23 juin 2009

Philippe Val se venge de Frédéric Pommier

« Notre confrère paye surtout le fait d'avoir cité Siné Hebdo dans la revue de presse. Philippe Val, à l'époque directeur (et actionnaire) de Charlie Hebdo, lui en avait vertement et devant témoins fait le reproche.» «La liberté éditoriale ne se discute pas». «Les syndicats SNJ, SNJ-FO, SNJ-CGT et SUD demandent solennellement à la direction de France Inter de revenir sur cette décision inacceptable pour toute la rédaction ».
La première décision de Philippe Val, nouveau directeur de France Inter, a été prise deux heures après son arrivée dans la maison ronde. Il a viré Frédéric Pommier de la revue de presse du matin. Question vengeance, le Val s'y connaît. Frédéric Pommier aurait eu une dent contre notre confrère depuis des mois et le moment était venu de régler les comptes. Quand il a été question de Philippe Val pour la direction de France Inter j'ai exprimé des craintes. Nombre de bonnes âmes m'ont reproché ces préventions. Malheureusement pour elles, les faits me donnent raison. A regrets.

« Les socialistes illisibles et inaudibles » à l'occasion du congrès de Versailles

Un cadre du Parti socialiste, sous couvert de l'anonymat, a déclaré à un journaliste que le Parti socialiste avait été « illisible et inaudible » à l'occasion du congrès de Versailles. Une fois de plus, le choix fait par le PS n'a pas été le bon. François Loncle, député de l'Eure, avait raison. On devrait plus et mieux écouter les députés de base blanchis sous le harnois. Ils hument le bruit de fond, ils sentent les mauvais coups et l'expérience du terrain leur est un formidable atout.
De quelque côté que je me sois tourné, ce ne fut que reproches et colère. Que diantre les socialistes allaient-ils faire dans cette galère ? C'est simple, pour la grande majorité de mes interlocuteurs, il n'y avait que des coups à prendre. Que du négatif. La direction du PS manque-t-elle à ce point de discernement qu'elle n'est pas capable de faire le choix de la simplicité, de la clarté ? Ce n'est pas être un mauvais député que de refuser de servir de caution à Nicolas II. Ce n'est pas être un vilain élu que de ne pas accepter de se faire chapitrer ? Et la Burqa par ci qui n'est pas la bienvenue (1) sur le sol français (même quand ce sont des françaises qui la portent ?) et la réforme des collectivités locales par là qui doit diviser par deux le nombre d'élus départementaux et régionaux ! Et le grand emprunt qui va creuser encore plus les déficits ! Et pas question de revenir sur le bouclier fiscal ni sur le paquet fiscal qui ne profitent qu'aux riches. Et les prisons qui sont la honte de ce pays (Nicolas Sarkozy est au gouvernement depuis 2002 !) on doit même y affecter Mme Boutin , c'est dire…
Martine Aubry a raison d'affirmer que M. Sarkozy ne s'est pas hissé à la hauteur des enjeux. Elle me fait pourtant penser à la blague de Coluche : « comme disait mon père que tes jambes soient grandes ou petites, l'important c'est que tes pieds touchent par terre ». J'ai soutenu Martine Aubry, j'ai fait sa campagne interne, je ne regrette pas mon choix. Il faut maintenant qu'elle tape sur la table, cesse d'écouter Pierre, Paul ou Jacques, s'affirme. Très vite.

Pétition en faveur de la famille Dramé

Je rappelle que les personnes qui souhaitent signer la pétition en faveur de la famille Dramé menacée d'expulsion (voir l'un de mes textes récents) peuvent la signer en ligne aux adresses suivantes : http://www.educationsansfrontieres.org/article20778.html rubrique RESF –Collectifs locaux – 27 Eure et http://pagesperso-orange.fr/cefed27

Le nombre de voix dépassait le nombre d'électeurs inscrits »

« Un porte-parole du Conseil des gardiens a précisé qu'une des plaintes les plus fréquentes portait sur le fait que le nombre de voix dépassait le nombre d'électeurs inscrits dans certaines circonscriptions. » Dans cette phrase extraite d'un communiqué officiel des responsables de l'Etat iranien, tout est dit. Et les dictateurs religieux de l'Iran voudraient nous faire croire que le vote a été démocratique ! Je ne veux pas trier entre les ayatollahs, le guide suprême Kamenei et les sous-chefs, tous chiites. Cette parodie de démocratie nous rappelle, s'il en était besoin, que la démocratie à l'occidentale, avec listes électorales, isoloirs et bulletins secrets, demeure encore et de loin, la source de la vraie légitimité. D'où la nécessité d'une participation forte qui donne toute sa valeur à l'expression du peuple.
La caricature iranienne de suffrage universel avec multiplicité des votes, promenades des urnes et falsification dans les bas-fonds du ministère de l'Intérieur, n'est pas ce qu'on fait de pire puisque dans certains pays on ne vote même pas ! A quoi bon voter si le scrutin n'a aucun sens et si les dés sont pipés. L'intégrisme religieux, quel qu'il soit, où qu'il s'exerce, conduit à cette dictature de la pensée et donc à l'absence de pluralisme.

