21 mars 2019

A quoi servent encore les journalistes ? Débat ce soir à Val-de-Reuil à partir de 18 heures au stade Jesse Owens


En 1977 les journalistes de Paris-Normandie en lutte contre Robert Hersant.
Ce soir, jeudi, à partir de 18 heures, au stade Jesse Owens de Val-de-Reuil, les habitants de la région sont conviés à assister et participer à un débat ayant pour thème « A quoi servent encore les journalistes ? »Avec la présence de Stéphane Albouy, directeur de la rédaction du Parisien-Aujourd’hui en France, Ariane Chemin, journaliste politique au Monde, Elise Karlin, journaliste à l’Express et Guillaume Lejeune, directeur départemental de « Paris-Normandie », le public est assuré de se trouver face à des professionnels aguerris et compétents.

L’invitation fait état d’une situation difficile pour la presse écrite qui n’est, bien sûr, qu’une forme de presse. D’une manière plus générale quelles réponses faut-il apporter face au défi du numérique ? La presse papier est-elle condamnée ? Nouveaux supports, nouvelles technologies, quel avenir pour les médias traditionnels ? Réseaux sociaux, groupes de pression, fausses nouvelles, comment s’assurer de la fiabilité d’une information ?

Ce débat se déroule dans le cadre du premier forum de l’éducation aux médias et à l’information de Val-de-Reuil organisé à l’initiative de Marc-Antoine Jamet, maire de la ville et Jean-Mary Le Chanony, inspecteur de l’Education nationale pour la circonscription de Louviers-Val-de-Reuil. Cette soirée sera animée par le club de la presse de Normandie.
Venez nombreux.

15 mars 2019

Marine Le Pen : suffisante autant qu'insuffisante (1)


Le prix de la baguette de pain. Le prix du ticket de métro. Le montant du SMIC horaire ou mensuel net. Tout candidat à une élection, surtout au niveau national, se doit de connaître ces « détails » par cœur. Jean-Jacques Bourdin, sur RMC, se régale quand il interroge ces élus ignares ou ignorants des choses de la vie. Hier soir, Marine Le Pen — chacun se souvient des limites qu’elle mit au jour lors du débat de second tour de l’élection présidentielle — s’est à nouveau plantée magistralement en comparant les niveaux de SMIC européens. En voulant tacler Emmanuel Macron, favorable à un SMIC généralisé mais conforme aux standards de chaque pays de l’Union européenne, la responsable du Rassemblement national a avancé un SMIC français à « 36 euros » sans qu’on sache s’il s’agit d’un taux horaire brut ou net, alors même que ces 36 euros représentent le coût horaire de la main d’œuvre en France et que le SMIC est à 1201 euros net mensuel en janvier 2019. Moquée de toutes parts, Marine Le Pen a tenté de corriger le tir ce matin en tweetant les taux horaires des SMIC en Europe et en affirmant que la convergence vers un SMIC uniforme en Europe n’était pas pour demain. Jamais personne de sensé n’a avancé une telle hypothèse. Emmanuel Macron non plus !

En confondant l’ECU et l’Euro, Marine Le Pen s’était fourvoyée lors du débat. Sur plusieurs dossiers brûlants, Emmanuel Macron avait eu beau jeu de détailler des éléments explicatifs clairs et pédagogiques. On sent que Mme Le Pen ne maîtrise pas les dossiers un peu techniques, elle éprouve des difficultés pour mémoriser ou se lancer dans l’abstraction. Elle manque de Background, ce qui prouve que faire de la politique nécessite une bonne culture générale et qu’une licence en droit ne suffit pas pour assurer une gymnastique intellectuelle propre à intervenir promptement avec précision.

