27 septembre 2013

Le magazine « valeurs actuelles » sent le rance


Le magazine Valeurs actuelles porte bien mal son nom. Les valeurs (si j’ose dire) qu’il véhicule ne sont pas du tout actuelles et encore moins modernes. Il s’agit pour les journalistes de ce news branché à l’extrême droite de défendre des thèses (pas des théories) rances et vieilles comme l’étaient celles des Maurassiens. Comme il faut que ce journal soit acheté et vendu, les néo-conservateurs qui l’alimentent s’appuient sur des recettes aussi haineuses que provocantes.
Un certain Monsieur de Kerdrel, directeur de la rédaction, veut des unes explosives. Il faut bien vendre n’est-il pas ? Tantôt il fustige les Roms (et justifie l’overdose des Dupont-la-Joie) tantôt il sombre dans l’islamophobie, tantôt comme cette semaine, il s’en prend aux Français naturalisés. On serait envahi !
Rappelons-nous. Certains décrets pétainistes de 1942-43 avaient pour objectif d’ôter la nationalité française aux juifs faits citoyens hexagonaux en 1927. Il s’agissait pour Vichy de rendre apatrides les juifs français de sorte qu’ils ne puissent bénéficier d’aucune protection de l’Etat et d’aucun avantage lié à la nationalité. On sait ce qu’il advint de nos concitoyens juifs raflés, exterminés, gazés.
Après le titre honteux de Valeurs actuelles, l’Union des étudiants juifs de France a décidé de porter plainte pour incitation à la haine raciale. J’ignore quel sera le sort réservé à cette action judiciaire. Elle a au moins le mérite de démontrer qu’il existe des Français indignés par cette presse de caniveau qui use et abuse de la liberté d’éditer et de publier. Je ne demande évidemment pas la censure des journaux, ce serait horrible. Mais si les contenus des journaux sont illégaux et hostiles à la paix civile, pourquoi ne pas demander des comptes à ceux dont le fonds de commerce est de vivre de ces excès et de ces titres pousse au crime.

25 septembre 2013

Menaces de mort de l’extrême droite contre les antifa et les communistes : le FN se sent pousser des ailes


Dans la nuit du dimanche 22 septembre au lundi 23, sous la signature du FN ont été taguées et apposées sous forme d’affiche sur le local de permanence du PCF de Cagnes-sur-mer, les menaces « A mort les communiste »(sic) et « A mort les antifa », décorées d’un sigle de l’extrême droite.
Ainsi après les coups de menton de nos édiles locaux, du maire de Nice et du Président du Conseil général, contre les Roms, les Gens du Voyage, les sans-papiers et tous ceux qui les soutiennent, après les déclarations de responsables nationaux de l’UMP fleurant bon la vraie complicité, à peine maquillée, avec des idées de l’extrême droite et du FN, après pour d’autres de ces élus les références appuyées aux moments les plus criminels de notre histoire récente, le FN se sent à présent pousser des ailes.
A tous ceux, militants, républicains, citoyens engagés dans les syndicats, associations et partis politiques, de dire avec ces derniers que ces élus qui, perdant toute dignité à des fins électorales, entonnent les mêmes chants de l’extrême droite, qu’ils ne sont que ses « chauffeurs de salle » et qu’ils préparent ainsi l’expression de sa violence.
Après l’habillage de velours de la fille, tissé d’hypocrisie, voilà le retour des gants de fer de son père. Pour les vrais démocrates, il n’y a rien de bien surprenant : le FN c’est cela. Aux citoyens de se mobiliser pour leur dire qu’ « ils ne passeront pas ! »
La section Cannes-Grasse de la LDH appelle à un rassemblement républicain pour le respect des droits et des libertés démocratiques et contre les menaces de l’extrême droite le samedi 28 septembre à 10 h 30 devant l'Espace Citoyen 6, rue de France à Cagnes-sur-Mer.
(communiqué de la section de Grasse de la ligue des droits de l'homme)

