24 juin 2016

François-Xavier Priollaud et le Brexit : « les Européens doivent se ressaisir pour transformer la défiance en espérance »

« Le peuple britannique a décidé de quitter l’Union européenne à laquelle il avait adhéré il y a 43 ans. On ne peut que prendre acte de ce choix souverain qui marque une rupture historique et lourde de conséquences avec cette « union sans cesse plus étroite entre les peuples d’Europe » inscrite à l’article 1er des traités.

L’Union européenne est clairement menacée de dislocation. L’accumulation des crises associée à la montée des extrêmismes nous placent au pied du mur : les Européens doivent se ressaisir rapidement pour ne pas céder aux sirènes du populisme et se donner enfin les moyens de transformer la défiance en espérance. La jeunesse britannique, largement favorable au maintien dans l’Union européenne, est aujourd’hui désemparée.

Le Royaume-Uni vient de faire le saut de l’inconnu, entraînant dans son sillon tout un continent. Plusieurs mois de négociations seront nécessaires pour définir les modalités concrètes du retrait britannique.
La Normandie se trouve directement concernée à travers le programme transfrontalier Interreg V et aussi les nombreux échanges commerciaux qui nous lient au Royaume-Uni. Le Brexit nous impose d’inventer un nouveau cadre pour les relations transmanche qui tienne compte de notre proximité géographique, historique, culturelle et économique avec le Royaume-Uni. Une page se tourne, mais le livre ne doit pas se refermer. »

Commmuniqué de François-Xavier Priollaud, Vice-Président de la Région Normandie en charge des affaires européennes et internationales



Le Royaume Uni choisit le grand large


Les Ecossais ont choisi l'Europe à une forte majorité. Vue sur Saint-Andrews.  (photo JCH)
Après le Brexit voté majoritairement par les citoyens du Royaume uni, j’éprouve au moins une satisfaction. La défaite de David Cameron est une bonne nouvelle. Il a voulu jouer avec le feu en exerçant un chantage constant à l’égard de l’Europe — qu’au fond de lui-même il déteste — et en tirer le maximum. Rappelons nous Mme Thatcher et son « I want my money back ». Les dirigeants conservateurs aiment l’Europe quand elle les sert mais ils ne la servent pas. La décision de David Cameron d’organiser un référendum pour ou contre l’Europe avait deux objectifs principaux : il souhaitait reprendre la main contre les députés conservateurs eurosceptiques, tentés par l’UKIP de Farage, pour conserver le pouvoir et espérait tirer de l’Europe beaucoup plus que n’y apporte la Grande-Bretagne. Comme d’habitude. D’où les demandes extravagantes récentes acceptées pour quelques unes d’entre elles par ses collègues européens.

La victoire du Brexit c’est donc, d’abord, la défaite d’un homme, Cameron ; ensuite, il serait vain de ne pas reconnaître qu’il s’agit aussi de la défaite de l’Union européenne. Trop de différences sociales, économiques, culturelles entre les 28 devenus 27. Trop de différences financières entre la zone euro et les autres. Trop de paperasse, trop de règles tatillonnes, trop de directives sans direction. Londres et la City aiment bien l’Europe quand il s’agit d’accueillir les sièges des banques, des chambres de compensation…mais au-delà ?

Cameron s’en ira cet automne. Qui pour le remplacer ? Ce sera un dirigeant forcément favorable au Brexit. C’est lui (ou elle) qui devra négocier le retrait de la Grande-Bretagne de l’UE. Je lui souhaite bien du plaisir. D’autant que visiblement les tenants du retrait ne semblent pas presser de sortir, certains jouant la montre…face à l’abime. François Hollande l’a remarqué, ce matin dans son discours, en insistant pour que les dirigeants de la Grande-Bretagne annoncent publiquement et rapidement leur calendrier. Maintenant qu’ils sont dehors, ils doivent assumer ce choix et ne pas lanterner. Il n’est plus temps de tergiverser.

