21 février 2009

Les Scientologues se retrouvent devant la Cour d'appel de Paris, une victoire pour l'UNADFI (1)

Le parquet général de Paris a demandé le renvoi en correctionnelle de membres de l'Eglise de scientologie accusés « d'escroquerie et d'exercice illégal de la médecine ». L'arrêt de la cour d'appel, mis en délibéré, sera rendu courant mars.
Si cet appel a été examiné, c'est parce que l'UNADFI (L' Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu) présidée par l'ancienne députée de l'Eure et toujours conseillère régionale (PS) Catherine Picard (notre photo JCH) a tenu à se présenter en seconde instance devant la Cour après le non lieu général obtenu par l'Eglise de Scientologie en première instance. Deux autres personnes physiques avaient également fait appel mais elles ont engagé une procédure transactionnelle avec la secte et ont mis fin à leurs poursuites. Le Parquet général estime que l'Eglise de scientologie apparaît dans ce dossier « comme une entreprise commerciale exploitant la vulnérabilité des personnes ».
Je n'ai pas encore abordé le sujet des sectes et des entreprises sectaires. On se souvient du combat mené à Louviers contre les Témoins de Jéhovah et Mme Proust, alors maire, qui avait favorisé leur implantation sur des terrains communaux. Depuis le Bethel — puisque tel est le nom des lieux d'expression et de réunion des TJ — s'est agrandi et est devenu un quartier à lui tout seul. Les Témoins de Jéhovah mettent en avant plusieurs décisions de justice contradictoires pour assurer qu'ils sont une religion à part entière et non une secte. Il est de fait qu'il s'agit d'une Association loi 1901 et que les services de l'Etat ont réclamé à diverses occasions le respect du code du travail pour les béthélites « bénévoles » employés dans les divers services d'imprimerie, de bureau, de maintenance ou de construction, de transport…et le respect du code des impôts dont les TJ s'exonéraient en arguant de leur pratique cultuelle. D'où les procès et les différents appels…
l'UNADFI s'est fixée pour tâches : « l'étude des principes et méthodes des organisations de type sectaire, l'accueil et l'aide aux familles et personnes victimes de ces organisations, l'information auprès d'un large public, le regroupement des personnes touchées par ce problème et l'aide à la réinsertion de personnes sorties d'un groupe sectaire. »En se présentant devant la Cour d'appel, Catherine Picard et l'UNADFI souhaite que la Justice de notre pays dise enfin que l'Eglise de Scientologie (si chère au cœur de Tom Cruise) est une secte avec des objectifs, des moyens, des comportements sectaires. Il s'agit évidemment d'un combat difficile mais ô combien nécessaire.
(1) http://www.unadfi.org/

La Rolex de Jacques Séguéla : Gare au pétage de plomb

Il paraît que Jacques Séguéla est allé trop loin ! Il a déclaré que si « quelqu’un à 50 ans n’a pas une Rolex au poignet, c'est qu'il a raté sa vie. » Cet homme-là n’a manifestement pas compris qu'on vivait un tournant. Le temps du clinquant n’est plus. « Greed » n’est plus « good ». Et il est de bon ton de faire sobre, d’annoncer son souci des victimes de la crise. Publiquement au moins, il est conseillé de ne plus faire de l’étalage. Car cette semaine fut sociale.
— Le 18, le président de la République a réuni un sommet social et annoncé des mesures ciblés « pauvres » pour 2,6 milliards de francs. Très loin certes des 15 milliards du paquet fiscal de 2008 et de son bouclier fiscal. Mais quand même, pour un président qui affirmait que lorsque les syndicats appellent à la grève « personne ne s’en aperçoit » c’est un démenti dans les faits.
— Le 20, le président a, dans une allocution télévisée, tenté de répondre à la colère légitime des Français des départements d’outre-mer, en grève contre la vie chère, les bas salaires et le mépris dans lequel on les tient. Cinq semaines de grève pour qu'enfin le gouvernement semble prendre au moins conscience qu’il se passe quelque chose. Malheureusement trop tard pour éviter la mort d’un homme. Mais pour la ministre de l’Intérieur et des DOM (elle affirmait par l’envoi de renforts de gendarmerie que la rue ne changerait pas la politique) c’est aussi un démenti dans les faits.
Les salariés auraient-ils donc raison de se battre pour leurs droits ? Les Guadeloupéens auraient-ils donc raison de se battre pour leurs droits ? Les signes se multiplient et montrent que la stratégie du président ressemble à un théâtre d’ombres. Déjà, nous savions et avons vérifié cette semaine que les ministres, dont le Premier, ne servent à rien. Ils se taisent prudemment ou gaffent sérieusement. Les différents mouvements sociaux ont fait que le président lui-même n’est plus à l’initiative. La concentration des pouvoirs le place en première ligne de la contestation de sa politique. Il est le seul et l'unique fusible. Gare au pétage de plomb!
(avec La Ligue des droits de l'homme http://www.ldh-france.org/)
Photo : Des animateurs de la section de Louviers de la LDH (JCH)