20 septembre 2013

François Loncle interroge le ministre des finances sur l'évasion fiscale…et les turpitudes d'un sarko-boy


M. François Loncle interroge M. le ministre de l’Economie et des Finances sur l’augmentation des saisies d’argent aux frontières. Un récent fait divers extravagant a alerté l’opinion publique sur la recrudescence des transferts illégaux à l’étranger de grosses sommes en liquide. Juste avant d’embarquer dans le Thalys pour Bruxelles, un sémillant quadragénaire est interpellé, le 31 juillet dernier, par la douane qui lui demande ce qu’il transporte dans son sac ; il répond qu’il n’a « rien à déclarer ». Inspectant son bagage, les douaniers y découvrent des enveloppes contenant 350 000 euros – exactement 3 190 billets de 100 euros, 32 billets de 500 euros, 100 billets de 50 euros et 50 de 200 euros – et 40 000 dollars en coupures de 100, soit un poids total de 3,8 kg. Non seulement il n’est pas en mesure de produire la déclaration obligatoire pour tout transfert égal ou supérieur à 10 000 euros, mais en plus il ne peut s’identifier, car il a oublié ses papiers. Or, il s’avère que cet étourdi n’est autre qu’un ancien conseiller diplomatique d’un ancien président de la République. Cette double négligence laisse supposer que, dans ce cas, la fuite des capitaux est plus à craindre que la fuite des cerveaux, d’autant que cet amateur de montres clinquantes était déjà responsable de maintes bévues. En tant que représentant de notre pays en Irak de 2009 à 2011, il s’était illustré, en proclamant que ce pays, ravagé par la guerre, les attentats et les conflits confessionnels, était, à la fois, « un laboratoire de la démocratie arabe » et « le marché du siècle » évalué à 600 milliards de dollars. Il manifestait donc très tôt une appétence particulière pour les activités lucratives. WikiLeaks a révélé que les diplomates américains en poste à Bagdad se gaussaient de son « ignorance » et de ses « erreurs », alors qu’il se vantait de ses solides connaissances en arabe. 
Toujours aussi sagace, il s’échinait à défendre le colonel Kadhafi qu’il a connu lors de l’affaire des infirmières bulgares. Il est vrai que le dictateur libyen  l’appelait « mon fils », car il le faisait rire en imitant l’accent berbère. Se référant à Kadhafi, ce diplomate compréhensif estimait qu’« on fait tous des erreurs et on a tous droit au rachat ». On peut se demander si ce « rachat » n’est pas estimé à 350 000 euros et 40 000 dollars. Nommé ensuite ambassadeur dans la Tunisie en pleine révolution, il multiplie les maladresses. Ce fougueux play-boy, qui aimait se faire photographier en maillot de bain ou en smoking à la James Bond, réussit l’exploit de s’attirer, en quelques jours, l’hostilité de la population tunisienne, au point que les dirigeants de ce pays refusent d’être vus en sa compagnie. 
Adoptant la devise bergsonienne, il prétend « agir en homme de pensée et penser en homme d’action » - d’action boursière, probablement. Ayant quitté le service diplomatique, il n’abandonne pas pour autant les juteuses affaires étrangères puisqu’il se reconvertit dans le consulting international et part s’installer, comme d’autres aventuriers fiscaux, en Belgique. Il confie alors, à un grand hebdomadaire qui pèse ses mots, qu’ « il faut gagner de l’argent maintenant ; c’est le moment ou jamais ». Il semble y déployer une énergie ardente, n’hésitant pas à « enterrer » une mallette remplie de billets de banque près de sa cave. Aux douaniers qui l’interpellent à Paris, il fournit des explications obscures, tout en confessant ne pas avoir été « à l’aise avec cet argent ». Il indique que cette grosse somme provient de ses occupations actuelles avec des entrepreneurs irakiens qu’il aurait connus quand il était ambassadeur, ce qui laisse quelque peu pantois. L’infraction au code des douanes commise par cet ancien haut fonctionnaire français illustre la forte augmentation des saisies d’argent liquide non déclaré puisque les douanes ont intercepté 103 millions d’euros au cours du premier trimestre 2013, soit un accroissement de 518% par rapport à la même période de l’année précédente. Il s’agit surtout de l’argent dissimulé pour des raisons fiscales.
M. François Loncle demande au ministre de l’Economie et des Finances de lui préciser les mesures qu’il compte prendre pour lutter encore plus efficacement contre l’évasion fiscale qui porte gravement préjudice à l’économie nationale. Concernant l’affaire rocambolesque de cet ex-ambassadeur, il voudrait savoir, d’une part, si les résultats de l’enquête menée actuellement par le service de police judiciaire de la douane seront rendus publics, d’autre part, si l’origine et la destination des fonds ont pu être clairement établies.
François LONCLE
député de l'Eure