23 juin 2016

Le FN profite à fond du système qu'il dénonce…

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Je ne fais pas de fixation sur le Front national mais il est important que chacun sache comment se comportent les élus et les militants de ce parti d’extrême droite. La tarte à la crème de la famille Le Pen, père, fille, petite-fille, c’est la dénonciation du système. Ah le système. Quelle affaire. L’UMPS, la droite ou la gauche, tous pourris sauf le FN ! Comme c’est vite dit. Non seulement les élus de droite et de gauche ne sont pas tous pourris (il y a en leur sein, comme partout, des brebis galeuses) mais les membres du FN, plus que d’autres, se font pincer pour maintes entorses et fraudes commises contre les lois électorales et financières.

Jean-Marie Le Pen, député européen, vient de se voir signifier par les autorités dépendant de la Commission de Bruxelles, une baisse de son indemnité et la suppression de ses indemnités pour frais. Il est accusé d’avoir employé de 2009 à 2014 un assistant parlementaire payé par l’Europe pour laquelle il n’a pu présenter le moindre commencement de début de travail. Monsieur était ailleurs, il bossait pour le parti !

Le seul travail que connaît le FN à l’égard de l’Europe c’est un travail de sape et une volonté permanente de destruction. Pour ce faire, les députés européens du FN, non seulement émargent au budget européen, en plus ils font travailler des assistants pour leurs besoins militants et au service du parti bleu marine. Vous avez dit système ? En fait dirigeants du FN se paient sur la bête et profitent à fond du système qu’ils dénoncent.

Evidemment, l’enquête ouverte en mars 2015 se poursuit en France et débouchera, si tout va bien, sur des procès en correctionnel. A Bruxelles, d’autres élus européens FN sont dans le collimateur et devraient se voir signifier eux aussi des baisses d’indemnités. Il suffit d'être patient. Comme il fallait s’y attendre, les filous crient à la persécution ! Ben voyons, ils sont pris les doigts dans le pot de confiture et pourtant ils nient toute évidence. Nous ne nous lasserons pas de dénoncer ces profiteurs. FN ou autres, les élus touchent des indemnités provenant de fonds publics. On doit être assuré qu’on les paie pour ce qu’ils font dans le cadre de leur mandat pas pour faire tourner la machine de Saint-Cloud.

21 juin 2016

Plus de 40 % des Français prêts à cautionner la torture !


Quelque chose ne tourne pas rond dans notre République. Plus de 40% des personnes interrogées (dans le cadre d’un sondage commandé par une association chrétienne contre la torture) considèrent que la torture est une méthode admissible pour lutter contre le terrorisme ! La torture ? Sévices physiques, harcèlement moral, souffrances psychologiques, n’en jetez plus ! Ce pourcentage est aussi ahurissant qu’inquiétant. Décidément, notre démocratie est bien malade.

Etonnez-vous, en prenant connaissance de ce sondage, que les Français soient de plus en plus nombreux à souhaiter le rétablissement de la peine de mort…et, ce faisant, soient de plus en plus nombreux à voter pour les candidats du Front national. Ce sont les idées des Le Pen (toutes familles confondues) qui, en cette France de 2016, progressent à grands pas. Tuer, faire du mal, couper la tête, torturer…voilà donc les méthodes que préconisent un grand nombre de Français pourtant élevés au lait des droits de l’Homme. Des Français ont peur et leur peur les effraie tant qu’ils en oublient toute humanité, toute fraternité.

Il faut croire que l’éducation — et le système qui va avec — ne produit que peu de résultats positifs. Pour que les instincts prennent le pas sur la raison et, donc, pour que les tripes dominent le cerveau, il a fallu un abaissement progressif mais constant des valeurs morales supérieures. Ces valeurs qui font la différence entre une société évoluée et une autre…souvent totalitaire.

