Je ne souhaitais pas, ce jour, ajouter de nouvel article à mon blog. La manifestation des Tyco devait tenir la vedette jusqu'à demain. Mais je viens de lire le récit de l'interpellation au saut du lit de Vittorio de Filippis, ancien PDG de Libération, avec menottes et garde à vue, pour une affaire de diffamation présumée et je peux m'empêcher de réagir aussitôt.
La juge Muriel José, vice-présidente du TGI de Paris a fait donner policiers et gendarmes dans une interpellation jamais vue de mémoire d'avocat, parce que M. Vittorio de Filippis était « injoignable » alors que l'adresse du journal Libération et des avocats qui le défendent figurent au dossier. On assiste là à un excès de Zèle qui ne présage rien de bon pour les journalistes qui ne se tiendraient pas à carreau. Ce métier consiste, justement, à ne pas se tenir à carreau. La loi sur la liberté de la presse et ses limites existe. Moi-même je suis passé devant le tribunal correctionnel d'Evreux pour une affaire de diffamation m'opposant à un adjoint de l'ancien maire de Louviers, Odile Proust. Les textes sont très précis et les peines infligées ne sont heureusement que des amendes. Alors, pourquoi cet acharnement bizarre à l'égard de M. de Filippis. Laurent Joffrin, la société des rédacteurs, la société des lecteurs de Libération ont émis des protestations véhémentes. Me Lévy, l'avocat du journal, étudie le dosssier de très près. Si la procédure n'a pas été régulière, il traduira la juge d'instruction devant la chambre d'instruction de la cour d'appel de Paris.
29 novembre 2008
Les licenciements chez Tyco : 1000 manifestants dans les rues de Louviers



Le conflit social chez Tyco international (à Val-de-Reuil) qui risque de se solder par 260 licenciements a connu un moment important aujourd'hui. 1000 manifestants, à l'appel unitaire des syndicats, se sont rassemblés à Louviers, sur la Place du Parvis, pour entamer un défilé sur les boulevards et dans les rues du centre-ville. Les responsables syndicaux, en tête du cortège, ont fait du bruit et on a senti la poudre très pacifiquement s'entend. Sifflets, marche au tambour, banderoles, drapeaux et oriflammes ont apporté une touche de couleur bienvenue en cette journée qui a bénéficié de quelques rayons de soleil.
C'était bien les seuls dans la mesure où les cœurs étaient lourds face à l'imminence des annonces dramatiques pour les futurs licenciés et leurs familles. Les salariés ont vu le renfort de plusieurs élus (notre photo centrale) tels que François Loncle, député, Jean-Louis Destans, président du conseil général, Janick Lesœur-léger, conseillère générale de Val-de-Reuil, Gaétan Levitre, conseiller général de Pont-de-l'Arche, Marc-Antoine Jamet, maire de Val-de-Reuil, Richard Jacquet, maire de Pont-de-l'Arche, Hubert Zoutu, maire d'Heudebouville et de nombreux conseillers municipaux des communes de l'agglomération Seine-Eure.
Les partis politiques étaient également bien représentés : Parti socialiste, Parti communiste, Nouveau parti anticapitaliste. La section de Louviers du PS avait délégué Christian Renoncourt, secrétaire de section, François Charmot, Claude Morel, Jean-Pierre et Mireille Baldino et moi-même.
Débutée à 14 heures, la manifestation a pris fin vers 16 h 30 sans aucun incident.
En prison dès 12 ans ? Pourquoi pas 10 ou 8 ou 6 ?
Le 15 avril dernier, la ministre de la Justice, Rachida Dati avait mis en place un groupe de travail, chargé de faire des propositions pour réformer l'ordonnance du 2 février 1945 sur la justice des mineurs. Le rapport propose de fixer l'âge de responsabilité pénale à 12 ans. L'âge légal d'un placement en détention provisoire pour un crime était cependant fixé à 13 ans. Il passerait donc à 12 ans. Parallèlement, l'âge de la majorité pénale serait abaissé de 18 à 16 ans.
