27 octobre 2022

L'entrée de Pierre Mendès France au Panthéon est-elle pour demain ?

François Loncle vient d'offrir quelques livres de (ou sur) PMF au Président de la République.©Jean-Charles Houel

 

Le 18 octobre dernier, jour du quarantième anniversaire de la disparition de Pierre Mendès France, le Président de la République a rendu « un hommage discret » (1) à l’ancien Président du Conseil, ancien député et président du conseil général de l’Eure, ancien maire de Louviers…mais un hommage quand même. D’un commun accord avec François Loncle, actuel président de l’Institut Mendès France, Emmanuel Macron a en effet souhaité partager un déjeuner à l’Elysée avec une quinzaine de personnalités et personnes ayant côtoyé PMF dont Joan et Tristan Mendès France, sa belle-fille et son petit-fils.

 

Le Président voulait surtout écouter. Il a donc très peu parlé. Il désirait entendre les témoignages concrets de ceux et celles qui ont aimé, admiré l’homme que la quatrième République et les jeux politiciens ont entravé dans ses efforts visant à conduire une politique de paix, de progrès social et de relèvement national. Son refus de céder à la démagogie, son obstination à vivre et agir selon des valeurs et des principes que sa famille notamment lui avait inculqués, l’ont empêché de réaliser tout à fait son destin. Comme Jaurès, comme Léon Blum, cet homme supérieurement intelligent, cultivé, curieux de tout, a ouvert (en sept mois et 17 jours) nombre de chemins et démontré que la politique pouvait être ni sale ni opportuniste. On aurait aimé apprendre d'Emmanuel Macron ce qu'il a retenu sur les plans politique et philosophique d'un Mendès France connu pour sa rigueur et sa lutte contre ce qu'il appelait « la facilité».

 

Dans son livre « Révolution » l’actuel Président évoque les personnalités exceptionnelles qu’étaient le général de Gaulle, à droite, et Pierre Mendès France, à gauche. Je serais bien imprudent d’en tirer quelque conclusion ou quelque leçon que ce soit. On a décrit, ici ou là, un Emmanuel Macron « et de droite et de gauche. » Il se trouve que Pierre Mendès France, lui, a toujours été de gauche, socialiste plutôt que radical, car il abhorrait le pouvoir personnel et sublimait le rôle du citoyen au nom duquel les politiques agissent. Et pour lui ce n'était pas de la théorie.

 

Une question fut posée au président par François Loncle : que penserait-il de l’entrée au Panthéon de Pierre Mendès France  (« Aux grands hommes (et femmes) la patrie reconnaissante ») cet « éveilleur de consciences » ? Les tentatives déjà anciennes (en 2012) sont restées lettre morte si l’on compte les réponses polies de François Hollande. L'actuel Président de la République a répondu vouloir étudier l’éventuelle demande qui ne pourrait aboutir qu’en accord avec sa famille. Le maître des horloges aura donc jusqu’à l’année 2027 (sauf surprise) pour que le monde entier apprenne que « l’homme sans qui rien n’eût été possible » (2) a toute sa place parmi les grands Français.

 

Les discussions d'après déjeuner.©Jean-Charles Houel

J’oubliais. Des invité(e)s important(e)s étaient présents autour de la table dressée dans le salon des ambassadeurs. La pétillante Anne Sinclair, le magistral Jean-Pierre Chevènement, l’élégant Claude Perdriel, le sage Claude Weil, les historien et historienne Robert Frank et Sabine Jansen, l’académicien Eric Roussel…on notait aussi la présence de Sébastien Lecornu (très en verve), ministre des Armées, successeur de PMF à la tête du conseil départemental de l’Eure, de François-Xavier Priollaud, maire de Louviers. Philippe Brun, élu en juin dernier député de la 4e circonscription de l’Eure (NUPES-PS) celle de Pierre Mendès France était absent. La touche d’un macronisme peu soluble dans le mendésisme ?

 

(1)  Comme l’a écrit la journaliste du Monde Claire Gatinois

(2)  Le mot de François Mitterrand à PMF le jour de son investiture.

25 octobre 2022

L'embardée de Bardella nous promet des jours sombres

Le journal Le Monde a raison de s’indigner. L’exploitation politique de l’assassinat de la jeune Lola, adolescente tuée dans des circonstances encore confuses mais bien réelles par une femme, de nationalité algérienne, sous le coup d’une OQTF (obligation de quitter le territoire) est répugnante. Il n’est pas question, ici, de se lancer dans une analyse que seuls des experts qualifiés pourront étayer pour connaître les causes et le déroulement de cette tragédie. Mais que les Ciotti, Zemmour, Le Pen, et autres Bardella, s’en donnent à cœur joie pour faire de ce fait divers un élément de leur campagne électorale ancienne mais constante est tout simplement odieux.