La campagne d’affichage lancée par le Rassemblement national « Marine Le Pen dit la vérité » est une campagne de rétropédalage visant à corriger ou interpréter des propos fumeux ou mensongers tenus sur les antennes des radios ou des plateaux télé. Le métier de politique est un métier ardu. Il y faut un esprit clair, des convictions affirmées, des opinions stables. Que Marine Le Pen encense l’Euro aujourd’hui après l’avoir stipendié à longueur de meetings montre bien les approximations, les opinions sondagières dont elle témoigne. C’est bien pourquoi une candidate comme celle-ci gonfle ses scores au premier tour sans pouvoir concrétiser au second. Comment pourrait-elle rassembler (excepté Dupont-Aignan) et obtenir une majorité absolue des suffrages alors que son apprentissage n’est pas terminé et que ses insuffisances sont criantes.

(1) François Mitterrand, auteur de cette formule appliquée à l'un de ses adversaires politiques, savait être cruel.
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14 mars 2019

François Ruffin dans C à vous : la dureté de son discours cache une fragilité empathique

François Ruffin (capture d'écran)
J’ai dit assez de mal de François Ruffin sur ce blog pour oser corriger le tir. Invité, hier soir, de l’émission C à vous, le député de la France insoumise, élu de la Somme, venait présenter son dernier livre et le film qu’il a réalisé avec le concours de gilets jaunes triés sur le volet, symboles d’une France invisible car oubliée. J'ai suivi sa prestation avec attention.

Certes, François Ruffin demeure le débatteur iconoclaste peu sensible aux règles conventionnelles comme dirait Pierre Lescure. Qu’il siège à l’Assemblée nationale, tende le micro aux personnes qu’il rencontre, réponde aux questions des journalistes de France 5, l’adversaire farouche d’Emmanuel Macron, demeure un orateur insatiable et impitoyable. Se revendiquant d’une gauche anticapitaliste, amateur de la lutte des classes et des rapports de force, acceptant des doutes, une fragilité et une sensibilité à fleur de peau, François Ruffin est apparu terriblement humain et  solidaire. Si l’on peut parler de mépris de classe de la part de certains à l’égard des gilets jaunes, on peut sans se tromper évoquer le mépris qu’éprouve François Ruffin à l’égard d’Emmanuel Macron dont la seule qualité serait, selon lui, « l’art de la séduction. » C’est déjà cela mais c’est peu.

François Ruffin revendique une œuvre, un statut d’artiste, avec films et livres au bilan, un amour immodéré des gens faibles, des modestes, des gens qu’on ne reconnaît pas, dont l’amour propre est sans cesse agressé et il n’omet pas de souligner que lui, François Ruffin, a déjà songé à quitter volontairement notre monde, quand le sens qu’il y donne, penche vers l’absurde absolu ou l’irrespect total des personnes…« J'avais le sentiment d'être une merde » avoue-t-il. Il y a chez lui de la sincérité, une clarté intellectuelle et militante, une forme de sectarisme, sans doute, qui lui permet de demeurer installé fermement sur ses valeurs et ses principes de vie.

Ruffin ne sait pas (ne veut pas ?) cultiver pas l’art du compromis. Il fonce, les yeux grands ouverts contre un monde qu’il juge injuste, inégalitaire, brutal. Il ne reconnaît aucune qualité intellectuelle à Emmanuel Macron qui serait, au fil du temps, passé de l’école de la Providence d’Amiens à l’ENA et à l’Elysée par des portes dérobées. Sur ce point, François Ruffin devrait être économe de son mépris. On ne devient pas Président de la République sans un minimum de background, comme disait Philippe Pontet, ancien député de l’Eure. Directeur d’un journal — Fakir — pendant 20 ans, François Ruffin demeure un journaliste curieux, talentueux, attaché à un territoire et à ses habitants. Il se désole de déplorer la fermeture des services publics et celle des usines. Il reconnaît ne pas avoir la stature d’un Président de la République et quand on évoque devant lui le Brexit, il souhaite des solutions équilibrées car « il n’est pas un spécialiste de la politique étrangère. »

Finalement, Ruffin est un être torturé, tout le temps dans l’empathie. Il sait faire pleurer les dames ce qui démontre un charme certain et une volonté de ne pas blesser. Du moins ceux et celles qu’il préfère. Les autres ? Il ne veut même pas les connaître.
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11 mars 2019

Les gilets jaunes sont-ils victimes d'un mépris de classe ?

