9 mars 2011

L’affaire du gaz de schiste : une bombe prête à exploser à la moindre étincelle


Ce pourrait bien être là l’étincelle qui mettrait le feu aux poudres. Venant après toutes les décisions désastreuses de la droite tombant les unes après les autres sur la France comme les plaies d’Égypte, cette affaire de gaz de schiste, dernière-née des calamités sarkozystes, rassemble à elle seule toutes les tares du système mis en place par l’Élysée depuis 2007.

Pour celles et ceux qui n’auraient pas encore entendu parler du gaz de schiste, il faut dire qu’il s’agit là de gaz naturel piégé dans les roches schisteuses. Le procédé d’exploitation est américain, aux mains des compagnies pétrolières. Sa description à elle seule remplit d’effroi. Des quantités énormes d’eau sont envoyées dans les couches profondes du sous-sol sous des pressions colossales pour fracturer la roche, additionnées de plusieurs centaines de produits chimiques tous plus dangereux les uns que les autres, afin de dissoudre le gaz et lui permettre de remonter avec les boues en surface. Il subsiste après l’exploitation un paysage ravagé, une interrogation sans réponse sur les conséquences liées à la destruction des couches internes du sous-sol et dans tous les cas la contamination pour des siècles des nappes phréatiques par les résidus des produits toxiques utilisés. Une vidéo montre qu’en certain endroit des États-Unis, un incendie a pris naissance dans une habitation alors que son occupant a approché la flamme d’un briquet de l’eau du robinet de l’évier.

Tous les habitants des régions Nord-Américaines et canadiennes où a débuté cette exploitation s’accordent à dire qu’il s’agit de la plus grande catastrophe écologique de l’histoire de leur pays dont on ne mesure pas encore les conséquences à moyen et long terme. Les compagnies pétrolières, elles, se frottent les mains. Les profits juteux sont pour le moment au rendez-vous et la législation très laxiste ne leur impose guère de contraintes, y compris pour la remise en état des zones dévastées par les multiples forages et les boues polluantes.

Les choses, pour dramatiques qu’elles soient, auraient pu en rester là. Après tout, libre aux Américains de faire ce qu’ils veulent de leur pays et d’en faire un enfer inhabitable pour leurs petits enfants. Mais, dès qu’il s’agit de faire du fric, même à n’importe quel prix, il y a toujours et partout des mariolles pour rêver qu’ils pourront faire fortune en deux temps trois mouvements et après eux le déluge.

En France, on en connaît au moins deux que l’idée a inspirés. Un certain Gérard Mestrallet, président du groupe GDF-Suez fraîchement privatisé (et qui ne gagne que 1.016.667 euros par mois, une misère) et un second, un certain Julien Balkany, demi-frère de l’autre, le repris de justice député-maire de Levallois-Perret et grand ami du président.

L’affaire s’est jouée en douce, comme il se doit dans le milieu sarkozyste. Juste avant de quitter son ministère de l’Environnement, le ministre Borloo a signé dans le plus grand secret un arrêté accordant des concessions et autorisant le groupe Total, le groupe GDF-Suez et la société Toréador – celle de Julien Balkany –, alliés à des sociétés américaines, à procéder à des forages de prospection en vue de l’exploitation ultérieure de ce gaz de schiste. Comme dans les meilleurs films de truands, ils se sont partagé les territoires potentiellement intéressants. Des surfaces qui couvrent des régions entières. Tout cela bien entendu sans la moindre enquête publique préalable, sans la moindre concertation avec les habitants et les élus des régions concernées. Circulez, y a rien à voir ! L’histoire de l’extension du camp du Larzac sous Giscard, n’est à côté de cela qu’une fabulette pour endormir les tout-petits.

Pour tenter de calmer les esprits, au moins jusqu’aux cantonales, NKM, Nathalie Kosciusko-Moriset, ministre de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, rien de moins, a décrété en catastrophe un moratoire devant la levée de boucliers que ce projet suscite partout dans le pays. Mais tous ceux qui sont concernés n’y voient là qu’une manœuvre dilatoire, puisqu’il doit prendre fin au 15 avril et qu’alors, la prospection devrait reprendre comme si de rien n’était.

