Je ne veux pas vivre en zemmouristan
Lors d’un débat plus
pugilistique que politique (il y a plusieurs jours) opposant Eric Zemmour à
Jean-Luc Mélenchon, ce dernier a fustigé le candidat d’extrême-droite et inventé
une formule appelée à faire florès. Le « zemmmouristan » serait, en effet, si
par malheur Zemmour devenait le prochain président de la République, notre beau
pays de France transformé en ring permanent où la violence aurait droit de cité
opposant les uns contre les autres…des Français contre des Français. Triste
futur.
Non content d’avoir tenté de
réhabiliter « le Maréchal nous voilà » de sinistre mémoire, d’affirmer — contre
toute vérité historique — que Pétain a sauvé les juifs français, l’ancien
journaliste du Figaro devenu une figure de la droite raciste xénophobe et
condamné comme tel à plusieurs reprises, rassemble les nostalgiques de la Révolution
nationale, les adeptes du retour de la monarchie, ainsi que les obsédés du soi-disant
grand remplacement faisant des cinq millions de musulmans pacifiques français
les ennemis de l’intérieur.
Zemmour joue sur la peur.
Peur de l’autre, peur du COVID, peur du déclassement. Zemmour est le candidat
de Vincent Bolloré, ce papivore à la tête d’un empire de l’édition, de la
presse et de l’information. Autrement dit il est en service commandé. Pour ne
pas dire commando…même si M. Zemmour n’a jamais fait son service militaire. Et
voilà que Zemmour a besoin du soutien de Donald Trump détesté dans notre pays.
Sans compter que le cabinet d’expertise comptable de la « Trump fundation vient
de le lâcher, ne croyant pas à la sincérité et donc à la régularité des opérations
financières du grand menteur-tricheur-comploteur. Quelle référence !
Valérie Pécresse est embourbée.
Mme Pécresse perd des points
dans les différents sondages, signe que la prisonnière de M. Ciotti, se montre
incapable d’incarner une fonction trop ambitieuse pour elle. Son directeur de
campagne, M. Stefanini, est traité de Loser par Mme Rachida Dati qui, il est
vrai, a toujours eu la dent dure contre la présidente du conseil régional d’Ile-de-France.
M. Eric Woerth, président de
la Commission des finances de l’Assemblée nationale, proche de Nicolas Sarkozy,
membre de LR depuis toujours sous des formes variées (RPR-UMP) a décidé
de soutenir Emmanuel Macron dont la candidature ne fait plus aucun doute. C’est
un croche-pied dont Mme Pécresse se serait bien passée. Et ce n’est pas le
meeting de Bercy qui peut lui remettre du baume au cœur. Un vrai naufrage en
direct devant des millions de téléspectateurs. Elle accuse aujourd’hui les médias
de machisme plutôt que de reconnaître son incompétence. Elle a d’ailleurs décidé
de changer la formule de ses prochaines interventions. Un vrai aveu de
faiblesse.
Christiane Taubira aura-t-elle suffisamment de parrainages ?
Christiane Taubira est lâchée
par le Parti radical de gauche dont les représentants locaux n’ont pas ménagé
leurs efforts pour faire que l’ancienne ministre de la Justice apporte sa
culture, son lyrisme et son courage au combat de la gauche dans cette présidentielle.
Mais cette candidature survient trop tard. Mme Taubira risque bien de ne pas
disposer des 500 parrainages indispensables pour concourir. Quel maire, quel élu
régional ou départemental, osera se lancer dans une aventure qui ne peut que
nuire à la belle personnalité qu’est Christiane Taubira ? Même non
candidate elle restera quand même une figure marquante de la gauche humaniste
et sociale.
« On ne tire pas sur une ambulance »
Quant à Anne Hidalgo, j’ai
envie de reprendre la célèbre formule de Françoise Giroud appliquée à Jacques
Chaban-Delmas : « on ne tire pas sur
une ambulance. » Avec 2,5% des suffrages dans les sondages, et si son score ne s’améliore pas, le parti
socialiste risque de connaître le pire résultat de toute son histoire. Il n’y a
pas de quoi se réjouir. La sociale-démocratie est au pouvoir dans de nombreux
pays de l’Union européenne et la France apparaît comme une exception
dommageable pour des idées favorables au progrès social, économique,
scientifique, écologique. Les idées risque de mourir faute de personnalités
talentueuses pour les incarner. Très décriée à Paris, Anne Hidalgo ne parvient
pas à se créer un espace au sein d’une gauche républicaine mieux représentée
dans les sondages par Jean-Luc Mélenchon (LFI) et (un comble !) par Fabien
Roussel qui est doté de 5% des voix dans les derniers sondages. Les communistes
ont trouvé en Fabien Roussel un candidat qui visiblement gagne à être connu.
Quant à Yannick Jadot (EELV) il est aussi autour de 5 % des suffrages…grimpera-t-il
au fil de la campagne ? Ce ne serait que bénéfice pour ceux et celles qui
croient en la science et sont prêts à accepter des mesures drastiques contre le
réchauffement climatique.