Si j'en juge par les discussions de café du commerce, l'affaire de l'écrêtement des indemnités du maire de Louviers fait « causer ». Nombreux sont ceux qui ignoraient le montant total des indemnités d'un élu moyen non par ses capacités mais par l'importance des collectivités qu'il administre. Une ville de 18 700 habitants et une agglomération de 65 000 âmes ne sont tout de même pas des monstres à gérer surtout quand l'argent vient à manquer. Sylvia Makaert, une correspondante attentive des blogs locaux, précise bien que le dynamisme d'antan en a pris un sérieux coup à Louviers et que le maire n'est plus ce qu'il était.
Nicolas Sarkozy a félicité Lance Armstrong, coureur américain plusieurs fois vainqueur du tour de France et participant à celui de 2010 pour la gloire, mais a omis de rendre visite aux coureurs français qui ont, tout de même, gagné six étapes. C'était bien la peine que le président interroge Alberto Contador sur le secret des Espagnols, vainqueurs de la coupe du monde de football et sans doute futur vainqueur du tour de France. Le président n'aime que les hommes d'exception, ceux qui gagnent et ceux qui travaillent plus pour gagner plus. Pas comme les salariés de General motors qui vont travailler plus pour gagner moins. Ils ne sont pas les seuls dans ce cas.
José Alcala m'a interpellé à plusieurs reprises. Il considère que je ne respecte pas suffisamment la présomption d'innocence d'Eric Woerth. Il affirme que l'homme est irréprochable dans ses fonctions actuelles et que rien n'étaie l'accusation de conflit d'intérêts mêlant sa femme, Liliane Bettencourt, la trésorerie de l'UMP, la campagne présidentielle de Sarkozy. Je suis d'accord avec lui sur un point. Il ne faut pas aller trop vite en besogne.
La prudence commande en effet d'attendre les développements judiciaires. Mais si le « juge » Courroye (qui n'est plus juge mais procureur) continue ses enquêtes préliminaires sans désigner de juge d'instruction, je crains que la vérité des faits soit ignorée pendant longtemps…jusqu'à la date de prescription ?
François Loncle a eu les honneurs du journal Le Monde. Patrick Roger a consacré un bel article à la non réponse de François Fillon à une question écrite posée par mon ami député qui s'étonnait des prises de positions publiques de MM. Guéant et Guaino, conseillers du président de la République. Malgré l'insistance et les relances de François Loncle, il vient d'apprendre — fait exceptionnellement rare et grave — que le premier ministre ne lui répondrait pas. On ne saura donc jamais pourquoi le couple Guéant-Guaino inonde les ondes de leurs points de vue en lieu et place du premier ministre.
François Loncle a également demandé à Jérôme Cahuzac, président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, de rendre public le dossier Tapie. François Loncle considère avec raison que le public doit connaître l'ensemble des questions et des réponses liées aux 285 millions d'euros accordés par une commission arbitrale à l'ancien président de l'OM et ancien repreneur d'entreprises en difficulté. Les mois passent et nous ne pouvons toujours pas lire le rapport de la commission des Finances. François Loncle a le chic pour poser les questions qui dérangent. Qui craint Tapie ? Pas lui en tout cas.
J'ai suivi avec plaisir sur France 2 le court reportage consacré par la rédaction de la chaine à l'impressionnisme en Normandie. Le journaliste a cité Rouen, Honfleur, Le Havre mais il a n'a pas du tout parlé de l'Eure ni de Giverny, ni de Monet…une fois de plus la Haute-Normandie se résume à la Seine-Maritime.
Il faut le faire : illustrer l'impressionnisme en Normandie par l'axe Rouen-Le Havre et par le musée des Beaux-Arts de Rouen est tout simplement réducteur voire simpliste. Je n'irai pas jusqu'à écrire comme le président des radicaux de gauche de l'Eure que notre région est « émasculée » (sic) parce que la Normandie est divisée en deux.
24 juillet 2010
23 juillet 2010
David Douillet ose tout
David Douillet était un bon et grand judoka. S'il a été élu député, c'est plus pour sa médaille d'or aux jeux olympiques que pour ses qualités d'homme politique. Et pourtant. Sa campagne électorale législative a été affligeante de médiocrité. A l'Assemblée nationale, il a déjà la réputation d'un député-godillot. Autrement dit, David Douillet n'aurait jamais dû abandonner les tatamis où il est visiblement plus à l'aise qu'à la tribune du Palais Bourbon.
Et pourtant. David Douillet vient de déclarer publiquement sa candidature aux fonctions de ministre des sports. On sait qu'il est l'un des chouchoux de Nicolas Sarkozy. Que le président veut se séparer de Rama Yade, esprit libre, et que le changement de gouvernement de l'automne verra tomber, en plus des feuilles, quelques têtes de ministres et de secrétaires d'Etat.