 

On savait Zemmour incorrigible. On connaissait les penchants racialistes de la droite extrême et de l’extrême droite. Leur opposition absolue et permanente au Président de la République et au gouvernement les aveugle. Car s’il existe bien un problème migratoire, il est mondial. Les déplacés par la guerre, la faim, la recherche d’une vie meilleure, seront de plus en plus nombreux et sur tous les continents. L’Europe occidentale et la France « ne pourront accueillir toute la misère du monde mais devront prendre toute leur part. » (1).

 

J’entendais hier soir sur la 5 le jeune coq Bardella affirmer que si le RN était au pouvoir, les étrangers frappés d’une OQTS seraient dans l’avion dans le quart d’heure suivant son arrivée aux rênes du gouvernement. Paroles, paroles…On a même assisté à un rétropédalage en règle de Marine Le Pen qui avait prévu d’assister (avec ses député(e) à la manifestation organisée par Zemmour et qui finalement a préféré se faire plus discrète suite aux souhaits émis par la famille de Lola désireuse d’éviter toute récupération politique. La salle des pas perdus de l’Assemblée nationale a pourtant brui de ces clameurs protestataires faisant fi de la douleur de la famille de Lola et cherchant des voix à bon marché.

 

On compte environ 100 000 OQTF par an. Seules 15 à 17 % d’entre elles sont effectives. Ce n’est pas que la France est plus molle, plus laxiste que d’autres. Les pays d’accueil refusent de délivrer les laisser passer consulaires indispensables pour pénétrer sur leur territoire. Et comme les renvoyés sont soit délinquants, soit prosélytes, soit sans formation, les gouvernements refusent de récupérer leurs ressortissants. C’est un fait regrettable mais c’est la réalité. Hurler avec les loups ne fait pas une politique. L’embardée de Bardella donne une idée assez précise de ce qui attend notre fragile démocratie. Le peuple ferait bien d’y regarder à deux fois avant de lui confier un jour le pouvoir.

(1) De la citation de Michel Rocard, on ne retient souvent que la première moitié de la phrase.

 

23 octobre 2022

Les activités de la SED : un film sur Maupassant et une conférence sur le château de Gaillon

Lors d'une visite à Gaillon en 2019. (photo Jean-Charles Houel)

Le congrès de la Fédération des sociétés historiques et archéologiques de Normandie, qui s’est tenu à Louviers du 12 au 15 octobre, a été une réussite. Près de 140 personnes ont assisté, durant ces quatre jours, à tout ou partie des différentes séances. La SED remercie une fois de plus chaleureusement la municipalité de Louviers et l’agglomération Seine-Eure sans qui nous n’aurions pu organiser cette manifestation, mais aussi tous ceux d’entre vous qui nous ont apporté leur concours ou sont venus écouter telle ou telle des communications. Nous reprenons dès le mois prochain le cours normal de nos activités. La SED organise, en partenariat avec l’Université populaire, la projection du film documentaire de Christian ClèresJ’aime pas Maupassant, le mardi 8 novembre, à 18 h 30, dans la salle du Moulin, rue des Anciens combattants d’Afrique du Nord.

Nous avons déjà accueilli Christian Clères à plusieurs reprises, pour les films qu’il a consacrés à Michel Bussi, Marcel Proust, Gustave Flaubert. Il nous offre, cette fois, l’occasion de parcourir la vie et l’œuvre de l’auteur de Boule de suif. La projection se déroulera en présence du réalisateur et sera suivie d’un débat avec le public. Nous réintégrerons la salle Pierre Mendès France le samedi 10 décembre pour une conférence d’Emmanuel Pous, directeur du château de Gaillon, sur l’histoire du bâtiment et les projets de rénovation et de valorisation mis en œuvre par l’agglomération Seine-Eure.

Dans l’immédiat, nous suggérons une idée de lecture à tous ceux qu’intéresse le passé de notre ville. Le dernier numéro de la revue Études normandes, outre un dossier thématique sur la photographie en Normandie, comporte, dans la rubrique Regards variés, un article de Claude Cornu consacré à une Lovérienne, Madame de Saint-Marceaux (1850-1930). Née Marguerite Jourdain, elle appartenait à une famille de drapiers de Louviers. Elle a quitté jeune la ville et vécu à Paris, où elle a tenu pendant plus d’un demi-siècle, sous la Troisième République, un salon musical réputé dans son hôtel du boulevard Malesherbes. Ses vendredis ont accueilli tous ceux, compositeurs et interprètes, qui ont laissé un nom, de Claude Debussy à Francis Poulenc, d’Alfred Cortot à Marguerite Long. Vous pouvez commander la revue à la librairie Quai des mots.