La Ligue des droits de l'homme soutient l'opposition démocratique syrienne

« Depuis les premiers jours de la levée démocratique contre le régime dictatorial de Bachar Al-Assad, la Ligue des droits de l'Homme manifeste sa solidarité avec les représentants de l’opposition démocratique et les défenseurs des droits de l’Homme en Syrie. Après avoir manifesté pacifiquement, la majorité du peuple syrien a fait valoir son droit à l’insurrection face à un régime qui a multiplié les atrocités de toute sorte, notamment à l’égard des femmes, pour finir par user de gaz toxiques contre son propre peuple.

Malgré l’évidence des crimes de guerre et contre l’humanité commis, la communauté internationale n’a pas su trouver les voies et les moyens pour mettre un terme à cette situation où aux réfugiés s’ajoutent plus de cent mille morts. En raison d‘une complicité avérée et intéressée, la Russie et la Chine bloquent toute résolution du Conseil de sécurité qui ferait grief à leur allié.

L’hypothèse de frappes militaires « punitives », envisagée par les Etats-Unis et la France, conduit à une impasse aventureuse dont la mise en œuvre reviendrait pour ses protagonistes à s’affranchir du droit international, dans un contexte où le désaccord des nations et des opinions publiques avec une intervention militaire est largement majoritaire. Dans ce contexte, la LDH se félicite que les institutions démocratiques aient, en Angleterre et aux Etats-Unis, contribué à désarmer cette démarche. Elle déplore que la pratique constitutionnelle de la Ve République conduise le Parlement à enregistrer les décisions du pouvoir exécutif.

Aujourd’hui le désarmement des armes chimiques du régime syrien est une exigence d’évidence qui ne saurait masquer d’autres impératifs minimums. C’est pourquoi la LDH :

— continue à soutenir sans réserve, avec la FIDH et le REMDH, l’opposition démocratique syrienne et les défenseurs syriens des droits de l’Homme ;
— exige la saisine de la Cour pénale internationale de tous les crimes de guerre et contre l’humanité commis durant le conflit ;
— demande l’ouverture d’urgence de corridors humanitaires, afin qu’une assistance adéquate puisse être apportée aux populations civiles ;
— exige du gouvernement français qu’il mette en accord ses actes et ses paroles en accordant pleinement le droit d’asile aux réfugiés qui en font la demande. »
 

16 septembre 2013

Le site Mediapart affirme que Serge Dassault, sénateur UMP, a payé des électeurs pour favoriser l'élection de son poulain


