29 mars 2011

Les magistrats d'Evreux sont réellement débordés


Des magistrats défilent aujourd’hui à Paris pour protester contre l’absence de moyens accordés à ce corps important de notre société. Après les mises en cause systématiques de Nicolas Sarkozy, les magistrats (procureurs et juges du siège) continuent de faire entendre leur musique et insistent sur le nombre grandissant de lois, de circulaires, de textes divers, rendus inapplicables eu égard aux personnels de justice en nombre insuffisant.

Je souhaite narrer une anecdote que j’ai vécue hier. Chacun se souvient de la plainte déposée par des conseillères municipales (qui ? combien ?) de Louviers au commissariat de police de Val-de-Reuil, avec le soutien et les encouragements du maire. Ces élues avaient soi-disant été victimes d’injures sexistes et souhaitaient que les éventuels coupables soient sanctionnés. Franck Martin en profita pour charger outrancièrement la barque de l’Association pour la protection et l’amélioration de l’environnement que je préside instillant le doute sur une responsabilité indirecte de participants à la manifestation organisée ce jour-là contre le monopole de Véolia sur les services publics délégués de la CASE.

J’avais été entendu comme témoin par un officier de police judiciaire du commissariat de Val-de-Reuil à qui j’avais déclaré n’avoir rien vu ni entendu de préjudiciable pour qui que ce soit. Depuis, pas de nouvelles. Je me suis donc permis d’appeler le parquet d’Evreux au téléphone pour connaître la suite réservée à ce dossier qui date tout de même de plusieurs mois aujourd’hui. Une magistrate, distante, m’a déclaré que les témoins n’avaient pas à connaître des décisions consécutives aux plaintes et que, n’ayant déjà pas le temps d’informer les victimes, ce n’était pas le temps de s’attarder avec les témoins.

Je n’en sais donc pas plus sur cette affaire. Je remarque simplement que les juges d’Evreux semblent réellement débordés puisque la simple demande d’un justiciable est considérée comme intempestive. La loi, invoquée par la magistrate, lui donne incontestablement raison. Mais ai-je eu tort de souhaiter m’informer ?

« Cessez le matraquage fiscal, dites la vérité aux Lovériens »


 J'ai décidé de publier le texte complet, même s'il est un peu long, de la déclaration faite par Christian Renoncourt au nom du groupe d'opposition PS-PC-DG lors de la réunion du conseil municipal de Louviers, hier soir. Le maire y voit un effet de loupe quand nous, nous y voyons surtout la mise en cause d'une situation financière «fiable» sur le plan de la régularité des comptes (c'est bien le moins) mais très risquée pour le contribuable lovérien. Surtout, le niveau d'endettement demeure considérable. Le maire a pourtant annoncé une reprise de sa politique d'investissement. Une façon d'aller dans le mur en klaxonnant ?

Christian Renoncourt (photo JCH)
« Le rapport d’observations sur la gestion de la commune par la Chambre régionale des comptes au cours de la période 2003-2008 nous rappelle que c’est cette gestion-là qui nous a conduits à émettre différents signaux d’alerte que vous n’avez pas entendus et poussé l’adjoint aux finances qu’était notre ami Michel Doucet à affirmer à plusieurs reprises que cette gestion nous conduisait droit dans le mur.
Ce rapport m’oblige à détailler les remarques et critiques des rapporteurs de la Chambre régionale et donc à ausculter les pratiques mises en œuvre dont nous nous sommes désolidarisés à l’été 2007.
Je ne m’attarderai pas sur les différentes erreurs ou mauvaises inscriptions liées à la non application stricte des textes. Ce qui nous semble plus grave, toutefois, c’est le manque de rigueur déploré par la Chambre et une forme de laxisme ne permettant pas de connaître les réels objectifs de la municipalité et donc les moyens de les atteindre. Ce rapport met en avant des approximations notamment en matière d’animation et de communication et s’agissant de ce chapitre, je me permettrai d’utiliser le terme de dissimulation. On sait tous ici l’énergie que vous déployez pour que ces dépenses soient noyées dans la masse afin d’éviter un chiffrage précis, ce que la Chambre vous reproche. J’espère que vous en tiendrez compte pour présenter vos futurs documents budgétaires.
Situation stabilisée sans s'être améliorée
Avant d’examiner les remarques des rapporteurs, une indication générale : vous avez chargé les investissements en début de mandat puis vous vous êtes essoufflé en seconde partie face à la charge de la dette et à l’incapacité d’autofinancer certains projets. Qu’écrit la Chambre : « La situation financière de la commune depuis 2003 s’est stabilisée sans s’être notablement améliorée. Les indicateurs tels que la capacité d’autofinancement et le ratio de désendettement se sont légèrement dégradés et méritent une surveillance attentive. »
Durant la campagne électorale de 2008, nous avons vu votre programme mirifique mais il n’était que miroir aux alouettes. Vous saviez ne pas pouvoir l’engager faute de pouvoir le financer, exception faite de quelques urgences comme l’école de musique ou l’église Notre-Dame qui menace ruine. Les Lovériens vous ont réélus sur la base d’un contrat léonin. La seule façon pour vous de vous sortir du pétrin est aujourd’hui de faire payer vos plans par la CASE. Qu’il s’agisse de mutualisation de charges et de personnels ou de programmes d’investissements comme la maison de l’emploi ou la nouvelle piscine.