Et pourtant. J'aimerais bien connaître les qualités particulières de David Douillet lui permettant de postuler à une responsabilité gouvernementale. Le cas Laporte devrait, aurait dû, mettre le président en garde contre une nomination de complaisance. L'ancien entraîneur de l'équipe de France de rugby a rapidement montré ses limites et je ne doute pas que David Douillet saura l'imiter.
Placer un copain au gouvernement devrait s'appuyer sur des compétences et non sur une notoriété acquise dans une niche très spécialisée. Réussir uchi mata et osoto gari ne préjugent pas de la bonne conduite de la politique sportive en France.
Et pourtant. David Douillet vient de déclarer publiquement sa candidature aux fonctions de ministre des sports. On sait qu'il est l'un des chouchoux de Nicolas Sarkozy. Que le président veut se séparer de Rama Yade, esprit libre, et que le changement de gouvernement de l'automne verra tomber, en plus des feuilles, quelques têtes de ministres et de secrétaires d'Etat.
Et pourtant. J'aimerais bien connaître les qualités particulières de David Douillet lui permettant de postuler à une responsabilité gouvernementale. Le cas Laporte devrait, aurait dû, mettre le président en garde contre une nomination de complaisance. L'ancien entraîneur de l'équipe de France de rugby a rapidement montré ses limites et je ne doute pas que David Douillet saura l'imiter.
Placer un copain au gouvernement devrait s'appuyer sur des compétences et non sur une notoriété acquise dans une niche très spécialisée. Réussir uchi mata et osoto gari ne préjugent pas de la bonne conduite de la politique sportive en France.
22 juillet 2010
La fuite en avant de Nicolas Sarkozy
« Nicolas Sarkozy est pris à son propre piège. À force de gesticuler et de dire aux Français tout et son contraire, ils ne l’écoutent plus. Pire, ils ne l’entendent plus. Le discrédit qu’apportent chaque jour sur sa personne et sur son gouvernement de nouvelles révélations sur leurs pratiques insensées fait monter l’exaspération des citoyens. Le premier objectif de nos gouvernants paraît n’être pas de servir l’État, mais de se servir, eux et leurs riches amis du XVIème et de Neuilly. Ils vivent ainsi sans aucun complexe, tels des parasites, sur le dos du contribuable auquel ils ont encore l’audace de réclamer davantage d’efforts et de sacrifices.
Nicolas Sarkozy a beau dire et beau faire, l’enfumage ne fonctionne plus. Alors, rompant une fois de plus le pacte républicain dont il est le garant, il cherche, comme avant lui dans les pires moments de l’histoire la droite, mais encore plus l’extrême droite, savent le faire, des boucs émissaires.
L’épouvantail de l’insécurité étant désormais le seul moyen qui lui reste pour tenter de reprendre pied, il en use et en abuse. Et comme croît, nous le répétons, la désespérance et l’exaspération, chaque nouvelle flambée de violence croît hélas en intensité. Et la répression policière, organisée par le ministre de l’Intérieur Hortefeux prend de nouvelles formes, de plus en plus inquiétantes.
Qu’on ne se méprenne pas. Nous ne prendrons pas ici la défense de ceux qui tirent à balles réelles sur des policiers. Mais, contre une poignée d’individus dangereux, punir ainsi tout un quartier ou une communauté en envoyant tourner des nuits entières au-dessus de leurs têtes des hélicoptères équipés de projecteurs, où se croit-on ? En Afghanistan ? Dans une guerre anti-terroriste ? Cette façon de faire est de la pure provocation et ne peut qu’aggraver à terme une situation tendue à l’extrême.
Et c’est ce moment que choisit Nicolas Sarkozy pour annoncer la tenue d’une réunion le 28 juillet à l’Élysée, chargée d’examiner les "problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms". Hier, à 18H00, à Caudebec-lès-Elbeuf, sur le Clos Allard, un terrain en bord de Seine bordé par la Voie de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme – cela ne s’invente pas – qu’occupent plusieurs fois par an les gens du voyage, pas moins de trois cars de CRS étaient stationnés à quelques mètres du campement. Si ce n’est pas là de la provocation, cela y ressemble à s’y méprendre.
Nicolas Sarkozy joue avec le feu. Il joue un jeu extrêmement dangereux. Et l’on voit parfaitement ce qu’il espère : une « bonne » flambée de violence comme en 2005, qui flanquerait une peur salutaire aux Français, leur ferait oublier tout le reste, et, espère t-il, les ressouderait derrière lui. C’est dans ce piège qu’il ne faut surtout pas tomber. »
Reynald Harlaut
Nicolas Sarkozy a beau dire et beau faire, l’enfumage ne fonctionne plus. Alors, rompant une fois de plus le pacte républicain dont il est le garant, il cherche, comme avant lui dans les pires moments de l’histoire la droite, mais encore plus l’extrême droite, savent le faire, des boucs émissaires.