Sauf que la fronde est lancée. Ils étaient près de 20.000 manifestants, rassemblés autour de leurs élus et de personnalités médiatiques comme José Bové, Éva Joly, Cécile Duflot, etc. à Villeneuve-de-Berg, petite commune d’Ardèche de 2.500 habitants directement menacée par le projet, le 26 février dernier. Et presque 3.000 à Doue, en Seine-et-Marne, pas très loin de Château-Thierry, ce samedi 5 mars. Tous sont prêts à en découdre avec le pouvoir, élus de droite compris, et empêcher le démarrage de la prospection par tous les moyens. Mon petit doigt me dit que tous les ingrédients sont réunis pour une confrontation et que la révolution citoyenne pourrait bien prendre racine dans un de ces coins là.
À suivre…

Reynald Harlaut


Pflimlin est aux ordres, il veut marquer les esprits


Lors de deux précédents articles sur l’immigration, je voulais également évoquer le rôle des médias rarement indépendants sur ces sujets. Car justement, leur indépendance n'est plus à démontrer ! Martin Bouygues, parrain du p'tit Louis, Jean-Pierre Elkabbach toujours prêt à dégainer un tube de Baranne de sa poche et Rémy Pflimlin nommé par l’agité à talonnettes.
Et les accointances avec les financiers sont telles que lorsqu’un valeureux journaliste veut juste faire son métier, la sanction est immédiate en suppression de pages de publicité qui tue plus vite un journal que ne met de temps une ministre à démissionner !
 
Une actualité récente me permet d’en parler plus facilement. La mort d'Annie Girardot. Grande actrice avec de très grands films au début de sa carrière suivis de films plutôt moyens mais où sa présence suffisait à garantir de grands succès populaires. Malheureusement atteinte à la fin de sa vie d'une maladie sournoise et dévastatrice, celle d'Alzheimer.

Le cœur des pleureuses se fait entendre comme à son habitude ainsi que le rappel de sa carrière et de ses 120 films. On se dit bêtement, qu'une énième rediffusion d’un de ses films va avoir lieu pour commémorer la mort d'un « monstre » du cinéma français. Remarquez les guillemets, car ce terme a été utilisé dans presque tous les journaux télévisés de la semaine précédente.
 
Et paf !! Rien de tout cela ! Pas l’ombre de la queue d’un film même d'un navet ! Rien ! Que dalle ! Wallou ! Pas une seule chaîne n'a procédé à l'inévitable déprogrammation pour passer un film de feu l'artiste ! Venant des chaines privées, on a l’habitude. Mais pour les hommages aux artistes disparus, on avait l’habitude de zapper sur une chaîne du service public dès le soir de l’annonce de leur mort. Même une énième rediffusion d’un film était appréciée des téléspectateurs. Rien ! Que dalle !...

Au lieu de cela, reportages, documentaires et gros plans sur l'artiste diminuée et sa maladie dégénérative qui a fait d'elle un légume avant l'heure «malgré sa terrible résistance face à un destin sans scrupule !» Qu'est-ce à dire ? Ah, « bon dieu, mais c'est bien sûr », comme disait Raymond Souplex dans les Cinq Dernières Minutes !

Que nous a dit l'actuel président qui veut essayer de se faire réélire en 2012 ? Qu'il allait s'occuper de notre vieillesse. Celle qui nous fait peur, puisque l'on va vivre soi-disant plus longtemps, mais pas forcément en bonne santé ! Et pour cela, non pas créer une cinquième branche de la sécurité sociale, seuls les naïfs peuvent encore y croire, mais bien en rendant obligatoire une assurance privée !
 
