20 janvier 2018

Les vœux du maire de Louviers : « Je veux que Louviers retrouve son rang de grande ville de Normandie »


Je n’étais pas présent à la cérémonie de vœux du maire de Louviers. Mais François-Xavier Priollaud, en communicant avisé, m’a fait transmettre le discours qu’il a prononcé devant les Lovériens. D’un long texte justifié par la nécessité de vanter l’action entreprise et le désir d’expliquer les projets en cours ou à venir, j’ai retenu quelques lignes fortes non exhaustives eu égard au vaste champ déployé.

Parmi les bonnes nouvelles annoncées par le maire, l’augmentation de la population puisque, contrairement à bien d’autres villes moyennes de l’Eure, le nombre d’habitants croît sensiblement. D’après l’INSEE, Louviers compterait plus de 19 000 habitants. Les raisons de cette croissance ne sont pas objectivement explicables eu égard au niveau des impôts locaux encore très (trop) élevés dans notre ville et souvent avancé comme élément repoussoir à une installation. Je ne pense pas que l’effort symbolique, à saluer tout de même, engagé par la municipalité et visant à diminuer de 2% le taux des impôts locaux d’ici la fin du mandat actuel soit suffisant pour parler d’une puissante attractivité nouvelle. Certes, nombre de pavillons sont construits — c’est dans doute là que réside la clé du succès — et les parcs industriels qui se remplissent contribuent peut-être également à la croissance lovérienne. Bernard Leroy (président de la CASE) se bat, assure-t-il, pour que les salariés choisissent l’agglomération Seine-Eure comme lieu de résidence. Ou alors, le temps est-il revenu de salariés moins pressés d’habiter la campagne et de subir les trajets domicile-travail-école-associations ?

L'école Jean Prévost vieillit mal.© Jean-Charles Houel
Autre bonne nouvelle qui méritera des explications plus précises, le sort de l’école Jules Ferry. Cette école, comme d’autres à Louviers, a subi les effets du temps qui passe. Le maire rejette l’ancien projet Martin pour une estimation de travaux moins élevée (6 millions d’euros contre 14). Il reste que l’urgence des besoins devrait conduire nos élus à rendre vraiment prioritaires ces travaux dans les écoles qui en ont le plus besoin. Je considère que la priorité des efforts doit porter sur l’éducation, toujours l’éducation et qu’on ne devrait pas mégoter sur les moyens alloués. Si la population augmente, le nombre d'élèves devrait augmenter lui aussi. Il serait donc juste qu'ils soient accueillis dignement, mieux en tout cas que dans certaines conditions d'aujourd'hui.

J’attends avec impatience de connaître le contenu de l’accord que le maire de Louviers dit vouloir rechercher avec les maires des communes de La Haye-le-Comte, Le Mesnil-Jourdain, Pinterville, Incarville. Car ces communes font déjà toutes partie de l’agglomération Seine-Eure, n’est-ce pas ? FXP envisage-t-il une  « fusion » (il prétend que non) que la géographie pourrait justifier, sinon l’histoire ? Des frayeurs financières (les impôts locaux à Louviers !) de la part des habitants trop heureux de bénéficier des services de Louviers sans en subir les contraintes, pourraient freiner le mouvement spontané d’une communion à défaut d’une fusion.

Nul n’ignore que le départ en retraite de médecins appréciés raréfie l’offre médicale dans notre ville. Pour espérer remédier à cette pénurie, la mairie et quelques médecins avisés ont décidé de travailler à l’ouverture d’une maison médicale dans les anciens locaux des Assedics rue du commandant l’Herminier. L’Europe apporte 700 000 euros dans la corbeille pour aider au financement d’un équipement polyvalent appelé à attirer des médecins et des spécialistes ou des professionnels d’activités paramédicales. L’objectif est de créer un pôle bien référencé, disponible, permanent où les médecins pourraient pratiquer leur passionnant métier au service d’une patientèle mieux servie. L’ouverture est programmée en septembre 2018.

C'était hier. ©Jean-Charles Houel
Cette cérémonie de vœux que le maire voulait exhaustive en informations, ce qu’on ne saurait lui reprocher, a évoqué maints autres sujets locaux. Du festival des grands amateurs de piano à la création du HUB de la future cité numérique et du développement généralisé de la fibre optique, des patinoires en cours de construction rue du canal, à la salle de sports sur l’emplacement de la piscine Plein soleil, on n’oubliera pas non plus les coups de chapeau appuyés aux associations de commerçants du centre ville particulièrement choyés. J’ignore si, comme le maire, la majorité d’entre eux se satisfait de la halle couverte. Elle est là. Il nous faut donc faire avec. Autre projet : l‘éclairage public par LED. Il sera mieux réparti, plus sécurisant. La lumière ne s’éteindra donc plus. Tant pis.