16 octobre 2022

Que reste-t-il de Pierre Mendès France ? Une modernité, un style, un engagement à Louviers et dans le monde

François-Xavier Priollaud, maire de Louviers, anime le débat. Yves Jeuland et  Alix Maurin (à droite)
Difficile d’établir un portrait robot des personnes présentes, ce vendredi, à Louviers, pour assister en avant-première à la diffusion du film d’Yves Jeuland et Alix Maurin consacré à Pierre Mendès France et intitulé « Mendès la France ». Le fait est que les jeunes ne garnissaient pas en nombre les travées de la grande salle de la Scène 5. Et c’est bien dommage quand on connaît l’intérêt de PMF pour la jeunesse et la construction de leur avenir (1). Le maire de Louviers, François-Xavier Priollaud, avait mis les petits plats dans les grands pour marquer d’une pierre blanche l’évocation de la vie « romanesque et rocambolesque » de celui qui ne gouverna que sept mois et 17 jours mais qui, aujourd’hui, semble faire l’unanimité à gauche, c’est normal, mais aussi à droite ce qui paraît plus inattendu.Tout homme (ou femme) politique a été, est ou sera Mendésiste.

 

Il en va ainsi de la mémoire et des grands hommes « sic transit gloria mundi ». Avec le temps, tout s’en va et en 2022 on oublie les menaces, les attentats, les diffamations (souvent dues à l'extrême droite raciste) et les basses besognes politiciennes (chez les radicaux-socialistes notamment) tous moyens utilisés pour empêcher un homme de paix et de bonne volonté de réussir dans son entreprise de redressement du pays. Heureusement le documentaire d’Yves et Alix existe afin que nul n’oublie qui était ce petit parisien né en 1907, précoce en tout, supérieurement doué, qui décida un beau jour de mettre son intelligence, sa force morale et physique et son courage au service d’une grande cause : la France et les Français.

 

Après la diffusion du film (visible ce dimanche soir sur France 5 à 22h50), un débat a rassemblé quelques personnalités (dont François Loncle, président de l’Institut Mendès France, Bernard Leroy, président de l'agglomération Seine-Eure, Anne Terlez, vice président du Conseil départemental) qui ont succédé à Pierre Mendès France dans ses différents mandats de député, maire ou président du conseil général. Ses successeurs ne sont pas tous et toutes de gauche, c’est évident, mais la présence de Philippe Brun, député PS, a évité l’inévitable unanimisme qu’une soirée d’hommage comme celle-là peut susciter. Car bien des questions sont toujours l’objet d’intenses débats : l’Europe dont il contestait le caractère technocratique dessaisissant de fait les politiques de leurs responsabilités (2)? Les institutions de la 5e République qu’il condamna ? Les rapports avec le général de Gaulle auquel il resta attaché, avec François Mitterrand qu’il soutint dans toutes ses campagnes présidentielles puisqu’il ne connaissait qu’un camp, celui du progrès contre les conservatismes.

 

Le film d’Yves Jeuland et Alix Maurin se situe ailleurs. Le fil rouge qui détermine la force (et peut-être la faiblesse) de PMF, c’est sa judéité et son corollaire : l’antisémitisme. Comme Blum, comme Jean Zay (son ami) comme Georges Mandel, Pierre Mendès France a souvent été visé non pas pour ce qu’il faisait mais pour ce qu’il était. Cette identité est constitutive de son regard sur le monde et aussi de ce qu’il appelait lui-même les qualités et les défauts des hommes et des femmes en politique. Même s’il n’était pas juif au sens religieux, Pierre Mendès France se savait, se sentait juif. C’était son patrimoine, c’était le legs d’une famille aimante et bienveillante, une vraie famille française dont bien des fils se sont distingués sur les champs de bataille au cours des 19e et 20e siècle pour défendre l’empire ou la république. Ou défendre le capitaine Dreyfus et Emile Zola.

 

 Aujourd’hui encore, Joan, la belle-fille de PMF, épouse de son second fils Michel, Tristan et Margot ses petits-enfants veillent avec beaucoup de soins sur l’héritage de leur aïeul. La maison des Monts constitue le témoignage concret de l’attachement qu’éprouvait Pierre Mendès France pour la ville de Louviers et plus largement pour cette Normandie qu’il connaissait si bien. « Mais, me confia-t-il en mai 1981, les électeurs avaient le droit de ne pas être d’accord avec moi. » Il éprouva donc un vrai chagrin après sa défaite de 1958 et il ne faut pas chercher bien loin pour comprendre son refus de revenir à Louviers en 1962 et son choix de tenter une aventure à Evreux où on ne l’attendait pas. De l’orgueil ? Si c’est le cas, cela renforce sa profonde humanité.

 

Et les citoyens ? Pierre Mendès France avait une haute idée du suffrage universel et bien qu’ayant connu déceptions et déconvenues chez les radicaux et même au PSA-PSU, il a toute sa vie privilégié la délibération collective où chacun peut apporter sa pierre à la vie démocratique, et pourquoi pas dans un parti. En ce sens, il a inspiré les maires de gauche qui lui ont succédé. Ernest Martin, Henri Fromentin, Franck Martin (lors de son premier mandat) ont tous tenté (parfois avec des réussites) d’associer les citoyens aux décisions qui les concernent eux, et donc leur ville, et donc leur région. C’est bien pourquoi, comme l’a souligné Philippe Brun, PMF est demeuré fidèle au scrutin d’arrondissement qui favorise le lien entre le citoyen et l’élu, scrutin cruel quand naissent les vagues indomptables et font de l’électeur(trice) le bourreau d’années de travail.

