27 mars 2022

La mort de Pierre Quéméner, une belle figure de la vie lovérienne et sportive

Pierre Quéméner
Je viens d’apprendre le décès, à l’âge de 99 ans, de Pierre Quéméner, une figure de la vie lovérienne, lui qui a tant apporté à notre ville et dans bien des domaines. Mais avant de consacrer son temps et son énergie au service du bien commun dans l’action politique, Pierre avait été un conseiller pédagogique précieux au sein de l’Education nationale et ceux et celles qui l’ont approché savent combien il était attentif aux qualités qu’il savait déceler chez les futurs instituteurs et institutrices, ces hussards de la république laïque. Toujours un mot d’encouragement. Toujours une disponibilité. Dans conseiller, il y a conseil et son expérience ainsi que ses convictions faisaient merveille auprès des personnes dévouées à la cause toujours lumineuse qu’est l’enseignement. C’est si vrai que son épouse et certains de ses enfants — je pense à Jean-Pierre et Jacqueline son épouse ainsi qu’à Micheline — doivent être inscrit(e)s au tableau d’honneur de l’Education nationale.

Très proche de la jeunesse, Pierre était aussi un dirigeant sportif talentueux en plus d’être bénévole. On sous-estime gravement — et on a tort — l’importance que toutes ces femmes et hommes jouent au sein de la vie associative. Il fut l’un des cadres essentiels de l’Etoile athlétique lovérienne, où il côtoya les grands noms que sont MM. Totain, Boucher, Le Targa, Lambert, sans oublier les inconnus qui, chaque année le 11 novembre, courent le Carrington, cette fête du cross country ouvrant la saison au calendrier national et accueillant des coureurs de toutes nationalités.

C’est aussi grâce à lui (et quelques autres) qu’Alain Mimoun, Michel Jazy, Michel Bernard, des gloires de l’athlétisme hexagonal, sont venues à Louviers pour affronter les coureurs locaux et régionaux. Mes amis Daniel Legrand et  Jacky Ricard qui avaient connu « Monsieur Quéméner » au faîte de sa gloire sportive lui ont rendu visite pendant des années à l’Ermitage, le grand âge l’ayant obligé à quitter sa maison de la rue Guy de Maupassant où il était apprécié de tous les habitants du quartier.

A la table du conseil

Elu conseiller municipal d’opposition, avec Henri Fromentin et Louis Vallée, sur une liste d’action communale aux côtés du docteur Ernest Martin, il prit tout naturellement des responsabilités exécutives en devenant adjoint au maire lorsqu’Henri Fromentin devint le premier magistrat de la ville en 1976, d’abord et en 1977 encore lors du renouvellement national des assemblées communales. Dans son poste d’adjoint il déploya toutes ses qualités. C’est lui notamment qui contribua à permettre le jumelage de Louviers avec la ville allemande de Holzwickede conscient que le déroulement dramatique de la seconde guerre mondiale ne devait pas pénaliser les générations de jeunes Français et Allemands dont on apprécie aujourd’hui la qualité des échanges autant que leur impérieuse nécessité. Le sport faisait également partie de ses attributions et il parvint à soutenir tous les clubs sportifs de la ville. L’office municipal des sports alors présidé par André Crenn, fut le théâtre de duels épiques entre tenants du sport loisir et ceux du sport de compétition. Au sein du Comité d’Action de gauche, les partisans de l’un et de l’autre s’affrontèrent, Pierre parvenant à créer le consensus et à rassurer le monde sportif.

Sur le plan humain et relationnel et sans rien renier de ses convictions d’homme de gauche, Pierre Quéméner refusait tout sectarisme. Il était direct, ouvert, un animateur né et l’un des piliers d’une municipalité qui avait fait de la démocratie directe le cœur de son programme. Pierre Quéméner y démontra l’étendue de ses certitudes : la confiance, l’écoute, le partage, la discussion d’où peut sortir une solution aux problèmes collectifs embrassant tout le champ de l’action communale. Avec le décès de Pierre, c’est bien une page de Louviers qui se tourne. Denis Lahaye, ancien adjoint de Frank Martin, a réagi à la mort de Pierre Quéméner : « il habitait sa vie et a toujours été présent pour les autres. »

Les obsèques civiles de Pierre auront lieu ce vendredi 1er avril à 12 heures au crématorium d’Evreux. Je présente à ses enfants, ses petits-enfants et toute sa famille, mes condoléances attristées.

