25 août 2012

Merah n'était pas un loup solitaire

Il me semble que les médias ont été un peu courts sur la dernière affaire Mohamed Merah. Le tueur de Montauban et de Toulouse, présenté comme « un loup solitaire » par Bernard Squarcini, ancien patron de la DCRI (direction du renseignement) est en réalité un djihadiste patenté et recensé comme tel par les services secrets français. Plusieurs organes d'information nous ont appris ces jours derniers, que Mohamed Merah, avant de tuer les militaires et les enfants juifs de l'école toulousaine, avait passé des semaines et des mois à voyager dans certains pays bien connus comme le Pakistan, l'Afghanistan, pays répuités pour former les militants et les terroristes appelés à frapper les infidèles.
Mieux même, il avait passé des centaines de coups de téléphone dans plusieurs dizaines de pays, le tout suivi avec scrupule par des agents français dont la conclusion était sans appel : Merah veut se faire discret et se livre à des activités dangereuses.
Dans ces conditions, comment expliquer que ce jeune islamiste extrémiste ait été laissé libre de ses mouvements et ait pu passer à l'acte sans qu'à aucun moment la police française n'intervienne ? On se souvient des déclarations de Sarkozy et ses sbires aux ordres lors de l'attaque des forces de l'ordre contre Mohamed Merah. Il n'y avait pas de mots assez durs contre l'assassin devenu un monstre aux yeux du pouvoir et des citoyens. Et, bien sûr, chaque responsable important minorait les renseignements et indications précieuses pourtant connus des responsables de la DCRI. Il y a donc eu pour le moins négligence voire pire. En acceptant de déclassifier certains documents, Manuel Valls aide à la manifestation de la vérité mais surtout, il permet aux familles d'interpeller l'ancien pouvoir exécutif (les Guéant et compagnie) et de leur demander des comptes. Mohamed Merah n'était pas le type isolé, teinté de folie. Il était aux ordres de penseurs totalitaires logés au Pakistan ou ailleurs, trop heureux d'utiliser et de manipuler ces jeunes Français d'origine algérienne par exemple, en mal de reconnaissance et victime d'un avenir bouché.
On attend avec impatience que les responsabilités soient précisées et que les coupables d'inertie soient sanctionnés.

22 août 2012

Gérard Depardieu : la meilleure défense c'est l'attaque

Quand Gérard Depardieu a une grosse envie lors du décollage d'un avion, il urine dans le couloir public. Quand il circule sur son scooter et qu'il a peur d'un automobiliste (imprudent ?) il lui donne un coup de poing. Quand il veut remercier quelqu'un qui l'a aidé à résoudre un problème financier important, il soutient Nicolas Sarkozy, candidat à la présidence de la République. Gérard Depardieu — c'est ce qui fait son charme — n'est pas un homme comme les autres. Il s'agit d'une vedette du grand écran et du petit aussi. Une vedette bénéficie d'égards que tout un chacun devrait respecter sauf à se faire apostropher voire cogner.
Franchement, Gérard Depardieu est (a été ?) un grand acteur. Nous nous souvenons tous de ses interprétations lumineuses, de son jeu direct, naturel, magnifique. Mais depuis que son ami Jean Carmet lui a mis le nez dans les vignes, Depardieu se prend pour un seigneur intouchable. Autrement dit il est odieux. mais comme la meilleure défense c'est l'attaque et que l'automobiliste qu'il a boxé a décidé de porter plainte contre l'acteur, ce dernier à son tour a porté plainte pour conduite dangereuse. Il est bien évident qu'il sera difficile de prouver cette conduite dangereuse mais le dépôt de plainte conjoint a pour objectif de faire peur au conducteur frappé et d'ouvrir une négociation amiable.
J'ignore comment cette histoire de corne-cul se terminera. Je ne veux pas de mal, en particulier, à Gérard Depardieu mais le passage à l'acte violent dénote chez l'acteur une propension à se faire justice lui-même ce que le code pénal réprouve. La loi doit être la même pour tous.