Un juge unique serait nommé pour juger les délinquants susceptibles d'encourir des peines inférieures à cinq ans d'emprisonnement. Le rapport présente 70 propositions, parmi lesquelles une « diversification des réponses » à la délinquance juvénile : placement sous surveillance électronique, confiscation de biens, travaux d'intérêt général, suivi éducatif en milieu ouvert... Les mesures éducatives ne relèveraient plus des juges, mais des conseils généraux. La commission se prononce également pour des incarcérations de mineurs en fin de semaine, « pendant quatre week-ends successifs » au maximum.
Selon l'Union syndicale des magistrats (USM), « le rapport n'est pas en conformité avec un certain nombre d'accords internationaux des droits de l'enfant ». Le Syndicat de la magistrature estime « qu'on est dans une politique du tout pénal ». Le principal syndicat d'éducateurs judiciaires, le SNPES-PJJ, a annoncé le dépôt d'un préavis de grève pour mercredi.
Rachida Dati et Nicolas Sarkozy, fidèles à leur ligne de conduite, souhaitent que les juges condamnent avec une sévérité accrue et cela, de plus en plus tôt. On se souvient du débat qui avait opposé le (alors) candidat à la Présidence de la République et le philosophe Michel Onfray sur le déterminisme « délinquant » décelable dès la crêche ou dès l'apprentissage en école maternelle. En quelque sorte, le futur délinquant d'un homme serait inscrit dans son profil génétique…Tous les biologistes et les pédopsychiatres dignes de ce nom et nombre de Français avaient protesté contre cette vision erronée de la vie et de l'homme. Aucun déterminisme social et biologique n'existe. Ce serait refuser cette part de liberté et de choix que la civilisation offre à tout individu éduqué. C'est accepter une forme de fatalisme qui remet en cause l'article 1 de la Déclaration des droits de l'homme de 1789 : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. »
Pascal Nicollier, avocat à Vevey fait de cet article 1 l'analyse suivante :
« L’article 1er est directement issu de l’Etat de nature, il s’agit du principe de l’égalité. Les hommes naissent égaux, mais ils le demeurent aussi : c’est un droit inaliénable et imprescriptible. Ce principe a une connotation politique car il marque clairement la fin de l’Ancien Régime, mais il représente aussi un principe général du droit. L’Egalité est le fer de lance de toute la Déclaration: elle se retrouve dans la plupart des idées philosophiques qui ont donné naissance à ce texte, soit la liberté politique, la séparation des pouvoirs, la liberté de commerce et d’industrie, l’abolition des privilèges, ainsi que de nombreux autres droits fondamentaux. Ce principe apparaît plus ou moins dans la plupart des articles suivants de la Déclaration: égalité devant la loi (art. 6), devant la justice (art. 7 à 9), devant l’impôt (art. 13).
Toutefois, des distinctions sociales peuvent être faites en fonction de “l’utilité commune”. Ce n’est plus la naissance qui fait le rang social, mais la formation. On conçoit qu’il est préférable de laisser le pouvoir entre les mains de personnes cultivées et formées à cet effet. C’est une conception qui va dans le sens des idées de Voltaire sur le “pouvoir éclairé”. »
Un juge unique serait nommé pour juger les délinquants susceptibles d'encourir des peines inférieures à cinq ans d'emprisonnement. Le rapport présente 70 propositions, parmi lesquelles une « diversification des réponses » à la délinquance juvénile : placement sous surveillance électronique, confiscation de biens, travaux d'intérêt général, suivi éducatif en milieu ouvert... Les mesures éducatives ne relèveraient plus des juges, mais des conseils généraux. La commission se prononce également pour des incarcérations de mineurs en fin de semaine, « pendant quatre week-ends successifs » au maximum.
Selon l'Union syndicale des magistrats (USM), « le rapport n'est pas en conformité avec un certain nombre d'accords internationaux des droits de l'enfant ». Le Syndicat de la magistrature estime « qu'on est dans une politique du tout pénal ». Le principal syndicat d'éducateurs judiciaires, le SNPES-PJJ, a annoncé le dépôt d'un préavis de grève pour mercredi.