L’épouvantail de l’insécurité étant désormais le seul moyen qui lui reste pour tenter de reprendre pied, il en use et en abuse. Et comme croît, nous le répétons, la désespérance et l’exaspération, chaque nouvelle flambée de violence croît hélas en intensité. Et la répression policière, organisée par le ministre de l’Intérieur Hortefeux prend de nouvelles formes, de plus en plus inquiétantes.
Qu’on ne se méprenne pas. Nous ne prendrons pas ici la défense de ceux qui tirent à balles réelles sur des policiers. Mais, contre une poignée d’individus dangereux, punir ainsi tout un quartier ou une communauté en envoyant tourner des nuits entières au-dessus de leurs têtes des hélicoptères équipés de projecteurs, où se croit-on ? En Afghanistan ? Dans une guerre anti-terroriste ? Cette façon de faire est de la pure provocation et ne peut qu’aggraver à terme une situation tendue à l’extrême.
Et c’est ce moment que choisit Nicolas Sarkozy pour annoncer la tenue d’une réunion le 28 juillet à l’Élysée, chargée d’examiner les "problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms". Hier, à 18H00, à Caudebec-lès-Elbeuf, sur le Clos Allard, un terrain en bord de Seine bordé par la Voie de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme – cela ne s’invente pas – qu’occupent plusieurs fois par an les gens du voyage, pas moins de trois cars de CRS étaient stationnés à quelques mètres du campement. Si ce n’est pas là de la provocation, cela y ressemble à s’y méprendre.
Nicolas Sarkozy joue avec le feu. Il joue un jeu extrêmement dangereux. Et l’on voit parfaitement ce qu’il espère : une « bonne » flambée de violence comme en 2005, qui flanquerait une peur salutaire aux Français, leur ferait oublier tout le reste, et, espère t-il, les ressouderait derrière lui. C’est dans ce piège qu’il ne faut surtout pas tomber. »
Reynald Harlaut
19 juillet 2010
Le philosophe Marcel Gauchet : « Nicolas Sarkozy n'a pas le sens de l'institution »
« L'affaire Bettencourt réactive le contentieux entre le peuple et les élites. » Tel est le titre d'un article paru dans le journal Le Monde daté des 18 et 19 juillet. L'historien et philosophe Marcel Gauchet estime qu'on assiste à une remise en question du pouvoir sarkozien.
J'ai retenu les passages suivants particulièrement signifiants.
« L'épisode réactive un contentieux larvé entre le peuple et les élites. Sarkozy avait donné l'impression d'être conscient du problème et de vouloir modifier les choses. Il ne l'a pas fait, et même, par certains côtés, il a aggravé le malaise, par son style de star égocentrique et autoritaire.
En France, les élites (un mot que je n'aime pas mais il n'y en a pas d'autres) ont une haute opinion d'elles-mêmes et ne se rendent pas compte du fossé qui les sépare de la population. Elles entretiennent à son égard un mépris bienveillant. Elles veulent son bien, mais elles estiment que leurs mérites éminents doivent être récompensés.
Quand M. Joyandet ou M. Estrosi prennent un avion privé à prix d'or pour rentrer à Paris plus vite, ils le font avec une parfaite bonne conscience, pensant que l'importance de leur personne et de leur fonction le justifie. »
Marcel Gauchet poursuit : « L'homogénéité des façons d'être et de penser l'emporte, j'en ai peur, sur les partages politiques, même si la droite et la gauche ne sont pas tout à fait pareilles. Il y a plus de connivence avec les puissances d'argent à droite et plus de système de distribution de postes à gauche. Sarkozy avait promis que ça changerait, cela faisait partie de la rupture, et rien ne s'est passé.»
…« Pour qu'il y ait révolution, il faut qu'il y ait un programme révolutionnaire. On se met en route au nom d'une espérance, d'une vision de l'avenir, d'un sentiment que d'autres solutions sont à portée de main. Or, nous sommes dans des sociétés dont le climat moral est dépressif, parce qu'elles sont confrontées à des problèmes dont elles n'ont pas la solution. On le voit bien avec la crise économique et la difficulté à trouver des modes de fonctionnement alternatifs. Le climat de la société française n'est pas révolutionnaire, mais il est habité par une révolte sourde et un sentiment de distance radicale à l'égard du personnel dirigeant. »
« Ce n'est pas la démocratie en tant que telle qui est remise en question, c'est la manière dont certains en profitent. Le culte de la chose publique est plus fortement intériorisé en France que partout ailleurs.