20 février 2009

Le président de la République voulait la rupture : il l'a

J'ai commis une faute. En omettant d'évoquer sur ce blog le conflit entre les enseignants-chercheurs et Mme Valérie Pécresse, ministre de l'enseignement supérieur, j'ai — j'imagine —zappé comme de nombreux Français le décret ministériel contre lequel se bat la grande majorité des sommités scientifiques et littéraires de notre pays.
Alors que le décret projeté par Mme Pécresse soulevait une vague de protestations (sur les évaluations, le temps d'enseignement vécu comme une sanction etc.) Nicolas Sarkozy, par une nouvelle provocation qui est chez lui comme une seconde nature, a réussi l'exploit de coaliser les présidents d'universités, les enseignants-chercheurs, les étudiants qu'ils soient de Gauche…ou de droite.
Sa majesté avait-elle besoin d'humilier ces intellectuels de premier ordre en précisant qu'il leur assurait le clos et le couvert, qu'il les éclairait et même les chauffait ! Quant au nombre d'articles scientifiques consacrés à leurs découvertes par les chercheurs français, comparativement aux anglo-saxons, le président ne dominait visiblement pas son sujet en les accusant sinon d'être des fainéants du moins de partager une certaine médiocrité. On sait, depuis, qu'il avait tort et que la recherche française est aussi prolixe que sa collègue britannique.
Evidemment, ce n'était pas de nature à amadouer les enseignants-chercheurs (sauf quelques affidés) lesquels redoublent de volonté et d'action. La médiatrice désignée pour tenter de calmer le jeu n'est pas au bout de ses peines car les professeurs d'universités, les maîtres de conférences ne sont pas de ceux et celles qu'on peut facilement tromper ou récupérer. La maladresse de Nicolas Sarkozy (en voulant associer Axel Kahn à son projet) a eu l'effet inverse de celui recherché. Ceux et celles qui ne souhaitaient pas entrer dans une opposition frontale à Valérie Pécresse et à son projet ont franchi le Rubicon et sont maintenant dans la rue.
Finalement, les méthodes de Nicolas Sarkozy se retournent contre lui. Il voulait la rupture. Il l'a.

Sur la naissance de la science moderne à l'Université populaire d'Evreux

En 1637, Descartes publie son fameux Discours de la méthode, une sorte d’introduction à trois traités scientifiques, Les météores, La géométrie et la Dioptrique. On n’en a souvent retenu que « je pense, donc je suis ». Mais le plus important est peut-être ailleurs, dans la VIe partie qui annonce la venue d’une science nouvelle, « pratique », qui nous permettra de nous rendre « comme maîtres et possesseurs de la nature. » Si l’on cherche le programme des Lumières et, au-delà, le programme de toute la modernité, c’est sûrement là qu’il se trouve, exposé génialement, dans un texte philosophique pour la première fois écrit directement en français, afin d’être « compris de tous ».
Comment ce programme a-t-il été rendu possible – pas de Descartes sans Galilée – et pourquoi il reste pour nous infiniment problématique, voilà ce qui sera au centre de la réflexion de la conférence de ce 20 février 2009. Université populaire d’Évreux – Université d’Évreux, quartier Tilly à 18 h 30.
On peut retrouver les activités de l'université populaire et les textes des conférences sur http://up-evreux.viabloga.com

La démolition de l'îlot Renault suivie avec curiosité par les Lovériens

La démolition de l'îlot Renault (photo JCH) suit son cours. Sous le regard curieux de nombreux Lovériens, les pelleteuses et les camions agissent de concert pour faire place nette et permettre aux archéologues d'entamer un chantier de fouilles dont nul ne sait ni combien de temps il durera ni ce que les scientifiques découvriront. On peut rêver et imaginer découvrir des trésors cachés depuis la nuit des temps.
Cet îlot situé en centre-ville a été urbanisé très tôt dans l'histoire et comme la Place de la République a servi de cimetière, la périphérie devait être peuplée et animée. Avant que la Maison de l'emploi — qui sait si ce projet ira à son terme compte tenu des changements de pied de l'Etat et de l'évolution des finances locales — voie le jour, les Lovériens suivront avec une attention vive le travail des professionnels et des bénévoles qui vont se livrer à ce travail d'historien, de géographe, et mettre au jour des pans entiers de civilisation. En savoir plus sur le Louviers d'hier pour mieux comprendre le Louviers d'aujourd'hui.