Avec Gérard Martin, Henri Fromentin, Patrice Yung et Monique Bonnet.

 


21 mars 2022

Mieux connaître la rivière d'Eure avec Jean-Pierre Binay, président de la SED de Louviers

Bernard Leroy, le président de l’agglomération (CASE) a raison : la région de Louviers a bien de la chance d’avoir sur son territoire une société savante dynamique composée de personnes capables d’aborder tous les sujets et ainsi d’améliorer les connaissances. Comme chacun sait, on n’a jamais fini d’apprendre et la SED contribue avec ses animateurs et ses invités à poursuivre ce but louable : partager des passions ou un savoir. Au fil des années, pour qui veut mieux connaître Flaubert, le général de Gaulle, Georges Simenon, Lily Mendès France ou l’histoire de la chute du mur de Berlin, pour ne citer que ces quelques exemples, la SED (Société d'études diverses) est devenue incontournable. L’art, la littérature, l’histoire, la géographie, la science sont en effet abordés dans des ouvrages édités par ses soins ou lors de conférences ouvertes aux adhérents, évidemment, mais aussi à des publics plus larges. Les élèves du primaire n’étant pas oubliés avec l’organisation annuelle d’un rallye destiné à leur permettre de découvrir le patrimoine local.

Les membres actifs du conseil d'administration

L’assemblée générale de la SED s’est tenue, ce samedi au Moulin, en présence d’un public nombreux démontrant l’intérêt collectif de cette association lovérienne. Les rapports ont été approuvés à l’unanimité, comme la liste des membres du conseil d’administration, lesquels ne se contentent pas de faire de la figuration.

C’est notamment le cas de Jean-Pierre Binay. L’actuel président de la Société d’études diverses connaît bien l’histoire de la rivière d’Eure et notamment celle des bras qui traversent Louviers. Les pertuis, les portes marinières, les cabotières, les moulins, le halage et les marchandises transportées jusqu’en 1926, année de la fin de navigabilité, n’avaient aucun secret pour un conférencier passionnant. Ainsi, JP Binay a longuement évoqué les travaux du canal dont une partie a longtemps servi de bassin d’apprentissage à la natation et de stade de water-polo. Des travaux conséquents y ont été entrepris en 1971 d’abord et plus récemment depuis que la CASE est devenue l’organisme chargé de l’entretien de la rivière. Démonstration a été faite, s’il en était besoin, que le président de la SED, à force de recherches et de trouvailles documentaires, aura su se montrer savant sans être ennuyeux. De chaleureux applaudissements ont salué son travail minutieux. Bravo Jean-Pierre !

Travaux du barrage de la Villette en 1971 (photo JCH)

 

19 mars 2022

Quelques réflexions au débotté : Bay, Le Pen, MAJ, Loncle, Colonna…

Qui connaît Nicolas Bay ?

Même en Normandie où il présidait le groupe RN du conseil régional avant de rejoindre Eric Zemmour, ce personnage sulfureux qui s’est maintes fois illustré par ses contre-vérités ou ses affirmations approximatives, demeure un parfait inconnu. Au-delà de sa posture à l’égard de Marine Le Pen (lâchée en rase campagne) que chacun appréciera à l’aune de ses convictions morales, le sieur Bay vient de se distinguer à nouveau en assurant que 30 % des réfugiés venus d’Ukraine en France étaient originaires d’Afrique, ces Africains que le militant d’extrême-droite juge non fréquentables. Marion Maréchal a répété les mêmes sottises, reprenant en boucle les éléments de langage distribués par les responsables de la communication de Zemmour. Mais comme dit l’autre, dire plusieurs fois un mensonge n’en fait pas une vérité. En France, selon une circulaire récemment adressée aux préfets, les ressortissants non ukrainiens qui ne bénéficiaient pas déjà d’un statut de réfugié en Ukraine et qui peuvent rentrer dans leur pays de manière « sûre » et « durable » ne seront pas pris en charge au titre de cette protection. Ils représentent à peine 3% des réfugiés.