Les aménagement routiers ne manqueront pas non plus en 2018. La rue piétonne du Matrey. C’en sera fini. La circulation sera rétablie dans le sens ouest-est identique à celui de la rue de Gaulle. La place Thorel devra elle aussi être aménagée avec la disparition de la friche industrielle actuelle, le déplacement du garage Citroën sur la zone industrielle, la construction d’une résidence pour personnes âgées. Je passe sur les nombreux chantiers pavillonnaires dont le maire attend beaucoup. A quand les 20 000 habitants ? Le maire compte également sur un soutien régional (un million d'euros) permettant une requalification (quel autre mot ?) de l’habitat du centre ville ; Une exposition devrait permettre de mieux appréhender les efforts à entreprendre…

Enfin, politiquement, le maire a expliqué son souci de pluralisme et d’ouverture. L’appel à toutes les bonnes volontés est la marque d’une pensée centriste mais elle est aussi et surtout une façon de se positionner pour les prochaines échéances. Il ne fait pas de doute que les futures élections municipales — à Louviers comme ailleurs — se joueront au centre et que la droite, comme la gauche, a déjà anticipé ce fait. On dirait qu’ils se mettent tous en marche !



16 janvier 2018

Leila Slimani, l'intelligence et l'élégance de la pensée


Elle est lumineuse. Elle irradie littéralement. Son intelligence est éclatante et son engagement évidemment sincère. Leila Slimani, d’origine marocaine devrait faire réfléchir, à elle seule, les racistes, les antiféministes, et leur démontrer combien leurs a priori, leurs clichés, leurs obsessions sont à la fois irrationnelles et infondées. Leila Slimani, invité de l’émission C politique, dimanche soir sur France 5, a eu tout loisir de développer sa pensée, son histoire, ses sentiments et de faire quelques remarques sur les sujets du moment.

Celle qui vient d’écrire dans Libération une chronique intitulée « un porc tu nais ? »  pour répondre à l’appel des cent femmes qui revendiquent le droit d’être « importunées » dont Catherine Deneuve — qui a rétropédalé hier — explique fort bien en quoi « on ne naît pas femme on le devient, on ne naît pas porc, on le devient. » Cette référence à Simone de Beauvoir symbolise le sens de sa démarche. Pour que le désir, la séduction, l’amour vrai se réalisent, il faut aussi que l’éducation, le respect de la dignité de l’autre (homme ou femme) jouent leur rôle. Leila Slimani rêve d’un temps où les femmes pourraient sortir seules, libres, n’importe quand et n’importe où, d’un temps où il n’y aurait plus ni proies ni prédateurs, seulement des êtres différenciés capables de s’apprécier pour ce qu’ils sont. Léila Slimani : une belle personne et un grand écrivain à découvrir de toute urgence pour ceux et celles qui ne la connaissent pas. Ou mal.

14 janvier 2018

Quelques réflexions au débotté : Trump « un président de merde », le scandale Lactalis, la puissance du lobby de l'automobile, Marine Pen drague aux portes des prisons


Jack Lang : Trump ? Un président de merde
Trump a une bonne tension artérielle et du cholestérol à un niveau normal. On est bien content de l’apprendre après que le médecin de la Maison blanche a signé l’attestation de bonne santé du président des Etats-Unis. Depuis la publication des bulletins de santé de François Mitterrand, avec la complicité de son médecin personnel, quiconque sait qu’il ne faut pas prendre tous les bulletins de santé de ceux qui nous gouvernent au pied de la lettre…
Plus intéressant aurait été l’examen psychiatrique de Trump. Ses capacités physiques sont une chose, son état mental en est une autre. Jamais il n’acceptera de se soumettre aux avis de plusieurs spécialistes du comportement. Et pourtant. Son agressivité permanente, son racisme maintenant bien établi avec ses dernières déclarations sur « les pays de merde » (Haïti, l’Afrique), ses mensonges répétés, ses virages à 180 ° sur divers sujets (le mur avec le Mexique), son attitude vis à vis des femmes (on les attrape par la chatte !), tout concourt à faire de cet homme-là, le plus puissant de la terre, une sorte d’être mal dégrossi, imbu de lui-même, un irresponsable arrivé au pouvoir par un accident que l’histoire n’avait pas prévu.
Le livre de Mickaël Wolf « De feu et de fureur à la Maison blanche » nous dresse d’ailleurs le portrait d’un personnage sans culture, instable, incompétent à tous les niveaux du pouvoir. Un fan de téléréalité, enfin, qui fait régner la terreur autour de lui et qui trouve le moyen d’avoir des supporteurs fanatisés, incapables de voir que les États-Unis d’Amérique, au lieu d’être grands, deviennent un pays isolationniste et isolé.

