11 octobre 2021

Zemmour favorable à la peine de mort : une raison suffisante pour ne pas voter pour lui

Le président de la République et Robert Badinter se sont retrouvés, récemment, au Panthéon, pour fêter le 40e anniversaire de l’abolition de la peine de mort en France ! On a peine à imaginer que la patrie des droits de l’homme était à la traîne alors même que les révolutionnaires des Lumières, d’abord, avec Condorcet, et plus tard, Victor Hugo, avaient exprimé leur volonté de voir supprimer cet acte barbare, déshonneur de la justice française.

François Mitterrand, ancien ministre de l’intérieur, à l’origine de plusieurs exécutions de militants algériens luttant pour l’indépendance, a regretté d’avoir manqué de lucidité lors d’une période troublée de notre histoire. En 1981 quelques semaines avant le premier tour de l’élection présidentielle, alors que les sondages indiquaient qu’une majorité de Français était favorable à la peine de mort, le candidat socialiste à la magistrature suprême se déclara hostile à la peine de mort. C’était assurément un acte politique audacieux.

Il n’était pas seul. Son ministre de la justice, Robert Badinter, avocat inlassable de l’abolition fut celui qui, au cours d’une séance mémorable, invita l’Assemblée nationale à l’approuver. Sur tous les bancs de de celle-ci, une importante majorité de député(e)s décida que la guillotine devait être reléguée dans les poubelles de l’histoire. Alors que de grandes démocraties (celle des Etats-Unis notamment) continuent d’appliquer ce châtiment inhumain, le nombre des pays décidant l’abolition s’accroît chaque année. Il ne reste plus guère que des dictatures ou des « démocratures » (comme la Chine) pour croire encore aux vertus pédagogiques de la suppression sociale de la vie ! En France, les adeptes de la peine de mort se recrutent surtout à l’extrême-droite. Notre appartenance à l’Union européenne et notre constitution ont sanctuarisé l’abolition. Mais Zemmour, toujours lui, se déclare ouvertement favorable au rétablissement de la peine de mort en France. S’il n’y avait qu’un mobile pour refuser de voter pour lui (s’il est candidat…mais il le sera bien un jour) ce serait bien suffisant.

10 octobre 2021

Mélanie Boulanger lavée de tout soupçon mais elle a vécu « le pire moment de sa vie »

Mélanie Boulanger « a vécu le pire moment de sa vie »

J’avais été sidéré d’apprendre que Mélanie Boulanger, la maire de Canteleu, l’une des vice-présidentes de la métropole rouennaise et aussi récente tête de liste aux élections régionales pour le PS et Europe Ecologie les Verts, avait été interpellée et placée en garde à vue par les enquêteurs dans le cadre d’un trafic de stupéfiants et d’association de malfaiteurs.

Pour avoir approchée Mélanie Boulanger du temps où elle travaillait au sein du cabinet de l’actuel maire de Val-de-Reuil, sa personnalité et son comportement ne cadraient pas avec celle et celui d’une délinquante. Les journaux nationaux dont « Le Monde » et régionaux dont « Ouest-France » ont été prompts à faire leurs gros titres sur cette information. On peut les comprendre. Ce n’est pas tous les jours qu’une jeune élue locale voit son nom mêlé à un trafic ayant des ramifications au Maroc ou aux Pays-Bas.

J’aurais aimé qu’ils soient aussi rapides à informer leurs lecteurs de la remise en liberté de Mélanie Boulanger contre laquelle aucune charge n’a été retenue par les policiers. Dans les affaires de trafic de drogues la garde à vue peut durer au maximum 96 heures. Mélanie Boulanger a été élargie, comme on dit, au bout de 48 heures. Je me mets à la place de son compagnon et de sa fille ainsi que des élus et électeurs(trices) qui lui ont accordé leur confiance. A la sidération s’ajoutait le doute même infime. Il est rassurant et positif que l’honneur de Mélanie Boulanger soit intact et qu’elle soit lavée de tout soupçon. 

 Elle a même tenu, ce lundi 11 octobre, une conférence de presse à la mairie de Canteleu au cours de laquelle elle s'est étonnée de sa mise en garde à vue qui lui a causé « le pire jour de sa vie ». Elle en a profité pour regretter que l'Etat n'ait pas tenu ses promesses sur les effectifs policiers et la lutte contre les trafiquants lesquels ne sont pas privés de la menacer au cours des  dernières années. Elle a, fort heureusement, constitué un dossier béton prouvant ses interventions et ses décisions (police municipale, caméras de surveillance) au bénéfice de cette ville de la banlieue rouennaise où la vie associative, sportive, culturelle, est intense.