M. Bay est un catholique intégriste, très déterminé dans sa lutte contre l’Islam (et pas seulement l’Islam intégriste) il voit des terroristes partout. Nicolas Bay, en ralliant Zemmour, croyait avoir misé sur le bon cheval. C’était sans compter sur la guerre déclenchée par Poutine contre l’Ukraine, son gouvernement, son peuple, ses espérances. Je ne doute pas que Zemmour perdra la présidentielle. Ce qui est plus intéressant, c’est que ses idées auront perdu, elles aussi.

 

 

N’oublions pas Marine Le Pen.

Elle a eu le culot d’affirmer que Zemmour et Mélenchon sont discrédités « compte tenu de leur proximité avec Poutine ! »Vous avez bien lu. Elle est gonflée. Marine Le Pen a été reçue avec beaucoup d’égards par Poutine en 2017 (lequel a facilité l’emprunt du FN auprès d’une banque russe) et sa « proximité » avec le dictateur est notoire. J’espère que les médias sauront retrouver les photos, les déclarations, les preuves attestant de l’amitié témoignée par Marine Le Pen à l’égard du maître du Kremlin. Quant aux sanctions contre les oligarques et l’entourage de Poutine, elle y serait favorable si c’est indolore pour les Français ! Quel courage !

 

François Loncle : « la géographie fait l’histoire »


François Loncle, ancien député de Louviers et ancien président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, était l’invité, ce vendredi, des responsables des « radicaux de gauche » de Louviers. Ces derniers (MM. Taconet et Ortega) souhaitaient faire profiter les personnes présentes de l’expérience acquise par M. Loncle au cours de sa carrière parlementaire et notamment de son « éclairage » sur la guerre en Ukraine. Comme « la géographie fait l’histoire » on comprend pourquoi Vladimir Poutine souhaite restaurer la grande Russie qu’elle soit tsariste ou stalinienne. En menant cette guerre, l’ancien membre du KGB, dont la violence est un style de vie, veut rétablir autant que faire se peut, les frontières de l’ex-URSS. Pour y parvenir il comptait sur la faiblesse des occidentaux qui se sont levés comme un seul homme. Et c’est là que l’OTAN ainsi que l’Union européenne prennent tous leur sens. Les ex-satellites de Moscou que sont La Pologne, la Roumanie, la Bulgarie, la Hongrie etc. sont protégés par l’article 5 de la charte ce qui n’est pas le cas de l’Ukraine. Comment mettre fin aux hostilités ? Par la négociation et les sanctions économiques et financières dont l’efficacité semble réelle. En armant également l’Ukraine dont la population fait face avec une foi et un courage immenses.

Avant que M. Loncle n’intervienne, Mme et M. Béton, animateurs d’une association d’aide aux personnes déplacées, avaient expliqué les objectifs de celle-là. Ils étaient en Pologne, récemment, pour venir en aide aux Ukrainiens contraints de fuir leurs villes sous les bombes.

 

MAJ vote Macron…au second tour

Marc-Antoine Jamet, maire de Val-de-Reuil, s’inscrit dans le réel. Conscient du potentiel score d’Anne Hidalgo, candidate socialiste qu’il a parrainée, il a décidé d’enjamber le premier tour de l’élection présidentielle et d’appeler d’ores et déjà à voter pour Emmanuel Macron au second. Si ce dernier est face à Marine Le Pen, le choix des républicains et des démocrates sera, en effet, facile à faire.

Anne Hidalgo est à la peine. Les sondages (qu’il faut toujours prendre avec des pincettes) indiquent que la maire de Paris ne dépassera pas les 5 %, cap à franchir pour obtenir le remboursement par l’Etat des frais de campagne. En fait, Mme Hidalgo paie cash une descente aux enfers qui date de François Hollande dans l’incapacité de se représenter mais plus largement dans une forme de rejet des partis dits de gouvernement. L’espace politique du PS et de LR s’est rétréci sous l’effet du macronisme et de l’influence accrue des extrêmes. On peut être fort localement et faible quand on touche aux cimes du pouvoir présidentiel.