On ne sait pas encore tout du scandale Lactalis
On ne sait pas encore tout du scandale Lactalis comme on ne sait pas grand-chose des comptes de la famille Besnier, du nom des propriétaires de ce groupe multinational au chiffre d’affaires impressionnant. Des salmonelles dans le lait destiné aux nourrissons, en France, en Espagne, en Grèce…34 enfants malades, des milliers de familles touchées dans ce qu’elles ont de plus cher, la santé de leurs enfants. On a vu et entendu un directeur organiser une conférence de presse au cours de laquelle les journalistes n’ont rien appris, rien entendu sur les raisons du scandale, seulement des mots d’excuse à répétition, des excuses forcées, insincères.
Depuis quand les salmonelles ont-elles « empoisonné » les boites de lait infantiles vendues dans les grandes surfaces, les pharmacies ? Depuis quand les responsables de l’unité industrielle mayennaise savent-ils que les produits mis sur le marché sont impropres à la consommation ? Pourquoi les distributeurs ont-ils laissé dans leurs rayons ces produits dangereux alors même que des retraits avaient été imposés ? Et les contrôles de la répression des fraudes ? Ont-ils assez de moyens humains pour y faire face ? Aujourd’hui dans le JDD, le patron acculé assure que la transparence va être totale. Il est plus que temps. Des centaines de plaintes ont été déposées contre Lactalis. La justice va donc s’emparer de cette nouvelle affaire agro-alimentaire. Bruno Le Maire souhaite, apparemment, que toute la lumière soit faite.

Le lobby des automobilistes demeure puissant
S’il est une mesure discutée, c’est bien la proposition du Premier ministre de réduire la vitesse des véhicules de 90 à 80 kilomètres à l’heure à compter du 1er juillet. « Même si je suis impopulaire », affirme Edouard Philippe, peu m’importe, ce qui compte c’est de tout faire pour réduire le nombre de morts et de blessés sur les 400 000 kilomètres de routes françaises non sécurisées. Le débat est vieux comme la voiture. Des Français considèrent que ce n’est pas en « punissant » les automobilistes qu’on assurera la sécurité — car réduire la vitesse est ressentie comme telle —, d’autres, plus rationnels et plus raisonnables aussi, demandent à voir et proposent des solutions adaptées : on devrait réduire la vitesse là où c’est dangereux et pas sur toutes les lignes droites sans obstacles. Mais cela aurait un coût exorbitant ! L’Etat prendra en charge les frais d’installation des nouveaux panneaux. Si le nombre de morts et de blessés baisse sur les routes, qui pourra reprocher à Edouard Philippe sa décision ? Mais, décidément, que le lobby des automobilistes demeure puissant !

Marine Le Pen aux portes des prisons : honte à la récupération !
Pour mettre de l’huile sur le feu, rien de telle qu’une bonne démonstration bien populiste et si possible devant les caméras et autres photographes. Chez Whirlpool, la cheffe du Front national avait cru marquer des points face à Emmanuel Macron. Mais celui-ci, plus avisé et plus malin, avait repris la balle au bond. Jeu, set et match. En hurlant devant la prison nordiste l’ancienne candidate à la présidence de la République fait de l’agitation à bon compte…mais sa crédibilité est si faible !
Il n’est pas étonnant qu’un parti qui préconisait le retour de la peine de mort aille braconner sur les terres immenses de la haine et du pire. J’ignore si les syndicats représentant les gardiens de prisons ont marché dans la combine mais leur colère, légitime après l’attaque au couteau d’un djihadiste radical, devrait déboucher sur de nouvelles mesures plus adaptées à ce type de prisonnier. La direction locale est mise en cause. On lira avec intérêt les conclusions de l’enquête en cours pour connaître les défaillances car le système a dysfonctionné.
Ce qui me surprend, c’est la rapidité avec laquelle d’un comportement individuel, on globalise une responsabilité plus large. Certes, le politique est là pour assumer — même ce qu’il ignore — je souhaite donc bon courage à Mme Bellloubet (la ministre de la Justice) si elle veut rattraper les années d’indifférence qui ont prévalu autour d’un sujet essentiel : les moyens donnés à l’administration pénitentiaire pour recevoir, soigner, éduquer des personnes sanctionnées par les juges mais aussi préparer leur réinsertion dans la société.

11 janvier 2018

Les éditions Gallimard reportent avec raison la publication des pamphlets antisémites de Céline


La sagesse l’a emporté. Les éditions Gallimard ont en effet décidé, ce jour, de différer la publication des trois textes de Céline (dont Bagatelles pour un massacre) faute de pouvoir éclairer historiquement les pamphlets antisémites de l’écrivain français. Si ces trois textes ont été édités au Québec, en 2012, annotés par un « spécialiste » universitaire de l’œuvre de Céline, les éditions Gallimard ont pensé qu’il pouvait en aller de même en France…

Dès que l’annonce de cette publication a été faite, nombre de voix se sont élevées pour protester, certaines demandant l’interdiction pure et simple de ces textes dont la lecture est permise et qui circulent d’ailleurs sur Internet. Le débat est toujours de même nature : il faut distinguer l’homme Céline de l’écrivain Céline, celui du « Voyage au bout de la nuit. » Comme il fallait distinguer le Pétain de 14-18 du Pétain de 1940. Comme il faudrait distinguer le réalisateur Roman Polanski du « violeur » qu’il fut à une autre époque de sa vie. Peut-on distinguer l'homme de son œuvre ? Tout homme n'est-il pas entièrement dans ce qu'il dit, fait, écrit ?