Les gens sont donc très choqués quand les individus au pouvoir se comportent en individus privés. La plus grande faille de Nicolas Sarkozy, c'est qu'il n'a pas le sens de l'institution. Le côté privé du personnage prend toujours le dessus. Il n'arrive pas à être un homme d'Etat. »
J'ai retenu les passages suivants particulièrement signifiants.
« L'épisode réactive un contentieux larvé entre le peuple et les élites. Sarkozy avait donné l'impression d'être conscient du problème et de vouloir modifier les choses. Il ne l'a pas fait, et même, par certains côtés, il a aggravé le malaise, par son style de star égocentrique et autoritaire.
En France, les élites (un mot que je n'aime pas mais il n'y en a pas d'autres) ont une haute opinion d'elles-mêmes et ne se rendent pas compte du fossé qui les sépare de la population. Elles entretiennent à son égard un mépris bienveillant. Elles veulent son bien, mais elles estiment que leurs mérites éminents doivent être récompensés.
Quand M. Joyandet ou M. Estrosi prennent un avion privé à prix d'or pour rentrer à Paris plus vite, ils le font avec une parfaite bonne conscience, pensant que l'importance de leur personne et de leur fonction le justifie. »
Marcel Gauchet poursuit : « L'homogénéité des façons d'être et de penser l'emporte, j'en ai peur, sur les partages politiques, même si la droite et la gauche ne sont pas tout à fait pareilles. Il y a plus de connivence avec les puissances d'argent à droite et plus de système de distribution de postes à gauche. Sarkozy avait promis que ça changerait, cela faisait partie de la rupture, et rien ne s'est passé.»
…« Pour qu'il y ait révolution, il faut qu'il y ait un programme révolutionnaire. On se met en route au nom d'une espérance, d'une vision de l'avenir, d'un sentiment que d'autres solutions sont à portée de main. Or, nous sommes dans des sociétés dont le climat moral est dépressif, parce qu'elles sont confrontées à des problèmes dont elles n'ont pas la solution. On le voit bien avec la crise économique et la difficulté à trouver des modes de fonctionnement alternatifs. Le climat de la société française n'est pas révolutionnaire, mais il est habité par une révolte sourde et un sentiment de distance radicale à l'égard du personnel dirigeant. »
« Ce n'est pas la démocratie en tant que telle qui est remise en question, c'est la manière dont certains en profitent. Le culte de la chose publique est plus fortement intériorisé en France que partout ailleurs.
Les gens sont donc très choqués quand les individus au pouvoir se comportent en individus privés. La plus grande faille de Nicolas Sarkozy, c'est qu'il n'a pas le sens de l'institution. Le côté privé du personnage prend toujours le dessus. Il n'arrive pas à être un homme d'Etat. »
18 juillet 2010
L'affaire Woerth-Bettencourt démontre que le juge d'instruction demeure indispensable
Le procureur Courroye refuse de communiquer les transcriptions des bandes enregistrées chez Liliane Bettencourt à la juge Prévost-Desprez et illustre ainsi de manière éclatante le parti pris qui est le sien. Une partie de bras de fer est donc engagée entre le parquet et les juges du siège à qui la cour d'appel de Versailles a pourtant donné raison.
La preuve que cette enquête se déroule de façon très étrange est que Mme Bettencourt, responsable au premier chef, n'a pas été entendue par la justice dans l'affaire qui désormais porte son nom. L'avocat de Claire Thibout, la comptable, y voit les effets de l'amitié qui lie le procureur Courroye à Nicolas Sarkozy qui, rappelons-le, l'a fait nommer à Nanterre contre l'avis du Conseil supérieur de la magistrature. Cet avocat souligne même les conditions très favorables aux gardés à vue des perquisitions effectuées chez eux. Il n'hésite pas à affirmer que des documents compromettants ont été dissimulés voire détruits.
Voilà comment fonctionne la justice en France. D'ailleurs Eva Joly, députée européenne et ancienne juge d'instruction, porte un regard courroucé sur le déroulement de l'affaire-Woerth. Elle aussi considère que le procureur Courroye devrait passer la main très vite à un ou plusieurs juges d'instruction, les seuls à pouvoir mener des investigations à l'étranger, en Suisse, aux Seychelles ou au Liechtenstein, tous pays cités dans l'affaire pour des comptes à l'étranger et supports d'une éventuelle fraude fiscale.
On comprend mieux, aujourd'hui, à la lumière de l'affaire en cours pourquoi le pouvoir veut supprimer le juge d'instruction. Faire du procureur le seul enquêteur opérationnel, c'est prendre un énorme risque avec un déséquilibre flagrant entre les parties. Le procureur Courroye (à son corps défendant) rend un immense service à tous les magistrats, avocats, hommes politiques, qui se battent pour le maintien du juge d'instruction. Quel paradoxe !
