8 octobre 2015

François Hollande fait la leçon à Marine Le Pen


François Hollande a ridiculisé Marine Le Pen.
Les discours tenus par François Hollande, hier à Strasbourg et par Marine Le Pen illustrent parfaitement ce qui distingue un homme d’Etat d’un vibrion plus intéressé par le spectacle que l’intérêt général. Sans être dans l’éloquence forcenée ni la grandiloquence, le président de la République française a bien situé les enjeux géopolitiques qui attendent l’Union européenne et les difficultés qu’il faudra surmonter pour ne pas reculer.

En opposant souveraineté et souverainisme, en misant sur le volontarisme contre le déclinisme, François Hollande a réglé son compte à une Marine Le Pen dépassée par les enjeux mondiaux et pas du tout à la hauteur des problèmes posés. Sa soumission à Poutine et ses obsessions anti-réfugiés l’ont conduite à tenir un discours caricatural pour simplets…Tandis qu’Angela Merkel renouvelait ses certitudes d’ouverture au monde et aux migrants et la capacité de l’Union européenne à dépasser les nationalismes étroits et morbides.

François Hollande a haussé le ton pour répondre à la meneuse du Front national, finalement très peu applaudie par les députés européens. Autant elle peut amuser la galerie composée d’admirateurs béats autant elle semble incapable de proposer des solutions à l’échelle d’un continent et susceptibles de résoudre les crises économiques et financières transfrontalières. Que deviendrait la France sous une Marine Le Pen au pouvoir ? Un petit pays rapetissé, réduit, fermé…appelé à mourir à petit feu.

Du discours de François Hollande, j’ai retenu ces éléments :
   « La zone euro [doit] être consolidée et renforcée » au sein de l’Union économique et monétaire « pour coordonner nos politiques, pour favoriser la convergence, pour acter l’harmonisation fiscale, pour lutter contre le dumping fiscal et social ». « Des choix institutionnels seront nécessaires pour que la zone euro soit gouvernée [selon] une intégration différenciée » 
   L’espace Schengen doit être renforcé. « Remettre en cause la libre circulation des personnes par le retour aux frontières intérieurs serait une erreur tragique, mais prétendre que [son fonctionnement actuel] permettra d’affronter les pressions à son périmètre serait une autre erreur ». « Le contrôle effectif des frontières extérieures de l’Union passe par une assistance renforcée aux Etats concernés ; et par la mise en place d’un corps de gardes-frontières européen » ;
   La politique d’asile « doit être plus cohérente », et devenir « un véritable régime commun d’asile » ;
   L’Europe doit être au rendez-vous de la COP21 et « être capable d’instituer un grand marché du carbone pour orienter les investissements vers les meilleures technologies ».
   S’agissant de l’agriculture, dans un contexte de crise « qui concerne un certain nombre de nos productions, [des] soutiens indispensables [doivent être] dégagés pour protéger nos produits et venir en aide aux plus vulnérables ». 
   Les négociations sur le TAFTA : « la France veut que ces négociations puissent être un progrès [et] qu’il puisse y avoir des garanties qui y soient apportées, aussi bien pour l’identification des produits, pour les appellations d’origine, pour la réciprocité, pour la transparence [et] pour les mécanismes de protection des investissements, notamment pour le règlement des différends. »

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