23 juin 2014

La grotte Chauvet enfin classée au patrimoine mondial de l'UNESCO


(DR)
Le classement au patrimoine mondial de l’UNESCO (1) de la grotte Chauvet (du nom de l’un de ses inventeurs) est parfaitement légitime. Il était attendu depuis deux décennies par les spécialistes de l’art pariétal et par les préhistoriens. « La Grotte Chauvet Pont-d'Arc, fabuleuse grotte ornée du sud de l'Ardèche a été découverte le 18 décembre 1994 par trois spéléologues ardéchois : Jean Marie Chauvet, Eliette Brunel-Deschamps et Christian Hillaire. Au cœur du cirque d'Estre, dans les gorges de l'Ardèche, la découverte de la grotte n'est pas due qu'au hasard, mais à l'obstination et à la passion de ces trois spéléologues depuis de nombreuses années dans la recherche de grottes.

Après de nombreuses analyses faites sur les peintures et les parois de la grotte, les scientifiques ont pu dater les peintures pariétales (réalisées sur les parois) à - 32 000 ans (ou -36 000 ans) avant le présent. Ce qui fait donc de la Grotte Chauvet la plus ancienne cavité ornée préhistorique connue à ce jour et, cela, dans le monde entier.

La Grotte Chauvet se présente comme un vaste réseau souterrain, long de près de 500 mètres et de plus de 8 000 m² de surface, composé de plusieurs salles. Au centre de la cavité, les représentations animales ont été réalisées par tracés digitaux et gravures. Enfin, dans la partie la plus profonde de la grotte, l'on peut voir d'immenses panneaux représentant une multitude d'animaux réalisés au charbon de bois. On remarque une certaine organisation dans le style des peintures et des gravures. De plus, ces peintures, les plus anciennes au monde, sont les plus réalistes et les plus abouties. On compte plus de quatre cents animaux représentés, appartenant à environ treize espèces différentes dont certaines n'avaient jamais été observées nulle par ailleurs (hibou, hyènes, panthère, ours, cerfs...). De plus, contrairement aux autres grottes ornées telles que Lascaux (Dordogne) ou Niaux (Ariège), les animaux les plus représentés sont des animaux féroces, rapides, dangereux pour l'homme comme le lion, le rhinocéros, le mammouth, l'ours. Ceci est étonnant car, jusqu'à cette découverte, certains d'entre eux étaient peu représentés dans l'art pariétal paléolithique. Mais on peut aussi voir des animaux plus communs comme les chevaux, les bisons, les bouquetins, les rennes ou les aurochs.

Comme la grotte Chauvet, pour la protéger, ne sera jamais ouverte au public, les responsables de l’Etat ont décidé de construire un fac-similé de cette grotte comme ce fut fait pour la grotte de Lascaux, dont les visites sont également interdites au public. Seuls peuvent y accéder les chercheurs et les artistes chargés de travailler à la grotte de remplacement. Cette dernière sera ouverte en 2015.
J’ai eu l’occasion de visiter avec Pierre Langlois, artiste peintre de Louviers (2), l’original de la grotte de Font-de-Gaume située près des Eyzies de Tayak. C’était dans les années soixante-dix. L’émotion demeure intacte face aux 200 dessins de cette grotte ornée parmi les plus belles d’Europe.
Source : « Bienvenue en Ardèche. »

(1)  La liste du patrimoine mondial de l'UNESCO regroupe les biens dont le patrimoine culturel et naturel est reconnu par le Comité du patrimoine mondial comme « valeur universelle exceptionnelle ». Lorsqu'un site est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture), les habitants, les acteurs locaux tout comme le gouvernement sont sensibilisés à la protection, la préservation et la sauvegarde de ce site qualifié d'exceptionnel. A ce jour, ce sont 962 biens dans le monde qui composent la liste du patrimoine mondial (745 biens culturels, 188 biens naturels, 29 biens mixtes).
(2) Une exposition se tient actuellement au Musée de Louviers. Elle est consacrée aux découvertes réalisées par Yves Martin dans la grotte ornée de Gouy, près de Rouen.