3000 manifestants dans le centre-ville de Rouen. ©Jean-Charles Houel
Je lis de nombreux textes, dont certains émanent d’éminents sociologues ou philosophes, mettant en évidence le « mépris de classe » dont seraient victimes les gilets jaunes. Pour justifier cette affirmation, ces intellectuels — aucun reproche dans ce mot — s’appuient sur des mouvements historiques anciens ou récents émanant du « peuple », toujours combattus avec férocité par des écrivains, des journalistes, des politiques aussi, convaincus qu’une forme d’analphabétisme rend incapables les protestataires d’accéder à la complexité du monde.

Il est évidemment facile de s’appuyer sur les actes et excès violents de certains gilets jaunes plus prompts à cogner du flic qu’à s’accorder sur des revendications claires et solides. Il n’empêche qu’après réflexion, je me demande si « le mépris » que certains constatent (voir l’attitude d’Emmanuel Macron en diverses circonstances) ne sert pas à discréditer un mouvement dans son ensemble alors même qu’il est une mosaïque pas facilement lisible.

Dans la rue du Gros Horloge à Rouen. ©Jean-Charles Houel
Qu’il y ait chez les gilets jaunes des ultras, à droite surtout, à gauche aussi, des xénophobes, des homophobes, des racistes, des antisémites, ne fait aucun doute. Les quenelles à la Dieudonné, les tags et graffitis, sont là pour le prouver. Faut-il pour autant amalgamer les femmes seules avec enfants, les retraités aux pensions minables, les artisans aux régimes de retraite inéquitables ? Faut-il pour autant nier la solidarité créée autour des ronds-points, le soutien aux mutilés des LBD, ce mouvement qui, depuis le 17 novembre dernier, a connu des hauts et maintenant des bas ? Le gouvernement ne pourra, lors de la synthèse issue des propositions du grand débat, laisser de côté l’aspiration à la justice fiscale, à la nécessité de tenir compte de l’inflation pour revaloriser retraites et salaires, de veiller à ce que les plus favorisés n’échappent plus à l’impôt comme ils le font frauduleusement ou avec l’optimisation fiscale.

Pour autant, le saccage du temple du Grand Orient de France (temple de la franc-maçonnerie locale) à Tarbes, montre bien que la société française conserve la mémoire des jours terribles. Même si je n’échappe pas au point Godwin (1) je ne peux m’empêcher de penser au régime de Pétain qui interdisait : socialisme, syndicalisme ouvrier, communisme, franc-maçonnerie, stipendiait les homosexuels, bannissait les juifs, en chantre du vieux Maurras.

Il est remarquable qu’il ait fallu le mouvement des gilets jaunes pour que des haines recuites autorisent François Ruffin à écrire, s’agissant d’Emmanuel Macron : «Votre tête ? Les visages sont marqués, normalement on y devine la trace de la souffrance. Mais vous, non, c’est sans cernes : vous transpirez l’assurance. Vous exhalez une classe. Vous portez en vous une suffisance. Ce rejet physique, nous sommes des millions à l’éprouver». Le directeur de la publication de fakir n’y va pas avec le dos de la cuiller. Il cogne et ça fait mal.
Jean-Marie Le Pen, en 1956, n’écrivait-il pas, parlant de Pierre Mendès France : "Vous n’ignorez pas que vous cristallisez sur votre personnage un certain nombre de répulsions patriotiques et presque physiques ». Ainsi la boucle serait bouclée. Les adversaires politiques seraient transformés en objets auxquels on ne reconnaîtrait plus le caractère personnel immuable de chacun mais dans lesquels on ne verrait que rejet individuel et attaques personnelles sans autre argument que les cernes sous les yeux ou la taille des oreilles. C’est minable.