Ces débats sont vifs, inépuisables car chaque camp veut toujours avoir raison sur l'autre. Pour que les éditions Gallimard adoptent cette attitude de retrait, c’est bien parce que la publication de textes sulfureux, abominables, scandaleux, mérite d’être entourée d’un luxe de précautions permettant aux jeunes générations de découvrir, s’ils ne le connaissent déjà, le contexte de l’époque de l’entre deux guerres et surtout d’avoir accès à des critiques étayées sur les mensonges, les jugements infondés, les attaques virulentes de l’écrivain antisémite.

En republiant « Mein Kampf » les Allemands ont exigé une édition critique offrant toutes les garanties de sérieux, d’objectivité factuelle, permettant de démontrer et de démonter les fantasmes destructeurs du dictateur nazi. Tant que les éditions Gallimard n’auront pas trouvé les historiens, les chercheurs, les philosophes à même de créer des pare-feux indispensables aux lecteurs contemporains, avouons qu’elles ont eu raison de refuser un travail bâclé et donc inadmissible.

9 janvier 2018

Les théories complotistes ? Des armes de distraction massives !


A la lecture du sondage réalisé par la Fondation Jean Jaurès et une association civique (Conspiracy Watch) sur l’adhésion — ou non — des Français aux théories complotistes, on est effaré mais pas étonné. Près de 9 % de nos concitoyens croient peu ou prou que la terre est plate ! 19 % Qu’elle a 10 000 ans d’existence ! Que les Américains ne sont jamais allés sur la lune ! Que la fumée blanche des avions est composée de produits toxiques destinée à empoisonner les populations, et évidemment, que les attentats du 11 septembre 2001 sont dus à des manœuvres des services secrets américains…Quant à la théorie du grand remplacement (1) si chère à tous les islamophobes, elle a encore de beaux jours devant elle ! L’extrême droite ne se prive d’ailleurs pas d’exploiter cette belle escroquerie intellectuelle que tous les démographes et les sociologues sérieux démentent absolument.
Des théories complotistes, il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Quand on ne parvient pas à trouver sa place dans le monde ou dans la société, il est bien « évident » que des forces malfaisantes, des esprits nuisibles, des énergies occultes agissent en coulisse pour vous humilier et vous laisser pour compte. Ben voyons !
Le sondage indique d’ailleurs que les électeurs(trices) de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon sont ceux et celles qui croient le plus en ces forces de l’ombre et du chaos. Le bruit et la fureur règnent en maître chez ceux et celles que la vie n’a pas gâtés. Dès lors, comme toujours, il faut bien trouver une explication, un responsable à ce mauvais sort. Hier ce fut « le juif ». Aujourd’hui c’est « le musulman ». L’éternel bouc émissaire !

Comment et pourquoi les rumeurs, les ragots, les fausses nouvelles et autres diffamations parviennent-ils-elles à imprimer les cerveaux ou plutôt les affects des amateurs de complots ? Moins on est informé, moins on est éduqué, moins on sait de choses et plus on est certain que des esprits maléfiques gouvernent le monde… même si je n’ignore pas que des docteurs ou des titulaires de diplômes élevés n’excluent pas l’existence des pouvoirs de l’ombre. On peut être éduqué et croire aux vertus de la pensée magique.

En 2018, et surtout les jeunes de 18 à 35 ans, d’ailleurs, bien des Français voient la main du diable partout. Manquerait plus qu’on brûle des hérétiques sur la place publique ! Finalement, ces fausses nouvelles qu’affectionnent des gens comme Trump, ont encore de beaux jours devant elles d’autant que la presse et les médias…ont mauvaise presse. Les habitants de notre pays ne sont que 25 % à penser que les journalistes rapportent l’actualité sans la déformer ! Autrement dit, pendant qu’on passe son temps à écouter les rumeurs, à les commenter — ce que je fais en cet instant — j’en conclus que ces théories complotistes sont des armes de distraction massives. Elles nous empêchent de réfléchir, d’être à l’écoute du monde. Le vrai.

(1) La théorie du grand remplacement : Selon cette théorie qui circule surtout dans les milieux d'extrême droite, les Français pourraient bientôt être évincés démographiquement par des peuples non européens.

7 janvier 2018

Taxe sur les morts et…baisse des impôts : Pour Diego Ortega, « il s'agit d'un coup de com de la part du maire de Louviers »


Affiche utopique mais nécessaire. ©JCH
Diego Ortega dont on connaît l’intérêt pour la politique lovérienne a publié sur son profil facebook un texte qui répond à mon article consacré à la « taxe sur les morts. » Je le publie dans son intégralité.

« Il me semblerait inopportun de commenter l'appréciation que tu portes sur Franck Martin et sa façon de « faire de la politique ». Elle est empreinte de vos divergences. Elle est en partie le fruit de liens qui vous concernent, seuls, et qui datent de plusieurs dizaines d'années ... Tu comprendras que je ne m'en mêle pas.

