29 juin 2019

Graves incidents devant le commissariat de Val-de-Reuil : la mairie conteste l'emballement médiatique qui nuit à l'image de la ville


Thomas Toutain, directeur de la communication de Val-de-Reuil nous communique la réaction de la Ville de Val-de-Reuil suite à l’incident limité survenu devant le Commissariat de cette ville dans la nuit du jeudi 27 au vendredi 28 juin 2019 et qui donne lieu « depuis 48 heures aux exagérations et aux interprétations les plus fantaisistes. »
 
« Un incident limité et, hélas, devenu banal quand la chaleur de l’été amène les jeunes à rester dans la rue, survenu devant le commissariat de Val-de-Reuil, dans la nuit du jeudi 27 au vendredi 28 juin 2019, donne lieu depuis 48 heures aux exagérations et aux interprétations les plus fantaisistes. Intoxication, rumeurs et fake news, il n’est pas très difficile d'en démonter les mécanismes et d’expliquer les buts poursuivis par cette déformation sans précédent.

Acte 1 : après avoir vu dans un des cafés de la Ville, le match de football de la coupe africaine des nations, qui a vu l’Algérie battre par un but d’écart, un petit groupe de jeunes en cours d’identification et d'interpellation, parfaitement connus des services de la Ville, comme de ceux de la police, se dirigent vers le commissariat de Val-de-Reuil, chaussée du parc, vers 2 heures du matin. Leur activité est suivie, non par le commissariat, mais par les caméras de la Ville (visionnées par le Maire avant d’en transmettre les images aux services de police). Sept d’entre eux, vers 2h15, décident de jeter, à une distance d’une vingtaine de mètres, des pétards et des mortiers d’artifice (et non des mortiers de guerre...) volés à Evreux deux jours auparavant, probablement par des voyous locaux qui les leur ont revendus, sur la façade du commissariat. A l’intérieur de celui-ci, il n'y a pour assurer la sécurité des 100.000 habitants de l’agglomération que 5 fonctionnaires. Ils se déploient autour du bâtiment pour le protéger. Le petit groupe de jeunes n’est présent que sur un seul côté face à deux agents qu’une distance jamais inférieure à 15 mètres et une grille séparent d'eux. Le groupe se disperse et revient vers 2h30 du matin plus nombreux (environ une quinzaine) âgés de 12 à 18 ans, encapuchonnés plus que cagoules, parfois reconnaissables, pour reprendre jets de pierre et pétards. Deux fonctionnaires, venus de la BAC d’Evreux, prêtent alors main forte aux deux agents présents sur le côté du bâtiment pour disperser les jeunes. Ils disposent de flashbacks dont ils ne feront pas usage. Les jeunes rentrent chez eux. Il est trois heures du matin. Le commissaire de police, prévenu par les fonctionnaires de garde, en rend compte au Maire. Le bilan de l’incident est d’une vitre cassée. Des cailloux ramassés laissent apparaitre des ADN qui vont être exploités. L’affaire est close. La nuit suivante, il ne se passe rien. 

Acte 2 : avec la sous-préfète des Andelys, le maire se rend au commissariat le lendemain matin. Aucun des fonctionnaires présents au cours de la nuit n’est présent, ce qui est normal puisqu’ils sont au repos. Une femme, la numéro 2 du poste, paraît cependant passablement fébrile. Elle croit « avoir entendu quelqu’un lui dire que quelqu’un a entendu quelqu’un dire les mots Allah Akhbar », mais, sous les regards sceptiques de ses subordonnés, n’insiste pas. Il lui est expliqué qu’il y a à peu près la même relation entre les jeunes suspectés et le radicalisme qu’entre Ben Laden et le Lido de Paris. Le fond du problème apparaît alors. Des syndicalistes de police ont rejoint leurs collègues et décrivent la situation du commissariat de Val-de-Reuil : un commissaire remarquable qui s’en va à Rouen, peu de cadres, 50% des effectifs manquant, une CAP qui s’est déroulée dans la semaine et a conclu à 30 départs pour 0 arrivée au commissariat. Si une situation semble explosive, c’est bien la situation sociale. Chacun comprend que l’incident va être amplifié et utilisé pour témoigner de la grande misère de la police d’une des quatre grandes villes de l’Eure. Le Préfet, contacté par le Maire, promet des renforts pour effectuer les missions dévolues au commissariat et des effectifs supplémentaires sont en effet dépêchés la nuit suivante où, comme à l’accoutumée, il ne se passe rien.

Acte 3 : les syndicalistes alertent la presse et, ce qui est compréhensible, présentent leur version apocalyptique de l’incident sans en fournir aucune des clefs. Les correspondants des deux journaux locaux reprennent l’information sans contacter qui que ce soit, ni voir les images. La nouvelle, grossie, déformée, se répand sur Internet. Elle est reprise de façon très « politique » sur lefigaro.net. Des milliers de commentaires haineux ou naïfs accompagnent ces publications. La fake news est lancée. Au mieux, pour ces diffuseurs, pourra-t-elle entrainer des incidents avec les mêmes jeunes flattés d’être ainsi considérés, pour trois cailloux, à l’échelle nationale. La boucle sera bouclée.

