21 mars 2009

Les socialistes en ordre de marche pour les élections européennes

Yves Léonard, premier secrétaire fédéral et Estelle Grellier, seconde sur la liste socialiste pour les prochaines élections européennes dans la région Nord-Ouest. (photo JCH)
La convention nationale du Parti socialiste qui a eu lieu ce samedi à Paris, a approuvé à l'unanimité (moins cinq abstentions) la totalité des listes socialistes candidates aux prochaines élections européennes. Un changement à la marge s'est produit sur la liste du grand centre même si Henri Weber conserve la tête de la liste adoptée par 10 départements sur 13.
Martine Aubry, première secrétaire, a donc réussi son premier pari : mettre le PS en ordre de marche avec deux objectifs : participer à une éventuelle majorité de gauche au Parlement européen sur la base du Manifesto approuvé à Madrid, contester la politique du gouvernement Sarkozy qui revendique une politique libérale, destructrice des emplois, à l'origine de la crise financière et sociale qui frappe les salariés français de plein fouet.
Martine Aubry a également bien compris que les Français avaient d'autres idées en tête, actuellement, que celle d'envoyer tel ou telle siéger à Strasbourg. A deux mois et demi du scrutin, les électeurs français sont préoccupés par des problèmes plus concrets : conserver son emploi, boucler les fins de mois, assurer l'avenir de ses enfants. Et Nicolas Sarkozy a beau marteler qu'il n'a pas été élu pour « augmenter les impôts », il faudra tout de même qu'il nous dise comment vont être financés les déficits abyssaux des budgets de l'Etat et de la sécurité sociale. Il ne m'étonnerait pas qu'il transférât, une fois encore, des charges aux collectivités locales qui, elles, devront augmenter leurs impôts…ce serait à la fois malhonnête et machiavélique.
En attendant, Estelle Grellier (1) seconde sur la liste socialiste du Nord-Ouest, était présente dans l'Eure, cette semaine, pour rencontrer les membres de la convention fédérale du PS animée par Yves Léonard, premier secrétaire. Elle a été à l'écoute des militants et annoncé que le dernier meeting de la campagne pour les européennes aurait lieu à Rouen à quelques jours du scrutin fixé le 7 juin. J'aurai évidemment l'occasion de revenir sur les thèmes avancés par le PS au cours des prochaines semaines.
(1) Agée de 35 ans, Estelle GRELIER est, depuis 2001, Première Adjointe au Maire de Fécamp en charge du Développement Durable et Présidente de la Communauté de Communes de Fécamp. Elle est actuellement deuxième Vice-Présidente de la Région Haute-Normandie, en charge de l’Enseignement.
http://estellegrelier.typepad.fr/

Les quatre élus de Gauche du conseil municipal s'opposeront à l'augmentation des impôts

Les quatre conseillers municipaux de l'opposition de Gauche, Christian Renoncourt et Michel Doucet (PS) Claudine Dutheuil-Batard (PC) et Sophie Ozanne (NPA) ont donné une conférence de presse ce samedi pour faire connaître publiquement leur position à l'égard des propositions budgétaires (du moins celles qui ont été rendues publiques) de la municipalité lovérienne.
Ils ont rappelé que la majorité municipale actuelle s'est fait élire sur la base d'un contrat moral passé avec la population : « dire ce qu'on fait faire ce que l'on dit » et que dans ce contrat, toute augmentation du taux des taxes était bannie. Depuis l'élection, le maire a donc changé de discours.
Prenant prétexte de la crise et profitant de l'effet d'aubaine que procurent les lendemains d'élection, il a annoncé une augmentation des impôts locaux malgré le constat dressé par lui-même des difficultés accrues des ménages lovériens ! Les quatre élus de Gauche s'opposent de toutes leurs forces et de toute leur conviction à cette augmentation des impôts à la fois injustifiée et évitable (1). Christian Renoncourt n'a eu aucune peine à démontrer que certaines augmentations (personnel, inflation etc…) n'étaient pas du tout justifiées par la crise mais par des phénomènes mécaniques annuels. Michel Doucet, spécialiste des finances locales constate même que le taux d'intérêt de l'Euribor (qui sert de base au calcul des annuités des emprunts à taux variable) était passé en quelques semaines de 5 % à 1,90 % réduisant d'autant le remboursement communal.
Compte tenu des maigres informations distillées par la majorité municipale qui, visiblement, est sur la défensive pour annoncer la vraie couleur et la douloureuse, les quatre élus de Gauche ne sont pas rentrés dans les détails. Ils réservent leurs observations pour le 30 mars prochain. D'ailleurs le document dit « débat d'orientations budgétaires » est une somme de platitudes et de généralités sans beaucoup d'intérêt. La municipalité a dû faire de nombreux efforts pour « envelopper » ses intentions dans un épais brouillard qui n'est, finalement, que la résultante météorologique de la tactique conduite depuis des semaines : en dire le moins possible. Mais c'est déjà trop puisque notre expert, Michel Doucet, sait lire dans le marc de café et surtout, entre les lignes. Il fera des propositions chiffrées et précises permettant de ne pas augmenter les impôts sans diminuer la qualité des services publics apportés à la population. Nous dirons, par exemple, pourquoi supprimer les postes d'ATSEM dans les écoles maternelles accueillant les enfants de 2 ans est une grave erreur sociale.