Je me permets, en revanche, de faire un léger rectificatif s'agissant des radicaux de gauche. Feu le PRG s'est divisé en deux. Certains élus et militants fusionnent dans un nouveau mouvement avec les radicaux valoisiens (jusqu'alors membres de l'UDI), c'est exact. D'autres (dont fait partie Olivier Taconet) constituent un autre mouvement intitulé "les radicaux de gauche". Ce mouvement s'inscrit dans la perspective d'une gauche de gouvernement, humaniste, progressiste, laïque, sociale et écologiste. Il a vocation à prendre sa place dans la "reconstruction à venir" de cette gauche dite de gouvernement ...
Ensuite, s'agissant de la déclaration du Maire de Louviers. Deux commentaires :
Les frais d'inhumation des personnes dites "indigentes" étaient jusque là portés par la solidarité via la redistribution de l'impôt local et en particulier par une intervention du CCAS. Très bien. La mise en place de cette taxe va faire porter cette charge par les familles endeuillées, et elles seules. Et ce, quelque soit leurs revenus, toutes seront taxées uniformément à 50 €.

Au-delà de l'exemple, mon intérêt réside dans ce que cette décision a de révélateur ! Révélateur d'une divergence de fond sur la gestion des collectivités territoriales.
Cette divergence porte en l'occurrence sur la répartition de la charge entre le contribuable et l'usager. Ainsi, la majorité municipale a souhaité que désormais cette charge soit prise en charge par l'usager (la famille endeuillée et plus le contribuable dans son ensemble), soit.
Cette conception n'est pas partagée par tous, en tous cas, pas par moi.
Concernant le vote de l'opposition sur la baisse (très symbolique) du taux d'imposition à Louviers. Sauf erreur de ma part, il ne s'agit pas d'une opposition de principe à cette baisse, bien au contraire. Qui serait contre, à service équivalent, d'une une baisse des contributions obligatoires ?

Il me semble que ce qui oppose majorité et opposition, c'est le sentiment par cette dernière d'un énorme "coût de com". Ainsi, pour avoir assisté à de nombreuses réunions où le Maire de Louviers annonçait un événement majeur : Une baisse des impôts à Louviers ! J'imaginais qu'il s'agissait d'un tour de force. Non seulement, la Ville devait faire face à une baisse puis un gel des dotations de l'Etat, mais en plus l'exécutif proposait une baisse de ses ressources liées à l'impôt local : trop fort ...Impressionné, j'étais !

Mais cela ne fut que de courte durée, en particulier lorsque nombre de lovériens m'ont indiqué la nature de la baisse "concrète et réelle" de leur imposition.
1, 2 voir 5 € par an sur un impôt parfois supérieur à 1000 € ! Baisse du taux, il y a. Delà à en faire l'élément majeur d'une stratégie financière à grand renfort de communication, cela pourrait apparaître comme disproportionné ... À mes yeux, on s'approche plus de l'effet d'annonce et du coup de communication que d'une baisse réelle et significative de la pression fiscale à Louviers ! Dommage. J'exprime un sentiment personnel. Sentiment partagé par l'opposition municipale et qui explique sa réserve lors des annonces du Maire sur une nouvelle baisse des taux.

Enfin, sur le sujet même. Tu n'es pas sensible à la forme prise par cette opposition à la taxe. Tu ne signeras donc pas cette pétition, j'entends. Mais s'agit-il uniquement d'une question de forme ? Que penses-tu du fond ? Du principe même de mise en œuvre de cette taxe ? D'annoncer une baisse de l'impôt local tout en mettant en place de nouvelles taxes et en augmentant par ailleurs nombre de tarifs ? Il ne s'agit pas de polémique (comme toi, je n'y suis guère sensible), il s'agit de la conception même du principe de solidarité et de redistribution de la richesse créée. Faut-il favoriser la prise en charge financière des missions de services publics locaux plutôt par l'impôt (et donc le principe de redistribution en fonction des revenus de chacun) ou faut-il plus tôt faire peser ces charges sur l'usager ?

A noter que cette taxe a un caractère obligatoire (on ne choisit pas de la disparition d'un proche) et sera du même montant quelque soit la nature des revenus des personnes taxées. Cela doit te rappeler de vieux débats sur la gratuité du service public et plus récemment sur les questions de DSP de certaines missions liées à la gestion de l'eau (si ma mémoire ne me fait pas défaut). Je serai ravi d'échanger à l'occasion avec toi sur tous ces sujets passionnants ...

Enfin, tu interroges l'exécutif local sur son argumentation à mettre en œuvre cette nouvelle taxe, c'est bien naturel. Un de tes prochains papiers permettra probablement à un ou plusieurs des membres (de ton choix) de l'opposition d'exposer de façon argumentée, structurée (et en dehors de toutes invectives et agressions verbales) les raisons de leurs objections à l'application de cette taxe inopportune à leurs yeux ...