21 août 2012

Un viol est un viol

Même s'il retire in fine sa candidature au sénat américain, la déclaration du candidat républicain au sénat dans le Missouri n'est au fond rien d'autre que l'expression des ultra conservateurs américains. Avant de devoir présenter ses excuses et aussi « pardon », le candidat sénateur a tout bonnement affirmé qu'il était rare que les femmes «vraiment violées» tombent enceintes, leur corps développant des défenses interdisant toute grossesse. On aura tout entendu !
Au-delà de la stupidité de l'argument, au-delà de la négation même de toute notion scientifique objective, une affirmation pareille mérite qu'on s'y arrête un instant. Pourquoi ? Parce qu'elle exprime publiquement des sornettes datant du Moyen-âge bien avant en tout cas qu'on soit certain que la rencontre d"un ovule et d'un spermatozoïde aboutit à la formation d'un œuf quelles que soient les circonstances de cette rencontre.
Le candidat sénateur se réfère donc à des croyances négationnistes et je ne suis pas certain qu'il soit si esseulé que cela. Bien sûr, le candidat Républicain à la présidence des Etats-Unis Mitt Romney, s'est désolidarisé de cette affirmation et d'autres voix de ce parti de droite l'ont rejoint. Tout de même. En 2012 dans un pays démocratique évolué comptant les meilleures universités en tête du classement mondial des établissements d'enseignement supérieur, il est des hommes pour avancer pareille ineptie. Dans ce beau pays de France, à la droite de la droite, on pourrait entendre des hommes affirmant qu'un viol est un fait anodin, que la victime était forcément consentante…la conclusion, elle nous vient de Barack : « un viol est un viol. »

20 août 2012

De Vladimir Poutine à la situation en Syrie

La condamnation à deux ans de camp (quel pays que cette Russie !) pour profanation religieuse contre l'Orthodoxie des trois chanteuses et danseuses des Pussy Riot montre le vrai visage de Vladimir Poutine et de sa justice aux ordres. On croyait que Gorbatchev avait mis un terme aux agissements à la soviétique mais on se trompait. On ne gomme pas 70 ans de bolchévisme avec un Eltsine et surtout avec un président russe ancien chef du KGB.
Ce dictateur —puisqu'il faut appeler les choses par leur nom — est un tzar d'un genre ancien. Il utilise les procédés d'hommes réputés pour leur violence, leurs atteintes aux droits de l'homme, leur obsession de la lutte contre les libertés publiques et leur comportement autocratique.
Condamner trois jeunes femmes punk (dont deux jeunes mères de famille) pour une danse et un chant anti-Poutine montre bien que la démocratie et ses attributs ne règnent pas en Russie. Il faut absolument que les démocraties européennes s'élèvent (elles ont commencé à le faire) contre cette atteinte à la liberté d'expression. Il faut absolument faire savoir à Poutine qu'un état de droit ne condamne pas à l'enfermement pour un écart de conduite. Les Pussy Riot doivent être soutenues et encouragées.

"Il n'y a pas eu pendant tout le quinquennat de Nicolas Sarkozy d'émeutes urbaines", a assuré Brice Hortefeux, vendredi 17 août. Quel menteur ! On connaissait Hortefeux, on savait ses petits arrangements avec la vérité, notamment dans l'affaire Takiedine, mais on ne pensait pas qu'il irait jusque là dans son idolâtrie de Sarkozy. Le journal Le Monde se plaît à rappeler les nombreux et différents épisodes d'émeutes urbaines qui ont jalonné le quinquennat du président sortant.
Ne nous réjouissons pas pour autant trop rapidement. Les tristes événements d'Amiens nous rappellent que des cités recèlent des bandes et des coquins. Comment traiter ces problèmes de délinquance urbaine ? Par la force ? Le résultat est mauvais. Par le dialogue ? Il semble bien difficile à engager. Pourtant, c'est la seule voie possible. Il suffit de trouver les vecteurs aptes à favoriser, sans angélisme, un effort d'éducation et de civisme.

La droite — et elle n'est pas toute seule — reproche à François Hollande de ne pas renverser la table pour mettre en place les réformes promises pendant la campagne électorale. C'est tout juste si on ne l'accuse pas d'avoir pris deux semaines de vacances au fort de Brégançon ! Pour le président, l'année passée a été dure. Campagne interne, campagne réelle, campagne sur campagne puis élection, puis action. « La rentrée c'est maintenant » a déclaré François Hollande en descendant du TGV qui l'a conduit à Paris. La critique c'est tout le temps. Et c'est normal car les gens au pouvoir ont besoin de minorités agissantes pour ne pas dormir sur leurs lauriers.

