biographie de référence, apporteront leur éclairage d’historiens sur la période évoquée dans le livre et la personnalité de Mendès France.

Samedi 24 septembre 2016, 16 heures
Hôtel de ville de Louviers, salle Pierre Mendès France
Conférence-débat sur le livre de Pierre Mendès France « Liberté, liberté chérie »
. Avec la participation de
– Vincent Duclert, historien, chercheur au Centre d’études sociologiques et politiques Raymond Aron (EHESS)
– André Azoulay, président de l’Institut Pierre Mendès France
– Éric Roussel, historien et biographe de Mendès France

Entrée libre

3 septembre 2016

Quelques réflexions au débotté : IVG, château de Versailles, Fillon-Sarko, Thierry Solère, trumperie…


Simone de Beauvoir avait raison. Les conquêtes féministes sont toujours susceptibles d’être remises en cause. Pour preuve, la résurgence du militantisme anti-IVG qui n’en finit pas de militer contre la loi Veil et contre un acquis conquis de haute lutte mais finalement assez fragile. Il n’est qu’à voir comment les personnels médicaux des cliniques, des hôpitaux, sont agressés (voire tués) aux États-Unis où des mouvements et associations contre l’avortement ont pignon sur rue. Il est vrai que la violence — mais cela se généralise à la planète — est devenue l’un des principaux moyens de conviction.
En France, tous les partis politiques (au FN les réticences sont nombreuses à l’image de Marion Maréchal Le Pen) sont à peu près d’accord sur le maintien de la loi Veil. On peut donc penser qu’une majorité de droite ne la remettrait pas en cause. Mais la vigilance s’impose car ce qu’une loi a fait une autre peut le défaire. De même pour le mariage pour tous. Même si Sarkozy est prêt à toutes les folles promesses, il fait profils bas sur la loi Taubira. Seul Mariton — mais il compte pour du beurre — assure qu’il remettrait en cause cette loi si par malheur il était élu président.

Qui pourrait croire que les conservateurs du château de Versailles seraient susceptibles de se faire avoir par le premier faux venu. C’est pourtant ce qu’il vient d’advenir si l’on croit un article paru Dans Libération de ce jour. Des meubles 18e parfaitement imités ont été cédés par des galeristes renommés et vendus, évidemment, comme des meubles d’époque. Le marché de l’art est un marché et comme tous les marchés, il compte en son sein, des aigrefins, des escrocs, des experts plus ou moins complaisants, plus ou moins honnêtes.
L’enquête journalistique démontre que ce fait est assez répandu. Toujours est-il que deux galeries de premier ordre ont été interdites de FIAC, le grand moment annuel de la foire aux antiquités. Il semblerait également que des commissaires priseurs soient associés à ces opérations frauduleuses. Quel que soit l’objet, quelle que soit sa valeur, mieux vaut acheter pour le plaisir plutôt que pour une spéculation réelle ou supposée. On a ainsi moins de chances d’être déçu.

Thierry Solère. (DR)
Les primaires battent leur plein. A droite, c’est une lutte à mort qui s’engage entre Fillon, Juppé, Sarkozy et Le Maire. Fillon a été fort aimable avec Sarko. Il a recensé ses mises en examen et ses frasques et s’interroge : « imagine-t-on le général de Gaulle mis en examen ? » Au-delà de la cruauté du propos, j’ai envie de rappeler l’affaire « Jouyet-Fillon » qui avait défrayé la chronique. Fillon avait-il, oui ou non, demandé à la présidence de la République, d’activer les enquêtes préliminaires dans les affaires Bygmalion et du dépassement des comptes de campagne de Sarkozy ?
J’ai envie de penser que Jouyet avait sans doute raison et que Fillon était demandeur. Personne, à part les intéressés évidemment, ne connaît la vérité. On ne peut que subodorer, supposer…et attendre les développements de l’actualité. Ils ne manquent pas de survenir, directement ou inconsciemment. Faisons confiance à Fillon pour savonner la planche de celui qui l’avait qualifié de « collaborateur »…