Or donc, quoi de mieux qu'une actrice célèbre et ravagée par la maladie pour bien faire peur aux imbéciles qui ne se sentiraient pas concernés par cette inévitable vieillesse ravageuse. Plutôt que montrer la défunte dans toute sa splendeur d'actrice, mieux vaut la montrer dans la déchéance d'une maladie incurable. De quoi bien marquer les esprits !

Après cela, si vous n'êtes pas convaincu de votre inévitable déchéance dans une solitude désolante que vos enfants ne pourront soulager vu qu'ils pointeront à Paul Emploi (je préfère écrire Paul que Pôle), il est évident que vous signerez des deux mains une assurance privée, comme Malakoff-Médéric présidée par Guillaume, grand frère de l’agité, qui vous dépouillera de vos derniers deniers avant le cul de basse fosse, car, comme de bien entendu, d'ici là le dernier krach boursier vous aura privé de cette soi-disante protection !
 
Ah, décidément, il est trop fort ce Sarko. Et Pflimlin est bien obligeant, quand même !!

Alain Lefeez

8 mars 2011

Jacques Chirac passe entre les gouttes

La question prioritaire de constitutionnalité sera donc posée à la Cour de Cassation qui aura quelques mois devant elle pour savoir si elle transmet le dossier d'un ancien membre du cabinet de Jacques Chirac au Conseil constitutionnel. Voilà encore quelques mois de gagnés pour Jacques Chirac qui pourra continuer de dormir dans la maison Hariri du quai Voltaire à Paris.

Et pourtant. Le magazine special investigation de lundi soir sur Canal Plus est ravageur pour Jacques Chirac. L'ancien maire de Paris, ancien président de la République aura donc réussi l'exploit de passer entre les gouttes des pluies d'orages qui n'ont pas épargné Alain Juppé et nombre de chefs d'entreprises poursuivis pour l'affaire des marchés truqués des lycées d'île de France. Et pourtant, le dossier des multiples billets d'avion payés en liquide est lourd, très lourd. Et pourtant, les deux millions d'euros de frais de bouche pendant la période où il était maire démontre que Jacques Chirac et son épouse Bernadette se gobergeaient aux frais des contribuables parisiens. Et pourtant, ces emplois fictifs, ils étaient bien réels au point que Bertrand Delanoë, maire de Paris, a accepté la transaction que lui proposaient les avocats de M. Chirac pour retirer sa plainte. Au grand étonnement de ceux qui espéraient en la justice.

La soirée fut terrible hier. L'émission C dans l'air était consacrée aux méthodes des Guérini à Marseille. Témoignages poignants, incroyables, au vrai sens du mot, et pourtant bien réels et donc tragiques s'agissant de socialistes. Je pense à tous ces militants anonymes, courageux, passionnés loin d'imaginer les trames des arrières cours de la fédération des Bouches-du-Rhône. Qu'attend Martine Aubry pour porter le fer dans ce dossier où le minable côtoie l'abominable.

Bernard Amsalem : « Je suis très attaché au modèle d'intégration à la Française »

Le sport, outil d'intégration. Voilà la conclusion du remarquable travail entamé par Bernard Amsalem et la fédération française d'athlétisme depuis plus d'une décennie. Dans une déclaration à l'agence France Presse, le président de la FFA revient sur les magnifiques résultats des athlètes de l'équipe de France aux championnats d'Europe d'athlétisme en salle et commente : « Les tricolores contribuent par leur diversité ethnique et culturelle à activer le modèle d'intégration à la Française. Je suis très attaché à ce modèle. Les bleus sont une représentation de la société. On le voit dans l'apport constaté dans les différentes disciplines des athlètes de diverses origines, souvent d'ailleurs nés en France mais originaires du Maghreb, d'Afrique noire ou des Antilles…
…Le sport n'a pas vocation à tout régler mais, très modestement, il contribue à faire évoluer les mentalités. Ce que j'entends de certains hommes politiques me gêne beaucoup, m'indispose même parce que je ne vis pas les choses de la même manière qu'eux. Je dois même dire que pour le président que je suis, il s'agit d'une certaine souffrance…
…Mon vécu de terrain me laisse penser que le discours qui stigmatise est un discours dangereux pour la société française, un discours qui divise les individus, qui les oppose, et ce n'est pas du tout l'essence même de l'activité sportive là où nous devons nous rassembler où la notion d'équipe est extrêmement importante, où le port du maillot de l'équipe de France, la défense du maillot sont des notions importantes qui valorisent la nation…
…Il faut que les discours des hommes politiques puissent évoluer. Je ne pense pas seulement au Front national. Je leur demande de bien réfléchir à ce qu'ils disent car on entre dans une période électorale qui est toujours une période de stigmatisation et de tension. »