Le site d’informations Mediapart, encore lui, toujours lui, a annoncé, hier, qu’il détenait un enregistrement réalisé en 2012 démontrant que Serge Dassault, sénateur UMP et ancien maire de Corbeil-Essonnes, avait payé des électeurs lors des élections municipales partielles aboutissant à l’élection de Serge Bechter, UMP, en 2010.
Le site d’Edwy Plenel assure avoir vérifié, sécurisé, authentifié la voix de Serge Dassault. Ce dernier, enregistré à son insu par deux de « ses hommes de main » affirme qu’il ne sortira plus un sou de comptes libanais, qu’il en a assez distribué, et que Younès n’a qu’à se débrouiller avec la distribution des 1,7 millions d’euros engagés. Ce Younès est soupçonné d’avoir tiré sur les deux militants auteurs de l’enregistrement. Il a disparu depuis…en Algérie.
Ces citations reproduites par le site d’informations, sont terribles. Elles démontrent, si elles sont avérées comme le Canard Enchaîné l’avait d’ailleurs révélé il y a quelques mois, que certains hommes politiques sont prêts à utiliser toutes les méthodes même les plus crapuleuses pour parvenir à leurs fins.
La corruption, car il s’agirait bien de corruption, a d’ailleurs été reconnue par le Conseil d’Etat quand il a frappé d’inéligibilité Serge Dassault pour avoir payé des électeurs lors d’une précédente élection. Mais alors, le Conseil d’Etat n’était en possession que de témoignages. Aujourd’hui, la justice devrait se saisir des bandes enregistrées tandis que les sénateurs, contrairement à leur conduite corporatiste récente, devraient lever l’immunité de Serge Dassault pour qu’il puisse être entendu par les juges d’instruction saisis de l’affaire des électeurs payés.
Une fois de plus, il faut saluer le travail minutieux de Mediapart et des journalistes qui appartiennent à sa rédaction. Depuis que ce site Internet existe, on ne compte plus les affaires sorties au grand jour grâce à la vigilance et à la crédibilité des hommes et des femmes engagés au service des faits et de la vérité. L’affaire Cahuzac demeure sans conteste, le haut fait d’armes journalistiques de Mediapart. Il se pourrait que l’affaire Dassault devienne un feuilleton au moins aussi intéressant. Hier, le PS, Le Front national, aujourd’hui, l’UMP. Notre démocratie est malade mais le médecin est connu : le citoyen informé et éduqué laissera passer de moins en moins de ces excès aussi scandaleux que répétés.

PS : dans un billet récent j’ai écrit que Bernard Amsalem, président de la fédération française d’athlétisme avait contribué à donner le nom de Jesse Owens au stade couvert d’athlétisme de Val-de-Reuil. C’est une erreur de ma part. L’ancien maire m’a confirmé que l’idée et sa réalisation revenaient au maire actuel, Marc-Antoine Jamet.

13 septembre 2013

Hommage à Jesse Owens à l'UNESCO


Pour le centenaire de la naissance de Jesse Owens, et alors qu’aucune cérémonie n’a eu lieu aux Etats-Unis, Bernard Amsalem, président de la fédération française d’athlétisme a organisé une soirée spéciale au siège de l’UNESCO de Paris. En présence des deux filles du champion olympique des 100, 200, 4X 100 mètres et de la longueur à Berlin en 1936, L’ancien maire de Val-de-Reuil a souligné que Jesse Owens avait été « l’idole de sa jeunesse » et qu’il était particulièrement fier d’avoir contribué à donner le nom du champion afro-américain au stade couvert d’athlétisme rolivalois.
Lors de son intervention, Bernard Amsalem a souligné : « Jesse Owens a traversé des périodes qui ont marqué l'histoire du monde : celle de la ségrégation des noirs aux Etats-Unis et puis la période du nazisme, avec les Jeux de Berlin. Il est passé à travers ça, en gardant ses valeurs, en étant exemplaire par rapport à la barbarie. Ça fait de lui plus qu'une légende, une référence morale. »
Gloria, 81 ans, l’une de ses filles, s’est montrée fière et émue évidemment, de cette attention de la fédération française d’athlétisme et de l’initiative des producteurs Luc Dayan et Jean-Charles Lévy (cf. Intouchables). « Ce fut un homme merveilleux, comme athlète et surtout comme père, qui avait du respect pour chacun » a-t-elle précisé en présence de Stphen Hopkins, réalisateur d’un long métrage consacré à la vie de Jesse Owens.
Bernard Amsalem, actuellement présent à Nice, à l’occasion des jeux de la francophonie, du sport et de la culture, est revenu spécialement hier à Paris, pour cette cérémonie d’hommage à un homme devenu une icône. Notre pays peut s’inspirer de l’action et de l’opiniâtreté de cet homme légendaire à une époque où pourtant la ségrégation et le racisme sévissaient encore presque partout aux Etats-Unis.

