14 octobre 2019

Trois réflexions au débotté : Chercheur pas fonctionnaire, Christian Jacob ou le vieux monde, Boris Johnson est un gros malin


La légendaire Traban franchit le mur.

Pas fonctionnaire mais chercheur
Dans le compte-rendu de la conférence de Cyril Buffet consacrée à la chute du mur de Berlin, j’ai écrit qu’il occupait un poste de haut fonctionnaire dans la ville allemande devenue depuis la capitale de l’Allemagne réunifiée. J’ai eu tort car Cyril Buffet était à l’époque historien au sein d’un programme de recherche international. D’ailleurs, comme il l’a précisé lui-même samedi dernier, lors de la chute du mur, Cyril Buffet se trouvait en Bavière et il gagna Berlin quelques jours seulement après le début d’un événement qui allait bouleverser les équilibres mondiaux.
Grâce à Michael Gorbatchev, la guerre froide, particulièrement prégnante en Allemagne de l’Est et à Berlin où la ville était divisée en quatre secteurs (français, américain, britannique et soviétique) cette guerre froide perdit de son intensité. Il est vrai que la Hongrie et la Tchécoslovaquie avaient démarré un programme de libéralisation dont certains Allemands ont bénéficié avec l’occupation des ambassades et la décision du ministre Genscher d’accueillir ces réfugiés aspirant à des conditions de vie meilleures.

Christian Jacob ? Ça change quoi !
L’élection de Christian Jacob, à la tête du parti « Les Républicains », ne va pas changer le cours de l’histoire. Le nouveau président est un apparatchik qui a connu Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, Laurent Wauquiez et on ne voit pas en quoi il serait capable d’adapter ce parti de droite aux nécessités du temps. S’il s’agit de rassembler Eric Zemmour et Valérie Pécresse derrière le même drapeau, Christian Jacob aura fort à faire.
De même sur les questions de mœurs et de morale, les divergences internes à ce parti en déroute illustrées par le faible score de M. Bellamy aux Européennes et par les accointances d’une droite tournée vers les extrêmes, vont durablement empêcher la droite dite gaulliste de gouverner notre pays. Le gaullisme avec Christian Jacob, c’est quoi ? Et sans lui, que reste-t-il des idées du général de Gaulle favorable à une Europe des nations, une indépendance farouche à l’égard des Etats-Unis, une opposition non moins forte à l’entrée de la Grande-Bretagne dans l’Europe ? Sans oublier une constitution (la 5e République) qui a eu ses mérites, notamment lors des différentes cohabitations. Mais les temps changent. Les Français ont besoin d’air et de plus de démocratie directe. Gageons que les élections municipales de mars 2020 seront l’occasion de promouvoir l’autonomie locale même sous une forme collaborative puisque les communautés de communes de d’agglomérations font la preuve de leur efficacité.

Pas de droits de douane : malin le Bo-jo
Boris Johnson, pour être ce qu’il est, c’est-à-dire imprévisible, provocateur, grossier, indélicat, n’en est pas moins un gros malin. En assurant, hier, que les produits commerciaux venant d’Europe ne se verraient imposer aucun droit de douane, il assure aux Britanniques un accès aux produits de l’union, européenne d’une manière continue et donc semblable à la situation actuelle. L’UE devra, sans doute, par réciprocité importer des produits britanniques sans droits de douanes également ce qui ne modifierait pas le système actuel. Autrement dit, la Grande-Bretagne ne serait plus tout à fait dans l’Europe tout en continuant d’y être un peu. Ce n’est pas surprenant. Comme dirait Dominique Strauss-Kahn, voilà 40 ans que les Anglais empêchent l’Union d’avancer et qu’ils revendiquent des droits particuliers…qu’ils ont d’ailleurs obtenus dès le règne de Margaret Thatcher, une négociatrice redoutable.
On peut faire confiance à Michel Barnier pour éviter les chausse-trappes et les pièges que ne va pas manquer de tendre Bo-Jo. Mais il va falloir faire vite car le 31 octobre se rapproche à vive allure et le sommet européen des 17 et 18 octobre aussi.