9 octobre 2021

La Société d'études diverses reprend son cycle de conférences : le 19 octobre « Lily Mendès France peintre méconnue »

La SED peut enfin reprendre le cycle de ses conférences mensuelles. En octobre et novembre, elle propose deux rendez-vous, en partenariat avec l’Université populaire. Ces deux manifestations auront lieu non, comme d’habitude, à l’Hôtel de ville, mais dans la salle du Moulin, rue des Anciens combattants d’Afrique du Nord. Il faudra évidemment respecter les consignes sanitaires en vigueur dans tous les lieux culturels : si le port du masque est recommandé mais facultatif, chacun devra, en revanche, présenter son passe sanitaire (ou, à défaut, une attestation de vaccination) pour entrer dans la salle.

 

Le mardi 19 octobre, à 18 heures, la SED reprogramme la conférence de Claude Cornu, deux fois annulée en 2020, « Lily Mendès France, peintre méconnue ». Le 27 novembre 1967, Lily Mendès France, l’épouse de l’ancien député-maire de Louviers, décédait des suites du cancer dont elle souffrait depuis plusieurs années. Les Français avaient découvert cette femme discrète et élégante en 1954, lorsque, Pierre Mendès France étant devenu Président du Conseil, elle était apparue à ses côtés dans les cérémonies officielles. Mais si elle avait choisi, depuis son mariage, de s’effacer devant la carrière de son mari et de se tenir à l’écart des manifestations publiques, elle s’adonnait avec passion à la peinture, bâtissant à l’abri des regards une œuvre dont le public ne prit connaissance qu’après sa disparition, lors d’une unique rétrospective organisée dans une galerie parisienne. La conférence, qui sera accompagnée d’illustrations, est donc l’occasion de découvrir une femme qui fut aussi une Lovérienne d’adoption et de cœur.

 

Le mardi 9 novembre, dans la même salle mais à 18 heures 30, aura lieu la projection du film documentaire de Christian Clères, J’aime pas Flaubert, en présence du réalisateur. Sous ce titre provocateur, le film offre, grâce aux divers intervenants, dont notamment Yvan Leclerc, professeur émérite de littérature à l’Université de Rouen, et la romancière Marie-Hélène Lafon, l’occasion de parcourir l’œuvre de l’auteur de Madame Bovary, dont la Normandie célèbre, cette année, le bicentenaire de la naissance. La projection sera suivie d’un débat avec le public.

8 octobre 2021

Quelques réflexions au débotté : Tapie coule Wonder, Zemmour ment sur Pétain, Boris Johnson face au Brexit, Les Polonais jouent perso…

Bernard Tapie à Louviers en 1987. (photo JCH)


Tapie et Wonder ou comment couler une boite

On en a fait des tonnes sur Bernard Tapie, son débat musclé avec Jean-Marie Le Pen, les matches de foot truqués, la victoire de l’OM en coupe d’Europe, l’arbitrage à 404 millions d’euros, sans oublier le Phocéa et autre signe extérieur de richesse. François Mitterrand avait un faible pour lui et c’est ainsi qu’il le choisit pour couler Michel Rocard aux européennes et devenir ministre du gouvernement de la République.

Je ne nie ni la force mentale du personnage ni son immense courage face à la maladie. Mais j’ai devant les yeux l’image des salariés de l’usine Wonder, virés du jour au lendemain d’une industrie mythique à Louviers qui occupa des centaines d’ouvriers avant de partir en capilotade. Je les revois, salués par un Jean Hedern-Hallier provocateur iconoclaste venu narguer Tapie sur le site des Jonquets. Je revois leurs larmes et leur colère tellement justifiée.

 

Zemmour ment sur Pétain. Qui vole un bœuf…

En 2021 il se trouve un futur candidat à l’élection présidentielle française pour oser affirmer que le régime de Pétain a sacrifié les juifs étrangers pour sauver les juifs français ! Cette affirmation est un énorme mensonge que seuls les ignares peuvent gober. Il est en effet totalement contraire aux faits historiques d’avancer de telles énormités. Les descendants des familles juives françaises savent bien que nombre de leurs aïeux ont fini leur vie dans les camps d’extermination pour la simple raison qu’ils étaient juifs.

Ce n’est pas tout. Qui a édicté le statut des juifs en octobre 1940 leur interdisant un grand nombre de professions (artistes, comédiens, journalistes, fonctionnaires, enseignants, etc.) ? Qui a créé des numerus clausus pour devenir médecin ou avocat ? Qui a imposé le port d’une étoile jaune stigmatisant des Français et des Françaises dont Hitler et Pétain voulaient qu’ils (et elles) disparaissent dans la nuit et le brouillard?

Eric Zemmour, puisqu’il s’agit de lui, se disqualifie totalement. Si par malheur il devenait président de la République (ce que je n’imagine pas) notre pays regorgerait de haine dans une société violente. Souhaitons que les électrices et les électeurs de notre beau pays n’écoutent pas cette sirène de malheur.