L’information est devenue en 24 heures désinformation. La rumeur peut se répandre. Il n’y a qu’une seule victime de cette conjonction de ragots et de bobards : une Ville de l’Eure dont les statistiques d’amélioration de la sécurité sont les meilleures du département. Que cela serve au moins à ce que le commissariat de Val-de-Reuil/Louviers retrouve des effectifs adaptés à ses missions. C’est la vérité qu’il fallait rétablir. »

28 juin 2019

Trois réflexions au débotté : les municipales (à gauche) à Louviers, Mélenchon en correctionnelle, Sarkozy règle ses comptes


Les municipales se préparent à Louviers
N’en déplaise à certains, je n’ai pas encore choisi la liste des candidat(e)s que je soutiendrai lors des prochaines élections municipales à Louviers. Une chose est établie : je ne me désintéresse pas du sort de ce scrutin, j’aimerais que la gauche, ou du moins ce qu’il en reste, se présente en possible vainqueur ce qui, il faut bien le reconnaître, apparaît aujourd’hui comme purement utopique.
Nul n’ignore plus que quelques listes sont en cours de constitution. Rien ne dit, bien sûr, qu’elles iront au bout de leur intention. « Changer Louviers » a déjà annoncé la couleur et diffusé le contenu d’un programme en cinquante points dont certains sont frappés au coin de la démocratie directe sous l’effet de la présence d’Ingrid Levavasseur dont j’avais évoqué les ambitions personnelles et collectives sur ce blog.
Lors de la présentation de ce programme, plusieurs membres d’autres listes en gestation étaient présents. Alexis Fraisse (EELV) notamment, actuellement conseiller municipal suggère la formation d’une liste écologiste pur jus. 33 noms, hommes et femmes, ce n’est pas simple. Diego Ortega, auquel il faut sans doute adjoindre Olivier Taconet (radical de gauche) souhaite concourir sous ses propres couleurs jusqu’à ce que la raison l’emporte et qu’il parvienne à unir des forces aujourd’hui dispersées. Hacen Mohammedi, que je ne connais pas mais dont une amie me dit le plus grand bien, a d’abord précisé qu’il n’y aurait pas d’accord avec les autres postulants de gauche ! Pour lui, semble-t-il (1), certains sont des poissons pilotes du PS ou de Marc-Antoine Jamet, d’autres des individus animés par des ambitions essentiellement individuelles. Rien n’est figé et pendant les mois à venir, l’eau continuera de couler sous les ponts de Louviers…apportant sagesse et distance aux élans originels.
FX Priollaud a fait une courte apparition lors de la visite de Nicole Belloubet.
Si je peux donner un conseil à tous ces candidats potentiels, c’est que le vote de mars 2020, n’aura rien à voir avec celui des Européennes. Les logiques locales ne répondent pas aux critères nationaux et le référendum anti-Macron dont s’est repu le FN ne fonctionnera qu’à la marge. D’autant plus qu’à Louviers, François-Xavier Priollaud (MODEM) n’a pas montré un dynamisme exceptionnel dans le soutien à la liste que conduisait Nathalie Loiseau (LREM). Il est vrai qu’il a à ses côtés des membres du Parti « Les républicains » qu’il doit ménager pour composer une future majorité de… renouvellement.
Louviers a aussi ses spécificités. Même si le NPA n’a pas la forme olympique au niveau national, on sait qu’il parvient (grâce à la famille et aux amis) à  monter une liste apte à capter les voix de l’extrême gauche, toujours forte dans notre ville. Ce serait encore cela en moins pour la gauche réformiste même si on sait bien que les sympathisants NPA ne votent pas aisément pour ceux qu’ils appellent les « social-traîtres ».

Jean-Luc Mélenchon en correctionnelle
Jean-Luc Mélenchon va devoir affronter le tribunal correctionnel. Lors de la perquisition conduite par des magistrats du parquet et des officiers de police judiciaires au siège de la France Insoumise, le député de Marseille s’en était pris avec une violence verbale inouïe aux magistrats et forces de l’ordre. La perquisition était conduite dans l’affaire des emplois d’attachés parlementaires européens soupçonnés de travailler pour le mouvement plus que pour les élus ! La justice s’intéresse également à des pratiques similaires au RN et au MODEM.
On avait tous été frappés par les cris et les « gestes » de Jean-Luc Mélenchon qui est poursuivi en citation directe (avec quelques autres élus de LFI) par le parquet de Bobigny pour actes d'intimidation contre l'autorité judiciaire, rébellion et provocation. Ils comparaîtront donc devant des juges de la même ville les 19 et 20 septembre. Comme l’information est parue dans un grand magazine avant que les élus de LFI soient eux-mêmes informés, JLM invoque la grande collusion entre justice, police et politique…mais les faits restent les faits et je suis certain (pas tout seul à le penser) que cette perquisition et ces incidents ont joué un grand rôle dans l’abaissement de l’influence de Jean-Luc Mélenchon. Ce jour là il avait le visage de la colère et de la haine !