7 mars 2011

Blum et Mendès France diffamés, Georges Mandel et Jean Zay assassinés…le poison de l'antisémitisme

Il y a  eu la saillie de Christian Jacob (président du groupe UMP de l'Assemblée nationale) et la réflexion sur Dominique Strauss-Kahn : « ce n'est pas la France que l'on aime, la France des terroirs et des territoires ». On a maintenant une seconde référence officielle avec le secrétaire d'Etat Wauquiez « Dominique Strauss-Kahn qui habite une grande maison près du Potomak loin des racines de la Haute-Loire…» Patrick Buisson, conseiller de Nicolas Sarkozy, nationaliste échevelé et ancien de l'extrême droite, a convaincu Sarkozy d'attaquer Dominique Strauss-Kahn, non sur sa politique au FMI, non sur son passé de ministre ou de maire de Sarcelles, non sur son adhésion au projet socialiste, mais sur ce qu'on appelle, avec une certaine indélicatesse, ses origines. Quand les attaques se succèdent sur un thème précis, c'est que les éléments de langage, comme ils disent à l'Elysée, ont été travaillés, élaborés et réfléchis.

Georges Mandel : assassiné par la milice
Pour qu'un Alain Minc ou qu'un Serge Klarsfeld s'émeuvent de ces déclarations aux «relents moisis», c'est que la stratégie du président — bientôt sortant — en fait frémir plus d'un. C'est avec raison que les campagnes aux accents antisémites ou anti-musulmans nous choquent et nous scandalisent. Pas seulement parce que ces agressions font monter «la» Marine mais surtout parce qu'ils sont indignes de républicains dignes de ce nom. L'objectif est toujours le même : le rejet de l'autre, la peur de l'autre, le repli frileux sur un monde morbide car fermé sur lui-même.

Depuis l'affaire Dreyfus, le 20e siècle a été parsemé d'attaques antisémites contre nombre de leaders et dirigeants de la gauche. Blum a été diffamé, Roger Salengro s'est suicidé, Georges Mandel et Jean Zay ont été assassinés par la milice. Pierre Mendès France a été calomnié et c'était par le père de la présidente actuelle du Front national et quelques autres (n'est-ce pas Rémy Montagne !) pourtant classés chez les démocrates-chrétiens. Quant à Laurent Fabius, il s'est même trouvé un (des) socialiste(s) pour clamer qu'il n'avait pas l'air « très catholique ».

Il existe un terreau français favorable au développement de la xénophobie et du racisme. Il existe aussi une tradition culturelle avec Céline, Brasillach, l'Action française et Maurras, le Crapouillot…c'est donc avec une intention malveillante que s'orchestre une campagne contre Dominique Strauss-Kahn avec tous les dégâts qu'elle peut susciter dans certaines consciences fragiles ou fanatiques.

Le pouvoir aurait donc choisi la tactique du bouc émissaire pour tenter de favoriser un deuxième tour entre Sarkozy (1) et Le Pen ? Ce calcul, cynique et hideux, échouera. Il échouera parce que tous les démocrates, tous les républicains se mobiliseront pour refuser cette détestable manipulation. La manipulation du désespoir !