 

L’agression d’Yvan Colonna : à qui la faute ?

France 3 Corse a diffusé (partiellement) les images de la sauvage agression dont a été victime Yvan Colonna (l’un des membres du commando qui assassina le préfet Claude Erignac) de la part d’un co-détenu « islamiste radicalisé ». Ces images de vidéosurveillance ont été sorties de la prison on ne sait comment même si on sait pourquoi. Elles permettent en effet de situer les responsabilités administratives voire politiques dans ce qui est un acte qui n’aurait jamais dû se produire. Toujours est-il qu’elles existent et que M. Ridell, de l’administration pénitentiaire, invité par une commission parlementaire à s’exprimer sur cette tentative d’assassinat n’aurait pas raconté avec exactitude le déroulement des faits. Je l’ai écouté et ses propos souvent hésitants, m’ont troublé. Il a marmonné, bredouillé, prenant d’infinies précautions sémantiques alors que les images parlent d’elles-mêmes. Il a fallu que plusieurs minutes s’écoulent avant qu’un surveillant intervienne et prévienne les secours. Cet acte a des conséquences : la violence urbaine en Corse, le début de discussions entre le gouvernement et les nationalistes pouvant déboucher sur une certaine autonomie…à définir.

12 mars 2022

La guerre de Poutine est une guerre contre notre civilisation

Le comble du cynisme. En accusant de soi-disant nationalistes ukrainiens d’être les auteurs du bombardement de la maternité de Marioupol, l’ambassadeur de Vladimir Poutine en France a atteint des sommets de mauvaise foi. C’est si vrai que les responsables de la communication à Moscou ont indiqué « se renseigner » auprès du commandement des troupes en Ukraine. Mais les faits sont bien documentés comme disant les experts. Un missile russe a atteint des femmes et des enfants dont certain(e)s ont été tué(e)s ou blessé(e)s.

En fait, Poutine a d’ores et déjà perdu une guerre qu’il n’aurait jamais du commencer. On a beau avoir des chars et des avions. Des missiles et des bombes. Quand on est l’envahisseur, on doit en payer le prix et celui-ci est d’ores et déjà très élevé. C’est grâce à Poutine que l’Union européenne affirme son unité et sa solidité. C’est grâce à Poutine que l’Allemagne a décidé de réarmer. C’est aussi grâce à Poutine que les dirigeants européens ont décidé de limiter leur utilisation du gaz et du pétrole russes. Le rouble a chuté de 50 %. L’économie russe déjà mal en point va sombrer.

Faut-il s’en réjouir ? Ce serait indigne. Car en punissant le dirigeant russe, c’est le peuple russe qui trinque. Un peuple qui ignore tout de « l’opération spéciale » en cours (à Moscou il est interdit de prononcer le mot de guerre) et qui croit en majorité que les Ukrainiens sont des nazis ou des agresseurs. Pauvre peuple russe victime d’un mensonge d’état et d’un tyran depuis tant d’années.

Mais le plus à plaindre est le bien le peuple ukrainien. Des centaines de milliers de réfugiés lancés sur les routes, hors des villes assiégées, en quête de soins, d’eau, de protection. Sans doute des centaines de morts militaires et civils et de blessés luttant pour conserver leur indépendance et protéger leur territoire. Que peut faire l’Europe ? Refuser l’équilibre prôné par certains candidats à la présidence de la République. Fournir des armes. Sanctionner encore plus durement les oligarques, ces prédateurs sans foi ni loi. Marginaliser Poutine sur la scène internationale. Une agence de notation annonce la banqueroute imminente de la Russie…et ce n’est qu’un début.

Les réfugiés ? Parlons-en. Les 27 ne rechignent pas à accueillir les familles en détresse. La France serait sur le point de donner l’asile à 100 000 Ukrainiens, une détresse que même Robert Ménard, maire de Béziers, prend en compte : « j’ai honte de ce que j’ai dit il n’y a pas si longtemps » reconnaît-il. Une honte qui devrait affecter un Zemmour plus isolé que jamais et lamentable dans son face à face avec Valérie Pécresse.