12 septembre 2013

Marc-Antoine Jamet rend hommage à Alain Le Vern, démissionnaire de la présidence de la région Haute-Normandie


Alain Le Vern, président de la région Haute-Normandie. (photo JCH)
Alain Le Vern a eu « l'honneur » de présider la région Haute-Normandie, ainsi qu'il l'écrit aujourd'hui dans le communiqué qu'il publie. Sa démission est un choix personnel, l'appel de nouvelles missions à remplir, de nouveaux défis à relever. Elle m'attriste cependant personnellement. Par amitié. Elle ne peut avoir pour écho que notre reconnaissance collective devant ce qu'il a fait. Par fidélité. Ce sont des millions de Hauts Normands qui ont eu la "chance" d'avoir choisi un homme comme lui, avec son caractère justement obstiné, sa personnalité authentique, sa parole sincère pour veiller sur leur destinée, sur leur vie quotidienne, sur leur avenir.

Peu d'élus, en dehors de lui, ont, avec une telle constance, une telle  force, une telle volonté, mené un combat pour la justice sociale, l'égalité véritable, le progrès concret sur un territoire intimement connu par chaque grain de sable, par chaque brin d'herbe, par chaque souffle de vent. Alain Le Vern, travailleur infatigable, dévoreur de kilomètres et de dossiers, allant au contact des gens, sur le terrain, mais sachant diriger sa maison, avec la poigne du chef qui sait où il va, a vécu et continuera de vivre en symbiose, en harmonie avec la terre qu'il avait choisie, jeune instituteur, pour s'y accomplir, militer et créer. Aucune des causes de la Haute Normandie, l'industrialisation à maintenir et à développer, l'agriculture à moderniser et transformer, l'environnement à défendre et à valoriser, l'éducation à promouvoir et à renforcer, l'emploi à préserver et à créer, la mer à explorer et à révéler, n'a eu, chez nous à Rouen, à Dieppe ou à Evreux, à Paris et à Bruxelles aussi, de meilleur avocat et de meilleur artisan que Alain Le Vern. Des finances en ordre, des lycées refaits, des projets économiques lancés, un patrimoine naturel et culturel réhabilité, un aménagement de deux départements, autrefois fictivement lointains, désormais rapprochés, mené au rythme du 276 qu'il a inventé, voici quelques uns des beaux succès de son bilan.

Alain Le Vern a aimé et aimera toujours sa région, celle qu'une majorité d'électeurs par trois fois, récompense du suffrage universel, mais aussi d'une politique comprise et partagée, lui a confiée. Auprès de lui que, comme militant, fonctionnaire, élu, je connais depuis 25 ans, aussi attentif dans chacun de ses mandats parlementaires, partisans ou territoriaux à faire, à réussir, à corriger, à réaliser, j'ai observé, découvert et appris. Il m'a fait confiance et je l'ai servi. Avec franchise, donc dans la discussion. Avec plaisir, donc dans la satisfaction. Sa décision, que nous sentions venir depuis quelques mois, est à son image : responsable et réfléchie, pleine de panache et même un peu de bravade. Je suis certain qu'il continuera d'aider, dans des fonctions et tâches différentes, les Hauts Normands. Je suis sûr qu'à l'intérêt général, pour des objectifs différents, il voudra dédier le parcours qui s'ouvre devant lui. 

Avec Nicolas Mayer-Rossignol nous en saluerons, demain encore, les étapes. A Gauche, nous bâtirons sur ses fondations. Ensemble, nous ferons vivre cette relève, en Seine-Maritime bien sûr, mais dans l'Eure également, j'y veillerai, en prenant, pour les prochaines élections, dans les mairies, pour l'Europe, au Sénat, dans les cantons, à la région, ce témoin qu'il nous confie avec une éclatante élégance : celle des grands.