 

Les Polonais jouent perso

Le tribunal constitutionnel polonais vient de déclarer qu’il est inadmissible que les décisions de la Cour européenne de justice soit au-dessus, dans la hiérarchie et dans ses décisions, des lois strictement nationales.  Il s’agit pourtant des textes fondateurs de l’Union européenne ce dont veulent s’affranchir certains dirigeants comme Orban et le président tchèque un eurosceptique en chef.

C’est simple. Plutôt que de récriminer et de se lamenter, il suffit de couper le robinet des subventions à ces pays qui refusent de jouer le jeu collectif. On ne peut pas d’un côté, tendre la sébile, comme disait Maurice Druon, et de l’autre refuser des règles qui s’imposent à tous. Sans les fonds européens, que deviendraient les Polonais, les Tchèques ou les Hongrois ?

 

Boris Johnson boira-t-il le calice du Brexit jusqu’à la lie ?

La Grande-Bretagne manque de tout : les rayons des supermarchés se vident, les pompes à essence aussi, les pêcheurs ont du mal à écouler leurs prises…Même si BoJo invoque l’épidémie de COVID pour masquer ses erreurs et ses insuffisances, viendra le moment de vérité. La vérité du Brexit que de nombreux citoyen(ne)s britanniques commencent à découvrir dans toutes ses conséquences fâcheuses.

Et la vérité c’est que la Grande-Bretagne, quand bien même elle aura trouvé un accord avec le grand frère américain et le cousin australien dans le cadre de l’affaire des sous-marins, réalise 50 % de ses échanges avec l’Union européenne.

Le Premier ministre britannique va plus loin. Il remet en cause des accords signés il y a quelques mois régissant les relations de la République d’Irlande et l’Irlande du nord avec le reste de la Grande-Bretagne. Comme il complique à loisirs des permis de pêche des armateurs français qu’il refuse de renouveler, Clément Beaune, chargé des relations européennes au sein du gouvernement français, suggère de rationner la fourniture d’électricité à l’île de Jersey durant les mois à venir en mesure de rétorsion. Je ne suis pas certain que punir Boris Johnson de cette façon permettra d’améliorer les rapports avec un pays allié important dans le cadre du système de défense européen et dans la lutte contre le terrorisme. Il faudra certainement inventer autre chose.

 


 

 


6 octobre 2021

Jean Zay et Pierre Mendès France condamnés à Clermont : « Chaînons manquants » entre De Gaulle et Blum

Joan Mendès France (au centre) et Hélène Zay, à droite
Pour le meilleur…et pour le pire. Dans la salle des mariages de Clermont-Ferrand, cette formule rituelle est écrite sur les murs. Ces murs devant lesquels Jean Zay et Pierre Mendès France furent condamnés par le tribunal militaire du régime de Vichy après deux procès intentés contre de soi-disant déserteurs, juifs qui plus est. Sans revenir en détail sur l’affaire dite du Massilia, qu’on sache simplement que plusieurs députés français (dont Jean Zay, Pierre Mendès France, Pierre Viénot et Alex Wiltzer) prirent la mer en juin 1940 pour gagner le Maroc afin d’y poursuivre le combat contre les nazis au moment même où Pétain demandait l’armistice. Le maréchal saisit là l’occasion d’instrumentaliser le départ de ces élus de la nation pour les salir et par là même blâmer le gouvernement du Front populaire auquel les deux « amis-frères » avaient appartenu et devenu « le responsable de la débâcle ». Pierre Viénot fut condamné à une peine de prison avec sursis. Alex Wiltzer bénéficia d'un non lieu. Il faut dire que ni Viénot, ni Wiltzer n'étaient juifs !

Jean Zay, d'abord, connut le pire des sanctions : la déportation (1) le 4 octobre 1940 et Pierre Mendès France, ensuite, le 9 mai 1941, se vit infliger une peine de six années de détention sans oublier la suppression de ses droits civils. Jean Zay fut assassiné par la milice de Darnand après le débarquement des alliés du 6 juin 1944. Pierre Mendès France, s’évada de la prison de Clermont pour rejoindre la France libre et le général de Gaulle à Londres où il fit preuve d’un grand courage.

« Un peuple sans mémoire est condamné à revivre son histoire » (Mouloud Mameri). Cette formule illustre la nécessité que l’Institut Pierre Mendès France et l’Association des amis de Jean Zay (avec le cercle Pierre Mendès France clermontois) ont faite leur, d’où la journée de commémoration organisée à Clermont-Ferrand, lundi dernier, ouverte par Olivier Bianchi, maire (PS) de la ville, sur les lieux mêmes de l’infamie perpétrée par les théoriciens de la Révolution nationale. Cette terrible Révolution nationale symbolisée, notamment, par une justice militaire partiale (et plus tard avec les sections spéciales) dont on sait qu’elle est à la justice ce que la musique militaire est à la musique. Le pire parfois.