Arnaud Montebourg pousse un cocorico légitime dans le dossier Alstom


Le ministre du Redressement productif chez Double A à Alizay : quand l'Etat montre la voie. (photo JCH)
Il est normal et habituel de dénoncer les causes des trains qui arrivent en retard. Il n’est pas inutile, non plus, de mettre en exergue les faits positifs et porteurs d’avenir quand ils sont l’œuvre d’une action nationale ou locale. Le cas Alstom illustre parfaitement cet axiome médiatique. Je ne sais s’il faut se réjouir autant qu’Arnaud Montebourg le laisse entendre, mais l’implication de l’Etat dans l’accord passé entre le conseil d’administration du grand groupe national avec General Electric indique le sens que donne le gouvernement actuel au devenir industriel sensible de notre pays.
Prendre 20 % des 30 et quelques pour cents des actions de Bouygues, c’est devenir le premier actionnaire d’Alstom et avoir plus qu’un œil sur les décisions à venir et sur la tenue des promesses du géant américain. Le PDG de GE a fait plusieurs fois le voyage de New York à Paris pour rencontrer François Hollande et Arnaud Montebourg. L’actuel PDG d’Alstom ne recruterait certainement pas M. Montebourg parmi son encadrement mais il reconnaît que le ministre du redressement productif est un négociateur de premier plan qui sait ce qu’il veut et connaît les chemins pour atteindre ses objectifs.  Le PDG américain a pris des engagements à surveiller de près. Sur la création des différents groupes, sur la localisation en France des sièges d’entreprises, sur l’embauche de plusieurs milliers de salariés, sur la recherche et le développement.
Le monde des affaires étant ce qu’il est, on ne peut tenir ces promesses pour argent comptant. La conjoncture mondiale a souvent bon dos pour renier ce qu’on a signé. Tout de même, il y va de la crédibilité de General Electric et de celle du gouvernement engagé dans un bras de fer avec GE depuis plusieurs mois après qu’il a tenté de susciter une offre concurrente avec Siemens et Mitsubishi. Visiblement cette offre n’était qu’un leurre destiné à pousser GE à augmenter son offre et à mieux négocier les termes de l’accord final.
Arnaud Montebourg est sorti grandi de cette négociation et François Hollande, contrairement à l’affaire Florange, n’a pas eu dans les pattes un premier ministre hostile. Montebourg a salué le coup de main de Manuel Valls et il n’y a plus guère que la CGT pour déplorer cet accord, le syndicat désirant ardemment une solution franco-française devenue totalement irréaliste au fil des exigences industrielles de 2014 et des contraintes financières. L'engagement de l'Etat à racheter les actions Alstom de Bouygues tiendra deux ans, le temps pour le gouvernement d'apprécier au mieux le prix de l'action cotée en bourse.

22 juin 2014

Du financement de la campagne de Sarkozy à la belle prestation de l'équipe de France de football


Christian Jacob
Le financement de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy est une boite de pandore. On sait maintenant avec certitude que l’ancien président a allègrement crevé le plafond des dépenses autorisées par la loi lors du second tour des présidentielles (alors qu’il contestait la décision du Conseil constitutionnel…) on sait également qu’un système de surfacturation et de fausses factures a permis à l’UMP de prendre en charge des dépenses du candidat et on apprend que le groupe UMP de l’Assemblée nationale a prêté 3 millions d’Euros au parti pour l’aider à traverser une passe encore très difficile. Evidemment, les députés UMP n’y ont vu que du feu et le président de l’Assemblée, Claude Bartolone, s’interroge sur l’opportunité de revoir la loi qui permet ces excès et pour tout dire ces manœuvres.
La dotation annuelle sur fonds publics doit-elle servir à renflouer un parti en difficulté alors que cette somme est destinée au fonctionnement du groupe et de ceux qui le composent ? Christian Jacob ne m’avait pas paru très clair ni très clean dans ses explications mais on ne savait pas encore ce que la presse nous a révélé. Les Français sont excédés. Ils ne comprennent pas comment fonctionne cette République. Manuel Valls affirmait récemment, parlant de la gauche, qu’on était certainement parvenu à un haut degré d’exaspération pouvant mettre le PS en danger de mort. J’aoute que c’est la 5e République et ses différents scandales (souvent liés aux finances) qui est en état de danger mortel. Serait-ce si grave ? A quand une 6e République refondée sur des valeurs nous permettant d’éviter un nouveau Napoléon sous la 5e ou le régime des partis de la 4e ?