13 octobre 2019

Pour fêter le 30e anniversaire de la chute du mur de Berlin, la SED de Louviers a écouté le récit historique et politique de Cyril Buffet


Cyril Buffet et Claude Cornu.©Jean-Charles Houel
Pour le trentième anniversaire de la chute du mur de Berlin, la SED (la société d’études diverses de Louviers) avait programmé une conférence de rentrée avec comme invité Cyril Buffet, ancien haut fonctionnaire en Allemagne (à Berlin) et ancien collaborateur de Jack Lang et François Loncle, présidents de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale. La salle Pierre Mendès France était comble, pleine d’un public empli d’une mémoire encore vive des événements historiques si importants dans la marche du monde.
Cyril Buffet connaît son sujet sur le bout des ongles. Avec des supports statistiques et photographiques bien choisis, le défilé des années 1948-1961, ponctuées par le blocus de 1948, la révolte de 1953, l’influence grandissante de la STASI (police secrète) au sein de la société, montre bien comment les dirigeants de l’Allemagne de l’est et de l’Union soviétique ont cru pouvoir agir sans crainte d’une réaction occidentale qui, il est vrai, aurait pu mener à une guerre mondiale.
Alors que la RDA était claquemurée, Berlin demeurait le seul ilot de liberté permettant aux Allemands de l’Est de fuir en occident et notamment en république fédérale. Des centaines de milliers d’Allemands de l’est ont fui. Jeunes, cadres, ingénieurs, tous formés, ont quitté une Allemagne dominée par le communisme collectiviste sous l’influence de Staline d’abord, de Kroutchev ensuite, initiateurs du mur de Berlin destiné à empêcher, coûte que coûte, la fuite des hommes et des femmes vers la société de consommation, une certaine opulence et surtout, une liberté individuelle si chère à des démocrates.
Des morts pour la liberté, il y en a eu de 1961 à 1989. Même si les dirigeants de la RDA assuraient que le mur tiendrait plus d’un siècle, c’était sans compter sur les soubresauts de l’histoire et la suprématie des droits de l’homme.
A la suite de l’arrivée de Gorbatchev au pouvoir à Moscou, la perestroïka a permis au bloc de l’est d’éclater et aux Berlinois de l’est de conquérir leur liberté à la suite de quiproquos et d’improvisations au sein d’un système à bout de forces. Et pourtant, en 1988, François Mitterrand recevait en grandes pompes Ulrich Honecker, le principal dirigeant de RDA (1) ! Cyril Buffet a magnifiquement narré ces heures de novembre 1989. Elles devaient aboutir à un bouleversement mondial puisque quelques mois plus tard, non seulement la réunification de l’Allemagne était acquise mais en plus l’URSS éclatait. On croyait à la fin de l’Histoire. Ce n’était qu’une illusion puisque si des pays de l’est se sont libérés de l’influence soviétique, leurs peuples souffrant encore de dirigeants « illibéraux », autoritaires ou fascisants comme en Hongrie et dans une certaine mesure en Pologne.
Cette première conférence de l’année a donc été une réussite majeure. Cyril Buffet continue ses recherches historiques, motivé qu’il est par l’intérêt de bien connaître une Europe insuffisamment unie où des mouvements racistes et xénophobes aimeraient donner le jour à nouveau à des régimes autoritaires. François Loncle s’inquiète de l’influence de l’extrême droite à l’est là où le niveau de vie symbolise encore l’existence de deux Allemagnes.
(1) J’ai interrogé Cyril Buffet sur les réticences du président français à l’égard de la réunification allemande. Elmut Khol l’aurait rassuré rapidement : l’Allemagne resterait dans l’OTAN et poursuivrait avec la France, la construction de l’Europe.
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6 octobre 2019

Paul Faugas au musée de Louviers jusqu'au 20 octobre… courez y vite !


Photos de Paul Faugas
Paul Faugas devrait être connu de tous les Lovériens. Bien que mort en 1905, il continue de vivre dans nos mémoires grâce à l’œuvre photographique qu’il nous a léguée. Léguée est bien le mot puisque la famille de Paul Faugas et le photo-club de Louviers ont fait don au musée municipal de 5000 plaques de verre et plusieurs dizaines d’albums tous plus élégants et magnifiques les unes que les autres.
Le conservateur des hypothèques de notre ville a pris plaisir à se promener avec ses pinceaux d’abord et sa chambre photographique ensuite pour immortaliser des scènes de la vie lovérienne ou des paysages de bords de Seine ou de l’Eure. Cette ville, nous l’avons perdue pendant les bombardements de 1940 et les nombreux incendies qui ont suivi. Mais heureusement Faugas est là et l’exposition présentée au musée jusqu’au 20 octobre nous aide à mieux comprendre et mieux connaître une immédiate région qui gagne à être re-découverte. La place de la halle aux drapiers, la foire Saint-Michel, la place du Champ de ville…autant de lieux encore très fréquentés aujourd’hui.
Dimanche, sous la houlette d’une médiatrice culturelle au style pédagogique, une dizaine de privilégiés ont eu droit à des commentaires précieux permettant de mieux saisir le titre de l’exposition « un photographe au temps de l’impressionnisme » d’autant que Paul Faugas n’hésitait pas à promener son chevalet et ses tubes de peinture comme le faisait Monet et ses amis. 

