4 décembre 2008

« De Sarkozy, par Sarkozy, pour Sarkozy…»

Laurent Fabius sur grand écran au congrès de Reims (photo JCH)
L
e Collectif baptisé «Libertés, Egalité, Justice» vient de se constituer qui promet « des initiatives pour s'opposer à la mise en oeuvre des préconisations du rapport telle que l'incarcération des mineurs à partir de 12 ans ainsi qu'au démantèlement déjà à l'oeuvre de la justice des mineurs ». Le collectif regroupe notamment la Ligue des droits de l'Homme, le Syndicat de la magistrature, l'association française des magistrats de la jeunesse et de la famille (l'AFMJF), le Syndicat des avocats de France (SAF), le syndicat étudiant UNEF, la CGT-pénitentiaire, la CGT-PJJ, le PCF, la LCR. J'espère que le Parti socialiste rejoindra très bientôt ce comité.

Une centaine d'experts de l'enfance ont, d'autre part, signé un manifeste intitulé « emprisonner n'est pas éduquer » lancé par le magazine PsychoEnfants (http://www.psychoenfants.fr). Le magazine et les experts veulent « attirer l'attention des pouvoirs publics sur les dangers d'un tout répressif, réaffirmer le rôle majeur de l'éducatif et souligner l'importance d'une réflexion approfondie sur la réalité psychologique de l'enfant ».

Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, a fait savoir, aujourd'hui, qu'elle était réservée sur l'incarcération possible des mineurs à partir de 12 ans. C'est simple, au gouvernement, vous avez les gentils et les méchants. Quand ils ont fini de se chamailler (ouverture des commerces le dimanche, agression contre les villepenistes, loi sur l'audiovisuel etc. etc.) le Président siffle la fin de la récréation et dit ce qu'il faut penser et faire. A Reims, L'aurent Fabius avait trouvé une superbe formule pour qualifier ce qui se passe à la tête de l'Etat : « La démocratie en France aujourd'hui, c'est le gouvernement de Sarkozy, par Sarkozy, pour Sarkozy. »


Nous pouvons faire reculer ce pouvoir cynique et liberticide

S'il faut descendre dans la rue pour défendre la liberté d'information à la télévision, comme les salariés de Tyco l'ont fait pour tenter de conserver leur emploi, nous appelerons les Français à protester contre les menaces sérieuses que fait peser le gouvernement actuel sur le pluralisme. (photo JCH)

Roger Karoutchi, ministre chargé des relations avec le Parlement et François Fillon, Premier ministre, ne l'ont pas caché. Pour écourter les débats à l'Assemblée nationale sur la réforme du paysage audiovisuel français, le gouvernement va utiliser l'une des procédures prévues par la Constitution et qui permet, par le vote bloqué ou l'application de l'article 49-3, d'imposer ses vues à une assemblée réticente.
Tous les députés socialistes, communistes, Verts, radicaux, sont opposés à cette réforme de la loi qui nous ramène 30 ans en arrière quand le gouvernement avait encore un ministre de l'information. Celui-ci ne se privait pas de faire pression sur les chaines de télévision et tentait d'orienter le contenu de l'information. Nicolas Sarkozy rêve d'avoir dans sa main les présidents des chaines publiques (puisqu'il les nommera lui-même) et aussi les responsables de l'information. En privé, les députés UMP affirment que « 80 % des journalistes des chaines publiques sont de gauche. » Ne cherchons pas ailleurs la volonté de mainmise du gouvernement sur France télévisions.
François Loncle, député de Louviers, est intervenu dans le débat pour affirmer que « des licenciements d'origine politique avaient eu lieu sur France 24 (la chaine internationale) et RFI (Radio France Internationale) ». Il s'est dit « très gêné que la directrice générale déléguée de France 24 soit l'épouse du ministre des affaires étrangères. » Ne nous leurrons pas. Le combat mené au Parlement par l'opposition de gauche n'est pas un combat d'arrière garde. Il s'agit de conserver un acquis extrêmement précieux, conforme à une démocratie adulte et respectueuse du pluralisme : une information libre et honnête ne dépendant que de la conscience des journalistes.
Réfléchissons un instant à ce que va devenir le Paysage audiovisuel français quand TF1 et M6 vont crouler sous les millions d'euros de publicité et quand France 2, France 3, et les autres vont dépendre des « bonnes » (ou des mauvaises) grâces de l'Etat pour obtenir des financements durables. Je suis d'accord avec ceux qui suggèrent de mener une campagne identique à celle qui fit reculer Dominique de Villepin sur le CPE. Par la mobilisation des parlementaires, des élus locaux, des Partis politiques (PS, PCF, Verts, PRG, MODEM) des Français sans parti mais attachés à un bien collectif précieux, nous pourrons faire reculer ce pouvoir cynique et liberticide.