Imputations erronées ou imprécises
En 2004 lors du précédent rapport de la Chambre régionale, la situation financière de la ville n’était pas considérée comme alarmante mais elle manquait de stabilité pour reprendre les mots des rapporteurs. Comme manque de clarté les dépenses de communication et d’animation dont, je cite : « les imputations budgétaires erronées ou imprécises altèrent la pertinence de l’analyse que l’on peut faire sur ces comptes. » Depuis des années, nous demandons une transparence sur ces chapitres. Nous ne l’obtenons toujours pas. Les rapporteurs de la Chambre, plus qualifiés que nous, non plus. L’avenir nous dira si vous allez changer.
J’en viens à une constatation plus grave. La Chambre régionale vous reproche clairement de ne pas avoir demandé le surclassement démographique lié au quartier Maison Rouge classe en Zone urbaine sensible. « La non application de ces dispositions prive la commune d’une majoration sensible de sa dotation de solidarité urbaine et de cohésion sociale. » Comment avez-vous pu commettre une pareille bévue ? Alors que vous imposez lourdement les Lovériens depuis 2009, vous privez le budget de recettes de l’Etat par ignorance ou incompétence. C’est tragique. Je sais que vous trouverez des excuses ici ou là pour justifier ce choix mais la réalité des chiffres demeure têtue.

Pas attendre de miracles des impôts
La Chambre régionale indique qu’il ne faut pas attendre de miracles des impôts. Malgré un taux supérieur à la moyenne de la strate, le potentiel fiscal lovérien est relativement faible. Avec un taux supérieur de dix points (vous avez bien entendu,  10 points) supérieur au taux moyen, le produit fiscal du foncier bâti par habitant est de 247 euros contre 230 euros pour le produit moyen. Ce qui veut dire que les Lovériens ne sont pas riches. Qu’il est indécent de leur taper dessus tous les ans alors que la crise économique, encore plus dure aujourd’hui qu’elle ne l’était pour la période considérée, affaiblit leurs moyens d’existence.

La ville est bien malade
L’autofinancement ? Un autofinancement correct est un signe de bonne santé. La ville de Louviers est bien malade : je cite « Sur la période considérée, la capacité d’autofinancement brut, en diminution a été insuffisante pour faire face aux annuités d’emprunts. Le remboursement du capital n’a donc été rendu possible que par la mobilisation des recettes propres de la section d’investissement. » Cela traduit une situation déséquilibrée budgétairement et financièrement. La mobilisation des emprunts a dépassé le montant des dépenses d’équipement. Je cite : « ce sont les subventions et l’emprunt qui ont financé l’équipement de la ville ». Je retiendrai un chiffre : Le montant de la dette par habitant à Louviers est de 1899 euros contre 951 pour la moyenne des communes de même strate. S’il est un domaine où nous sommes les champions, c’est bien dans celui de l’endettement. Conclusion de la chambre régionale : « ce montant demeure trop élevé au regard de la faiblesse de l’autofinancement dégagé. » Autrement dit nous vivons au-dessus de nos moyens. Nous l’affirmons depuis longtemps. Quand nous le disions, vous nous toisiez, quand ce sont les rapporteurs de la Chambre des comptes qui l’affirment, vous ne pouvez qu’encaisser.
La Chambre en vient à examiner les risques financiers extérieurs au seul budget principal. Elle énumère les activités du CCAS et la Villa Calderon… je cite : « les engagements pris par le CCAS pourraient à l’avenir conduire la commune à augmenter sa subvention annuelle ». Je passe rapidement sur la Caisse des écoles et la régie des deux airelles même si la Chambre déplore que la rentabilité du service ne se soit pas améliorée.