 

Que reste-t-il de Pierre Mendès France ? Sa modernité, sa méthode, ses objectifs dont la justice sociale si importante quand l’inflation frappe d’abord les plus pauvres et les épargnants. Un passage du film offre  à Jean-Louis Bourlanges l’occasion de souligner les soi-disant échecs de PMF. Il cite ses démissions, ses refus, ses combats perdus et PMF de lui répondre : « On m’a souvent dit que j’avais eu raison trop tôt. C’est mieux que d’avoir tort. »

 

J’emprunte à Frédéric Potier, membre de l’Institut Mendès France auquel j’ai l’honneur d’appartenir, la conclusion d’un article qu’il vient d’écrire pour la Fondation Jean Jaurès : « Mendès France n’était pas un simple gestionnaire prudent et rigoureux, une version sociale démocrate d’Antoine Pinay, mais bien un authentique socialiste soucieux de transformer profondément le réel ! En réalité, la figure de Pierre Mendès France constitue une synthèse remarquable entre un attachement viscéral à la démocratie et à la République et une modernité économique rompant avec un capitalisme non régulé. Ainsi Simon Nora, le principal conseiller économique de Pierre Mendès France, note qu’être keynésien à la façon de Pierre Mendès France, c’était « une façon polie d’être socialiste  ». Un socialisme assurément atypique. »

 

(1)  Il serait bien qu’à Louviers, outre l’analyse détaillée de ses archives — 26 000 lettres — une initiative soit prise pour que l’engagement de Pierre Mendès France soit enseigné aux élèves de notre ville et que son nom ne soit pas seulement celui d’une rue.

(2)  Théorie contestée par Claude Cornu. Pourtant, dans les œuvres complètes de PMF (Gallimard) page 274, on lit lors du débat sur le marché commun : Pierre Mendès France déclare à l’Assemblée nationale : « L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit le recours à une dictature interne…soit la délégation des pouvoirs à une autorité extérieure laquelle au nom de la technique exercera en réalité la puissance politique car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale finalement une politique au sens le plus large du mot, nationale et internationale. » C’est bien le rôle joué par la Commission européenne que les 27 membres de l'UE ont aujourd'hui accepté.

11 octobre 2022

Un documentaire sur Pierre Mendès France et l'Adieu à Suzanne Lipinska

« Mendés La France » Le 14 octobre à Louviers

PMF à Louviers le 10 octobre 1954

La date est maintenant connue. La projection du documentaire d’Yves Jeuland et Alix Maurin consacré à Pierre Mendès France aura lieu le 16 octobre à 22h50 sur la cinq. J’ai déjà dit tout le bien que je pensais de ce film de 73 minutes censé retracer la carrière de l’ancien président du Conseil et ancien député-maire de Louviers.

Yves Jeuland et Alix Maurin ont dressé un portrait intimiste et sentimental d’un homme qui jamais n’a oublié qu’il était un Français, juif, de gauche, beaucoup plus européen que certains de ses détracteurs ont voulu le dire, et surtout un homme épris de paix et de progrès. Pierre Mendès France a eu le « malheur » d’être désigné aux plus hautes fonctions de la République par une assemblée nationale très à droite qui a utilisé sa popularité pour mettre un terme à la guerre d’Indochine et qui, ensuite, n’a eu de cesse de l’empêcher de gouverner pour changer le pays.

Les Lovériens auront la possibilité d’assister à la projection du film « Mendès la France » le 14 octobre à 20 h 30 dans la grande salle de la Scène 5 (1) . La mairie a pris l’initiative de commémorer le 40e anniversaire de la mort de PMF au cours d’une soirée ponctuée par un débat qui associera notamment les réalisateur(trice)s ainsi que François Loncle, président de l’Institut Mendès France, François-Xavier Priollaud, maire de Louviers, et Philippe Brun, le nouveau député de la 4e circonscription de l’Eure.

(1) Il est plus que temps de réserver vos places, la demande étant très importante. La billetterie est ouverte au Moulin, rue des Anciens combattants en Afrique du Nord.

 

L’Adieu à Suzanne Lipinska


La cérémonie d’obsèques de Suzanne Lipinska s’est déroulée vendredi au crématorium d’Evreux. Sa famille, ses amis et quelques personnalités étaient présent(e)s pour rendre un dernier hommage à celle qui a beaucoup compté dans le paysage artistique de notre région. Ses enfants et petits-enfants ont su trouver les mots aptes à définir une personnalité éclatante, irradiante même. « Une grande et belle dame » comme l’a dit Christine, l’une de ses filles. Un exemple pour Stanislas Lipinski, appelé à lui succéder à la tête de l’association culturelle du Moulin d’Andé.

Le nom de Suzanne Lipinska sera d’ailleurs donné au nouveau collège du Hamelet sur proposition de Sébastien Lecornu, président du Conseil départemental. Lors de sa remise récente de la croix d’Officier de la Légion d’honneur, Suzanne avait accepté la demande du ministre des Armées.