Et pourtant. Les Français devraient consulter plus souvent leurs livres d’histoire. La torture en Algérie reste une tache sur le drapeau de notre pays. Des forces armées toutes puissantes au service d’un pouvoir politique faible ont commis l’irréparable. Nombre de militants pour l’indépendance, qu’ils soient Français ou Algériens, ont connu les supplices de la gégène, de la baignoire, et d’autres encore ont été victimes de « la corvée de bois. » Comment pourrions-nous, même pour lutter contre le terrorisme, utiliser les mêmes moyens que les fanatiques djihadistes ? Comment pourrions-nous accepter dans une démocratie digne de ce nom que plus de 40 % de ses citoyens cautionnent des actes barbares ? La loi du Talion ne s’applique qu’au sein de la Mafia. Pas dans une République et un état de droit.

20 juin 2016

L'aéroport de Notre-Dame-des-Landes : la participation des citoyens est nécessaire


« Le gouvernement a décidé d’organiser une consultation des électeurs de Loire-Atlantique, qui aura lieu le dimanche 26 juin. Les électeurs auront à répondre par « oui » ou par « non » à la question suivante : « Etes-vous favorable au projet de transfert de l’aéroport de Nantes-Atlantique sur la commune de Notre-Dame-des-Landes ? ». La LDH ne s’est pas prononcée sur l’opportunité de la construction de ce nouvel aéroport et ne se prononcera donc pas sur la réponse à apporter à la question posée par cette consultation. Elle considère, en effet, qu’une telle décision ne relève pas de son mandat ; elle entend, en revanche, donner son avis sur la procédure qui y a conduit.

Décider, aujourd’hui, de consulter les citoyennes et les citoyens, c’est dire que la procédure antérieure, pourtant présentée par le gouvernement comme satisfaisante, ne l’était pas. La démocratie se nourrit du débat public. Elle ne peut se limiter à la prise de décision des élus ou aux affirmations des experts. Tout particulièrement en ce qui concerne les grands projets. Manifestement, dans ce cas précis, comme dans beaucoup d’autres, les mécanismes de consultation et de débat ne répondent pas aux besoins d’un dialogue et d’une consultation réelle et non purement formelle. L’attitude du gouvernement qui provoque une autre expertise, démentant partiellement le projet initial, la poursuite des procédures d’expulsion en même temps que l’on appelle les citoyens et les citoyennes aux urnes, la circonscription restreinte de la consultation alors que le projet est présenté comme d’intérêt régional, tout cela conduit à penser que le résultat de cette consultation ne suffira pas à légitimer la décision qui sera prise ensuite, quel qu’en soit le sens.

Au-delà du cas d’espèce, c’est l’ensemble du processus qui amène à décider de tel ou tel grand projet qui doit être profondément revu. La transparence des projets, la diffusion des expertises et le débat contradictoire autour d’elles, l’information et la consultation effective des populations concernées doivent accompagner la décision des élus. Sans cela, les formes de la démocratie auront été, sans doute, respectées, mais pas l’esprit de celle-ci, qui seul permet l’adhésion la plus large. La LDH regrette qu’une telle démarche n’ait pas été mise en œuvre et ne soit toujours pas à l’ordre du jour, pour ce projet comme pour les autres.

La Ligue des droits de l’Homme appelle les pouvoirs publics à construire le dialogue sur le fondement d’informations complètes et de la participation du public à celui-ci, afin de pouvoir faire des choix conformes à l’intérêt général. Elle appelle les citoyens et les citoyennes à s’emparer de ce débat, dont cette consultation ne peut être qu’un des éléments. »

Le contenu de ce communiqué de la Ligue des droits de l’Homme me va bien. Il exprime un besoin de citoyenneté porté à un niveau supérieur. Pour que ce besoin soit satisfait, les autorités doivent faire preuve de la plus grande transparence sur les objectifs — et les moyens pour les atteindre — au prix de débats contradictoires avec le concours des promoteurs, des experts, des citoyens. La LDH n’oublie pas de souligner le rôle essentiel des élus « accompagnés » par les citoyens mais qui conservent le droit exclusif de décision. Sinon à quoi bon désigner des représentants même si « tout cela conduit à penser que le résultat de cette consultation ne suffira pas à légitimer la décision qui sera prise ensuite, quel qu’en soit le sens. »