75 % des Français ont une mauvaise opinion de la CGT et de son secrétaire général Thierry LePaon. L’attitude obstinée des cheminots lors du conflit récent n’est pas pour rien dans ce jugement. Les Français n’ont rien compris aux raisons de la grève déclenchée pour éviter que la SNCF devienne un établissement public industriel et commercial et pour empêcher que le statut de 1945 soit remis en cause. Non seulement la SNCF et RFF vont revenir sous le même chapeau conforme au droit européen et à l’ouverture de 2019 mais les députés ont confirmé que les salariés de la SNCF demeureraient « protégés ».
N’oublions pas que le rôle des syndicats est complexe et vaste. Leur premier devoir : défendre les intérêts de salariés et cela dans un conteste difficile puisque moins de 10 % d’entre eux sont adhérents d’un syndicat. Seules les élections professionnelles donnent une idée de leur influence. Défendre les intérêts des salariés, cela comprend : la défense des salaires, de bonnes conditions de travail, veiller au respect des droits, discuter avec l’Etat, les syndicats patronaux, aider à la formation, cela nécessite des qualités de dialogue, d’organisation, et parfois de confrontation.
Comme il existe de nombreux syndicats fédéralistes ou particuliers, les méthodes et les objectifs ne sont pas identiques. On l’a bien vu avec le mouvement des intermittents puisque certains syndicats ont signé, que d’autres refusent l’accord et que le gouvernement se coltine un conflit récurrent depuis plus de 15 ans. En décembre, on remettra tout à plat.

La coupe du monde de football semble plus que jamais ouverte. Après l’élimination de l’Espagne, de l’Angleterre, la qualification du Costa-Rica et le nul réalisé hier soir par le Ghana face à l’Allemagne (qui s’en sort bien) les pays d’Amérique du sud et originaires de continents non européens ont le vent en poupe excepté ceux d’Asie. Les finalistes ne devraient pas habiter très loin de ces continents.
Et la France là-dedans ? L’équipe française a faim. Elle joue comme les Américains du sud, Brésiliens, Argentins…J’ignore si le coaching de Didier Deschamps est miraculeux comparé à celui de Domenech mais les joueurs présents sur le terrain et sur le banc donnent l’impression de prendre du plaisir à jouer et à fêter leur réussite. Ils s’accrochent sur toutes les balles, défendent et attaquent en groupe, et on l’impression que chaque joueur peut marquer un but quelle que soit sa place dans l’équipe. Je ne suis pas un spécialiste du football mais tout de même, cette équipe de France, si elle fait un bon résultat face à l’Equateur, donne l’impression de pouvoir aller très haut. Sans être chauvin, cela fait du bien. Au jeu et au cœur.



20 juin 2014

Val-de-Reuil retenu dans la nouvelle carte de la « géographie prioritaire »


C'était hier...ou avant-hier. (photo JCH)
« La Ministre des droits des femmes, de la politique de la Ville, de la jeunesse et des sports, Najat Vallaud Belkacem, a annoncé quels étaient les quartiers et les villes retenus dans la nouvelle carte de la "géographie prioritaire" qui permet d'être bénéficiaire de la politique de la Ville du gouvernement. Dans cette interview au Moniteur, elle trace les grands principes de cette politique. Je vous invite en prendre connaissance. Ils seront mis en oeuvre ces prochains mois et ces prochaines années à Val-de-Reuil. 

Notre Ville, en effet, a été retenue et choisie pour faire partie de cette nouvelle étape. C'est pour elle une grande et bonne nouvelle. Ses efforts sont récompensés. Elle sera une nouvelle fois aidée. 


Parmi nos espoirs de plus en plus proches : le Nouveau Programme national de renouvellement urbain (NPNRU). Je rencontre dans les prochains jours le cabinet de la Ministre pour présenter nos projets, pour le Mail, pour les interstices de l'ANRU sur la dalle, pour les zones pavillonnaires qui se sont créées autour et qui sont un des enjeux que j'aimerais donner au plan qui pourrait concerner Val-de-Reuil. 

Le Moniteur m'avait sollicité pour connaître les perspectives de la suite de l'ANRU dans notre Ville. C'est précisément la réponse que j'avais faite. Elle est jointe ici et le hasard - ce qui est bon pour nous - a fait qu'elle s'est retrouvée sur la page voisine de l'entretien de la Ministre qui, décidément, nous connaît bien.  