Laurent Fabius à Rouen lors du meeting de François Hollande. (photo JCH)
Il en est un qui n'a pas pris de vacances. C'est Laurent Fabius. Le ministre des Affaires étrangères est très préoccupé par la situation au Mali et par la guerre civile larvée en Syrie. Le ministre n'y est pas allé par quatre chemins. Bachar El Assad doit être combattu et son régime abattu. J'entends d'ici les BHL, les va-t-en-guerre de la droite exigeant une intervention armée dans un pays soutenu par la Russie, la Chine, L'Iran…excusez du peu. Comparer la Syrie et la Libye c'est ne rien connaître à la situation au Moyen-Orient. C'est ne rien savoir des conséquences fâcheuses qui ont succédé à la disparition — sans regrets — de Mouamar Kadhafi. Les armes libyennes traînent au Mali, les terroristes d'AQMI se sont bien servis et la situation politique à Tripoli est inquiétante. C'est la force de Laurent Fabius que de réfléchir avant d'agir et de mesurer les conséquences de toutes les actions françaises.

19 août 2012

Victoire par KO de Gérard Filoche contre Guinot ! 14 à 0.


Communiqué de Démocratie et socialisme :
« La Cour d’appel a déclaré « irrecevable » la plainte attribuée au « CE » Guinot contre Gérard Filoche. L’inspecteur du travail, déjà relaxé en première instance le 12 octobre 2011 obtient complète satisfaction le 3 juillet 2012 après 8 ans de procédure acharnée : la plainte attribuée au « CE » Guinot est jugée « irrecevable » par la Cour d’appel du TGI de Paris.
En fait Gérard Filoche avait été poursuivi depuis 2004 par les patrons de Guinot parce que dans l’exercice de ses missions, il avait refusé par trois fois l’autorisation de licenciement d’une salariée protégée, déléguée CGT, de retour de congé maternité.
Ces patrons Guinot (condamnés à plusieurs reprises pour différents délits) avaient voulu, à la place de leur CE (instance bidon qui leur était acquise et ne fonctionnait pas, ne prenait pas d’heures de délégation, ne prenait pas de budget de fonctionnement, ne se réunissait pas, composée en fait d’un seul homme), poursuivre, Gérard Filoche pour « chantage envers le CE » (sic).
Puis, conseillés en décembre 2007 par le Directeur général du travail, le dénommé Jean-Denis Combrexelle (celui qui a commis la « recodification » du Code du travail pour le compte du Medef) et même, pendant un temps, (on se demande encore pourquoi) par le Parquet, le « chantage » a été remplacé par « entrave au CE ».(resic)
Pareille ineptie ne s’était jamais vue, depuis 1945, en 66 ans  : un inspecteur du travail qui a poussé à ce que le CE soit créé, élu, et fonctionne (sans l’intervention de Gérard Filoche en 2003 il n’y aurait même pas eu l’ombre d’un CE au siége de  Guinot), est accusé de « l’entraver » (sic).
Et au lieu de défendre son subordonné, le DGT, pour le compte direct des patrons Guinot, sans s’informer et sans même s’enquérir des faits auprès de l’inspecteur concerné,  a « chargé » l’inspecteur de façon violente et partiale dans une lettre accusatrice, juridiquement fausse à un niveau de mauvaise foi incroyable.
Et le Parquet (qui n’a jamais le temps de juger les procès-verbaux de l’inspection, trois sur quatre sont classés sans suite par la parquetière concernée), a trouvé le temps de poursuivre… non pas Guinot mais Gérard Filoche, par un « réquisitoire supplétif » (sic), pour un « délit d’entrave » malgré le fait que le juge d’instruction – après cinq heures d’interrogatoire le 7 mars 2007) y avait renoncé !
Et depuis 2004, la procédure est poursuivie, par les patrons Guinot avec le même avocat M° Varaut qui annonce à la presse que l’inspecteur du travail « va être moins fier que lorsqu’il s’en prend aux employeurs »… Pure visée politique  !
Quand l’avocat de Gérard Filoche, Me Tricaud, dépose des conclusions fin 2008, qui font remarquer aux patrons de Guinot que leur prétendu « CE » ne s’est jamais plaint lui-même, et que sa plainte est irrecevable, ils feignent d’organiser une réunion de celui-ci, tenez-vous bien, le 9 mars 2009, 5 ans après les faits, pour qu’il se porte lui-même partie civile. Mais même ça, ça ne réussit pas, car ils ne font pas de convocation, de compte-rendu de ladite réunion (il n’y en a jamais), et c’est cette plainte (que le Parquet ni le DGT n’avaient sans doute pas examinée ?) qui est finalement déclarée « irrecevable » le 3 juillet 2012.
Le même avocat du patron de 2004 à 2009 devenu avocat du CE de 2009 à 2012, est donc battu sur toute la ligne : car le jugement en 1ere instance relaxe Gérard Filoche de tout fait fautif, et le jugement en appel annule la procédure depuis 2009, laissant le DGT et le Parquet à leur honte de 2004 à 2012.