Sarkozy règle ses comptes
Dans son dernier livre (écrit par lui ?) Nicolas Sarkozy règle des comptes avec ses amis et ses adversaires politiques. François Fillon appréciera le jugement que porte sur lui celui qui l’appelait « mon collaborateur. » L’ancien président reconnaît qu’il a été surpris par un homme sombre, cachotier et retors. Ségolène Royal quant à elle n’est pas non plus épargnée. Sarkozy n’y va pas de main morte en la qualifiant d’incompétente. Mais, pire, il affirme aussi qu’elle ne connaissait pas ses dossiers et qu’elle ne les comprenait pas.

Ségolène Royal, touchée, a réagi sur Twitter. Elle rappelle que les cadres du Parti socialistes — les éléphants — ne l’ont pas soutenu pendant la campagne électorale et lui ont savonné la planche régulièrement. On a tous en tête la fameuse phrase de Laurent Fabius qui, à l’annonce la candidature de Ségolène Royal avait osé déclarer : « mais qui va garder les enfants ? » Pour elle, il n’est pas surprenant que des hommes de gauche et de droite s’unissent dans le sexisme puisqu’il s’agit bien de cela. Pascal Praud, sur RTL, considère que les femmes politiques doivent accepter la critique. Certes, mais quand on les attaque sur leurs facultés intellectuelles ou leur compétence (alors que Ségolène est bardée de diplômes et pétrie d’expérience gouvernementale) on ne doit pas laisser passer ces agressions regrettables.
(1) Comme je l'ai écrit, je confirme ne pas connaître Hacen Mohamedi. Je ne l'ai pas rencontré non plus. On me signale que la formule « selon lui » est donc exagérée ce que je reconnais bien volontiers. Même si j'ai ajouté « semble-t-il », mon affirmation dépasse sans doute la pensée de la tête de liste potentielle d'une des listes de gauche à Louviers. Seconde précision : ces personnes animées des meilleures intentions n'ont aucune prévention à l'égard des socialistes. C'est dit et écrit.
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18 juin 2019

Le mendésisme n'a pas livré tous ses secrets. La page internationale de son histoire reste à écrire

André Azoulay.©JCH
André Azoulay, président de l’Institut Pierre Mendès France et Jean-Pierre Rioux, Inspecteur général de l’Education nationale (et historien) sont d’accord sur un point : il faudra bien un jour, organiser un colloque sur Pierre Mendès France et son ouverture au monde. En introduction et conclusion du colloque organisé, lundi, à l’Assemblée nationale à l’occasion du 65e anniversaire de la constitution du gouvernement Mendès France en 1954, les deux orateurs ont constaté que l’aura de PMF dépassait largement le cadre hexagonal. Non pas seulement celle de sa personne (rayonnante comme on sait) mais celles de ses leçons politiques et de sa pratique du pouvoir érigées en modernité. Pierre Mendès France, au FMI, à la Banque mondiale, au gouvernement, a toujours considéré que la France, l’Europe, l’Asie, le Moyen Orient, les Amériques, ne faisaient qu’un et qu’un dirigeant responsable ne pouvait se recroqueviller sur son pré carré…fût-il hexagonal ! En homme des Lumières, PMF imaginait un monde de paix, d’échanges et de droits de l’homme universellement respectés.

La parole mendésiste
Le colloque d’hier était consacré à « la parole mendésiste » tout au long de sa vie jusqu’en 1982. Pierre Mendès France a parlé aux Français en utilisant toute la palette des moyens de diffusion de son époque. Ses interventions radiodiffusées (ex : les radioscopies de Jacques Chancel), ses émissions de télévision (exemples : face à face, A armes égales…) ses débats mémorables (avec Michel Debré, Georges Pompidou et Alexandre Sanguinetti notamment) ses livres, ses lettres, ses discours, autant de médias que Pierre Mendès France utilisa avec compétence et succès pour n’atteindre qu’un objectif : bien informer les Français pour qu’ils comprennent les politiques conduites ou souhaitées et, qui sait, les convaincre de le suivre sur le chemin qu’il proposait.

PMF était un débatteur redoutable.©JCH
Ses causeries du samedi soir (débutées en 1944) nous avons été des centaines de milliers (de 1954 à 1955) à les écouter même quand il parlait de Genève au cours de la grande négociation qui allait aboutir à la fin de la guerre d’Indochine. Que nous disait-il ? Avec simplicité, pédagogie, conviction, PMF expliquait ses choix, ses projets pour que les citoyens acceptent, sinon des sacrifices, du moins certains efforts pour que l’intérêt général (l’investissement, une faible inflation, la recherche, l’éducation, le social, etc.) soit toujours supérieur aux intérêts particuliers. Il croyait au plan, non par idéologie mais par efficacité. Pour lui le mot Etat n’était pas un gros mot. PMF était donc très éloigné d’un système marxiste, pur et dur, il privilégiait le Keynésianisme si cher à Georges Boris, son ami de toujours et conseiller le plus proche.

Une intelligence supérieure
Des différentes lectures et extraits d’émissions télévisées choisies par les conférencier(e)s hier, les images sélectionnées par Manuela Dubessy, documentaliste à l’INA, nous montrent un PMF d’une intelligence supérieure, d’une vivacité d’esprit redoutable pour ses adversaires d’un soir ou ses intervieweurs amicaux. Pierre Mendès France était la séduction même induite par ses compétences, ses capacités et aussi, reconnaissons le, son intransigeance qui en faisait un personnage unique parmi tant d’autres. Si lui avait raison, économiquement parlant, certains autres, même à gauche par facilité et une certaine lâcheté aussi, se glorifiaient politiquement.