Cahuzac a ridiculisé la gauche. Solère ridiculisera-t-il la droite ? L’organisateur technique de la primaire à droite est poursuivi par Bercy pour fraude fiscale. Le député des Hauts-de-Seine pourra toujours voir la main de je ne sais quel cabinet noir de l’Elysée, il faudra bien à un moment ou à un autre, qu’il s’explique. Je veux bien croire en sa bonne foi mais Cahuzac, les yeux dans les yeux, nous promettait monts et merveilles. Il se trouve que les journalistes de Mediapart ont eu en mains quelques documents fort compromettants pour M. Solère. Au fait, comment a-t-il su avant tout le monde que des enquêteurs souhaitaient consulter sa déclaration de patrimoine ? Ce n’est pas dans les déclarations de patrimoine que les journalistes auront du grain à moudre. J’ai consulté la déclaration de M. Le Maire, député de l’Eure. RAS.

Et pour terminer, la petite dernière trumperie du candidat républicain (décidément cet adjectif ne veut plus rien dire). Il est allé au Mexique pour confirmer la construction d’un mur entre cet état et les Etats-Unis d’Amérique. Vous savez quoi ? Il veut même faire payer le mur par les Mexicains ! Quel toupet ! S’il croit récupérer le vote des Latinos comme cela, il peut repasser. 
Populiste lui irait mieux que républicain. C’est tellement vrai qu’Henry Kissinger, 93 ans, toujours vivant, bien connu pour la guerre conduite au Vietnam, a annoncé qu’il ne se prononcerait ni pour Trump ni pour Clinton. Au fond, c’est une voix de plus pour les démocrates.






29 août 2016

Les politiques devraient cesser de servir la soupe à Daech


Libérer la parole raciste c’est comme ouvrir les vannes d’un barrage. Vous ne retiendrez plus l’eau tout comme vous ne freinerez plus les pires outrances verbales. C’est bien pourquoi si on a fustigé pendant des années le verbe décomplexé d’un Jean-Marie Le Pen (à nouveau condamné ces derniers jours) on devrait adopter la même attitude à l’égard de Nicolas Sarkozy et son entourage. Tous ceux — les personnages publics en particulier — qui ne se contrôlent pas (ou mal), qui choisissent d’opposer plutôt qu’apaiser, qui pratiquent la politique du pire, ne méritent pas la confiance des électeurs(trices). Sarkozy est de ceux-là.

Le restaurateur qui, hier en région parisienne, a littéralement agressé deux femmes voilées (le voile n’est pourtant pas interdit) les sommant de débarrasser le plancher de son établissement (1) a évidemment été inspiré, j’allais écrire autorisé, par le contexte général et surtout par les propos de politiciens imprudents ou cyniques.

Réfléchissons deux minutes. Daech, l’Etat islamique, cherche à tout prix à opposer les différentes religions et à semer la pagaille au sein des démocraties occidentales, symboles aux yeux des fanatiques, du mal absolu et du pourrissement des idées et des mœurs. Selon la doctrine de l'EI les femmes et leurs corps surtout, appartiennent aux hommes et celles-ci doivent leur être soumises. En occident et en France, en particulier, la situation de la femme a changé dans la société. Même si c’est assez récent, les femmes ont conquis des droits qui eussent paru invraisemblables au début du 20e siècle. Hier donc. Non seulement elles votent mais en plus, elles disposent librement de leur corps et maîtrisent leur fécondité.

Que des femmes musulmanes vivant en France ne soient pas prêtes, pour des raisons choisies ou imposées (eh oui la culture !) à adopter le style de vie occidental ne doit pas être condamné par les lois si leur pratique ne porte aucun préjudice à autrui et ne nuit pas à l'ordre public. C’est ce que le Conseil d’Etat a redit avec pertinence dans son ordonnance visant à suspendre l’application des arrêtés pris par les maires contre le port du burkini mais pas seulement. Manuel Valls a tort, lui aussi, de remettre du charbon dans la chaudière en assurant que le débat n’est pas épuisé avec la décision de la haute autorité administrative. Le gouvernement ne légifèrera pas, soit, cela ne dispense pas le chef du gouvernement — comme le fait bien Bernard Cazeneuve — de rester raisonnable et pédagogue. Evitons donc de servir la soupe à Daech, d’alimenter la machine à rumeurs et de lancer des anathèmes. Laissons cela aux fanatiques.

