24 octobre 2013

Marine Le Pen rappelée à l'ordre par la Commission nationale des comptes de campagne


La lecture du journal officiel ainsi que celle du site Internet de la Commission nationale des comptes de campagne sont instructives à plus d’un titre. Il faut certes avoir le temps de lire les 157 pages du dernier rapport de la commission relatif aux observations, restitutions, remboursements, des différents comptes de campagne des candidats à l’élection présidentielle de 2012.
Ecartons d’emblée les comptes de Nicolas Sarkozy. Ils ont été rejetés par la Commission, dans un premier temps, puis par le Conseil constitutionnel, dans un second, le plafond maximal autorisé ayant été largement dépassé. Le candidat Sarkozy a oublié et ses amis avec que ses discours de président ressemblaient plus à ceux d’un postulant à sa succession qu’à une adresse au peuple français dans son ensemble. Les adhérents et les sympathisants de l’UMP, du moins ceux qui ne sont pas au RSA, ont mis la main à la poche pour payer l’addition qui atteignait plusieurs millions d’euros.
Intéressons-nous, plutôt, au compte de Mme Le Pen. La chère Marine a passé quelques nuits dans un hôtel de luxe de la Riviera et organisé un meeting à Nice qu’elle a souhaité faire payer aux contribuables français. Même ses frais de gardes du corps ont été imputés à son compte de campagne. L’ensemble représente 700 000 euros que la commission a refusé de rembourser. C’est le Canard Enchaîné qui a attiré notre attention sur les errements de Marine Le Pen après que le site Médiapart avait évoqué les activités financières de l’entourage de la candidate frontiste surtout composé d’anciens du GUD, un groupe d’extrême droite particulièrement offensif et agressif.
La leçon qu’il faut tirer de cet épisode c’est que si Marine Le Pen était au pouvoir, elle ne se priverait sans doute pas d’utiliser les moyens de l’Etat mis à sa disposition pour certains de ses menus besoins. C’était déjà le cas des maires FN de Vitrolles et de Toulon, Mégret et Chevallier pour les citer, mis en cause après avoir confondu fonds publics et fonds privés.

23 octobre 2013

Le « Copé-coller » FN du président de l'UMP


Le débat sur l’identité nationale, initié par Sarkozy, avait dérouté nombre de républicains et Eric Besson, cheville-ouvrière de la cacophonie alors majoritaire avait eu un mal de chien à sortir de la nasse dans laquelle il s’était fait piéger. Depuis, il aspire à diriger un grand club de football, c’est dire le niveau des aspirations de celui qui avait trahi son camp et ses amis. Depuis, la droite s’était à peu près tenue. Il a fallu que Fillon exprime son (non) choix entre le FN et le PS — « je choisirai le moins sectaire des deux » — pour qu’il libère un espace aux revanchards de tous poils.
Jean-François Copé, depuis l’histoire du pain au chocolat, attendait l’occasion de faire parler de lui en mal. Léonarda et la déclaration ambiguë de François Hollande ont libéré ses arrières pensées devenues avouables. Il prépare un texte de loi remettant en cause le droit du sol. Ce droit est inhérent à notre histoire et à celle de la République. Un enfant né sur le territoire français est Français même si ses parents ne le sont pas. Il lui suffit, à 13 ou 18 ans, de choisir cette nationalité pour que quiconque ne puisse s’y opposer. Un ancien conseiller de Sarkozy, peu suspect de sympathie pour la gauche, juge aberrante cette position nouvelle de Copé. Une position défendue depuis des décennies par le Front national qui se frotte les mains. D’autant que cette disposition concerne seulement 3000 enfants chaque année. Pas de quoi fouetter un chat.
Elle illustre quand même la perte de repères du leader de la droite UMP. Une droite qui les collectionne. Après son combat contre le mariage pour tous, voilà que Copé demande un espace Schengen à 5 (impossible à réaliser) et des mesures coercitives contre les enfants nés quelque part en France et évidemment irresponsables devant l’éternel face à la nationalité de ses parents.
Le Copé-Collé du programme du Front national va sans doute permettre aux xénophobes de s’en donner à cœur joie. Même l’Allemagne, adepte du droit du sang, s’ouvre pourtant au droit du sol car c’est le sens de l’histoire et le mérite de la civilisation européenne.