(1) Nous invitons tous les Lovériens intéressés par les affaires municipales à être présents, dès 18 heures, le 30 mars prochain, au rassemblement que nous organisons (PS-PC-NPA) dans la cour de l'Hôtel de ville pour dire non aux augmentations d'impôts.
(2) Le maire a osé nous insulter en nous traitant de « poujadistes ». L'encyclopédie Wikipédia définit ainsi l'idéologie du poujadisme : « Le poujadisme peut être considéré comme une des dernières expressions d'un mouvement de révolte des classes moyennes. On compte parmi les députés poujadistes des bouchers, des boulangers, des épiciers, des libraires. Les méthodes musclées sont monnaie courante durant les manifestations poujadistes. Le mouvement dispose d'un service d'ordre qui n'hésite pas à faire le coup de poing. Jean-Marie Le Pen, député poujadiste après les élections législatives de janvier 1956, s'inscrit dans cette lignée. Il a intégré dans l'idéologie de son Front national à la fois la protestation contre les élus, les partis dominants, l'État prévaricateur, les parlementaires corrompus et l'affirmation d'une identité française contre tout ce qui la menacerait : l'immigration, l'Europe, le fisc. En 1958, le parti gaulliste lamine ce qu'il reste du groupe des députés poujadistes. Seuls deux députés seront réélus, dont Jean-Marie Le Pen. »
Cette comparaison est donc à la fois idiote, blessante et totalement à côté de la plaque. Nous la mettons sur le compte d'une certaine amertume et aussi d'une certaine propension à l'insolence à l'égard de tous ceux et celles qui ne pensent pas comme le maire.

20 mars 2009

Le président s'obstine, il ne veut pas toucher au bouclier fiscal

Après l'immense succès de la manifestation nationale du 19 mars (notre photo pris à Evreux) Nicolas Sarkozy et son premier ministre font ceux qui n'ont rien vu ni entendu. Ils comprennent la souffrance des chômeurs et l'inquiétude des familles mais ils n'en tirent aucune conclusion positive dans le sens d'un meilleur pouvoir d'achat et d'une plus grande protection des salariés.
Face au déferlement de plans sociaux qui atteignent des multitudes de secteurs de l'activité, les prévisions déjà pessimistes du gouvernement vont se trouver totalement dépassées en fin d'année. Qu'il s'agisse des chiffres du chômage, du déficit budgétaire, de la récession du PIB, des impôts qui ne doivent pas augmenter puisque le président s'est faire élire là-dessus, on peut assurer que tout l'échafaudage va s'effondrer.
Alors quoi faire ? Il est bien évident que les solutions ne sont pas seulement franco-françaises. Il faudra attendre le G20 de Londres pour apercevoir un début de concertation mondiale et européenne. Mais en attendant qui empêche Sarkozy et les députés UMP de revenir sur le bouclier fiscal ? Qui les empêche de retrouver 15 milliards d'euros, une somme bien utile pour soutenir la recherche, la formation, l'investissement public ? Ce qui les en empêche : leur idéologie et leur logique ultra-libérale. Les Français(e)s qui sont descendu(e)s dans la rue, hier, tenaient à faire savoir en haut lieu que la grève, l'occupation des usines, les manifestations ne sont pas une partie de plaisir mais une nécessité collective. La balle demeure dans le camp des syndicats et des partis politiques de Gauche appelés à prendre le relais de la contestation.