Quelques réflexions au débotté : La démission de Castaner ? Lubrizol doit payer, Trump perd les pédales, causerie sur les abeilles à Muids


La démission de Castaner ? Un épiphénomène ?
Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes, situé chez les Républicains à la droite de la droite, exige la démission de Christophe Castaner. Dans les assassinats terroristes de la préfecture de Paris, l’honorable parlementaire, connu pour sa proximité idéologique avec la droite extrême s’interroge : le ministre a-t-il menti ou est-il incompétent ? Grave question qui nécessite qu’on s’attarde un peu sur les modes de communication du ministre de l’Intérieur.
D’une manière générale, Christophe Castaner, pour contourner les réseaux sociaux et remplir le vide d’informations (source d’angoisses) dégaine un peu trop vite. Chez Lubrizol à Rouen, ce fut le cas. Devant la Préfecture de police de Paris, il en allait de même. Comme l’a dit le Premier ministre Edouard Philippe, et je le crois, Castaner a déclaré ce qu’il savait au moment où on lui a tendu les micros. Depuis le premier jour, l’enquête a évolué et le mot terroriste est apparu avec toutes les justifications requises. Il s’agit bien d’un acte terroriste et il sera dorénavant traité comme tel. On ne tue pas quatre policiers sans fanatisme meurtrier après tant d’années passées dans les services à côtoyer des collègues de travail.
Les détracteurs du gouvernement font feu de tout bois. On pourrait dire avec facilité que toutes les oppositions saisissent les failles, les erreurs, les fautes des ministres ou du président. C’est le jeu politique et il y a assez de gogos en France pour les croire surtout depuis l’apparition des réseaux sociaux qui charrient leur torrent d’insultes et de fausses nouvelles. Doit-on systématiquement mettre en doute la parole des politiques ? Doit-on mécaniquement les abreuver d’insultes et d’injures ?
De mon point de vue et c’est ne n’est pas forcément rassurant, quand les ministres sont fautifs ou responsables directement, ils tentent de le taire ou de le dissimuler. Avec l’évolution des moyens d’information rapide (chaînes en continu, facebook, twitter…) et le travail des journalistes d’investigation, tout se sait. Il faudrait être idiot pour imaginer qu’un secret restera un secret. Quant à Castaner, il est victime d’un laxisme qui le dépasse aujourd’hui et qui exige des mesures fortes pour analyser les risques et rechercher les taupes ou les cellules dormantes.

Lubrizol : le pollueur doit payer !
La catastrophe écologique, économique, politique aussi de l’incendie chez Lubrizol à Rouen, ne ralentit pas l’action des mouvements disparates qui veulent connaître la vérité sur la dangerosité des produits à l’état brut ou après incinération. La ministre de la santé Agnès Buzyn, reconnaît qu’on est incapable de mesurer les effets des mélanges partis dans le nuage noir du ciel rouennais. Le Premier ministre affirme qu’on ne sait pas tout. C’est bien de le reconnaître publiquement mais il est un aspect du dossier sur lequel on n’insiste pas suffisamment. Quelle est la responsabilité précise de l’entreprise Lubrizol dans le déclenchement de l’incendie, dans le stockage des produits dangereux. Selon le principe du pollueur-payeur, j’imagine que les agriculteurs, les industriels, les services, les citoyens victimes de la pollution vont demander des comptes à l’industriel américain et que le contribuable français ne sera pas contraint de mettre la main à la poche. Je sens qu’une bataille d’experts va se livrer et qu’elle durera des mois ou des années avant qu’on identifie les responsables, et dans le cas présent, les coupables. Je pense aux milliers de litres de lait balancés au fossé, aux maïs non récoltés, aux légumes non vendus, aux ruches contaminées, sans oublier l’essentiel : les éventuelles conséquences sur la santé humaine et animale. L’incendie chez Lubrizol n’a fait ni morts ni blessés contrairement à la catastrophe AZF à Toulouse. Cette différence est évidemment essentielle. Elle ne nous oblige pas pour autant à dormir sur nos deux oreilles.