Rachida Dati et Nicolas Sarkozy, fidèles à leur ligne de conduite, souhaitent que les juges condamnent avec une sévérité accrue et cela, de plus en plus tôt. On se souvient du débat qui avait opposé le (alors) candidat à la Présidence de la République et le philosophe Michel Onfray sur le déterminisme « délinquant » décelable dès la crêche ou dès l'apprentissage en école maternelle. En quelque sorte, le futur délinquant d'un homme serait inscrit dans son profil génétique…Tous les biologistes et les pédopsychiatres dignes de ce nom et nombre de Français avaient protesté contre cette vision erronée de la vie et de l'homme. Aucun déterminisme social et biologique n'existe. Ce serait refuser cette part de liberté et de choix que la civilisation offre à tout individu éduqué. C'est accepter une forme de fatalisme qui remet en cause l'article 1 de la Déclaration des droits de l'homme de 1789 : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. »
Pascal Nicollier, avocat à Vevey fait de cet article 1 l'analyse suivante :
« L’article 1er est directement issu de l’Etat de nature, il s’agit du principe de l’égalité. Les hommes naissent égaux, mais ils le demeurent aussi : c’est un droit inaliénable et imprescriptible. Ce principe a une connotation politique car il marque clairement la fin de l’Ancien Régime, mais il représente aussi un principe général du droit. L’Egalité est le fer de lance de toute la Déclaration: elle se retrouve dans la plupart des idées philosophiques qui ont donné naissance à ce texte, soit la liberté politique, la séparation des pouvoirs, la liberté de commerce et d’industrie, l’abolition des privilèges, ainsi que de nombreux autres droits fondamentaux. Ce principe apparaît plus ou moins dans la plupart des articles suivants de la Déclaration: égalité devant la loi (art. 6), devant la justice (art. 7 à 9), devant l’impôt (art. 13).
Toutefois, des distinctions sociales peuvent être faites en fonction de “l’utilité commune”. Ce n’est plus la naissance qui fait le rang social, mais la formation. On conçoit qu’il est préférable de laisser le pouvoir entre les mains de personnes cultivées et formées à cet effet. C’est une conception qui va dans le sens des idées de Voltaire sur le “pouvoir éclairé”. »
Pascal Nicollier Avocat au barreau, Lic. en droits suisse et européen (Fribourg), LL.M. (Heidelberg)
http://www.liberte.ch/
Le financement des écoles privées et publiques à parité
Manifestation à Evreux pour défendre l'école et les enseignants. (photo JCH)Cela fait quatre années que les parlementaires socialistes et quelques autres demandent l'abrogation d'un article de la loi du 13 août 2004 créant l'obligation pour les communes de financer la scolarité de leurs élèves de résidence fréquentant les écoles privées dans d'autres communes et cela sans aucune condition.
Jean Glavany, secrétaire national du PS chargé de la laïcité, rappelle que cet article a créé une inégalité flagrante et choquante entre l'enseignement privé et public au détriment de celui-ci pour lequel un tel financement est soumis à cadre excessivement rigoureux. Depuis août 2004, et à de nombreuses reprises, la Droite et les gouvernements en place ont rejeté les propositions législatives des socialistes. Mais une décision de justice crée une situation nouvelle montrant que l'interprétation des députés PS était la bonne.
En réponse à une question d'actualité, Mme Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, vient de se ranger à l'avis de la gauche : l'article 89 sera abrogé et le strict principe de parité public/privé sera rétabli par une proposition de loi sénatoriale à laquelle le gouvernement vient de donner son accord.
Jean Glavany se félicite que quatre années de combat soient couronnées de succès et il précise dans un communiqué : « Les socialistes et tous les laïcs, tout en restant vigilants sur le contenu de la proposition de loi, ne peuvent que se réjouir pour l'enseignement public. »
Je publie ce texte pour démontrer que le travail parlementaire quotidien a une très grande influence sur la société. Ces quatre années de lutte de la part des députés socialistes et de Jean Glavany, en particulier, montrent tout simplement qu'une opposition résolue et constructive peut faire reculer le gouvernement. Quand la justice s'en mêle, c'est évidemment plus simple puisque la décision des juges s'applique à tous.