Je n’irai pas, comme l’a écrit Edwy Plenel, directeur du site d’informations Mediapart à écrire que le mouvement des gilets jaunes c’est « la victoire des vaincus ». Pour cela, il faudrait des résultats matériels tangibles. C’est en tout cas, à défaut de victoire, une revanche sur des élites souvent sourdes et aveugles, souvent étrangères au monde réel du quotidien. Si, dans quelques semaines ou quelques mois, le regard porté sur ceux qu’on « méprise » se modifie en un certain respect, les actes 17, 18 ou 19 ne seraient pas inutiles.

(1) Godwin donne un point à chaque fois qu'une discussion ou un argument aboutit à une référence à la seconde guerre mondiale.


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10 mars 2019

Le Manoir de Bigards ne sera pas vendu au privé. Stéphane Bern ne serait-il qu'un Belphégor ? Delphine Butelet fait le power-point sur le patrimoine de l'agglo Seine-Eure


Mme Butelet au premier rang près de Jean-Pierre Duvéré. ©Jean-Charles Houel
Après l’assemblée générale de la SED (Société d’études diverses de Louviers et sa région) démontrant une activité conférencière élevée autant qu’une gestion financière saine en présence d’une centaine de membres heureux de la vitalité de leur association, une place de choix était réservée à une mini-introduction du président Binay et une présentation colossale du patrimoine de la CASE par Delphine Butelet, attachée du dit patrimoine à l’agglomération.

Tenant compte de la situation financière positive de l’association, Jean-Pierre Binay explique que les statuts de l’association lui permettent de mettre la main au portefeuille pour aider le Musée, par exemple, à acquérir des objets de toute nature liés à Louviers ou sa région. Ainsi, une toile marouflée représentant Germain Petit et ses fils, Germain et Guillaume (futur négociant et maire de Louviers) va-t-elle entrer dans le patrimoine muséal en partie grâce à la SED après que Michel Natier, directeur conservateur du musée a obtenu l’accord de la famille Petit sur un prix d’acquisition définitif.

Le patrimoine, naturel, environnemental, monumental, aussi bien privé que public, aussi bien religieux que laïque, est d’une densité et d’une diversité exceptionnelle dans l’agglomération Seine-Eure. Falaises crayeuses, vallées de Seine ou de l’Eure, châteaux, manoirs, églises, mairies, écoles, industries, murs, moulins…composent une « collection » de près d’un millier d’éléments remarquables, soit classés, soit inscrits, soit rien du tout, malgré des qualités évidentes pour qui sait attarder son regard sur les belles choses.

Delphine Butelet possède son sujet sur le bout de ses notes. Bernard Leroy la présente comme une personne passionnée, compétente, une sorte de « perle » capable de remuer ciel et terre pour obtenir des crédits de restaurations, de rénovations de clochers, de façades de mairies, de murs de cimetières, de toitures d’églises…le panel étant tellement vaste et les besoins si élevés. Mme Butelet est tout cela. Rigoureuse, précise, Delphine Butelet, power-point aidant, met en exergue les efforts accomplis depuis plusieurs années en faveur de la préservation du patrimoine sur le territoire de la CASE  — qui ne cesse de s’étendre pour atteindre bientôt 105 000 habitants et 67 communes — et insiste sur la participation assidue de l’association solidaire Cursus favorisant l’intégration sociale d’un public a priori marginal mais très efficace sous la houlette de cadres professionnels.

Le kiosque de la cour de la mairie et le platane disparu
Je ne vais pas passer en revue la multitude des travaux engagés. Les personnes intéressées iront sur le site de l’agglomération pour connaître les actions réalisées et les projets en cours. Je retiens toutefois deux informations intéressantes.
— Primo Jean-Pierre Duvéré, au nom de la ville de Louviers, assure que le Manoir de Bigards, situé rue du quai, ne sera pas vendu au privé comme des rumeurs malveillantes le propagent. La ville a engagé une étude et ces bâtiments seront restaurés et sauvés. Pour quelle utilisation ?
   Secundo, Nous ne savons rien du contenu du patronage de Stéphane Bern (il est le parrain de l’année 2019 du patrimoine à Louviers). Sera-t-il présent à un moment ou un autre, un monument de Louviers bénéficiera-t-il d’un coup de pouce financier ? Tout cela demeure bien vague. François-Xavier Priollaud devrait dire s’il s’agit d’un coup de pub ou d’un coup de maître.