Envoyer l'armée à Marseille ? Avec des tanks et des automitrailleuses ?


Envoyer l’armée à Marseille ? Et pourquoi pas les tanks et les automitrailleuses pendant qu’on y est. 57 % des Français, selon un sondage réalisé par le Huffington Post (groupe Le Monde) sont d’accord avec cette idée d’utiliser les militaires pour tenter de rétablir une sécurité attendue dans le principal port français de Méditerranée. Depuis quelques années, la violence physique, avec morts et blessés, est monnaie courante à Marseille. Les règlements de comptes entre caïds et bandes rivales défraient régulièrement la chronique locale et nationale. L’opposition UMP et FN, au lieu de regarder avec objectivité les causes de cette violence, préfèrent taper à bras raccourcis sur les ministères régaliens concernés, l’Intérieur et la Justice.
Manuel Valls a décidé de renforcer les effectifs des forces de police, d’augmenter le nombre de patrouilles à pied soi-disant dissuasives quand Christiane Taubira souhaite donner plus de moyens aux magistrats chargés des enquêtes. Gaudin (maire de Marseille) et les siens savent très bien, pourtant, qu’il ne s’agit pas d’un problème d’effectifs.
Quand quinze personnes sont tuées par des hommes motorisés et casqués et à coups de révolvers, je voudrais bien savoir comment faire pour prévenir ces agressions motivées par le contrôle du trafic de stupéfiants et donc par l’appât du gain. Je voudrais bien savoir comment les militaires et rangers et en treillis vont venir à bout des gangs des quartiers installés là depuis des années où ils nagent comme des poissons dans l’eau. Je le dis comme je le pense : les militaires ne sont pas ceux qu’il faut pour venir à bout de ces trafics, de ces gangs, de cette délinquance économique.la police est là pour cela. Donnons lui les moyens de réussir dans son action.
Il me semble inquiétant que les citoyens français se tournent vers des militaires pour ramener l’ordre dans nos villes et nos rues. Faut-il que la notion d’état de droit se soit dégradée à un point inimaginable pour envisager, ne serait-ce que sur le papier, de faire appel à ceux dont le dessein unique doit être de protéger les frontières de notre pays et de préserver la sécurité extérieure de ses habitants.
Dans leur grande sagesse, les auteurs de notre constitution rénovée ne prévoient de faire appel à la troupe qu’en cas de troubles majeurs portant atteinte à l’unité de la nation, en cas de guerre civile en un mot. La délinquance urbaine ou rurale ne nécessite pas l’usage de l’armée. Je sais aussi que nombre de Français recourent de plus en plus souvent à l’usage des armes. Nombreux sont ceux qui achètent des fusils ou pensent à créer des milices privées.
Attention, il s’agit de dérives dangereuses très risquées pour la paix dans le pays et pour que la sérénité l'emporte sur la vengeance. Il s'agit de dérives inadmissibles dans une République où les différents bras de l’exécutif doivent jouer leur rôle et uniquement celui-là. L’affaire du bijoutier de Marseille prouve que la mort d’un homme est un prix trop cher payer pour un hold-up toujours inadmissible et toujours déplorable. Mais en France, personne n’est autorisé à se faire justice soi-même. C’est le B-A BA du vivre ensemble. La France n’est ni Le Chili ni l’Egypte. Les militaires doivent rester dans leur caserne. Sauf si le président leur demande d’intervenir en Syrie, ce que je ne souhaite pas.