Jean Glavany, secrétaire national du PS chargé de la laïcité, rappelle que cet article a créé une inégalité flagrante et choquante entre l'enseignement privé et public au détriment de celui-ci pour lequel un tel financement est soumis à cadre excessivement rigoureux. Depuis août 2004, et à de nombreuses reprises, la Droite et les gouvernements en place ont rejeté les propositions législatives des socialistes. Mais une décision de justice crée une situation nouvelle montrant que l'interprétation des députés PS était la bonne.
En réponse à une question d'actualité, Mme Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, vient de se ranger à l'avis de la gauche : l'article 89 sera abrogé et le strict principe de parité public/privé sera rétabli par une proposition de loi sénatoriale à laquelle le gouvernement vient de donner son accord.
Jean Glavany se félicite que quatre années de combat soient couronnées de succès et il précise dans un communiqué : « Les socialistes et tous les laïcs, tout en restant vigilants sur le contenu de la proposition de loi, ne peuvent que se réjouir pour l'enseignement public. »
Je publie ce texte pour démontrer que le travail parlementaire quotidien a une très grande influence sur la société. Ces quatre années de lutte de la part des députés socialistes et de Jean Glavany, en particulier, montrent tout simplement qu'une opposition résolue et constructive peut faire reculer le gouvernement. Quand la justice s'en mêle, c'est évidemment plus simple puisque la décision des juges s'applique à tous.
Le compte de campagne municipal validé par la commission nationale
Christian Renoncourt, tête de la liste « Pour louviers gagnons ensemble » (près de 20 % des suffrages au second tour et trois élus) fait savoir à l'ensemble des candidats de la liste que la Commission nationale des comptes de campagne a validé le compte présenté par Christian Renoncourt et son mandataire financier. Il s'écoulera sans doute quelques semaines avant que la préfecture de l'Eure mandate les sommes remboursables.
28 novembre 2008
Travailler le dimanche ? Une triple erreur économique, sociale et sociétale
Le gouvernement a beau jeu de prétendre s'en tenir à des cas géographiquement ciblés (comme à Paris, notre photo JCH). Le risque de généralisation est flagrant. Christian Eckert, député socialiste de Meurthe-et-Moselle est intervenu à l'Assemblée nationale pour dénoncer la triple erreur de ce qui est vendu comme une panacée à la crise économique. Le député PS considère qu'il s'agit d'une erreur économique tout d'abord : « Ouvrir les commerces le dimanche ne relancera pas le pouvoir d'achat et la consommation. On voit mal les salariés dépenser le dimanche l'argent qui leur manque pendant la semaine pour satisfaire même à leurs besoins de première nécessité. La coût des salaires dominicaux provoquera une nouvelle hausse des prix déjà en fort augmentation. Les distributeurs en profiteront pour fixer des marges plus importantes. »
Il s'agirait d'une erreur sociale ensuite : la remise en cause du repos dominical est combattue par les partenaires sociaux. Il s'agit d'un nouveau coup dur porté aux commerces de proximité. Mettre en avant le volontariat du personnel méconnait l'inégalité de la relation employeur/salarié accrue en cette période de hausse du chômage.
