6 juillet 2019

Du 11 au 14 juillet, le golf du Vaudreuil accueille les joueurs de la seconde division européenne dont de nombreux Français comme Grégory Havret ou Grégory Bourdy…


C’est devenu une bonne habitude. Chaque année en juillet, Jean-Claude Forestier et le golf du Vaudreuil accueillent une épreuve du Challenge tour, le seconde division européenne comptant pour la montée sur le tour européen. Sur les 156 joueurs admis à participer, on trouve quelques jeunes pleins d’ambition et des joueurs plus anciens qui n’ont pas pu conserver leur carte sur le tour majeur.
Dans la liste des joueurs engagés la semaine prochaine puisque le Challenge tour s’arrête au Vaudreuil les 11, 12, 13 et 14 juillet, on trouve les noms de Grégory Havret et Grégory Bourdy, plus habitués aux joutes de haut niveau, Antoine Rozner, actuellement premier au classement du Challenge tour et quasi assuré de monter en première division au soir de la saison actuelle. Si les Français seront présents en nombre (avec notamment le local Nicolas Maheut, membre du golf du Vaudreuil, toujours aspirant) il y aura aussi  pléthore de joueurs étrangers dont Chase Koepka, le frère du numéro 1 mondial, Brooks Koepka, lequel passa lui aussi par le Challenge tour avant de devenir ce qu’il est aujourd’hui.
D’ailleurs à regarder de plus près les listes des joueurs du tour américain ou du tour européen, on relève les noms de Aaron Rai, Ryan Fox, Andrew Johnson, Bee An, Mike Lorenzo Vera, Mathiew Fitzpatrick…tous joueurs de haut niveau passés par Le Vaudreuil soit vainqueurs, soit dans les dix premiers.

Que l’on soit golfeur ou pas, regarder ces joueurs taper leurs coups et adopter des stratégies de jeu renforce l’image du jeu de golf. Je sais bien que des clichés continuent de circuler autour de ce sport déjà dénoncés sur ce blog (sport de vieux, de riches, etc). Le golf favorisé par la Fédération française (1) est un vrai sport, bon pour la santé mentale et physique, accessible quand on est équipé avec un esprit judicieux et avisé, qui nécessite des qualités morales importantes eu égard aux résultats parfois surprenants dans le bon…et le moins bon. Le golf, au-delà de l’aspect purement compétitif, nécessite que l’on s’entraîne régulièrement si possible en s’appuyant sur les conseils de professionnels de qualité comme ceux qui exercent au Vaudreuil où Guillaume Biaugeaud, directeur, développe le site avec talent et compétence.

Cette année, le terrain a été préparé de longue date. La pousse des hautes herbes sera évidemment un critère de sélection dans la mesure où les espaces tondus ras ont été étroitisés. La chaleur annoncée et le soleil, donc, devraient favoriser le succès public de l’épreuve et la beauté des gestes de ces professionnels d’exception. Les personnes désirant donner un coup de main aux organisateurs le peuvent encore en téléphonant au golf du Vaudreuil (02 32 59 02 60).

(1) Le golf est un sport chronophage. Une partie dure entre 4 h 30 et 5 heures. Des compétitions six ou neuf trous (au lieu de 18) permettent d'accueillir des joueurs et des joueuses…plus pressé(e)s.

3 juillet 2019

Pendant la récolte du miel, les apiculteurs doivent être vigilants…et responsables


