Robert Ménard. |
Le premier mouvement est le
bon. Pour tous en général et pour Robert Ménard en particulier. Le maire de Béziers,
spécialiste de la provocation, vient d’en remettre une couche en déclarant tout
de go dans une émission télévisée que les maires connaissent la composition des
élèves de chaque classe primaire ou maternelle et que, notamment, à Béziers
plus de 60 % d’entre eux sont musulmans. Par quel miracle est-ce possible ?
Il en tire la conclusion que
lorsque des « minorités religieuses » dominent les majorités, l’assimilation
devient impossible puisqu’évidemment à Béziers la ville est envahie par des
hordes d’étrangers. Il y aurait beaucoup à dire sur cette façon de s’exprimer
et de voir le monde. Il faut rappeler, tout d’abord, que Ménard est né en Algérie,
l’Algérie colonisée par les Français au 19e siècle, qu’il est un défenseur
de l’Algérie française et à trouvé malin de débaptiser un nom de rue pour
mettre à l’honneur un ancien membre de l’OAS, spécialisée dans la terreur et
les assassinats.
Ménard est, par ailleurs, un
compagnon de route du Front national dont il défend les idées et les cadres.
Comme les militants du FN, il n’a qu’une obsession : celle du grand
remplacement, thèse visant à faire accroire que demain, dans 20 ou 30 ans, les adeptes
de la Charia et les adorateurs du prophète dirigeront la France éternelle…tu
parles Charles…Martel ?
Aucun de ces fantasmes de
correspond aux réalités sociologiques et même ethniques. Voilà pourquoi le
recensement (j’ignore si un fichier a été créé en loucedé à Béziers mais une
enquête préliminaire est en cours) des enfants aux prénoms à consonance maghrébine
a pris une ampleur médiatique redoutable dans la mesure où loi pénale interdit tout
fichage en fonction des opinions politiques, des croyances religieuses ou
philosophiques. On est en France non ? Cette France que Ménard ne veut
plus voir ni supporter…qu’il la quitte s'il ne s’y plaît pas…
Mis en cause, Ménard a
effectué un superbe rétropédalage sous la forme d’une conférence de presse
destinée à le blanchir (si j’ose dire) niant tout fichier alors même que la
veille il avouait avoir fait procéder au récolement des listes de prénoms étrangers.
Ménard n’a donc pas le courage de ses opinions. C’est aussi à cela qu’on
reconnaît les hommes et les femmes de qualité. Qu’a-t-il craint ? Les
foudres de la justice ? La goutte qui fait déborder le vase ?
Aurait-il déjà atteint ses limites ?
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