7 avril 2010

Panique à l'Elysée, la droite tremble

Je ne vais pas m'attarder sur le vote du budget primitif 2010 présenté au conseil municipal de Louviers d'hier soir. Sa suffisance (le maire) a de nouveau affirmé que la ville était bien gérée, que la municipalité ne faisait pas payer la crise aux Lovériens, que les finances étaient tenues et que si augmentation des impôts il y a pour la seconde année consécutive, c'est parce que l'Etat diminue ses dotations sans que la ville freine son train de vie.

les oppositions de Gauche, par la voix de Sophie Ozanne (NPA) et Christian Renoncourt (PS-PC) n'ont pas manqué de souligner la trahison à la parole donnée lors de la dernière campagne des municipales. Rappelez-vous. On allait voir ce qu'on allait voir : pas d'augmentation des impôts, un programme d'investissements mirifique, une diminution de l'endettement…c'était demain on rase gratis ! De tout cela, il ne reste rien ou presque. Les impôts augmentent chaque année (si on le dit, on est de droite !!) et la ville se paupérise. Le maire lui-même reconnaît que 41% des foyers ne paient pas d'impôts locaux pour des raisons sociales. Y a-t-il matière à s'en vanter ?


Passons à un autre sujet. Nicolas Sarkozy assure qu'il reprend en main la sécurité des Français. Et on ne va pas être déçu. Lui aussi est un habitué des promesses non tenues. Lui aussi promet la lune. Il change les hommes, exige des résultats, en a assez des agressions dans les lycées, dans le métro. Et vive la vidéosurveillance qui n'empêche rien, ni les vols, ni les cambriolages, ni les attaques portées aux personnes.

Le président se transforme en ministre de l'Intérieur. Il vire un commandant de gendarmerie trop bavard. Il fustige Hortefeux, pas assez efficace. Il promeut ses amis en Seine-Saint-Denis. Et ne veut plus voir Rachida Dati (injustement ?) mise en cause dans une affaire privée. A élections régionales, conséquences régionales. Tu parles Charles. C'est la panique à l'Elysée et la droite tremble.

6 avril 2010

Villepin et Aubry montent dans un bateau : Sarko tombe à l'eau

Dominique de Villepin ne participera pas aux primaires organisées par l'UMP avant les prochaines élections présidentielles. Il considère que ces primaires ne sont pas dans l'esprit du Gaullisme mais il sait, surtout, combien les élections internes à l'UMP sont manipulées et, pour tout dire, truquées. Alors, dans la ligne de son discours à l'ONU sur la vieille Europe et son non à la guerre en Irak, Dominique Galouzeau de Villepin tracera sa route tout seul, comme un grand, pour damer le pion à François Bayrou et aux autres solitaires de la droite. Il aura Sarkozy en ligne de mire avec un objectif essentiel : le faire perdre.

A Gauche, la situation n'est évidemment pas décantée. Tout de même, Martine Aubry annonce des primaires ouvertes et démocratiques à l'été 2011. Il s'agit d'un calendrier favorable à sa candidature, certes, mais pas seulement. Excepté François Hollande, les autres postulants semblent d'accord sur ce calendrier. Notamment Dominique Strass-Kahn qui dit suivre les affaires françaises avec un intérêt de plus en plus grand et celles du Parti socialiste avec une passion déjà ancienne.

Interrogé, Jacques Delors rappelle pourquoi, en 1995, il avait laissé la voie libre à Jacques Chirac. A son corps défendant. Les conditions n'étaient pas, selon lui, réunies pour qu'il tente l'aventure. Comme le dit bien Dany Cohn-Bendit, une campagne présidentielle c'est 100 meetings, un projet, des équipes…et surtout, une forte envie d'y aller. Martine Aubry semble être dans de bonnes dispositions. Les sondages commencent à la prendre sérieusement en compte et sa distance avec le bling-bling et les outils de pure séduction ramène les Français à des soucis plus essentiels.