La preuve que cette enquête se déroule de façon très étrange est que Mme Bettencourt, responsable au premier chef, n'a pas été entendue par la justice dans l'affaire qui désormais porte son nom. L'avocat de Claire Thibout, la comptable, y voit les effets de l'amitié qui lie le procureur Courroye à Nicolas Sarkozy qui, rappelons-le, l'a fait nommer à Nanterre contre l'avis du Conseil supérieur de la magistrature. Cet avocat souligne même les conditions très favorables aux gardés à vue des perquisitions effectuées chez eux. Il n'hésite pas à affirmer que des documents compromettants ont été dissimulés voire détruits.
Voilà comment fonctionne la justice en France. D'ailleurs Eva Joly, députée européenne et ancienne juge d'instruction, porte un regard courroucé sur le déroulement de l'affaire-Woerth. Elle aussi considère que le procureur Courroye devrait passer la main très vite à un ou plusieurs juges d'instruction, les seuls à pouvoir mener des investigations à l'étranger, en Suisse, aux Seychelles ou au Liechtenstein, tous pays cités dans l'affaire pour des comptes à l'étranger et supports d'une éventuelle fraude fiscale.
On comprend mieux, aujourd'hui, à la lumière de l'affaire en cours pourquoi le pouvoir veut supprimer le juge d'instruction. Faire du procureur le seul enquêteur opérationnel, c'est prendre un énorme risque avec un déséquilibre flagrant entre les parties. Le procureur Courroye (à son corps défendant) rend un immense service à tous les magistrats, avocats, hommes politiques, qui se battent pour le maintien du juge d'instruction. Quel paradoxe !
17 juillet 2010
Le maire de Val-de-Reuil a rendu hommage au couple Doucet

A l'occasion des cérémonies du 14 juillet, Marc-Antoine Jamet, maire de Val-de-Reuil, a accueilli nombre de Rolivalois, de Lovériens, de personnalités venues entendre le discours d'hommage rendu par le maire à Jeanne et Michel Doucet. Tous deux disparus, Jeanne était Rolivaloise de cœur et de passion et Michel « propagandiste et idéologue du quotidien. »
Du discours de Marc-Antoine Jamet, j'ai retenu les passages suivants :
« Nous avons besoin de leçons et d’exemples pour éclairer notre avenir. Les Doucet n’auraient pas aimé devenir des idoles, des icônes, des héros ou des modèles. Mais ils n’auraient pas dédaigné nous montrer un chemin, celui qui se trace quand existe une volonté. »
« La politique les passionnait comme moyen de changer le monde, de changer la vie. Ils dévoraient les journaux, écoutaient les bulletins radio, demandaient des infos de Solferino, se passionnaient comme au premier jour pour un débat, une polémique, un meeting. L’affaire Woerth/Bettencourt les aurait mobilisés, la réforme des retraites hérissés, la casse sociale indignés. »
…« C’était pour cela qu’ils étaient solides, qu’ils étaient constants, qu’ils étaient loyaux. Ils étaient des militants au sens propre du mot, des militants de la cause, la seule qui mérite de se battre, la cause du peuple. »
…« Nous allons maintenant inaugurer la plaque qui rappellera le nom des Doucet. Nous y avons gravé deux phrases de Jaurès. L’une pour Jeanne : « Il ne peut y avoir révolution que là où il y a conscience ». L’autre pour Michel : « L’abondance est le fruit d’une bonne administration ». Elles sont moins connues que beaucoup d’autres. Elles leur vont impeccablement. »
Laurent Wauquiez « a astucieusement profité de la loi »
Ce qui est indigne c'est que Laurent Wauquiez ne juge pas son comportement indigne. Voilà un ministre de la République, en voyage à Londres, qui profite de sa position au gouvernement pour exercer le même soir sa fonction ministérielle et celle de responsable d'un micro-parti venu récolter des fonds auprès des Français fortunés habitants de la capitale britannique.
Pour sa défense, il assure que le voyage aller a été payé par l'Etat et que le retour, il l'a assumé sur sa bourse personnelle ! Il nous prend vraiment pour des imbéciles. Alors, que faut-il penser d'un ministre donneur de leçons, comme il le fait souvent à l'Assemblée nationale, qui, en pleine affaire Woerth et ses conflits d'intérêts, va quémander des dons et des soutiens en changeant de casquette. Le jour je suis ministre, le soir je suis président d'Oxygène…
Lors de sa prestation télévisée récente, le président de la République a souhaité qu'une commission (il n'a donné aucun détail sur sa composition) réfléchisse aux moyens à mettre en œuvre pour éviter les conflits d'intérêts. Et si on faisait, tout simplement, appel à la moralité publique ?