La section de Louviers du Parti socialiste, à une majorité des deux tiers, a décidé de faire l’union avec le maire sortant de Louviers. Ce vote a défait un vote précédent qui, dans les mêmes proportions, proposait une liste de rassemblement de la gauche avec les Verts et le PC. Il se trouve que ces éventuels partenaires n’étaient pas très chauds pour cette liste rendant de fait caduques les velléités d’indépendance des socialistes.
Avec une liste NPA-PC, une liste MODEM, une liste UMP-UDI, une liste FN et une liste Martin-Verts, il restait alors peu d’espace pour une liste PS autonome. Il est vrai aussi que, depuis plusieurs mois, François Loncle (député PS) militait pour la liste d’union avec le maire, que les accords nationaux en faveur des sortants de gauche n’arrangeaient pas les affaires du PS local et que la poussée (réelle ou apparente) du FN oblige les candidats de gauche au pouvoir local à se montrer «raisonnables». Pour autant, je demeure convaincu qu’une analyse détaillée de la gouvernance du maire sortant, de ses choix budgétaires et de certains investissements de la CASE ferait apparaître des lignes de faille. Idem pour l’entretien des bâtiments communaux et de la mairie notamment. Je souhaite que la présence de candidats PS aide à éviter le tremblement de terre que serait une nouvelle augmentation des impôts locaux.


En 2011, sous Sarkozy donc 35 000 foyers fiscaux ont quitté la France. C’est beaucoup plus qu’en 2012 sous Hollande. Il s’agit, pour la plupart d’entre eux, de jeunes désirant chercher fortune ailleurs. Alors que le consentement à l’impôt se fait plus rare, paraît-il, et que la colère monte dans les classes moyennes, qui dira que 50 % de l’augmentation des impositions et des taxes est du aux choix de la majorité Sarkozy. Je n’oublie pas non plus que Fillon avait déclaré l’état français en faillite et que la droite a laissé une ardoise de 600 milliards d’euros de dette. Cherchez l’erreur.



22 octobre 2013

Qu'un sang impur abreuve nos sillons…


Un dénommé Xanpur (sang pur ?) m’adresse plusieurs commentaires à la suite de mes billets sur le Front national. Des commentaires diffamatoires, impubliables et donc voués à l’ignorance de nos contemporains. Ce Xanpur très courageux dans les mots ne semble pas être animé d’une grande témérité puisqu’il se réfugie derrière un pratique anonymat. Un peu comme les délateurs vichyssois qui dénonçait les juifs ou les résistants ce qui les conduisait à la mort. Pour affirmer ses idées, il faut d’abord s’affirmer soi-même. Ce Xanpur appartient évidemment à cette catégorie de Français forts en gueule mais couards jusqu’à la moelle.
Tout de même, il est intéressant de constater que ce supporter du Front national a encore honte d’être ce qu’il est et de penser ce qu’il pense. Comme quoi les tabous ne sont pas tous tombés. Si, par malheur, ce Xanpur venait à être un jour associé au pouvoir, on peut compter sur lui pour lyncher les opposants et ressusciter les belles heures du Ku Klux Klan à la croix plus que gammée.
L’origine de la colère de ce correspondant se trouve dans la haine qu’il manifeste à l’égard de Christiane Taubira. Que cela lui plaise ou non, Mme Taubira est ministre et il devra la supporter encore un certain temps comme nous avons, nous, supporté Sarkozy et bien d’autres comme lui pendant dix ans. Mais il se trouve que Christiane Taubira a bien raison : « cette idéologie est meurtrière et mortifère. »Même quand elle reste anonyme.