Cuisson d'automne à la Galerie Complément d'objet


Jean-Paul Azais, "Cuisson d'Automne", du 6 décembre au 28 décembre, vernissage le samedi 6 décembre, Les Fiefs à Martot. Galerie Complément d'objet ouverte de 14h30 à 19 heures du jeudi au dimanche. Contact@denis-goudenhooft.com tel: 02 35 87 18 25

Le Parti socialiste est de retour

Les sondages n'ont que l'importance qu'on leur accorde. Et on n'a pas fini d'en connaître avec les élections européennes qui se profilent en juin prochain. Paris-Match vient de publier le premier sondage (sérieux ?) des intentions de vote au niveau national : le PS et l'UMP sont à 22 %, le MODEM à 12 %, les Verts de Daniel Cohn-Bendit et José Bové à 11 %, le NPA d'Olivier Besancenot à 8 %, le Front national à 7 %, le PC à 4 %, Le MPF à 3 %, les autres listes se partageant les miettes restantes.
Première remarque : comment accorder du crédit à un sondage national alors que les électeurs vont voter dans huit grandes régions avec des têtes de listes pas forcément très médiatiques excepté en Ile-de-France ?
Seconde remarque : les analystes prévoient que les Européennes risquent de servir de « défouloir » aux électeurs qui vont se permettre quelque fantaisie en pénalisant les grands partis de gouvernement de droite et de gauche.
Troisième remarque : le PS et l'UMP sont au coude à coude alors que Martine Aubry vient d'être désignée comme première secrétaire, que le Président de la République, le gouvernement, la majorité parlementaire occupent tous les écrans et monopolisent toutes les ondes. Laissons le temps à Martine Aubry de prendre ses marques, de nommer la direction du PS et de lancer une campagne qu'elle a annoncée comme décisive pour ce dernier.
Elle est celle qui a rassemblé sur sa motion les défenseurs du OUI et du NON sur le traité constitutionnel européen, elle est donc celle qui saura engager une campagne forte, sociale et moderne. Au diable les archaïques, les éléphants et autres amateurs de zoolâtrie, Le Parti socialiste est de retour.
(Photo Gérard Colombat, document personnel)

75 % des salariés obtiennent pourtant gain de cause devant le tribunal des Prud'hommes

Demande de renseignements au bureau d'information installé dans le gymnase Anatole France, rue Pampoule. (photo JCH)
La participation des salariés aux élections prud'homales a été faible. Avec 25,5 % de votants, les Français ne se sont pas bousculés aux urnes pour désigner les représentants syndicaux appelés à siéger au sein des tribunaux paritaires chargés de régler les conflits du travail. 50 % de ces conflits concernent les licenciements, 40 % des problèmes de salaires et 10 % d'affaires diverses. La justice prud'homale est une originalité française. Il est vraiment dommage que les salariés ne se soient pas investis dans ces élections surtout en cette période de crise économique et sociale. Les responsables de la CFDT ont mis en cause le manque d'informations nationales sur ces élections : « ce n'est pas deux jours avant le vote qu'il faut en parler, a assuré M. Chérèque, de la CFDT, c'est deux mois avant. »
Comme on peut malheureusement prévoir une augmentation sensible des plans sociaux, des suppressions d'emplois et donc des licenciements, une baisse de pouvoir d'achat donc une demande d'augmentation des salaires, les conflits vont sans doute croître en 2009. D'où la necessité de disposer de juges compétents, disponibles, capables de rendre une justice équitable et si possible pas trop tardive. Quand on sait que 75 % des salariés qui estent devant le tribunal des prud'hommes obtiennent gain de cause sur tout ou partie de leurs revendications, on se rend compte de l'importance de cette justice.
Au niveau national, la CGT progresse avec 33,8 % des suffrages, suivie de la CFDT qui baisse avec 22,1 % des voix. Le syndicat (plus protestataire) SUD voit son nombre de voix multiplié par deux pour atteindre 3,8 %.