C'est une nouvelle aventure qui commence. Avançons ensemble avec toujours la même passion pour la plus jeune commune de France et son avenir. » 


Marc-Antoine JAMET
Maire de Val-de-Reuil
Vice-président du Conseil régional de Haute-Normandie

Faut-il s’acharner à faire « survivre » Vincent Lambert


Bernard Stirn, président de la section contentieux du Conseil d'Etat. (photo JCH)
Faut-il s’acharner à faire « survivre » Vincent Lambert (1) comme le demandent ses parents et son frère ou cesser de lui prodiguer des soins mécaniques comme le permet la loi Léonetti du nom du député UMP qui fit voter une loi humaine et respectueuse des personnes. Après maintes péripéties juridiques et médicales, il appartiendra au Conseil d’Etat de trancher et de préciser le sort de ce malheureux, lourdement handicapé depuis près de huit années.
Son épouse demande qu’on mette fin à son calvaire. Les médecins de l’établissement dans lequel il a été soigné sont sur la même ligne. Selon les connaissances actuelles, il n’est pas possible, selon eux, d’améliorer l’état de Vincent Lambert et de lui rendre une conscience qui fait la différence entre un homme et…autre chose.
L’importance du sujet est évidente. C’est si vrai que le Conseil d’Etat a réuni sa section contentieux en assemblée élargie de manière à peser sa décision et à apporter, enfin, une réponse aux douloureuses situations de fin de vie. Le rapporteur du Conseil d’Etat a proposé, ce matin, de cesser le maintien en vie de Vincent Lambert. Cette initiative, étayée juridiquement et moralement, ne préjuge pas de la décision finale des magistrats du Conseil d’Etat mais donne, cependant, une indication précieuse sur leur éventuelle orientation. Il serait donc possible de dire STOP sur des bases solides et non contestables.
La loi Léonetti peut-elle être améliorée ? Oui, sans doute. Mais elle a l’immense mérite d’exister et de proposer des solutions acceptables à la fois pour les patients, les familles et les médecins. Utilisons-la sans mauvaise conscience et sans remords.
(1) Vincent Lambert a été victime d’un accident de la route.

Il faudra s'opposer à François-Xavier Priollaud au bon moment et pour de bonnes raisons


Marie-Pierre Dumont et Christian Renoncourt, élus PS à Louviers.
La photo dit tout. Tout est dans la photo. Une photo de Franck Martin, dans « La Dépêche » de jeudi, pour illustrer l’entretien qu’il a accordé à une journaliste de notre hebdo préféré exprime, en effet, plus que de longs discours, les sentiments qui l’animent et la manière qu’il compte utiliser pour s’opposer au maire élu : la fausse distance et la rage intérieure.
« Je me suis bien amusé » déclare-t-il pour illustrer les attaques personnelles portées contre François-Xavier Priollaud. Tant mieux pour lui si ça le fait rire. Il est quand même triste qu’il en soit parvenu à ce point de cynisme et de présomption. Et loin de moi l’idée de me faire l’avocat du nouveau maire que je combattrai si ses actes le justifient. Dans La Dépêche, ce dernier est assez grand pour se défendre lui-même en reprenant parfois des arguments développés sur ce blog. Il y fait, comme Franck Martin d’ailleurs, référence sans le nommer, ce qui est de bonne guerre, et démontre tout l’intérêt accordé à mes propos. Puisque l’occasion m’est offerte, je remercie les quelques personnes dont les commentaires sympathiques me sont allés droit au cœur après l’article consacré à la préemption de l’opposition de gauche par le maire sorti.
Prenons un exemple de la mauvaise foi de celui qui part à la « reconquête » de l’hôtel de ville lovérien. Il reproche à Anne Terlez, dont je n’ignore pas certains engagements contestables de mon point de vue, de percevoir une indemnité d’adjointe plus importante que l’indemnité ordinaire. La belle affaire ! Le maire, FXP, nous apprend qu’il a accepté de diminuer la sienne pour en faire bénéficier son adjointe contrainte de cesser son activité professionnelle. Rien que de très normal. Et Franck Martin de protester, de crier au scandale !
S’il est bien quelqu’un qui doit la jouer modeste dans le domaine des indemnités, c’est lui. La France entière, grâce au Canard enchaîné (et au couple Balkany) et quelques autres palmipèdes, connaît de Louviers l’affaire de l’écrêtement ! L’ancien maire n’a pas hésité une seule seconde — et a déclaré publiquement son attitude comme légitime — à verser à sa compagne alors adjointe au maire et vice-présidence de l’agglomération le trop plein perçu (1432 euros si ma mémoire est bonne) hors des limites maximum fixées par la loi (près de 8250 euros). Et il voudrait faire la leçon à ses successeurs qui, jusqu’à maintenant et selon ce qu’on en sait, n’ont pas utilisé l’argent public à des fins personnelles, même légales. J’ai souvenir du trouble causé par ce vote sur l’écrêtement même au sein de l’ancienne majorité. La gauche non radicale avait protesté jugeant cette conduite incompatible avec une certaine moralité. Je sais bien que la situation d’opposant autorise tous les excès mais tout de même…il y a des limites.
Second exemple pour la route. François-Xavier Priollaud a proposé un poste de conseiller délégué à l’opposition. Je crois savoir qu’une élue PS était d’accord pour occuper ce poste d’ouverture et que l’ensemble des élus de gauche s’était rallié à sa candidature. Mais en séance de conseil municipal, emporté par un élan vengeur mais peu réfléchi, Franck Martin a décrété que ce poste ne serait pas occupé. Décision unilatérale contraire aux engagements collectifs ! Qui c’est le chef !
Je lis heureusement dans Paris-Normandie d’aujourd’hui que Marie-Pierre Dumont, élue lovérienne socialiste, propose de « préparer des jeunes pour 2020. Nous voulons faire une opposition constructive, et ne pas être tout le temps contre les projets de la municipalité. » Rien n’empêchera de l’être, au bon moment et pour de bonnes raisons.