François Loncle et Vincent Duclert


François Loncle, le tout nouveau président de l’Institut Mendès France, en a profité pour fustiger certain impétrant révisionniste et potentiel candidat à l’élection présidentielle. A l’heure où l’antisémitisme et le racisme redoublent de vigueur, l’Institut PMF organisera dans les mois à venir une manifestation d’importance nationale dont les intervenants restent à définir. A quelques semaines du premier tour de l’élection, il ne sera, en effet, pas inutile de dénoncer les fausses nouvelles et de critiquer ceux et celles qui, au mépris des textes constitutionnels, veulent transformer la France en un apartheid d’un nouveau genre.

Pour évoquer les premiers procès du régime de Vichy, deux historiens se sont mis à l’ouvrage. Olivier Loubes, professeur à l’université de Toulouse et biographe de Jean Zay, a narré comment Vichy — et ses exécutants — ont voulu éliminer des opposants républicains. Cette dictature française a répandu l’idée que la république, celle « enjuivée du front populaire » était responsable de la défaite de la France face à l'Allemagne et ses alliés. Olivier Loubes a trouvé la bonne formule : Les procès de Clermont sont « les chaînons manquants » dans la mémoire collective entre le procès du général de Gaulle (condamné à mort) et le procès de Riom (celui de Léon Blum) d’où Vichy sortit en lambeaux au grand dam des nazis.

L’intervention d’Olivier Loubes, ciselée, permit se saisir la solitude carcérale mais aussi la profonde humanité de Jean Zay. Un homme livré à l’injustice, abandonné à lui-même et sa famille (une femme et deux enfants) et promis au sort funeste qui fut le sien. Hélène Zay-Mouchard, l’une des filles de Jean Zay, présente à Clermont, donna lecture d'un message de Pascal Ory et d’extraits de quelques lettres de son père, moment émouvant s’il en fut, illustration d’un fils, d’un mari, d’un père, d’un martyre, soutenu par l’affection des siens face à la broyeuse psychique que représente une innocence bafouée.

Olivier Loubes et Vincent Duclert
 Vincent Duclert, enseignant à Sciences Po Paris, chercheur à l’EHESS, mieux connu pour avoir présidé la commission sur le génocide Rwandais et directeur de l’édition des écrits de résistance de Pierre Mendès France (2) a bien décrit les mécanismes politique et juridique conduisant PMF à décider de s’évader après sa condamnation définitive. PMF, docteur en droit, construisit une défense argumentée, redoutable d’efficacité et pourtant impuissante puisque le jugement était écrit d'avance. Son évasion se justifiait tant elle symbolisait de sa part le refus absolu d’une machination destinée à condamner un homme dont le seul crime consistait à vouloir poursuivre le combat ! Combat qu’il assuma au sein de l’escadron Lorraine (Forces aériennes de la France Libre) avant de rejoindre le général de Gaulle à Alger dans le gouvernement provisoire de la République.

Avec Françoise Chapron, attachée scientifique de l’Institut PMF et cheville ouvrière de cette journée singulière, on crut entendre la voix de l’ancien président du Conseil, ancien député-maire de Louviers. Le choix des textes qu’elle lut a retenu toute l’attention du nombreux public présent — parmi lequel quelques étudiants (khagneux) du lycée Fénelon de Clermont — dont plusieurs membres furent très heureux d’échanger avec Hélène Zay-Mouchard ou Joan Mendès France toutes deux gardiennes vigilantes d’une mémoire familiale légitimement sublimée.

 

Hélène Zay-Mouchard avec les étudiants et leur professeur

(1) Aucun Français n’avait été condamné à la déportation depuis les procès des Communards de Paris après 1871. 

(2) Ecrits édités avec la collaboration étroite de Michel et Joan Mendès France ainsi que Simone Gros.

22 septembre 2021

François Loncle succède à André Azoulay à la tête de l'Institut Mendès France

 

André Azoulay (au centre) avec François Loncle à sa gauche sur la photo.


Perpétuer la mémoire et l’action de Pierre Mendès France, soutenir les étudiants dans leurs recherches sur la vie de PMF qu’il s’agisse de l’international ou de la politique nationale, organiser des colloques, des débats autour de la pensée et de l’action de PMF, en éditer les contenus tels sont quelques uns des objectifs de l’Institut qui porte son nom. L’ancien Président du Conseil, député de Louviers, président du Conseil général du département de l’Eure, maire de Louviers, demeure un phare dont la modernité éclaire la politique contemporaine dans ce qu’elle a de noble et de puissant au service de l’intérêt général et notamment des classes sociales défavorisées. Mais le rôle de l’institut n’est pas seulement mémoriel. Il a vocation à défendre des causes justes. La lutte contre l’antisémitisme est de celles-là. Il faut s’attendre à ce que des propositions d’actions pédagogiques soient avancées par le nouveau conseil d’administration de l’Institut auquel j’ai l’honneur d’appartenir.