Françoise Chapron.©JCH
Françoise Chapron, attachée scientifique de l’Institut PMF et Vivien Richard, conservateur du patrimoine aux Archives nationales ont frappé l’auditoire tant les archives privées et publiques (lettres, notes, épreuves…) sont importantes en volume et sans doute en contenu pour les milliers de pages non encore étudiées ou inventoriées. Le Lovérien Christophe Lombard a ainsi recensé la majorité des archives conservées dans la ville dont PMF fut maire. Elles nécessiteraient qu’un étudiant de master (ou plusieurs) accepte d’éplucher les documents encore inconnus mais porteurs, sans doute, de belles surprises. PMF, généalogiste, très attaché à ses racines portugaises et fidèle à un judaïsme laïc, a lui-même classé avec méthode ses archives privées. Pour le reste, la famille Mendés France dont Joan, épouse de Michel, Tristan et Margot, leurs enfants, veille avec rigueur sur des documents dont ils possèdent le droit moral et donc l’octroi du droit de consultation.

 L'Express au service de PMF
On ne le sait sans doute pas suffisamment mais Pierre Mendès France fut un « grand » homme de presse. Françoise Giroud et Jean-Jacques Servan-Schreiber ont lancé avec ses conseils « l’Express » (1) magazine qui, s’il existe toujours, a considérablement modifié son orientation. Le magazine devait servir de tremplin vers le pouvoir, ce que les circonstances (la guerre d’Algérie) et le choix de Guy Mollet (par René Coty) pour la présidence du Conseil en 1956 empêchèrent. Présent au premier rang des invités, Lakhdar Brahimi, ne comprend toujours pas pourquoi la victoire des mendésistes aux élections de 1956 n’a pas permis à PMF de retrouver la présidence du Conseil : « peut-être, constate-t-il avec regret, le sort de l’Algérie et les relations entre la France et ce pays auraient-ils été très différents. » PMF n’était-il pas l’un des premiers décolonisateurs ? Non seulement il avait ramené la paix en Indochine (et les hommes en France qui mouraient là-bas) mais il avait conduit la Tunisie vers l’indépendance et aidé à mettre fin au protectorat au Maroc. A l’évidence, Pierre Mendès France n’aurait pas laissé au général De Gaulle le soin de prendre le pouvoir le 13 mai 1958 (comme l’on sait) mais il aurait, lui le partisan du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, rapidement compris que seule l’indépendance de l’Algérie devenait possible. Ajoutons l’édition des « Cahiers de la République » dont Emeric Bréhier, ancien député, connaît l’histoire sur le bout des ongles. De la splendeur des années soixante aux contradictions des années soixante-trois au moment choisi par Laurence Soudet (présente hier) et PMF pour relancer les Cahiers…quelle histoire !

Robert Frank (à gauche) et Jean-Pierre Rioux.
PMF ne fut jamais vraiment un homme de parti. S’il admettait sa nécessité, il considérait qu’adhérer à un parti n’était pas suffisant. D’où sa méfiance à l’égard de la proportionnelle et sa préférence pour le scrutin d’arrondissement. Comment imaginer autrement, en effet, le lien entre l’élu et l’électeur(trice) si le territoire, l’espace de vie et de communication, est supprimé entre le mandant et le mandataire. Ce qu’affirmait PMF : « Le premier devoir du porte-parole du peuple, à quelque degré de la hiérarchie qu’il se situe, consiste à maintenir le dialogue avec ses mandants aussi franc, aussi constant que possible. »Il ajoutait : « un démocrate est d’abord un homme qui ne cesse de soumettre à l’opinion publique, de la manière la plus claire, la plus complète, la moins démagogique, les problèmes qui se posent et les solutions qu’il croit devoir défendre. »A l’heure des fake-news, des mensonges, de la démagogie triomphante, « il est juste et sain » comme dirait Mélenchon, d’entendre la parole d’un démocrate authentique dont personne ne peut nier ni la sincérité ni la recherche constante de la vérité.

Christian Delporte, professeur à l’Université de Versailles-Saint-Quentin, avait la charge de clore les interventions savantes. Il l’a fait avec brio, détaillant par le menu ces fameuses causeries du samedi soir, calquées sur Roosevelt, le vrai inventeur de la formule. PMF restera, quoiqu’il en soit, le promoteur français de cette démocratie participative (on l’appellerait ainsi aujourd’hui) qu’il inspira à Louviers où le Comité d’Action de Gauche du docteur Martin (2) prit le pouvoir en 1965 sur des bases programmatiques assurément (pas totalement) mendésistes.
Après l’important succès de ce colloque, le conseil d’administration de l’Institut Pierre Mendès France doit se pencher sur de nouveaux projets toujours fondés sur l’action et la pensée mendésistes. L’ouverture au monde — introduction de ce billet — de l’ancien président du Conseil de la République serait un thème excellent : national autant qu’international. L’histoire du Mendésisme est loin d’être terminée.

