6 octobre 2009

L'avenir de Louviers passe évidemment par un travail commun avec le grand Rouen

La première réunion d'information sur le plan local d'urbanisme (PLU) a eu lieu mardi soir au Moulin. Une petite centaine de Lovériens étaient présents pour être informés sur le diagnostic dressé par un cabinet d'urbanisme (extra-muros) et dressant l'état des lieux : L'axe structurant avec Val-de-Reuil, la vallée de l'Eure, les côteaux, les plateaux du Neubourg et de Madrie, la forêt de Bord Louviers, le centre commercial et historique, les faubourgs, le pavillonnaire…En 1982 la ville comptait 19 000 habitants. Près de 30 ans plus tard, elle n'en compte plus que 18 259. Le solde migratoire est négatif ce qui veut dire que la ville perd plus d'habitants qu'elle n'en gagne. Les Lovériens sont aussi moins nombreux dans leur logement (2,2 contre 2,7 il a une décennie) ils sont plus âgés (21 % a plus de 60 ans) le parc est ancien puisque 8 logements sur 10 datent d'avant 1975. Les locataires (57 %) sont plus nombreux que les propriétaires et un logement sur trois est un logement social.

Quant à l'attractivité de la vallée de Seine, elle est bonne puisqu'il s'agit de la première zone de développement économique du département. Un article récent d'un journal local évoquait pourtant une courbe croissante du chômage avec un bassin d'emploi très durement frappé par la crise économique et les délocalisations.

S'agissant des transports, les habitants de Louviers privilégient l'automobile. Nous sommes 1 % à nous déplacer à bicyclette. D'autres utilisent les transports en commun. L'urbaniste insiste pour que les futures zones de développement de l'habitat soient situées non loin des axes de transport. Le Tram-train, projet cher au maire de Louviers, pourrait relier Louviers à Rouen « mais, selon lui, en passant par Elbeuf et la zone universitaire du Madrillet. » Des ateliers vont se mettre en place, ouverts aux habitants, et se déclineront selon trois axes : la cohérence territoriale, la cohésion sociale, le développement durable et l'environnement.

La cohérence territoriale. L'ancienneté du maire de Louviers dans sa fonction lui donne une certaine connaissance du territoire. Alors qu'il était favorable à un grand Rouen (incluant l'agglo de Louviers) à la mode Albertini, ancien maire (UDF) de la capitale régionale, il est devenu subitement hostile à cette idée depuis que Laurent Fabius préside aux destinées de l'agglo rouennaise. L'élu lovérien doit tout de même savoir que le 1er janvier 2010, la Grande agglomération rouennaise se mettra en place réunissant les agglos de Rouen et Elbeuf et deux communautés de communes permettant d'atteindre 493 000 habitants ! Elle deviendra ainsi la plus grande agglomération de France.

Qu'on prépare un plan local d'urbanisme à l'échelle de Louviers voire même à celle de l'agglomération Seine-Eure sans se préoccuper des compétences, des projets et du développement de l'agglomération rouennaise me semble totalement aberrant. Le maire de Louviers ayant laissé entendre que le Tram train pourrait pénaliser le commerce lovérien « en permettant aux habitants de notre ville d'aller facilement et rapidement au centre de Rouen » on comprend mieux, maintenant, la démarche qui fut la sienne dans l'affaire Immochan à Val-de-Reuil. Le poujadiste n'est pas celui qu'on croie…

Quant à l'idée de la fusion entre Louviers et Val-de-Reuil, suggérée par le maire de Louviers, elle n'est justifiée que par un seul objectif : donner du foncier à Louviers qui en manque. Le maire va même faire la chasse aux plus de 60 ans qui oseraient conserver du terrain à bâtir…sans bâtir. C'est son grand bond en avant à lui mais à l'échelle d'une ville de 18 000 habitants !

Pierre Vandevoorde (NPA) a pris la parole pour souhaiter que l'avis des habitants soit écouté et ne serve pas seulement d'alibi démocratique. Les longs monologues du maire en disaient long sur cette volonté d'associer les habitants à l'image de ces constructions nouvelles sur les côteaux des Monts ou même de l'aire des gens du voyage de Pinterville remise en cause par la Cour d'appel administrative de Douai. A ce sujet, il serait temps que le maire de Louviers cesse de traiter les opposants à l'aire d'accueil de racistes et de xénophobes ou de doriotistes. Quand on a eu l'idée, comme lui, d'implanter cette aire en bordure immédiate d'une autoroute (A154) sur un terrain pollué (ex-décharge Wonder) et inondable (PPRI) dans un cul de sac et aux limites territoriales de la ville avec une commune voisine, contre l'avis du commissaire enquêteur et sans respecter les textes et les procédures, on commence par balayer devant sa porte ! Le maire de Louviers a annoncé sa décision de se pourvoir devant le Conseil d'Etat. Attendons son arrêt.