18 juin 2014

Les fausses factures de Bygmalion et de l'UMP : des comptes à dormir debout


Coucou, c'est moi !
Encore Mediapart. Toujours Mediapart. Mais sans Mediapart que saurions-nous du scandale du financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy ? Que saurions-nous du financement légal et surtout illégal d’une campagne de folie durant laquelle rien ni personne n’a pu stopper la folie des grandeurs du candidat sortant. Le site Mediapart a publié hier le tableau récapitulatif des vraies et fausses factures de la filiale de la société Bygmalion et la surprise (décidément on va de surprise en surprise dans cette affaire) est que ce n’est pas la somme de 11 millions d’euros qui ont concerné le financement par l’UMP de la campagne présidentielle Sarkozyste mais 17 millions d’euros !
Vous me direz, cela change quoi ? Ce n’est jamais qu’une question de volume. Quand on est à 11 millions d’euros de dépassement et que les animateurs de la campagne signent les chèques UMP les yeux fermés (ou presque) on n’est plus à 6 millions d’euros près. Sauf que les militants-cotisants de l’UMP doivent l’avoir saumâtre. Non seulement des milliers d’entre eux ont cotisé au Sarkoton en toute bonne foi (affirmant même que le Conseil constitutionnel s’acharnait contre Sarko !) mais en plus leurs cotisations ordinaires ont abondé des comptes sur lesquels Juppé-Raffarin-Fillon vont demander des explications et peut-être intenter une action judiciaire.
Il s’agit là d’un des plus grands scandales de financement de campagne électorale et de parti politique. Jean-François Copé, le pauvre, n’a rien su jusqu’à la parution de l’article de Libération le 16 mai dernier. « Je vous donne ma parole » a-t-il osé affirmer lors de son meeting d’adieu à Aulnay-sous-bois. Le président de l’UMP ne savait rien des manipulations et des manigances de ses subordonnés. Au mieux, c’est un gros mensonge, au pire, c’est une grosse faute de la part d’un homme qui aspirait aux plus hautes fonctions de l’Etat.
Quant à Sarkozy, qui peut imaginer qu’il s’échine à retrouver du crédit ? Seuls 9 % des Français considèrent qu’il est honnête. Peut-on élire à nouveau comme président de la République un homme dont à peine 10 % des Français pensent qu’il est armé moralement pour remplir cette haute fonction alors que 90 % des citoyens suggèrent que cet homme est prêt à tout pour parvenir à ses fins ? Eric Ciotti (UMP et Filloniste) a évoqué une mafia au sein de l’UMP. Si le terme est approprié, les juges vont devoir tromper l’omerta des principaux protagonistes de l’affaire. M. Alvès, de Bygmalion et Jérôme Lavrilleux, de l’UMP, ont semble-t-il la langue bien pendue. Il suffit peut-être de mieux les écouter.