18 août 2012

Mariage homosexuel : Christine Boutin chantera le cantique des cantiques

J'ai écouté avec attention les arguments de Christine Boutin contre le mariage homosexuel. Qu'ils soient hommes ou qu'elles soient femmes, ce que demandent les homosexuels, c'est qu'on leur reconnaisse les mêmes droits que les hétérosexuels. Ce n'est pas très compliqué. Dans une société de progrès, tout ce qui concourt à favoriser la liberté de choix de vie, l'échange des sentiments, l'harmonie d'une famille, est bon à prendre.
Christine Boutin s'arcboute, comme elle le fit lors de l'adoption de la loi sur le PACS (pacte d'union civique) sur les positions de l'Eglise avec un grand E autrement dit sur des positions très rigoristes et très moralisatrices, datées, vieillies, formulées à une époque où on ne savait rien de l'homosexualité qu'on qualifiait alors de maladie. Pour justifier son refus du mariage homosexuel, l'ancienne députée affirme — et elle ne sera pas démentie — que pour faire un enfant il faut la rencontre d'une cellule masculine et d'une cellule féminine. Et alors ? Elle prétend que derrière le mariage homo se cache la demande d'adoption ? Et alors ? Elle assure que les enfants ont besoin d'une mère et d'un père ? Quand la société d'aujourd'hui est ce qu'elle est : naissances hors mariage, pacte civil, familles monoparentales nombreuses, familles recomposées, bébés éprouvettes, contraception, interruption de grossesse, se souvient-on de l'ancienne législation qui faisait de l'avortement un crime et la publicité pour le planning familial un délit ? Se souvient-on qu'il y a peu encore, les femmes françaises devaient avoir l'autorisation de leur mari pour ouvrir un compte bancaire ? Qu' a fait Christine Boutin pour faire évoluer les lois ? Qu'a-t-elle fait sinon lire le cantique des cantiques à la tribune de l'Assemblée nationale pour retarder l'adoption du PACS !
Les Boutin, Vaneste et bien d'autres encore, sont des gens du passé. Il est grave que des opinions rétrogrades, réactionnaires, qu'on doit respecter sur le plan individuel aient vocation à devenir l'intérêt général. François Hollande, parmi ses 60 propositions, a prévu d'autoriser le mariage des homosexuels et ainsi d'ouvrir l'adoption. Au-delà de la question morale qui n'a pas grand chose à voir là-dedans, ce sont des problèmes humains, juridiques, familiaux, qui vont se trouver résolus. La France, grande démocratie républicaine, s'honorerait à faire des homosexuels des hommes et des femmes comme les autres possédant les mêmes droits que les autres : aimer, se marier, adopter des enfants. Toutes les enquêtes sérieuses prouvent que les enfants de couples homosexuels connaissent le même développement que les autres. A quand le vote de la loi ?

5 août 2012

Mme Brigitte Barèges compense comme elle peut la perte de son indemnité parlementaire