3 décembre 2008

Les Prud'homales ne font pas recette

Les élections prud'homales avaient lieu aujourd'hui mercredi 3 décembre. A midi, 10 % des électeurs du collège salariés qui votaient au Gymnase Anatole France de la rue Pampoule (notre photo JCH) avaient rempli leur devoir électoral. Zahir Mechkour, ancien président salarié du tribunal de Louviers, regrettait cette faible participation dans une période de crise dont on aurait pu croire qu'elle mobiliserait les travailleurs en faveur des organisations syndicales représentatives. Il faut dire que les électeurs avaient le choix : CGT, CFDT, CFTC, CGC, SUD, UNSA etc. Le dépouillement était programmé à 18 heures, heure de fermeture des bureaux.

Entre quinze et vingt mineurs par an !

M. Varinard, l'auteur du rapport préconisant l'incarcération possible des jeunes à partir de l'âge de 12 ans, reconnaît que cette mesure ne concernerait que quinze à vingt mineurs par an ! Et on va changer la loi pour une infime minorité de délinquants pour lesquels des réponses éducatives positives doivent être recherchées dans le cadre des lois existantes ? L'ordonnance sur les mineurs a le mérite d'exister depuis 1945. Depuis, tous les gouvernements de droite et de gauche ont reconnu qu'il ne fallait surtout pas y toucher ! Que cherche Rachida Dati ? A faire parler d'elle ? C'est fait. A Complaire au président ? C'est trop tard. A conserver son poste de ministre ? N'en parlons plus.

62 % des sympathisants socialistes font confiance à Martine Aubry

Ce n'est qu'un sondage et il n'a que la valeur d'un sondage, une photographie instantanée à l'instant T, sans qu'on puisse tirer d'autre conclusion que celle-ci : une large majorité de sympathisants du Parti socialiste ont une bonne image de Martine Aubry. Ce n'est pas vraiment suprenant. Martine Aubry a laissé le souvenir d'une femme de conviction qui se bat, qui affirme ses valeurs, qui ne renonce pas, qui sait rassembler et agir collectivement.
Si j'osais je dirais qu'elle a des traits communs avec Barack Obama : l'intelligence, la sérénité, le sang-froid, la compétence, et il sait (la preuve vient d'être donnée par la composition des membres essentiels de son équipe) s'entourer de gens expérimentés et avisés.
Martine Aubry va affirmer sa ligne politique (rédigée après discussion avec Bertrand Delanoë et Benoit Hamon et une entrevue avec Ségolène Royal) et autour de cette ligne, constituer l'équipe appelée à mettre le PS en mouvement ou en ordre de marche, comme on veut. Déjà, à Madrid, Martine Aubry a fait forte impression sur l'ensemble des animateurs des partis socialistes et socio-démocrates européens en affichant sa fibre sociale et…européenne. Elle a été ovationnée. Comme dirait Bernard Tapie (une personnalité que je ne peux pas souffrir (1)) « J'étais à côté d'elle quand nous étions ministres de Pierre Bérégovoy. Elle n'arrête pas de travailler. Elle va en étonner plus d'un. » Pour l'ami de Sarkozy, on ne sait si c'est un compliment ou un truisme.

(1) J'ai rencontré Bernard Tapie une fois dans ma vie à l'occasion de son rachat de Wonder. Il est venu à Louviers tenir une conférence de presse expliquant comment l'usine aurait un avenir radieux tandis que Jean-Edern Hallier distribuait « l'Idiot International » aux portes de l'usine Saint-Jean. Quelques semaines après sa visite, Wonder fermait ses portes. Je retiens de Tapie son cynisme et son indifférence totale au sort des salariés Lovériens.