Sur la planche d'envol. ©Jean-Charles Houel
L’attaque par les abeilles de deux randonneurs ayant abouti à la mort de l’un d’eux et à de nombreuses piqures pour la seconde personne mérite quelques explications rationnelles. Si l’on s’en tient aux premiers éléments diffusés sur les radios et les chaines d’info télévisées, le couple aurait été agressé par des centaines d’abeilles lors de leur promenade sans qu’on sache les circonstances précises de cette attaque . On a entendu tout et son contraire comme si les abeilles pouvaient attaquer quelqu’un sans raison ! Et l’on reparle des abeilles tueuses par ci, des souches africaines par là, alors que la vérité me semble facile à déceler.
Les deux randonneurs passaient près d’un rucher où un apiculteur procédait à la récolte de son miel. Compte tenu de la canicule, de la disette vraisemblable dont sont actuellement victimes les abeilles, il y a fort à parier que celles-ci n’ont pas accepté facilement de se faire dépouiller de leur butin et ont développé une agressivité tout à fait habituelle en pareil cas. Les apiculteurs (dont je suis) connaissent les dangers consécutifs à la récolte du miel. L’environnement humain et animal risque des piqûres dans un rayon de quelques mètres autour des ruches. Il appartient donc à l’apiculteur de travailler près de ses ruches avec un maximum de sécurité, d’opportunité et de responsabilité. Les temps orageux sont néfastes. La récolte est un moment critique parfois d’où une vigilance redoublée. Il reste que tout apiculteur digne de ce nom doit s’assurer civilement pour tout événement lié à ses ruches. L’abeille est placée sous la responsabilité civile et pénale de son propriétaire quand il peut être identifié évidemment. En l’occurrence, le propriétaire des « essaims » agressifs (1) en cause est identifié. Il devra répondre des conséquences du comportement de ses abeilles.
J’ai entendu l’interview d’un apiculteur (le responsable ?) affirmant que le froid du printemps puis les températures élevées auraient troublé les abeilles. Soit. Ce n’est pas, selon moi, la raison principale de l’agression. Je persiste et je signe : la récolte par temps de disette nécessite bien des précautions. Il en va de la crédibilité des apiculteurs et surtout de l’image des abeilles qui n’ont vraiment pas besoin de passer pour des tueuses. Surtout quand d’autres (les pesticides, les agents infectieux, le varroa, le frelon asiatique…) se chargent de décimer les colonies. Enfin les journalistes devraient être plus prudents quand ils parlent de ce qu’ils ne connaissent pas. C’est un métier difficile. Avant d’informer le public, il faut soi-même apprendre et veiller à ne pas créer inutilement de climat anxiogène. Il reste qu’être piqué par une abeille ou une guêpe n’est pas agréable. Être piqué des dizaines, et à plus forte raison des centaines de fois, peut être mortel.

(1) Le mot essaim est utilisé à tort à travers. Il correspond à la grappe formée après qu’une vieille reine quitte sa ruche d’origine pour s’installer ailleurs avec la moitié de la population laissant place à une jeune reine. C’est le mode de reproduction naturelle des abeilles.

Municipales 2020 : les socialistes de l'Eure appelle à l'union et au rassemblement des forces de la gauche et des écologistes

Le bureau de la  fédération de l'Eure du Parti socialistes a adopté le texte suivant :
« Les enjeux des territoires, ce sont les enjeux de la République. Pour les socialistes, la liberté, l’égalité et la fraternité sont des vérités concrètes qui doivent se vivre au quotidien dans nos communes. Les traduire en actes appellent une offre de soins équilibrée, des commerces de proximité, un maillage dense en transports collectifs, une politique du logement solidaire et volontaire, des moyens à la hauteur pour les missions de police et de gendarmerie, des choix culturels et sportifs audacieux, un accès juste aux possibilités du numérique, un soutien résolu à l’emploi, au développement économique et à l’essentielle transition écologique. C’est aussi le respect pour le travail fondamental de ces sentinelles de la République que sont les élus locaux.

En mars 2020, les Euroises et les Eurois seront amenés à choisir un.e maire, les adjoint.e.s et les élus de leur commune. Dans notre département, l’engagement des socialistes est un socle précieux pour confirmer autant que pour conquérir des responsabilités locales. Dans une France où le scepticisme vis-à-vis de la démocratie nationale atteint des sommets, chaque jour, les socialistes aux responsabilités dans les communes euroises montrent quotidiennement que, pour nous, la politique ce sont avant tout des femmes et des hommes qui se dévouent pour le bien commun.

C’est dans ce cadre que la fédération de l’Eure du Parti socialiste invite à la constitution de listes d’union et de rassemblement des forces de la Gauche et des écologistes partout dans l’Eure. Dans chaque commune de notre département, nous appelons donc les élus, militants et sympathisants socialistes à être les fers de lance du rassemblement et des solutions du quotidien.

La cohérence entre des convictions et des actes fait la force et la crédibilité d’un collectif politique. Les socialistes seront fiers de pouvoir, au service des Euroises et des Eurois, en faire une nouvelle fois la démonstration. »

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1 juillet 2019

Sophie Ozanne (NPA) conteste mon point de vue sur le rôle de l'extrême gauche dans la politique municipale lovérienne