19 juin 2016

Réflexions au débotté : le style des journalistes sportifs, le Brexit, Cambadélis le rusé, le référendum à toutes les sauces


Qu’il s’agisse de « Libération » ou de « l’Equipe », le style des journalistes sportifs n’est pas très différent mais il est peu châtié. A l’occasion de l’Euro, ils dissertent à l’infini sur les stratégies des sélectionneurs et ne se lassent pas d’évoquer le comportement des joueurs et des équipes. Ils font leur métier quoi. Il leur arrive de répéter des barbarismes et autres solécismes…regrettables, a priori, pour des professionnels de la syntaxe.
Prenons un exemple. Il est devenu courant de lire sous la plume des journalistes sportifs ou d’entendre dans les commentaires des envoyés spéciaux de la télévision qu’une équipe a « déjoué ». Pour dire « mal joué ». Quiconque consultera le dictionnaire y lira que le verbe déjouer est un verbe transitif et que, jamais, il n’a le sens employé par les professionnels des mots. On déjoue un complot, un attentat mais une équipe de peut « déjouer » même si ses membres jouent comme des pieds. Ce qui, pour un footballeur, est un grave handicap.
Pendant que j’y suis, je voudrais corriger quelques fautes de langage courant : on ne dit pas je vais « sur » Paris mais je vais à Paris. On ne visite pas un ami comme on visite un musée. On rend visite à un ami. Les avis ne peuvent être divers et variés. S’ils sont divers, ils sont variés et réciproquement.

Le leader de l’UKP, favorable au Brexit, pose sur une affiche de campagne mettant en cause les files de réfugiés fuyant la Syrie dont de nombreux enfants. Avec un slogan détestable, il fustige ces « flots » d’étrangers qui, soit dit en passant, sont plus le problème des autorités françaises à Calais que celles de Douvres depuis 2003 et l’accord que Sarkozy signa en faveur de la Grande-Bretagne.
Paradoxalement, si cette dernière sort de l’Union européenne, l’accord de 2003 pourra être remis en cause par François Hollande et les Britanniques auront, sur leur sol, cette fois, ces soi-disant hordes étrangères si méprisées des partisans du Brexit. D’ailleurs Jo Cox, la députée travailliste assassinée par le nazillon aujourd’hui inculpé de meurtre, se battait pour que l’accueil des réfugiés soit organisé, rationnel, digne. Elue depuis un an au siège de députée, elle avait vanté la richesse des échanges entre des populations d’origines, de religions, de couleurs différentes.

photo JCH
Qu’il est rusé ce Jean-Christophe Cambadélis. Il est vrai qu’on ne devient pas premier secrétaire du PS par hasard. Il propose une primaire à gauche réservée aux partis adhérents à ce qu’il appelle « la Belle alliance ». Cette alliance comprend le PS, le PRG et les écologistes pro-gouvernement Valls. Comme la primaire de toute la gauche s’avère impossible eu égard aux positions de Jean-Luc Mélenchon, du PCF et des écologistes canal historique et leur hostilité à François Hollande, Camba a eu cette idée géniale de proposer une primaire qui se soldera par le choix cornélien suivant : Hollande…ou Hollande.
Les frondeurs, les Hamon, Montebourg et Lienemann sont tellement pressés d’en découdre qu’ils vont se jeter dans la gueule du lion dès que le starter aura donné l’ordre de départ favorisant du même coup la candidature du social libéral. Le JDD nous révèle aujourd’hui que si Hollande a accepté le principe de cette primaire c’est parce qu’il est sûr du résultat autrement dit qu’il était sûr d’être désigné au second tour.
Cette primaire, modèle réduit, n’aura toutefois pas que des inconvénients. Même si elle ne sera en rien comparable à celle de 2011, elle permettra à la gauche de gestion d’occuper le temps de parole des médias et de contrebalancer la campagne (féroce) de la primaire à droite. Car n’en doutons pas, les Sarkozy et consorts comptent sur cette campagne pour noyer les journaux et les télés sous le flot de leurs débats.