 

 

 

 

1 octobre 2022

La disparition de Suzanne Lipinska : une page noire sur le livre d'or du Moulin d'Andé

Suzanne Lipinska (à droite) lors d'un tournage au Moulin d'Andé en 1976

J’ai appris avec une énorme stupeur et une profonde tristesse le décès, hier dans l’hôpital où elle avait été admise en début de semaine, de Suzanne Lipinska, à l’âge de 94 ans. Le Moulin d’Andé et les nombreux amis qui soutiennent l’action de l’Association culturelle tournent ainsi une page bien noire de sa longue et belle histoire.

Suzon était à la fois le cœur et l’âme de ce lieu qu’elle avait façonné à son image : un phalanstère privilégié pour les artistes et les créateurs quels que soient leurs domaines d’épanouissement. La littérature et le cinéma, bien sûr. Mais aussi la musique, le théâtre, la sculpture, la fête aussi. Ce qui n’aurait pu être que pur divertissement est devenu au fil des décennies partage, générosité et profond humanisme, autant de ressorts de l’action de la belle meunière. Au fil des ans, le Moulin s’est, en effet, transformé, à la fois dans ses murs mais plus encore dans la diversité de ses actions au service des arts. La création du Centre des écritures cinématographiques fut sans doute l’une de ses plus belles réussites. La musique est ensuite devenue une ressource essentielle de la vitalité du Moulin avec des classes de perfectionnement, des concerts, la venue de solistes et d’ensembles de très haut niveau. Le festival Alexandre Paley s’est inscrit dans la durée et était un moment très attendu de la saison par les mélomanes et les amateurs de piano.

Facétieuse aussi…

Si on doit louer l’une des plus belles qualités de Suzanne Lipinska c’est sans doute cette ouverture au monde qu’elle avait choisie dès sa prime jeunesse. Elle ignorait les frontières, les barrières linguistiques, les statuts sociaux, elle méprisait les racistes de tout poil. Elle soutint autant qu’elle put les amis des peuples luttant contre les méfaits du colonialisme. Elle accueillit nombre d’exilés avec la complicité de celui qui devint son compagnon de route et de vie, l’écrivain Maurice Pons, dignement fêté lors du 60e anniversaire de la création de l’association au mois de juillet dernier.

La mort en juin 2016 de Maurice Pons a beaucoup affecté Suzanne Lipinska. Elle a constamment ressenti l’absence d’une personnalité aussi originale qu’exceptionnelle. Maurice était toujours là pour elle et pour le Moulin. Dominant son chagrin, Suzon a souhaité que la roue de ce dernier continue de tourner sous la houlette de l’un de ses petits-fils, Stanislas, qui devient de fait, son successeur à la tête de l’association et chef d’une entreprise alliant la culture et l’économie. Mais il n’est pas seul. Il sait pouvoir compter sur Christine l’une des filles de Suzon, Charlotte, l’une de ses petites-filles, sans oublier les autres membres de la famille et du conseil d’administration ainsi que les institutions publiques dont le soutien va s’avérer décisif.

Avec JP Rappeneau, Alain Cavalier et son petit-fis Stanislas lors du 60e anniversaire.

Il y a peu de temps, Suzanne Lipinska s’était vu remettre la croix d’officier de la Légion d’honneur par Sébastien Lecornu, ministre de la Défense. La cérémonie eut lieu en petit comité et ce fut là la dernière apparition publique de Suzon. Quant à moi, grâce à elle et son moulin, j’ai fait des rencontres d’une grande richesse intellectuelle donnant naissance à des amitiés solides. Car Suzon savait provoquer les rencontres, les faire s’épanouir, les enrichir. Pour le journaliste que j’étais le Moulin était « le lieu de tous les possibles », une formule qu’appréciait celle dont la présence irradiante va terriblement nous manquer.

A Anne, Christine, Stéphane, ses enfants, à ses petits-enfants, sa famille, ses proches, je souhaite témoigner toute ma sympathie et aussi toute mon amitié. Je ne doute pas qu’une cérémonie aura lieu un jour prochain, pour unir dans une même communion de pensée ceux et celles qui ont eu la chance de la connaître et de l’apprécier.

 

 

 

23 septembre 2022

« Mendès la France » un documentaire sensible et émouvant d'Yves Jeuland bientôt sur la 5

Les producteurs et les réalisateurs, Yves Jeuland et Alix Maurin (à droite)

Seul. Seul face à une foule fanatisée. Hurlante. Elle veut l’empêcher de s’exprimer. Mais Pierre Mendès France fait face. Il se tient droit et sourit. Il attend que Georges Pompidou (ou un autre) fasse taire cette foule hostile, irrespectueuse. Nous sommes à Grenoble en 1967 lors de la campagne des législatives. PMF participe à une réunion contradictoire mais ses adversaires ont bourré la salle d’opposants. Il a accepté de débattre, au lieu de cela il va devoir combattre. Comme d’habitude. Ces premières images du documentaire qu’Yves Jeuland et son équipe ont réalisé récemment disent tout de Pierre Mendès France, de son courage, de ses convictions.
Yves Jeuland.