Trump a violé la constitution des Etats-Unis
Les démocrates américains, après mûre réflexion, ont décidé d’engager la procédure d’empeachement à l’égard de Donald Trump. En sollicitant l’aide d’un pays étranger pour enquêter sur la famille Biden, Trump a franchi le Rubicon. Il a violé la Constitution des Etats-Unis qui interdit toute action de ce type…
Nancy Pelosi, président de la chambre des représentants, a longuement hésité avant d’accéder à la demande d’une forte proportion d’élus démocrates. Elle sait que Trump est prêt à tout pour contre attaquer et d’ailleurs il prouve chaque jour la déraison apparente qui l’anime mêlant corruption, fausses nouvelles, mensonges, attaques contre la presse, insultes ad hominem, créant un bouillonnement informe destiné à masquer l’essentiel. Il n’a pas hésité à rappeler qu’en des temps anciens, on faisait appel aux bonnes vieilles méthodes  (la neutralisation !) pour faire taire les lanceurs d’alerte qu’il appelle « traîtres » ou «espions ». Mais on n’est plus en 1930 et même si la Mafia est encore active, il y a loin entre les pensées du président et la réalité…possible. Rien ne dit cependant que lorsque son identité sera connue le lanceur d’alerte ne sera pas en danger. Aux Etats-Unis, le port d’armes permet tout. A un an de l’élection présidentielle, Trump va sans doute moins jouer souvent au golf et s’intéresser d’avantage à la situation économique qui se dégrade et nous dégrade aussi puisque les droits de douanes vont tomber sur l’Europe comme à Gravelotte.

Causerie du samedi 19 octobre à Muids : sauver les abeilles
Le 19 octobre prochain, à 18 heures, au café de la Poste à Muids, je serai présent pour évoquer l’apiculture d’aujourd’hui et les dangers qui pèsent sur les abeilles. Répondant à l’invitation de Charles-Edouard Leroux, je m’inclurai dans les causeries du samedi destinées à brasser des idées et des connaissances très diverses. J’ai intitulé la mienne « Sauver les abeilles en 2019 ».
Ces trente dernières années ont failli être fatales aux abeilles. L’effondrement de leurs colonies, dues essentiellement aux produits chimiques de l’agriculture, ont réduit sensiblement le nombre de ruches en France ainsi que le volume de la production de miel passé de 40 000 tonnes (en 1980) à 10 000 tonnes en 2018 ! L’abeille a beaucoup d’ennemis : des parasites, des prédateurs, des maladies épizootiques, le changement climatique mais l’ennemi principal reste l’homme et les pesticides.
Et pourtant, il existe des solutions pour sauver les abeilles et les produits de la ruche. La prise de conscience populaire, par exemple, est un élément essentiel du combat quotidien mené pour sauver les abeilles. J’expliquerai comment chacun, à sa place, peut apporter sa pierre au mouvement global qui vise à protéger la biodiversité au sein de laquelle l’abeille occupe une place «économique» majeure et je répondrai à toutes les questions sur l’apiculture des amateurs et leur passion pour les insectes sociaux.

1 octobre 2019

Municipales 2019 : Diego Ortega et ses amis ont présenté leurs propositions sous le sigle « Louviers ensemble demain »


Diego Ortega. DR.
Les élections municipales de mars prochain à Louviers s’annoncent passionnantes. Et si elles étaient plus ouvertes qu’on ne le croit ? Il est rare, en effet, qu’une équipe sortante soit battue après un premier mandat mais les logiques politiques évoluent et la dernière présidentielle nous a démontré que tout pouvait arriver.
Les repères habituels sont brouillés. C’est si vrai que les candidats (du moins ceux qui se font connaître) avancent à pas feutrés éloignés des classifications habituelles de gauche ou de droite préférant la proximité, la relation au citoyen, le travail collectif, l’effet « gilets jaunes » ayant également produit ses effets. L’équipe sortante de François-Xavier Priollaud s’appuiera sur son bilan (et celui de l’agglomération tant les actions se mélangent) et sur une continuité de projets. Ses adversaires savent qu’ils vont avoir fort à faire pour se distinguer. D’où l’intérêt des propositions des un(e)s et des autres. Après celles de « Changer la ville » de Philippe Brun et Ingrid Levavasseur, notamment, c’était au tour de Diego Ortega et ses amis de présenter les leurs. 