On verra bien, lors des quatre conventions thématiques organisées par le PS, comment Martine Aubry arbitrera et comment elle saura dégager un projet apte à séduire les alliés des socialistes : écologistes et Gauche de la Gauche. Il lui reste à éviter les incidents de parcours et à se souvenir que toutes ses petites phrases, ses apostrophes, ses paroles publiques (et privées) seront, dorénavant, enregistrées et balancées sur la toile. Traiter de «petit Facho» un élu municipal UMP Lillois qui filmait la séance du conseil alors que la loi le lui permet ne doit pas se reproduire. Il y a assez de Jean-Luc Mélenchon pour brutaliser la presse et traiter les journalistes de voyous.

5 avril 2010

«La société du bien-être et du respect» par Martine Aubry

« Martine Aubry ébauche un programme d'alternance pour 2012 autour d'une "société du bien-être", du "soin mutuel", dans une interview-fleuve au site Mediapart. Au passage, la première secrétaire du PS affirme qu'aujourd'hui, "on ne parle aux Français que de contraintes et de risques". "Parlons-leur d'opportunités. Nous vivons en 2010 avec Nicolas Sarkozy la négation même du débat démocratique."

Alors que son parti ouvrira fin mai la première de quatre conventions sur le "nouveau modèle de société", Martine Aubry entend porter "un autre modèle de développement économique, social et durable, mais aussi un autre rapport des individus entre eux et avec le collectif". Cette "société du bien-être et du respect" vise à passer "d'une société individualiste à une société du Care , selon le mot anglais, que l'on pourrait traduire par le soin mutuel : la société prend soin de vous, mais vous devez aussi prendre soin des autres et de la société".

La patronne des socialistes, tout auréolée du succès socialiste aux régionales, n'est jamais interrogée sur ses intentions pour 2012 dans ces 12 pages. Mais ses propos ressemblent fort à une ébauche de projet présidentiel. "Nous ne sommes pas en train de faire le programme du candidat", assure-t-elle cependant. "Je ne veux pas que ce soit le parti en chambre qui annonce son point de vue définitif dès la fin mai. (...) Apportons une philosophie générale, qu'il faudra approfondir avec les partenaires sociaux."

Interrogations autour du quinquennat

Mais pour mettre en oeuvre une politique, si Martine Aubry "croit plus que jamais" au non-cumul du mandat, "la chance du parti", elle s'interroge, en revanche, sur le quinquennat : "Je pense qu'il est bien difficile de changer une société en étant élu pour cinq ans.""Il faut donner le temps pour que la réforme soit comprise et que les gens se l'approprient", juge-t-elle. Elle pense que "le temps actuel est un temps qui ne permet pas de prendre en considération la complexité de la société, le temps de la démocratie et le temps de l'action". "Du coup, on est obligés de faire les choses rapidement et brutalement, car la visée électorale est plus importante que la visée politique", selon la maire de Lille.

L'action passée de la gauche ? "Nous avons sous-estimé les conséquences du bouleversement du monde du travail", "nous n'avons pas suffisamment pris en compte l'éclatement même de la société", "le travail programmatique a manqué" à partir de 1997, analyse-t-elle. Celle qui est parfois surnommée la "dame des 35 heures" entend donc "inventer les réponses d'aujourd'hui, qui ne sont évidemment pas celles de 1997"."À chaque fois que nous nous sommes éloignés des valeurs de la gauche, les électeurs nous ont sanctionnés", martèle-t-elle.

Médiapart : http://www.mediapart.fr/

3 avril 2010

Quelques réflexions au débotté

L'Express de cette semaine consacre un court article avec photo à Marc Antoine Jamet. Le magazine assure que le maire de Val-de-Reuil est fort mécontent du traitement que lui a réservé Alain Le Vern, président de la Région, en ne le nommant que 4e vice-président. Compte tenu de ses antécédents comme vice-président chargé des finances et des résultats des élections régionales dans l'Eure, MAJ espérait décrocher la première vice-présidence à la fois honorifique et symbolique d'une certaine reconnaissance. Il avait tort. Chacun sait que si le combat contre les adversaires naturels de la Gauche est souvent difficile, entre membres d'une même famille, il est surtout cruel. Père gardez moi de mes amis, mes ennemis je m'en charge.