De fait  l’élection présidentielle française passe au second plan des préoccupations hexagonales. Car la guerre faite à l’Ukraine est une guerre contre notre système démocratique, notre culture, notre mode de vie, notre civilisation. Il importe de les défendre de toutes nos forces et de toute notre énergie.

7 mars 2022

Imagine-t-on Marine Le Pen ou Eric Zemmour à la présidence de la République ?

Imagine-t-on Marine Le Pen ou Eric Zemmour élu(e) à la présidence de la République ? Imagine-t-on ces deux « pétainistes » faire face avec crédibilité à Vladimir Poutine alors même qu’ils vantent depuis des années les soi-disant qualités du dictateur russe ? « Il nous faut un Poutine français » clamait Zemmour ! Marine Le Pen refuse aujourd'hui qu’on livre des armes aux Ukrainiens et rejette les sanctions économiques et financières prises par l’Europe (mais pas seulement) contre la Russie ? Quel serait leur rapport de force avec Poutine alors que celui-ci ne comprend qu’un dialogue musclé voire brutal ? En fait,  Le Pen et Zemmour seraient d’une faiblesse absolue face au maître du Kremlin et les états européens très vite menacés par la Russie : la Moldavie, la Géorgie, les états baltes, la Pologne n’auraient que leurs yeux pour pleurer.

Avant de voter le 10 avril et surtout le 24, les électeurs et les électrices devront bien peser leur choix. Si les sondages actuels indiquent les principales lignes de force, on ignore encore qui, de Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon ou Eric Zemmour, affrontera le président sortant ? Le risque serait que la campagne électorale soit phagocytée par la guerre en Ukraine et que les débats nécessaires voire indispensables dans une démocratie soient tronqués. Mais la guerre d’Ukraine écrase tout et c’est bien normal.

S’agissant de Zemmour, je viens de lire l’article mis en ligne sur le blog de Jean-Pierre Filiu. Cet éminent observateur de la politique étrangère raconte le parcours « intellectuel » de Zemmour et le soutien permanent qu’il a apporté au tyran Bachar el Assad en Syrie. Il rappelle comment le candidat d’extrême-droite a justifié le soutien des Russes à ce dictateur lequel n’a pas hésité à utiliser des armes chimiques contre ses opposants dont les Kurdes principaux adversaires de l’Etat Islamique. L’ancien journaliste du Figaro n’hésitait d’ailleurs pas à saluer le courage des djihadistes prêts à mourir dans leur guerre contre l’occident ! Maintenant rejoint par Marion Maréchal dont il souhaitait le soutien, cet ajout calculé mais bien tardif risque bien d’être un coup d’épée dans l’eau. Les Français(e)s ont la tête ailleurs. Ils se demandent à combien vont s’élever le prix de l’essence à la pompe et leur facture de chauffage ? Ils s’interrogent sur la santé mentale d’un homme seul face à ses démons : un esprit revanchard et l’amour de la guerre. Et le Z dessiné sur les chars russes renforce, malgré lui bien sûr, les choix scandaleux de Zemmour.

4 mars 2022

Wauquiez traite Emmanuel Macron de « dictateur cynique »