(1) « Les terroristes sont des musulmans, les musulmans sont des terroristes » a-t-il crié

28 août 2016

A louviers, certains dimanches, les amateurs de journaux font ceinture


Avec ses 18 500 habitants, Louviers appartient à la catégorie des villes moyennes. Il arrive qu’elle le soit plus ou moins (moyenne). Prenons un exemple. Pendant plusieurs mois, il était impossible de trouver un journal le dimanche dans cette ville puisque tous les dépôts de presse étaient fermés. Pour lire son journal — j’ai la fâcheuse habitude de tenir à la lecture quotidienne de la presse d’information —les Lovériens avaient le choix entre se rendre au Vaudreuil, aller à Acquigny ou gagner l’aire d’autoroute de Vironvay où le dépôt est bien achalandé. Il arrive qu’on y fasse des rencontres surprenantes. (voir plus loin)

Heureusement, pour pallier un manque évident, les propriétaires du Tabac-jeux La Civette, rue Foch, ont eu la bonne idée d’ouvrir un dépôt apprécié et très fréquenté. Le mois d’août est le mois des vacances, pour les marchands de tabac aussi dont ceux de La Civette, si bien que la pénurie est redevenue la règle obligeant les lecteurs dominicaux à réemprunter des solutions de fortune. Je me suis donc rendu, ce matin, sur l’aire de l’A13 où j’ai croisé des Lovériens souriants d'une part, et fait d'autre part la connaissance, autour d’un café, de familles azéries et tchétchènes qui se rendaient de Paris à Deauville. Entendre parler des langues étrangères m’a toujours fasciné. J’en reconnais un certain nombre, je dois avouer cependant, que l’Azéri ne m’est pas familier. Je bénis ceux et celles, polyglottes, capables de se balader en Europe (et dans le monde) et d’être compris partout ! La rencontre fut cursive et amicale.

Finalement, peut-être vaut-il mieux, pour découvrir ce vaste monde et ses habitants se rendre sur une aire d’autoroute plutôt que de rester les deux pieds dans le même sabot lovérien. Je vais méditer cette belle rencontre d’aujourd’hui et lire le JDD puisque, par bonheur, le stock n’était pas épuisé. Une remarque enfin. J’entends dire que le commerce de notre ville est dans une passe difficile et que la situation générale ne le favorise pas. Pour commercer, la règle N° 1 n’est-elle pas d’être disponible et ouvert aux clients ? Disposer d’un (un seul !) marchand de journaux à Louviers, le dimanche, en toutes saisons ? Est-ce si impossible ?

26 août 2016

Pour Valls et Sarkozy l'ordonnance du Conseil d'Etat c'est Villeneuve Loupé


J’attendais avec impatience l’ordonnance du Conseil d’Etat statuant en référé suite aux demandes d’annulation d’un arrêté municipal à Villeneuve-Loubet présentées à la fois par la Ligue des droits de l’homme et l’association de lutte contre l’islamophobie. Le moins que l’on puisse dire est que le juge des référés met sérieusement à mal les argumentations de MM. Sarkozy, Valls, Ciotti et tous leurs acolytes puisqu’il annule le jugement du tribunal administratif de Nice qui avait donné son accord à l’application de cet arrêté et de quelques autres. L’arrêté, je le rappelle, visait à interdire aux femmes le désirant d’être vêtues d’un voile ou d’un foulard ou d’une tenue trop habillée !

Que reprochait-on à ces femmes ? De poser un problème d’ordre public et de « provoquer » les pauvres estivants que nous sommes, bien blancs et bien Français ! Quelle gifle que cette décision du Conseil d’Etat appelée à faire jurisprudence. La haute autorité administrative considère que si le maire est bien chargé de la sécurité dans sa commune, il ne doit agir que pour veiller au respect des lois et notamment celle concernant la liberté d’aller et venir, la liberté de conscience et la liberté de pratiquer la religion de son choix. S’agissant de la baignade sur une plage publique, qui plus est, toute personne est autorisée à aller à l’eau (ou non) dans la tenue qu’il affectionne si la décence et l’hygiène sont respectées. Ce qui était évidemment le cas à Villeneuve-Loubet.