 La mode est au référendum. Peine de mort : référendum. Extension du terrain d’aviation de Nantes-Notre-dame–des-Landes : référendum. Sortie de l’UE : référendum. Autoroute : référendum. Révocation des élus : référendum. On en mange à toutes les sauces mais surtout aux sauces populistes. C’est fou ce que le référendum plaît aux extrêmes. De droite ou de gauche, le peuple a toujours raison…surtout quand il n’a pas tort. Ce qui est remarquable c’est que les partisans du référendum sont toujours ceux et celles qui s’opposent aux projets comme s’il s’agissait d’une recette miracle destinée à contourner les fameux corps intermédiaires si honnis par Sarkozy. Les syndicats ? poubelle. Les association : nulles. Les élus : révoqués. C’est oui ou c’est non. On est pour ou on est contre. C’est le bien ou le mal. Pas de nuances, on taille dans la masse. Mais, fichtre, il arrive que le peuple, mal informé, trop ému ou pas assez réfléchi, se trompe lui aussi ? N’est-ce pas M. Robespierre ? Et alors, badaboum c’est la cata, la terreur. 
On se dit qu’une démocratie plus patiente, moins brutale, plus attentive aux contradictions de toutes sortes, n’exclut ni les convictions fortes ni les engagements sincères. Evidemment, il ne faut pas attendre de Daech ou de Marine Le Pen des nuances ou des tons de pastels. Toujours le gros rouge qui tache !

17 juin 2016

Le meurtre de Jo Cox fait trembler la Grande-Bretagne…quand l'Europe retient son souffle


Jo Cox, députée travailliste, assassinée pour ses convictions.
« Mourir pour des idées, d’accord mais de mort lente » chante Georges Brassens. Jo Cox, député travailliste de Grande-Bretagne qui faisait campagne pour le maintien de celle-ci dans l’Union européenne est morte, elle, sous les balles d’un extrémiste de droite qui, en plus, l’a achevé à coups de couteau. Cette jeune femme de 42 ans, mère de deux petites filles, épouse d’un conseiller de Gordon Brown — ancien premier ministre — avait, dès son élection en 2015, frappé les membres de la Chambre des Communes par son intelligence et son courage. Ils ne sont pas très nombreux les députés (en Grande-Bretagne ou ailleurs, en France par exemple) à défendre bec et ongles l’accueil digne des réfugiés dans les pays « riches » de l’occident. Angela Merkel, chancelière allemande, a reçu une telle volée de bois vert de la part des nostalgiques du nazisme ou de ses propres collègues de la CDU-CSU, qu'elle sait de quoi il retourne quand on parle d’accueil de l’étranger.

En sortant de sa permanence où elle recevait ses électeurs, Jo Cox a donc été abattue de sang froid par un homme criant « Britain First » du nom d’un mouvement néonazi ardent défenseur du «Brexit». Il est donc possible qu’en 2016 dans un pays démocratique, ô combien, où les droits de l’homme sont vénérés, où la justice est portée au pinacle, de mourir victime de la haine d’un opposant fanatique. Un opposant travaillé par ses propres démons et par les Lucifers à la petite semaine. Ils crient tantôt « on est chez nous » tantôt « j’interdirai l’entrée dans mon pays des musulmans étrangers » tantôt encore « ils nous volent notre pain et nous prennent nos emplois. » Quand la folie meurtrière prend le pas sur la confrontation des idées et des débats, on n'est pas loin d'une société régressive plus proche de l'animalité que de l'humanité. C'est pourtant cette dernière qui fonde les civilisations durables…

A une semaine d’un scrutin décisif pour la Grande-Bretagne et l’Union européenne, le meurtre de Jo Cox sème de l’incertitude et de l’inquiétude dans l’esprit des électeurs et des partis politiques britanniques tous bords confondus. A Bruxelles aussi on gamberge mais pour d’autres raisons. Les bourses européennes baissent face à une éventuelle sortie de l’UE d’un pays considéré comme un grand de l’Europe, la City flippe à l’idée d’une hémorragie financière, les Britanniques qui vivent à l’étranger tremblent de peur de perdre leur statut privilégié leur accordant les droits de tout européen citoyen de l’Union.