(1) Et ce n’est pas Jean Daniel et le Nouvel observateur qui y trouveront malice. Ce journal fut toujours très favorable à Pierre Mendès France et à la gauche réformiste.
(2) Lire « La politique à la ville » d’Hélène Hatzfeld. Edité aux PUR.



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15 juin 2019

« Changer Louviers » avec Ingrid, Philippe, Sandrine, Hélène, Audrey, William et les autres. Leur réunion publique a attiré 100 personnes !


Prêts pour une année de campagne électorale. ©Jean-Charles Houel
Les municipales n’auront lieu qu’en mars 2020 mais les candidats animés d’une espérance de victoire sont déjà prêts. S’il est banal de regretter le peu de goût des Français pour la politique, reconnaissons que vendredi soir, dans la salle des colonnes habitée par les mânes des républicains d’antan, une centaine de personnes ont démenti par leur présence ce cliché éculé.
Certes, la présence annoncée d’Ingrid Levavasseur, dont l’image a éclairé le mouvement des gilets jaunes (sans la violence) n’était pas pour rien dans le sentiment de curiosité éprouvé à l’égard de la liste en gestation depuis plusieurs semaines et à laquelle elle compte apporter sa pierre. Aux côtés de Philippe Brun, de Sandrine Manso, Hélène Faty-Dominski, et Audrey Goffi, une équipe jeune et féminisée fait de réels efforts pour sortir des sentiers battus de la politique et réfléchir à des propositions permettant — rien que cela ! — de « changer Louviers. »

Pourquoi changer la ville ? Dans la mesure où les intervenants ont ignoré ce vendredi le bilan de la municipalité sortante, il faut croire que leurs solutions ressortiront plus d’une volonté créatrice que d’un combat négatif. Du livret distribué aux curieux et aux postulants de diverses listes annoncées (Diego Ortega, Olivier Taconnet (PRG), Alexis Fraisse (EELV), des membres du PCF,) ainsin qu’à quelques gilets jaunes proches d’Ingrid Levavasseur, les animateurs de « changer Louviers » proposent dix mesures principales. On les lira ci-dessous. Ils font remarquer que ces propositions ne sont pas sorties d’esprits fermés. Elles sont le résultat des consultations ouvertes à tous les Lovériens depuis le mois de janvier dernier au cours d’apéros populaires, de réunions d’appartements, de porte-à-porte, et aussi de réflexions parues sur la plateforme en ligne. Ces propositions et réflexions ont abouti « à la rédaction d’un programme cohérent de transformation de la ville » édité dans un opuscule intitulé « Changer Louviers » qui pourrait être le nom d’une future liste aux municipales. Les orateurs et oratrices savent aussi que rien de grand ne se fera sans l’agglomération Seine-Eure. Les projets structurants, les gros investissements industriels (les parcs) commerciaux (la fin des hypermarchés ?) sportifs (la patinoire) dépendent de l’agglomération. « Changer la vie » voudrait y ajouter du social et du culturel, domaines encore exclusifs des compétences communales. De même pourquoi ne pas expérimenter les transports urbains gratuits comme certaines agglos le font avec succès ?

Une certaine idée de l'union
Il est à noter que Ingrid Levavasseur ne s’engage pas seule dans la bataille municipale. Elle a déclaré : « Eclosion démocratique et moi-même, sommes heureux de nous unir à changer Louviers, l’idée d’union est celle qui à mes yeux est la plus intelligente et la plus en adéquation avec l’envie de changer notre ville. » En effet, alors que des impétrants ont d’ores et déjà déclaré que toute union à gauche était impossible avant le premier tour et entre les deux tours, il apparaît que cette position quelque peu sectaire n’aura que peu de chance de tenir la route. Les divisions à gauche ont coûté cher aux listes européennes. Elles disqualifieraient ceux et celles qui s’arc bouteraient sur l’isolement et la division. « Nous allons construire pour nos générations futures, a poursuivi Ingrid Levavasseur. Ce sont nos enfants et nos petits enfants à tous, qui vont vivre dans ce que nous créons aujourd’hui. Nous allons faire en sorte que la ville de Louviers soit la première ville écologique de Normandie. Nous allons donner à tous la possibilité de vivre dans la dignité et dans de bonnes conditions. »
Un échange amical autour d’un pot de l’amitié a conclu cette réunion publique de présentation. Il sera toujours temps après les vacances estivales de se lancer dans le grand bain d’une campagne plus concrète et plus musclée. D’autres listes se feront connaître. On pourra donc comparer les projets, les hommes et les femmes.

Les dix principales mesures

1)    mettre en place des référendums locaux pour tout projet d’investissement au-dessus d’un million d’euros.
2)    Créer un service civique environnement.
3)    100% bio et local dans les cantines d’ici 2025.
4)    Lancer un programme municipal de sortie de la pauvreté en faisant participer les allocataires à des tâches municipales.
5)    Exiger des réparations pour les incivilités et créer un réseau de médiateurs citoyens.
6)    Rénover les écoles et augmenter le budget de la caisse des écoles.
7)    Créer une zone franche pour les commerçants en centre ville.
8)    Allonger les horaires des services publics.
9)    Consacrer deux tiers de l’investissement local à la rénovation du patrimoine public et historique.
10) Relier Louviers à Rouen par le train.