La polémique au sein du gouvernement opposait Manuel Valls à Najat Valaud-Belkacem et Marisol Touraine. Etant contre le port du voile à titre personnel — c’est mon cas aussi — ces dernières contestaient à la puissance publique le droit de s’immiscer dans le choix très personnel d’être vêtu comme on le souhaite et notamment sur les plages de notre beau pays.  Les arguments relatifs au terrorisme et autres prétextes fallacieux ont été balayés par le Conseil d’Etat. Il s’agit donc d’une défaite morale pour Manuel Valls et le président qui, fidèle à lui-même, ne s’était pas, si je puis dire, mouillé. Une fois encore, saluons la décision de notre juridiction administrative suprême, elle prouve qu’un état démocratique n’est fort et respecté que si la loi n’est dénaturée ni dans sa lettre ni dans son esprit.

La section de Nice de la Ligue des droits de l’homme a publié, cet après-midi, le communiqué suivant : « La section de Nice de la LDH prend acte de la décision du Conseil d’État concernant la commune de Villeneuve-Loubet ; elle demande aux communes concernées du Département des Alpes-Maritimes d'abroger immédiatement les arrêtés similaires, désormais entachés d’illégalité.
Le droit fondamental de manifester sa religion ou ses convictions dans l'espace public sera à nouveau respecté et nous nous félicitons d'y avoir contribué ; mais, en même temps, la section de Nice de la LDH réaffirme qu'elle désapprouve le port de vêtements qui symbolisent la soumission des femmes et portent ainsi atteinte à l'égalité entre les hommes et les femmes.
Les arrêtés démagogiques et populistes sont inutiles et même dangereux ; notre région a surtout besoin de politiques de lutte contre la ségrégation urbaine et en faveur de la cohésion sociale. Nous faisons confiance aux enseignants, aux éducateurs, au monde associatif et syndical, aux hommes politiques de bonne volonté, afin que, par un travail de proximité et au quotidien, les capacités d'intégration de notre société laïque soient renforcées. »




24 août 2016

Le gros rouge qui tache fait des ravages sur les plages françaises


Non, nous ne sommes pas que des bonnes âmes. Non, nous ne sommes pas que des droits-de-l’hommiste, comme disent certains spécialistes du mépris. Non, nous ne nions pas les risques terroristes en période d’état d’urgence. Mais les photographies (prises par un professionnel d’une agence britannique) de ces policiers municipaux de Nice obligeant une femme allongée sur la plage à ôter un voile qualifié d’atteinte aux bonnes mœurs, alors là c’est une démonstration grandeur nature de la bêtise humaine, d’une part, et d’une stigmatisation devenue obsessionnelle chez certains hommes politiques, d’autre part.

Que Nicolas Sarkozy annonce se servir de l’Islam et de l’immigration pour lancer sa campagne, comme en 2012, comme en 2007, ne nous étonne pas. Mais que des maires de droite ou d’extrême-droite (avec la complicité de la justice administrative) se vautrent dans une chasse aux femmes voilées, sous couvert de laïcité et de sécurité, voilà bien où nous conduisent les campagnes dont la presse étrangère (anglo-saxonne surtout) se moque depuis plusieurs jours. Car enfin, une femme voilée sur une plage ce n’est pas la première fois en France et ce ne sera pas la dernière. Elle ne portait ni burka ni burkini ! Alors quoi ?

Il est vrai que Nice n’est pas n’importe quelle ville. Il est vrai aussi que l’ancien maire, Estrosi, a rallié la candidature de Sarkozy. Il est vrai encore que la police municipale niçoise ne fait qu’appliquer les consignes très larges données par les politiciens au pouvoir dans cette ville du sud. Quel est le but de ces initiatives scandaleuses et ubuesques ? Rassurer le bon peuple ? Faire plaisir aux Dupont La Joie toujours prompts à fondre sur les immigrés ? Soutenir la campagne de l’ex-président nouveau candidat adepte du gros rouge qui tache ? On se perd en conjectures.

23 août 2016

« Faitout pour la France » et rien pour les Français


Jospin aimait le football et Chirac les footballeurs. Sarkozy aime la France du moins l’assure-t-il mais il n’aime pas les Français. Son dernier livre est, dit-on, un ramassis de clichés, de répétitions, de propositions décomplexées mêlant des propositions-privilèges pour les riches et les patrons et la baisse des indemnités pour les chômeurs dont le sieur Wauquiez assure qu’ils sont des assistés. Évidemment, Sarkozy se pose en meilleur rempart contre le terrorisme lui qui n’est pas sorti grandi de l’affaire Merah qu’il a oubliée dans son bilan. D'ailleurs n'a-t-il pas présidé pendant cinq ans ?