Il faut voir plus loin et plus haut que la seule année 2016 ! Je ne dis pas comme Michel Rocard ou d’autres aux idées plus courtes « s’ils veulent partir, qu’ils partent ! » Quel est l’intérêt général de l’Union européenne à 10, 20, 50 ans ? Il est dans l’appartenance de la Grande-Bretagne à l’Union avec ses voisins sans passe-droits et sans privilèges.

15 juin 2016

L'hommage à Christian Boucour a lieu ce mercredi


Christian Boucour.
Cet après-midi à 15 heures, aura lieu la cérémonie d’hommage organisée suite à la disparition de Christian Boucour. Décédé à l’âge de 66 ans, il appartenait à une famille lovérienne très connue et très estimée. Son grand-père Edouard Désert, son père Gustave, boucher, rue du général de Gaulle, son frère Pascal, ancien directeur du Crédit du Nord, disparu dans les conditions que l’on sait, ses oncles Maurice et Paul, ébénistes d’art réputés, sa cousine, Chantal Billouin morte dans un accident récent, et Kay, son épouse, qu’il connut lors des échanges opérés dans le cadre du jumelage franco-anglais…concouraient tous, hier et aujourd'hui, à l’animation de la vie lovérienne.
Christian était aussi, après avoir connu une carrière professionnelle réussie, un sportif accompli. Ancien joueur de football de l’USL, il avait opté pour un sport moins « violent » du moins sur le plan purement physique. A l'occasion de son décès, j’ai écrit un billet pour le site de l’association des séniors des golfeurs de Normandie à laquelle il appartenait. Je le reproduis ci-dessous :

« La vie de Christian Boucour ne fut pas un long fleuve tranquille. Les circonstances de sa mort si soudaine, si tragique, illustrent la brutalité injuste de certains destins. Christian, disparu la semaine dernière alors qu’il venait d’apprendre la nature du mal qui le frappait, s’était pourtant préparé au combat. Un combat plus qu’honorable puisqu’il s’agit, au fond, de toujours lutter contre soi-même. On sait pourtant que certains combats sont inégaux. Et celui-là en était un. La maladie fut la plus forte. Elle est venue à bout de ses espoirs en quelques jours.
Nous sommes bien tristes d’avoir perdu un être dont le comportement éthique et la conduite morale étaient irréprochables car Christian était un homme bien. C’est sans doute pourquoi la pratique du golf lui convenait parfaitement : fairplay, étiquette, rigueur, modestie, mais aussi et surtout partage amical composaient notre menu hivernal commun et nos rencontres annuelles au sein de l’association des seniors de Normandie. Chaque mercredi, la phalange des séniors du Vaudreuil, se retrouvait aussi pour des matches plays qu’il n’aurait manqués pour rien au monde. Il est vrai que l’arrière de football de l’USL qu’il avait été lui avait appris à s’obstiner pour devenir meilleur.
Réduire Christian à ses activités de retraité actif sportif serait un peu court. Il faut saluer la mémoire d’un père attentif, d’un mari très présent ouvert au monde, d’un citoyen et d’un Lovérien à part entière. Membre de plusieurs sociétés locales il aimait sa ville et ses soubresauts. Il n’ignorait rien des différences individuelles, des engagements des uns et des autres. Il s’en moquait bien ne voulant retenir que le partage des moments de grâce et de disgrâce qu’un sport, notre sport, suscitent et que la vie citoyenne n’épargne pas non plus. S’il fallait qualifier son comportement quotidien je dirais que Christian était droit, juste, tout simplement honnête. Ce qui est rare dans le monde bouleversé d’aujourd’hui.
Nous voulons assurer Kay son épouse discrète et omniprésente, ses fils dont il me vantait si souvent les mérites, de toute notre sympathie. Nous les assurons, qu’en ces moments de deuil, ils ne sont  pas seuls. »

