26 février 2022

A Louviers solidarité avec l'Ukraine

Le maire et les élus de la majorité municipale
Solidarité avec l’Ukraine, amitié, soutien…les Lovériens et les Lovériennes — du moins ceux et celles qui ont su qu’un rassemblement avait lieu ce vendredi soir sur la place Thorel — étaient invités par les différents partis ou mouvements présents au sein du conseil municipal (à gauche et à droite donc) à témoigner leur attachement aux démocrates et patriotes ukrainiens en lutte avec l’armée russe. François-Xavier Priollaud, maire de Louviers, était entouré de quelques uns de ses adjoints, tandis que les citoyens et les citoyennes se tenaient face aux élus.

Depuis le début de la semaine, en effet, Vladimir Poutine a décidé une invasion d’un pays libre, démocratique et reconnu internationalement. Le maître du Kremlin ne supporte pas et depuis longtemps qu’une ancienne république soviétique devenue indépendante en 1994 ne soit plus à la botte du dictateur, ex-membre du KGB de sinistre mémoire. Poutine, dans son discours de Munich en 2013 avait annoncé ce qu’il réalise aujourd’hui. Ceux qui l’avaient lu distraitement ont eu tort de ne pas le croire. Poutine est un dictateur narcissique qui ne connaît que les rapports de force, l’Union européenne serait donc bien avisée de réfléchir aux moyens à mettre en œuvre pour résister à la brutalité et la violence du dirigeant russe.

Après la prise de parole du maire, l’assistance a écouté les hymnes ukrainien et européen tandis que les couleurs bleu et jaune du drapeau ukrainien étaient projetées sur les murs du musée communal.

Du côté des citoyens et des citoyennes

 


25 février 2022

Rassemblement ce vendredi à 19 heures place Thorel en soutien aux Ukrainiens

J’ai suivi, hier soir sur France 2, l’émission spéciale consacrée à la guerre en Ukraine. Placée sous le signe de l’inquiétude, cette soirée animée par Léa Salamé, a fait honneur à une chaine de service public tant les invités et les experts interrogés ont su répondre aux questions que se posent les citoyens. Que Vladimir Poutine soit un dictateur ne faisait aucun doute. Qu’il s’agisse de Dominique de Villepin ou de Bernard-Henri Lévy, le ton était le même : trouver le moment et l’espace qui permettront de stopper l’entreprise criminelle de l’armée russe.

La bonne idée était d’inviter les candidats à l’élection présidentielle et à leur poser la question : « que feriez-vous si vous étiez président(e) de la République ? » Le plus convaincant a été, selon moi, Yannick Jadot. Le ton était assuré, les arguments affutés, l’envie d’action éloquente. La plus mauvaise fut indubitablement Valérie Pécresse. Figée, répétitive, sans passion, elle fut à l’image de sa campagne : ratée. Quant à Mélenchon, Le Pen ou Zemmour, ils ont été pris dans leurs contradictions et contraints à des sauts périlleux arrière peu convaincants. Zemmour et Le Pen ont souhaité hier se faire adouber par Poutine et ils vont en payer le prix, tôt ou tard. Leur obsession anti-américaine et leur souci de demeurer « équidistant » de Biden et Poutine masquaient mal leur soutien au dictateur russe.

Mme Le Pen assure : « je ne souhaite pas que la France envoie des hommes en Ukraine. » « La France ne doit pas payer les conséquences de la guerre ». On croirait entendre le maréchal Pétain. Il est vrai qu’au FN « le maréchal nous voilà » a toujours eu bonne presse. Mais qui serait assez fou pour commettre une erreur pareille ? Jamais les responsables occidentaux n’ont proposé une telle ineptie. On se dit, en écoutant ces commentateurs de pacotille, qu’ils ne méritent pas la responsabilité présidentielle. En plus des sanctions financières et économiques, la France ne doit pas refaire le coup de l’inaction face à Franco. Elle doit aider la résistance ukrainienne par tous les moyens ce que Yannick Jadot a fort bien détaillé.

 

Le maire de Louviers, François-Xavier Priollaud, propose un rassemblement ce soir vendredi à 19 heures, sur la Place Thorel pour soutenir les Ukrainiens. Soyons nombreux.