« Louviers ensemble demain » a rassemblé plusieurs dizaines de personnes dans la salle du Clos Morlet le 24 septembre dernier. Il s’agissait pour Diego Ortega, tête de liste pressentie, de dévoiler les premières propositions « pour l’avenir de la ville. » Il eut été étonnant que son équipe et lui-même ne proposent pas de « changer les choses à Louviers ». Ils ont été six à prendre la parole pour présenter les premières propositions issues des concertations, dans les domaines de l'environnement, du cadre de vie, de la sécurité, de l'enfance et la jeunesse, de la culture ou bien encore de la solidarité et de la santé. « Nous avons écouté toutes celles et ceux qui nous ont fait remonter leurs préoccupations, leurs besoins pour mieux vivre leur ville au quotidien » explique Diego Ortega, un homme d’expérience puisqu’il a servi plusieurs municipalités à une place éminente et proche du pouvoir décisionnaire. Les aléas de la vie municipale l’ont conduit à orienter sa vie professionnelle différemment mais toujours en lien avec les communes et les collectivités territoriales. Il se dit, et on peut le croire, « empreint d’une volonté de rassemblement et d’ouverture. » Il est évident qu’une multiplicité de listes d’opposition au maire actuel qui ne serait motivée que par les égos ou l’opportunisme conduirait à l’échec. Aux candidats putatifs d’explorer les voies souvent mystérieuses de l’entente et de la solidarité.
Dans le public, de futurs candidats ?

D’autres thèmes seront abordés lors d’une prochaine réunion publique : le commerce, l'emploi et le développement économique, la vie associative, la voirie...car quelles que soient les compétences des différentes collectivités, les listes municipales devront en tenir compte à l’échelle de l’ensemble du territoire. Diego Ortega a lancé un appel aux bonnes volontés puisque tout reste à construire : « N'hésitez pas à participer à nos réunions et à enrichir nos projets en venant nous rencontrer le samedi sur le marché ou tout simplement en nous contactant*. Car vous êtes les premiers acteurs de ce projet pour Louviers ! » Les personnes intéressées ont ci-dessous les moyens de rencontrer Diego Ortega ou ses amis. 
www.louviers-diego2020.fr
06 15 26 64 03
Facebook : louviers ensemble demain

29 septembre 2019

Les amis du musée de Louviers en visite au Château de Gaillon restauré par l'Etat au fil du temps…et des crédits


Marion informe les amis du musée. © JCH
En 1992 François Mitterrand, alors président de la République, avait tenu à visiter le château de Gaillon, propriété de l’Etat depuis 1975 où un chantier de restauration était en cours. Du Château de Georges d’Amboise, cardinal et principal conseiller de Louis XII, il ne restait certes plus grand chose, suffisamment en tout cas pour tenter de réparer les destructions, démolitions, avanies du temps et des hommes. Avec les années, l’Etat a passé un accord avec la ville de Gaillon trop heureuse de jouir de l’image d’un château disparu et merveille de la France d’alors, d’un parc immense et de jardins non moins spacieux.

Je conseille aux amoureux des vieilles pierres (mais pas seulement) de se rendre au château de Gaillon. A l’évidence, la guide conférencière dont je ne connais que le prénom, Marion, leur permettra de mieux connaître et apprécier un petit bijou dont France Poulain, Architecte des Bâtiments de France en chef, nous avait vanté les mérites lors d’une conférence à Louviers. Sous la conduite de Marion, en effet, l’association des Amis du Musée de Louviers, représentée par une douzaine de ses membres, a déambulé dans les différentes salles, chapelle, loggias, cours, rejoignant ainsi Bernard Leroy, président de la communauté d’agglomération Seine-Eure-Madrie, très heureux de pouvoir situer le château Renaissance sur le territoire qu’il administre comme un atout touristique de première grandeur. D'ailleurs le conservatoire de musique de Gaillon y trouvera les espaces nécessaires à son activité.