14 juin 2019

Nathalie Loiseau n'est décidément pas à la hauteur de la tâche qu'elle s'assigne


Un oiseau (birdy en Anglais) pour moi qui suis golfeur, c’est réussir un coup sous le par. Une Loiseau c’est, par exemple, la tête de liste de la liste Renaissance rassemblant LREM, le MODEM et Agir, qui a réussi à faire jeu égal avec le Rassemblement national. Autrement dit, Nathalie Loiseau a joué dans le par. Ou plutôt Emmanuel Macron qui était la véritable tête de liste de la droite gouvernementale. Car Nathalie Loiseau a été une animatrice médiocre, faisant preuve d’improvisation surtout lors de ses conférences de presse où la technicienne compétente qu’elle est (paraît-il) n’a pas fait preuve d’autorité. Il est vrai que son mensonge sur sa participation à une liste étudiante d’extrême droite (elle avait 20 ans il est vrai) ne démontre pas un grand sens de ses devoirs.
S’agissant de mensonge, Nathalie Loiseau vient de récidiver dans des conditions rocambolesques. 

Dans un « off » dont les journalistes ont le secret (1) la prétendante à la présidence du groupe libéral s’est livrée à un jeu qui fait les délices des soirées parisiennes mais semble peu efficace face à des journalistes dont le métier est de dénoncer des faits choquants ou des attitudes incorrectes. En dézinguant à tout va les membres de sa famille politique qui plus est, traitant celui-ci d’aigri ou celui-là de mollasson, Nathalie Loiseau a fait preuve d’une audace maladroite et pour tout dire invraisemblable de la part de quelqu’un aspirant à jouer un rôle important au sein du Parlement européen. De fait, la protégée d’Emmanuel Macron aurait dû la jouer « cool », se montrer patiente et surtout sans arrogance. Peut-être l’ancienne directrice de l’ENA (école nationale d’administration) a-t-elle confondu aspirants fonctionnaires et journalistes serviles ?

Après que ses déclarations ont fuité dans un journal belge, Nathalie Loiseau a de nouveau plongé dans le mensonge en affirmant que les propos rapportés étaient des fausses nouvelles ce qu’ une dizaine de journalistes présents ont aussitôt dénoncé. Pour un début brillant, c’est un début brillant. Mme Loiseau s’est vu contrainte de renoncer à la présidence du groupe pour ne pas faire trop d’ombre à ses colistiers candidats à des postes responsables au sein des commissions. Décidément, le choix de Nathalie Loiseau s’avère, au fil du temps et des péripéties, un mauvais choix que beaucoup ont dénoncé dès le début de la campagne électorale. La suffisance dont elle fait preuve confirme, malheureusement, ce que nombre des membres de délégations européennes regrette : l’arrogance française.

(1) Il paraît qu’à Bruxelles, certaines conférences de presse sont « off ». Les journalistes prennent l’engagement de ne pas publier les propos tenus. Il a suffi qu’un journaliste déloyal lâche le morceau pour que Nathalie Loiseau se retrouve bien dépourvue.

13 juin 2019

Samedi 15 juin, à 11 heures : la librairie Quai des mots reçoit les auteurs du livre Elbeuf/Louviers


La Société d’Études Diverses de Louviers a publié en début d’année, en collaboration avec la Société de l’Histoire d’Elbeuf, un ouvrage consacré, comme le précise le sous-titre, à une « histoire croisée des deux cités drapières ». Rivales et concurrentes mais proches par la géographie et les alliances nouées par les familles au fil du temps, Elbeuf et Louviers ont en effet une longus histoire commune, que le livre, abondamment illustré, retrace par le texte et par l’image. Sont évoqués d’abord les moments clés et les épreuves traversées par les deux villes au cours des âges, jusqu’aux destructions de la Seconde Guerre mondiale, puis l’aventure drapière qui a fait leur renommée, les étapes de la fabrication et les évolutions techniques, les hommes qui ont créé cette richesse, fabricants et ouvriers, et les conflits qui les ont opposés. Mais une vie culturelle s’est aussi développée dans ces cités industrielles. Des écrivains et des artistes y ont vécu et travaillé. Dès le XIXe siècle des musées et des bibliothèques ont été fondés, aujourd’hui souvent abrités dans des bâtiments industriels désaffectés et rénovés : preuve que les deux villes, fières de leur passé, sont également tournées vers l’avenir.
Les auteurs lovériens donnent rendez-vous au public samedi 15 juin. Ils seront présents, de 11 h à 12 h 30, à la librairie Quai des mots, 16 rue du Matrey, pour une présentation du livre, que suivra une séance de signature.