24 février 2022

Mme Pécresse ne sera pas présente au second tour de la présidentielle

Il faut plaindre Valérie Pécresse. Avec un Ciotti collé à ses basques et le meeting du grand Zénith raté, la candidate LR va encore plus toucher le fond puisque sa chute ne fait que commencer. Et ce n’est pas l’affaire du vote interne publié par Libération qui va arranger ses affaires. Que nous apprend Libé ? Que lors du fameux vote interne à LR, une immense opération d’adhésions (et un bourrage des urnes) a été mise au point par certains candidats, qu’ils s’appellent Pécresse, Ciotti, ou même Barnier. L’enquête des journalistes du journal parisien relève que des morts ont été inscrits, que des centaines d’étrangers (aiatiques notamment) ne parlant pas notre langue ont voté, que même un chien nommé Douglas (Clovis en réalité) a demandé la possibilité de participer au vote. Amusant non ?

Malgré les dénégations, les menaces d’un procès en diffamation, les journalistes ont confirmé toutes les conclusions de leur enquête. L’article de Libération est ravageur. Je sais bien que la politique n’a pas bonne presse mais avouez qu’un Xavier Bertrand, traité de naïf — un bleu qui « s’est bien fait avoir » — dixit un dignitaire LR, doit s’interroger sur le déroulement d’opérations électorales vantées comme exemplaires. Mme Pécresse a profité de la présence au conseil régional d’île de France d’un ami sincère genre facebook qui est parti à la pèche aux voix. Il n’est pas rentré bredouille.

Si vous ajoutez à cela le soutien tragique de Bellamy (qui a signé pour Zemmour) l’homme aux 8 %  aux européennes, et les remarques de François Fillon, l’homme de Poutine et de son système, vous avez les cerises sur le gâteau ! Je fais le pari suivant : Mme Pécresse ne sera pas présente au second tour de la présidentielle.

 

18 février 2022

Devant l'Académie des Sciences morales et politiques : Le regard d'André Azoulay, conseiller du roi Mohamed VI, et juif en pays arabo-musulman

 

André Azoulay (au centre) avec Eric Roussel (à gauche) et le rabbin Haïm Korsia

A l’invitation d’Eric Roussel, membre de l’Académie des Sciences morales et Politiques, et biographe renommé, les honorables membres de cette institution prestigieuse, étaient conviés ce lundi, à cheminer aux côtés d’André Azoulay, ancien président de l’Institut Mendès France mais aussi et surtout conseiller du roi du Maroc Mohamed VI.

Le rabbin Haïm Korsia avait d’ailleurs tenu à saluer l’orateur dont toute la vie a été placée sous le signe de l’engagement. A l’écouter, on découvre que l’histoire avec un grand H rend indissociable au Maroc la présence commune des trois grandes civilisations du Livre : le judaïsme, l’Islam et la chrétienté plus tard, le judaïsme étant présent six siècles avant l’ère chrétienne. C’est dire combien cette religion demeure liée à tous les événements passés, présents du royaume chérifien. Le roi marocain descendant du prophète n’est-il pas le commandeur des croyants ? Et ne cite-t-on pas l’exemple du Maroc pour la promotion d’un Islam modéré dans le dialogue interreligieux exalté notamment lors du voyage du pape François en terre marocaine ?

Le thème de la causerie de M. Azoulay ? « Etre juif dans un pays musulman ». Il était donc juste qu’André Azoulay exprime sa gratitude aux membres de l’Académie  pour avoir rendu possible « ce rendez-vous improbable et inédit autour d’une autre histoire du judaïsme en terre d’islam, en contrepoint, s’agissant du Maroc, de l’impressionnante refondation de la place, du rôle et de l’héritage du judaïsme dans l’histoire longue du Maroc. »

Sans notes, avec une passion retenue, André Azoulay évoqua tour à tour sa proximité avec Hassan II, le père de Mohamed VI et l’influence qu’il exerce encore auprès de la monarchie marocaine. Une monarchie ouverte au monde, une exception sensible dans la civilisation arabo-musulmane. Et André Azoulay de rappeler les accords d’Oslo très malmenés par les décennies récentes mais porteurs d’espérance pour les hommes et les femmes de bonne volonté. L’optimisme qu’il affiche n’est pas de circonstance. La géopolitique nous enseigne qu’il en effet faudra bien, un jour, que les Palestiniens et les Israéliens vivent dans deux états distincts et dans des conditions de vie et de sécurité auxquelles chaque peuple aspire légitimement.