Le collège Pierre Mendès France de Val-de-Reuil prend désormais place parmi les collèges d’avenir


« La rentrée scolaire 2013/2014 est une des plus belles qu’ait connues Val-de-Reuil : quatre ouvertures de classes, mise en place sans difficulté majeure des nouveaux rythmes scolaires, développement des classes IPads, partenariat du lycée avec le journal "Les Echos" et l'école EsMod, sélection par le Centre national d’enseignement à distance (CNED) d’écoles de la commune pour expérimenter, en avant-première, des logiciels d’apprentissage de l’anglais (English for schools) et de soutien scolaire, création au collège Pierre Mendès France d’une deuxième formation du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) accueillant des BAC +5, quatre élèves de l’atelier Sciences Po de Marc Bloch parmi les cent étudiants de France métropolitaine qui ont fait leur entrée rue Saint-Guillaume, venue prochaine de trois conférenciers de très haut niveau, Hubert Védrine, Michel Wieviorka et Lionel Stoléru pour doper nos futurs bacheliers.  

La liste n'était pas exhaustive. La visite de Fleur Pellerin, Ministre des petites et moyennes entreprises, de l’innovation et de l’économie numérique, jeudi 17 octobre, pour mettre à l’honneur le choix du numérique à Val-de-Reuil, seule ville du département à être totalement reliée à la fibre optique, à travers l’exemple de l’école Coluche, l’a encore confortée.

Deux annonces « éducatives », très attendues, pour lesquelles la Ville et ses partenaires se sont mobilisés depuis plusieurs mois, ont été faites à cette occasion.

1) Le collège Pierre Mendès France sera, après un collège de Tulle qui sera le 22ème, le 23e collège de France labellisé « collège numérique », le premier de Haute-Normandie. Gilles Braun, conseiller et représentant de Vincent Peillon, Ministre de l’Education nationale, l’a annoncé. Janick Léger, Conseillère générale du canton de Val-de-Reuil, Vice-présidente du Conseil général, au nom de Jean Louis Destans, l’a confirmé.
2) L'établissement accueillera également un centre régional de formation des personnels de l’Education nationale. Ce sont deux points très positifs pour Val-de-Reuil. La Ville a toujours cru en cet établissement et les mobilisations des professeurs, des parents d’élèves et des habitants pour lutter contre sa fermeture ont été décisives. Le département fait de la modernisation de cet équipement une priorité et il faut en remercier là aussi Jean-Louis Destans.
Après la rénovation du collège Alphonse Allais, le collège Pierre Mendès France prend désormais place parmi les collèges d’avenir. »

(Communiqué de Marc-Antoine Jamet, maire de Val-de-Reuil).

21 octobre 2013

Les grandes oreilles américaines espionnent la France publique et privée !


L’événement de ce début de semaine c’est l’annonce dans le journal Le Monde du système d’espionnage des communications publiques et privées utilisé par la NSA américaine et visant à écouter la France entière depuis des années. Edouard Snowdon aura donc permis aux autorités de notre pays d’apprendre qu’un allié, un ami, peut être l’objet d’attentions suspectes de la part d’une grande démocratie.
Il faudrait d’ailleurs être bien naïfs pour s’étonner ou feindre de s’étonner des ces pratiques systématiques de la part des États-Unis d’Amérique. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, les Américains sont devenus paranos. Mais ce serait une lecture superficielle de leur comportement. Sous prétexte de sécurité, les États-Unis sont en réalité (comme les Chinois d’ailleurs et les Russes) les plus importants espions industriels et militaires de la planète. Toutes les innovations les intéressent. Dans les domaines aussi divers que l’informatique, le militaire, la médecine, la recherche fondamentale, les relations internationales…les Américains veulent tout savoir, tout anticiper. Prenant prétexte de la lutte antiterroriste, ils fouinent, racolent, amassent des milliards de données, de conversations, de détails utiles aujourd’hui ou demain.
Je ne peux pas croire un seul instant que les responsables politiques français ignoraient les agissements des USA. L’important est de savoir s’ils ont pris la mesure du danger (en termes économique et industriel) et s’ils ont trouvé la parade pour protéger les données sensibles et les réseaux de la recherche française. Que Manuel Valls déclare, ce matin, que le gouvernement va demander des explications aux Américains est bon pour les gogos. L’essentiel est ailleurs. Et si les Français faisaient la même chose ?