(1) Nicolas Sarkozy a pourtant écrit un beau livre sur la vie de Georges Mandel ! « Georges Mandel (1885-1944), le plus proche collaborateur de Clémenceau, plusieurs fois ministre, fut un des grands symboles de la République. Sa fin tragique - il fut fusillé en forêt de Fontainebleau par la milice... - donna encore plus de relief à une existence qui n'en manquait guère. Cet homme était habile et courageux ; il fut insulté comme personne et se battit avec obstination pour que la vie parlementaire et le service public soient aussi exemplaires qu'il était possible dans le contexte tumultueux de la Troisième République. A travers cette biographie, Nicolas Sarkozy a voulu rendre hommage à un homme politique largement méconnu et dont le destin fut toujours, pour lui, un exemple et une source d'inspiration. »Le président de la République devrait relire son ouvrage et…s'en inspirer vraiment.

Quand Olivier Aubert se prend pour Jean-Luc Mélenchon


Très drôle, la lecture de la profession de foi du candidat Olivier Aubert aux prochaines cantonales. Rendons-lui au moins justice qu’il a le courage de se présenter sous l’étiquette UMP. Contrairement à beaucoup d’autres de son camp qui n’osent même plus l’arborer et la cachent ostensiblement. C’est, que par les temps qui courent, se réclamer de Nicolas Sarkozy et de l’équipe au pouvoir représente un handicap majeur. Avec le soutien d’un président de la République si profondément enraciné dans les sondages qu’il va bientôt faire jaillir du pétrole, la droite, ce n’est un secret pour personne, aborde l’échéance cantonale dans les pires conditions.

Qu’à cela ne tienne et quand bien même sa voyante personnelle qu’il préfère à tous les instituts de sondages réunis, lui a déjà annoncé la couleur. Il part au combat la fleur au fusil et rien ne l’arrête. Pas même d’emprunter à Jean-Luc Mélenchon la formule à peine revisitée du titre de son dernier ouvrage « Qu’ils s’en aillent tous » et qui sous la plume de cet enfonceur de portes ouvertes devient : « Il est temps de tourner la page et de les renvoyer tous ». Quelle audace !

Sûr qu’avec le bilan de la droite au pouvoir, les électeurs du canton de Louviers-Nord vont tous courir voter pour Olivier Aubert. La fermeture du tribunal d’instance de Louviers, la casse des emplois industriels consécutive à la crise du système néolibéral que défend son camp, le démantèlement jour après jour des services publics et les transferts de charges non compensés aux départements et aux collectivités territoriales, la réforme territoriale qui portera un coup fatal aux cantons ruraux, etc., les sujets qui fâchent ne manquent pas.

Mais en ces temps bénis où le chanoine honoraire de Latran vante les bienfaits de la religion – chrétienne, cela s’entend – à défaut de nous faire prendre le Messie pour des lanternes, il reste à Olivier Aubert un espoir : celui d’un miracle qui verrait ensuite Notre-Dame de Louviers se transformer en un nouveau lieu de pèlerinage à l’égal de Lisieux.

Reynald Harlaut

6 mars 2011

S'écoule mieux quand il est liquide : l'argent !

Le Parisien d'aujourd'hui ne fait pas que publier le sondage plaçant madame fille en tête d'un premier tour de la présidentielle. Il donne aussi la parole à un membre de l'équipe de campagne d'Edouard Balladur. Cet homme a accepté de répondre aux questions d'un journaliste après qu'il a témoigné devant le juge d'instruction chargé de l'affaire dite Karachi, à l'origine d'un attentat ayant coûté la vie à onze de nos compatriotes au Pakistan.

Que dit ce monsieur ? Que M. Balladur n'est pas très net ni très honnête. Si ses comptes de campagne ont été validés, c'est que Roland Dumas, alors président du Conseil constitutionnel, a passé outre l'avis défavorable des techniciens chargés de les expertiser et de les contrôler. Ces comptes étaient plus que troublants, le trouble provenant de sommes énormes en liquide, apparaissant sans contre-parties. Le témoin assure aujourd'hui qu'il pensait que ces sommes étaient issues des fonds secrets.