Je publie ci-dessous le texte de présentation trouvé sur la toile quand on tape château de Gaillon. Il dit, en quelques phrases combien ce château a compté au I6e siècle avant, donc, que François Premier n’exprime sa fièvre à Chambord, Chenonceau, Blois…Quant aux amis du musée, ils sont allés ensuite et pédestrement rendre visite à Notre-Dame d’Aubevoye dont j’ignore encore si le plafond d’origine est en châtaignier ou dans un autre bois.

Visite de François Mitterrand en 1992. ©JCH

 « Bâti sur l'emplacement d'un château médiéval, le château de Gaillon est un grand pionnier de la Renaissance française, construit quelques années avant les très célèbres châteaux de la Loire. Il est le témoignage de la volonté du Cardinal Georges d'Amboise de rompre avec les conventions architecturales de l'époque pour diffuser la renaissance Italienne en France. Construit sur un éperon rocheux, le château surplombe la belle ville de Gaillon et la vallée de la Seine. Transformé en centre pénitencier puis en caserne, le château de Gaillon devient propriété de l'Etat français en 1975. Depuis cette date, le château de Gaillon se voit retrouver peu à peu sa splendeur d'antan. »


27 septembre 2019

« Il y a 30 ans, la chute du mur de Berlin » : Cyril Buffet invité par la société d'études diverses le 12 octobre prochain


Le baiser historique sur les vestiges du mur de Berlin. ©Jean-Charles Houel
La première des conférences mensuelles de la Société d’Études Diverses aura lieu le samedi 12 octobre à 16 heures, dans la salle Pierre Mendès France, à l’Hôtel de Ville de Louviers. Nous accueillerons Cyril Buffet, historien, docteur en relations internationales et en études germaniques. Il évoquera un événement qui a modifié en 1989 la physionomie de l’Europe et dont nous célèbrerons dans quelques semaines l’anniversaire : « Il y a 30 ans, la chute du Mur de Berlin ».
Le Mur de Berlin représente le symbole par excellence de la guerre froide. Sa chute fut aussi soudaine que sa construction. De 1945 à 1989, Berlin se trouve dans une situation exceptionnelle, héritée de la Seconde Guerre mondiale. Occupée, divisée, emmurée, l’ancienne capitale de l’Allemagne constitue le baromètre des relations entre l’Est et l’Ouest. Tension, dégel, crise, détente se succèdent pendant plus de quarante ans. Le Mur finit par tomber pour la même raison qu’il avait été érigé : la fuite de la population est-allemande. La chute du Mur relève certainement de causes internes à la RDA, mais il convient de replacer cet événement dans un contexte international, notamment en rapport avec l’évolution politique en URSS. La chute du Mur ne provoque pas seulement la fin d’un régime politique, mais également la disparition d’un pays : en moins d’un an, l’Allemagne est réunifiée. Trente ans après sa chute, que reste-t-il du Mur dans la conscience collective ?
NDLR : Cyril Buffet, attaché d'ambassade,  se trouvait à Berlin à l'occasion de la chute du mur. Il a fait le récit de ces heures historiques dans le livre « Le jour où le mur est tombé. »


Programme des conférences pour les mois à venir
Samedi 16 novembre 2019 : « La reconstruction en Normandie au lendemain de la Seconde Guerre mondiale », par Patrice Gourbin, professeur à l’École nationale supérieure d’architecture de Normandie. Cette conférence accompagnera l’exposition présentée par le Musée sur la Reconstruction de Louviers à partir du 8 novembre.
Samedi 14 décembre 2019 : « Gaston Prunier (1863-1927), un peintre normand méconnu », par Nicolas Eprendre, cinéaste.
Jeudi 16 janvier 2020 : En partenariat avec l’Université populaire, projection, suivie d’un débat, du film documentaire de Christan Clères J’aime pas Proust, en présence du réalisateur, du chef-opérateur, Nicolas Eprendre, et, sous réserve, de l’écrivain Philippe Delerm. Christian Clères est l’auteur du film consacré à Michel Bussi que nous avions programmé en avril 2018.
N. B Les conférences auront lieu à 16 heures, dans la salle Pierre Mendès France à l’Hôtel de ville de Louviers, mais la manifestation du 16 janvier se déroulera à 18 h, dans la salle du Moulin, rue des Anciens combattants d’Afrique du Nord.