Léonarda. Voilà un prénom que toute la France connaît mieux depuis l’affaire de l’expulsion de la famille kosovaro-italienne résidant en France depuis près de cinq années dans des conditions maintenant mieux connues. Il apparaît que le père de cette famille n’était pas très net et que le courant de sympathie suscité par l’inadmissible intervention de la police lors de la sortie scolaire de la collégienne ne pouvait trouver qu’une légitimité…limitée. Je suis de ceux qui se sont emballés un peu vite, même avec les réserves de rigueur sur l’ouverture de l’enquête administrative dont les résultats sont aujourd’hui implacables.
François Hollande, président de la République, a cru bon de mettre les mains dans le cambouis comme le faisait Sarkozy, hier. Il a, selon mon humble avis, eu tort de se mêler de cette affaire d’autant que la solution qu’il a préconisée (le retour en France de la seule Léonarda) était évidemment impossible. Imagine-t-on une jeune fille de 15 ans vivre seule, sans sa famille, dans un pays étranger…Il fallait trancher : ou toute la famille ou personne. Autrement dit, le président de la République ne devrait pas faire le travail des ministres. Surtout quand ils appliquent la loi. Je sais bien que l’humanitaire nécessite des aménagements mais l’emballement des réseaux sociaux et des chaînes d’information en continu trouble la prise de distance événementielle. Un peu de recul ne ferait de mal à personne.

Samia Ghali, candidate aux primaires socialistes à Marseille, a fait huer les noms de Hollande et Ayrault par un public de supporters fanatiques. C’est ce qu’on retiendra de cet exercice démocratique qui a tout de même fait se déplacer plus de 25 000 Marseillais. D’un côté, le bilan est bon en terme de participation mais il fait craindre le pire quand on entend la sénatrice (elle a la grosse tête !) agresser le monde entier parce qu’elle a perdu. Samia Ghali a réussi à mobilier les habitants des quartiers nord de la ville phocéenne et c’est son grand mérite.
Les électeurs marseillais ont retenu que si Patrick Mennucci était le candidat de Paris ou de Solférino, et elle, Samia Ghali s’affichait comme la favorite de Guérini, donc opposée à la métropole future ils ont surtout intégré qu’elle était la moins bonne chance pour la gauche de battre Gaudin.
Le maire sortant avait en effet plus à craindre de Mennucci que de Ghali même s’il sera difficile de recoller les morceaux entre eux après les déclarations tonitruantes de la sénatrice et les hurlements de ses fans. Son ego est tel qu’elle n’a, à aucun moment, imaginer qu’elle allait perdre cette primaire d’où son amertume et son agressivité. Il lui faudra des semaines pour remonter la pente. Quand on prend part à une élection, on sait pourtant que le risque de la défaite est inhérent à tout vote démocratique. A 57 % des suffrages pour Mennucci, il n’y a pas eu photo !

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Christiane Taubira a vivement réagi aux remarques nullissimes de la candidate frontiste qui l’a comparu à un singe. En évoquant une idéologie « meurtrière et mortifère » du Front national, Christiane Taubira n’y pas allée de…main morte. Mais elle a raison. Il est vrai que Marine Le Pen parvient à masquer les fondamentaux du FN. Et c’est bien là tout le problème. Nicolas Bays, un élu régional haut-normand, invité sur le plateau du Grand journal s’est présenté tout miel, tout doucereux, en ayant l’air de ne pas y toucher.
Christiane Taubira dénonce cette habile mais trompeuse stratégie du faire semblant. Faire semblant de respecter les institutions, faire semblant de rejeter les extrêmes, faire semblant de jouer le jeu démocratique. Il suffit de gratter un peu le vernis pour faire face au vrai visage du FN. Un visage derrière lequel la violence n’est jamais loin. Une violence faite d’exclusion, de xénophobie, de rejet de l’autre. Franchement, imagine-t-on ces gens-là au pouvoir, que ce soit dans une mairie ou à l’Elysée. La paix sociale n’y résisterait pas.