Le Kolysé ou Le Colisée ?
Plus intéressantes sont les remarques de la Chambre régionale sur la gestion du Kolysé. Cet équipement dont vous n’êtes pas le promoteur idéologique pèse très lourd sur la gestion de la ville. De ces remarques, je retiens : la multiplicité des actions financières ou sportives pour sauver l’équipement, le report à 2013 de la réalisation du nouveau pôle salle polyvalente — mais se fera-t-il jamais ? — l’abandon du plan visant à associer la CASE et le département dans le fonctionnement de cet équipement unique dans l’Eure. C’était pourtant la seule manière de donner un avenir à la patinoire. Cela ne devrait pas vous empêcher de régulariser la situation juridique de la SEM puisque les capitaux publics dépassent le maximum admis soit plus de 85 %.
Les associations. Vous avez raison d’aider les associations et de leur attribuer des subventions annuelles. La Chambre souhaite que vous précisiez toutes les prestations fournies en plus de cet argent afin qu’elle soient valorisées dans les comptes des associations et dans le budget communal. Il serait bon, en effet, de mesurer l’aide financière et technique réelle de la ville en faveur des associations afin de comparer ce qu’elles font et ce qu’elles reçoivent du budget de la ville tous chapitres confondus.
Concernant le cinéma Forum, il semble bien que le montant de l’aide de la ville soit largement supérieur au versement de la seule subvention compte tenu des prestations en nature fournies par la ville.
L’organisation et le contrôle de gestion. Vous vous vantez souvent d’être le premier en ceci, le meilleur en cela. La chambre régionale des comptes regrette pourtant l’absence de programmation pluriannuelle pourtant imposée par la loi. Elle déplore que la présentation faite par la ville mélange charges de fonctionnement et d’investissement et n’apporte aucun élément d’information sur l’équilibre budgétaire réel. Allez-vous modifier votre présentation prochaine pour tenir compte de cette exigence ? La Chambre régionale insiste sur un autre point : Elle déplore l’absence du suivi de contrôle de gestion et d’un suivi patrimonial qu’elle juge même défaillant.

Identification impossible
Plus drôlatique mais pas anecdotique votre présentation des autorisations de programmes et des crédits de paiements. Je cite : « La ville a modifié la présentation. Les AP et CP sont regroupés autour de verbes symboliques : accompagne, bouge, construit, dialogique, entreprend, alors que le numéro de chaque opération permettant de consulter son exécution dans le compte administratif disparaît, rendant ainsi son identification impossible ! » On vous savait poète, parfois lyrique, souvent cynique, mais là, les rapporteurs en sont restés baba. Ils écrivent : « La lisibilité et le suivi de chaque opération ont été donc été beaucoup plus difficiles, la modification ne permet plus d’avoir une vision claire des exécutions d’opérations. »
La conclusion que j’en tire est la suivante : voilà des spécialistes des finances communales qui ne s’y retrouvent pas. Comment voulez-vous que des élus, des citoyens s’y retrouvent mieux ? Quel est votre objectif en noyant le poisson ? Comment pouvez-vous exiger de nous une compétence et une rigueur que vous ne vous appliquez pas à vous-même ? Enfin, si les rapporteurs de la Chambre régionale n’y voient pas clair, comment pouvez-vous être crédités d’un souci de transparence si les citoyens sont eux, totalement aveuglés ?
S’agissant du personnel, je note une baisse sensible des effectifs passés de 408 temps plein en 2006 à 354 en janvier 2009 ? Où sont passés ces agents ?

Un agent à la carrière fulgurante
Je vais m’attarder un peu sur le cas d’un agent contractuel, à l’époque, dont la carrière peut être qualifiée de fulgurante ! Sans doute les qualités de cet agent sont elles exceptionnelles ? Sans doute cet ami proche vous est-il indispensable pour accomplir certaines tâches mais les rapporteurs de la Chambre n’y retrouvent pas leurs petits.
Ils consacrent une page entière de leur rapport à décrire comment cet agent est passé, en huit ans, du cadre d’emploi des rédacteurs territoriaux à celle d’attaché principal avec la rémunération correspondante sans passer le moindre concours. Du moins est-ce ce que la Chambre régionale affirme. Elle évoque l’emploi d’artifices pour que cet agent bénéficie d’un salaire pour le moins solide puisque majoré de diverses indemnités et non menacé d’écrêtement. 

Pas de réelles marges de manœuvre
Il existe d’énormes marges de progression dans tous les domaines de la gestion que vous conduisez. Dans la transparence, dans la rigueur, dans la méthode, d’énormes changements peuvent, doivent intervenir. Depuis 2009, les Lovériens sont soumis chaque année à  une augmentation des impôts pour solder des dépenses irréfléchies et des engagements hasardeux, ce que la Chambre appelle avec euphémisme « le lancement de divers projets sans réelle marge de manœuvre financière ».
Cette marge de manoeuvre, vous n’en disposez toujours pas. Alors, je vous le demande, cessez le matraquage fiscal, dites la vérité aux Lovériens, ouvrez les livres de comptes et n’aggravez pas, si c’est possible, leur situation. »