Il s'agirait d'une erreur sociétale enfin: La course effrénée à la consommation contredit le mouvement vers une consommation raisonnée sous-jacente au Grenelle de l'environnement. Proposer comme réponse aux salaires trop bas de ne plus prendre de RTT, de devoir faire des heures supplémentaires, de passer son dimanche à pousser le caddie en famille, c'est faire un choix de vie que je n'accepte pas surtout lorsque les inégalités et les écarts de revenu progressent comme jamais…
…les victimes seront principalement les femmes, les travailleurs à temps partiel, celles et ceux dont la précarité les conduira à accepter les pires conditions de travail. Ce qu'il faut ce n'est pas travailler plus pour gagner plus c'est travailler moins pour vivre mieux ou travailler mieux pour vivre mieux. »
Les Ségolénistes adoubent Martine Aubry
Martine Aubry a réussi dès le vote sur les motions le rassemblement de différents courants : Laurent Fabius (notre photo à Reims) les Strauss-Khaniens, Arnaud Montebourg etc. (photo JCH)Lorsque j'ai fait campagne pour Martine Aubry dans différentes sections, j'ai insisté sur deux points : Martine Aubry est capable de réaliser le rassemblement des socialistes (à l'époque, elle avait déjà réuni Fabius, Cambadélis, Montebourg, etc.) et elle procédera au changement et au renouvellement tant souhaités par la grande majorité des militants.
On apprend aujourd'hui, par la bouche de Manuel Valls qui n'était pas tendre avec les amis de Martine Aubry et la candidate elle-même que « l'équipe de Ségolène Royal veut faire pleinement partie de la direction du Parti Socialiste…Nous sommes totalement disponibles pour prendre toute notre place au sein du Parti socialiste. ».
On apprend aujourd'hui, par la bouche de Manuel Valls qui n'était pas tendre avec les amis de Martine Aubry et la candidate elle-même que « l'équipe de Ségolène Royal veut faire pleinement partie de la direction du Parti Socialiste…Nous sommes totalement disponibles pour prendre toute notre place au sein du Parti socialiste. ».
Il a même précisé qu'il s'exprimait « au nom de toute l'équipe » de Mme Royal, en citant notamment Vincent Peillon, François Rebsamen et le maire de Lyon Gérard Collomb : « Il faut tourner la page du Congrès de Reims et des étapes difficiles et douloureuses qui ont suivi » .
Les amis de Ségolène Royal, que ce soit par tactique ou avec sincérité, ont compris que la poursuite d'un duel interne était mortel pour l'un et l'autre camps. Vincent Peillon a dû peser lourd dans le choix de l'équipe Royal et c'est lui qui, le premier, a rendu publique une attitude plus raisonnable. Il est vrai que les militants de gauche et les Français n'auraient pas pardonné au PS la poursuite d'une querelle de chefs alors même que Martine Aubry a tendu la main à tous et toutes.Quelle leçon pour les « de quoi j'me mêle » qui, bien que n'étant pas adhérents du Parti socialiste aimeraient y faire la loi alors qu'ils ne parviennent pas à la faire chez eux.
Manifestation samedi 29 novembre à 14 heures sur le parvis de l'église de Louviers
Les syndicats CFTC, CFE-CGC, CFDT, FO et CGT de l'entreprise TYCO ELECTRONICS de Val-de-Reuil appellent à une manifestation de grande ampleur, ce samedi à 14 heures, à Louviers. Le rendez-vous est fixé sur le Parvis de l'église Notre-Dame. Dans un tract distribué dans la région, ils écrivent :
« TYCO ELECTRONICS » N°1 Mondial réalise 13,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires dont 6 millions d’Euros de bénéfices pour la France et décide de fermer plusieurs sites en France et de licencier ses 259 Salariés du Val de Reuil (520 en France) .
TYCO ELECTRONICS c’est aussi 300 sous-traitants qui doivent faire face à cette réalité et de nombreux commerces qui vont pâtir de cette fermeture.
Qui doit payer la note ?