Sophie Ozanne interviewée par un journaliste régional. ©JCH
Suite à mon article sur les élections municipales de Louviers qui se préparent à gauche, j’ai développé un argument pas vraiment sympathique pour le NPA lovérien. Sophie Ozanne, que j’apprécie pour son courage moral et son obstination militante, n’est pas d’accord avec mon argumentation. Elle considère que les combats que nous avons menés ensemble justifieraient plus de compréhension voire de mansuétude à l’égard du courant d’extrême gauche auquel elle se voue corps et âme. Pendant longtemps, j’ai, professionnellement (au sein de la Dépêche) d’abord et en citoyen ensuite, cheminé de conserve avec le NPA. Bien des amis m’avaient mis en garde contre une forme de naïveté voire de candeur dans l’attitude que j’adoptais à l’égard de ses militants. Je la trouvais pourtant légitime et conforme au militantisme ordinaire d’un homme de gauche susceptible, un jour, de coopérer au pouvoir avec toutes les bonnes volontés. L’occasion s’est produite lors d’élections municipales à Louviers mais le NPA s’est empressé de rejeter toute forme de coopération municipale avec les socialistes si honnis (lire ci-dessous) si dangereux pour la classe ouvrière, si suppôts du libéralisme. La révolution, oui, le réformisme, non ! J’ai alors compris que les appels du NPA aux combats communs ne servaient qu’une cause : une forme de gauchisme vain n’acceptant ni le pouvoir ni les compromis nécessaires pour l’exercer sans aucune forme de dictature de la pensée. Il ne suffit pas de rejeter le capitalisme dans une économie mondialisée et une Europe intégrée pour se satisfaire d’une pureté idéologique. Avec ses 3000 militants encartés le NPA est un courant de pensée historique (Trostky) qui a eu son heure de gloire avec Alain Krivine et Olivier Besancenot. Mais l’un et l’autre, fermes sur leur intransigeance, n’ont jamais franchi le seuil du succès d’estime. La politique, c’est l’action pas le commentaire. Je n’ignore pas que les militants lovériens ont occupé les ronds points bien avant les gilets jaunes et  qu'au conseil municipal, ils ont posé de bonnes questions. Mais pour quels résultats ? Pour quelles politiques concrètes? Pour quel avenir commun ? Je pense avoir jaugé le comportement du NPA lovérien à des actes et non sous la forme de procès d'intentions comme le laisse entendre Sophie Ozanne.
Cela ne m’empêche pas de l'estimer (elle et Gérard Prévost). Et je publie volontiers sans aucune modification un point de vue dont les lecteurs seront les juges.

- Tu écris, Jean Charles : "on sait qu’il (le NPA) parvient (grâce à la famille et aux amis) à  monter une liste apte à capter les voix de l’extrême gauche". Je laisse de côté la petite vacherie glissée entre parenthèses, je soulignerai juste que, oui, c'est plus difficile pour nous de constituer une liste pour la bonne raison qu'il est plus difficile de s'afficher sur une liste du NPA quand on cherche du travail, qu'on a signé un CDD, qu'on travaille dans un secteur "sensible" (nucléaire...). Alors, oui, nous ne l'avons jamais caché, nous sollicitons les ami.e.s et la famille. Cela ne nous a jamais empêché d'avoir des candidats qui "tenaient la route". Rien qu'au conseil municipal, nous avons, Gérard, Philippe et moi, assuré un travail sérieux et constant. D'autre part, tu m'accorderas que les autres listes n'affichaient pas que des experts et des talents.

- Tu écris encore : "on sait bien que les sympathisants NPA ne votent pas aisément pour ceux qu’ils appellent les « social-traîtres »" Cela fait plus de 40 ans que je milite avec mes camarades de la LCR hier, du NPA aujourd'hui, et jamais je n'ai lu ou entendu l'expression "social-traitre". Elle est datée de l'après mai 68 où les groupes d'extrême gauche foisonnaient et rivalisaient en sectarisme et anathèmes. Alors, de grâce, adresse-nous des reproches actualisés.

- Sur les municipales à Louviers et les élections en général. Nous avons toujours dit que, pour nous, les élections n'étaient d'aucune utilité pour changer le système, objectif que nous défendons : sortir du capitalisme qui mène le monde à la ruine, au chaos, à la destruction de l'humanité. Le meilleur exemple de l'inutilité des élections est fourni par ton ancien parti, Jean Charles, le PS, qui avait réussi à conquérir presque toutes les institutions en 2012 : le gouvernement, l'Assemblée nationale et le Sénat, presque toutes les régions (sauf une), la plupart des grandes villes et des conseils généraux. A quoi cela a-t-il servi ?  A creuser encore davantage les écarts entre les très riches et les très pauvres, mais aussi à affaiblir les classes populaires et moyennes, comme le montrent bien Michel et Monique Pinçon Charlot. Hollande a conduit une politique dans la continuité de celle de Sarkozy qui a provoqué l'écœurement et l'abandon des classes populaires et le découragement pour beaucoup. Comme à chaque renoncement de la gauche, on  voit monter le FN : ce parti, comme tout parti fasciste, sait bien se faire passer pour le défenseur des "sans grade", et capter le vote de rejet de la classe politique dans son ensemble ("Sarkozy, Hollande, tous pareils"). Qui a oublié la loi El Khomri, véritable casse du code du travail qui ouvraient la porte aux lois Macron ? Qui a oublié Ennarda et la déchéance de nationalité ? Qui a oublié la loi Touraine sur les hôpitaux ? Qui a oublié la chasse aux migrant.e.s et le refus de traiter l'arrivée des réfugié.e.s de façon globale, européenne ? (l'Italie s'est retrouvée bien seule, et on voit le résultat aujourd'hui, Salvini est au pouvoir). Cette ligne politique désastreuse a été critiquée par certain.e.s au PS qui en sont sortis. Celles et ceux qui sont restés au PS ont choisi d'assumer cette politique. Voilà pourquoi aucun.e. militant.e du NPA ne peut s'allier avec des militant.e.s PS, aux municipales ou ailleurs.