Domicilié à Essaouira, très jolie ville de la côte Atlantique, André Azoulay a souligné les initiatives culturelles qu’il y a promues notamment dans le domaine musical: « hier place forte d’une proximité et d’une capillarité judéo-musulmane qui n’a pas fini de nourrir notre imaginaire collectif, Essaouira aujourd’hui navire amiral engagé, jamais en retard d’une initiative ou d’une proposition pour porter encore plus loin dans la planète-monde ce message marocain, en terre d’Islam, qui a su résister à l’amnésie et à toutes les conjectures et envoyer depuis le Maroc et vers les horizons les plus lointains le message et les enseignements d’une autre histoire, d’une autre destinée pour un autre futur entre Juifs et Musulmans. »Tout cela est fort bien dit.

Quelques questions furent posées par l’auditoire dont Xavier Darcos, chancelier de l’Académie des Sciences morales et politiques, l’une des cinq académies constituant l’Institut de France. Parmi les académiciens présents, nous avons revu avec plaisir Bernard Stirn dont la cérémonie officielle d’intronisation aura lieu le 4 avril prochain et François Loncle, l’actuel président de l’Institut Mendès France.

 

16 février 2022

Ciotti est-il la taupe de Zemmour chez Pécresse ?

Eric Ciotti est sur la sellette. A la sortie du meeting raté de Valérie Pécresse et sentant la candidate LR en perdition, le député de la vallée de la Roya aurait déclaré : « préparons nous à soutenir Zemmour au second tour. » Bien sûr l’entourage de Ciotti dément que leur mentor ait tenu ces propos mais ceux qui ont l’expérience des campagnes savent bien que la formule de Ciotti est crédible et vraie. Ils savent que Ciotti soutient Pécresse comme la corde soutient le pendu. C’est par sa faute que la présidente de la région île-de-France tient des discours que des candidats de la droite extrême ne renieraient pas. Les formules maladroites empruntées par Valérie Pécresse aux discours de l’extrême droite (à la demande de Ciotti) ont même conduit Jean-Pierre Raffarin à affirmer que « jamais en campagne électorale on ne doit utiliser le vocabulaire des adversaires. » Et Zemmour comme Marine Le Pen sont des adversaires de Valérie Pécresse. Ciotti pourrait bien être un sous-marin ou une taupe si vous préférez, du sieur Zemmour.

Plus grand monde donc pense que Mme Pécresse sera présente au second tour. Alors Ciotti a dit tout haut ce qu’il avait déclaré il y a quelques semaines : « Entre Macron et Zemmour, je choisis Zemmour. » Il entérine de fait la défaite de Mme Pécresse. J’invite cette dernière à faire avec Ciotti ce que Marine Le Pen a fait avec Nicolas Bay : Dehors les traitres ! Un détail tout de même à l’adresse de M. Ciotti : le général de Gaulle est celui qui sauva l’honneur de la France et la dignité d’une partie de l’armée française dont certains — plus nombreux qu’on croit — avaient préféré la collaboration avec l’Allemagne nazie. Quand Zemmour veut réhabiliter Pétain (sous une forme ou une autre) il insulte la mémoire des courageux résistants à une dictature raciste et antisémite

Présidentielle 2022 : Quelques réflexions au débotté…Je ne veux pas vivre en Zemmouristan !

Je ne veux pas vivre en zemmouristan

Lors d’un débat plus pugilistique que politique (il y a plusieurs jours) opposant Eric Zemmour à Jean-Luc Mélenchon, ce dernier a fustigé le candidat d’extrême-droite et inventé une formule appelée à faire florès. Le « zemmmouristan » serait, en effet, si par malheur Zemmour devenait le prochain président de la République, notre beau pays de France transformé en ring permanent où la violence aurait droit de cité opposant les uns contre les autres…des Français contre des Français. Triste futur.