Le 29 novembre, venez dire non aux fermetures d'entreprises qui réalisent d'importants bénéfices. Pour nos emplois, pour nous familles et pour l'avenir de nos enfants : DEPART DE L’EGLISE DE LOUVIERS A 14 Heures. SOYEZ SOLIDAIRES »
www.ce-tycoelectronics-vdr.fr
Toujours plus de signatures contre la vidéosurveillance dans les quartiers
Notre visite hebdomadaire dans le quartier de Maison Rouge, mercredi, nous a permis de récolter 26 signatures supplémentaires qui s'ajoutent aux centaines déjà recueillies au cours des semaines passées. Le collectif (LCR, PS, PS…) est dynamique et actif. Michel Doucet (PS) et Sophie Ozanne, (A Gauche vraiment) conseillers municipaux d'opposition, sont également à nos côtés pour aller à la rencontre des habitants souvent satisfaits de notre visite.C'est évidemment une occasion pour discuter de la vidéosurveillance et de ses défauts mais pas seulement. Personnellement, j'ai rencontré des locataires très heureux de vivre dans leur quartier (où la tranquillité est la dominante majeure) et très intéressés à son avenir collectif . Ils souhaitent mieux connaître les projets municipaux liés à la rénovation urbaine, s'interrogent sur le planning de travaux, se demandent ce que vont devenir les habitants des logements détruits et quel type de commerces vont s'installer dans le quartier. « On se demande aussi, m'a déclaré une habitante de l'immeuble « les Hortensias » si les crédits consacrés à cette opération seront vraiment déboqués. L'Etat n'a pas d'argent et la ville est mal. » On aura rapidement des réponses à ces questions puisque des actions sont programmées sur l'année 2009.
Dépassant le cadre lovérien, une autre habitante m'a demandé ce que je pensais de la situation au Parti socialiste et comment ses responsables allaient faire pour changer l'image d'un parti qui, médiatiquement, a été « éreinté » ces dernières semaines. La réponse ? Elle tient en un nom : Aubry. Martine Aubry réunit le conseil national le 6 décembre. C'est ce jour-là qu'on connaîtra les noms de l'équipe appelée à agir. On verra quelles leçons La nouvelle Première secrétaire a retenues du vote récent et comment elle envisage son action de principale opposante au gouvernement Fillon et à Nicolas Sarkozy, président-chef d'orchestre qui n'a pas hésité à contredire son « collaborateur » devant le congrès des maires. Je pense qu'on ne sera pas déçu. Et puis, Vincent Peillon et « Mémé » Guérini, deux importants soutiens de Ségolène Royal ont insisté sur la nécessité pour le PS de ne pas faire d'obsession sur la présidentielle de 2012. Ils travailleront au rassemblement.
La municipalité de Louviers n'applique toujours pas à la lettre les textes qui encadrent la vidéosurveillance. On ne connait ni le nom ni le numéro de téléphone des policiers appelés à contrôler les images enregistrées. (photo JCH)
27 novembre 2008
Quand le socialisme est soluble dans le présidentialisme
« La crise majeure qui affecte le Parti socialiste est le résultat de plusieurs renoncements depuis 2002 au moins : refus d’analyser les causes de l’élimination au deuxième tour de la présidentielle de cette année-là, notamment de la perte des couches populaires au profit de la droite et de l’extrême-droite; désertion du terrain des idées donc des valeurs ; installation dans un système de notables nourri au lait du cumul des mandats et des pouvoirs locaux ; paralysie sur la question européenne. Mais il y a une cause organique à tout cela : c’est l’identification non assumée au présidentialisme de la V° République. La transformation du parti en écurie présidentielle a ruiné toute tentative de rénovation et a ramené la dernière en date, celle de Ségolène Royal, à une entreprise suicidaire.
La candidature de celle-ci est survenue dans un contexte où l’appareil du parti s’employait à réduire autant que possible le nombre de challengers. Au printemps 2006, François Hollande faisait adopter par le Conseil national une nouvelle règle : l’obligation d’un parrainage de trente membres de celui-ci pour prétendre à une déclaration de candidature. Arnaud Montebourg comme Jack Lang furent ainsi éliminés en silence. Le même Conseil instaurait le régime des adhérents à 20 euros qui devait devenir un sujet de discorde et de suspicion jusque dans les plus petites sections. Le Premier secrétaire n’était pas pour autant candidat pour des raisons demeurées obscures et en dépit de la logique du système. L’organisation de primaires fermées mais fortement médiatisées permettait du coup à l’outsider qu’était Royal d’incarner l’espoir d’un changement aussi bien dans le parti qu’au sommet de l’Etat. Les 60% de suffrages recueillis en témoignèrent. Elle reprit opportunément à son compte, plus durant la campagne interne d’investiture que dans la campagne officielle, le thème du changement de République incluant la démocratie participative. C’était nouveau.