Franck Martin parle couramment la langue de bois

« Les comptes sont tenus et la ville est bien gérée ». Pour s'en persuader et tenter d'en persuader les Lovériens, la maire de Louviers a dû répéter quatre ou cinq fois cette phrase prononcée sans conviction avec le souci de ménager les difficultés à venir. Michel Doucet (PS) a brillamment démontré que la décision modificative financière soumise au vote du conseil, lundi soir, n'est parvenue à l'équilibre que grâce à un effet d'aubaine : le versement précoce par la compagnie d'assurances de la ville d'une somme dépassant le million d'euros suite à l'incendie de la crèche Beaulieu et d'une augmentation de la dotation de solidarité de la CASE de près de 300 000 euros. On n'ose imaginer ce qu'aurait été cette DM si la compagnie d'assurance avait attendu 2010 pour verser l'argent.
Pour Michel Doucet la ville se situe « en détresse financière » et le maire, comme il le reconnaît lui-même, « se trouve au pied du mur. » D'ailleurs, sans annoncer explicitement une augmentation du taux des taxes lors du vote du prochain budget 2010, il a précisé « qu'il serait extraordinairement difficile de l'équilibrer » et que ce serait à nouveau « un budget de crise »…tout comme en 2011…Les Lovériens doivent comprendre que ce message subliminal veut tout simplement dire qu'ils vont devoir à nouveau se serrer un peu plus la ceinture à moins, comme l'a assuré Michel Doucet « que dés cette rentrée vous vous atteliez à la tâche redoutable, il est vrai, de procéder à des économies drastiques dans vos dépenses en ciblant celles qui relèvent de l’intérêt général et celles qui améliorent la condition de vie des plus nécessiteux de nos concitoyens…en sacrifiant les dépenses somptuaires et autres opérations de pure propagande…ou comme vous l’avez fait cette année, il est possible que vous vous tourniez à nouveau vers les contribuables, en votant de nouvelles augmentations d’impôt, rajoutant ainsi la crise à la crise. »
Autrement dit, quand le maire affirme que tout va bien, il se rassure (mais il est trop intelligent pour croire à ses boniments) et tente de rassurer ses conseillers municipaux de la majorité qui se gardent bien de broncher et de parler avant la catastrophe. La catastrophe « toujours prédite et qui n'arrive jamais ! » prétend le maire, comme si une augmentation des impôts de près de 10 % n'était pas une catastrophe pour les budgets des ménages. Surtout si de nouvelles augmentations sont dans les cartons ! La fuite des contribuables va s'accélérer, l'appauvrissement augmenter : « Le budget 2008 et son actuel DM nous laissent plus que perplexes sur votre capacité à prendre les décisions de simple justice qui semblent pourtant relever de l’évidence et nous voterons donc contre cette DM, attendant avec crainte les prochaines échéances budgétaires ! » Voilà le verdict implacable de Michel Doucet et de l'opposition qui d'une seule main a voté contre la gestion actuelle, plus qu'aventureuse.
Sophie Ozanne (NPA) n'a pas omis de signaler la responsabilité du gouvernement UMP-NC qui pressure les collectivités territoriales avec des transferts de compétences non totalement compensés ce qui oblige les collectivités à faire des efforts. Mais à Louviers, les marges de manœuvres sont nulles eu égard à une situation financière très tendue et depuis trop longtemps.

5 octobre 2009

La phrase du jour, on la doit à Laurent Fabius

« L’année dernière, les banques ont demandé de l’argent à l’Etat pour renflouer leurs caisses. Le gouvernement leur en a avancé beaucoup, sans contreparties. Le cours de l’action de la BNP était de 27 Euros l’année dernière ; il est de 58 Euros aujourd’hui. Si l’Etat était rentré au capital à l’époque comme nous l’avions demandé, et qu’il en sortait maintenant que les banques sont en meilleure santé, il aurait gagné 20 milliards d’Euros, soit les deux tiers du déficit de la sécurité sociale. Et vous trouvez que le pays est bien géré ? »

Plus de deux millions de Français ont voté pour empêcher la privatisation de La Poste