28 et 29 mars 14e Foire aux livres au lycée Marc Bloch organisée par le groupe Amnesty International

Lors d'une campagne de signatures à la mairie de Val-de-Reuil par le groupe local 176 d'Amnesty International. (photo JCH)
Depuis quatorze ans grâce au soutien apporté par la médiathèque Boris Vian de Louviers, le groupe local d’Amnesty International collecte les livres dont vous voulez vous séparer.
C’est ainsi que près de 10 000 ouvrages (romans, policiers, livres pour enfants, géographie, histoire etc.) seront mis en vente à bas prix (de 1 à 4 euros le plus souvent). Quant aux collectionneurs, ils trouveront un rayon livres anciens.
Que vous soyez un habitué de cette manifestation ou un nouveau venu, vous trouverez de quoi satisfaire vos envies de lecture et de découverte. Vous aiderez notre association, Prix Nobel de la Paix, à poursuivre son travail de défense des Droits de l’Homme, en toute indépendance et impartialité.
Dates et horaires : samedi 28 mars de 14 à 18 heures, dimanche 29 mars de 10 à 18 heures. Rendez-vous au lycée Marc Bloch de Val-de-Reuil. (entrée libre)
Pour tout renseignement complémentaire, vous pouvez appeler le 02 32 50 25 78 ( secrétaire du groupe Annick Quéré)

19 mars 2009

20 000 manifestants dans les rues d'Evreux

Hubert Zoutu, Leslie Cléret et Richard Jacquet vont porter haut la banderole socialiste. (photo JCH)
Ce fut une grande, une belle, une roborative manifestation populaire. 15 000, 20 000 personnes peut-être, ont déambulé dans les rues d'Evreux pour protester contre la politique du gouvernement sur l'emploi, le pouvoir d'achat, les services publics. Tous les syndicats étaient représentés, tous les partis politiques de Gauche aussi. Le Parti socialiste que j'ai la faiblesse et le plaisir de soutenir, était là en force avec élus, Yves Léonard, premier secrétaire fédéral, militants, tous unis derrière la banderole de la fédération de l'Eure.
Contrairement à l'habitude, le cortège a débuté ses pérégrinations en passant devant la préfecture avec retour dans le centre-ville sans qu'il y ait le moindre incident. José Alcala avait sa caméra à la main comme tous les journalistes du département invités à cette grande fête populaire et printanière. Les « Glaxo » ouvraient le ruban multicolore, oriflammes et drapeaux brandis bien haut. Le privé et le public unis dans un même mouvement ont envoyé un signal d'alerte à Nicolas Sarkozy et François Fillon. Et je sais qu'Evreux n'a pas été une exception aujourd'hui.

La compagnie du deuxième souffle au Moulin les 28 et 29 mars

Le samedi 28 mars à 20 h 30 et le dimanche 29 mars à 15 heures, au Moulin, rue des Anciens combattants en Afrique du Nord, la Compagnie théâtrale du deuxième souffle jouera « nous ignorions que la mort pouvait être aussi belle » d'après la supplication de Svetlana Alexievitch (éditions JC Lattès). Cette adaptation dramatique a été réalisée par Jean-Claude Mary et Jean-Pierre Vernizeau qui en assurera la mise en scène.
« Ce texte devait être au départ une lecture publique de la Supplication. Cette lecture devait même servir de support à un débat sur les risques du nucléaire. » Le potentiel théâtral du texte est apparu…Léna est une des voix des suppliciés, une femme banale traversée par l'histoire. »
Svetlana Alexievitch a recuilli la parole des survivants du drame de Tchernobyl et leur a permis de raconter ce qu'ils ont vu et les sentiments qu'ils ont ressentis. Chaque témoignage est une leçon de dignité et de force morale. Avec Maud Delescluse, Claude Desnoyers, Jean-Pierre Vernizeau et Fabienne Videcoq.
Compagnie du 2e souffle : l.endehors@wanadoo.fr
Le spectacle sera suivi d'un débat avec l'association « Sortir du nucléaire ».

Budget 20009 : elle est où la démocratie participative ?