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Jacques Chirac avait fait campagne dans l'Eure à diverses reprises…les socialistes lui rendent hommage

Timour Veyri, premier secrétaire fédéral socialiste de l'Eure rend hommage à Jacques Chirac : « Jacques Chirac a été un Président de la République debout, qui a su tenir tête sur l’essentiel. En 1995, son discours au Vel d’Hiv, mettant officiellement la France face à ses responsabilités et l’obligeant plus encore à ne jamais oublier celles de l’État français dans la déportation, fût une leçon pour les générations à venir. En 1996, annonçant aux Français la mort de François Mitterrand, l’élégance qu’il démontrait et le chagrin qu’il ressentait nous a marqués, nous, socialistes. En 2002, mais avant et après aussi, face au Front National, érigeant une digue républicaine sincère et solide. En 2003, contre la guerre en Irak il avait, au nom de la France, vu juste, refusant cette guerre qui a été le tremplin de tant de souffrances et de tragédies depuis. En 2004, à Johannesburg, lorsqu’il alerta, au nom de la France toujours, la scène internationale de l’incendie qui se propageait aux portes de la planète, en réalité à nos propres portes. 

Jacques Chirac à Evreux en 1978. ©JCH
Jacques Chirac n’a jamais cédé non plus sur l’unité nationale, la cohésion de notre pays, le lien social. Ses mandats locaux, à la Ville de Paris comme en Corrèze, mis bout à bout, n’étaient pas antinomiques, incarnaient cela. La France a une capitale mais aussi des communes, des cantons, des départements, des régions. Président de la République, il fut gardien de son message, comme, bien sûr, de ses institutions. Parler aux gens, s’intéresser à eux, prendre de leurs nouvelles, répondre à leurs courriers, être proche des Français, c’était une politique en soi. C’était, aussi, dans l’infiniment petit, une certaine idée de la France, une certaine idée que nous lui reconnaissions et, disons-le clairement, que nous partagions et partageons.

Jacques Chirac c’est aussi pour nous le souvenir de luttes et de désaccords qui nous ont constitués. Nous aimons et nous défendons la République sociale. Il s’était forgé une opinion différente sur les moyens de la justice sociale. Notre génération est éprise de transparence. Il fut un édile aux pratiques partisanes d’un temps ancien. Mais, solide pilier républicain, sur l’essentiel qu’il faut nommer : le vivre ensemble français fut sa passion, sa boussole et finalement, son testament au peuple de France.

Derrière Chirac, il y avait Jacques. Personnage privé que nous n’avons connu que tardivement. Un homme secret, à la culture intime qu’il vivait pour lui, sans en remontrer aux autres, si ce n’est pour les appeler à la tolérance et au respect des cultures, mêmes différentes, mêmes lointaines, mêmes inconnues… Un enfant de France dont il a été le soldat. Un homme d’État dont il a été serviteur. Un homme sans doute supérieur en bien des points, avec ses défauts, mais surtout, ses grandes qualités et qui détestait manifestement rien tant que de le montrer aux autres.  Jacques était un personnage complexe, truculent, habile, généreux, attentif ; le Chef de l’État Chirac était un républicain vigilant et un humaniste convaincu.

Comme pour chaque Président de la République, nous associons toutes et tous à son mandat des souvenirs qui sont soit collectifs soit nous sont propres. C’est une part de notre vie. C’est une part de notre pays.

En ce jour, nous exprimons notre respect pour la personnalité engagée et notre peine pour l’homme et sa famille, dont nous savons qu’ils ont traversé, dans leur vie personnelle, bien des difficultés qui disent leur courage.

À Jean-Louis Debré, ancien maire d’Évreux, nous disons notre soutien en ce jour où une relation d’amitié d’un demi-siècle voit s’écrire son dernier chapitre. »

15 septembre 2019

Xavier Beauvois a convaincu Suzanne Lipinska de devenir actrice…dans « petit-fils » son prochain long métrage


Suzanne Lipinska.©JCH
S’il est un lieu en France qui a contribué à servir d’écrin aux cinéastes français et étrangers, c’est bien le Moulin d’Andé. De grands réalisateurs y ont tourné des scènes de films devenues mythiques et c’était bien le moins que pouvaient faire les autorités européennes du cinéma que de reconnaître ce lieu comme un bijou dépassant largement les frontières de l’hexagone.  