28 mars 2011

Conseil municipal de Louviers : une bonne et une mauvaise nouvelles

Le conseil municipal réuni ce soir a appris deux nouvelles de la bouche du maire. Une bonne d'abord, avec la stabilisation des impôts, autrement dit, il n'y aura pas d'augmentation des taux cette année, une mauvaise, ensuite, avec l'annonce de sa candidature aux prochaines élections municipales. Le maire se demande même, s'il est élu, s'il ne se représentera pas en 2020 sans doute pour figurer au livre des records. Heureusement, les électeurs seront présents pour donner leur avis sur ce désir de nirvana électoral et éviteront sans doute que la ville de Louviers soit dirigée par le même homme pendant un quart de siècle.
Je reviendrai demain en détail sur cette soirée marquée par les commentaires sur le rapport de la Chambre régional des comptes sur la gestion 2003-2008.

La Ligue des droits de l'homme et la catastrophe nucléaire japonaise

« La LDH suit avec attention la situation de la centrale nucléaire de Fukushima, plus de quinze jours après le tremblement de terre et le tsunami qui ont frappé le Japon, et s'inquiète des très grands dangers courus par la population japonaise et mondiale. Cette inquiétude est d'autant plus forte que se manifeste, jour après jour, un défaut majeur de transparence, voire un déni de la réalité de la part de l'entreprise exploitante et des autorités politiques. Elle demande une information impartiale sur la situation et les scénarios envisagés pour la contrôler.

En conséquence, la LDH ne peut qu'approuver le projet d'un audit des centrales nucléaires européennes, fondé sur la prévention des risques connus et avérés par les expériences tragiques récentes, sur un sujet où nous souffrons depuis longtemps, en France notamment, d'un déficit d'information ouverte et démocratique.

Sur le moyen terme et quels que soient les résultats des audits prévus, la LDH demande la tenue d'un débat démocratique concernant la politique énergétique française, débat non confisqué par les experts et dans lequel la société civile devra tenir toute sa place. Il faut poser sereinement la question de la place et des conditions de production de l'électricité nucléaire dans l'avenir énergétique de notre pays et de l'Europe, dans le cadre d'un développement durable. »
(communiqué de la LDH)





Marc Antoine Jamet : une belle victoire qui sonne comme un sérieux avertissement


Leslie Cléret et Hubert Zoutu, hier (photo JCH)
« La Gauche, à l’issue des élections cantonales, a rempli ses objectifs dans l'Eure. Redonnant une nette majorité pour la quatrième fois à Jean-Louis Destans pour l’action duquel cette consultation est une approbation, saluant le travail de modernisation effectué par l'union de la Gauche dans le département, confirmant le résultat des régionales, le Conseil Général, solidement de droite il y a seulement une décennie, s'enracine durablement à Gauche.

De façon plus locale, il faut se féliciter du grand chelem que les socialistes et leurs alliés réalisent sur la quatrième circonscription depuis 2001. Il faut adresser notre reconnaissance à nos candidats. Ce sont eux, sur le terrain, au nom des valeurs de la Gauche et pour défendre l’honneur de la République, qui sont allés chercher cette belle victoire. Bruno Questel et Daniel Leho appuyés sur leur popularité, comme Jean-Luc Récher et Gaëtan Levitre, popularité établie à la tête de leur commune, ont livré, comme Leslie Cleret dans une situation moins acquise, une campagne digne, intelligente, efficace. Dans leur canton respectif comme au conseil général, ils ne décevront pas ceux qui leur ont fait confiance.

La victoire est belle, mais l'avertissement est plus sérieux encore. Les scores sont éloquents qui font de cette élection un test inquiétant pour trois raisons : 

1) La crise de confiance globale qui touche le pays et vient très directement de l'attitude du Président de la République et de son camp, mais pas uniquement de lui, produit ses effets mortifères. L'abstention démesurée, massive, premier parti de èl'Eure comme du pays, n'est pas une indifférence locale. C'est une protestation nationale. Nous dévalons une pente qui fait préférer aux jeunes, aux classes populaires, à ceux qui n'ont pas d'emploi, à ceux qui souffrent, à ceux qui désespèrent, le retrait et la méfiance à la mobilisation républicaine. Si nous ne stoppons pas ce mouvement d'ici un an, les conséquences pourraient en être terribles à long terme sur un pays englué dans une dépression nerveuse collective, faute d’idéal, faute de renouveau, faute de projet, et donc sur notre territoire.

2) Personne ne peut se satisfaire des résultats relativement limités du Front National devant le Front Républicain. Pas d'élu, c'est bien le moins pour une formation qui est une ennemie de la démocratie. Car le bilan est catastrophique. Des duels de second tour avec le FN autant qu'on en craignait, 58% de voix frontistes à Vironvay, petit bourg prospère, un quart des voix à Louviers, il faut arrêter de siffloter en l'air et se rendre compte de ce que cela veut dire de banalisation de l'extrême droite. Les résultats sont là énormes, menaçants, hideux et, surtout, en forte progression ce dimanche par rapport au précédent. Les digues ont été rompues. Il faut sonner le tocsin. Partout où les partis "classiques" ne faisaient pas de politique, d'autres en ont fait à leur place !