12 juin 2019

Il faut laisser choir Etienne Chouard


Etienne Chouard.
Etienne Chouard est l’homme qui, avec une grande efficacité, a convaincu nombre de Français de voter Non au référendum de 2005. Il a également été celui qui, parmi les gilets jaunes, a été cité en référence à sa demande de référendum d’initiative populaire. François Ruffin lui-même, très imprudemment, s’est référé à la pensée d’un homme qui visait à absoudre le fameux Soral maintes fois condamné pour apologie du négationnisme. Heureusement le député de la Somme a, depuis, corrigé le tir.
Chouard, interrogé par le journaliste Denis Robert, a entonné lui aussi, le chant déshonorant du négationnisme se montrant incapable de reconnaître clairement que les chambres à gaz n’étaient pas nées de l’imagination de quelques esprits farfelus en prétextant une incompétence lui interdisant d’affirmer quoi que ce soit. Il est vrai que Chouard dit accepter que certains aient des opinions antisémites ou racistes alors même qu’il s’agit de délits réprimés par la loi. C’est énorme. En 2019, il se trouve encore de soi disant penseurs pour remettre en cause ce qui n’est pas un détail de l’histoire de la seconde guerre mondiale. Affirmer comme l’ont fait nombre d’antisémites que 6 millions de juifs sont morts du Typhus ou d’autres maladies montre une forme d’aliénation. Car cette proposition défie l’entendement et surtout contredit tous les faits, tous les témoignages, toutes les preuves recueillis dans tous les camps d’extermination.
Finalement nous ne devons pas être surpris par des déclarations aussi repoussantes. Depuis des années Chouard a joué habilement avec les théories complotistes et les propos négationnistes mais tôt ou tard la vérité finit par sortir, qu’il s’agisse de la vérité des faits ou de celle des hommes. Il faut laisser choir Etienne Chouard.

11 juin 2019

Le Moulin d'Andé « trésor de la culture cinématographique européenne »


Lors d'un tournage au Moulin d'Andé.©Jean-Charles Houel
« C’est avec grand plaisir et fierté que nous avons appris que  le conseil d’administration de la « European Film Academy » présidée par Wim Wenders venait de décerner au Moulin d’Andé le titre de : « Trésor de la culture cinématographique européenne ».
Lieu mythique qui a vu la naissance de la Nouvelle Vague, le Moulin d’Andé se voit décerner cette distinction honorifique qui n’a été jusqu’à présent accordée qu’à 10 lieux ou institutions, au Portugal, en Russie, en France ( Institut Lumière à Lyon, ), en Italie, en Ukraine, en Autriche, en Arménie, en Catalogne, en Espagne, et en Suède. Nous serons donc la onzième institution, la deuxième en France à rejoindre  la liste des trésors de la Culture cinématographique européenne.
Cette liste recense et recensera  tous les lieux symboliques du cinéma européen qui doivent être protégés, selon le modèle de la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.
Je pense que cette distinction permettra au Moulin d’Andé de rayonner bien au-delà de nos frontières et de traverser avec succès les siècles futurs…
Suzanne Lipinska
Présidente de l’Association Culturelle du Moulin d’Andé
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Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, nous avons découvert avec joie, ce jour, que Stéphane Bern avait décidé de choisir le parc du Moulin d’Andé, dans les 113 monuments qui bénéficieront des dotations du loto du patrimoine pour l’année 2019. Le parc du Moulin d’Andé est classé depuis longtemps et mérite d’être mis en valeur. Après différents travaux d’entretien et de restauration, dont certains relatifs aux chemins, il sera possible d’envisager une ouverture du parc au public.

10 juin 2019

Ingrid Levavasseur entre dans l'arène. Elle s'engage sur une liste municipale…à gauche


Ingrid Levavasseur. ©JCH
Ingrid Levavasseur entre dans l’arène. Ainsi qu’elle me l’avait laissé entendre lors d'une rencontre récente (voir article de blog), la situation municipale de Louviers l’intéressait au plus haut point. Sans s’engager formellement, elle montrait un grand intérêt pour la chose publique et pour la défense de l’intérêt général. Il est vrai que les mois passés sur les ronds points, les plateaux télé et devant les micros lui ont offert une notoriété fulgurante et une formation sur le tas. Ingrid Levavasseur a ainsi pu développer ses qualités d’écoute et d’attention, des qualités parfois moins prioritaires chez les hommes et les femmes politiques appartenant aux partis traditionnels. Depuis, elle a abandonné son gilet jaune pour une tenue plus conforme aux usages de la communication politique.
Avec qui Ingrid se lance-t-elle ? Avec Philippe Brun et quelques jeunes hommes et femmes désirant démontrer qu’un renouveau est possible et qu’un message moderne peut être émis lors d’une campagne municipale même à Louviers. Si les amis d’Ingrid Levavasseur et elle-même sont lucides — et je pense qu’ils le sont — ils savent que la tâche sera rude. On n’affronte pas sans embuche un maire et une équipe sortante disposant de moyens matériels élevés et dotée de l’expérience acquise lors d’un premier mandat. C’est en effet l’occasion de confronter les idées au réel et d’entendre les vœux des citoyens parfois inconstants mais comme chacun sait, ce sont eux qui ont toujours raison. Et puis, si l’équipe formée autour de Philippe Brun confirme les premiers messages émis, il y aura toujours moyen d’unir des listes situées à gauche dans un contexte de dépolitisation forcenée pourtant avec une tendance marquée à la gestion et au « bon sens » d’un Rassemblement national dont l’unique élu actuel a montré toute son incompétence et son absence de culture du compromis. Et même pire dans les propos publics réellement scandaleux qu'il tient en séance au conseil municipal ou à l'agglomération.
Pour présenter leur projet Ingrid Levavasseur et Philippe Brun (et leurs ami(e)s) tiendront une conférence de presse, vendredi soir, dans la salle dite des colonnes dans la cour de l’hôtel de ville de Louviers, une salle qui bruit encore des soirées électorales mouvementées au cours des décennies passées. Ils devront se montrer fiers et fidèles à ces années étonnantes qui virent Pierre Mendès France diriger la ville ou le comité d'Action de gauche inventer la démocratie participative localement.