Préparons collectivement la grande journée de protestation du 19 mars

Il y eut le mouvement du 22 mars. Y aura-t-il le mouvement du 19 mars. D'un côté, ce sont les étudiants qui protestaient contre leurs conditions de vie et d'enseignement, de l'autre ce sont les salariés du public et du privé qui descendront dans la rue pour adresser un message au président de la République et au gouvernement.
Depuis le 29 janvier dernier et les millions de Français dans la rue, quel changement avons-nous constaté ? Une très faible évolution en vérité. Le gouvernement maintient le bouclier fiscal, ne revient pas sur le paquet fiscal, n'enterre pas la loi TEPA, le président continue de s'appuyer sur la valeur travail et sur « les efforts » qu'il va falloir produire pour sortir de la crise par le haut. Bien des observateurs, journalistes, politiques et citoyens de base, n'ont pas été convaincus par le discours de Nicolas Sarkozy.
62 % des Français (sondage le Parisien libéré aujourd'hui http://www.leparisien.fr/) sont d'accord avec la prochaine journée de protestation organisée par l'interprofessionnelle syndicale. A leur sortie de l'Elysée, mercredi, Bernard Thibault (CGT) Jean-Claude Mailly (FO) et François Chérèque (CFDT) ont constaté quelques faibles avancées. Mais s'ils avaient des jugements parfois légèrement différents sur la rencontre avec le Président, ils étaient tous les trois d'accord pour continuer à mettre la pression sur le gouvernement. Il est évident que le principal problème : le pouvoir d'achat, n'a pas été pris en compte sérieusement par ce gouvernement. L'opposition farouche de Mme Parisot, du MEDEF, quant à l'ouverture de négociations sur le partage des profits et sur la valeur ajoutée, ne préjuge rien de bon. Il faudra certainement une décision de l'Etat pour que Mme Parisot revienne à de meilleurs sentiments.
Tout cela pour dire que le 19 mars, nous devrons être nombreux dans les rues des villes de France pour agir collectivement. Dans l'Eure, nous nous rassemblerons certainement à Evreux à 14 h 30 au Bel Ebat mais cela reste à confirmer. D'ores et déjà, je vous y donne rendez-vous.

19 février 2009

Les perles et les petites phrases assassines à l'UMP

On peut lire sur le site du Parti socialiste : « Les UMPerles ou le best of du pire de la majorité : les fausses vérités énoncées péremptoirement et démenties par les faits, les prédictions audacieuses mais totalement à côté de la plaque, les petites phrases assassines échangées entre « amis » du même parti… Les perles de l’UMP, recueillies au gré de l’actualité. »

J'en publie quelques-unes : « La politique de rupture de Nicolas Sarkozy a été engagée à contretemps et à contresens , cherchant à imposer en France un modèle qui a fait faillite outre –Atlantique» : Dominique de Villepin, dans un entretien accordé à La Tribune, le 11 février 2009
« Si vous n’aimez pas les réformes, c’est que vous ne les avez pas compris (sic) »: Frédéric Lefebvre, porte parole de l’UMP, cité par Marianne 2 le 11 février 2009.
« On ne sous-estime pas la crise en Guadeloupe, mais il se trouve qu’on croule déjà sous les problèmes » : Éric Woerth, ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique dans Le Figaro du 10 février 2009
« Après avoir quitté le PS, ce n’est pas l’UMP que Besson devait rejoindre. C’est au Front national qu’il devrait adhérer » : Jean Pierre Grand, député UMP cité par Marianne le 8 février 2009, alors que le ministre de l’immigration et de l’identité nationale propose de régulariser provisoirement tout sans-papier qui dénoncerait ses passeurs.
« Les gens se révolteront et ils auront raison » : Nicolas Sarkozy, le 5 février 2009 lors de l’émission Face à la crise.
« Autant écouter les sifflets quand ils s’adressent à vous » : Dominique de Villepin sur RTL le 1er février 2009.

1600 invités et 700 policiers !

Quand Nicolas Sarkozy se déplace en France, les préfets paniquent et les policiers aussi. Aujourd'hui, sa majesté est allée visiter une ferme, près d'Angers, sans tambour ni trompette à quelques jours de l'ouverture du salon de l'agriculture de Paris qui avait valu, l'an dernier, à un pauvre bougre, de recevoir l'ordre de se casser. Les 1600 personnes qui ont écouté son discours ont toutes été triées sur le volet et priées de se montrer discrètes en amont. Depuis l'accueil « chaud » plutôt que chaleureux de la population de Saint-Lô, le président de la République répugne à se mélanger au peuple. Pour ses déplacements, on convoque 700 policiers : le RAID, le GIGN, les gardes mobiles, les CRS, les gendarmes du groupement concerné, les réservistes et tous ceux qui portent l'uniforme sans être pour autant pompier. Cela fait du monde.
A la suite des multiples écarts de langage, provocations, insultes, dérapages non contrôlés, le président est contraint de faire prendre mille précautions, de taire ses virées provinciales, de confier des « off » aux journalistes qui ne doivent en aucun cas le citer…On est loin du bling bling des premiers mois et du contact direct avec les Français. Le jogging public, c'est fini. Maintenant on a seulement droit au bleu des forces de l'ordre. Sa majesté aurait-elle peur des Rouges ?