3) L’apathie du débat public, l'absence de discussion idées contre idées, l'oubli de la nécessité d'une confrontation projet contre projet, est flagrante. Pour ne pas avoir parlé social, collèges, transports scolaires, dépendance, les candidats, souvent les candidats conservateurs, ont renvoyé les électeurs devant le grand café du commerce du Chef de l'Etat, dans le barnum du ministère de l'Intérieur : sécurité, nucléaire, Islam. C'était le piège dans lequel il ne fallait pas tomber. Je ne suis pas sûr que nous l'ayons évité. Il faut revenir à l'essentiel. Notre responsabilité, collective, sera de recréer un élan intellectuel et politique, indispensablement républicain pour recréer une envie de débattre, de participer et de voter.

Les socialistes, qui ont leur part de responsabilité dans la situation, ont tout leur rôle à jouer pour l'avenir. Au contraire de l'essentiel de la droite gouvernementale et parlementaire locales dont le silence est assourdissant, ils se sont mobilisés contre l'extrême droite au lieu de la laisser enfler d'un tour à l'autre. Il leur faut s’affirmer comme les piliers de la reconquête républicaine. Nous devons, avec toute la Gauche, d’ici aux échéances de 2012, travailler.

A l’échelle nationale, cela passe par le primat absolu de la réflexion sur la division, y compris grâce ou à cause des primaires. Nous devons avoir rapidement un champion et un programme.

A l’échelle locale, des décisions doivent être prises. Notre engagement implique de mieux mobiliser des militants plus nombreux et des sympathisants plus heureux autour d’une organisation territoriale plus efficace et renforcée de notre parti. Comme dans toutes les fédérations, notre fonctionnement ne peut rester ce qu'il est, fait de sections dispersées et débattant comme au temps béni, mais passé, de Jaurès à l'heure de l'internet.

Le goût du débat actif et clair doit revenir, plutôt que de vouloir rechercher loin de nos bases idéologiques le consensus à tout prix, plutôt que de rester dans le non-dit. Ne nous cachons pas derrière des enjeux qui, étant locaux, exigeraient l’unanimité. La démocratie est à un moteur à deux temps qui a besoin de deux pistons : la Gauche et la Droite. Dans toutes les collectivités et intercommunalités euroises que la Gauche ne détient pas, une opposition forte à la droite locale, sous toutes ses formes, visibles ou cachées, doit être recherchée et réellement pratiquée.

Il faut donc, à l'issue de ce scrutin, prendre date, nous réunir et prendre le temps de regarder comment nous sommes capables, ou pas, de redresser la barre ou bien de voir le bateau s'enfoncer, même avec des victoires. Aucune élection ne se gagne par décret, encore moins une élection présidentielle, pas même une législative. Diriger la République, représenter la Nation, cela se mérite. A la Gauche qui a quatre circonscriptions à gagner dans le département, à chacun d’entre nous dans l'Eure, de s’en montrer conscient et digne. »

Marc-Antoine Jamet, maire de Val-de-Reuil
Vice-président du conseil régional



Écrêté… et plumé


« C’est un Franck Martin sonné et cabossé qui sort de ces cantonales. L’Écrêté de la rue au Coq, quelque peu revigoré par son mandat de conseiller régional, se réjouissait déjà d’y briller par procuration. Il avait roulé dans la farine Alain Le Vern, le président de Région qui, en échange de sa place sur la liste socialiste aux régionales, lui avait fait promettre de ne pas se présenter aux cantonales contre la conseillère générale socialiste sortante Leslie Cléret. Il se frottait déjà les ergots du bon tour qu’il lui avait joué en lançant la candidature de Jacky Bidault, son second couteau surnommé Pompier-bon-œil. En l’envoyant au feu, il se faisait fort de plumer la volaille socialiste. Hélas pour lui, tel Ysengrin, le loup du Roman de Renart, la pêche aux voix que fit Pompier-bon-œil dans la mare gelée de Vironvay, sous l’œil vigilant des caméras, allait se révéler désastreuse.

Quant à l’Écrêté, son mentor, il y a laissé ses dernières belles plumes. Comme chez le volailler à l’étal de la rue du Marché-aux-Œufs, ses opposants ne lui ont laissé que celles qui ornent la tête et la queue, mais pour le reste, il n’a plus que la peau à nu. Et ce n’est pas celle d’un perdreau de l’année. La marque des coups l’a bleuie ça et là. « C’est pas ben biau ! » diraient les Verts. La voix est éraillée, le cocorico anémique, la posture arc-boutée grotesque.