10 septembre 2013

François Fillon n'est pas digne de devenir président de la République


Hervé Le Tellier dans le journal le Monde : «Erratum : en cas de duel FN-PS, Fillon n'a pas conseillé de voter "pour le moins sectaire", mais "pour le saint-nectaire". D'accord, ça ne veut rien dire non plus, mais ça sent moins mauvais. »
Fillon file donc un mauvais coton. Depuis deux jours, les responsables politiques ou plutôt les politiques responsables fustigent la formule alambiquée de l’ancien premier ministre. S’il a à choisir entre un(e) candidat(e) PS et un(e) candidat(e) FN il optera pour le ou la moins sectaire. Copé a inventé le ni-ni, ni PS, ni FN, Fillon invente le choix à la carte, à la tête du client. Il s’agit là d’une régression indigne d’un homme qui prétend devenir un jour Président de la République. Même un Jean-Louis Borloo, dont on connaît le peu d’amour pour la gauche, préfère quand même celle-ci au Front national.
 Cette stratégie de la majeure partie des membres de l’UMP s’inscrit dans le droit fil du Sarkozysme et de son conseiller, Patrick Buisson. Au cours des dernières semaines de campagne de l’élection présidentielle, Sarkozy a extrême-droitisé son discours sur les Roms, la sécurité, la délinquance des étrangers, le laxisme des juges tous arguments plaisants pour l’électorat de droite très remonté. Quelques élus de droite, tels Alain Jupé ou Jean-Pierre Raffarin, ont jugé que Sarko avaient poussé le bouchon un peu loin s’aliénant des voix centristes (de droite donc) indispensables pour obtenir la victoire.
Mais rien n’y fait. Les Ciotti, Estrosi, Hortefeux — et maintenant Fillon — ne font plus dans la dentelle. Ils tirent à boulets rouges sur le PS au mépris de toutes références républicaines favorisant de fait, le parti de Le Pen.
Or, non seulement le FN est anti-européen, xénophobe et souvent raciste, mais en plus, nombre de ses dirigeants fricotent avec Bachar Al Assad le tyran Syrien devenu Bachar le chimiste. Le site Mediapart sort aujourd’hui une enquête fort intéressante démontrant pourquoi et comment, depuis des années, les Le Pen soutiennent les dictateurs arabes invoquant des risques d’islamisation des pays en cause et de disparition des Chrétiens. Au-delà du fait qu’il y a des affaires à faire…c’est pourquoi Marine Le Pen lutte de toutes ses forces contre l’intervention des occidentaux en Syrie, pour empêcher la chute du despote et pour préserver l’avenir.
Revenons à François Fillon. Eu égard aux réactions globalement négatives suite aux propos tenus, celui qui a failli devenir président de l’UMP a raté une belle occasion de se taire. Ses paroles vont lui coller à la peau et il lui sera bien difficile de retrouver un profil  acceptable pour une éventuelle majorité de Français. Car chacun le sait bien, le choix entre un candidat PS et un candidat FN ne se fait pas sur la mine des affiches mais sur les valeurs qu’il défend. J’aimerais bien que Fillon nous précise celles qu’il accepte de la part du Front national ?