Bernard Leroy, président de la CASE, conclut ce bel après-midi de samedi par un appel aux mécénat des particuliers ou des entreprises pour qu’ils (elles) apportent pécuniairement leur aide au sauvetage des monuments sachant que d’importantes réductions d’impôts sont liés à ces fonds servant d’appui de levier à des aides émanant de la Fondation de France par exemple.
Les membres de la SED doivent se souvenir, eux, de la visite programmée le 4 avril à 18 heures au musée de Giverny pour une visite commentée de la nouvelle exposition.

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7 mars 2019

Nicolas Dupont-Aignan est un terroriste verbal qui ne respecte aucune règle


Dupont-Aignan quitte le plateau de C à vous. (capture d'écran)
On peut avoir des adversaires politiques et, pour autant, accepter de débattre avec eux avec un maximum de courtoisie et de respect. La démocratie, c’est le débat. A condition que la réalité des faits soit reconnue par les parties en cause. Sinon, il n’y a aucune discussion possible puisque les règles du jeu ne sont plus reconnues par tous les débatteurs. Deux chefs de parti s’excluent avec routine du débat démocratique. Marine Le Pen, d’abord, ce qui n’étonnera personne et Nicolas Dupont-Aignan, ensuite.

Le responsable de « Debout la France » est un habitué des sorties de routes verbales. Invité, hier soir, de l’émission « C à vous », il s’est à nouveau illustré par sa méchanceté, sa haine, sa beaufitude. Alors que Patrick Cohen, journaliste du service public et d’Europe N° 1 lui assénait des statistiques officielles tirées du journal des Douanes et relatives aux échanges entre l’Europe et le Canada, Dupont-Aignan a tout contesté en bloc assurant que les chiffres étaient faux et que Patrick Cohen n’était autre qu’un journaliste manipulé à la solde du macronisme.

Face à une telle mauvaise foi et malgré les rappels à l’ordre d’Anne-Elisabeth Lemoine — en l’occurrence, elle s’est favorablement distinguée — l’animatrice principale de l’émission a invité Dupont-Aignan à quitter le plateau, un plateau où il est regrettable qu’il soit invité. Je sais bien que l’équilibre des temps de parole (vérifié par le CSA) oblige le service public à inviter tous les protagonistes de la vie politique. Mais comment dialoguer avec un politicien obtus, viscéralement menteur, une sorte de négationniste à la petite semaine dont la présence dans la vie publique est une sorte d’anachronisme tant le fond est occulté par une forme vulgaire uniquement composée de noms d’oiseaux ou de formules du genre « les députés LERM ne doivent pas sortir vivants de cette pièce ».

Les sondages actuels pour les élections européennes promettent 5 à 6 % à la liste Dupont-Aignan. Je me demande bien, si elle a des élus, ce que cette liste pourra apporter au parlement européen. DLF est europhobe, nationaliste, xénophobe…une aberration politique en une France de 2019 dont on attend qu’elle s’ouvre au monde. Pas que les soi-disant souverainistes nous enferment à double tour dans une France compassée.

5 mars 2019

« L'exilé » de la place Thorel à Louviers va retrouver sa tête, perdue puis…


Le départ (provisoire) de l'exilé. ©JCH
Les travaux vont bon train sur la place Ernest Thorel. Ils ont des conséquences. Sur la circulation, le stationnement, mais également sur l’environnement paysager. Ainsi, la statue située sur la place elle-même devait être déplacée pour être protégée mais également restaurée.
En effet, comme nous l’a rappelé Michel Natier, conservateur du musée municipal, « l’exilé » du nom du personnage statufié, devait absolument être déplacé, puis remisé pour bénéficier d’une restauration adaptée. Les Lovériens dotés d’une mémoire longue se souviennent que dans les années soixante, la statue fut victime d’un accident sérieux puisqu’une voiture — le conducteur en avait perdu le contrôle — vint percuter l’œuvre de pierre qui en perdit la tête et un pied.
La tête revint plus tard coiffer le buste du personnage avec une négligence certaine nécessitant une rénovation plus sérieuse. Le moment est donc venu. La statue a quitté Louviers ce matin (notre photo) en attendant un nouveau retour, triomphal cette fois.
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La collection Lanon enfin visible au Musée de Louviers. Et si Pierre Paul Rubens venait à apparaître ?