Non content d’avoir tenté de réhabiliter « le Maréchal nous voilà » de sinistre mémoire, d’affirmer — contre toute vérité historique — que Pétain a sauvé les juifs français, l’ancien journaliste du Figaro devenu une figure de la droite raciste xénophobe et condamné comme tel à plusieurs reprises, rassemble les nostalgiques de la Révolution nationale, les adeptes du retour de la monarchie, ainsi que les obsédés du soi-disant grand remplacement faisant des cinq millions de musulmans pacifiques français les ennemis de l’intérieur.

Zemmour joue sur la peur. Peur de l’autre, peur du COVID, peur du déclassement. Zemmour est le candidat de Vincent Bolloré, ce papivore à la tête d’un empire de l’édition, de la presse et de l’information. Autrement dit il est en service commandé. Pour ne pas dire commando…même si M. Zemmour n’a jamais fait son service militaire. Et voilà que Zemmour a besoin du soutien de Donald Trump détesté dans notre pays. Sans compter que le cabinet d’expertise comptable de la « Trump fundation vient de le lâcher, ne croyant pas à la sincérité et donc à la régularité des opérations financières du grand menteur-tricheur-comploteur. Quelle référence !

 

 

Valérie Pécresse est embourbée.

Mme Pécresse perd des points dans les différents sondages, signe que la prisonnière de M. Ciotti, se montre incapable d’incarner une fonction trop ambitieuse pour elle. Son directeur de campagne, M. Stefanini, est traité de Loser par Mme Rachida Dati qui, il est vrai, a toujours eu la dent dure contre la présidente du  conseil régional d’Ile-de-France.

M. Eric Woerth, président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, proche de Nicolas Sarkozy, membre de LR depuis toujours sous des formes variées (RPR-UMP) a            décidé de soutenir Emmanuel Macron dont la candidature ne fait plus aucun doute. C’est un croche-pied dont Mme Pécresse se serait bien passée. Et ce n’est pas le meeting de Bercy qui peut lui remettre du baume au cœur. Un vrai naufrage en direct devant des millions de téléspectateurs. Elle accuse aujourd’hui les médias de machisme plutôt que de reconnaître son incompétence. Elle a d’ailleurs décidé de changer la formule de ses prochaines interventions. Un vrai aveu de faiblesse.

 

Christiane Taubira aura-t-elle suffisamment de parrainages ?

Christiane Taubira est lâchée par le Parti radical de gauche dont les représentants locaux n’ont pas ménagé leurs efforts pour faire que l’ancienne ministre de la Justice apporte sa culture, son lyrisme et son courage au combat de la gauche dans cette présidentielle. Mais cette candidature survient trop tard. Mme Taubira risque bien de ne pas disposer des 500 parrainages indispensables pour concourir. Quel maire, quel élu régional ou départemental, osera se lancer dans une aventure qui ne peut que nuire à la belle personnalité qu’est Christiane Taubira ? Même non candidate elle restera quand même une figure marquante de la gauche humaniste et sociale.

 

 

« On ne tire pas sur une ambulance »

Quant à Anne Hidalgo, j’ai envie de reprendre la célèbre formule de Françoise Giroud appliquée à Jacques Chaban-Delmas : « on ne tire pas sur une ambulance. » Avec 2,5% des suffrages dans les sondages, et si  son score ne s’améliore pas, le parti socialiste risque de connaître le pire résultat de toute son histoire. Il n’y a pas de quoi se réjouir. La sociale-démocratie est au pouvoir dans de nombreux pays de l’Union européenne et la France apparaît comme une exception dommageable pour des idées favorables au progrès social, économique, scientifique, écologique. Les idées risque de mourir faute de personnalités talentueuses pour les incarner. Très décriée à Paris, Anne Hidalgo ne parvient pas à se créer un espace au sein d’une gauche républicaine mieux représentée dans les sondages par Jean-Luc Mélenchon (LFI) et (un comble !) par Fabien Roussel qui est doté de 5% des voix dans les derniers sondages. Les communistes ont trouvé en Fabien Roussel un candidat qui visiblement gagne à être connu. Quant à Yannick Jadot (EELV) il est aussi autour de 5 % des suffrages…grimpera-t-il au fil de la campagne ? Ce ne serait que bénéfice pour ceux et celles qui croient en la science et sont prêts à accepter des mesures drastiques contre le réchauffement climatique.