Cela étant dit, nous participons aux élections, et pas que pour témoigner ou avoir une tribune, comme j'ai pu le lire sous ta plume. Les élections sont un temps politique important. Nous serions tout à fait capables d'être à la tête de la municipalité de Louviers. Nous dirions : "Nous sommes la gauche qui lutte, l'écologie qui se bat, mais on ne fera aucun miracle, prenons nos affaires en main, tous et toutes ensemble ! ". La réalité rattrape très vite les élu.e.s qui ont des programmes prometteurs, alléchants, sincères parfois. Les vrais dirigeants du monde, les décideurs, ne sont pas les élu.e.s, ce sont les dirigeants des grandes firmes industrielles et bancaires qui imposent leurs règles. Qui le dit ?
Nous n'affichons jamais : "voter pour nous et la vie sera merveilleuse après, car nous avons le programme qu'il vous faut".
Car, sur le plan municipal, on sait bien que 80% du budget représentent des dépenses incompressibles (salaires des employés, chauffage, électricité, écoles...). Donc les intentions électorales ne portent que sur les 20% restant. Il faut le dire. Ces 20% concentrent les intentions politiques d'une municipalité et ses choix : des maisons des jeunes ou une patinoire par exemple.

J'aurais d'autres remarques à te faire, d'autres réflexions à partager, mais je vais arrêter. Je suis prête à poursuivre la discussion, si tu acceptes de nous faire les reproches qui viennent de nos écrits, nos paroles ou nos actes. On a milité ensemble dans une association pour le retour en régie publique de l'eau, tu nous connais. On a des divergences de fond, c'est respectable, c'est le débat démocratique. A bientôt. » 

29 juin 2019

Graves incidents devant le commissariat de Val-de-Reuil : la mairie conteste l'emballement médiatique qui nuit à l'image de la ville


Thomas Toutain, directeur de la communication de Val-de-Reuil nous communique la réaction de la Ville de Val-de-Reuil suite à l’incident limité survenu devant le Commissariat de cette ville dans la nuit du jeudi 27 au vendredi 28 juin 2019 et qui donne lieu « depuis 48 heures aux exagérations et aux interprétations les plus fantaisistes. »
 
« Un incident limité et, hélas, devenu banal quand la chaleur de l’été amène les jeunes à rester dans la rue, survenu devant le commissariat de Val-de-Reuil, dans la nuit du jeudi 27 au vendredi 28 juin 2019, donne lieu depuis 48 heures aux exagérations et aux interprétations les plus fantaisistes. Intoxication, rumeurs et fake news, il n’est pas très difficile d'en démonter les mécanismes et d’expliquer les buts poursuivis par cette déformation sans précédent.

Acte 1 : après avoir vu dans un des cafés de la Ville, le match de football de la coupe africaine des nations, qui a vu l’Algérie battre par un but d’écart, un petit groupe de jeunes en cours d’identification et d'interpellation, parfaitement connus des services de la Ville, comme de ceux de la police, se dirigent vers le commissariat de Val-de-Reuil, chaussée du parc, vers 2 heures du matin. Leur activité est suivie, non par le commissariat, mais par les caméras de la Ville (visionnées par le Maire avant d’en transmettre les images aux services de police). Sept d’entre eux, vers 2h15, décident de jeter, à une distance d’une vingtaine de mètres, des pétards et des mortiers d’artifice (et non des mortiers de guerre...) volés à Evreux deux jours auparavant, probablement par des voyous locaux qui les leur ont revendus, sur la façade du commissariat. A l’intérieur de celui-ci, il n'y a pour assurer la sécurité des 100.000 habitants de l’agglomération que 5 fonctionnaires. Ils se déploient autour du bâtiment pour le protéger. Le petit groupe de jeunes n’est présent que sur un seul côté face à deux agents qu’une distance jamais inférieure à 15 mètres et une grille séparent d'eux. Le groupe se disperse et revient vers 2h30 du matin plus nombreux (environ une quinzaine) âgés de 12 à 18 ans, encapuchonnés plus que cagoules, parfois reconnaissables, pour reprendre jets de pierre et pétards. Deux fonctionnaires, venus de la BAC d’Evreux, prêtent alors main forte aux deux agents présents sur le côté du bâtiment pour disperser les jeunes. Ils disposent de flashbacks dont ils ne feront pas usage. Les jeunes rentrent chez eux. Il est trois heures du matin. Le commissaire de police, prévenu par les fonctionnaires de garde, en rend compte au Maire. Le bilan de l’incident est d’une vitre cassée. Des cailloux ramassés laissent apparaitre des ADN qui vont être exploités. L’affaire est close. La nuit suivante, il ne se passe rien. 