Michel Natier parfait nos connaissances sur les Lanon. ©JCH
Edouard Lanon, c’est une rue à Louviers. Comme Vignon, comme Lalun…Mais avant de figurer sur les plans de la ville, Edouard Lanon est surtout un généreux donateur. Pour mieux faire connaître l’importance de la collection Lanon à l’origine de la création du Musée municipal lovérien, les équipes du musée ont travaillé de longues semaines sous la houlette de Michel Natier, conservateur— directeur. Le résultat est à la hauteur des efforts déployés par une équipe super motivée. L’exposition Lanon — Edouard légua sa collection et des milliers de francs de l’époque à la ville de Louviers pour la protéger des prédateurs ou des convoitises — est enfin ouverte au regard du public. Céramiques, meubles, peintures, faïences, dessins composent un univers unique visible au musée pendant de longs mois encore. Cet univers est celui d’un fils de banquier lovérien, rentier, mort jeune mais soucieux de l’avenir.

Au cours du vernissage, vendredi dernier, en présence des élus et de nombreux Lovériens, Michel Natier attire l’attention des auditeurs sur deux tableaux que j’aimerais privilégier. Le premier est attribué à Valentin de Boulogne. Intitulé « soldats jouant aux dés » dont il existe deux autres exemplaires au musée de Metz et de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg, ce tableau était conservé dans les ateliers de restauration du Château de Versailles depuis 60 ans ! Michel Natier fait revenir le tableau à Louviers, trouve la restauratrice apte à réparer les insultes du temps et le manque de précautions de maniement du contexte de l’époque. Les travaux en cours laissent deviner une œuvre d’un homme que le Louvre considère comme un égal de Nicolas Poussin ou de Simon Vouet. Laurence Didier, la restauratrice assure que la toile est bien du 17e siècle, que les enduits le prouvent et que la patte de Valentin de Boulogne (ou de l’un de ses élèves ?) peut être affirmée. Quand on sait que Valentin de Boulogne est un créateur Caravagesque, on mesure combien Les Lanon s’intéressaient aux grands peintres et à leurs créations. Le Caravage demeure un naturaliste enflammé dont les expositions à Florence, Rome, Naples, ont connu un immense succès.
La seconde œuvre évoquée par Michel Natier est une scène religieuse. « Le Jugement de Salomon » « d’après Pierre Paul Rubens ». Il s’agit d’une peinture à l’huile sur toile d’1,98m sur 1,64m. Elle pourrait surgir de l’invisible et apparaître à nos yeux comme une œuvre de celui à qui le Louvre consacre une pleine salle parisienne. Ce serait évidemment un très grand événement, non seulement pour Louviers mais aussi pour l’art en général car Rubens, peintre flamand auteur de centaines de toiles, est considéré comme un peintre majeur du 17e siècle.

Les visiteurs pourront également être attirés par les faïences de Rouen, de Nevers, d’Italie ou des meubles dressoirs en chêne massif. Le catalogue édité à l’occasion (1) permet de mesurer l’essentialisme du legs Lanon. Chaque création : végétale, minérale, humaine, possède en propre son existence. Les Lovériens et les personnes sensibles à l’art trouveront en cette exposition, marquant le 131e anniversaire de la donation, matière à découverte. Il est jouissif de penser qu’un Rubens authentique et un Valentin de Boulogne non contesté appartiennent au patrimoine de notre ville.

