27 août 2011

Les sondages ne doivent pas polluer la campagne des primaires socialistes

Une fois de plus, les sondages risquent de fausser la prochaine élection présidentielle. En 2006, les adhérents du Parti socialiste, du moins une importante majorité d'entre eux, ont choisi Ségolène Royal parce que la plupart des instituts de sondages la donnaient gagnante devant Sarkozy. Malgré de grandes préventions à son égard, le caractère improvisé et iconoclaste de ses propositions, les nouveaux adhérents à 20 euros notamment, se sont précipités dans les bras de la présidente de Poitou-Charentes…pour le résultat que l'on sait. Elle fut même incapable de réconcilier son camp après la primaire faute de gestes appropriés à l'égard de Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn.

J'ai bien peur que ce scénario-catastrophe soit en train de se reproduire. Les instituts de sondages matraquent fort en assurant que François Hollande est le candidat PS le plus susceptible de battre Sarkozy à la prochaine élection présidentielle. Au-delà de la personnalité de François Hollande, sans doute cultivé, sans doute plein d'humour, sans doute aussi fort capable de mener campagne, il faut se soucier de ce qu'il a fait et de ce qu'il propose.

Ce qu'il a fait à la tête du PS, c'est deux défaites à la présidentielle, une demande de référendum sur le projet de traité européen auprès de Jacques Chirac et un parti socialiste « qui faisait pitié » quand il est parti. Ce qu'il propose, ce sont des mesures plus libérales que contraignantes pour les riches et les grandes entreprises, une vraie incertitude sur l'âge de la retraite et une vraie distance avec le projet socialiste voté par les militants.

Si l'avenir lui sourit, je serai contraint de soutenir et de voter pour François Hollande. Mais la campagne des primaires ne fait que commencer et Martine Aubry, que je soutiens, a des atouts à faire valoir. Je reviendrai en détail dans quelques jours sur les qualités de la personne et sur les intentions sérieuses de Martine Aubry. Pour l'instant, je souhaite simplement que la campagne en cours ne soit pas polluée par les sondeurs et les politiciens de droite qui ont choisi leur candidat. Et ce n'est pas le mien.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Les instituts de sondage, relayés par le système médiatique tentent de nous refaire le coup de 2007 avec la candidature de Ségolène Royal et plus récemment avec celle de DSK. Ce dernier étant hors-jeu, ils jouent désormais le tocard Hollande, c'est-à-dire, dans tous les cas, le candidat socialiste le moins dangereux pour le système libéral qu'ils défendent, ou celui le plus à même de faire alliance avec la droite centriste, c'est-à-dire de trahir les idées de son camp.
Reynald Harlaut