9 septembre 2013

La campagne pour les élections municipales est ouverte, à Louviers aussi


La proximité des élections municipales et européennes pousse les partis de gauche à mettre au point leur stratégie. Cette dernière peut avoir des objectifs différents : exister ou gagner les élections. Les deux mois à venir vont permettre de décanter des situations locales, d’une part, et d’apprécier la loyauté des partis de gouvernement, d’autre part.
La direction d’Europe-Ecologie Les Verts fera cavalier seul aux Européennes alors qu’aux municipales, on peut s’attendre à des accords à la carte. Le PS national propose une large union (à gauche) il sera sans doute entendu par le PCF, EELV et le PRG, seul Jean-Luc Mélenchon ira à la bataille municipale sous ses propres couleurs du Parti de Gauche.
Cette décision des communistes de poursuivre les accords locaux avec les socialistes tient à deux évidences : la situation financière du PCF qui dépend du nombre de ses élus, l’entente locale sur des programmes plus à gauche que ne le pense le Front de Gauche après plusieurs mandats souvent exercés dans l’union même si comme chacun le sait : l’union est toujours un combat. D’ailleurs, la contradiction mise en avant par Mélenchon et son entourage ne tient pas : ils veulent assimiler politique nationale et politique locale pour condamner par avance les accords du PCF avec le PS. C’est un vieux débat aussi vieux que l’existence des groupes d’action locale et des partis à vocation nationale. A Louviers, on a bien connu cette problématique, elle a toujours tournée à l’avantage de ceux et celles qui défendent leur ville en fonction des projets, des actions, de l’implantation réelle des hommes et des femmes candidats aux fonctions électives. JLM conserve une vision sectaire de la politique. J’ai bien peur que ses obsessions personnelles n’hypothèquent la formation de majorités de gauche larges et donc respectueuses des us et coutumes des différents partis.
Pierre Laurent et JLM sont donc en froid. L’université d’été du Front de Gauche a permis aux deux leaders de se faire la gueule et de se serrer la main à quelques minutes de la clôture des débats dans un climat glacial. Pierre Laurent reproche à JLM d’invectiver le gouvernement, la majorité, les socialistes. De tout faire pour rendre irrémédiable une opposition irréductible. Les communistes sont plus réalistes et aussi plus malins. Même si leur électorat n’a jamais sincèrement aimé les socialistes, ils savent que les majorités de second tour sont indépassables pour conserver des mairies, les postes de maires et d’adjoints et donc les indemnités qui vont avec. Et puis, aujourd’hui, les communes sont regroupées dans des communautés d’agglomérations ou de communes, lesquelles permettent des programmes d’investissement d’intérêt général. A ce jeu-là, les communistes n’en sont pas les derniers bénéficiaires. Quand ils ne sont pas aux manettes, les communistes ont également la possibilité de s’exprimer et de populariser leurs thèses. Jean-Luc Mélenchon, issu des rangs socialistes, n’en est plus là.
A Louviers, par exemple, les communistes ont fait alliance dans l’opposition avec le PS depuis plus de cinq ans. Sur les dossiers les plus controversés, tous les élus de gauche (avec le NPA) ont souvent fait cause commune. Au sein de Seine-Eure, les élus communistes d’Alizay bénéficient d’une situation enviable et ils ne sont pas les seuls. Il ne fait pas de doute que dans un cas comme dans l’autre, les communistes vont privilégier une politique réaliste plutôt qu’une lutte frontale sans lendemain. Quant aux Verts, ils ont encore le temps de choisir l’option d’une union à gauche. La municipalité actuelle ne brille pas particulièrement pour la qualité de son combat écologique. Les positions de Franck Martin sur les autoroutes, les délégations de services publics et autre avenir des sites industriels (M-Real) répondent plus aux impératifs de la croissance à tout prix qu’à la protection de l’environnement et la nécessaire transition écologique.
La Dépêche nous apprend que Mme Gateau et M. Bidault ne sont pas certains de repartir pour un second mandat. L’une (docteur en médecine) prend une retraite attendue (le 30 septembre prochain) l’autre conditionne, semble-t-il, la poursuite de son travail d’adjoint à la composition de la liste. Il est évident que l’absence de ces deux personnalités affaiblirait la liste du maire sortant. Mais comme celui-ci en est quand même à 19 ans de mandat, on peut comprendre qu’il aspire lui-même à plus de tranquillité et de temps libre. Un poste se sénateur lui conviendrait très bien. Beaucoup de disponibilité et une indemnité conséquente. Ce serait l’aboutissement d’une vie politique sans les tracas du quotidien et sans le management difficile d’un collectif.
Les Lovériens reçoivent, aujourd’hui, le premier journal électoral du maire sortant. Il repart donc avec un nouveau slogan prometteur : « garder Martin, j’y tiens. » On avait eu droit à « Voter Martin, c’est bien ». Martin ! Pas l’équipe Martin. On aurait pu imaginer qu’un homme dit de gauche vante le bilan d’un collectif…à moins que le maire sortant considère qu’il est le seul maître à bord. Ses colistiers et ceux qui travaillent autour de lui apprécieront. Comme les Lovériens apprécieront cette remarque qui en dit long sur l’avenir : « La dette ? Ce qui compte ce n’est pas le volume global mais le coût annuel de l’emprunt. » Les contribuables lui rétorqueront : ce qui compte ce n’est pas le coût des impôts. C’est le volume de ce qu'on paie.