25 juillet 2009

Les médecins de ville se préparent à affronter la grippe A(H1N1)

J'ai rencontré, ce matin sur le marché de Louviers, un ami médecin. En évoquant la situation globale, il n'a pas manqué de me faire part des réunions médicales consacrées à l'avancée de la grippe A (H1N1) et des différentes dispositions prises pour affronter au mieux l'épidémie dont on dit qu'elle pourrait survenir dès les mois de septembre-octobre.
Parmi ces dispositions retenons qu'il appartient aux différents cabinets médicaux du secteur privé de mettre en place des conditions matérielles optima de manière à éviter la contagion. « Nous réserverons des plages horaires quotidiennes pour recevoir les personnes suspectées d'être victimes du virus. Le secrétariat tiendra à disposition des patients des masques et nous nous arrangerons pour que les sièges disposés dans la salle d'attente permettent un éloignement entre chacun d'entre eux. Les autorités préconisent 80 centimètres entre chaque siège. »
Côté vaccins, il est patent que les personnels de soins seront les premiers à en bénéficier ainsi que tous les agents de l'administration qui assurent la permanence des services publics : hôpitaux, ambulanciers, policiers, gendarmes, pompiers, employés communaux, postiers, EDF-GDF, agents de l'Etat…ainsi que les jeunes n'ayant, selon toute probabilité, jamais été au contact d'un virus grippal. Les personnes à risques : malades chroniques, diabétiques, cardiaques, personnes âgées, seront également prioritaires. « On nous dit que le vaccin de Glaxo sera prêt avant celui de Sanofi-Pasteur qui sera disponible en novembre. Leur mode de production n'étant pas le même. »
Les symptômes de la grippe, quelle qu'elle soit, sont toujours les mêmes : forte fièvre, toux, courbatures, nécessitant un alitement de deux ou trois jours. Si vous toussez aujourd'hui, pensez d'abord à un rhume ordinaire. Et même si vous avez la grippe, ne paniquez pas. Le paracétamol marche très bien. En attendant pensez à vous laver les mains très souvent, ne portez pas vos doigts à votre bouche, évitez les bises inutiles et ne serrez pas la main à n'importe qui. Un programme trop contraignant pour moi.

Pour en savoir plus : Pour toute information depuis la France : le numéro 0.825.302.302 mis en place par les autorités sanitaires permettra de vous apporter des informations (0,15 €/min depuis un poste fixe en France, service ouvert du lundi au samedi (hors jours fériés), de 9h à 19h.

Conseillers territoriaux : Nicolas Sarkozy propose une élection à un tour

En 2014, si les projets du président de la République sont adoptés par le Parlement, les conseillers généraux et régionaux auront disparu. Ils auront été remplacés par des conseillers territoriaux rassemblant les compétences des ex-élus des collectivités territoriales élus selon un mode de scrutin redoutable pour l'opposition.
Nicolas Sarkozy propose, tout simplement, que les ces élus soient désignés en un seul tour, au scrutin proportionnel dans les zones urbaines et au scrutin majoritaire dans les zones rurales. Les experts de l'UMP-NC ont étudié de près les résultats des élections européennes et se sont bien rendus compte que l'UMP-NC ne possède pas de réserves de voix pour un éventuel second tour.
En l'occurrence, cette élection à un tour serait catastrophique pour l'opposition et la Gauche, surtout, qui se présente sous de multiples facettes. Au cas où la Gauche ne parviendrait pas à s'unir dès le premier tour, il est évident que les candidat de droite UMP-NC auraient toutes les chances d'arriver en tête et d'emporter le morceau. Le fait de différencier le scrutin dans les zones urbaines et rurales amplifierait le mouvement compte tenu de la sociologie et de la démographie. Les cantons ruraux sont majoritairement de droite.
Faut-il s'étonner ? Sur un plan strictement moral, sûrement. Mais la politique et la morale ne s'accordent pas toujours et le président de la République n'aura aucun scrupule à laminer la Gauche si l'occasion lui en est offerte. 2014 ce n'est pas demain. C'est après-demain. Tout de même, les responsables des partis de Gauche devraient s'interroger sérieusement sur ce qui se trame au plus haut niveau de l'Etat et en tirer les conclusions avant qu'il ne soit trop tard. La Maison commune de Martine Aubry a fait un bide. Espérons que la raison commune ne fera pas un flop.