 

L’assemblée générale de l’Institut Mendès France se tenait la semaine dernière à la mairie du 3e arrondissement de Paris sous la présidence d’André Azoulay. Pendant plusieurs années, ce dernier a conduit avec élégance et passion une association malmenée, comme tant d’autres, par la pandémie de la COVID. Et pourtant. André Azoulay est parvenu à maintenir un lien solide entre les membres de l’Institut, contraint qu’il fut de recourir à plusieurs reprises à la visioconférence pour assurer une permanence indispensable pour dépasser les contingences sanitaires imposées par la situation du pays. Il est vrai qu’il a été fortement soutenu par Françoise Chapron, attachée scientifique et Fanny Durville, secrétaire de l’Institut, toutes deux soucieuses de la pérennité de l’association.

 

Il se trouve que François Loncle s’est déclaré disponible pour succéder à André Azoulay, démissionnaire, sa présidence étant acquise à l’unanimité des votants. François Loncle, député de Louviers, a été élu pour la première fois en 1981 même si le président Mendès France aurait aimé le voir triompher dès 1978 (notre photo) lui qui l’avait poussé à partir à la reconquête d’un territoire tant aimé. Sauf une courte interruption de 1993 à 1997, François Loncle a conservé la confiance des électeurs constamment jusqu’en 2017 après un quinquennat Hollande chaotique pour la gauche de gouvernement et après qu’il a décidé de ne pas se représenter. Son successeur, Bruno Questel (député LREM) est même entré au CA de l’Institut où il renforcera les liens de celui-ci avec l’Assemblée nationale.

 

François Loncle et PMF à Louviers.
François Loncle s’est toujours réclamé de PMF. Rendre la 4e circonscription de l’Eure à la gauche, telle fut la tâche (réussie) du secrétaire national du MRG devenu, sur l’insistance aimable de François Mitterrand, un socialiste de centre-gauche très attaché à quelques valeurs essentielles : la liberté de conscience, le progrès scientifique et technique, la démocratie locale ainsi que la primauté du suffrage universel toujours et partout.

 

La première action du nouveau président est imminente. En effet, le 4 octobre prochain aura lieu à Clermont-Ferrand, à l’initiative des Amis de Jean Zay et de l’Institut Mendès France associée à la municipalité de la ville l’anniversaire des procès iniques intentés par le Maréchal Pétain aux députés de gauche pour  « désertion » alors que leur présence sur le Massilia (1) n’était dictée que par des considérations militaires visant à poursuivre le combat contre les nazis. Jean Zay et Pierre Mendès France furent injustement condamnés à des peines infamantes, surtout parce qu’ils étaient juifs. Jean Zay, assassiné par la milice en 1944, fut un ministre remarquable dont j’ai déjà fait l’éloge sur ce blog. Pierre Mendès France, lui, parvint à s’évader de la prison de Clermont-Ferrand (2) avant de rejoindre le général de Gaulle à Londres et la France libre. Joan Mendès France, l’épouse de Michel, l’un des deux fils de PMF, ne pourra pas comme elle l’aurait souhaité, visiter la cellule de son beau-père, des contingences d’ordre militaire empêchant ce moment espéré.

 

Qu’importe. Les interventions des historiens (dont Vincent Duclert) programmées le 4 octobre rappelleront à la centaine de présents attendue combien Jean Zay et Pierre Mendès France ont compté dans l’histoire de la 3e république et pour ce dernier surtout, dans l’histoire de la 4e et de la 5e républiques. Et combien ils comptent encore.

 

(1)  Le Massilia est ce bateau qui quitta Bordeaux en juin 1940 pour gagner le Maroc où Jean Zay et PMF furent interpellés.

(2)  Dans le film « Le Chagrin et la Pitié » Pierre Mendès France rapporte pourquoi il décida de s’évader et, surtout, comment il y parvint.


9 septembre 2021

Pour Marc-Antoine Jamet, les commentaires de Marine Le Pen sur des incidents récents à Val-de-Reuil « sont infantiles et irresponsables »

Marc-Antoine Jamet, maire de Val-de-Reuil et conseiller départemental du canton du même nom, réagit à la suite des incidents motivant la présence dans la ville de forces de police importantes. Si le maire se félicite du soutien des autorités nationales et euroises, il ne peut que déplorer la lamentable intervention médiatique de Marine Le Pen toujours prompte à jeter de l’huile sur le feu. La responsable du Rassemblement national a commenté des faits qu’elle connaît peu, affirmé maintes contre-vérités et M. Jamet ne se prive pas pour dénoncer le caractère purement électoraliste de l’intervention de la candidate (ex-FN) à l’élection présidentielle de 2022.