« Une pantalonnade illégitime ». Les pisse vinaigre de l'UMP n'ont pas de mots assez durs pour critiquer la votation citoyenne organisée par 62 partis de Gauche, associations, mouvements, syndicats, réunis au sein d'un comité national et destinée à exprimer la volonté populaire de conserver à La Poste le statut d'entreprise publique à 100 %. Ces porte-parole de l'UMP, notamment, devraient plutôt prêter attention au succès remarquable de cette initiative. Dominique Paillé raille l'organisation de ce référendum sans liste d'émargement. Qu'il sache que tous ceux et celles qui ont voté ont inscrit leur nom, leur adresse, et signé sur des feuilles d'émargement consultables et publiques et mis un bulletin dans une urne. Il s'agit donc bien d'en engagement au sens propre du terme, un engagement sans valeur légale, certes, mais doté d'une valeur symbolique très forte qu'aucun pouvoir ne peut ignorer.
Quand plus de deux millions de personnes se présentent spontanément à 10 000 points de vote en France, c'est que le problème est sérieux. Quand la menace de privatisation, à terme, est réelle, la réaction des Français doit être prise au pied…de la lettre. Le Parti socialiste a annoncé qu'il allait déposer une proposition de loi pour que le pouvoir organise un vrai référendum sur l'ouverture (ou non) du capital de la Poste et sa transformation en société anonyme. Voilà une démarche légitime que le gouvernement ferait bien d'accepter.
Passer en force est une autre solution. Le président de la République aurait tort d'ignorer la puissance de la volonté populaire. On en connaît qui, pour avoir tenté localement ou nationalement d'humilier leurs opposants, se sont cassés le nez. A bon entendeur…
Légende photo : on vote devant la mairie de Louviers (photo JCH)

4 octobre 2009

Omar Bongo serait mort le 7 mai !

J’ai reçu aujourd’hui les précisions suivantes après mon article publié sur ce blog à l’occasion de la mort d’Omar Bongo. J’affirmais que l’ancien président gabonais était mort depuis le 15 mai. Mon correspondant anonyme écrit : « selon des sources d’informations venues de l’intérieur du cercle familial et politique, c’est le 7 mai dernier dans les airs, entre le Maroc et l'Espagne, que le Président Omar Bongo a rendu l'âme dans l’avion médicalisé dépêché par la France et qui le conduisait en Espagne. Alors que son décès est constaté par les médecins qui étaient dans l’avion avec lui, l'Elysée et sa cellule Afrique, en accord avec Pascaline Bongo, Directrice du Cabinet et fille de Bongo maintiennent la destination « Barcelone » et imposent le silence total.
Pourquoi ? Parce que, dit-on, L'Elysée tient à récupérer un certain nombre de documents que possédait (puisqu'il est déjà mort) le Président gabonais. Parmi ceux-ci un dossier sur le financement de la dernière campagne électorale en France - En retour la famille Bongo (Pascaline Bongo et son époux Ntoungui- membre du gouvernement-, Ali Ben) mais aussi, apprend-on, Jean Ping l'actuel Président de l'Union Africaine (qui a des enfants avec Pascaline Bongo) et Mba Obame (le puissant ministre de l’administration territoriale, issu de l’ethnie Fang, majoritaire au Gabon-40%-)…tout ce monde demande à la France un certain nombre de choses dont notamment la levée des saisies de compte de la famille en France. En plus, Ali Ben exige son adoubement par la France comme successeur immédiat, ce à quoi Pascaline est opposée et continue à s’opposer. »
Peut-être ces informations seront-elles reprises par la presse nationale ?

