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Jean-Louis Crémieux-Brilhac |
Jean-Louis Crémieux-Brilhac.
Peut-être êtes-vous nombreux à ne pas connaître cet homme décédé récemment à l’âge
de 98 ans et qui eut, au cours de sa longue vie, deux fidélités politiques :
le général de Gaulle et Pierre Mendès France. Auprès du premier il fut actif et
militant à Londres au sein des Forces françaises libres comme secrétaire à la
propagande, aux côtés du second il fut l’un de ses conseillers les plus avisés
et les plus écoutés. Son grand regret aura été que ces deux hommes d’état ne
puissent travailler ensemble au bien commun.
L’Institut Mendès France
organisait, mardi dernier à Paris, une séance d’hommage à Jean-Louis Crémieux-Brilhac
après l’hommage national et le discours prononcé par François Hollande dans la
cour des Invalides en avril 2015. Sous la présidence d’André Azoulay, le nouvel animateur de
l’institut, des invités prestigieux tels que Pierre Nora, Robert Franck, Jean
Pierre Azéma, Léone Nora, Eric Roussel notamment, ont souligné les qualités
humaines et intellectuelles d’un homme de l’ombre dont la discrétion n’égalait
que la force de l’engagement, l’un de ses mots préférés.
Ce fut aussi l’occasion de marquer
la sortie de son dernier livre, paru de manière posthume, consacré à une
lecture originale de la fin de la seconde guerre mondiale. Avec « l’Etrange victoire
» (1) Jean-Louis Crémieux-Brilhac a souhaité rebondir après que Marc Bloch
avait écrit « l’Etrange défaite » peu après les accords signés par Pétain et
les Nazis. Dans ce livre « récit posthume de son aventure qui est autant celle
d’une génération que celle de la France » Jean-Louis Crémieux-Brilhac, historien de la France libre, dresse l’état
de notre pays sous la botte fasciste et met en valeur les hommes et les femmes
dont l’attitude patriote a permis de laver l’honneur sali par les
collaborationnistes. Jusqu’à la fin de sa vie, il a été un administrateur actif
au sein de l’Institut Mendès France fidèle au sens de l'organisation et au besoin de l'information qui avait
été les siens à la Documentation française qu'il contribua à inscrire dans le paysage démocratique de notre pays.
(1) « L’Etrange victoire »,
titre de Pierre Nora, collections Témoins Gallimard, 241 pages.
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