18 octobre 2013

La direction du FN suspend une candidate qui avait comparé Mme Taubira à un singe


Une candidate du Front national aux futures élections municipales vient d’être suspendue par la direction nationale de ce parti pour avoir comparé Mme Christiane Taubira, ministre de la justice, à un singe. On sait qu’une des blagues principales des racistes et des xénophobes consiste à jeter des bananes aux joueurs de football noirs, lesquels figurent souvent parmi les meilleurs joueurs des équipes européennes notamment. La fédération internationale de football a pris des mesures pour empêcher ces invectives racistes mais en Italie, notamment, nombre de fanatiques continuent de faire le salut nazi et d’insulter les joueurs noirs.
Qu’une candidate aspirant à représenter les électeurs et donc les citoyens de ce pays se sente autorisée à user des images les plus éculées de la panoplie des xénophobes et indigne d’une personne humaine en dit long sur les sentiments profonds et la haine qui animent ces pauvres militants d’un parti réputé pour compter ces individus peu recommandables.
Ne nous y trompons pas. L’entreprise de dédiabolisation et de respectabilité que mène Marine Le Pen masque les vrais points de vue de la plupart des militants de l’extrême droite. Historiquement, les partis et les groupes de cette mouvance sont construits sur la soi-disant identité nationale, sur la peur des métèques et autres étrangers, sur la « pureté de la race blanche » comme si ces notions avaient une quelconque valeur scientifique ou philosophique.
Avant la campagne des municipales, il nous faudra débusquer tous ces chauvins, ces homophobes, ces amateurs de ratonnades…bien plus nombreux que ce qu’on croit généralement. Il y va de la survie de notre société fondée sur l’égalité et sur la fraternité. Être capable de comparer Mme Taubira à un singe est une régression infâme. Elle rend indigne celle qui la profère et devrait entraîner des suites judiciaires plus marquantes qu’une simple suspension opportuniste.

17 octobre 2013

« La France ne peut accueillir toute la misère du monde mais elle doit prendre sa part. »


A l’heure où j’écris ces lignes, je ne connais pas les conclusions de l’enquête administrative diligentée par le Premier ministre sur l’interpellation et l’expulsion de Léonarda, cette jeune Kosovare, fille de parents sans papiers, eux-mêmes expulsés dans leur pays d’origine il y a quelques jours. Que cette enquête exonère le préfet ou Valls ou qui que ce soit d’autre d’une responsabilité directe ne changera rien au fait que les faits condamnent ceux qui les ont accomplis. Le Réseau éducation sans frontières, sollicité par les enseignants du collège de Léonarda, a rendu publiques les conditions de l’intervention de la police lors du voyage scolaire auquel participait la jeune fille. Il ne fait aucun doute que l’application stricte d’un arrêté de reconduite à la frontière ne peut se justifier s’agissant de quelqu'un vivant en France depuis près de cinq années, ne parlant que le Français, ne connaissant que la France, n’ayant aucun lien avec son pays d’origine. Certains, nombreux à gauche, jugent totalement scandaleuse cette interpellation-expulsion et ils ont raison. Ce n’était pas la peine de virer Sarkozy et ses méthodes si c’est pour avoir un succédané (damné ?) de gauche accomplissant les mêmes actions particulièrement en contradiction avec les valeurs et les principes auxquels on se réfère quand on est de gauche.
Qu’on ne me parle pas d’angélisme ou de culture de l’excuse ! Qu’on ne me parle pas de laxisme ou de laisser-faire ! Ce vocabulaire est bon pour Estrosi et Hortefeux. Quand on est de gauche, on l’est par choix, par un jugement libre, on l’est pour appliquer des politiques forcément différentes de celles de la droite extrême. La droitisation des esprits aurait-elle corrompu notre logiciel pourtant programmé en fonction de la déclaration des droits de l’homme et d’une certaine idée de la vie en société. Qu’un Coppé, qu’un Ciotti, qu’un Sarkozy, qu’un Le Pen expulsent une jeune fille de 15 ans au-delà de nos frontières, ce serait ignoble mais conforme à leur vision du monde. Qu’un gouvernement de gauche soit complice (jusqu’à preuve du contraire) de cette ignominie a de quoi nous inquiéter et nous blesser.
J’entends déjà le chœur des bonnes âmes : Et vous qu’avez-vous à proposer en matière de politique migratoire ? Michel Rocard avait trouvé la réponse adaptée : « La France ne peut accueillir toute la misère du monde mais elle doit prendre sa part. » Quand on sait que sous Hollande, 30 000 personnes sont expulsées de France, chaque année, il serait bien qu’on nous dise quelle part la France est prête à prendre pour éviter qu’une famille ayant passé près de cinq années dans notre pays soit jetée sous les ponts de Pristina.