Il aura fallu une rencontre fortuite en 2016 entre Michel Mendès France (à qui le film est dédié) et le documentariste pour que la possibilité d’un documentaire retraçant la vie de l’ancien Président du Conseil se concrétise. Projeté mercredi au Forum des images de Paris devant plus de 500 invités « Mendès La France » a d’immenses mérites. Il tombe à pic avant le 40e anniversaire de sa disparition et il répare un regret qu’Yves Jeuland présente comme un remord. Celui d’avoir omis dans l’un de ses précédents films consacré aux juifs de France en 2007(« Comme un juif en France »), une personnalité exceptionnelle à la fois pour la qualité de ses engagements publics mais aussi pour l’importance qu’il accordait aux relations familiales et à sa généalogie qu’il cultiva jusqu’à sa mort en octobre 1982.

Pierre Mendès France était juif. Et alors ! Juif d’origine portugaise (Mendès Franca) dont les aïeuls gagnèrent la France il y a plusieurs siècles pour devenir des Français à part entière et dont certains s’illustrèrent dans des combats pour tenir haut le drapeau tricolore. La lettre qu’il adressa au Maréchal Pétain après qu’il eut choisi de s’évader de la prison de Clermont-Ferrand en 1942 à la suite d’un procès inique souligne l’attachement de cet homme aux règles de vie qu’il s’était fixé : la vérité, la droiture, la fidélité, la fierté d’un nom et la défense d’une patrie qu’il n’avait pas trahis à l’image de son ami Jean Zay, assassiné par la milice de Vichy.

Le documentaire d’Yves Jeuland égrène les moments « Mendès France » : La naissance à Paris rue Turbigo, l’amour de ses parents et de sa sœur, l’avocat de la rue Tatin à Louviers, l’élection législative gagnante de 1932 comme radical socialiste, le secrétaire d’Etat de Léon Blum qu’il admirait, l’aviateur de la France libre (1) et son attachement au général de Gaulle, son mariage avec Lily Cicurel et la naissance de ses fils Bernard et Michel. Il faut entendre Pierre Mendès France chanter Cadet Roussel à ses enfants alors réfugiés aux Etats-Unis avec leur maman : un grand moment de magie tendre et poétique.

7 mois et 17 jours. Cette période aussi courte que fulgurante continue de marquer les esprits. C’est le temps passé à la présidence du Conseil de la République par PMF appelé par le président René Coty. S’il parvint à obtenir la fin de la guerre d’Indochine (et à sauver la vie de milliers d’hommes), à assurer l’autonomie de la Tunisie ; la CED (Communauté européenne de défense) et les événements (on ne disait pas encore la guerre) d’Algérie vont mettre un terme à ce qui reste encore aujourd’hui une exemplarité fondée sur la parole donnée, la politique expliquée, le citoyen privilégié. Ses causeries du samedi (à la radio car la télévision n’en était qu’à ses balbutiements) demeurent ce qu’un dirigeant politique pouvait faire de mieux à une époque où les réseaux sociaux n’existaient pas même si la presse écrite tenait alors le haut du pavé, celui de la rue Réaumur.

Battu à Louviers en 1958 pour avoir dit non au « coup d’état » gaulliste (2) et surtout pour avoir refusé les institutions de la 5e république qu’il considérait comme dangereuses, Pierre Mendès France se mua alors en observateur engagé de la vie publique en France et à l’étranger où son intelligence et ses avis continuaient de peser. Elu député de Grenoble en 1967, il y fut battu en 1968 de quelques dizaines de voix, les communistes ayant opté pour un vote dit « révolutionnaire » en favorisant objectivement le candidat de la droite. Et pourtant. Qui niera que le souci permanent de celui qu’on appelait alors PMF furent la justice sociale et le progrès sous toutes ses formes : éducatif, scientifique, économique, culturel…avec un corollaire obligé : la recherche de la paix surtout au Moyen Orient où il défendit avec conviction la cause de deux états (israélien et palestinien) vivant dans des frontières reconnues et sécurisées.

Joan Mendès France avec Jean-Noël Jeanneney et François Marthouret.

Le film d’Yves Jeuland explore avec bonheur des archives de l’INA, elles couvrent toute la vie publique de PMF. Mais sans l’aide et le soutien appuyé de Joan Mendès France et de Tristan et Margot, ses petits-enfants, l’exposé eut pu demeurer trop didactique. Grâce à des documents inédits : des photos, des lettres, des tableaux de Lily, à Paris ou dans la maison des Monts à Louviers, le spectateur entre dans le monde discret d’un homme tant aimé et tellement respecté. Qu’un Jean-Marie Le Pen, député poujadiste de sinistre mémoire, l’insulte à l’Assemblée nationale doit nous faire nous souvenir, si jamais nous l’avions oublié, que l’extrême droite française puise ses racines dans un antisémitisme systémique que les années n’effacent pas. 