Le maire de Louviers annonce la fin du festival du dessin d'humour et de presse dont il avait délégué la gestion à l'association Portemine, présidée par son premier adjoint, Roland Liénard. Ce festival annuel coûtait 60 000 euros au budget communal et commençait sérieusement à s'essoufler. S'il y avait des économies à faire, c'était bien dans ce domaine qu'il fallait sabrer. On peut donc considérer comme une bonne nouvelle la fin de cette animation qui, d'ailleurs, ne correspondait plus vraiment au projet d'origine. Au fil du temps, l'état d'esprit du festival avait évolué. On retrouvait, chaque année, les mêmes (ou quasiment les mêmes) signatures et donc les mêmes traits. La dernière campagne électorale, où le dessin d'humour avait occupé une place non négligeable, n'avait pas eu l'heur de plaire à nos édiles. Il est vrai qu'il est plus facile de rire aux dépens des autres que de se moquer de soi-même…

Tout cela pour dire que l'augmentation des taux des taxes préoccupe sérieusement le maire puisqu'il retarde au maximum l'annonce publique du pourcentage d'augmentation qu'il va imposer aux Lovériens. Jour après jour, il finasse, joue les matois, pour empêcher (ou tenter d'empêcher) l'opposition de communiquer avant la date fatidique du 30 mars, jour du vote du budget auquel nous convions le maximum d'habitants.
Les documents budgétaires ne seront distribués aux conseillers municipaux qu'après la réunion du conseil consacrée au débat d'orientations…budgétaires qui a lieu le 23 mars à 18 h 30. C'est ridicule. Et mesquin. Puisque l'augmentation des impôts est programmée, décidée, pourquoi ne pas dire franchement et honnêtement à quoi vont devoir faire face les contribuables ? Elle est où la démocratie participative ? Elle est où l'information ? Qu'on affronte 5, 7 ou 9 % d'augmentation des impôts, de toute façon, c'est injuste, inapproprié…le maire dit vouloir faire appel à l'intelligence des Lovériens. Alors, qu'il organise une réunion publique et associe tous les Lovériens aux choix budgétaires pour connaître leur opinion ? Alors, qu'il n'écrive pas que nous rejetons l'école de musique, la villa Calderon, la Maison de l'emploi…ce que nous rejetons, ce sont des procédés, des moyens, l'opportunité, pas la finalité des projets.

Comment peut-on être, par exemple, contre une école de musique ? Ne peut-on, pourtant, être dubitatif face au projet actuel du maire (5 millions d'euros !) avec une rénovation en centre-ville, sans parkings, sans accès facile, sans possibilité d'extension ? Ne valait-il pas mieux chercher à construire une école de musique intercommunale avec Pont-de-l'Arche et Val-de-Reuil ? Rappelons-nous l'affaire du commissariat de police : l'absence de travail concerté, de réponse municipale adaptée, a conduit l'Etat à abandonner Louviers au bénéfice de Val-de-Reuil. Ce fut la sanction d'un laisser aller coupable. Quoiqu'on fasse, il faut payer la note !

18 mars 2009

Tous au grand « meetinge » d'Evreux ce jeudi 19 mars

La grande manifestation organisée par les forces syndicales et soutenue par la Gauche a lieu ce jeudi 19 mars. Le rendez-vous départemental est fixé à 14 heures à Evreux, devant la salle omnisport. Je souhaite que Michel Champredon, maire, invite sa police municipale à faire preuve de mansuétude à l'égard des automobilistes qui se gareraient, disons, de manière quelque peu improvisée. S'ils ne créent pas de danger, s'ils ne gênent personne, peut-on exceptionnellement admettre que l'objectif poursuivi est une belle cause qui mérite la clémence ? (1)
Le 29 janvier, nous étions 15 000 dans les rues d'Evreux, il sera difficile de faire mieux mais faisons au moins aussi bien. Depuis le mois de janvier la situation sociale et celle de l'emploi ne vont pas mieux. Les 800 suppressions de postes annoncées chez Glaxo en ont glacé plus d'un, ces suppressions venant s'ajouter à celles déplorées dans de multiples entreprises de l'Eure.
Il faut adresser un nouveau message de défiance au gouvernement qui, par la voix de François Fillon, a d'ores et déjà annoncé qu'il n'y aurait pas plus de grain à moudre. S'il avait voulu mettre la France dans la rue, il ne s'y serait pas pris autrement.

(1) Le 29 janvier dernier j'ai « chopé une prune » pour un stationnement « limite » sur délation d'un riverain spécialisé dans les appels à la police municipale. Dix minutes après mon départ pour la manifestation, les policiers m'ont verbalisé.