(1) François Xavier Priollaud, maire, Claude Cornu, biographe d’Edouard Lanon et Michel Natier sont les auteurs des textes d’un catalogue instruit réalisé avec l’aide du Crédit agricole. Il est en vente à l’entrée du musée pour la somme de 15 euros.
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3 mars 2019

« Le patrimoine en Seine-Eure » Par Delphine Butelet invitée par la Société d'études diverses le 9 mars prochain


Le Moulin d'Andé sera aidé par l'agglomération pour sa restauration. ©Jean-Charles Houel
L’assemblée générale de la Société d’études diverses aura lieu le samedi 9 mars prochain au Moulin. Elle sera suivie, à 16 heures, d’une conférence consacrée au patrimoine de notre région, un sujet dont la ville de Louviers a décidé de faire en 2019 une nouvelle grande cause municipale. Pour en parler, la SED accueillira Delphine Butelet, chargée de la valorisation du patrimoine à l’Agglomération Seine-Eure, sons sujet : « Patrimoine en Seine-Eure : un concentré de Normandie à sauvegarder et à valoriser ».
Dans le cadre de la réalisation de son Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI), l’Agglomération Seine-Eure a identifié plus de 750 éléments remarquables du patrimoine sur son territoire. Ce patrimoine est parfois en mauvais état et mérite d’être valorisé. C’est pourquoi, ces dernières années, de nombreuses actions ont été mises en place : chantiers d’insertion confiés à l’association CURSUS, organisation d’animations via l’Office de Tourisme… Depuis 2017, les communes et les particuliers peuvent être accompagnés dans leurs projets de restauration du patrimoine et aidés dans la recherche d’aides financières en faveur de leurs travaux. Ainsi le patrimoine devient un facteur d’attractivité du territoire à travers des actions concrètes de valorisation et l’organisation de nombreux événements. Au cours de son exposé, Delphine Butelet présentera tous les moyens mis en oeuvre actuellement pour assurer cette sauvegarde.

Les gilets jaunes à Rouen : un mouvement hautement inflammable !


Après le passage des gilets jaunes. ©Jean-Charles Houel
Rouen a été oubliée dans la liste des villes dont les médias regorgent. Hier, comme chaque samedi depuis le 17 novembre dernier, la capitale régionale a connu un nouvel accès de fièvre avec quelques centaines de gilets jaunes et de protestataires défilant dans les rues du centre de la ville aux cent clochers
Les deux revendications essentielles sont toujours les mêmes : Le RIC, le référendum d’initiative citoyenne et la démission d’Emmanuel Macron de la présidence de la République. Tant que les conclusions synthétiques du Grand débat national ne seront pas rendues publiques, tant que le gouvernement n’aura pas fait ses choix pour relancer le dialogue social, créer des conditions matérielles favorables pour les plus modestes, sans miser sur le résultat des élections européennes inappropriées pour régler ce mouvement social novateur et déterminé, la situation risque bien d’être figée. Il faudrait donc s’habituer aux cortèges, blocages de carrefours (comme à Tourville-La-Rivière hier) et aussi aux incidents plus ou moins graves avec blessés chez les policiers, gendarmes et les protestataires.

J’ai été témoin, hier, d’un dérapage non contrôlé de la part de jeunes (gilets jaunes et non gilets jaunes) rassemblés près du Boulevard des Belges à Rouen, adolescents pas plus vieux que 15, 16 ans, venus là pour en découdre, allumer des incendies de poubelles et de matériaux de chantiers, et aussi casser du flic.
Ce rite du samedi, s’il sert la solidarité interne des manifestants, ne manque pas d’énerver les commerçants d’une ville fréquentée pour la qualité de vie de son centre et par des touristes souvent ébahis. Le ministre de l’Intérieur a récemment indiqué le montant des dépenses occasionnées par les dégradations sans oublier tous ces blessés graves notamment à cause de l’usage du BLD si dangereux. De nombreux badauds avec lesquels j’ai discutés demandent l’interdiction des manifestations. C’est un droit constitutionnel précieux qui doit demeurer. Et quand bien même ces manifestations seraient interdites, elles existeraient quand même, non déclarées, non contrôlées, non maîtrisées. Il nous faut donc prendre notre mal en patience.