Suzanne Loomis : une lovérienne a les honneurs du New York Times

(photo parue dans le New York Times)
De toutes parts, j'apprends qu'une de nos concitoyennes a les honneurs du New York Times, grand journal américain s'il en est. Suzanne Loomis, spécialiste de l'art culinaire, dans le meilleur sens du terme, fait l'objet d'un article élogieux et dithyrambique, lequel reprend l'essentiel de sa vie depuis qu'elle a jeté son dévolu sur la belle bâtisse sise devant l'église Notre-Dame à l'angle formé avec la rue Tatin.
Le journaliste explique en long et en large comment Suzanne Loomis et son (ex)mari Mickael ont restauré leur maison du 12e siècle, année après année, milliers d'euros après milliers d'euros. Suzanne y accueille des hôtes désirant mieux connaître la cuisine et les produits français. C'est ainsi qu'on la voit, le samedi matin, sur le marché où elle a ses habitudes et où elle est connue comme le loup blanc. On aime aussi la voir sur sa bicylette, moyen de locomotion qu'elle affectionne particulièrement. Quant à ses enfants, que l'article ignore, j'aime à préciser qu'ils sont parfaitement bilingues et parfaitement Lovériens puisqu'ils y fréquentaient les écoles et les associations.
Enfin, je m'en voudrais d'omettre qu'avant le New York Times, La Dépêche (du temps où j'y jouais un rôle certain) a consacré plusieurs articles à Suzanne Loomis notamment lorsqu'elle sortit en France et en Français « La cuisine de la ferme » les meilleures recettes du terroir (édition Jean-Claude Lattès, préface de Patricia Wells).

Battons-nous dès aujourd'hui contre le projet Sarkozy de réforme des collectivités locales

Les socialistes doivent se battre dès aujourd'hui contre le projet Sarkoy. (photo JCH du congrès de Reims)
Alain Rey m'a adressé un article du journal « Les dernières nouvelles d'Alsace ». Un journaliste a recueilli les propos de députés de l'Est après une rencontre à l'Elysée. Ils affirment que le président de la République veut rendre exécutives, dès 2011, les nouvelles structures territoriales qu'il préconise. On peut lire : « Le président de la République entend appliquer la réforme des collectivités locales dès 2011. Il prône la création d'un conseiller territorial unique à la fois départemental et régional, élu au scrutin uninominal en zone rurale et à la proportionnelle à un tour en ville. Nicolas Sarkozy a précisé mardi soir, devant une quarantaine de députés de la majorité invités à l'Élysée, sa position sur la réforme des collectivités locales sur laquelle la commission Balladur doit rendre ses conclusions fin février. Il a émis le souhait d'en discuter immédiatement après les élections européennes, pour un vote au parlement au courant du mois de septembre, sous réserve d'un consensus au sein de la majorité, indique le député colmarien Éric Straumann qui a participé à la réunion avec Frédéric Reiss et Émile Blessig. L'organisation des élections régionales serait repoussée d'une année, à savoir en 2011, année des élections cantonales. » Ainsi, Nicolas Sarkozy, sans se soucier d'une quelconque concertation avec les représentants des collectivités territoriales, élus des régions et des départements, s'accrochent à son projet de fusion entre ces deux collectivités. Il confirme sa volonté de redécoupage des cantons et assure qu'il demeure hostile à l'élection des délégués intercommunaux au suffrage universel pour ne pas affaiblir les maires. En réalité, il ne veut pas s'opposer aux maires ruraux, très majoritairement acquis à la droite. Il maintient son vœu de voir les nouveaux conseillers « territoriaux » élus à la proportionnelle dans les villes et au scrutin majoritaire dans les zones rurales. Il n'est pas dit que, consulté, le Conseil constitutionnel accepterait cette inégalité. Tout devra être prêt pour 2011, ce qui aurait pour effet de retarder les élections régionales d'une année.
Il appartient, d'ores et déjà, à la Gauche de monter au créneau sans se contenter de faire signer des pétitions. Si le Parti socialiste, notamment, principal parti dans le collimateur de Nicolas Sarkozy, ne sort pas les griffes rapidement et préventivement, il y a fort à parier que la Droite prendra cette passivité pour une apathie dont elle ne manquera pas de tirer profit. Battons dès aujourd'hui contre ce projet !