Après la projection du film, mercredi dernier, le public a fait une ovation à l’équipe de réalisation à laquelle il convient d’ajouter les producteurs, le créateur de la musique originale, sans oublier le soutien du Mémorial de la Shoah et de l’Institut Mendès France pour leur subvention. Le documentaire « Mendès la France » sera projeté sur la 5 à une date que j’indiquerai quand elle  sera connue. Le 14 octobre à 20 h 30 au Moulin, la mairie de Louviers a pris l’initiative de présenter le film d’Yves Jeuland et d’organiser un débat à la suite de la projection.

(1) Pierre Mendès France participa à plusieurs missions de bombardement à bord des avions de la RAF. Il y fit preuve, là encore, d’un réel courage physique.

(2) Cette défaite lui causa du chagrin. Elle entraîna — décision remarquable — sa démission de son poste de maire de Louviers et de la présidence du Conseil général de l’Eure. « Les électeurs(trices) me confia-t-il en 1978, avaient le droit de ne pas être d’accord avec moi. »

Quelques précisions que vient de m'indiquer Joan Mendès France doivent être ajoutées à ce texte : PMF s'est évadé de la prison de Clermont-Ferrand en juin 1941 et non en 1942. Yves Jeuland a réalisé son projet avec Alix Maurin, co-réalisatrice par conséquent, et c'est en 2006 et non 2016 que Michel Mendès France et Yves Jeuland ont évoqué l'idée de ce documentaire. Dont acte.

 

 

17 septembre 2022

Le Hub de Louviers au cœur de la révolution technologique du territoire de Seine-Eure

Alexandre Le Targa coupe le ruban aux côtés des élu(e)s.
Il aura donc fallu dix ans. Dix ans pour imaginer et concrétiser la réhabilitation d’un site industriel important dans l’histoire de Louviers. Après maintes vicissitudes dues à l’évolution technologique et la disparition de l’industrie du disque microsillon sous divers noms capitalistiques (Philips, Polygram, CIDIS, Cinram…) et la suppression des emplois qui allaient avec, le site inauguré par Pierre Mendès France en 1957 connaît enfin une nouvelle vie. Ce qui avait été la première usine de production de disques d’Europe devenait alors une friche industrielle désolante.

Rachetés par l’agglomération Seine-Eure — Patrice Yung en était alors le président — avec le soutien de l’Etablissement public foncier de Normandie, les bâtiments et les terrains attenants (sans oublier la maroquinerie-sellerie Hermès et ses cinq hectares dont l'ouverture est programmée au printemps prochain) sont dorénavant dévolus en majorité à des activités numériques plus dans l’air du temps. Le hub, puisque tel est son nom, propose des salles de congrès, d’exposition, une pépinière d’entreprises, des ateliers relais, un espace de co-working… le tout s’intégrant dans un environnement paysager où voiries, parkings, ligne de bus à haut niveau de service (entre la gare SNCF de Val-de-Reuil et la place Ernest Thorel de Louviers) complètent une offre abondante. Je n’aurais garde d’oublier le chantier de fouilles archéologiques qui, durant les travaux, a authentifié un site de production de pierres et d’outils vieux de 20 000 ans !
« La rue du Magdalénien » impose de ne pas oublier nos ancêtres. Comme l’a indiqué Bernard Leroy, non sans sourire, « Les hommes de la préhistoire cassaient déjà des cailloux sur la route de Louviers. »

Place Nelson Mandela.
Les élus à l’origine de cette épopée de modernisation, MM. Bernard Leroy, donc, président de la CASE et François-Xavier Priollaud, vice-président de la Région Normandie et maire de Louviers, ont été aidés par des financements épars abondés depuis Bruxelles (fonds structurels), Rouen (la Région), Evreux (le département) et bien évidemment le budget de l’agglomération Seine-Eure, principal financeur d’un budget total de 23 millions d’euros. L’état n’a joué un rôle qu’à la marge même si le sous-préfet des Andelys a promis d’apporter sa contribution administrative aux futurs projets de développement.

Dans les discours forcément un peu convenus où se mêlaient humour et histoire, Bernard Leroy a eu la bonne idée de saluer les milliers d’hommes et de femmes qui ont assuré la production de ces millions de microsillons ou de CD au service des talents de la chanson ou de la musique (1). Certains et certaines d’entre eux et elles étaient d’ailleurs présent(e)s à l’inauguration du hub organisée ce vendredi. Alexandre Le Targa ancien de l’usine Philips du temps des Pasquier, Crapard, Graux, des noms illustres pour les salarié(e)s de ce poumon industriel lovérien, eut l’aimable tâche de couper le ruban symbolisant le lancement officiel du nouvel outil.

photo Jean-Charles Houel

Le maire de Louviers a profité de l’occasion pour baptiser la place située devant l’entrée du Hub et devenu carrefour de rencontres. Elle portera le nom de Nelson Mandela, ancien président sud-africain, prix Nobel de la paix, farouche combattant des droits humains qui permit de mettre fin au régime d’apartheid et de rendre sa dignité à la population noire de ce grand pays d’Afrique. Après les discours une soirée plus conviviale a retenu les passagers du Hub à qui l’on offrit l'opportunité d’apprécier musique, boissons et petits fours.