Base élèves : le gouvernement fortement interpellé par l’ONU

« La FCPE et la Ligue des droits de l’Homme se réjouissent des nombreuses réserves exprimées par le Comité des droits de l’enfant de l’ONU à propos du fichier « base élèves ». Le comité, dans son avis prononcé le 11 juin, s’est notamment dit préoccupé par « l’insuffisance de dispositions légales propres à prévenir son interconnexion avec les bases de données d’autres administrations ». Le comité de l’ONU présente deux exigences : que les parents aient un droit de rectification et d'effacement du fichier et que les accès à celui-ci soient véritablement sécurisés. Ce sont précisément les demandes portées depuis des mois par les parents d’élèves et les défenseurs des droits de l’Homme.
C’était le sens du courrier adressé au ministre de l’Education nationale le 23 mars dernier et signé par plusieurs associations et syndicats d’enseignants (dont la FCPE et la LDH), courrier auquel les services du ministère ont répondu de manière très insatisfaisante et sans aucun engagement. La FCPE et la LDH se sont toutes deux inquiétées lors de leurs derniers congrès des orientations gouvernementales à l’égard de la jeunesse (stigmatisation, fichage, diminution de moyens pour l’Education nationale…).
Elles demandent instamment au gouvernement d’entendre les exigences formulées par le Comité des droits de l’enfant de l’ONU et de prendre des mesures en conséquence. Au moment où l’on s’apprête à fêter le 20ème anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant, la surdité du gouvernement à ce sujet serait un très mauvais signe. »
Communiqué commun de la FCPE et le la Ligue des droits de l'homme

22 juin 2009

Epandage sauvage à la Haye-Malherbe, un sous-traitant de Véolia mis en cause


Quand les partis de Gauche s'unissent (notre photo JCH) les résultats sont excellents. La conférence de presse tenue ce lundi par le Parti communiste français, le Parti socialiste, le Parti de Gauche et le Nouveau parti anticapitaliste, avait de l'allure. Les représentants de chaque parti avaient, en effet, en charge de narrer par le menu des faits (et leurs conséquences) survenus le 27 mai dernier à La Haye-Malherbe, dans l'après-midi, quasiment sous les fenêtres du domicile de Stéphane Connan, ancien salarié de la société Véolia, et qui mettent en cause la conduite et le comportement d'employés d'un sous-traitant de cette grande société multinationale. Des employés qui, normalement, savent faire la différence entre un tampon d'eaux pluviales et un tampon d'eaux usées.
Stéphane Connan remarque, ce 27 mai, qu'un camion-citerne « Véolia » vide son contenu sur un terrain communal de la Haye-Malherbe sous la forme de déchets liquides non encore identifiés aujourd'hui. Sont-ils toxiques, ne le sont-ils pas ? L'avenir le dira. Hervé Letellier, maire de la commune, informé des faits, s’est rendu à la brigade de gendarmerie pour déposer une plainte contre cet épandage sauvage. Il a prévenu les services de la police de l’eau (qui ont fait un constat sur place) et sollicité le concours du Laboratoire départemental d’analyses (indépendant). Ses agents ont effectué divers prélèvements et nous connaîtrons les résultats de leurs recherches dans quelques jours voire quelques semaines. Le maire a demandé à Véolia de rendre le soir-même le site aussi propre qu'avant l'intervention de ses salariés (notre photo Stéphane Connan).
Comme la CASE (communauté d'agglomération Seine-Eure) est dotée de la compétence eau et assainissement, M. Letellier a profité d’une conférence des présidents de commissions de l’agglomération, le 28 mai, pour les informer de l’incident — appelons le comme cela pour l’instant — de La Haye-Malherbe. Il les a mis en garde contre certains comportements et les a appelés à une vigilance accrue.
Sophie Ozanne, pour le NPA, Reynald Harlaut, pour le Parti de Gauche, Claudine Dutheuil pour le PCF et Christian Renoncourt pour le PS, ont tour à tour rappelé la puissance des grandes sociétés spécialisées dans l'eau, l'assainissement, l'épuration, les transports, l'élimination des déchets, leur traitement, etc. et le lobbying incessant qu'elles exercent auprès des collectivités locales. Une question essentielle revient sans cesse : quel contrôle ont les élus et les usagers sur les travaux, les pratiques, la sécurité (les collectivités sont propriétaires des installations) et la facturation des prestations de ce grand du CAC 40 ? Michel Doucet a évoqué un rapport annuel « opâque ». Véolia en Normandie, c'est tout de même 2032 collaborateurs, 292 millions euros de chiffre d'affaires, 620 000 tonnes de déchets industriels, 835 000 déchets ménagers, 47 installations classées. Voilà une entreprise qui pèse dans la région…
Au-delà de « l'incident » de la Haye-Malherbe et de son évidente illégalité qui aura — normalement — des suites (1) les partis de Gauche de Louviers ont décidé de constituer un groupe de travail sur le dossier de l'eau et de l'assainissement. L'objectif est d'étudier le plus précisément possible les avantages et les inconvénients d'une délégation de service public et ceux d'une régie communautaire. D'après les études, il semble que le retour en régie communautaire publique permettrait de baisser le prix de l'eau de 30 % ! Cela vaut donc le coup d'y regarder de très près. De beaucoup plus près en tout cas que ne le font certains responsables politiques.
Cette conférence de presse n'est sans doute que le début d'un marathon. Il y faudra de la patience, du courage, de l'opiniâtreté, de la solidarité. Nous n'en manquons pas.
(1) Suites judiciaires ? Ne rêvons pas…