Le Parti socialiste propose que lorsqu'un ministre ou un parlementaire est membre d'un parti (UMP, PS par exemple) il ne puisse appartenir à une autre formation. cela éviterait à la Commission des comptes de campagnes de signaler ce qu'elle considère comme un détournement de la loi : les dons des mêmes personnes physiques sont autorisés auprès de différents partis. « Nous avons astucieusement profité de la loi » déclarent les responsables de l'UMP. Il est donc temps de la changer.
Pour sa défense, il assure que le voyage aller a été payé par l'Etat et que le retour, il l'a assumé sur sa bourse personnelle ! Il nous prend vraiment pour des imbéciles. Alors, que faut-il penser d'un ministre donneur de leçons, comme il le fait souvent à l'Assemblée nationale, qui, en pleine affaire Woerth et ses conflits d'intérêts, va quémander des dons et des soutiens en changeant de casquette. Le jour je suis ministre, le soir je suis président d'Oxygène…
Lors de sa prestation télévisée récente, le président de la République a souhaité qu'une commission (il n'a donné aucun détail sur sa composition) réfléchisse aux moyens à mettre en œuvre pour éviter les conflits d'intérêts. Et si on faisait, tout simplement, appel à la moralité publique ?
Le Parti socialiste propose que lorsqu'un ministre ou un parlementaire est membre d'un parti (UMP, PS par exemple) il ne puisse appartenir à une autre formation. cela éviterait à la Commission des comptes de campagnes de signaler ce qu'elle considère comme un détournement de la loi : les dons des mêmes personnes physiques sont autorisés auprès de différents partis. « Nous avons astucieusement profité de la loi » déclarent les responsables de l'UMP. Il est donc temps de la changer.
15 juillet 2010
Véolia : épluchez vos factures
Avec Véolia, ça ne rigole pas. Sur ma facture de juillet, je découvre avec étonnement le prélèvement d'une somme de 12 euros correspondant à de soi disant impayés. Comme je n'ai pas l'habitude de ne pas payer mon eau, je me suis renseigné sur l'origine de cette somme. Il apparait qu'il s'agit d'une pénalité infligée pour retard de paiement après réception de la facture de décembre 2009. Retard de quelques jours.
Ayant été absent de Louviers pendant un certain temps, la facture est arrivée chez moi et est donc demeurée sans « réponse ». Revenu à mon domicile, j'attendais un rappel (comme le font tant de gens, semble-t-il) devenu, aujourd'hui, payant dès l'envoi originel. C'est du moins ce qu'on m'a déclaré au guichet de l'agence lovérienne de Véolia. Je n'ai pas souvenir d'avoir été informé préalablement de cette nouveauté et j'imagine que je ne suis pas le seul à la découvrir.
Ainsi, de manière unilatérale, Véolia fait payer 12 euros de frais (??) pour un retard de quelques jours sur une date arbitrairement fixée par l'opérateur choisi par la CASE. Que représente cette somme de 12 euros ? J'espère que quelqu'un pourra me répondre. Je ne me pose même pas la question de la légalité de cette amende forfaitaire appelée pudiquement « solde antérieur » et non imputée clairement. Quoique…
Je vous invite à lire avec la plus grande attention vos factures Véolia afin d'éviter les bien mauvaises surprises.
Ayant été absent de Louviers pendant un certain temps, la facture est arrivée chez moi et est donc demeurée sans « réponse ». Revenu à mon domicile, j'attendais un rappel (comme le font tant de gens, semble-t-il) devenu, aujourd'hui, payant dès l'envoi originel. C'est du moins ce qu'on m'a déclaré au guichet de l'agence lovérienne de Véolia. Je n'ai pas souvenir d'avoir été informé préalablement de cette nouveauté et j'imagine que je ne suis pas le seul à la découvrir.
Ainsi, de manière unilatérale, Véolia fait payer 12 euros de frais (??) pour un retard de quelques jours sur une date arbitrairement fixée par l'opérateur choisi par la CASE. Que représente cette somme de 12 euros ? J'espère que quelqu'un pourra me répondre. Je ne me pose même pas la question de la légalité de cette amende forfaitaire appelée pudiquement « solde antérieur » et non imputée clairement. Quoique…
Je vous invite à lire avec la plus grande attention vos factures Véolia afin d'éviter les bien mauvaises surprises.
14 juillet 2010
Une parcelle de la forêt de Compiègne à prix d'ami
José Alcala m'a mis en garde contre les accusations portées sur les conduites passées et présentes de M. Eric Woerth. Il a affirmé que le ministre du travail et anciennement du budget n'avait rien à se reprocher dans la conduite de plusieurs affaires fiscales. Vu de Vernon ou de Louviers, sans avoir accès au dossier, il est évidemment difficile de se faire une idée précise de ce que fit, ou pas, le ministre de Nicolas Sarkozy. J'avais quand même mis en garde José Alcala sur les révélations possibles eu égard aux comportements connus ou inconnus de l'ex-trésorier de l'UMP.