 

« Depuis dimanche, à la suite d’une querelle entre enfants qui aurait dégénéré, la Ville de Val-de-Reuil connaît des troubles importants et disproportionnés. Ils sont inadmissibles. Loin d’être « communautaires », ce que propage une rumeur imbécile, ces événements ont concerné cent à deux cents jeunes, de toute origine, amis ou proches des protagonistes. Cela n’en est que plus préoccupant. Il m’appartient d’y faire face. C’est ma responsabilité personnelle et politique. 90% des électeurs m’ont désigné pour cela. Je m’y consacre sans relâche avec l’aide des forces de police que je remercie, qu’elles soient nationales - je pense non seulement aux effectifs, insuffisants, de notre commissariat et aux hommes de la CRS 8 vers qui va ma reconnaissance - ou municipales, avec le soutien constant du Préfet de l’Eure et du directeur de la sécurité publique avec qui je forme équipe, avec l’appui ferme du Ministre de l’Intérieur qui me l’a exprimé directement et clairement, ce dont je le remercie.

Ces événements, grâce à nos efforts, paraissent sous contrôle. Il n’y a eu ni déprédation ni affrontement depuis 48 heures. Ils ont été difficiles à gérer. Le problème est qu’ils ont été accompagnés de plusieurs manœuvres politiques et de comportements inadmissibles, déconnectés des faits et extérieurs à la Ville. Ces agissements sont de nature à fragiliser les habitants de ma commune qui supporte déjà son lot de difficultés sociales et économiques, à ébranler la confiance de nos partenaires publics ou privés, à compromettre les projets que nous avons engagés. Je pense notamment à ceux de l’ANRU. L’addition des actes intolérables et des réactions pernicieuses qui les ont suivis porte un préjudice considérable à l’immense majorité de la population rolivaloise qui constatait, avec satisfaction, que la réputation et la situation de notre Ville avaient connu une amélioration sensible. C’est donc, à mes yeux, un recul de 20 ans que nous avons collectivement subi par la faute initiale de ceux qui se sont battus et l’exploitation médiatique qu’en ont fait par la suite quelques agitateurs professionnels. Il faut les condamner.
 

1)    Il s’agit, en premier lieu, du communiqué irresponsable et infantile de la dirigeante du Rassemblement National qui, sur les réseaux sociaux, multipliant inexactitudes et mensonges, mélangeant fautes d’orthographe et méconnaissance des réalités locales, a tenté de faire d’un incident, dont elle n’a en réalité que faire, la rampe de lancement d’une campagne présidentielle qu’elle peine à animer et que, comme son père, avant elle, mais avec moins d’habileté, elle va perdre faute de travail et de talent. Massivement rejeté dans les urnes aux dernières élections municipales et départementales, où son représentant n’a jamais enregistré score aussi bas, son message d’intolérance et de rejet n’a trouvé ici de relais que dans la fachosphère. Elle veut donc la raviver. C’était son but. Elle confirme, s’il fallait en douter, son absence de sérieux, sa pyromanie maladive et son incapacité à gouverner. Je l’invite à s’occuper de ses affaires, à garder ses leçons pour elle-même qui n’a jamais cessé, depuis son château de Saint-Cloud, de montrer dédain et mépris pour les classes populaires. Son attitude indigne devrait la faire renoncer à prétendre aux fonctions auxquelles elle aspire.

2)   2)  Il me faut également dénoncer une manifestation improvisée sans la moindre autorisation, hier soir, sur la partie piétonne de la Ville, et pilotée, depuis Paris d’où venaient nombre de ses participants, par une organisation politique étrangère reconnue ni par notre pays, ni par l’essentiel de la communauté internationale. Agrégeant, pour l’occasion, des militants, à 99% masculins, venus d’autres communes, d’autres départements, d’autres régions et pour certains même d’autres pays que le nôtre, poursuivant des objectifs parfois contraires à nos valeurs, cette organisation n’avait rien à faire dans notre commune. Il s’agissait pour elle d’exploiter un fait divers pour le transformer en des arguments qui paraitraient plus utilement dirigés vers la Turquie, l’Iran, l’Irak ou la Syrie que vers la Normandie qui a pu soutenir cette cause et accueillir ses enfants. Nous sommes bien mal payés de retour. Leur indifférence et leur violence sont confondantes d’ingratitude et d’égoïsme. En France, ils trouveront toujours républicains et démocrates pour s’opposer à leurs tentatives de récupération et de déstabilisation à des fins exclusivement communautaires.