Acte 2 : avec la sous-préfète des Andelys, le maire se rend au commissariat le lendemain matin. Aucun des fonctionnaires présents au cours de la nuit n’est présent, ce qui est normal puisqu’ils sont au repos. Une femme, la numéro 2 du poste, paraît cependant passablement fébrile. Elle croit « avoir entendu quelqu’un lui dire que quelqu’un a entendu quelqu’un dire les mots Allah Akhbar », mais, sous les regards sceptiques de ses subordonnés, n’insiste pas. Il lui est expliqué qu’il y a à peu près la même relation entre les jeunes suspectés et le radicalisme qu’entre Ben Laden et le Lido de Paris. Le fond du problème apparaît alors. Des syndicalistes de police ont rejoint leurs collègues et décrivent la situation du commissariat de Val-de-Reuil : un commissaire remarquable qui s’en va à Rouen, peu de cadres, 50% des effectifs manquant, une CAP qui s’est déroulée dans la semaine et a conclu à 30 départs pour 0 arrivée au commissariat. Si une situation semble explosive, c’est bien la situation sociale. Chacun comprend que l’incident va être amplifié et utilisé pour témoigner de la grande misère de la police d’une des quatre grandes villes de l’Eure. Le Préfet, contacté par le Maire, promet des renforts pour effectuer les missions dévolues au commissariat et des effectifs supplémentaires sont en effet dépêchés la nuit suivante où, comme à l’accoutumée, il ne se passe rien.

Acte 3 : les syndicalistes alertent la presse et, ce qui est compréhensible, présentent leur version apocalyptique de l’incident sans en fournir aucune des clefs. Les correspondants des deux journaux locaux reprennent l’information sans contacter qui que ce soit, ni voir les images. La nouvelle, grossie, déformée, se répand sur Internet. Elle est reprise de façon très « politique » sur lefigaro.net. Des milliers de commentaires haineux ou naïfs accompagnent ces publications. La fake news est lancée. Au mieux, pour ces diffuseurs, pourra-t-elle entrainer des incidents avec les mêmes jeunes flattés d’être ainsi considérés, pour trois cailloux, à l’échelle nationale. La boucle sera bouclée.

L’information est devenue en 24 heures désinformation. La rumeur peut se répandre. Il n’y a qu’une seule victime de cette conjonction de ragots et de bobards : une Ville de l’Eure dont les statistiques d’amélioration de la sécurité sont les meilleures du département. Que cela serve au moins à ce que le commissariat de Val-de-Reuil/Louviers retrouve des effectifs adaptés à ses missions. C’est la vérité qu’il fallait rétablir. »

28 juin 2019

Trois réflexions au débotté : les municipales (à gauche) à Louviers, Mélenchon en correctionnelle, Sarkozy règle ses comptes