Outre que le site du Nouvel Observateur nous apprend que Mme Liliane Bettencourt a fait plusieurs chèques à diverses associations aboutissant tous dans les caisses de l'UMP, Le Canard enchaîné (encore lui, toujours lui) fait état cette semaine de la vente par l'Etat de gré à gré et sans appel d'offres d'une parcelle de 57 hectares de la forêt de la Compiègne à la société des courses de compiègne dont le président est également membre de « France Galop » dont l'épouse de M. Woerth est également adhérente. Cette vente a été officialisée six jours avant que M. Woerth ne quitte le ministère du budget. Il fallait faire fissa.
Le journal satirique insiste sur le prix d'ami octroyé par l'Etat à la société des courses de Compiègne puisque les 57 hectares auraient été cédés pour 2,5 millions d'euros alors qu'ils en valent dix fois plus au prix du marché. Le ministère se défend en assurant que la société était titulaire d'un bail, payait un loyer dérisoire…et qu'il aurait été difficile de trouver un autre acquéreur.
Tout de même, cela commence à faire beaucoup. Le conflit d'intérêt entre sa position de ministre du budget et sa fonction de trésorier de l'UMP est parue si évidente que le président a conseillé à M. Woerth de démissionner de son poste ce qu'il a fait dès hier. Tout comme son épouse avait démissionné il y a quelques jours de ses fonctions au sein de la société Clymène gérante des dividendes de Mme Bettencourt. Une dame bien gentille et bien généreuse puisque M. de Maistre, son confident financier a reçu un don de 5 millions d'euros (devant notaire) peut-être pour s'acheter un voilier de 21 mètres…Quand on aime la voile on ne compte pas.
C'est le raisonnement que tient Nicolas Sarkozy. Sur le bouclier fiscal, il ne lâchera rien car il se méfie autant de ceux « qui idolâtrent l'argent que de ceux qui le détestent ». Lui fait partie des gens qui l'aiment bien car il est décomplexé. Que l'Etat fasse un chèque de 30 millions d'euros à Mme Bettencourt au titre du fameux bouclier ne le gêne absolument pas. idem quand il repousse l'âge légal de la retraite à 62 ans et le taux plein à 67 ans…en 2018. Mais il s'agit, pour la plupart des futurs bénéficiaires, de millions de Français «ordinaires » qui n'ont que leur force de travail et des salaires modestes.
Je termine par une information intéressante. Le procureur Courroye (et non le juge Courroye) avait fait appel de la décision de la présidente du tribunal correctionnel de Nanterre qui souhaitait instruire plus avant l'affaire des écoutes chez Mme Bettencourt. La chambre d'appel de Versailles a autorisé, hier, la présidente à conduire ses investigations. Mme Prévost-Desprez peut se mettre au travail. Les 28 CD vont être écoutés et leur contenu disséqué. Qui sait où tout cela nous conduira ?
Outre que le site du Nouvel Observateur nous apprend que Mme Liliane Bettencourt a fait plusieurs chèques à diverses associations aboutissant tous dans les caisses de l'UMP, Le Canard enchaîné (encore lui, toujours lui) fait état cette semaine de la vente par l'Etat de gré à gré et sans appel d'offres d'une parcelle de 57 hectares de la forêt de la Compiègne à la société des courses de compiègne dont le président est également membre de « France Galop » dont l'épouse de M. Woerth est également adhérente. Cette vente a été officialisée six jours avant que M. Woerth ne quitte le ministère du budget. Il fallait faire fissa.
Le journal satirique insiste sur le prix d'ami octroyé par l'Etat à la société des courses de Compiègne puisque les 57 hectares auraient été cédés pour 2,5 millions d'euros alors qu'ils en valent dix fois plus au prix du marché. Le ministère se défend en assurant que la société était titulaire d'un bail, payait un loyer dérisoire…et qu'il aurait été difficile de trouver un autre acquéreur.
Tout de même, cela commence à faire beaucoup. Le conflit d'intérêt entre sa position de ministre du budget et sa fonction de trésorier de l'UMP est parue si évidente que le président a conseillé à M. Woerth de démissionner de son poste ce qu'il a fait dès hier. Tout comme son épouse avait démissionné il y a quelques jours de ses fonctions au sein de la société Clymène gérante des dividendes de Mme Bettencourt. Une dame bien gentille et bien généreuse puisque M. de Maistre, son confident financier a reçu un don de 5 millions d'euros (devant notaire) peut-être pour s'acheter un voilier de 21 mètres…Quand on aime la voile on ne compte pas.