Le Parti socialiste doit, enfin, occuper le devant de la scène

Les échos de la participation des parlementaires socialistes au congrès de Versailles ne sont pas bons. Grosso modo, les amis, les camarades et ceux qui moquent habituellement le PS considèrent que ce parti cultive les demi-mesures ce qui entraîne des demi-adhésions voire des demi-votes. Ou on n'allait pas à Versailles et le choix était clair ou on y allait mais alors, il fallait prendre la parole et en dix minutes, contrer les réformes à venir. Il existe des tribuns talentueux au PS. On ne me fera pas croire qu'aucun(e) d'entre eux (elles) n'est capable d'improviser une réponse ciselée et publiquement forte. Évidemment, il faut savoir dépasser les problèmes de personnes et de courants.
Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy fait le jeu. Il choisit les thèmes, les moments, les lieux du débat. Et la presse suit. Cette stratégie est connue. Elle porte un nom anglo-saxon évidemment. Pourquoi les dirigeants du principal parti d'opposition ne lui opposent-ils pas une contre-stratégie, originale et créative, obligeant Sarkozy à aller sur leur terrain. Jouer à domicile donne un certain avantage. Se battre sur des sujets choisis par lui, travaillés, argumentés, c'est ce qui a manqué au PS lors de la campagne pour les élections européennes.
Cet après-midi, le Président de la République, sur son nuage, va certainement annoncer une réforme des collectivités locales. Il prendra tout le monde de vitesse alors que, depuis des mois, le PS sait qu'une épée de Damoclès le menace. Il eût été pertinent d'anticiper cette attaque en règle contre les régions et les départements. Un rempart aurait pu être dressé contre cette agression même si les Français se déclarent favorables à une simplification des strates administrativo-politiques. Car ne nous y trompons pas : derrière la course aux soi-disantes économies de M. Woerth, se profile la chasse aux élus de Gauche. Le projet de redécoupage des circonscriptions législatives à Paris et ailleurs devrait même être un casus belli. M. Sarkozy juge l'opposition (de Gauche et de Droite) affaiblie, il veut leur donner le coup de (l'Etat de) grâce.
Le Parti socialiste a enfin l'occasion de montrer ses muscles. Et ses capacités intellectuelles. A lui d'occuper le devant de la scène.

21 juin 2009

La taxe professionnelle compensée par une augmentation de la taxe foncière ?