Rachida Dati et Michèle Alliot-Marie désavouées

François Fillon s'est dit choqué, hier à l'Assemblée nationale, par les conditions de l'interpellation de Vittorio de Filippis, le journaliste de Libération, ancien PDG, mis en cause dans une affaire de diffamation sur le site web du journal. Le président Nicolas Sarkoy a désavoué les ministres de la Justice et de l'Intérieur quelques heures après qu'elles ont affirmé que la procédure avait été respectée. Il est vrai que Rachida Dati et Michèle Alliot-Marie ne sont plus en odeur de sainteté et qu'elles seront vraisemblablement « virées » de leur ministère au prochain remaniement ministériel.

Tout de même, il est pour le moins étrange d'entendre des ministres responsables venir au secours d'une juge et de policiers zélés sortant le grand jeu avec arrestation d'un homme au petit matin devant deux enfants de 14 et 10 ans, menottage, double fouille au corps, passage par l'immonde dépôt du palais de justice de Paris, présentation devant le juge…d'un journaliste qui n'aurait pas obtempéré aux convocations du magistrat alors que numéro de téléphone et adresses des avocats du journal figurent en bonne place dans le dossier.
Cette affaire est, en plus, une histoire de corne-culs. Un internaute anonyme dont le message échappe au modérateur du site de Libération, publie un commentaire mettant en cause un certain M. Niel, lequel poursuit en diffamation le responsable juridique du site (le PDG du journal de l'époque) considéré par la loi comme l'auteur principal des propos lequel, trois ans après les faits, se retrouve à poil devant les gendarmes qui auscultent son rectum pour découvrir ce qu'il y cacherait avant de le présenter à un juge d'instruction qui n'instruit rien puisque la loi permet au mis en examen de garder le silence afin qu'il développe son argumentation au procès.

Comme l'a bien dit M. Filippis, notre confrère, « je n'étais pas inquiet parce que j'ai une carte de presse et que je savais qu'une caisse de résonnance me permettrait de faire savoir ce que je subissais. » Et tous ceux qui, par milliers chaque jour, sont interpellés, menottés, fouillés au corps…sans carte de presse ? C'est malheureusement le sort des anonymes, des oubliés, des victimes d'un système dans lequel la liberté individuelle est bafouée. Même les syndicats de policiers considèrent que l'application du code pénal est laissée à l'appréciation des magistrats et des policiers en fonction de la nature du délit et de la proportionnalité entre la peine encourue et les actes des autorités.

Nicolas Sarkozy annonce que la diffamation ne sera bientôt plus un délit et donc ne sera plus correctionnalisée. Je ne sais pas si c'est bien ou pas bien. La loi sur la presse de 1881 impose déjà de considérables garanties de protection pour les journalistes et les personnes mises en cause, rarement appliquées je le concède. Ce que je sais c'est que Rachida Dati avait promis de faire approuver un texte protégant les sources des journalistes, assurant que les perquisitions ne pourraient plus être conduites comme elles le sont aujourd'hui…paroles, paroles puisqu'on ne voit rien venir.

Un dernier mot : j'apprends que Jean-Luc Mélenchon, responsable du Parti de Gauche, vient de s'en prendre avec une certaine acrimonie à une journaliste de l'AFP qui a estimé le public présent à la création officielle de son parti à « un bon millier de personnes. » J.L. Mélenchon affirme qu'elles étaient 3000 ! Ce qui est manifestement exagéré. J.L. Mélenchon démarre mal. Il nous avait habitués à mieux.

Grand et beau moment pour le concert de la Sainte-Cécile

Photo Cécile Pauzat
Grand et beau moment samedi dernier au Grand Forum pour le concert de la Sainte-Cécile offert par l’école municipale de musique Maurice Duruflé que dirige Éric Boyer.
Devant une salle comble se sont successivement produits l’harmonie des débutants puis l’harmonie junior dirigées toutes deux par Christophe Lion, la chorale d’adultes dirigée par Lydia Morvan-Vincent, l’harmonie municipale dirigée par Éric Boyer, et enfin, réunis sous la baguette du même, l’harmonie municipale et la chorale d’adultes.
Musiciens, chanteurs et spectateurs ont communié dans l’amour commun qu’ils portent à la musique pour le bonheur de tous.
Prochains rendez-vous, toujours au Grand Forum, les mardi 16 et mercredi 17 décembre pour les traditionnels concerts de Noël dont je vous donnerai en temps utile le détail.