(1) Citons Georges Brassens, Serge Gainsbourg, Nana Mouskouri, Johnny Hallyday, Henri Salvador parmi les plus connus…


11 septembre 2022

Sur les traces de Georges-Paul Roussel, l'architecte du musée de Louviers

Michel Natier. 
Georges-Paul Roussel est l’architecte qui a « imaginé » le musée de Louviers. Ce musée qu’on connaît aujourd’hui, financé par Edouard Lanon, a ouvert ses portes et ses salles en 1888. M. Lanon avait légué ses collections à la ville de Louviers et souhaitait un lieu adapté pour les exposer. Il avait la volonté et l’argent. Ce musée est le seul du département à avoir été, dès sa naissance, conçu comme un musée.

GP Roussel a quant à lui été l’auteur de plusieurs constructions encore visibles aujourd’hui dans l’immédiate région de notre ville. Il a laissé plus que des traces à Lisors, Amfreville-sur-Iton (la ferme près du château), Andé, Muids et dans quelques autres villages. Il prenait ainsi la suite de son père Etienne Roussel disparu en 1880.

Michel Natier, ancien directeur du musée municipal, lui-même diplômé en architecture, a pris plaisir à emmener les adhérents et les amis du musée, sur les traces de ces Lovériens peu connus. A force de recherches dans les archives locales, départementales ou nationales ainsi qu’à l’école des Beaux Arts de Paris, et l’aide du service des archives de l’agglomération Seine-Eure, Michel Natier est parvenu à dresser le portrait d’un homme, certes pas génial— n'est pas Le Corbusier qui veut —
mais ayant pratiqué son métier avec certains gestes intéressants et une profonde honnêteté intellectuelle. S’appuyant sur des photographies, des esquisses, des plans et parfois des devis détaillés, l’orateur d’un soir nous a permis de pénétrer dans le monde mystérieux de la création même si parfois les œuvres de Roussel semblent inspirées de formes et de lieux vus ailleurs. L’Association des Amis du musée, à l’origine de cette conférence, est devenue, l’espace d’un moment, l’association des amis de Georges-Paul Roussel qui méritait bien ce coup de chapeau.

9 septembre 2022

Philippe Brun a inauguré sa permanence dans le centre de Louviers

Philippe Brun avec Nolwenn Léostic (à droite), membre de EELV.
Peut on imaginer un député sans permanence ? Sans des assistants pour recevoir tous et toutes celles qui ont besoin de leur élu national pour démêler un dossier compliqué, résoudre un problème personnel, ou porter la voix d’une circonscription dans ses différences et ses crises. Par les temps qui courent, le député doit être toujours plus proche des citoyens et des citoyennes. Il doit non seulement proposer des amendements législatifs, travailler en commission, mais aussi et surtout se tenir à « portée de gifle » comme l’a déclaré avec humour Philippe Brun à un journaliste de Médiapart. Ainsi, la permanence du député de Louviers a-t-elle été inaugurée, ce jeudi, en présence de camarades et d’amis parmi lesquels de nombreux acteurs(trices) de la récente campagne électorale. Des maires, des conseillers municipaux et des militants de base ont répondu à l’invitation de Philippe très reconnaissant des efforts de tous et de toutes. Elle se situe au centre de Louviers (rue du Sornier) non loin de la place de la Halle.

Lors d’un premier mandat, ce qui est le cas de celui qui sauva l’honneur du suffrage en battant une candidate du Rassemblement national, le nouvel élu doit labourer le terrain, connaître à fond sa circonscription et agir au plus près des préoccupations de ses mandants. Les faits prouvent qu’on peut faire confiance à Philippe Brun (PS-NUPES). N’a-t-il pas fait approuver 36 amendements lors de l’examen des différents textes proposés au vote par le gouvernement depuis le second tour des législatives ? N’a-t-il pas programmé des rencontres dans divers villages de la circonscription où il a répondu à toutes les questions des habitants ? Des esprits chagrins ou revanchards (il y en a toujours) ne manqueront pas de jalonner son chemin de chausse-trapes ou de pièges divers. Nul ne fait l’unanimité et le combat électoral est tel que jalousies et perfidies ne doivent pas détourner un élu conséquent de ses objectifs : servir la population dans toute sa diversité. On peut en être certain : Philippe Brun tiendra sa feuille de route.


Mais, comme je l’écrivais plus haut, un député n’est pas un homme seul. Philippe Brun sait donc pouvoir compter sur Smaïl Chibane, un homme d’expérience (un ancien collaborateur de François Loncle) et Lisa Moreau, sa suppléante, très au fait des besoins des populations défavorisées. En accueillant ses invités, ce jeudi, Philippe Brun n’a pas manqué de remarquer qu’ils étaient issus des cinq cantons de la circonscription, un témoignage concret de sa volonté de n’oublie
r personne.