Car, au-delà de l’échec cinglant dès le premier tour de son poulain Jacky Bidault dont il supervisait la campagne jusque dans les moindres détails, c’est bel et bien un désaveu de sa personne et de ses méthodes que les électrices et les électeurs ont exprimé dans les urnes. Désaveu du mépris et de l’arrogance dont fait preuve depuis trop longtemps ce hobereau des temps modernes en organisant la vie publique autour de ses intérêts personnels. Désaveu encore de ses méthodes clientélistes qui font de son entourage des obligés. Désaveu enfin de son comportement tyrannique et des sanctions impitoyables que lui, petit féodal vindicatif, inflige à quiconque émet à son égard, la moindre pensée critique ou tente de s’opposer à lui, voire de se dresser en travers de son chemin.

De cette façon de faire de la politique, les Lovériens, comme les Français dans leur ensemble, en ont assez. Des projets pharaoniques, hors d’échelle d’une ville de 18.000 habitants, pour servir l’égo démesuré du maire, ils savent déjà qu’il leur appartiendra d’en régler l’addition. Ils le savent d’autant mieux qu’ils ont vu leurs impôts locaux augmenter de 9% puis de 4,5% au cours des deux dernières années. Et de combien pour 2011 ? Ce n’est certes pas un hasard si le débat d’orientation budgétaire a été reporté au lendemain des cantonales. L’Écrêté manipule encore ses administrés, mais l’Escamoteur a perdu la main. Deux fois de suite qu’il rate son tour aux cantonales. Il ne sait plus que différer la prise en compte des problèmes. Expert es-basses-cours, il persiste cependant à n’apporter aucun crédit à la volaille qui fait l’opinion. Cela ne lui sera pas pardonné. »

Reynald Harlaut

Les peuples européens reprennent en main leurs affaires


Pays après pays en Europe, les peuples se réveillent enfin et descendent dans la rue pour manifester leur mécontentement. Il n’est que temps qu’ils reprennent en main leurs affaires. Après que l’Union européenne a décidé quoi qu’ils aient voté, de ce qui serait bon pour eux, et quand bien même faudrait-il leur faire entrer le bonheur libéral dans la tête à coups de matraque.

Qu’il s’agisse de refuser les conséquences des plans de rigueur décidés par les gouvernements des États membres malmenés par la crise financière de 2008, sous la pression de l’Union européenne, comme à Londres, ou encore de manifester contre le nucléaire comme à Berlin.

C’est régulièrement le cas en Grèce, même si les médias se font très discrets sur le sujet. Cela, pensent-ils avec raison, pourrait donner des idées à d’autres… C’est aussi le cas de l’Irlande, l’élève modèle de l’Union européenne dont on ne cessait de nous vanter à Paris comme à Bruxelles, le dynamisme et les brillants résultats. C’est encore le cas au Portugal où le parlement vient de refuser de voter le quatrième plan de rigueur présenté par le premier ministre socialiste – socialiste, vous avez bien lu – José Socrates qui a démissionné. C’est désormais le cas en Grande Bretagne. Suivront dans l’ordre l’Espagne, puis la France.

Ils étaient 250.000 samedi à Londres, à manifester contre le plan de rigueur que le Parti conservateur de David Cameron tente d’imposer aux citoyens du Royaume-Uni. Du jamais vu depuis les grandes grèves de l’époque de Margaret Thatcher. Les Conservateurs, au pouvoir depuis mai 2010, tentent par tous les moyens de faire payer au peuple les conséquences de la crise financière dont sont responsables les banques et les grandes compagnies d’assurances. Lesquelles, déresponsabilisées par l’adhésion du précédent gouvernement de M. Anthony Blair aux politiques ultralibérales, ont joué l’argent des Britanniques au casino de la finance internationale. Et ont perdu. La chute du Parti travailliste de Gordon Brown en fut la sanction électorale, mais c’était pour nos amis britanniques tomber de Charybde en Scylla. Le choix pour eux entre la peste du Newlabour, libéralisme masqué qui n’ose pas dire son nom et a gangrené toute la sociale-démocratie européenne et le choléra des Tories, dans le prolongement de l’ultralibéralisme reaganien et thatchérien : celui qui a tout dérèglementé, mis en coupe réglée les services publics et jeté le pays dans les bras de la finance.

Dans le même temps, ils étaient 200.000 à Berlin, à manifester contre le nucléaire, quand bien même Angela Merkel a d’ores et déjà confirmé son abandon définitif pour la production d’énergie nucléaire en Allemagne. Ils ont manifesté car ils savent bien que la position de la chancelière allemande ne repose pas sur des convictions personnelles, mais sur un opportunisme politique. Le virage à cent quatre vingt degrés qu’elle a effectué sur le sujet depuis le début de la catastrophe de Fukushima en est la démonstration irréfutable.