13 juin 2016

L'homophobie est consubstantielle de l'islamisme radical


Homophobe et islamiste radical. Islamiste radical et homophobe. Peu importe l’ordre des qualificatifs car islamiste radical et homophobe forment un pléonasme. Les djihadistes de tous poils, Al Qaïda, Al Nosra ou Etat islamique boivent le sang des mêmes sources, celui des victimes de forces obscurantistes violentes et passéistes.

A Orlando, Floride, un citoyen américain né de parents afghans a tué une cinquantaine de personnes, hommes et femmes, en a blessé cinquante autres sous prétexte qu’ils (elles) étaient homosexuel(le)s ou présumé(e)s tel(le)s. Crime homophobe, crime de masse revendiqué par les animateurs du califat de l’Etat islamique. Crime d’un homme décrit par son ex-épouse comme brutal, intolérant, totalitaire…

Il s’agit donc, après les attentats de Paris, Bruxelles, Istanbul, Manilles…d’un combat planétaire. Ce combat nécessite ici et partout ailleurs une vigilance de tous les instants. Pourtant, au contraire des préconisations d’un Donald Trump « raciste », l’usage des armes de guerre, leur port, leur acquisition doivent être prohibés. On ne résout pas les problèmes collectifs de cet ordre par des initiatives individuelles de type milice ou sergent vengeur. Il appartient bien aux états d’organiser la défense de nos valeurs démocratiques. C’est au gouvernement et aux forces régaliennes (renseignement, police, gendarmerie, douane, justice) de traiter les coupables…de ces crimes odieux, aveugles.

C’est bien pourquoi les mots ont tellement d’importance et pourquoi certaines paroles peuvent conduire aux pires extrémités. Les tweets de Christine Boutin ou des opposants au mariage pour tous exprimant ce jour de la compassion pour les victimes d’Orlando, ne sont pas sincères. On ne peut pas allumer des mèches et se désintéresser des conséquences des explosions. On ne peut pas évoquer « l’abomination » (1) que représente l’homosexualité et verser des larmes autres que celles de crocodile. Les morts et les blessés d’Orlando sont les victimes d’une cause qui les dépasse et les honore tout à la fois : celle du droit à la différence et du libre exercice par chacun(e) de ses orientations sexuelles. En Amérique ou ailleurs.

(1) Christine Boutin a d’ailleurs été condamnée pour ses propos de « haine ».

« Non, M. Lecornu, l'Eure ne veut pas de votre école « low cost » »

A quand la non fermeture du collège Mendès France ? (photo archives JCH)
Réunie en Bureau Fédéral, la Fédération du Parti Socialiste de l’Eure a condamné la décision prise par le Président du Conseil Départemental de fermer deux collèges eurois : Pablo Neruda à Evreux et Pierre Mendès France à Val-de-Reuil. De manière particulièrement choquante, ces deux établissements ont été rayés brutalement de la carte scolaire selon une logique étroitement comptable sans prendre le moindre avis pédagogique, sans consulter à un seul moment les autorités compétentes, rectorat et direction académique, grossièrement mises devant le fait accompli, sans en informer les communautés éducatives, parents, élèves, professeurs, traitées avec mépris. Au-delà de la méthode désinvolte à l’égard du monde de l’enseignement et symptomatique de cette gouvernance faussement décontractée, qui tient lieu désormais d’attitude au CD27, cette décision acte le tournant pris par la droite de démanteler les politiques éducatives et culturelles également indispensables aux habitants des quartiers les plus fragiles de notre département :