C'est le raisonnement que tient Nicolas Sarkozy. Sur le bouclier fiscal, il ne lâchera rien car il se méfie autant de ceux « qui idolâtrent l'argent que de ceux qui le détestent ». Lui fait partie des gens qui l'aiment bien car il est décomplexé. Que l'Etat fasse un chèque de 30 millions d'euros à Mme Bettencourt au titre du fameux bouclier ne le gêne absolument pas. idem quand il repousse l'âge légal de la retraite à 62 ans et le taux plein à 67 ans…en 2018. Mais il s'agit, pour la plupart des futurs bénéficiaires, de millions de Français «ordinaires » qui n'ont que leur force de travail et des salaires modestes.
Je termine par une information intéressante. Le procureur Courroye (et non le juge Courroye) avait fait appel de la décision de la présidente du tribunal correctionnel de Nanterre qui souhaitait instruire plus avant l'affaire des écoutes chez Mme Bettencourt. La chambre d'appel de Versailles a autorisé, hier, la présidente à conduire ses investigations. Mme Prévost-Desprez peut se mettre au travail. Les 28 CD vont être écoutés et leur contenu disséqué. Qui sait où tout cela nous conduira ?
11 juillet 2010
Affaire Woerth-Bettencourt : Le rapport de l'IGF est cousu de fil blanc…
C'était prévu. C'est fait. L'inspection générale des finances assure ce dimanche qu'Eric Woerth n'est pas intervenu dans le dossier fiscal de Liliane Bettencourt. La belle affaire. J'ai écrit, hier, sur ce blog, que les conclusions de cette inspection seraient celles qu'elles sont. Comment pouvait-il en être autrement ? Quand le ministre du budget demande à des fonctionnaires sous ses ordres de conduire une « enquête » sur un ministre en exercice alors qu'une affaire d'Etat est peut-être en question, comment conclure autrement qu'en le blanchissant ?
Frédo et Dodo les deux porte-parole de l'UMP vont affirmer qu'Eric Woerth est intègre, qu'il était, bien sûr, le trésorier de l'UMP chargé d'aller à la chasse aux dons mais qu'en aucun cas il n'a mélangé ses casquettes. Qui peut les croire ? D'après les sondages, ce sont les personnes âgées qui continuent de soutenir Sarkozy et les siens. Les salariés, les classes moyennes et moins moyennes, les jeunes (chômeurs ou pas) ont une piètre opinion de ce gouvernement. Quand ils liront les mesures prévues à la rentrée (suppression de l'Allocation logement par exemple) ces derniers comprendront que la jeunesse n'a pas d'avenir avec Sarko. Et que les 30 millions remboursés à Mme Bettencourt au titre du bouclier fiscal sont le fruit d'un bien étrange privilège.
Et maintenant ? Il faut absolument dessaisir le juge Courroye de ses enquêtes préliminaires et désigner un ou des juges d'instruction. Il faut se montrer patients et attendre d'autres révélations, ce qui ne saurait tarder. Les 28 CD du majordome de Mme Bettencourt n'ont pas livré tous leurs secrets. Il faut aussi se réjouir de la victoire de la candidate d'Europe Ecologie dans une circonscription dite imprenable par la Gauche et longtemps détenue par Mme Boutin. Cette élection est un vrai avertissement pour le gouvernement et le président de la République. Réjouissons-nous.
Frédo et Dodo les deux porte-parole de l'UMP vont affirmer qu'Eric Woerth est intègre, qu'il était, bien sûr, le trésorier de l'UMP chargé d'aller à la chasse aux dons mais qu'en aucun cas il n'a mélangé ses casquettes. Qui peut les croire ? D'après les sondages, ce sont les personnes âgées qui continuent de soutenir Sarkozy et les siens. Les salariés, les classes moyennes et moins moyennes, les jeunes (chômeurs ou pas) ont une piètre opinion de ce gouvernement. Quand ils liront les mesures prévues à la rentrée (suppression de l'Allocation logement par exemple) ces derniers comprendront que la jeunesse n'a pas d'avenir avec Sarko. Et que les 30 millions remboursés à Mme Bettencourt au titre du bouclier fiscal sont le fruit d'un bien étrange privilège.
Et maintenant ? Il faut absolument dessaisir le juge Courroye de ses enquêtes préliminaires et désigner un ou des juges d'instruction. Il faut se montrer patients et attendre d'autres révélations, ce qui ne saurait tarder. Les 28 CD du majordome de Mme Bettencourt n'ont pas livré tous leurs secrets. Il faut aussi se réjouir de la victoire de la candidate d'Europe Ecologie dans une circonscription dite imprenable par la Gauche et longtemps détenue par Mme Boutin. Cette élection est un vrai avertissement pour le gouvernement et le président de la République. Réjouissons-nous.
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