Les municipales se préparent à Louviers
N’en déplaise à certains, je n’ai pas encore choisi la liste des candidat(e)s que je soutiendrai lors des prochaines élections municipales à Louviers. Une chose est établie : je ne me désintéresse pas du sort de ce scrutin, j’aimerais que la gauche, ou du moins ce qu’il en reste, se présente en possible vainqueur ce qui, il faut bien le reconnaître, apparaît aujourd’hui comme purement utopique.
Nul n’ignore plus que quelques listes sont en cours de constitution. Rien ne dit, bien sûr, qu’elles iront au bout de leur intention. « Changer Louviers » a déjà annoncé la couleur et diffusé le contenu d’un programme en cinquante points dont certains sont frappés au coin de la démocratie directe sous l’effet de la présence d’Ingrid Levavasseur dont j’avais évoqué les ambitions personnelles et collectives sur ce blog.
Lors de la présentation de ce programme, plusieurs membres d’autres listes en gestation étaient présents. Alexis Fraisse (EELV) notamment, actuellement conseiller municipal suggère la formation d’une liste écologiste pur jus. 33 noms, hommes et femmes, ce n’est pas simple. Diego Ortega, auquel il faut sans doute adjoindre Olivier Taconet (radical de gauche) souhaite concourir sous ses propres couleurs jusqu’à ce que la raison l’emporte et qu’il parvienne à unir des forces aujourd’hui dispersées. Hacen Mohammedi, que je ne connais pas mais dont une amie me dit le plus grand bien, a d’abord précisé qu’il n’y aurait pas d’accord avec les autres postulants de gauche ! Pour lui, semble-t-il (1), certains sont des poissons pilotes du PS ou de Marc-Antoine Jamet, d’autres des individus animés par des ambitions essentiellement individuelles. Rien n’est figé et pendant les mois à venir, l’eau continuera de couler sous les ponts de Louviers…apportant sagesse et distance aux élans originels.
FX Priollaud a fait une courte apparition lors de la visite de Nicole Belloubet.
Si je peux donner un conseil à tous ces candidats potentiels, c’est que le vote de mars 2020, n’aura rien à voir avec celui des Européennes. Les logiques locales ne répondent pas aux critères nationaux et le référendum anti-Macron dont s’est repu le FN ne fonctionnera qu’à la marge. D’autant plus qu’à Louviers, François-Xavier Priollaud (MODEM) n’a pas montré un dynamisme exceptionnel dans le soutien à la liste que conduisait Nathalie Loiseau (LREM). Il est vrai qu’il a à ses côtés des membres du Parti « Les républicains » qu’il doit ménager pour composer une future majorité de… renouvellement.
Louviers a aussi ses spécificités. Même si le NPA n’a pas la forme olympique au niveau national, on sait qu’il parvient (grâce à la famille et aux amis) à  monter une liste apte à capter les voix de l’extrême gauche, toujours forte dans notre ville. Ce serait encore cela en moins pour la gauche réformiste même si on sait bien que les sympathisants NPA ne votent pas aisément pour ceux qu’ils appellent les « social-traîtres ».

Jean-Luc Mélenchon en correctionnelle
Jean-Luc Mélenchon va devoir affronter le tribunal correctionnel. Lors de la perquisition conduite par des magistrats du parquet et des officiers de police judiciaires au siège de la France Insoumise, le député de Marseille s’en était pris avec une violence verbale inouïe aux magistrats et forces de l’ordre. La perquisition était conduite dans l’affaire des emplois d’attachés parlementaires européens soupçonnés de travailler pour le mouvement plus que pour les élus ! La justice s’intéresse également à des pratiques similaires au RN et au MODEM.
On avait tous été frappés par les cris et les « gestes » de Jean-Luc Mélenchon qui est poursuivi en citation directe (avec quelques autres élus de LFI) par le parquet de Bobigny pour actes d'intimidation contre l'autorité judiciaire, rébellion et provocation. Ils comparaîtront donc devant des juges de la même ville les 19 et 20 septembre. Comme l’information est parue dans un grand magazine avant que les élus de LFI soient eux-mêmes informés, JLM invoque la grande collusion entre justice, police et politique…mais les faits restent les faits et je suis certain (pas tout seul à le penser) que cette perquisition et ces incidents ont joué un grand rôle dans l’abaissement de l’influence de Jean-Luc Mélenchon. Ce jour là il avait le visage de la colère et de la haine !

Sarkozy règle ses comptes
Dans son dernier livre (écrit par lui ?) Nicolas Sarkozy règle des comptes avec ses amis et ses adversaires politiques. François Fillon appréciera le jugement que porte sur lui celui qui l’appelait « mon collaborateur. » L’ancien président reconnaît qu’il a été surpris par un homme sombre, cachotier et retors. Ségolène Royal quant à elle n’est pas non plus épargnée. Sarkozy n’y va pas de main morte en la qualifiant d’incompétente. Mais, pire, il affirme aussi qu’elle ne connaissait pas ses dossiers et qu’elle ne les comprenait pas.

Ségolène Royal, touchée, a réagi sur Twitter. Elle rappelle que les cadres du Parti socialistes — les éléphants — ne l’ont pas soutenu pendant la campagne électorale et lui ont savonné la planche régulièrement. On a tous en tête la fameuse phrase de Laurent Fabius qui, à l’annonce la candidature de Ségolène Royal avait osé déclarer : « mais qui va garder les enfants ? » Pour elle, il n’est pas surprenant que des hommes de gauche et de droite s’unissent dans le sexisme puisqu’il s’agit bien de cela. Pascal Praud, sur RTL, considère que les femmes politiques doivent accepter la critique. Certes, mais quand on les attaque sur leurs facultés intellectuelles ou leur compétence (alors que Ségolène est bardée de diplômes et pétrie d’expérience gouvernementale) on ne doit pas laisser passer ces agressions regrettables.
(1) Comme je l'ai écrit, je confirme ne pas connaître Hacen Mohamedi. Je ne l'ai pas rencontré non plus. On me signale que la formule « selon lui » est donc exagérée ce que je reconnais bien volontiers. Même si j'ai ajouté « semble-t-il », mon affirmation dépasse sans doute la pensée de la tête de liste potentielle d'une des listes de gauche à Louviers. Seconde précision : ces personnes animées des meilleures intentions n'ont aucune prévention à l'égard des socialistes. C'est dit et écrit.
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18 juin 2019