A très bientôt, j'espère.
Diego

Ma réponse : Merci Diego d’utiliser le ton que tu emploies. Il est conforme à ce que des citoyens désirant être informés pour comprendre, attendent de ses représentants actuels ou futurs. Cela nous change. Et comme en plus, tu argumentes avec talent (et travail) je suis heureux de publier ton texte sur mon blog. Je le publie pour, justement, ne pas rester limité aux réseaux sociaux que tout un chacun ne fréquente pas forcément. Et ton texte mérite la diffusion la plus large puisqu’il interpelle intelligemment la majorité municipale.
Qu’il n’y ait aucune ambiguïté. Le titre de mon article (un peu d’humour fait du bien) est d’ailleurs sans équivoque : cette mesure est un expédient comme nombre d’adjoints aux finances en utilisent depuis que le monde est monde et que la décentralisation a permis aux élus de s’engouffrer dans des sentiers étroits. Je suis contre cette taxe. Mais je ne signerai pas la pétition dont l’objectif aurait dû être, si l’outil est vraiment adapté à la situation, ce dont je doute (opération com également) d’élargir la base étroite d’une gauche plus en perdition qu’en reconstruction.

Merci Diego de m’avoir éclairé sur les subtilités relatives aux radicaux. Je viens de lire la biographie de Michel Beck consacrée à la vie de Pierre Mendès France. Membre du Parti radical (par admiration pour Herriot) PMF a passé sa vie à être trahi, critiqué, honni par ceux-là même qui auraient dû le soutenir, notamment en 1956. On attendait PMF, on eut Mollet ! Il eut les mêmes difficultés au PSA puis au PSU de Michel Rocard. J’ai adhéré au PS en 2006, ce fut une expérience intéressante (à laquelle j'ai mis un terme) mais jamais je ne m’y suis senti à l’aise comme je l’avais été au sein du CAG (comité d’action de gauche). Dans ce dernier, le breuvage était plus important que le flacon. Tu ne me feras pas croire que le parti de M. Taconet (les Radicaux de gauche dis-tu ?) a un avenir autre que groupusculaire à vocation utilitariste…

Enfin, je suis évidemment prêt à accueillir sur ce site les écrits de toutes les bonnes volontés concourant à une pédagogie politique sans laquelle il n’est point de citoyen (voir affiche en illustration). Je te remercie de ta contribution qui renforce ma conviction : on peut défendre un point de vue sans vouloir forcément l’humiliation d’un adversaire ou d’un contradicteur.

6 janvier 2018

La taxe de cimetière votée à Louviers : « Ça c’est sûr, vous mourrez moins bêtes mais vous mourrez quand même » (Arte)


N’étant pas d’accord avec la forme de la pétition que plusieurs élus d’opposition du conseil municipal de Louviers nous invitent à approuver, je ne la signerai pas. D’autres Lovériens, comme moi, en ont assez de ces invectives, de ces agressions verbales qui ne favorisent pas la qualité du débat public. Faire, contre la politique de François-Xavier Priollaud, du « Mélenchon local » n’apporte, en effet, ni solution ni espoir. Il serait temps que l’opposition, celle de gauche bien sûr (1) s’en rende compte avant les prochaines élections.
Pourtant, sur le fond, la pétition qu’a initiée l’ancien maire de Louviers (Franck Martin) au style si reconnaissable — Il en veut toujours à la terre entière — mérite qu’on la regarde de près. Le grand argentier de la ville est-il à ce point aux abois qu’il a demandé la création d’« une taxe sur les morts » taxe légale, certes, mais surprenante dans la mesure où son existence soudaine surprend et son montant intrigue ?

Une tombe parmi les tombes.©PH
Selon l’article L2223-22 du Code Général des Collectivités Territoriales, « les convois, les inhumations et les crémations peuvent donner lieu à la perception de taxes dont les tarifs sont votés par le conseil municipal. » Les villes ont donc le pouvoir de lever cette taxe à l’issue d’un vote décrété par ses élus, et d’en fixer le montant même si elles n’y sont aucunement contraintes par la loi.
A Louviers, la majorité municipale a décidé de fixer le montant de la taxe à 50 euros. Ce niveau se situe dans la fourchette haute puisque la plupart des villes moyennes ont opté pour une taxe de 30 euros quand cette taxe existe (sauf Evreux voir les explications du maire). Elle a — dans les textes — pour principal objectif déclaré « de participer à l’entretien du cimetière et de ses installations. » A Louviers, le maire affirme qu’il s’agit de financer l’inhumation des indigents.
Rien ne prouve, pourtant que la perception de cette taxe ira grossir le budget de fonctionnement du cimetière déjà alimenté par les recettes des concessions. Je rappelle qu’une concession funéraire est un emplacement dans un cimetière dont on achète l'usage et non le foncier évidemment. J’y vois plutôt un moyen d’augmenter les recettes dites de poches alors même que le maire veut baisser le niveau des impôts locaux de 0,5 % en 2018 (après 0,5 % en 2017). Eu égard aux baisses des dotations de l'Etat, la commune part à la recherche de recettes nouvelles.