Je lis que Mme Brigitte Barèges, ex-députée UMP, vaincue loirs des dernières élections législatives, s'est fait voter par son conseil municipal une augmentation de ses indemnités portées de 1400 à 3700 euros. Les conseillers et conseillères de sa majorité n'ont vu là que la simple récompense de l'engagement d'une élue dont l'ancienne indemnité parlementaire et l'indemnité pour frais de représentation atteignaient tout de même plus de 11 000 euros. Elle récupère de la main droite, une partie de ce qu'elle a perdu de la main…droite aussi pour continuer son action politique. je suis certain, en plus, qu'elle légitime cette augmentation de son indemnité, comme le déclarait un ancien maire de Louviers (de l'UMP ) qui, accusée de festoyer sur le compte de la ville, se justifiait en invoquant les nuits et les jours passés à défendre « les intérêts » des citoyens.
Mme Barèges n'est pas n'importe qui. Elle appartient à cette frange de l'UMP qui fricote habilement (?) avec le Front national. Durant la dernière campagne électorale, Mme Barèges, dans l'espoir sans doute de recueillir les suffrages des électeurs du FN au second tour, a publiquement souhaité la victoire de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont. Ils sont quelques-uns et quelques-unes à ne plus s'offusquer des propositions avancées par la présidente du Front national notamment les propositions anti-sociales telle que le priorité nationale anciennement préférence nationale. Ces député(e)s de l'UMP ont franchi le Rubicon depuis des mois déjà, voire des années, et ils et elles ont pour maître à penser le conseiller préféré de Nicolas Sarkozy, M. Patrick Buisson, dont Nathalie Kociusko-Morizet a dit : « Ce n'est pas la victoire de la droite qu'il souhaitait mais celle de Charles Maurras ».
Pour les jeunes générations, il n'est pas inutile de préciser quelques traits de la personnalité de Charles Maurras. Ce doctrinaire royaliste vantait un nationalisme intégral et un antisémitisme permanent. Soutien de Pétain et de « La Révolution nationale », Maurras sera exclu de l'Académie française après la Libération et frappé d'indignité nationale pour collaboration. Depuis 1952, date de sa mort, nombreux sont les intellectuels d'extrême droite, qui tentent de réhabiliter sa pensée et son action. Évidemment, ces gens-là sont antirévolutionnaires au sens des Lumières et des droits de l'Homme.

3 août 2012

Le procureur Courroye n'a aucune raison de se plaindre

Philippe Courroye est muté à Paris. (photo DR)
François Hollande a placé sa présidence sous un signe essentiel : la justice. Il ne faut donc pas s'étonner que Christiane Taubira, ministre de la Justice et garde des sceaux, ait demandé au Conseil supérieur de la magistrature d'adopter la mutation de Philippe Courroye, procureur général à la Cour de Versailles, procureur de Nanterre, comme procureur général à Paris. Cette mutation a été justifiée pour le bien du service suite aux divers comportements d'un procureur très lié au pouvoir sarkozyste et dont le nom apparaît dans plusieurs dossiers dont l'atteinte au secret des sources de journalistes du Monde et l'affaire Bettencourt dans laquelle les enquêtes préliminaires ont duré trop longtemps.
Une bonne administration de la justice nécessite incontestablement de la sérénité, l'absence d'éléments passionnels, d'engagement direct ou indirect en faveur de tel ou tel pouvoir politique. Ce n'était pas le cas de Philippe Courroye dont le conflit permanent avec Isabelle Prévost-Desprez, juge au tribunal de Nanterre, entraînait des suspicions ou des retards sur la conduite des actes de justice. Philippe Courroye, comme on pouvait le prévoir, évoque une sanction plutôt qu'une mutation. Pourtant, l'homme est suffisamment rompu aux affaires et assez rusé pour savoir que cette défense ne tient pas, du moins auprès de l'opinion publique. Philippe Courroye a fait le pari de la réélection de Nicolas Sarkozy dont il est l'ami — ce qui n'est pas interdit — et doit donc en assumer toutes les conséquences dans la mesure où son protecteur a été battu par le suffrage universel et dans la mesure également où le nouveau pouvoir doit, autant que possible, éviter l'incursion de la politique dans le monde judiciaire.
Une question se pose ? La mutation — à grade et salaire égaux — du procureur Courroye est-elle juste ? Elle l'est assurément si l'on considère que la politique pénale de ce gouvernement devra être mis en musique sans interventions individuelles par les procureurs pas encore indépendants. Christiane Taubira a d'ores et déjà assuré qu'elle ne donnerait aucune consigne pour traiter les dossiers personnalisés. L'arrivée de M. Courroye à Paris — on a connu pire mutation comme celle de ce conseiller de cabinet exilé en Guyane — ne gêne en rien l'évolution de sa carrière. D'ailleurs le CSM a donné un avis favorable à la mutation de M. Courroye pour que la justice de Nanterre soit rendue sans trouble…