Le mendésisme n'a pas livré tous ses secrets. La page internationale de son histoire reste à écrire

André Azoulay.©JCH
André Azoulay, président de l’Institut Pierre Mendès France et Jean-Pierre Rioux, Inspecteur général de l’Education nationale (et historien) sont d’accord sur un point : il faudra bien un jour, organiser un colloque sur Pierre Mendès France et son ouverture au monde. En introduction et conclusion du colloque organisé, lundi, à l’Assemblée nationale à l’occasion du 65e anniversaire de la constitution du gouvernement Mendès France en 1954, les deux orateurs ont constaté que l’aura de PMF dépassait largement le cadre hexagonal. Non pas seulement celle de sa personne (rayonnante comme on sait) mais celles de ses leçons politiques et de sa pratique du pouvoir érigées en modernité. Pierre Mendès France, au FMI, à la Banque mondiale, au gouvernement, a toujours considéré que la France, l’Europe, l’Asie, le Moyen Orient, les Amériques, ne faisaient qu’un et qu’un dirigeant responsable ne pouvait se recroqueviller sur son pré carré…fût-il hexagonal ! En homme des Lumières, PMF imaginait un monde de paix, d’échanges et de droits de l’homme universellement respectés.

La parole mendésiste
Le colloque d’hier était consacré à « la parole mendésiste » tout au long de sa vie jusqu’en 1982. Pierre Mendès France a parlé aux Français en utilisant toute la palette des moyens de diffusion de son époque. Ses interventions radiodiffusées (ex : les radioscopies de Jacques Chancel), ses émissions de télévision (exemples : face à face, A armes égales…) ses débats mémorables (avec Michel Debré, Georges Pompidou et Alexandre Sanguinetti notamment) ses livres, ses lettres, ses discours, autant de médias que Pierre Mendès France utilisa avec compétence et succès pour n’atteindre qu’un objectif : bien informer les Français pour qu’ils comprennent les politiques conduites ou souhaitées et, qui sait, les convaincre de le suivre sur le chemin qu’il proposait.

PMF était un débatteur redoutable.©JCH
Ses causeries du samedi soir (débutées en 1944) nous avons été des centaines de milliers (de 1954 à 1955) à les écouter même quand il parlait de Genève au cours de la grande négociation qui allait aboutir à la fin de la guerre d’Indochine. Que nous disait-il ? Avec simplicité, pédagogie, conviction, PMF expliquait ses choix, ses projets pour que les citoyens acceptent, sinon des sacrifices, du moins certains efforts pour que l’intérêt général (l’investissement, une faible inflation, la recherche, l’éducation, le social, etc.) soit toujours supérieur aux intérêts particuliers. Il croyait au plan, non par idéologie mais par efficacité. Pour lui le mot Etat n’était pas un gros mot. PMF était donc très éloigné d’un système marxiste, pur et dur, il privilégiait le Keynésianisme si cher à Georges Boris, son ami de toujours et conseiller le plus proche.

Une intelligence supérieure
Des différentes lectures et extraits d’émissions télévisées choisies par les conférencier(e)s hier, les images sélectionnées par Manuela Dubessy, documentaliste à l’INA, nous montrent un PMF d’une intelligence supérieure, d’une vivacité d’esprit redoutable pour ses adversaires d’un soir ou ses intervieweurs amicaux. Pierre Mendès France était la séduction même induite par ses compétences, ses capacités et aussi, reconnaissons le, son intransigeance qui en faisait un personnage unique parmi tant d’autres. Si lui avait raison, économiquement parlant, certains autres, même à gauche par facilité et une certaine lâcheté aussi, se glorifiaient politiquement.

Françoise Chapron.©JCH
Françoise Chapron, attachée scientifique de l’Institut PMF et Vivien Richard, conservateur du patrimoine aux Archives nationales ont frappé l’auditoire tant les archives privées et publiques (lettres, notes, épreuves…) sont importantes en volume et sans doute en contenu pour les milliers de pages non encore étudiées ou inventoriées. Le Lovérien Christophe Lombard a ainsi recensé la majorité des archives conservées dans la ville dont PMF fut maire. Elles nécessiteraient qu’un étudiant de master (ou plusieurs) accepte d’éplucher les documents encore inconnus mais porteurs, sans doute, de belles surprises. PMF, généalogiste, très attaché à ses racines portugaises et fidèle à un judaïsme laïc, a lui-même classé avec méthode ses archives privées. Pour le reste, la famille Mendés France dont Joan, épouse de Michel, Tristan et Margot, leurs enfants, veille avec rigueur sur des documents dont ils possèdent le droit moral et donc l’octroi du droit de consultation.