17 juin 2014

Les douze salopards de la France du Ku Klux Klan et des ratonnades


L’enlèvement. La séquestration dans une cave. Les violences administrées. Et la demande de rançon auprès de la mère d’un jeune Rom de 16 ans. Voilà le bilan global d’une douzaine de fanatiques résolus à se faire justice eux-mêmes. Douze salopards, n’ayons pas peur des mots, agissant au mépris de la loi, des droits de l’homme, de tout sentiment de justice. Douze « victimes » de cambriolages ou de menus larcins sans qu’il soit une seconde question de nier leur réalité. L’auteur présumé des actes de délinquance était connu des services de police. Il est aujourd’hui mieux connu des services d’urgence et de réanimation où il lutte contre la mort après la raclée infligée par des cinglés sadiques.
Ce n’est pas cette société-là que nous voulons. Et qu’on ne vienne pas me faire le procès du Français moyen privilégié qui ne connaît rien à la violence de la rue ou des difficultés de vivre dans les cités, les bidonvilles, les camps de Roms. J’ai été cambriolé. J’ai été vandalisé. Les auteurs, pour certains des faits, ont été identifiés, interpellés par la police, condamnés par la justice. J’ai été (en partie) indemnisé par mon assureur. C’est le bon sens et la raison et c’est comme cela qu’on vit en société. Dans un état de droit où chacun doit être à sa place et ne pas outrepasser son rôle.
Sinon ? C’est la loi du plus fort. La loi de la jungle. Œil pour œil, dent pour dent. Sinon ? C’est la loi de la rue et des milices, la loi des Dupont-la-Joie et des ratonneurs. Qu’un jeune étranger de 16 ans (même délinquant) se retrouve pieds et bras ballants dans un caddie de supermarché abandonné sur un parking montre bien à quel point le passage à l’acte est devenu dans le pays des droits de l'homme une…première nature. Le cerveau reptilien au sens archaïque du terme serait donc de retour. Finie la vie civilisée. Finie l’éducation. Finie le « vivre ensemble » expression devenue vide de sens.
Le lynchage du jeune Rom nous rappelle qu’en France, en 2014, des adultes sont capables du pire. Que le Ku Klux Klan n’est pas seulement américain. Que donner la mort semble toujours plus facile et plus simple que d’agir en citoyen responsable. Citoyen et responsable.

15 juin 2014

En direct de la coupe du monde de football : JF Le Campion livre le témoignage du Brésilien au quotidien


(photo JF Le Campion)
Alors que la coupe du monde de football bat son plein (enfin presque) il ne faudrait pas oublier la réalité de la situation du Brésil, pays émergent, doté de nombreux atouts dont sa superficie, ses milieux naturels, sa démographie, sa société métissée, mais marquée par des injustices sociétales nombreuses et des scandales de corruption très importants, même dans le cercle restreint de l’actuel pouvoir. 
Jean-François Le Campion, originaire de Louviers, vit depuis plusieurs décennies dans une grand ville du nord-est du Brésil où il s’est établi et a fondé une famille. Il se trouve que notre amitié, datant des années de lycée, n’a jamais cessé et c’est avec plaisir que je lui ai demandé quelques éléments permettant aux lecteurs de ce blog de se faire une idée plus proche des réalités de la population brésilienne.

(photo JF Le Campion)
« En 2014 le taux de croissance sera de 1,4 % soit nettement moins que durant les années Lula. L’inflation est de 7 % par an, idem pour le taux de chômage mais là où le bat blesse c’est quand on apprend que la productivité y est faible.
Le climat actuel, précise Jean-François, est très différent du climat qui régnait lors de l’attribution de la coupe du monde de football. A l’époque la FIFA et l’effet Lula surfaient sur une vague du genre « vous allez voir ce que vous allez voir. » Rien n’était trop beau. Les exigences de la FIFA n’étaient que des formalités mais des formalités se chiffrant en milliards de reals.
Pour les Brésiliens la fête a été terminée avant de commencer. Le peuple manque cruellement de l’absence d’investissements primordiaux dans l’éducation, la santé, les infrastructures de toutes sortes (transports, logements etc.) et de nombreux milliards sont mangés par la corruption ou dans de fantomatiques investissements comme les aéroports ou la mobilité urbaine. Les chantiers commencent mais ne sont jamais terminés.
Le Brésil ne souffre pas d’une crise économique mais d’une crise morale. Dès juin 2013 des mouvements spontanés ont vu le jour à côté des syndicats ou des partis politiques. « O gigante acordou » (le géant se réveille) scandait la foule. Les politiques, comme tous les politiques répondaient « nous avons entendu votre colère, nous allons entreprendre les réformes qui s’imposent. » Puis plus rien. Le géant s’est rendormi. 