Il faut être sacrément gonflé pour se présenter à nouveau à la présidentielle quand le bras de la justice s’étend sur de multiples affaires vous concernant. Alors qu’ils ont commenté abondamment le livre (?) de Nicolas Sarkozy, les journalistes ont, pour la majorité d’entre eux sauf ceux de Médiapart et de Libération, omis de rappeler la situation judiciaire de l’ancien président empêtré dans l’affaire Bygmalion, le financement libyen de sa dernière campagne, et bien d’autres qu’il serait fastidieux de citer en détail : Tapie-Lagarde par exemple. Un mien ami me propose de titrer ce billet à la façon « Canard enchaîné ». C’est ainsi qu’il propose le candidat « Faitout pour la France » eu égard au nombre élevé de casseroles qu’il va trimballer de ci de là au cours de la campagne à venir.

Ce qui caractérise Sarkozy c’est son culot. A la façon de Trump qui dit tout et son contraire, il vampirise de programme du FN dans tout ce qui touche à la nationalité, à l’immigration, à l’Islam, à la sécurité, au terrorisme. Avec Sarko pas d’attaques au couteau. Pas de camion fou. Pas de policiers assassinés ! Tolérance zéro et mise au placard ou en taule (comme on voudra) de tout suspect, de tout fiché, de tout ce qui s’oppose…autrement dit, Sarko-Erdogan. Il nous prend pour qui ?

Les Français, interrogés hier et aujourd’hui, ne sont ni dupes ni idiots. Ils savent ce que valent les promesses d’un Sarkozy. Ils sont donc 8 sur 10 à ne pas souhaiter la victoire de l’ex-président en 2017. Quelle claque. Autrement dit, si Sarko fait le bonheur du cœur de l’Ex-UMP, il n’imprime pas dans l’opinion. Ouf.




22 août 2016

Pourquoi je ne voterai pas pour Arnaud Montebourg


Arnaud Montebourg à l'Institut PMF.
« Le principal défaut de Ségolène, c’est son compagnon. » Cette déclaration d’Arnaud Montebourg au Grand Journal de Canal Plus valait évidemment déclaration de guerre avec François Hollande. Avocat brillant, orateur talentueux, Arnaud Montebourg s’est donc montré bien peu perspicace en soutenant François Hollande au second tour de la primaire socialiste en 2011. Alors qu’il savait parfaitement de quoi il retournait, il a préféré un plat de lentilles, autrement dit un poste ministériel avec Hollande, plutôt que d’apporter son soutien à Martine Aubry laquelle n’avait rien à vendre ni à échanger.

Sans Montebourg et ses 17 % de suffrages, Hollande n’aurait jamais gagné la primaire et partant la présidentielle. Voilà pourquoi je ne soutiendrai pas la candidature d’Arnaud Montebourg. Il a contribué, ô combien, à valider l’élection du président actuel même si, ensuite, il n’a eu de cesse de contester les choix du gouvernement et notamment la politique économique et sociale. Il faut croire que Montebourg se complaît dans le rôle de poil à gratter sans oublier les bons mots vachards…Il ne peut cependant pas s’exonérer de ses responsabilités.

La gauche, en l’état actuel de la situation, a perdu la présidentielle avant d’avoir concouru. Si, comme ils l’affirment mais cela peut changer d’ici janvier 2017, les Mélenchon, Duflot, Hamon, Montebourg…continuent sur leur lancée, il est évident qu’aucun candidat de gauche n’affrontera le second tour. Peut-être, est-ce au fond, un choix délibéré de la part de tous ces hommes et ces femmes politiques. Loin des réalités quotidiennes, loin des inquiétudes de tout un chacun, mais également loin, aussi, de proposer un projet nouveau pour la France et l’Europe, ceux qui nous gouvernent ou aspirent à gouverner à nouveau s’apprêtent à nous servir les mêmes sauces avec les mêmes ingrédients. Alors qui faudra-t-il soutenir pour empêcher le pire c’est à dire Sarkozy et Le Pen ? En l’état, j’attends de voir. Et les candidats définitifs et les programmes.