16 octobre 2013

Brignoles n'est pas la France tout de même


A quoi bon chercher tel ou tel responsable du vote FN à Brignoles et surtout pourquoi le généraliser à la France entière ? Un habitant de Brignoles interrogé sur Canal Plus s’étonnait — et nous avec — du « festival de Cannes » organisé par les médias autour d’une élection cantonale dont le seul objectif était d’élire un conseiller général d’opposition. Il s’agit d’un Marseillais parachuté à Brignoles par Marine Le Pen qui aura à s’occuper d’aide sociale, d’état des routes et des collèges. Ce n’est pas rien mais reconnaissons que tout le pouvoir ne se résume pas à ces uniques compétences.
Nous savons bien aussi que le FN manque de cadres, de militants formés à l’exercice normal et quotidien de la démocratie. Évident dans la mesure où le FN est un parti d’apparatchiks. Il ne fonctionne que de manière verticale, du chef vers la base qui n’a qu’un objectif : exécuter les ordres. Chez eux, le mandat impératif est une règle de vie. Le chef a toujours raison.
A Louviers, la future tête de liste du Front national ne connaît rien au fonctionnement administratif, technique, juridique, financier de la commune et de l’agglomération Seine-Eure. Ses seuls écrits sont d’une pauvreté affligeante parce qu’il se retrouve là contraint et  forcé par un parti qui ne tient qu’en un mot : Le Pen. Sans le père ou la fille, ce parti n’est rien. Sans les idées ( ?) de la fille, le FN ne représente rien sinon la nostalgie d’une pensée mieux construite et plus habile qu’au temps de la Révolution nationale quand les juifs étaient des cibles toutes choisies, remplacées aujourd’hui par les musulmans responsables de tout. Et de rien.
Je me demande d'ailleurs si l'entrée des militants du FN dans les conseils municipaux sera une si mauvaise chose. On pourra apprécier le vide de leur opposition et leur insondable balourdise, la pauvreté de cette pensée ne pouvant servir de programme municipal. Gérer une ville c’est bien autre chose que demander la sortie de l'Euro, le rétablissement de la peine de mort ou la fermeture des frontières. Quant à la préférence (pardon priorité) nationale, on a vu à Vitrolles ce qu'elle donnait : les coups de pouce aux copains.
Quand Fillon propose que ces élections locales servent de référendum anti-Hollande, il fait lui aussi un contre sens et commet une grave erreur. Les élections municipales ne servent pas à régler des comptes. Leur but est d’élire des élus compétents, désintéressés, passionnés par leur ville et son avenir.

Les opérations d'intoxication ont commencé


Les opérations d’intoxication ont commencé. Il a suffi que la section du Parti socialiste de Louviers se réunisse (et discute de la stratégie municipale) pour que José Alcala commente faussement cette séance où n’étaient présents que des socialistes. Aujourd’hui, je veux mettre en garde les lecteurs à l’égard de certains blogs. Seul un communiqué signé du premier secrétaire de la section PS de Louviers permettra de connaître précisément la position et le vote des membres de cette section. M. Alcala est bien prétentieux pour oser affirmer que la section a décidé « à l’unanimité » de se rallier au panache blanc de Franck Martin.
Sans entrer dans les détails, je démens totalement cette affirmation péremptoire. Le vote de la section aura lieu prochainement — car un vote ne peut être confirmé ou infirmé que par un autre vote — et ce n’est qu’après ce vote à bulletins secrets que l’on connaîtra l’orientation définitive des socialistes de Louviers et le choix des adhérents.
Compte tenu de ce que je sais, une majorité se dégagera sans doute en faveur de l’union avec le maire sortant. Mais d’unanimité, il ne sera pas question.