Cent CRS surveillent Sanofi-Pasteur

La mairie de Val-de-Reuil communique : « Les mesures de protection applicables au site rolivalois de Sanofi-Pasteur depuis le 22 juillet 2009 sont normales pour un site pharmaceutique stratégique, première unité industrielle de production de vaccins au monde.
Ce sont celles qui figurent au plan de sécurité, conçu par l'État et annoncé à la ville, à la veille de la précédente menace de crise sanitaire (grippe aviaire). La ville a reçu confirmation de l'activation de la première étape de ce dispositif (présence de 100 CRS) par Mme la Préfète de l'Eure, le 20 juillet, qui l'en avait averti au printemps. »

Cela veut tout simplement dire que le site de Sanofi-Pasteur va faire l'objet d'une surveillance constante de la part des forces de l'ordre afin d'éviter tout mouvement de panique de la part de la population quand elle sera — si elle l'est — victime de la pandémie de grippe A.

24 juillet 2009

Reste…Fabius : lu sur le blog de Bernard G

Lu sur le blog de Bernard G (http://bernardg.blogspot.com/) : « Dans ce jeu de quilles qu'est devenu le PS où les uns derrière les autres, tous ses leaders s'effondrent, qui reste ? Martine Aubry devrait être pour longtemps plombée par la défaite des européennes, celle à venir des régionales, les dissensions internes qu'elle n'arrive pas à régler. Dominique Strauss-Khan est trop occupé à New-York, les enjeux sont trop élevés pour qu'il se risque à perdre un poste qui fait de lui l'une des premières puissances financières mondiales dans un combat incertain. Les quadras et quinquas, Vals, Moscovici et autres Peillon n'ont, et c'est un euphémisme, convaincu personne. Ségolène Royal a suscité trop d'opposition pour pouvoir vraiment remonter en selle. Delanoë semble manquer d'épaisseur.

Reste… Fabius.
Il pourrait très bien être le recours d'un parti qui s'enfonce chaque jour un peu plus dans la crise et qui, sous couvert de travailler, est devenu tout simplement inaudible. Lui seul peut proposer aux socialistes une chance de ne pas perdre forcément la prochaine élection présidentielle. Il a la stature et l'étoffe d'un homme d'Etat, la crise du sang contaminé a montré ses qualités. Il a l'intelligence, la culture et la subtilité que l'on attend d'un Président. Il a des réseaux solides, anciens et puissants dans le milieu des affaires. Nul ne doute de son talent. Son passage à Matignon et ses positions électorales en Normandie lui donnent une incontestable légitimité. Il n'a pas de casseroles et n'a jamais été soupçonné du moindre détournement de fonds.
Ses quelques faiblesses ne devraient plus en être dans quelques mois lorsqu'il s'agira de choisir :
— son allure de grand-bourgeois élégant, un peu distant ? Cela se soigne,
— son opposition à la constitution européenne ? elle pourrait être oubliée. Après tout l'anti-européen Bové et le très européen Cohn-Bendit ont réussi à faire campagne ensemble,
— la méfiance des socialistes (il n'est pas le plus aimé au sein du parti)? Elle pourrait être corrigée s'il demandait à ses troupes de faire profil bas.
— son opportunisme (comme sa proposition d'un Smic à 1000€) ? Nous savons tous qu'il vaut mieux que cela.

Resterait à trouver un programme. Ségolène Royal et Daniel Cohn-Bendit lui ont ouvert le chemin. Il suffirait qu'il prenne chez l'une et chez l'autre, qu'il y ajoute une pointe de social façon Terra Nova. Son talent devrait lui permettre de construire une offre capable de séduire les électeurs, depuis ceux du Modem jusqu'à ceux qui se souviendront, à la gauche de la gauche, qu'il avait appelé à voter contre la constitution européenne. »

J'aime assez le contenu et le ton de ce texte. La conclusion de Bernard G ne me convient pas. Laurent Fabius n'a nul besoin d'emprunter à Ségolène Royal ou Dany Cohn-Bendit. Il pourrait retenir l'idée de Christophe Barbier ou en tout cas la suggérer à Martine Aubry : 100 jours, 100 idées, 100 propositions et un projet présidentiel en devenir. Pour cela, il suffit de motiver les socialistes et de leur proposer un horizon. Et un présidentiable.