François Loncle ou la passion du mandat de député

La Société d'études diverses de Louviers avait invité François Loncle, député, à évoquer le rôle du parlement dans la Ve République. Le successeur de Pierre Mendès France a tenu en haleine pendant une heure et demi un auditoire attentif très heureux d'entendre l'élu socialiste de la 4e circonscription de l'Eure, ancien secrétaire d'Etat à la Ville et au Plan, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale et toujours actif dans la circonscription, au Palais Bourbon, au Conseil de l'Europe puisqu'il est un des 18 représentants français.
Au fil des années, la Constitution de la Ve République a évolué en faveur d'un rééquilibrage entre l'exécutif et le Parlement. On assiste, cependant, à une dérive institutionnelle grave puisque le Président de la République a pris l'habitude de contourner son premier ministre et de s'essuyer les pieds sur le tapis de l'Assemblée et du Sénat. François Loncle na pas manqué de souligner le rôle excessif et extravagant des membres du cabinet de Nicolas Sarkozy « qui n'ont aucune légitimité pour se répandre sur les ondes ou dans la presse. »
Elu depuis 1981, le député de Louviers n'a été battu qu'une seule fois, en 1993, avant de retrouver son siège en 1997 pour ne plus le lâcher. « Je suis élu jusqu'en 2012, on a le temps de voir…»
Le conférencier a décrit par le menu le fonctionnement de l'Assemblée nationale répondu aux questions (nombreuses) sur le cumul des mandats, le rôle des cabinets, des présidents de groupes, le partage des responsabilités entre majorité et opposition, la comparaison avec les grandes démocraties obligeant à considérer l'opposition avec un autre œil que celui du maître absolu. C'est ainsi que le règlement de l'Assemblée nationale reconnaît des droits spécifiques aux groupes d'opposition ou minoritaires. S'il admet que les députés ne se sont pas encore saisis de tous leurs droits, François Loncle assure qu'il suffira de quelques mois pour cela. C'est d'autant plus vrai que des trois fonctions du Parlement, le vote de la loi, le contrôle du gouvernement et le suivi des politiques publiques et des lois, ce dernier point va permettre aux députés de mieux apprécier les conséquences de leur vote sur la vie des Français.
« J'ai l'habitude de dire, précise François Loncle, qu'un député passe 50 % de son temps à l'Assemblée et 50 % du temps restant auprès des habitants de sa circonscription. Au classement des députés, celui de Louviers n'a pas à rougir de sa position.
«Depuis 1997, ajoute-t-il, j'ai compris qu'un parlementaire ne peut pas cumuler s'il veut être efficace et présent. je suis favorable au mandat unique. »
Claude Cornu, vice-président de la SED, a remercié le député de son intervention sous les applaudissements nourris des auditeurs réunis dans la salle…Pierre Mendès France.

Très gros succès pour la votation citoyenne contre la privatisation de La Poste

Très gros succès pour la votation citoyenne contre l'ouverture du capital de La Poste. Les résultats centralisés, samedi soir, pour le département de l'Eure indiquent une très forte mobilisation dans une multitude de communes.
Les chiffres, qui sont encore provisoires à l'heure qu'il est, sont : 20.406 votants
20017 NON et 331 OUI.
J'ignore si le gouvernement va tenir compte de l'opinion des Français mais il aurait intérêt à le faire car une immense majorité d'entre eux veulent garder leur service public de La Poste même s'il peut être amélioré. les Français souhaitent conserver leur bureau de poste, leur facteur, le timbre à prix unique et modéré.
Cette votation, nouveau moyen de pression, sera assurément à renouveler quand les enjeux le mériteront.

3 octobre 2009

Dernier jour pour la votation citoyenne : vous direz non au changement de statut de la Poste

Si vous n'avez pas encore voté, il est encore temps de le faire. Des bureaux de vote vous attendent devant les postes, les agences postales, dans les mairies pour recueillir votre avis sur le changement de statut de la Poste permettant, à terme, l'ouverture du capital. La privatisation est donc au bout du chemin.
Cette votation citoyenne créée à l'initiative d'un comité national réunissant partis de Gauche et syndicats, connaît un succès considérable. Des milliers de Français souhaitent conserver leur Poste dans le domaine public et, s'ils reconnaissent que des changements sont nécessaires, exigent qu'ils soient conduits avec humanité et dignité. Le tout dans le domaine public à 100 % !
Aujourd'hui samedi, c'est le dernier jour de votation. A Louviers le bureau de vote se tient dans la salle des ex-cantines municipales. Vous émargerez sur des listes préparées et direz ce que vous pensez du changement de statut. Je voterai évidemment NON à ce changement de statut et vous invite à en faire autant.

2 octobre 2009

Le vote des militants socialistes de l'Eure

La consultation nationale organisée par la direction du Parti socialiste a mobilisé 49 % des militants soit 90 000 adhérents environ. Les membres du PS ont approuvé à une forte majorité les innovations proposées qu'il s'agisse des primaires ouvertes ou du non cumul des mandats.

Résultats du vote d’hier dans l’Eure :
Régionales 2010 :   Participation  46%      Alain Le Vern  93%

Consultation militante :   Participation 48%
1.1  (primaires)    OUI   62%     NON    30%
1.2                 OUI   62%     NON    30%
2.1  (cumul)       OUI   62%     NON    30%
2.2                 OUI   60%     NON    32%
3.1  (parité)       OUI   69%     NON    22%
4.1  (démocratie)   OUI   76%     NON    14%
5.1  (éthique)      OUI   82%     NON     7%

Aire d'accueil de Pinterville : La Cour administrative d'appel de Douai désavoue le maire de Louviers !