C’est fait depuis que Wim Wenders  et le conseil d’administration de la « European Film Academy » ont décerné au Moulin d’Andé le titre de : « Trésor de la culture cinématographique européenne ». Mais les lieux ne sont rien s’ils manquent d’âmes humaines pour les animer et les dévoiler. Au Moulin d’Andé, celles de Suzanne Lipinska et de Maurice Pons continuent leur cheminement dans l’espace et dans le temps. Belle Ame et grande émotion aussi de la part de « Suzon » à l’instant de dévoiler la plaque apposée à l’entrée du Moulin, symbole matériel de reconnaissance puisque le jour choisi — un 14 septembre — coïncidait avec la date anniversaire de la naissance de Maurice Pons (né à Strasbourg en 1927) ce grand absent-présent à la fête. 

Il fut, ne l’oublions jamais, l’un des principaux artisans de la renommée de ce monument artistique et culturel connu et reconnu partout dans le monde. Sans l’auteur des « Saisons », de « Mlle B » et de ses « Mistons », jamais François Truffaut n’aurait eu l’idée de s’intéresser à ce haut lieu de la vallée de Seine où les rencontres d’écrivains, de philosophes, de cinéastes, de musiciens, de politiques aussi, continuent de donner vie à ce haut lieu de l’esprit toujours en mouvement.

Xavier Beauvois.©JCH
La preuve ? Suzanne Lipinska, presque nonagénaire, sollicitée par Xavier Beauvois (présent hier à Andé) a accepté d’être une des principales actrices du prochain film de celui qui a reçu le grand prix du festival de Cannes pour « des hommes et des Dieux » le 5e long métrage d’un acteur-scénariste. Convaincre Suzanne Lipinska de faire l’actrice ne semble pas avoir été simple. Jamais, dans le passé, la présidente de l’association culturelle du Moulin d’Andé, n’avait été sollicitée pour jouer devant la caméra. Le film sera tourné à Etretat et Fécamp (dans les semaines à venir) et pourrait s’intituler « Le Petit-Fils » dont la grand-mère sera (devinez qui ?) celle qui continue de présider aux destinées d’un lieu que personne n’imagine devenir autre chose que ce qu’il est. (1) Un lieu « de tous les possibles » comme aime à le répéter Suzanne qui n’a de cesse de préparer sa succession. Une succession improbable, voire impossible, tant l’aura de la maîtresse de ce monument historique exigera de celui ou celle qui saisira les rênes, de patience, d’imagination, d’esprit créatif et de relationnel aussi dans le meilleur sens du mot.

La présence de Bernard Leroy, président de la Communauté d’agglomération, d’Alexandre Rassaert, samedi, pour le Conseil départemental de l’Eure, était la preuve de la bienveillance et de l’engagement des autorités politiques afin que le CECI (Centre d’écritures cinématographiques) les académies de musique, les concerts, les séminaires, les résidences d’artistes, poursuivent l’élan impulsé par Suzanne Lipinska et ses salariés dont on parle trop peu.
Même si Stéphane Bern (et son loto du patrimoine) a choisi de doter le Moulin d’Andé d’une subvention (dont on ignore le montant) apte à entraîner la restauration des rocailles du parc en 2019, la situation financière globale ne permet pas (encore ?) de dégager suffisamment de marge pour réaliser des travaux d’importance. Bâtiment classé, le Moulin a besoin que des mécènes — ou des collectivités — se penchent sur la sauvegarde d’un patrimoine privé, certes, mais tellement impliqué dans la vie collective artistique de notre région.
J’espère que la sous-préfète des Andelys, Virginie Sené-Rouquier, saura relayer auprès des autorités compétentes, les besoins du Moulin et l’urgence de les satisfaire, du moins en partie.
Pascal Pistone et son accompagnatrice. ©JCH
Il n’y pas de fête sans spectacle musical au Moulin. Pascal Pistone a su associer le public en musique et en images. Rappeler que Léo Ferré a chanté la poésie faisait du bien à ceux et celles qui connaissent peu ou prou ce texte immense dont je publie un extrait :
« J'ai du savon qui lave
Les péchés capitaux
Un stylo-bille qui grave
Le goût d'un apéro
Un soutien-gorge à piles
Qui n' s'allume qu'aux beaux yeux
Un dentifrice habile
À blanchir les aveux
Un buvard facétieux
Qui sèche les chagrins
Un œil pour lire à deux
Quand le jour s'est éteint
Un violon capital
Voilé de Chambertin
A faire sonner le mal
Plus fort que le tocsin…»

(1) Xavier Beauvois a promis que Suzanne serait « choyée » pendant les 10 jours de tournage.