Le point de vue du maire de Louviers : une mesure de solidarité
J’ai interrogé François-Xavier Priollaud pour qu’il apporte les justifications utiles à la compréhension de cette décision municipale approuvée par la majorité LR-UDI-MODEM.
« L'existence d'une taxe d'inhumation est fréquente dans la plupart des communes. Il est vrai qu'elle n'existait pas à Louviers. Il s'agit d'une mesure de solidarité qui permet de prendre en charge les frais occasionnés par les obsèques des indigents décédés sur le territoire de la commune. Jusqu'à présent, cette prise en charge est réalisée dans le cadre de la commission de secours du CCAS (2). Cela veut dire que l'on ampute d'autant les aides accordées sur d'autres sujets par cette commission de secours. C'est donc là une mesure sociale qui vise à pouvoir donner davantage aux plus démunis.
Et si une personne a des difficultés à payer des frais d'obsèques, elle pourra tout à fait toujours continuer à bénéficier d'une aide financière de la commission de secours du CCAS. Il est donc totalement faux d'affirmer que les plus modestes seront dans la difficulté. 
J'ai moi-même personnellement réglé un certain nombre de cas concrets depuis le début du mandat. Le montant fixé est dans la moyenne et nettement inférieur aux 123 euros pratiqué à Evreux.
Le vrai sujet - mais cela dépend davantage du législateur, concerne le montant des frais d'obsèques. Mais c'est un autre débat. 
J'ajoute enfin que l'opposition, qui semble tout d'un coup très attachée au niveau de la fiscalité, pourrait commencer par ne plus s'opposer à la baisse des impôts comme elle l'a fait l'an dernier, et comme elle se prépare à le faire, pour la deuxième année consécutive, lors du vote du budget, le 5 février prochain. 
L'opposition municipale, qui a considérablement augmenté les impôts lorsqu'elle était aux affaires, n'est absolument pas crédible et flirte - c'est un euphémisme - avec l'indécence. »
(1)  Les radicaux (de gauche) dont se réclame M. Taconet, signataire de la pétition, viennent de fusionner avec les radicaux valoisiens (de droite) eux-mêmes alliés avec certaines forces du centre…dont l’UDI…de M. Priollaud ! Paris n'est pas Louviers.
(2)  CCAS : Centre communal d’action sociale.

4 janvier 2018

« La navigation traditionnelle sur la Seine autrefois » par Jean Baboux le 20 janvier prochain

Le port de Rouen. © Jean-Charles Houel

La première conférence de l’année de la SED (société d’études diverses) aura lieu le samedi 20 janvier, à l’heure et au lieu habituels : à 16 heures, dans la salle Pierre Mendès France à l’Hôtel de Ville de Louviers. Jean Baboux, vice-président du Cercle d’Études Vernonnais, évoquera, images à l’appui « La navigation traditionnelle sur la Seine autrefois ».
La Seine aujourd’hui constitue un axe majeur pour la batellerie sur un fleuve capable de recevoir des bateaux automoteurs ou des barges poussées de grand gabarit. Qu’en était-il autrefois quand la Seine était un fleuve sauvage, non régulé et non aménagé ? La conférence évoquera le cadre naturel de la Basse-Seine entre Rouen et Paris, avec ses multiples obstacles constitués par les îles, les pertuis et les ponts. Ensuite sera abordé le cadre juridique de cette navigation permettant l’approvisionnement de la capitale. Enfin nous verrons quels types de bateaux, naviguant grâce au halage, parcouraient le fleuve, surtout aux XVIIe et XVIIIe siècles et au début du XIXe, avant la mécanisation et les grands aménagements hydrauliques effectués sur la Seine. Des documents inédits et de nombreuses représentations iconographiques de bateaux feront revivre un monde aujourd’hui disparu, quand une foule de personnes vivaient de la navigation.

En matière de liberté d’expression et de liberté de la presse, on ne doit toucher aux textes que la main tremblante


Le président de la République veut lutter contre les fake news, notamment en période électorale. Il a encore au travers de la gorge, durant la dernière campagne présidentielle, les affirmations d’un site russe indiquant qu’il avait un compte caché aux Bahamas, information que des opposants (le FN notamment) eurent tôt fait de relayer plus ou moins officiellement. Pour ce faire l’usage des blogs d’extrême droite, les tweets des partisans des chemises noires, le relais flou mais propagandiste de certains sites officiels comme celui de RT (Russia today) ont obligé les équipes réunies autour d’Emmanuel Macron à réagir…mais avec des moyens limités ou tardifs.

légende : voir  en bas de page.
En évoquant ces fake news devant les journalistes présents à l’Elysée, hier, le Président de la République sait qu’il va susciter un débat au sein de la presse elle-même et aussi parmi les partis politiques, ce qui n’empêche pas les citoyens que nous sommes d’avoir une opinion. Qu’est-ce qu’une fake news : c’est une information de l’ordre de la rumeur, inventée de toutes pièces, ne s’appuyant sur aucun fait objectif, destinée à tromper l’opinion ou à tout le moins à la conduire à douter. Donald Trump est évidemment l’exemple le plus criant d'utilisateurs de fausses nouvelles. Malgré les évidences, la réalité des faits, la vérité (toujours relative certes) il parvient chaque jour à distiller un poison qui agit lentement, progressivement, mais qui, à terme, risque de faire s’effondrer l’édifice démocratique auquel la presse concourt.