Didier Dagomet, maire de Pinterville, et son conseil municipal avaient décidé d'aller jusqu'au bout. Nous n'y sommes pas encore (si le maire de Louviers se pourvoie devant le Conseil d'Etat) mais l'étape franchie devant la Cour administrative de Douai les conforte dans leur démarche.
Sans revenir en détail sur tout le dossier du terrain d'accueil des gens du voyage situé rue Jules Verne sur le territoire de Louviers mais en limite de Pinterville, il faut retenir deux ou trois choses. La localisation de ce terrain avait soulevé une opposition farouche de la municipalité de Pinterville et d'un comité de défense opposé à la concrétisation d'un projet du maire de Louviers président de la CASE. A ses détracteurs, Franck Martin avançait l'argument de la xénophobie voire de l'ostracisme. Ses opposants affirmaient que les risques d'inondation et la nature polluée des terrains retenus ne permettaient pas de créer l'aire d'accueil. Ils assuraient aussi que la procédure de révision du POS de Louviers n'était pas régulière.
Le tribunal administratif saisi par la commune de Pinterville et l'association de défense les débouta. Mais la Cour d'appel administrative de Douai vient, dans un jugement lu publiquement le 17 septembre, de leur donner raison sur toute la ligne. Il a annulé les jugements du Tribunal administratif de Rouen des 7 février et 20 mars 2008, il a également annulé la délibération du conseil municipal de Louviers révisant le plan d'occupation des sols, enfin il a annulé « l'arrêté du 4 septembre 2006 du maire de Louviers accordant un permis de construire une aire d'accueil des gens du voyage à la communauté d'agglomération Seine-Eure. » Les délégués qui avaient encouragé le maire de Louviers en sont — pour l'instant — pour leurs frais.
Quelle va être la suite ? Le maire de Louviers dispose d'un délai de deux mois pour se pourvoir devant le Conseil d'Etat. Peut-être proposera-t-il, en urgence, au conseil municipal qui se réunit lundi 5 octobre, de voter une délibération l'autorisant à se pourvoir devant la plus haute juridiction administrative ? Dans la mesure où le terrain d'accueil des gens du voyage est ouvert et utilisé depuis plusieurs mois, a-t-il un autre choix ?
Les Habitants de Pinterville et tous ceux qui avaient vu dans l'obstination de Franck Martin une erreur politique (c'est l'une des raisons de sa défaite aux cantonales) et stratégique (on ne va pas contre toute une population ni contre tout un quartier) jugeront qu'il aurait pu (aurait dû) faire machine arrière. Ce n'est pas dans les habitudes d'un homme qui s'est cru tout permis et en paie aujourd'hui les pots cassés.

1 octobre 2009

Brice Hortefeux et l’application des peines : un nouveau dérapage populiste

Un homme, qui avait été condamné à onze ans de prison pour un viol, et qui a fait l’objet d’une mesure de libération conditionnelle au bout de sept ans d’incarcération, vient d’avouer le meurtre d’une femme dans l’Essonne.
Monsieur Hortefeux, suivant avec zèle les traces populistes de Nicolas Sarkozy, met en cause le juge d’application des peines qui a pris la décision de libération conditionnelle en le rendant quasiment responsable de ce meurtre et en trouvant « inacceptable que ce criminel sexuel ait été remis en liberté ».
La Ligue des droits de l’Homme considère cette exploitation politicienne de la douleur et de la colère comme d’autant plus scandaleuse que le ministre de l’Intérieur ne peut ignorer, du moins l’espère-t’-on, que le taux de récidive est cinq fois plus élevé chez les condamnés qui ont subi en prison la totalité de leur peine que chez ceux ayant fait l’objet d’une libération conditionnelle. La vérité est que la libération conditionnelle sauve des vies chaque année, et tous les professionnels le savent. Certes, pas dans ce cas précis, mais il n’y a aucune solution qui assure 100% de réussite. Faire croire le contraire, c’est prendre les citoyens pour des imbéciles.
La justice, les victimes des infractions, les justiciables méritent mieux que cette petite musique manipulatrice. Qu’il parle des criminels ou des « Auvergnats », Brice Hortefeux remplit toujours la même mission : cultiver les « valeurs communes » avec l’électorat qui a donné à Nicolas Sarkozy la majorité absolue en 2007. Et tout le reste n’est que mauvaise littérature.