L'enquête préliminaire sur les comptes de M. Dray démontre qu'il avait de gros besoins

L'enquête préliminaire consacrée aux « arrangements » financiers de M. Julien Dray, député de l'Essonne, et rendue publique sur les sites du Monde et de Médiapart (1) sont terribles. Terribles pour M. Dray lui-même et terribles pour l'image du Parti socialiste.
Julien Dray aura beau déclarer à tout bout de champ « qu'il justifiera toutes les sommes versées sur ses comptes et toutes ses dépenses au centime près » il faudra bien qu'il explique les cheminements tortueux des sommes provenant de comptes associatifs tels que SOS racisme ou Les parrains de SOS racisme et l'usage qu'il en fit. Le train de vie de M. Dray, amoureux des belles montres et des stylos Montblanc, n'est pas un train de vie ordinaire. Il s'agit d'un d'un train de vie TGV (très grande valeur) qui s'accorde mal avec l'idée qu'on se fait d'un élu de Gauche normalement sensible à la valeur de l'argent plus qu'à l'accumulation de richesses.

Terribles pour l'image du Parti socialiste. M. Dray a été proche de Ségolène Royal — ce qu'apparemment il regrette — il a aussi été porte-parole du PS (avec un succès mitigé) souvent brocardé au Grand journal de Canal Plus et dans la presse quotidienne. Il est toujours député et ne se prive pas, comme il l'a fait ces derniers jours, pour balancer dans les cordes une Martine Aubry fragilisée voire friable qui n'a pas besoin de coups de pied de l'âne. A travers les frasques de M. Dray, c'est tout le PS qui est atteint, du sommet à la base. Comment défendre de tels comportements même si un auteur de commentaire m'a fait remarquer que la présomption d'innocence devait jouer en faveur de M. Dray. Le contenu de l'enquête préliminaire (qui exclut tout financement politique) porte à croire que M. Dray n'a pas les mains tout à fait propres et que, sauf attitude contraire du parquet et classement sans suite, il pourrait bien avoir à en répondre devant un tribunal correctionnel. De 2005 à 2008, deux millions d'euros ont transité sur les comptes de M. Dray. Une somme coquette pour de gros besoins. Et une grosse faim.
(1) http://www.lemonde.fr/ - et http://www.mediapart.fr/

23 juillet 2009

Travail du dimanche, un pas de plus vers la déréglementation

En adoptant de façon conforme le texte de l'Assemblée nationale sur le travail dominical, le Sénat vient de rendre officielle l'adoption d'une nouvelle déréglementation du droit du travail. Il s'agit d'une aggravation manifeste de la situation des salariés dans la mesure où ce qui était exceptionnel et donnait lieu à un traitement compensatoire, en salaire et en jours de récupération, pourra devenir normal et ne justifiera aucun traitement supplémentaire dans certains cas. Ainsi, l'égalité de traitement des personnes, selon qu'elles seront employées dans ces lieux dits « périmètres d'usage de consommation exceptionnel » (PUCE) à Paris, Lille et Marseille, ou dans des lieux simplement « touristiques », ne sera pas respectée. Il s'agit bien d'une rupture manifestement au seul profit des employeurs.
De plus, la différence de caractérisation des lieux d'exercice reste fragile. Paris est un PUCE, mais aussi une importante zone touristique... La conséquence prévisible est simple : au fur et à mesure des envies de faire du chiffre d'affaires ou des besoins de se battre contre la concurrence, il y aura de plus en plus de zones sans avantages pour les salariés.
Sans profit réel pour l’emploi ou la croissance, cette mesure porte atteinte, en revanche, à la vie sociale et familiale des salariés. Travailler plus pour gagner plus, disait-il ? C'était une illusion, et aujourd'hui, c'est clairement un mensonge.
(communiqué de la Ligue des droits de l'homme)

Les députés du goupe socialiste se fâchent : « maintenant, ça suffit ! »

Le groupe socialiste de l'Assemblée nationale a publié le communiqué suivant : « Le travail du dimanche, la loi Hadopi, le délit de solidarité, la privatisation de la poste, les fermetures d’usines qui s’enchaînent, l’éducation nationale paupérisée, le droit à la santé bafoué, les libertés menacées les unes après les autres…Le groupe des députés socialistes est de tous les combats. L’adversaire est de taille. Il maîtrise toutes les communications. Il passe en force sur tous les dossiers, il méprise les droits fondamentaux. Il n’est pas une annonce présidentielle, il n’est pas un projet de loi qui n’ait reçu son alternative de la part des députes socialistes. Le travail accompli est considérable.