3)   )   Le plus grave réside enfin dans les mots et les slogans qui entouraient ce rassemblement illégal. Il faut les appeler par leur nom. Ce sont des insultes. Ce sont des injures. Ce sont des menaces. Il s’agissait purement et simplement de provocations racistes. Ces discours de haine et de bêtise n’ont pas leur place à Val-de-Reuil. Ils doivent immédiatement cesser. Il faut qu’ils soient sévèrement punis. S’ils venaient à perdurer, mon attitude à l’égard de leurs auteurs serait bien différente de l’esprit de concorde que je m’évertue à instiller dans notre Ville, du Vivre Ensemble que veulent ses habitants. Les racistes sont mes ennemis. Je considérerais ceux qui le prônent dans ma commune comme tels et j’agirai en conséquence avec la plus grande fermeté ! C’est un avertissement. Garant des intérêts de la Ville, je me réserve la possibilité, dans le cas où cette situation subversive viendrait à se prolonger, de prendre des mesures d’autorité avec pour seul et unique objectif le rétablissement de la tranquillité publique et la préservation des biens, des personnes et du travail collectif accompli depuis 20 ans pour améliorer la situation économique, financière et sociale de notre commune. Je ferai tout, comme je le fais depuis 72 heures, pour maintenir l’ordre républicain et ramener durablement le calme dans notre Ville. J’ajoute que tous ses enfants sont égaux et que mon devoir est de tous les protéger.
Je sais l’approbation forte, durable, profonde, qui entoure mes actes et mes orientations de la part de l’immense majorité de mes concitoyens, de nos voisins, des élus républicains de tout bord et de toute sensibilité. Leurs témoignages amicaux et le rôle actif joué par beaucoup pour apaiser les tensions et rappeler leur attachement à ce qui concourt à l’identité de la Ville, la tolérance et le respect dû à chacun, me vont droit au cœur. Cette solidarité est le vrai visage de Val-de-Reuil. Je souhaite, enfin, redire ma croyance et ma confiance dans la communauté, une et indivisible, que forment les Rolivalois. Elle est forte. Elle est solide. Je suis certain, au-delà de ces évènements récents, de notre capacité collective à rester unis et rassemblés.

11 juillet 2021

Marcel Siem gagne le Vaudreuil golf Challenge 2021 et son billet pour le British Open

Marcel Siem avec le directeur d'ASO

Pour avoir un beau vainqueur, au golf comme dans tous les sports, il faut avoir un bon second. Si Marcel Siem a gagné, cet après midi de dimanche le Vaudreuil golf Challenge, il ne faut en rien diminuer le mérite de Hugo Léon, un golfeur chilien très talentueux. Sur la planète golf, Marcel Siem n’est pas une comète. Vainqueur à quatre reprises sur le tour européen, le joueur allemand n’a pu se maintenir à ce niveau et s’est retrouvé au purgatoire, là où les vedettes d’hier croisent les grands joueurs de demain. En terminant premier au Vaudreuil, Marcel Siem gagne sur deux tableaux. Il va sans doute parvenir à retrouver le tour européen l’an prochain et se trouve qualifié directement pour le British Open de la semaine à venir sur le parcours du Royal Saint-Georges, non loin de Londres.

Car le Challenge tour n’est pas une sinécure. Y gagner oblige à réunir des qualités aussi différentes qu’un mental d’acier et une condition physique affutée pour tenir quatre tours sur un parcours parfois piégeur. Les touffes de rough judicieusement placées ont retenu plus d’une balle. Quant à L’équipe du golf du Vaudreuil elle s’est montrée, une fois encore, à la hauteur des ambitions de son animateur en chef, Jean-Claude Forestier toujours à la pointe exigeante des conditions d’accueil et de parcours. Guillaume Biaugeaud, le directeur du golf, est parvenu à une osmose totale avec ASO et les responsables du tour européen. Les conditions sanitaires étant ce qu’elles sont, tout a été fait pour éviter la naissance d’un cluster aussi redouté que le variant delta lui-même.

La classe ? Marcel Siem n’en manque pas. Il a gagné d’un coup après un bogey malheureux au 17 avec un birdie d’enfer au 18. De la classe, j’ai su très vite qu’il en avait tant ce joueur est simple, accessible, d’une empathie telle que les trois finalistes ont entamé leur parcours dominical par une accolade qu’aucun geste barrière ne pouvait empêcher. Marcel, accompagnée de sa petite fille (et de son doudou) sut avoir un mot pour les bénévoles et les commissaires sans lesquels une compétition de ce niveau ne pourrait avoir lieu. Et les Français ? On attendait Julien Brun ou Jeong Weon Ko, mais c’est David Ravetto qui s’est montré le meilleur national avec une 7e place accrochée.


 

 

 

10 juillet 2021

Le maire de Louviers prend ses désirs pour des réalités

M. François-Xavier Priollaud est sans doute un très bon administrateur de l’Assemblée nationale, il s’avère, pourtant, être un médiocre analyste politique. A moins que le maire de Louviers n’ait choisi de prendre ses désirs pour la réalité. Dans une tribune libre parue dans La Dépêche cette semaine, il signe un texte qu’aurait pu écrire M. Daniel Jubert, réélu récemment conseiller départemental. C’est dire que le contenu de ce brûlot ne se situe pas à la hauteur de vues désirée de la part d’un homme qui est, excusez du peu, vice-président du conseil régional, vice-président de l’agglomération Seine-Eure et enfin, maire de notre bonne ville et dont les qualités devraient être mises au service de l’intérêt général et non d’une basse besogne politicienne.