 

 

14 décembre 2021

Comment le général De Gaulle est devenu la voix de la France libre…

 

Eric Roussel

Comment un parfait inconnu, du moins du grand public, peut-il devenir en quelques jours une personnalité appelée à un destin d’exception. Il y a peu d’exemples dans l’histoire d’une telle fulgurance de la part d’un colonel promu général à titre temporaire et sous-secrétaire d’Etat à la guerre dans le gouvernement moribond de Paul Reynaud en juin 1940. Alors que notre pays cédait de tous côtés face à l’invasion allemande, il s’est trouvé quelques hommes plus lucides et plus courageux que la majorité d’entre eux pour sauver l’honneur de la France. Le général De Gaulle fut de ceux-là.

A l’occasion de la conférence donnée ce samedi dans le cadre de la SED par Eric Roussel biographe et historien (1), aujourd’hui membre de l’Académie des sciences morales et politiques, on en sut plus sur les jours tragiques qui ont abouti à la défaite de nos armées, à l’armistice souhaité par une majorité pétainiste, à l’entrée du général De Gaulle dans la grande histoire. Il a certes fallu une suite de circonstances exceptionnelles pour que l’aventure tombe du bon côté. Il aura aussi fallu Jean Moulin, Pierre Brossolette, héros de la Résistance, le président Roosevelt pour faire entrer les USA dans la guerre et il aura aussi fallu que Staline accepte de supporter seul le front oriental pour venir à bout de nazis fanatisés et partisans de la guerre totale, raciste et génocidaire.

Face à une salle bien pleine, Eric Roussel narre par le menu l’installation du gouvernement à Bordeaux en mai 1940, la démission du gouvernement Reynaud, l’ascension du Maréchal Pétain, le départ pour l’Angleterre du général De Gaulle. Au cours de ses rencontres fructueuses avec Winston Churchill c’est ce dernier, le premier, qui perçoit les qualités (et les défauts) de cet homme seul mais déterminé. Il faut l’être pour oser déclarer le 18 juin que la France, elle, n’est pas seule et qu’elle doit continuer le combat. Peu d’hommes et de femmes ont entendu le fameux appel prononcé à 22 heures et, ce  que l’on sait moins, après qu’il a été revu et corrigé par les Britanniques.

Le général De Gaulle, reconnu en quelques semaines par Churchill comme le chef de la France libre, aura dû pallier l’absence à Londres des politiques (2) des hauts fonctionnaires et s’appuyer sur des hommes tels Jean Monnet. Celui dont l’histoire retient qu’il sera le père de l’union européenne propose dans l’urgence l’impossible union franco-britannique pourtant acceptée par le général De Gaulle ! Le symbole restera mais les deux hommes s’opposeront ensuite durablement.

Eric Roussel, interrogé sur les liens du général De Gaulle et du maréchal Pétain, rappelle opportunément que le colonel De Gaulle fut la plume de son commandant avant de s’émanciper et de faire la tournée des ministères pour convaincre les gouvernants de la nécessité de remiser la stratégie défensive alors en vogue avec Gamelin et Weygand. De Gaulle avait compris avant les autres le rôle essentiel des blindés dont les chefs allemands avaient saisi tous les avantages. C’est aussi pourquoi Paul Reynaud avait appelé au gouvernement celui qui n’était que le colonel De Gaulle. Trop tard.

Eric Roussel, dont la conférence a été déprogrammée à deux reprises pour raisons sanitaires, a pu déployer ses nombreuses connaissances émanant de sources souvent originales. On lui sait gré, notamment, d’avoir exploité les archives recensées par M. Lombart, ancien assistant archiviste municipal, qui avait trouvé dans les greniers de la mairie de Louviers des documents permettant de mieux connaître la passion épistolaire de Pierre Mendès France. Le sujet d’une autre conférence ?

 

(1)  Eric Roussel est l’auteur de plusieurs biographies : De Gaulle, Pompidou, Mendès France, Giscard d’Estaing…Il a été président de l’Institut Pierre Mendès France.

(2)  Georges Mandel, ancien collaborateur de Georges Clémenceau et ministre de la 3e République aurait pu (dû) partir en Angleterre. Hostile à l’armistice, il a refusé de quitter le territoire national…parce que juif. Il a été assassiné en juillet 1944 par la milice de Darnand.