 L'Express au service de PMF
On ne le sait sans doute pas suffisamment mais Pierre Mendès France fut un « grand » homme de presse. Françoise Giroud et Jean-Jacques Servan-Schreiber ont lancé avec ses conseils « l’Express » (1) magazine qui, s’il existe toujours, a considérablement modifié son orientation. Le magazine devait servir de tremplin vers le pouvoir, ce que les circonstances (la guerre d’Algérie) et le choix de Guy Mollet (par René Coty) pour la présidence du Conseil en 1956 empêchèrent. Présent au premier rang des invités, Lakhdar Brahimi, ne comprend toujours pas pourquoi la victoire des mendésistes aux élections de 1956 n’a pas permis à PMF de retrouver la présidence du Conseil : « peut-être, constate-t-il avec regret, le sort de l’Algérie et les relations entre la France et ce pays auraient-ils été très différents. » PMF n’était-il pas l’un des premiers décolonisateurs ? Non seulement il avait ramené la paix en Indochine (et les hommes en France qui mouraient là-bas) mais il avait conduit la Tunisie vers l’indépendance et aidé à mettre fin au protectorat au Maroc. A l’évidence, Pierre Mendès France n’aurait pas laissé au général De Gaulle le soin de prendre le pouvoir le 13 mai 1958 (comme l’on sait) mais il aurait, lui le partisan du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, rapidement compris que seule l’indépendance de l’Algérie devenait possible. Ajoutons l’édition des « Cahiers de la République » dont Emeric Bréhier, ancien député, connaît l’histoire sur le bout des ongles. De la splendeur des années soixante aux contradictions des années soixante-trois au moment choisi par Laurence Soudet (présente hier) et PMF pour relancer les Cahiers…quelle histoire !

Robert Frank (à gauche) et Jean-Pierre Rioux.
PMF ne fut jamais vraiment un homme de parti. S’il admettait sa nécessité, il considérait qu’adhérer à un parti n’était pas suffisant. D’où sa méfiance à l’égard de la proportionnelle et sa préférence pour le scrutin d’arrondissement. Comment imaginer autrement, en effet, le lien entre l’élu et l’électeur(trice) si le territoire, l’espace de vie et de communication, est supprimé entre le mandant et le mandataire. Ce qu’affirmait PMF : « Le premier devoir du porte-parole du peuple, à quelque degré de la hiérarchie qu’il se situe, consiste à maintenir le dialogue avec ses mandants aussi franc, aussi constant que possible. »Il ajoutait : « un démocrate est d’abord un homme qui ne cesse de soumettre à l’opinion publique, de la manière la plus claire, la plus complète, la moins démagogique, les problèmes qui se posent et les solutions qu’il croit devoir défendre. »A l’heure des fake-news, des mensonges, de la démagogie triomphante, « il est juste et sain » comme dirait Mélenchon, d’entendre la parole d’un démocrate authentique dont personne ne peut nier ni la sincérité ni la recherche constante de la vérité.

Christian Delporte, professeur à l’Université de Versailles-Saint-Quentin, avait la charge de clore les interventions savantes. Il l’a fait avec brio, détaillant par le menu ces fameuses causeries du samedi soir, calquées sur Roosevelt, le vrai inventeur de la formule. PMF restera, quoiqu’il en soit, le promoteur français de cette démocratie participative (on l’appellerait ainsi aujourd’hui) qu’il inspira à Louviers où le Comité d’Action de Gauche du docteur Martin (2) prit le pouvoir en 1965 sur des bases programmatiques assurément (pas totalement) mendésistes.
Après l’important succès de ce colloque, le conseil d’administration de l’Institut Pierre Mendès France doit se pencher sur de nouveaux projets toujours fondés sur l’action et la pensée mendésistes. L’ouverture au monde — introduction de ce billet — de l’ancien président du Conseil de la République serait un thème excellent : national autant qu’international. L’histoire du Mendésisme est loin d’être terminée.

(1) Et ce n’est pas Jean Daniel et le Nouvel observateur qui y trouveront malice. Ce journal fut toujours très favorable à Pierre Mendès France et à la gauche réformiste.
(2) Lire « La politique à la ville » d’Hélène Hatzfeld. Edité aux PUR.



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