14 octobre 2013

Nicolas Mayer Rossignol marchera dans les pas d'Alain Le Vern


On peut imaginer que Nicolas Mayer-Rossignol a voté pour lui-même. (photo JCH)
Ils se sont congratulés longuement et avec émotion. D’ailleurs, il ne s’en est pas caché, Nicolas Mayer-Rossignol marchera dans les pas d’Alain Le Vern, l’ex-président de la Région Haute-Normandie. D’où l’éloge attendu de l’action d’un homme qui, pendant quinze ans, a mis toute son énergie au service de la région et des deux départements que sont l’Eure et la Seine-Maritime. Reconnaissons aussi qu’Alain Le Vern avait bien préparé son affaire. Discret mais décidé, il a mijoté sa démission de tous ses mandats pendant les vacances estivales, conservé le secret sur son avenir laissant libre cours à toutes les spéculations, préparé une passation de pouvoir intelligente.
A contrario, on ne retiendra pas comme un grand moment d’éloquence le discours de Mme Préjean, doyenne de l’assemblée et membre du groupe Front National. A l’écouter on entendait une passionaria à la Tixier-Vignancourt, ciselant ses propos de remarques acerbes et félonnes pour vanter le résultat de la cantonale de Brignoles, dénoncer la politique d’Alain Le Vern alors qu’elle salua les qualités intellectuelles et morales de l’ancien président. Au FN, on trouve de tout, des costauds balourds et musclés, des Maurassiens pur jus et des élus polis qui n’en pensent pas moins.
Nicolas Mayer Rossignol élu avec 37 voix contre 14 à Bruno Le Maire (le mari de Pauline) ne s’accorda aucun temps mort. Au boulot tout de suite après les remerciements de circonstance et les allusions aux cumulards spécialistes de la vérité au-delà et de l'erreur en deçà. Chacun s’y reconnaîtra. Est-ce pour cette raison que Franck Martin brillait par son absence ?
Le programme des semaines à venir ne manque pas de contenu. Dès le 4 novembre, les élus régionaux se retrouveront. Ils débattront des priorités budgétaires après une réunion de la commission permanente. NMR en profitera pour rencontrer préfets, parlementaires, Conseil économique et social, élus départementaux de Seine-Maritime et de l’Eure, présidents des régions de France en lien avec la Haute-Normandie. Après qu’il a rappelé la priorité des priorités « l’emploi et notamment l’emploi des jeunes » le nouveau président a annoncé sa présence aussi souvent que possible sur le terrain. Dans les entreprises, les lycées, les lieux de formation…Il n'a pas oublié les dossiers chauds : lignes SNCF, contournement Est de Rouen, nouvelle gare rouennaise…
Les douze vice-présidents ont été élus dans la foulée. La Région est en ordre de marche. Les cinq abstentions n'en sont que plus anecdotiques.
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Les vice-présidents sont :

1ère Vice présidente : Emmanuèle JEANDET-MENGUAL

2ème Vice-président : Marc-Antoine JAMET

3ème Vice-présidente : Hélène SEGURA

4ème Vice-président : Laurent LOGIOU

5ème Vice-présidente : Sophie MOLLE

6ème Vice-président : Claude TALEB

7ème Vice-présidente : Céline BRULIN

8ème Vice-président : Dominique GAMBIER

9ème Vice-présidente : Charlotte LEMOINE

10ème Vice-président : Kader CHEKHEMANI

11ème Vice-présidente : Véronique BEREGOVOY

12ème Vice-président : Noël LEVILLAIN