5 novembre 2013

Nathalie Kociusko-Morizet empêtrée dans le partenariat Public-Privé de l'ecotaxe


J’ai déjà attiré l’attention des lecteurs de ce blog sur les principaux défauts et inconvénients des fameux partenariats public-privé (1). Les PPP. L’un des plus grands scandales de gestion approximative et coûteuse pour le contribuable est-il en train de voir le jour après l’analyse au plus près du contrat PPP passé pour la construction et le fonctionnement des portiques de l’écotaxe poids lourds ?
A en juger par la frilosité des ministres signataires du contrat entre l’Etat et la société Ecomouv qui ont bien du mal à accepter de répondre aux journalistes, j’ai l’impression qu’une commission d’enquête parlementaire ne serait pas de trop pour mettre au jour les détails d’un contrat très coûteux pour le contribuable mais très juteux pour les actionnaires de cette société.
D’après Nathalie Kociusko-Morizet, ancien ministre de l’environnement, signataire parmi les quatre ministres responsables, c’est Fillon le principal coupable ! Valérie Pécresse (budget) elle aussi responsable, est aux abonnés absents, Fillon, fidèle à son habitude, va dégager en touche. Reste en première ligne la pauvre NKM, en pleine campagne électorale à Paris, qui va devoir faire face à une bronca sévère eu égard à la dette de l’Etat.
 Dès la semaine dernière, la mission d’appui aux partenariats public-privé (PPP) avait tiré la sonnette d'alarme. Dans les grandes lignes, les experts estiment que l'Etat aurait pu passer par un marché public car il aurait coûté moins cher. Des interrogations se portent sur les conditions très avantageuses accordées au consortium privé conduit par l'italien Autostrade détenue par le groupe Benetton.
En principe, le consortium devait percevoir 250 millions d'euros (dont 20 millions de TVA) sur un rendement annuel de 1,2 milliard d'euros, soit près de 20%. Or, selon le rapport, les autres contrats public-privé rapportent en moyenne 2 à 3% par an... Aujourd'hui, délier cet accord coûterait un milliard d'euros sur un an à l'Etat, dont 800 millions à payer immédiatement explique de son côté le ministère des Transports.
Voilà donc une ancienne ministre donneuse de leçons notamment sur la gestion Delanoë, candidate à la mairie de Paris, empêtrée dans une convention plus que favorable aux intérêts privés. Avec ces Sarkozystes-là, rien ne nous étonne plus.
Tout de même, alors que la droite crie haro sur le baudet contre toutes les taxes et les impôts au point de dénaturer l’idée même des contributions nécessaires au fonctionnement des services d’intérêt général, il est intéressant de noter la responsabilité de ceux et celles qui ont privatisé les sociétés d’autoroutes (et les revenus mirobolants avec) et signé un contrat en or avec une boite privée d’ailleurs constituée pour l’occasion.
(1) le PPP passé pour la construction du nouveau ministère de la défense. Voir http://www.architectes.org/actualites/siege-de-la-defense-a-balard-un-bon-gros-ppp-que-du-bonheur

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Il n’est pas sans intérêt de souligner, comme l’a fait Jean-Luc Mélenchon sur son blog, que transférer à une personne ou un organisme privé la charge de collecter un impôt ou une taxe – depuis la Révolution française, privilège de l’État – n’est rien moins que la renaissance du système honni des fermiers généraux de l’Ancien régime, aboli à la Révolution.
Cette droite là, dont Nathalie Kosciusko-Morizet se réclame, est donc bien la droite la plus réactionnaire et la plus antirépublicaine qui soit. Cela, on ne le soulignera jamais assez.
Reynald Harlaut