Non les députés socialistes ne se trompent ni de combat, ni d’adversaire. Non ! le groupe des députés socialistes ne cautionnera pas dans son camps l’hallali du matin et les torpillages du soir contre notre Parti. Non le groupe des députés socialistes n’accepte pas les « bourreaux des pleurs », ceux qui font du suicide collectif leur prière de tous les jours.

Maintenant ça suffit ! Chacun est libre de son expression, de son ambition, de l’épanouissement de son talent. Mais pas sur le dos de ses propres amis, pas sur le dos de nos concitoyens qui doivent pouvoir adhérer à un véritable changement de politique. Nous avons le devoir d’être sincèrement et collectivement au rendez-vous de leurs espérances. Chacun doit se souvenir qu’il doit son élection à la confiance des militants du Parti socialiste et de ses électeurs. Halte au feu ! Notre combat collectif mérite mieux que les extravagances et le manque de sang-froid. Notre combat doit être mené à gauche avec fierté, la tête haute et en dehors des cimetières. Les Français peuvent compter sur les députés socialistes. »

(photo de Manuel Valls l'un des dirigeants les plus critiques)

22 juillet 2009

Deux professionnels sur trois ne répercutent pas la baisse de la TVA sur la restauration

Christine Lagarde est en colère. Est-ce feint ? Est-ce sincère ? La ministre de l'économie n'accepte pas que deux restaurateurs sur trois aient (pour l'instant) refusé de répercuter dans leurs prix la baisse de la TVA de 19,6 % à 5,5 %. Il fallait s'y attendre. Malgré les belles promesses des syndicats de la profession qui allaient embaucher, diminuer les prix, investir, on s'aperçoit que cette baisse sert, surtout, à augmenter les marges. Cette tromperie choque la ministre qui cherche une parade pour obliger les professionnels de la restauration à respecter leurs engagements. Mais cette parade ne va pas être simple à mettre en œuvre. On parle de contrôles…
Dans cette affaire de TVA, la Gauche avait annoncé la couleur. Connaissant les tendances majoritaires des professionnels, elle avait souhaité un cadre strict, réglementé, contraignant pour que la baisse de la TVA profite aussi aux consommateurs. La Droite a crié à la bureaucratie et à l'excès d'administration. On voit le résultat. Mais au fond, je pense que M. Sarkozy savait ce qui allait arriver. Il soigne un électorat qui lui était pourtant déjà acquis. Où est le bénéfice ? Dans la poche des professionnels de la restauration…

21 juillet 2009

Philippe Dereuder succède à Jacques Falguières à la tête de la Scène nationale

« Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication, Michel Champredon, maire d'Evreux et Franck Martin, maire de Louviers, en accord avec le conseil général de l'Eure et le conseil régional Haute-Normandie, ont validé la proposition de nommer Philippe Dereuder à la direction de la scène nationale d'Evreux-Louviers, faite par le jury qui s'est réuni le 1er juillet 2009.
Après un parcours professionnel en Nord-Pas-de-Calais, notamment à la tête du printemps culturel du Valenciennois, Philippe Dereuder a dirigé La Faïencerie à Creil dont il a fait l'une des premières Scènes conventionnées pour le théâtre et la danse contemporaine. A Cahors, qu'il a rejoint en 2005, il a également obtenu pour Dionysos le statut de scène conventionnée autour d'un projet de coopération internationale. »
Paris le 21 juillet 2009
(photo La Dépêche)

HADOPI 2 joue la montre…jusqu'en septembre

Frédéric Mitterrand n'aura pas eu plus de chance que Christine Albanel. L'examen de la loi HADOPI 2 sur le téléchargement illégal qui devait être votée ce matin par l'Assemblée nationale est reporté au mois de septembre. L'absence d'une majorité de députés UMP-NC a interdit que les amendements présentés par le PS soient examinés…et il y en avait quelques centaines.
Le Président de la République avait rendu Christine Albanel responsable du fiasco législatif de cette fameuse loi censurée par le Conseil constitutionnel et qui, dans sa seconde version, ne présente toujours pas d'intérêt. Comme, in fine, ce sont les juges judiciaires qui devront estimer et infliger les peines aux téléchargeurs illégaux, on ne voit plus très bien quel sera le rôle de cette nouvelle instance. Peut-être cette nouvelle haute autorité permettra-t-elle de recaser des battus du suffrage universel ou de caser des copains ?
Une fois encore, on peut dire merci au groupe socialiste de l'Assemblée nationale qui aura réussi, par deux fois, à empêcher un vote bâclé et donc l'approbation d'un texte très discutable.