Impôts locaux : tout doux avant le scrutin, à fond la caisse après…

La lecture régulière du Canard enchaîné est un pur bonheur. Ceux qui ne peuvent l'acheter le trouveront à la Médiathèque de Louviers où il est consultable gratuitement. Cette semaine, le Canard nous apprend que les impôts locaux, selon les prévisions du ministère de l'Intérieur, vont augmenter pour deux raisons : primo parce que les bases locatives vont croître du taux décidé par le Parlement, secundo parce que les maires vont profiter de la crise et de l'année post-électorale pour matraquer le contribuable.
A Louviers, nous sommes exactement dans ce cas de figure. Avant et pendant la campagne électorale, le maire a juré ses grands Dieux que les taux des taxes n'augmenteraient pas. Il l'a même répété au cours d'une séance de conseil municipal assez récente mais il a aussitôt oublié qu'il avait dit ce qu'il avait dit. Et comme par hasard, l'année 2009 (qui succède à 2008, cela ne vous aura pas échappé) la municipalité va augmenter les taux des taxes sous les prétextes maintenant bien connus et largement expliqués dans le dernier bulletin municipal transformé, pour l'occasion, en outil d'auto-justification…avant l'autopunition.
On lira avec attention et amusement le tableau publié par Le Canard enchaîné. La légende est un article à elle toute seule. Bonne lecture et bon rire. Même jaune.

« Le CAC 40 s’est transformé en COUAC 40 » par Reynald Harlaut

Liberté, égalité, fraternité : c’est la devise de la République et les trois mots qui s’inscrivent au fronton de nos mairies ou, plutôt, qui s’y inscrivaient. Car aujourd’hui, combien de mairies dans nos cantons, parmi celles récemment construites, réaménagées ou agrandies portent-elles encore sur leur façade ces trois mots qui contribuèrent largement à faire de la France, avant bien d’autres, le pays des « droits de l’homme et du citoyen » ? Pourquoi cet oubli ?

A l’époque toute récente de l’économie néolibérale toute puissante, de la mondialisation inéluctable, du CAC 40 flamboyant, d’un président de la République allant d’une soirée au Fouquet’s à un séjour sur le yacht de Bolloré, Rolex bien visible au poignet, il paraissait évident pour beaucoup qu’elle fût archaïque, comme ils se plaisaient à le répéter. Cette devise, à l’heure du bling-bling, de la réussite individuelle, du chacun pour soi et de l’argent roi, vite pris, vite gagné, aussi vite dépensé, c’était d’une ringardise ! Pour un peu, on en aurait eu honte tant sa désuétude semblait affligeante. L’enseignait-on encore aux enfants des écoles ? N’avait-on rien d’autre à leur apprendre qui ne leur fut bien plus utile dans le monde d’aujourd’hui ? C’était faribole à remiser au grenier de l’histoire avec le communisme, le socialisme, l’instituteur hussard de la République et la Princesse de Clèves. L’instituteur – pardon, le professeur des écoles – il ne vaudrait jamais le curé, disait-il !

Mais le vent a tourné. Le CAC 40 s’est transformé en COUAC 40. Rendez-vous compte : les plus riches familles de France comme les Mulliez propriétaires des supermarchés Auchan, par exemple, ont semble t-il perdu un tiers de leur immense fortune ! Et on voudrait leur faire payer plus d’impôts ! Dans quel monde serions-nous alors si on écoutait des ultra-gauchistes comme Pierre Méhaignerie ?

En vérité, je vous le dis, comme disait l’autre, un sacré révolutionnaire qu’il a fallu stopper net et mettre dans les clous, cette devise admirable que nous ont laissée nos ancêtres sans-culottes il y a deux cents ans, au sortir de siècles et de siècles d’asservissement à l’aristocratie et au clergé, elle est brûlante d’actualité. Comme l’a remarquablement dit en substance le syndicaliste allemand Fritz Schmalzbauer (responsable de Die Linke en Bavière) le samedi 31 janvier 2009 au congrès constituant du Parti de Gauche à Limeil-Brévannes : « Ne vous posez pas de questions inutiles, ne cherchez pas midi à quatorze heures, votre programme vous l’avez, il est là, il figure en trois mots et en toutes lettres au fronton de vos mairie : Liberté, Égalité, Fraternité ; il suffit de le faire appliquer ».
Reynald Harlaut