Parce qu’elle vise les deux seuls établissements classés réseaux d’éducation prioritaire du département, où ils participaient au maintien de la cohésion sociale notamment dans ces quartiers de grande pauvreté, de grave précarité, où vivent de nombreuses familles fragiles. Ce sont donc les deux collèges qui accueillent les populations les plus défavorisées du département que la droite a décidé de raser, perdant les crédits de fonctionnement et les moyens qui allaient avec. Par cette décision, plusieurs centaines de collégiens, à Evreux comme à Val-de-Reuil, ne bénéficieront plus du niveau de soutien, d’aide et d’encadrement qui permettait de corriger injustices et inégalités. Sébastien Lecornu a décidé de frapper sciemment deux quartiers dont l’électorat ne lui est pas promis, deux territoires dont les suffrages ne lui seront très probablement jamais acquis. C’est une décision tactique, opportuniste et politique. C’est un choix politicien d’un Président qui sert d’abord les intérêts de ses amis des Républicains. Ce n’est ni digne ni correct pour celui à qui a été confié l’intérêt général et les services publics locaux.

Parce qu’elle déstabilise des territoires et détruit leur homogénéité éducative au profit d’une carte scolaire remaniée dans une improvisation qui frise l’amateurisme : alors que M. Lecornu parle d’ordre et de discipline, il organise une vraie insécurité. Où et dans quelles conditions seront accueillis les centaines de collégiens qui étudiaient jusqu’à présent dans ces deux établissements ? Des élèves entassés dans des locaux inadaptés, des enfants empilés dans des cours de récréation, des postes d’éducateurs et de conseillers d’éducation disparaîtront, on entassera les élèves à 30 par classe. Ce sont non seulement les deux établissements directement concernés qui payeront les pots cassés de cette politique de gribouille, mais aussi tous ceux qui, autour, vont devoir compenser cette disparition et vers lesquels on va transférer les élèves de Neruda et Mendès France. On va créer des collèges ghettos et fragiliser des établissements qui connaissaient une certaine réussite comme Michel de Montaigne au Vaudreuil. On connaissait la préférence de la droite pour une justice de classe. On la découvre dans l’Eure adepte d’une éducation à deux vitesses.

— Parce qu’elle est, par désinvolture, incompétence ou arrogance, en train de détruire l’école publique, laïque, gratuite et obligatoire. Il faut bien réaliser que le Président/collaborateur de député qui, depuis 15 mois, dirige l’Eure du haut de ses 29 ans, mastère de droite en poche, refuse de s’adresser au monde de l’enseignement et n’a pas daigné siéger une seule fois au Conseil Départemental de l’Education, instance stratégique de l’Education Nationale dans le département. C’est la preuve d’un désintérêt pour les enjeux éducatifs qui ne sont plus une priorité sur notre territoire.

Parce qu’elle méprise le travail des enseignants et plus généralement de l’ensemble de la communauté éducative. C’est un manque de considération global pour le travail réalisé dans les écoles. La droite préfère une politique éducative « low cost », une politique éducative au rabais dans laquelle les collégiens eurois ne sont que des unités sur des mètres carrés. On compte les surfaces au sol mais on ignore volontairement les projets pédagogiques développés pour aider chaque jeune à s’épanouir et se construire. La réalité d’un collège est tout autre. Il suffit de fréquenter ces établissements, de les visiter et d’y pénétrer dans d’autres occasions que les inaugurations pour s’en rendre compte. C’est un lieu de promotion sociale où l’acquisition des savoirs et de la connaissance permet de trouver sa place dans la société indépendamment de son origine ou de son milieu. C’est la fin de l’ascenseur social.

En fermant deux collèges de notre département, Sébastien Lecornu s’en prend à un pilier de notre modèle républicain. Les socialistes, fidèles aux valeurs d’égalité et de solidarité partout dans tous nos territoires, s’opposent à cette casse de l’école et appellent toutes celles et ceux, enseignants, parents, associations, qui sont attachés à une école de la réussite pour chacun à manifester leur opposition le lundi 20 juin à 9 heures devant le Conseil Départemental.