Avec Wauquiez et Ciotti comme amis, Mme Pécresse n’a pas besoin d’ennemis selon la célèbre formule consacrée. Non seulement le sieur Ciotti votera Zemmour au second tour (encore faudrait-il que le nazillon s’y qualifie) mais en plus Wauquiez dans une envolée non lyrique dont il a le secret a traité Emmanuel Macron de « dictateur cynique » oubliant simplement que le dictateur, le vrai, s’appelle Vladimir Poutine. Dans la dictature russe, les opposants sont en prison et la presse libre est bâillonnée. Ce n’est heureusement pas le cas en France.
L‘entourage de Mme Pécresse, on le serait à moins, était sidéré d’entendre les insultes de Wauquiez assurant que ses propos avaient dépassé sa pensée. Qui s’intéresse même de loin à la psychologie, trouvera matière à s’inquiéter de la parole d’un homme qu’on hésite à nommer « responsable » d’un parti politique dit de gouvernement. On sait pourtant où le président de la Région Auvergne a conduit ses troupes lors de scrutins récents et si j’étais Mme Pécresse, je m’empresserais de faire taire ce trublion imprudent autant qu’impudent. Comme l’animal Wauquiez n’est pas un perdreau de l’année, il faut tout de même se poser la question suivante : Et si Wauquiez dans l’incapacité de concourir à la primaire des Républicains et donc d’être le candidat de la droite dure avait trouvé là un moyen de se venger de Mme Pécresse, plus habile que lui à rassembler les suffrages venus de l’Asie ou de je ne sais où ? S’il poursuit dans cette voie, je ne doute pas que Mme Maréchal n’aura aucun mal à rassembler l’extrême droite sans sa tante mais avec Zemmour. Pour Wauquiez, le pire est à venir.

2 mars 2022

Soutien à l'Ukraine à Val-de-Reuil : un message d'espoir et de solidarité

Rassemblement au Monument à la Mémoire et à la paix

Solennité, sobriété, solidarité. Le rassemblement en faveur de la paix en Ukraine et du soutien aux Ukrainiens organisé hier soir à Val-de-Reuil, a permis à des centaines d’habitants de la région de manifester leur sympathie au peuple en lutte contre l’agression des forces russes. Et comme à Val-de-Reuil, on ne fait pas les choses à moitié, on eut droit à trois interventions dont celle de Marc-Antoine Jamet, conseiller départemental et maire, qu’on pourrait résumer en une phrase : « hostilité aux agresseurs, soutien aux victimes.» Les victimes étant évidemment le peuple ukrainien dont les couleurs du drapeau résument l’histoire : bleu comme le ciel, doré comme les blés. Et puis, se rassembler dans l'enceinte du monument à la Mémoire et à Paix prenait tout son sens quand les canons tonnent sur Kiev et Kharkiv !

MAJ et la famille ukrainienne rolivaloise

Plusieurs associations avaient appelé à être présent(e)s à Val-de-Reuil. Catherine Dumoulin, responsable du groupe local d’Amnesty International, donna lecture des messages de la secrétaire générale de l’association. Exceptionnellement Amnesty a pris position alors que la neutralité est sa règle de conduite. Mais l’usage d’armes interdites susceptibles d’exposer Poutine à des crimes de guerre contraint Amnesty à réagir après le bombardement d’une école au premier jour de la guerre : « Rien ne justifie de larguer des armes à sous munitions dans des zones peuplées, encore moins à proximité d'une école. Cette attaque porte toutes les caractéristiques de l'utilisation par la Russie de cette arme qui frappe aveuglement et qui est interdite au niveau international et montre un mépris flagrant pour les vies des civils », selon Agnès Callamard, secrétaire générale d'Amnesty International.
Catherine Dumoulin d'Amnesty International

Un texte en forme d’adresse à Poutine, écrit par Patrick Verschueren, de la compagnie Ephéméride a dénoncé à la fois le capitalisme destructeur de l’environnement et la dictature russe, prenant bien soin de différencier le peuple et son chef actuel.

Après avoir allumé bougies et portables, une représentante ukrainienne de Val-de-Reuil, très émue et émouvante, a permis aux personnes présentes d’applaudir chaleureusement une Ukraine dont le drapeau a été hissé tandis que résonnaient l’hymne national de ce pays et l’hymne à la joie de l’Union Européenne dans laquelle les hommes et les femmes de Kiev espèrent entrer un jour.

28 février 2022

Mardi 1er mars rassemblement de soutien à l'Ukraine à Val-de-Reuil

Ce mardi 1er mars, à l’initiative de plusieurs associations, partis politiques et la mairie de Val-de-Reuil, un rassemblement au peuple ukrainien se tiendra à 18 h 45 devant le monument à la mémoire et à la paix.