Le conseil municipal de Louviers se réunira mardi soir à 18 h 30 pour examiner le budget primitif de l'année 2010. Un budget avec une augmentation d'impôts à la clé. Après les 9 % d'impôts en plus en 2009, la majorité municipale lovérienne s'apprête à remettre le couvert avec une autre augmentation de 4,5%. Le maire de Pont-de-l'Arche (PS) Richard Jacquet affirme : « je ne ferai pas payer aux Archépontains le manque à gagner suite aux baisses des dotations de l'Etat. » Voilà un maire (jeune mais lucide) qui sait tenir compte du contexte et de la crise économique.

Des députés UMP s'accrochent au projet de suppression du bouclier fiscal. Ils ont compris qu'aucune augmentation des impôts ne sera possible si les plus riches et les plus favorisés ne sont pas mis à contribution. On a sans doute raison de souhaiter une fiscalité plus juste et plus équilibrée mais attention au revers de la médaille. Cette demande des députés UMP peut en cacher une autre, plus perverse et plus pernicieuse.

Alain Lambert, l'ancien ministre des finances UMP, souhaite que les Fillon, Juppé, Villepin, et autre Raffarin, tiennent une réunion au sommet pour étudier une solution de remplacement à la candidature de Nicolas Sarkozy en 2012. Il assure que le président actuel sera un très mauvais candidat à la fois parce qu'il refuse de considérer le résultat des régionales comme un échec sévère et aussi parce qu'il refuse d'écouter les doléances des députés UMP et Nouveau Centre. Prendre Fillon et Villepin ensemble sur une photo, voilà qui ne manquerait pas de sel.

J'ai rencontré, en ville, un important membre de la SED (société d'études diverses de Louviers). Il travaille (avec d'autres) à un projet d'importance, l'édition d'un livre sur les établissements scolaires de la région, du premier et du second degré. Au cours de ses recherches et pérégrinations, il s'est rendu à plusieurs reprises à Val-de-Reuil : « J'ai été surpris de ce que j'ai vu. Cette ville ne correspond pas du tout à l'image que j'en avais et qui était, je dois le dire, un cliché. Je retiens une chose : les enfants rolivalois ont bien de la chance. Je pense à l'école Louise Michel, une école unique en son genre dans le département…» Les clichés ont la vie dure. On finit par en venir à bout.

2 avril 2010

Conférence-débat sur les OGM avec ATTAC Eure et Christian Vélot

Attac Eure organise une conférence-débat, vendredi 9 avril à Evreux (salle Jules Janin, à 20h30), avec Christian Vélot sur le thème : "OGM, quelles conséquences ?"

A l'heure où la Commission européenne décide de passer en force en autorisant la pomme de terre OGM de BASF sans vote des commissaires, où simultanément l'Italie et l'Inde font reculer les multinationales semencières (interdiction de la culture du MON 810 pour l'une, refus de l'aubergine OGM pour l'autre) où la faillite du coton Bt se précise, l'action des citoyens vis-à-vis des OGM est essentielle.

Le rôle d'Attac, pour qui la culture d'OGM en plein champ doit être interdite, pour qui aussi la puissance des multinationales doit être freinée au bénéfice des agricultures locales, pour qui enfin la question porte sur le mode de production agricole et l'autonomie des agricultures paysannes, Attac donc ouvre le débat dans le département.

Dans le cadre du Collectif "Alimentation : entre agriculture mondialisée et relocalisation", auquel participent l'ADDEAR, Artisans du Monde, Attac, Carrefour Rural, CCFD - Terre solidaire et la Confédération paysanne, nous avons déjà ouvert la réflexion avec la venue du Professeur Séralini à Conches début 2009. La conférence du 9 avril s'inscrit dans une suite : connaissant les OGM et les termes du débat, comment peut-on en appréhender les conséquences ?