Emmanuel Macron n’a pas tort quand il souhaite que des textes légaux puissent sanctionner rapidement et sévèrement les auteurs de ces fausses nouvelles qu’Internet répand à foison. Et la liberté d’expression ? Nous ne sommes pas aux États-Unis. La démocratie mature qu’est la France dispose de textes réprimant la diffamation, l’injure, la propagation de fausses nouvelles. François Fillon a même tenté d’utiliser ce biais pour faire condamner le Canard enchaîné dans l’affaire des emplois familiaux. Il a perdu mais des lois existent. Il n’en demeure pas moins qu’une difficulté réelle surgit quand il s’agit de faire la différence entre fait et opinion. La loi future doit garantir à nouveau ce bien précieux nécessaire au débat et à la liberté de choix des électeurs. Trump a inventé le concept de vérité alternative, une escroquerie sémantique ravageuse auprès des personnes les moins informées et donc crédules.

Le canal que propose Emmanuel Macron est plus spécifique, plus précis. Il vise à prévenir le délit de propagation de fausses nouvelles en créant un arsenal juridique dissuasif autant que répressif. Même s’il est nécessaire de légiférer pour tenir compte du contexte technologique actuel (la fausse nouvelle se répand à la vitesse de la lumière), je souhaite bien du courage et beaucoup de prudence à ceux et celles qui rédigeront la future loi. En matière de liberté d’expression et de liberté de la presse, on ne doit toucher aux textes que la main tremblante.

Légende de la photo © Jean-Charles Houel : en 1977 à Louviers lors d'une campagne électorale municipale, le SAC (Servide d'action civique) avait collé des affiches dans Louviers au nom de la liste d'Action de gauche. Il s'agissait évidemment (par la propagation d'une fausse nouvelle) de susciter un réflexe de peur neuf ans après les événements de mai 1968. Poursuivis, les responsables furent identifiés et pour certains condamnés devant le tribunal correctionnel d'Evreux.

3 janvier 2018

En 2018 comme hier, méfions-nous des tweets irréfléchis et autres balivernes

Vive la culture avec ce spectacle en plein air au Moulin d'Andé en 1977. © Jean-Charles Houel

Amphigouriques les vœux d’Emmanuel Macron ? Jean-Luc Mélenchon les a trouvés trop longs, trop confus, trop égocentrés. Il est vrai qu’avant notre président actuel, seul Valéry Giscard d’Estaing avait osé tenter de retenir l’attention des Français pendant 18 minutes. Tout bon enseignant vous dira que les forts moments d’écoute et de concentration ne doivent pas dépasser 12 à 15 minutes. Pour s’être exonéré de cette évidence, Emmanuel Macron a paru en faire trop. Pêché de jeunesse sans doute. On retiendra une phrase : « je continuerai d’agir. »

Les vœux, témoignages de l’individuel au collectif, seraient-ils surannés ? Je ne le crois pas. Ne gâchons donc pas l’occasion que nous offre la nouvelle année de souhaiter, à notre niveau, la concrétisation de trois ou quatre espérances aux niveaux : mondial et hexagonal.  

   Le führer nord coréen, sans doute sensible aux sanctions économiques, vient de découvrir les charmes du dialogue avant les jeux olympiques d’hiver du voisin sudiste. Il faut passer des mots aux actes. Même s’il a le bouton nucléaire sur son bureau, Kim Jung-Un va réfléchir avant d’appuyer. Un souhait pour l’année qui vient : que la Chine agisse en grand frère raisonnable.
   En Iran, d’importantes manifestations démontrent que la tutelle religieuse et politique des mollahs empêche toute évolution positive de la société surtout parmi les jeunes. Les morts et les blessés témoignent d’une répression sanglante d’un régime autoritaire appelé, tôt ou tard, à disparaître. Les leçons de l’histoire sont constantes : les dictatures ne perdurent pas. C’est parfois long mais la soif de liberté est telle que les digues finissent par se rompre. Sera-ce cette année ?
   La culture. Je n’entends pas souvent ce mot dans les discours de notre président. Non pas qu’il soit lui-même acculturé. Brigitte Macron ne fait-elle pas rentrer l’art moderne à l’Elysée ? Mais le président parle plus de l’économie que du spectacle vivant. Mme Nyssen, éminente éditrice, ministre actuelle de la culture, devrait être mieux à même de défendre le cinéma, le théâtre, la musique, les musées et les salles de spectacles. Sans culture le monde est triste et morne. Plus de culture serait bienvenu.
   L’information. Un domaine où l’on voudrait que tout se vaille. Mais un tweet n’est pas un article de fonds. Une réaction épidermique n’est pas un commentaire avisé. Les humeurs et les émotions ne surpasseront jamais une enquête affinée. La Chine, le Vénézuela, la Russie, les Etats-Unis, et tant d’autres pays dans le monde, sont des ennemis de la liberté d’expression. Ils deviennent, pour certains d’entre eux, des propagandistes de fausses nouvelles à l’image d’un Trump, caricature de satrape sociopathe. En 2018, plus que jamais, méfions-nous des tweets et autres balivernes irréfléchies.

Chers lecteurs de ce blog, je vous souhaite une année 2018 pleine de bonheur, de richesse intérieur et d’émotions partagées.