La Révolution citoyenne a commencé. À nous d’y prendre part dès que l’occasion va s’en présenter, ce qui ne saurait tarder. Les mauvaises nouvelles dont le Gouvernement a retardé les annonces pour cause d’élections cantonales sont prêtes à sortir dès les prochains jours. »

Reynald Harlaut
Parti de Gauche

27 mars 2011

Leslie Cléret élue avec plus de 65 % des suffrages

Pour tous ceux et celles qui ne seraient pas encore informés, je suis heureux de leur annoncer la victoire au second tour des élections cantonales de Leslie Cléret (PS) qui, avec 2318 voix (65,02 %) a été élue conseillère générale de Louviers nord devant la candidate du Front national (34,98 % et 1247 voix). Les communes de Louviers, Saint-Etienne et Saint Pierre-du-Vauvray et surtout Heudebouville ont donné une large avance à la conseillère générale sortante.
A Vironvay, 58 % des électeurs ont choisi le Front national. A Incarville, Leslie Cléret est en tête mais son avance est étroite (242 voix contre 220).
A noter : après la proclamation des résultats, les membres du NPA ont entonné le chant des Partisans aussitôt couvert par une Marseillaise dont le coup d'envoi fut donné par le maire de Louviers. On assista alors à ce spectacle vraiment incroyable du maire dit de gauche rejoint par les membres du Front national à l'unisson de l'hymne national. Interpellé, Franck Martin eut cette parole historique : « Front national ou NPA, pour moi c'est pareil. » Souhaitons lui donc de ne jamais avoir besoin des camarades de la gauche de la gauche.
J'ai appris ce soir que le département reste à gauche et que le nouveau rapport de force permet à la droite de gagner un siège. Dans la quatrième circonscription, Daniel Leho, Bruno Questel, Jean-Luc Récher, Leslie Cléret et Gaétan Levitre sont aisément réélus. Grand chelem à Gauche dans la circonscription de François Loncle.

Lundi, le conseil municipal de Louviers examinera le rapport de la Chambre régionale des comptes

Les Lovériens qui s'intéressent à la situation financière de leur ville devraient être présents, lundi 28 mars à 18 h 30, dans la salle Pierre Mendès France où le conseil municipal débattra du projet d'orientations budgétaires et écoutera les explications du maire suite au rapport de la Chambre régionale des comptes sur sa gestion de 2003 à 2008.

Je ne vais pas entrer dans les détails de ce rapport dont je publierai de larges extraits prochainement. Notons, simplement, que le maire n'a pas réuni, cette semaine, la commission municipale des finances pourtant experte en matière…financière et qu'il a attendu les résultats du premier tour des élections cantonales et la non qualification de son favori pour inscrire à l'ordre du jour la lecture d'un document éclairant sur les pratiques et les choix politiques de la municipalité actuelle. Le maire craignait sans doute les effets négatifs du contenu de ce rapport.

Pour sa défense, je sais ce qu'il va dire : de 2003 à 2007, les socialistes ont été associés à cette gestion et un des leurs (Michel Doucet) était l'adjoint aux finances. La belle affaire ! Utiliser cette argumentation serait faire peu de cas des tentatives répétées mais infructueuses de Michel Doucet pour limiter les dépenses et revenir à l'équilibre financier. Michel Doucet a toujours été considéré par le maire comme un spécialiste obnubilé par une situation budgétaire saine visant à l'empêcher de réaliser ses objectifs et ses caprices notamment dans le domaine de la communication ou dans celui des fêtes et cérémonies dont l'exemple caricatural demeure la cérémonie des vœux…Michel Doucet n'est plus, mais ses vérités demeurent.

Cette attitude du maire, soutenu par une majorité de sa majorité, a d'ailleurs conduit les socialistes à se désolidariser de cette gestion en 2007 pour offrir un choix raisonnable aux Lovériens en 2008 compatible avec le contexte de crise économique et sociale. Les Lovériens ne nous ont que partiellement compris. A la lumière du rapport de la Chambre régionale des comptes, ils sauront que la gestion Martin est une gestion laxiste, peu rigoureuse, faisant preuve, parfois d'erreurs, parfois d'incompétence, parfois d'absence de réalisme.

Il n’est pas de citoyens responsables qui ne soient correctement informés


Saluons une fois encore la chaîne télévisuelle franco-allemande ARTE pour la qualité de ses émissions, pour le respect qu’elle a de ses téléspectateurs, pour son indépendance d’esprit et pour le remarquable travail qu’elle accomplit afin de faire de nous des citoyennes et des citoyens informés et responsables, c’est-à-dire en capacité de se former un jugement sur toutes les grandes questions que soulève notre époque. Et soyons certains que son identité franco-allemande contribue largement à ce qu’il en soit ainsi. Deux exemples à une semaine d’intervalle nous en fournissent la preuve.