Ces fonds secrets — Lionel Jospin a mis fin à leur pratique — permettaient à des ministres de recevoir d'énormes sommes d'argent dépensées selon leur bon vouloir. Il est possible que M. Balladur se soit gardé une poire pour la soif sur ces fonds secrets mais il est hautement probable que d'autres billets de 500 F (par valises entières) émanaient d'autres sources dont, il faudra en faire la preuve, de possibles rétro commissions versées après la vente d'armements importants.

Déjà, M. Galy-Dejean, trésorier du candidat Balladur, a reconnu qu'il ignorait la provenance de ces énormes sommes d'argent en liquide. Le témoin du Parisien affirme de son côté qu'il lui était impossible de poser les bonnes questions pour connaître le pourquoi du comment. Quoi qu'il en soit, Il n'aurait pas obtenu de réponse. Ce cher Edouard, on lui aurait donné le bon Dieu (catholique s'entend) sans confession. Le prêtre de sa paroisse peut déjà lui infliger trois ave et deux pater.

26 places de gagnées au classement Wikio !

114e au classement Wikio. 26 places de gagnées. Tout cela grâce à une certaine constance et une certaine obstination à aider, modestement, à éclairer ceux qui me font l'honneur de bien vouloir fréquenter ce blog et y lire mes textes ou ceux de mes amis. Un classement mensuel n'a, par définition, rien de définitif. Rien n'étant jamais acquis, nous allons poursuivre notre travail pour apporter un air de liberté décidément de plus en plus nécessaire à en juger par la montée de certain(e)s dans les sondages qu'il va donc falloir faire mentir au jour J.

Nous ne sommes pas les seuls, loin de là, dans le monde des blogs régionaux. Je serais impardonnable si je ne mettais pas en avant les blogs des amis rencontrés à Gisors à l'initiative de Philippe Méoulle, toujours plein d'allant. Je serais coupable de ne pas insister sur la diversité des textes de Vie Militante et de ces bénévoles, durs à la tâche mais toujours en première ligne. Ma blogoliste est une indication des sites que je vous invite à visiter. Par amitié, curiosité ou tout simplement…perplexité.

5 mars 2011

Quand on joue avec le feu, il arrive qu'on s'y brûle

Henri Guaino, la plume de Nicolas Sarkozy est-il un grand naïf ou un gros menteur ? Interrogé par l'AFP sur le sondage donnant Marine Le Pen à 23 % devant Martine Aubry et Nicolas Sarkozy à 21 % il déclare : « pourquoi cela serait-il de notre faute et pas celle des socialistes ? » A question idiote, réponse idiote : mais parce que le score actuel (et provisoire) de la fille de son père est dû à la politique conduite dans ce pays de France et qu'elle l'est par Sarkozy et les siens ! Les socialistes sont dans l'opposition depuis 2002. L'an prochain cela fera dix ans qu'ils ont quitté le pouvoir. En quoi seraient-ils responsables de la montée de l'extrême droite ?

Que disait Marine Le Pen il y a quelques jours : « encore un bon débat sur l'islam puis un autre du même genre et nous serons à 25 % ! » Elle ne croyait pas si bien dire. Évidemment, un sondage est une photo instantanée et nous ne sommes encore qu'à 14 mois de l'élection présidentielle. Rien ne dit que le score d'aujourd'hui sera le résultat des urnes de demain. Tout de même, Marine Le Pen est présidente du Front national depuis deux mois et elle se montre sous un jour plus avenant que celui de son père. Bien sûr, rien ne change sur le fond des dossiers, toujours l'immigration, toujours l'insécurité mais elle y ajoute une touche personnelle. Elle n'hésite pas à évoquer la laïcité, les questions sociales, à faire des propositions dans le domaine économique (sortie de l'union européenne, fin de l'euro, protectionnisme à tout crin), un programme voué à une déconfiture totale, une inflation hyper galopante et la ruine de ce qui reste de la France.