Gageons que les démocrates de tous les partis républicains auront à cœur de démontrer leur volonté de soutenir le peuple ukrainien et ses représentants élus. Parmi ces derniers, saluons le courage et la dignité du président Zelensky qui tient tête au dictateur russe et à son armée.

Le programme des conférences de la SED

Gérard Gengembre et Claude Cornu lors de la récente conférence sur Maurice Leblanc et Georges Simenon en Normandie.

Le programme des prochaines conférences de la SED : « L'Eure, artère vitale du Pays de Louviers», par Jean-Pierre Binay, président de la SED. La conférence sera précédée à 15 heures de l’assemblée générale annuelle de la SED.

Samedi 26 avril 2022 : « L'affaire Jules Durand : quand l'erreur judiciaire devient crime», par Marc Hédrich, magistrat, président de cour d'Assises, auteur d'un livre sur cette affaire.

Samedi 21 mai 2022 : « Louviers 1431 : le grand siège »par Thomas Guérin, archéologue et membre de la SED.

NB : L'assemblée générale et la conférence du 19 mars auront lieu dans la salle du Moulin. Les autres manifestations se dérouleront à 16 heures dans la salle Pierre Mendès France de l’hôtel de ville.

Il faut « dépoutiniser » l'extrême droite et l'extrême gauche françaises

Poutine veut « dénazifier » l'Ukraine. Je pense qu'il faut plutôt « dépoutiniser » trois candidats à l'élection présidentielle française. Qu’il s’agisse de Zemmour, de Le Pen ou de Mélenchon, ceux-là même qui encensaient Poutine il y a peu, tous trois ont subitement changé leur fusil d’épaule pour condamner le chef du Kremlin qu’ils accusent de bellicisme et d'être un fauteur de guerre. Il n’y a pas si longtemps, quelques semaines pour Zemmour et Le Pen et quelques mois pour Mélenchon (et encore à la Réunion hier), ces trois comparses voyaient l’OTAN partout et Poutine nulle part. La France, s’ils la dirigeaient, sortiraient du commandement intégré de l’OTAN et se tiendraient à équidistance des grandes puissances militaires que sont la Russie et les Etats-Unis d’Amérique. Eux ne feraient la guerre à personne puisqu’ils sont des pacifistes patentés ! Imagine-t-on la France du général de Gaulle se tenir à l’écart d’un conflit européen alors que le général en 1962 avait sans hésiter un seul instant, apporté son soutien aux Etats-Unis dans l’affaire des missiles de Cuba ? Et Cuba c’est plus loin de la France que l’Ukraine.

Mais la Russie a plus d’une spécificité : elle tue ses opposants internes, elle leur met une balle dans la tête ou leur injecte un poison mortel. Et quand ils ne sont pas assassinés, les anti-Poutine finissent en prison ou dans des goulags. L’armée russe veut donner des leçons à l’occident, elle rase pourtant des villes comme Alep (Syrie) ou Grozny (Tchéchény). Elle rampe (avec les mercenaires de Wagner) en Afrique pour protéger les putschistes ou les dictateurs moyennant minerais et terres rares. Cela, M. Mélenchon n’en parle pas. Zemmour non plus d’ailleurs. Quant à Le Pen, il est facile de ressortir sa photo (voir plus haut) dans le bureau de Poutine en 2017 où elle était venue chercher financement et absolution.

Et quand Poutine (ancien du KGB) invite ses chefs militaires à mettre en alerte les forces nucléaires russes, il ne se trouve personne dans le trio pour refuser ce chantage. Alors que des négociations pourraient se tenir à la frontière avec la Biélorussie, chacun sent bien que seule la voie diplomatique peut avoir une chance de mettre fin au conflit voulu et ouvert par la Russie. L’Ukraine est un pays libre, démocratique, il a été envahi par des troupes agressives. Point barre. Il n’y a pas de mais.

J'apprends, en écrivant ces lignes que Zemmour propose aux réfugiés ukrainiens (des femmes et des enfants notamment) qui fuient la guerre — dont des bombardements mortels — de rester en Pologne…plus près de chez eux plutôt que de venir en France. Ben voyons. Quelle indignité.