La semaine passée, refusant de céder aux intimidations et aux pressions, y compris judiciaires, exercées contre elle par la multinationale Veolia, ARTE a maintenu sa programmation et diffusé le film franco-allemand « Water makes money » (1) des réalisateurs indépendants allemands Leslie Franke et Herdolor Lorenz. L’Association pour l’amélioration du cadre de vie et de l’environnement en avait assuré la projection à Louviers en avant-première nationale le 22 septembre 2010. « Water makes money », ou comment les multinationales de l’eau ont réussi là où les alchimistes médiévaux avaient échoué. Le rêve, non pas de transmuter le plomb en or, mais plus fort encore, l’eau en or. Veolia, tout comme Suez-Lyonnaise des Eaux qui furent jusqu’il y a peu parmi les principaux bailleurs de fonds des grands partis politique de droite comme de gauche. Et qui entretiennent soigneusement une proximité plus que troublante avec l’Élysée comme avec le pouvoir en général, partout où il s’exerce.

Cette semaine, en diffusant le film-document « R.A.S. – Nucléaire – Rien à signaler » d’Alain Le Halleux sur la situation des travailleurs du nucléaire en Europe, mais principalement en France puisqu’étant le pays le plus nucléarisé au monde. Des salariés appartenant à des entreprises sous-traitantes de GdF-Suez en Belgique et d’EdF en France, et dont les conditions de travail scandaleuses autant que les salaires misérables eu égard aux qualifications professionnelles requises et aux risques encourus, mettent à présent en péril la sécurité des installations nucléaires ainsi qu’il est démontré.

Quelle chaîne publique française du groupe France Télévisions – ne parlons même pas des chaînes privées –, dont le président est désormais nommé par le président de la République, fou furieux du nucléaire au point d’avoir voulu en vendre au colonel Kadhafi et ami des patrons des multinationales de l’eau, aurait osé diffuser de tels documents ? Nous pouvons l’affirmer sans crainte d’être démenti : actuellement aucune.

C’est à la fois l’indépendance totale d’ARTE et la différence de sensibilité de nos deux peuples sur la question du nucléaire – mais qu’en serait-il en France, si comme en Allemagne, un réel débat démocratique avait eu lieu sur cette question ? –, conduisant à des positions diamétralement opposées, qui ont permis que soit traité un tel sujet qui nous concerne toutes et tous, citoyennes et citoyens européens que nous sommes.

Car, c’est une évidence, quelle que soit la position de nos pays respectifs sur le choix du nucléaire pour produire l’énergie électrique dont nous avons besoin, en cas de problème majeur comme aujourd’hui au Japon à Fukushima, les frontières ne règleraient en rien la question des conséquences, demain pas plus qu’hier avec le nuage de Tchernobyl. Le choix du nucléaire et la poursuite éventuelle de ses programmes en France imposent à nos voisins européens des risques qu’ils ont depuis longtemps déjà refusé démocratiquement de prendre et qui pourraient demain se trouver à l’origine de futurs conflits.

Même s’il est urgent que la question du nucléaire soit en France soumise au débat et fasse l’objet d’une consultation démocratique, il n’est pas de solution uniquement nationale répondant à ce problème qui concerne au premier chef notre continent tout entier, mais aussi par de nombreux aspects la planète entière. Pas plus qu’il n’est acceptable, pour les années où resteraient encore en fonctionnement des installations nucléaires de production d’énergie qu’elles soient mises entre les mains de groupes privés dont la finalité est le profit. L’accès à l’énergie, tout comme l’accès à l’eau font partie des droits fondamentaux de l’humanité et il n’est pas acceptable que des sociétés privées en tirent avantage. 

L’Union européenne, aveuglée par son néolibéralisme et le dogme de la concurrence libre et non faussée, a sur ce sujet fait fausse route. C’est aux peuples européens de le lui signifier. L’industrie du nucléaire, partout où elle en service et pour le temps qu’elle existe encore, parce qu’il en va de la sécurité des populations, doit être exclusivement du ressort du service public. Le pitoyable spectacle que donne à voir l’opérateur japonais Tepco confronté à la catastrophe de Fukushima ne le démontre hélas que trop. Il en va de l’avenir de l’humanité.

Reynald Harlaut
Parti de Gauche

(1) une nouvelle projection de ce film est programmée à Val-de-Reuil en mai prochain à l'initiative de l'Association pour l'amélioration et la protection de l'environnement et avec la collaboration du cinéma rolivalois.