7 juin 2019

Quelques réflexions au débotté : Je suis pour le maintien du 80 km/heure sur les routes secondaires


Maintenir le 80 km/heure sur les routes secondaires
Au risque de déplaire à grand nombre de mes lecteurs amateurs de voitures et de vitesse, je regrette sincèrement le vote de l’Assemblée nationale permettant aux présidents des conseils départementaux de revenir sur la limitation de vitesse à 80 km/heure. Elisabeth Borne, ministre des Transports, affirme que cette mesure, malgré la crise des gilets jaunes, a permis de sauver 127 vies humaines et d’empêcher de graves blessures. Je sais bien que le lobby des associations d’automobilistes crie victoire et conteste les chiffres de la ministre. Tout de même, le plus dur était fait et nous commencions à nous habituer à cette limitation qui, prise au pied du panneau, entrait dans notre manière de conduire et d’appréhender la route.
Les ruraux, électeurs(trices) et « rurbains » de Marine Le Pen vont y trouver leur compte sans que cela change quoi que ce soit à leur vote hostile au gouvernement. Idem pour les artisans du monde agricole trop heureux de pouvoir lancer leurs tracteurs sur les routes à 50 km/heure. Pour eux, 80 ou 90, cela ne changera rien à l’affaire.
Le danger des routes secondaires est bien réel. (photo d'archives JCH)
La mesure ne sera toutefois pas totale puisque la vitesse sur les routes nationales du réseau secondaire, sous l’œil des préfets, demeurera limitée à 80 km/heure. Une demie mesure permettant à Edouard Philippe de ne pas perdre 100 % de sa crédibilité. Mme Borne a raison quand elle affirme qu’on jugera les modifications après un examen attentif du nombre d’accidents et de vies supprimées. Bon courage et bonne conscience aux élus qui devraient assumer une décision démagogique dérisoire en terme de gain de temps et inefficace pour sauver des vies !

Lire les résultats des européennes avec une prudence de siou
Il ne faut pas prendre au pied la lettre les résultats des élections européennes. Il ne faut pas croire que les scores obtenus par les différentes listes seront ceux des futurs scrutins locaux. En mars 2020, les municipales et les cantonales devront s’appuyer sur des candidats, sortants ou non, ayant fait leurs preuves dans leur commune ou leur département. Leur notoriété, leurs investissements, l’amélioration du quotidien de leurs administrés, la hauteur des impôts locaux, autant d’éléments décisifs pour choisir un maire et l’équipe qui l’entoure. Tout dépendra également des programmes offerts  à l’appréciation des citoyens. Et dans ce domaine, nous sommes encore dans le flou le plus total.
Une élection partielle récente dans une circonscription du Royaume uni prouve d’ailleurs qu’il ne faut pas extrapoler. Alors que Farage le Brexiter y a obtenu le meilleur score aux dernières élections européennes loin devant les Conservateurs (laminés) et les Travaillistes (diminués) l’élection de cette semaine a permis à la députée travailliste sortante d’être réélue avec 3 % des voix d’avance sur les Brexiters permettant au Labour de passer de 17 % à 31 % Farage passant de 31 à 28. Cela prouve que les responsables des partis devraient être plus prudents quand aux résultats espérés des futures consultations.

Les Républicains et les France insoumise sens dessus dessous
Ramdam absolu chez les Républicains et à la France insoumise. Wauquiez a tiré sa révérence, Mélenchon adopte l’attitude du sage muet. Valérie Pécresse veut rénover et agir de l’extérieur tandis que plusieurs cadres de la France Insoumise remettent en question la ligne politique populiste de l’ancien ministre socialiste. Il ne fallait pas, affirment Clémentine Autain et quelques autres faire des Européennes un référendum anti-Macron, il fallait rechercher une forme d’union des forces de gauche, tandis que Valérie Pécresse assure que la ligne Wauquiez quant à elle était trop identitaire sans être sociale.
Quarante maires de droite s’apprêtent à lancer un appel en faveur du président de la République, vingt anciens députés socialistes souhaitent soutenir l’aile gauche du macronisme et eux aussi vont y aller de leur manifeste sous la houlette d’un Jean-Marc Le Drian à la manœuvre. Edouard Philippe regarde tout cela d’un œil tranquille. Et s’il était l’homme fort et discret du Macronisme ? Issu des rangs de la droite républicaine, juppéiste, l’ancien maire du Havre s’affirme comme une autorité écoutée, fiable, efficace. Pour quelle politique, là est toute la question puisque cheminots, personnels soignants, urgentistes, salariés menacés de licenciement, trouvent saumâtre de constater que bien des promesses de dirigeants d’entreprises ne sont pas tenues. La réforme des retraites s’annonce capitale dans le programme législatif à venir, plus que les modifications constitutionnelles dont j’ai été dénoncé les méfaits sur ce blog. Les syndicats et les citoyens doivent ouvrir l’œil et leurs oreilles.




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