2 août 2012

Les artisans fraudeurs coûtent dix milliards d'euros à l'Etat

Une enquête conduite par les inspecteurs des fraudes sur 4 000 entreprises (excepté le BTP) artisanales amène à considérer que 7 % des chefs d'entreprises fraudent les organismes sociaux. Cela représente un manque à gagner de quelque dix milliards d'euros par an qui ne tombent pas dans l'escarcelle de l'Etat ou des caisses des régimes sociaux. Parmi ces entreprises, il apparaît que l'hôtellerie-restauration est le secteur qui emploie le plus grand nombre de personnes non déclarées. Et pourtant, c'est ce secteur qui a bénéficié d'un taux réduit de TVA soit trois milliards d'euros par année non perçus par l'Etat !
On sait maintenant que les promesses faites par les professionnels de ce secteur étaient des promesses en l'air et que Nicolas Sarkozy a tout simplement voulu s'attirer le vote de professionnels qui, à tort ou à raison, sont majoritairement considérés comme votant à droite ou à l'extrême droite. François Hollande a demandé une étude exhaustive sur ce sujet et s'il est prouvé que les hôteliers-restaurateurs n'ont pas baissé leurs prix ni embauché les dizaines de milliers de salariés promis, il proposera au Parlement de revenir à un taux de TVA plus conforme à la réalité économique même si ce taux n'atteint pas le taux maximum.
Si j'évoque ces fraudes c'est parce que la campagne électorale présidentielle a été polluée par les soi-disant escroqueries des chômeurs et des titulaires du RSA ! On se souvient que Nicolas Sarkozy et ses copains Wauquiez et Bertrand, ont mis en cause l'honnêteté de certains des bénéficiaires de prestations sociales visant à faire d'eux, dans le meilleur des cas, des assistés et dans la pire des situations, des parasites.
Il est bien que les services des impôts s'occupent des fraudeurs de toutes sortes et de tout acabit.

1 août 2012

A quand le judo pour tous à l'école primaire ?

Bernard Amsalem, chef de la délégation française à Londres
Les jeux olympiques sont l'occasion, pour de nombreux téléspectateurs de découvrir des sports qu'ils connaissent mal ou pas du tout. Il est ainsi du judo. Cet art martial est, avant d'être un sport, un art. Autrement dit, il exige de la part de ses pratiquants le respect de certaines règles, une conduite sportive impeccable et un sens de l'adversaire que seuls les Japonais sont capables d'inventer. Question d'histoire et de culture.
A Louviers, le club de judo a été créé par Claude Vial, docteur en médecine, dans les années soixante et mon père, ceinture noire et enseignant, lui a succédé auprès des jeunes générations. Aujourd'hui le judo est un sport de masse et Gérard Holtz, le journaliste de France 2 qui exaspère le plus le public, se demande s'il ne faudrait pas rendre obligatoire la pratique du judo à l'école.
S'il est vrai que ce sport nécessite à la fois des qualités physiques et des atouts moraux indéniables, le judo se pratique dans des conditions matérielles particulières. Il faut une salle vaste (un dojo) un tatami spécial afin d'amortir les chutes, des professeurs compétents tels que peut l'être Patrick Freschi qui, à Louviers, a formé bien des judokas de tous âges.
Le sport à l'école est le parent pauvre du système éducatif. Bernard Amsalem, président de la fédération française d'athlétisme, membre du comité national olympique, chef de la délégation française à Londres, a écrit des pages et des pages sur ce qu'il faudrait faire, en France, pour donner au sport en général et à l'éducation physique en particulier, leurs lettres de noblesse. Une politique comme celle-là devrait faire appel à des structures spécialisées sous l'égide de l'Etat avec l'aide et le soutien logistique des collectivités locales. En matière d'investissements, les Régions, les Départements, les Agglomérations — c'est le cas chez nous — mettent la main à la poche pour que des équipements modernes, ouverts, aptes à la pratique du sport de compétition et du sport de loisirs, éclosent ici et là. La halle d'athlétisme de Val-de-Reuil, le stade du Havre, la grande salle de sports de Rouen, autant d'équipements régionaux et nationaux financés majoritairement par les collectivités locales. Il reviendrait à l'état de mettre à disposition les éducateurs et de prévoir des heures dans les programmes scolaires. Il ne faut pas que le sport ne serve qu'à flatter les egos chauvins et nationalistes.