Cette construction d’une réelle alternative s’arrêta avec les 16,8 millions de voix pour Royal le 6 mai 2007, conçues comme une victoire et un capital personnel pour la présidentielle future. Au Conseil national du 23 juin, il était possible de réclamer une consultation des militants pour obtenir un congrès rapproché et faire en temps utile le bilan collectif de l’échec des présidentielles, ce que ne voulait pas Hollande. Royal en fut totalement absente et à partir de là multiplia les initiatives pour contourner le Parti comme si elle actait que sa rénovation était impossible. Elle redoubla alors d’effort pour imposer sa candidature en 2012 comme « incontournable » (voir le discours du Zénith). Confrontée à une opinion largement répandue chez les militants selon laquelle le congrès de Reims ne devait pas être un congrès de désignation du ou de la candidate à la présidentielle, elle mit sa candidature à la direction du parti « au frigidaire ». C’est ce jour-là qu’elle gagna contre Delanoë, distingué par ses visées présidentielles et directionnelles. Mais elle l’en ressortit bien vite à la veille du congrès, Vincent Peillon étant ravalé au statut bâtard de « Premier secrétaire délégué ». Les 29% de voix (dont beaucoup de Fédérations ultra-conservatrices) recueillies sur sa motion étaient un signe qu’il n’y avait pas de majorité dans le parti pour rééditer l’opération de 2006, directement corrélée à l’élection présidentielle. Il n’en fut tenu aucun compte. Nous en sommes donc à un stade où l’imposition par voie juridictionnelle de la candidate apparaît à plusieurs de ses partisans comme la seule issue à la crise politique générale et mulifactorielle du parti.
Force est donc de constater que la dépolitisation de celui-ci, l’appauvrissement de ses débats se poursuivent au rythme des mobilisations présidentielles en son sein. La procédure des primaires ouvertes qui serait susceptible de préserver l’avenir des ambitions et de les déconnecter du fonctionnement normal du parti n’a pas été discutée un seul instant durant les débats de ce congrès ; Royal y préféra l’idée, proprement stupéfiante, d’un référendum interne pour ou contre l’alliance avec le MODEM. Le congrès aurait pu lancer une « adresse au Peuple de France » traitant de la crise et de ses issues tant les divergences sur le fond n’étaient pas apparues telles que cette démarche ne puisse être suivie. Au lieu de cela, c’est la fascination pour une conquête du pouvoir par le haut qui l’a emporté et qui a broyé les aspirations démocratiques des militants comme leur aptitude, assez remarquable à se mobiliser fortement pour les exprimer.
D’aucuns, et notamment dans l’entourage de Royal, ont défendu l’idée d’en finir avec la proportionnelle pour lui préférer un système majoritaire simplificateur mais si efficace. Ils exploitent l’incohérence (une de plus) que Lionel Jospin établit au congrès de Brest en greffant le modèle de l’élection présidentielle à la française (seulement deux candidats au second tour) sur une proportionnelle parlementaire intégrale. Or ce parti ne se redressera pas s’il continue à se calquer toujours plus sur un régime bonapartiste et ses mœurs populistes. Formons donc le voeu que l’élection si complexe de Martine Aubry, qui ne s’est pas bâtie sur une stratégie présidentielle (c'est au moins çà) soit le signal d’un retour à la raison politique et à un socialisme démocratique indissoluble dans l’alcool du présidentialisme.
Paul Alliès, Professeur de science politique, Directeur du Département de sciences politiques de l'Université de Montpellier I, Directeur de la revue Pole Sud
Coordonnées professionnelles CEPEL, Faculté de Droit, 39 rue de l'Université, 34060 Montpellier Cedex Tél. 04 67 60 61 08 contact : paul.allies@univ-montp1.fr
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