Eric Woerth, ministre du budget, invité du grand Jury RTL, a confirmé la suppression de la taxe professionnelle au 1er janvier 2010. Invité à expliquer comment il compenserait cette recette essentielle pour les collectivités territoriales, le ministre (un peu confus dans ses explications) a assuré que la somme à trouver — huit milliards d'euros — ne serait sans doute pas prise dans la poche des sociétés mais plutôt dans celle de ceux qui paient la taxe foncière.
Les entreprises paient, certes, la taxe foncière mais les ménages aussi. Et à Louviers, on sait que cette taxe n'est pas indolore. Bien au contraire. Faut-il comprendre que la suppression de la taxe professionnelle « un impôt absurde » selon M. Woerth, sera intégralement compensée par l'impôt sur le foncier bâti et le foncier non bâti ? Voilà une affaire à suivre de très près.
Interrogé par Etienne Mougeotte sur la réforme des collectivités locales, M. Woerth a confirmé la volonté du président de la République de supprimer la compétence générale dont sont dotées communes, départements et régions et d'envoyer siéger à la région les élus des départements. Ce qu'il n'a pas dit, c'est que ces conseillers territoriaux seraient élus à la proportionnelle dans les villes et au scrutin majoritaire dans les campagnes, là où la droite fait ses meilleurs scores.
Il nous faut une réforme qui « simplifie et diminue les dépenses » a poursuivi le ministre. On devrait en savoir plus demain lors du discours du président devant le congrès. L'avenir des départements et des régions où la Gauche est majoritaire risque bien d'être scellé au nom de l'état de grâce…car diminuer les dépenses cela signifie clairement diminuer le nombre d'élus de Gauche.
(photo Martin Bureau, AFP)

Quelqu'un m'écrit : « Je t'en défie »

J'ai reçu à 13 h 47 et 13 h 53, deux commentaires anonymes après la parution de l'article consacré à l'attitude pour le moins grossière du maire de Louviers à l'égard des historiens invités par l'Institut Pierre Mendès France (lire ci-dessous). L'un d'eux se termine ainsi : « Et tu ne seras même pas capable de publier ce commentaire : je t'en défie ! »
Non, même si quelqu'un m'en défie, je ne publierai pas un commentaire anonyme qui n'est qu'un tissu d'insultes. Par ailleurs je ne vois vraiment pas au nom de quoi je me priverais de rendre public un comportement que d'autres que moi-même (ils me l'ont dit) ont jugé totalement indélicat. Je comprends bien que cela ne fasse pas plaisir aux entourages divers du maire actuel mais alors, qu'ils l'invitent à se comporter différemment en public.

« La place que tenait Louviers dans la vie de PMF : immense ! »

Entre Benjamin Stora et Eric Roussel (à droite sur la photo) une place vide, celle du maire. (photo JCH)
« Ce matin, ouverture des travaux du séminaire de l'Institut Pierre Mendes France, dans la salle éponyme de la mairie. L'honneur fait à notre ville est à la mesure de la place que tenait Louviers dans la vie de PMF : immense. » Voilà ce qu'on lit sur l'un des blogs du maire de Louviers pour illustrer la photo où ce dernier siège en bonne place au beau milieu de tous les historiens invités à Louviers par l'Institut Pierre Mendès France que préside Eric Roussel. Parmi eux Irwin Wall, professeur d'histoire à l'université Riverside de Californie, Robert Frank, professeur des universités (Paris 1) Benjamin Stora, professeur des universités, spécialiste des relations entre la France et l'Algérie, Georges-Henri Soutou, professeur des universités (Paris Sorbonne). Michel Mendès France, l'un des fils de PMF et Tristan, le petit-fils de PMF, étaient également présents ainsi que François Loncle, député de Louviers. Claude Cornu et Bernard Bodinier, de la Société d'études diverses et historiens aux mêmes avaient tenu à assister à ce séminaire dont j'ai rendu compte avant-hier.
Ce que ne dit pas l'auteur de la légende c'est que le maire a prononcé quelques brèves paroles de bienvenue avant de s'éclipser en n'omettant pas de serrer la main à chaque intervenant (dont il n'a évidemment rien entendu des propos) s'excusant de devoir partir si vite et surtout promettant de repasser dans l'après-midi alors que le séminaire « Pierre Mendès France et la guerre d'Algérie » se tenait de 10 heures à 12 h 30.
Il y a mieux (ou pire). Invité à déjeuner chez Michel et Tristan Mendès France, aux Monts, le créateur de feu les Jeunesses mendésiennes, a fait téléphoner pendant le repas pour, à nouveau, s'excuser de son absence. « Pierre Mendès France tenait une place immense à Louviers ». Dommage que des problèmes d'agenda mal réglés aient privé l'honorable assemblée de la présence d'un successeur de Pierre Mendès France qui ne manque jamais de se réclamer de sa pensée, de sa politique, de son exemple. Mais ne trouve pas le temps de consacrer deux heures à l'histoire de son action.