Il n'est pas l'heure de sonner le tocsin. Il est l'heure de reprocher à Sarkozy sa propension à stigmatiser les musulmans, à susciter des peurs, des angoisses, à créer un climat anxiogène dans le pays sans apporter aucune solution. Ni au chômage, ni à la précarité. Ils sont nombreux à droite (Juppé, Fillon et compagnie) à penser que le lancement d'un nouveau débat sur la laïcité (sur la place de l'islam en France en réalité) est totalement irresponsable et comme dirait Anne Sinclair « c'est jouer avec le feu. » Et quand on joue avec le feu, il arrive qu'on s'y brûle.

Alors que faire. Il faut que Jean-François Copé se ressaisisse et abandonne son copinage avec Eric Zemmour. Il faut qu'il cesse de mettre en avant : la Burka, les Roms, les prières dans les rues, les flux migratoires (angoisse suprême). Il faut que l'UMP cesse de faire le lit du Front national. Sinon ? On va être dans de beaux draps ! Sauf si la stratégie de Sarkozy est de souhaiter un duel de second tour entre lui et le FN. Calcul cynique, calcul vraisemblable pourtant déjà évoqué sur ce blog il y a quelques semaines. Pour garder le pouvoir certains sont prêts à tout. Partout.

Leslie Cléret, avec elle, ce n'est pas du vent

François Loncle soutient Leslie Cléret (photo JCH)
Que de monde sur le marché de Louviers, ce matin. Ils étaient tous et toutes là, les candidats aux élections cantonales dans le canton de Louviers-nord. Tous, enfin presque, puisque je n'ai pas aperçu Olivier Aubert, candidat UMP, lequel était peut-être sur un autre marché de la région. M. Bidault et Mme Ashbrook nous demandent de « mettre nos espoirs au cœur de l'action du département ». Voilà un slogan tout droit sorti de la fertile imagination de l'équipe de campagne dirigée par le maire de Louviers. Des formules qui sonnent creux, ne veulent rien dire mais ne mangent pas de pain. Voilà à quoi se résume la politique quand on ne veut pas en faire. Sauf à parler des carrières professionnelles irréprochables mais finalement comparables à celles de ceux qui se dévouent au service des autres au nombre desquels les élus de terrains et de proximité.

Leslie Cléret, entourée d'une équipe parmi laquelle François Loncle, notre député, distribuait, elle aussi, sa profession de foi. Leslie Cléret est la conseillère générale socialiste sortante. A lire la prose de ses adversaires PRG, on comprend qu'ils souhaitent tirer partie du magnifique bilan de la majorité de gauche du conseil général mais en exclure — quelle bizarrerie — Leslie Cléret, vice-présidente de l'assemblée départementale d'abord en charge de l'action sociale puis maintenant du logement social. Vous remarquerez que le mot social est permanent dans ses responsabilités. Pendant sept ans, elle en a aidé des gens, elle en a dépanné des familles, elle en a voté des subventions et des aides aux associations. Pourquoi choisir un candidat aux engagements hésitants, d'abord sarkozyste, maintenant dit de gauche, alors que la conseillère générale en fonction a fait ses preuves et démontré la fiabilité de ses promesses. Avec elle, ce n'est pas du vent. Bien sûr, la démocratie c'est la liberté de candidature, c'est la confrontation des idées. J'aimerais pourtant qu'on me dise ce qu'un soutien hypothétique à Jean-Louis Destans apportera de plus qu'une certitude de soutien à son action. Qui vivra verra.

Un mot encore sur une candidature intéressante : celle d'un écologiste soutenu par quelques élus locaux de notre région comme MM. Bourlet de la Vallée, Labbé ou De Préville. Si je ne mets pas en doute les convictions environnementales de M. Bourlet de la Vallée, celles de MM. Labbé et De Préville me semblent beaucoup plus sujettes à caution. Ils votent comme un seul homme les délégations de services publics au privé alors que la charte des Verts-Europe Ecologie indique clairement leur préférence absolue en faveur des régies publiques. Nous aurons sans doute l'occasion de les interpeller publiquement un jour sur cette contradiction.