11 décembre 2021

François Loncle fait chevalier de la Légion d'honneur par Jean-Yves Le Drian

Jean-Yves Le Drian décore François Loncle

Décorer François Loncle de la Légion d’honneur n’est pas l’apogée d’une action politique commencée dans le journalisme. En saluant le parcours de l’ancien député de Louviers, lors d’une cérémonie, jeudi, au quai d’Orsay, Jean-Yves Le Drian, notre ministre des Affaires étrangères, a simplement dressé le constat d’un engagement au service de l’intérêt général, un engagement jamais démenti..

Encore aujourd’hui, l’ancien président de la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale fréquente les couloirs du Palais Bourbon où il retrouve chaque semaine ses amis, souvent d’ex-socialistes convertis au macronisme et adhérents de « Territoires de progrès ». S’agit-il d’une nuance ? Non, c’est bien plus que cela. Car François Loncle, adhérent du Parti radical de Maurice Faure, a dû passer par une proximité intellectuelle et morale avec Eugène Descamps et Edmond Maire à la CFDT pour être adoubé par Pierre Mendès France. L’ancien député maire de Louviers l’invita à reconquérir la circonscription de Louviers perdue en 1958 lors d’une législative sous influence gaulliste. Au lendemain de sa victoire sur Philippe Pontet en 1981, François Loncle Invita le président Mendès France. Ils déjeunèrent au « Récamier ». Et là, PMF se montra joyeux et réconforté : sa défaite d’antan était enfin lavée.

Ratée de peu en 1978, la marche fut en effet escaladée lors de la vague rose de 1981 après que François Loncle avait négocié (pour le MRG) le programme commun de la gauche où il apprit à fréquenter François Mitterrand, l’homme aux mille facettes. Parrainé par PMF, repéré par le président élu en 1981, ainsi était lancée une longue carrière politique favorisée à sept reprises jusqu’en 2017, année où François Loncle passa le flambeau à Bruno Questel, député LREM à ses côtés lors de la cérémonie honorifique. Ces sept mandats interrompus une seule fois en 1993 (et à deux reprises pour des fonctions ministérielles) sont la preuve de l’attachement à un territoire, certes, mais aussi et surtout de la confiance tissée sans relâche avec les électeurs et les électrices de la quatrième circonscription de l’Eure.

Jean-Yves Le Drian ne manque ni d’humour, ni de mémoire. Il en fallait pour remarquer un rapport parlementaire de 2012 signé de François Loncle et prémonitoire de la gravissime situation des états sub-sahariens frappés par le terrorisme djihadiste encore aujourd’hui. François Loncle demeure lié à ces états africains devenus, au fil du temps et des voyages, l’objet de toutes ses attentions. La présence de Jean-Hervé Lorenzi et d’Hubert Zoutu (maire de Heudebouville) jeudi soir au quai d’Orsay, en plus de celle de quelques personnalités : Claude Bartolone, Didier Migaud, Jean-Louis Bourlanges, Jean-Michel Boucheron, et de quelques députés compose un vrai groupe d’amitié, celui qu’on forge quand tout va bien mais aussi quand tout va mal. Et une vie politique est ainsi faite qu’elle ne peut pas être un long fleuve tranquille. Catherine Aubé, la secrétaire de la permanence lovérienne de Louviers, fut aux premières loges pour recueillir les doléances des centaines de citoyens ou étrangers qu’un député doit accompagner dans leurs démarches qu’elles soient administratives ou privées.


L’amitié politique est une chose, la famille en est une autre. François Loncle a pu s’appuyer sur une épouse solide (60 ans de mariage) des enfants attentifs, sans oublier ses parents et ses frères et sœurs — pour certains disparus — mais qui comptent beaucoup pour lui. Dans ses remerciements, François Loncle rappela aussi avec émotion son professeur d’histoire et géographie, un certain M. Poirier alias Julien Gracq, lequel l’aura sans doute initié à la géopolitique.