(photo JF Le Campion)
Depuis le début du mois le soulèvement est reparti, plus structuré avec des demandes récurrentes : les besoins au quotidien manquent cruellement.
Pour en revenir à la coupe du monde de football on peut dire que ce sport est dans l'ADN des Brésiliens. Avec le coup d'envoi, le Brésilien est comme hypnotisé.
Le porte parole du ¨ Mouvement des travailleurs sans toits ¨( MTST) a déclaré qu'ils ne manifesteraient pas pendant la coupe.
Mais en octobre 2014 vont avoir lieu les élections générales pour le président ou la présidente, les gouverneurs d’états et les sénateurs. Dilma Roussef se présente avec une coalition identique à celle de 2010. Cela ressemble à du Sarkozy faisant élire Mélenchon pour tirer les ficelles en coulisse. »

Avec François Hollande, c'est Toubon…et tout mauvais


Si j’ai publié le texte de la pétition appelant à protester contre le choix de François Hollande visant à faire de Jacques Toubon le nouveau Défenseur des droits, c’est parce que des hommes et des femmes de gauche, des écologistes, des sans cartes attachées aux valeurs fondamentales de notre république, ne comprennent pas du tout le choix du président de ladite République. Ce choix n’est pas définitif. Si les parlementaires des commissions compétentes refusent cette nomination (dans une proportion élevée il est vrai) il pourra être remis en cause. Quand on entend Sandrine Mazetier, députée PS, se dire « effondrée » par la proposition de François Hollande, on peut se poser la question du pourquoi d’une telle proposition. Et espérer que des députés et sénateurs de gauche agissent pour empêcher cette mauvaise action. 
Je connais Jacques Toubon, l’homme politique engagé au RPR, le ministre de Jacques Chirac, celui qui a tout fait pour empêcher certains dossiers judiciaires d’aller au bout. Je le connais de manière plus anecdotique puisque garé dans une rue de Paris à bord de mon automobile je fus percuté à l’arrière (sans dommages réels) par un homme pressé qui n’eut ni mot d’excuse ni regard pour le va nu pied de service que j’étais. Cet homme c’était Jacques Toubon et ce n’est visiblement pas un homme poli. Ces petits détails du quotidien disent bien le sentiment de toute puissance de ces hommes habitués à la fréquentation des cabinets ministériels et du pouvoir d’état.
Le Défenseur des droits est devenu quelqu’un d’important depuis que Nicolas Sarkozy a souhaité concentrer en une seule main les attributs de divers intervenants veillant au respect des droits des citoyens : « le Défenseur des droits est chargé de défendre les droits des citoyens face aux administrations (ombudsman) et dispose de prérogatives particulières en matière de promotion des droits de l'enfant, de lutte contre les discriminations, du respect de la déontologie des activités de sécurité. (1) » En lisant ces quelques lignes on voit bien que le profil de Jacques Toubon ne correspond pas à la définition et aux exigences d’impartialité de la fonction.
Pourquoi François Hollande a-t-il pris le risque de déplaire à une frange importante de la gauche, des associations de défense des droits de l’homme et du citoyen et à tous ceux qui souhaitent des nominations impartiales ? S’agit-il du mystère Hollande ? Le président souhaite-t-il se lancer dans l’aventure de l’ouverture avec les résultats constatés sous Sarkozy ? Espère-t-il s’allier une frange des Français plutôt de droite et du centre ? J’ai l’impression que dans cette affaire, François Hollande prendra plus de coups qu’il ne recevra de félicitations.
Je maintiens qu’il existe en France des hommes et des femmes de qualité, connu(e)s et reconnu(e)s pour leurs mérites, leur histoire, leurs actes civiques aptes à remplir la fonction de Défenseur des droits. Et ils (et elles) ne s’appellent pas Jacques Toubon.
(1) source wikipédia