Christian Vélot est chercheur en microbiologie et génétique moléculaire, maître de conférences à l'université de Paris-Sud. Témoignant aux procès de faucheurs volontaires, c'est ce que nous appelons un "lanceur d'alerte", quelqu'un qui prend sur lui, son temps et sa carrière, pour témoigner directement auprès du public de ce qu'il sait compte tenu de ses recherches.

Nous espérons que cette conférence et le débat qui suivra feront avancer l'opinion sur les OGM, pour une plus grande clarté des enjeux, une intervention plus adaptée des citoyens et une écoute plus attentive du personnel politique.

N. Rossignol,
Président d'Attac Eure

Hortefeux déclare la guerre aux petites crapules, les mots toujours les mots

Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, emboîte le pas de l'un de ses prédécesseurs : beaucoup de mots et peu de résultats. L'un devait éradiquer la racaille au karcher, l'autre déclare la guerre aux petites crapules. Effet de manche garanti, crédibilité nulle. Elle est belle la tolérance zéro aussi irréaliste qu'imbécile !

Et pour cause. Tout bon médecin vous le dira, il vaut toujours mieux s'attaquer aux causes de la maladie qu'à ses conséquences. A ce sujet, Hortefeux devrait lire avec avidité le rapport édité par l'INSEE sur l'état de la pauvreté en France. Il y verrait que plus de huit millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté (902 euros mensuels) et que les familles immigrées surtout sont victimes de cette pauvreté en plus de la discrimination. Autrement dit l'échec social ajouté à l'échec scolaire produit de la délinquance, du chômage, de la désespérance, de la colère non canalisée.

Ce rapport est aussi une réponse à Eric Zemmour et sa fameuse sortie à l'émission d'Ardisson. Le marché de la drogue est un marché lucratif. Pour être illicite, il n'en est pas moins florissant dans certaines cités et dans certaines catégories de la population. Pour devenir acteur de ce marché, point de formation, point d'études. Il suffit d'accepter de prendre des risques et les candidats sont pléthore. Caméras de vidéosurveillance, infiltration de bandes…rien n'y fait. On vient de le voir à Tremblay-en-France.

Alors ? C'est tout un système de pensée qui est en cause. Les Sarkozystes durcissent les lois, accroissent les peines, chamboulent en permanence le code de procédure pénale. Pour quels résultats ? Un échec patent. Dans ce domaine aussi, il faut changer de politique.

1 avril 2010

L'augmentation de 9 % du prix du gaz n'est pas un poisson d'avril

Le piège du bouclier fiscal se referme sur Nicolas Sarkozy. Malgré les protestations de la Gauche (depuis deux ans) malgré la proposition de 13 députés UMP de suspendre cette mesure à l'avantage exclusif des gens fortunés, malgré les remarques négatives de membres de la majorité à l'Assemblée nationale et au Sénat, le président de la République a décidé de rester droit dans ses bottes. Il maintiendra le bouclier fiscal quelles qu'en soient les conséquences.

Cette position dogmatique n'étonne pas. Le président devra donc affronter l'opposition de l'opposition (pas suprenante) et celle de ses soi-disant fidèles qui ont compris le message des électeurs lors des régionales : les passe-droits ne passent pas. Le piège se referme car le président est dans une situation intenable. Qu'il se renie et sa parole devient fragile, non crédible, qu'il s'obstine et son entêtement lui vaudra une forte opposition d'une grande majorité des Français déjà douchés par l'augmentation du prix du gaz de 9 % dès aujourd'hui. Et ce n'est pas un poisson d'avril !

Après trois années de pouvoir, le président va vivre deux années usantes. Les cantonales de l'an prochain et les sénatoriales qui vont suivre en septembre risquent de lui donner bien des boutons. Et ses TOC (troubles obsessionnels compulsifs) ne vont pas s'arranger. Les haussements d'épaules et les coups de menton vont faire les choux gras du petit journal de Yann Barthès (Canal Plus) et des amuseurs publics. Comment va-t-il s'extraire de cette tourmente ?