Qu’écrit-il qui soit si choquant et, il faut bien le dire, si contraire à la vérité ? Il assure que le binôme formé par Philippe Brun et Nolwenn Léostic a profité d’un report des voix attribuées aux candidats du front national (RN) et de leurs électeurs(trices) ce qui expliquerait leur progression entre les deux tours et qu’en plus ils ont sollicité les votes de l’extrême droite ! Comment une aberration pareille a-t-elle été rendue possible ? M. Priollaud s’appuie sur un appel de trois personnalités (de droite) en faveur du binôme de la gauche unie. Ces personnalités, M. Jubert, les avait rangées dans la case des racistes et des antisémites, avant de se raviser et de présenter ses plus plates excuses, placé qu’il était sous la menace d’un procès en diffamation. C’est ce même homme qui se présentait comme le rempart contre l’extrême gauche et l'islamo-gauchisme soudain devenu la digue contre l’extrême droite. On savait M. Jubert élastique (de LR au centre il n’y a qu’un pas) mais à ce point de désinformation, il a décroché le pompon. Et pourquoi attaquer ces trois signataires d'une lettre ouverte dont certains étaient des proches de M. Priollaud comme M. De Cosmi son suppléant aux législatives de 2017 ou Mme Hoffmann, présente sur ses listes aux municipales. Si ces personnes étaient infréquentables  il faut croire que M. Priollaud n'avait pas pris toutes les précautions utiles avant d’accepter tel ou telle. Ce qui serait fort surprenant de la part de cet homme aussi malin qu'avisé.

Les électeurs des candidats du FN-RN à Louviers sont les mêmes que les électeurs de Hénin-Beaumont ou de Marseille. Ils sont jeunes, souvent précaires, et appartiennent à ce que les sociologues nomment les classes populaires. Les sondeurs — mais depuis la dernière élection, il faut se montrer prudents — indiquent que l’abstention a surtout frappé ces classes là. Certains ont grossi les rangs des gilets jaunes, d’autres ont tout simplement refusé de prendre part au vote par dépit ou indifférence. D’autres, plus en colère, ont choisi Marine Le Pen à défaut de connaître les postulants locaux sortis de nulle part. Une Marine Le Pen, mal en point aujourd’hui, qui retrouvera des couleurs lors de la campagne présidentielle, soyons en certains sans l'espérer.

Car s’il est évidence, c’est bien celle-là : jamais la gauche lovérienne ne s’est acoquinée, de près ou de loin, avec le Front national dont tout indique que la matrice originelle continue de l’alimenter. Et elle se situe aux antipodes de ce que veut le FN : un trumpisme à la Française — ou à la hongroise — avec des effets dévastateurs sur la cohésion sociale. Comme un plus un ne font pas toujours deux, les reports de voix du premier au second tour doivent être analysés avec finesse. On s’aperçoit en effet que les électeurs(trices) du FN-RN ont tendance, majoritairement, à s’abstenir quand ils n’ont plus de candidats au second tour ce qui était le cas dans le canton de Louviers. Et quand ils votent, ils essaiment souvent à droite (laquelle droite dans un passé pas si lointain n’avait pas refusé les voix du FN au conseil régional) même s’il faut reconnaître que des anciens électeurs(trices) de gauche passé(e)s au FN-RN reviennent dans leur famille d'origine. Mais c’est une infime minorité. D’autre part des abstentionnistes du premier tour ont participé au second et ont volé au secours de la victoire de M. Morin ou de celle de M. Jubert et Mme Terlez. D’autres ont permis à la gauche d’augmenter sensiblement son score sans être apte à remporter la victoire. La remarquable campagne des candidats de la gauche unie n’a pu en effet rivaliser avec leurs adversaires car au final la France des 20 et 27 juin a récompensé presque tous les sortants peu nombreux à avoir été sortis.En PACA, M. Muselier a dû son élection à un front républicain contre M. Mariani (FN-RN) conduisant la gauche à se saborder une seconde fois après 2015. La droite en aurait-elle été capable ?

Quel était le but de M. Priollaud en écrivant sa tribune libre ? Pour la première fois depuis 2014, La droite au pouvoir à Louviers a en face d’elle une opposition porteuse d’avenir. Il s’agit donc de tenter de la disqualifier le plus vite possible même au prix d’arguments fallacieux et surprenants en un lendemain de victoire. Il faudra plus d’une tribune pour obtenir le renoncement de cette opposition installée dans le paysage lovérien et même au-delà.