François Loncle aime les gens. Il sait aussi ce qu’il doit à certaines personnes (comme Claude Bellevin par exemple qui nous manque beaucoup) et surtout à Pierre Mendès France. Membre de l’Institut du nom de l’ancien président du Conseil, François Loncle en est devenu, il y a quelques semaines, son président, succédant ainsi à André Azoulay. Avec le soutien de Françoise Chapron, attachée scientifique de l’Institut, se préparent deux actions programmées en 2022. Une journée consacrée à la lutte contre l’antisémitisme et le racisme et un colloque sur « Pierre Mendès France, le parlementaire ». Jean-Yves Le Drian n’a pas manqué d’insister sur la modernité de la pensée d’un homme dont François Mitterrand a dit lors de la cérémonie d'obsèques organisée dans la cour de l'Assemblée nationale en 1982 : « Sans lui rien n’eût été possible ».

Les amis et la famille

 

29 novembre 2021

Eric Zemmour a la classe : il nous le met bien profond

Le doigt de Zemmour : quelle classe ! (photo AFP)

Eric Zemmour, avec l’élégance naturelle qui le caractérise, « nous le met bien profond ». Et de joindre le geste à la parole. L’opposante marseillaise (restée anonyme) a donc réussi un coup médiatique exceptionnel ce samedi : en le provoquant elle nous permet de découvrir un Zemmour fébrile, penaud, qui recourt à l’insulte avec un doigt d’honneur en prime après un épisode raté sur tous les plans.

On doit donc dire merci à cette Marseillaise ainsi qu’au photographe de l’agence France Presse dont le rôle dans l’affaire est considérable. J’ai toujours admiré les photographes de presse. Ils sont capables de trouver le lieu, le moment, l’angle, pour « shooter » comme ils disent, quand et où il le faut. C’est sans doute un don, mais c’est surtout une grande obstination. Reprenons le fil de l’histoire : Zemmour était sur le départ. Installé à l’avant de sa berline sur le siège passager pour gagner la gare Saint-Charles. Qui aurait pu croire qu’un événement important se produirait à cet instant-là ? Un événement si important qu’il plombe sérieusement une candidature non encore déclarée qu’on devine en grande difficulté.  

L’ancien polémiste du Figaro compte sur le meeting du Zenith de Paris pour se requinquer. Alors que de plus en plus de ses soutiens désertent le champ de bataille, il sera intéressant de constater qui et combien seront ceux et celles qui continuent de croire en lui. Peut-être certains adeptes du grand remplacement passeront-ils aux travaux pratiques en dézinguant Zemmour de son piédestal où il n’aura trôné que le temps de la chute des feuilles.

A la SED de Louviers : « Printemps 1940, De Gaulle entre dans l'histoire » par Eric Roussel

Eric Roussel
La prochaine conférence de la Société d’Études Diverses aura lieu le samedi 11décembre, aux lieu et heure habituels (16 heures) dans la salle Pierre Mendès France, à l’Hôtel de Ville de Louviers. Nous aurons le plaisir d’accueillir une nouvelle fois Éric Roussel, historien et membre de l’Institut (Académie des sciences morales et politiques). Il évoquera une période capitale de la vie du général De Gaulle, auquel il a consacré en 2002 une biographie de référence: « Printemps 1940 : De Gaulle entre dans l’histoire ». Aujourd’hui la geste gaullienne a des allures d’épopée. En réalité, De Gaulle au printemps 1940 dut s’imposer, comme le prouvent à présent les documents d’archives. Jusqu’au mois de mai, il était peu écouté et n’entra au gouvernement qu’après le succès de l’offensive allemande. Après l’effondrement de la France, les Britanniques attendaient la venue à Londres de personnalités comme Paul Reynaud ou Georges Mandel. De Gaulle apparaissait comme une figure secondaire et sans avenir. Ce fut au prix d’une lutte acharnée qu’il parvint à lancer le 18 juin son appel sur les ondes de la BBC. Encore fut-il censuré et contraint de modifier son texte. Seul Churchill avait deviné l’envergure du personnage. Il ne tarda pas à éprouver sa détermination farouche à prendre la tête des Français Libres et à défendre les droits de son pays au besoin contre ses alliés. C’est l’histoire, souvent mal connue ou simplifiée, de ces quelques semaines, à l’issue desquelles De Gaulle entra dans la légende, qu’évoquera le conférencier. Comme pour toute manifestation culturelle en cette période de pandémie, chacun devra présenter son passe sanitaire à l’entrée de la salle.