
Il n’est pas le seul.
Emmanuel Macron, hier à Forbach, interpellé par un journaliste de radio lui répond
sèchement : « les journalistes ne m’intéressent
pas, ceux qui m’intéressent ce sont les Français. » Dans le genre langue de
bois on fait difficilement pire.
Que se passe-t-il dans cette
France de 2017 qui vient de connaître des bouleversements importants pour que
des élus, des responsables de partis, des citoyens aussi, attaquent les
journalistes devenus des parias. Ils seraient (presque) tous des vendus ou des
achetés (c’est selon). Ils seraient au service d’officines évidemment non nommées.
La recherche de la vérité serait le cadet de leurs soucis et, comme le rabâche
Donald Trump, la presse assénerait mensonges et contre vérités à longueur d’antenne
ou de colonnes.
Jean-Luc Mélenchon est
devenu un expert dans l’art d’humilier les journalistes. Sûr de lui et
dominateur, il s’est même permis (sur son blog) de rappeler l’histoire militante de certains éditorialistes
pour leur reprocher leurs engagements d’antan qui au PC qui au PS…Comme si lui,
Jean-Luc Mélenchon, devait sans cesse justifier d’avoir été un jour trotskyste
ou membre de l’appareil socialiste. Il fut même ministre ! Les hommes changent, les contextes
historiques aussi ainsi que le monde politique. Les journalistes ont le droit à
l’engagement. L’objectivité absolue n’existant pas. Sans faire preuve d’esprit
partisan ou sectaire, les hommes et femmes de presse ont le devoir, pour le
coup, de dénoncer tous les abus, toutes les frasques, tous les excès, de ceux
et celles qui aspirent à représenter les citoyens. Au prix de la critique et de la mise en cause…
Que serait notre pays sans
Le Canard enchaîné ou Médiapart ? Fillon serait peut-être président de la
République voire pire avec Nicolas Sarkozy ? Emplois familiaux, conflits d’intérêts,
pantouflages, privilèges…sans la presse, pas de loi de moralisation de la vie
publique, pas de clarté sur le financement des campagnes électorales, pas de dénonciation
des scandales.
Mélenchon et Macron ont évidemment
tort de mépriser le rôle de la presse dans une démocratie adulte et bien
vivante. En ont-ils peur ? Préfèrent-ils voir les journalistes en prison
comme en Turquie, au Venezuela ou en Chine ? Alors que Loup Bureau (1)
croupit dans une geôle d’Erdogan, que plus d'une centaine de titulaires de la carte de presse
meurent chaque année dans le monde, que des centaines de reporters sont
pourchassés, stipendiés, menacés sur la planète entière, les élus Français
feraient mieux de remercier la presse même imparfaite, même injuste parfois, car
elle est indispensable au bon fonctionnement de la démocratie. Tout simplement.
(1) Loup Bureau est un
journaliste français accusé par le pouvoir turc de soutenir les rebelles du PKK.
Tout cela parce qu’il a rencontré — dans son rôle légitime qui est de donner la
parole à toutes les parties en cause — des opposants à Erdogan ! Agissons
pour le sortir de prison !
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