27 octobre 2021

« J'aime pas Flaubert » au Moulin le 9 novembre

La Société d’Études Diverses organise, en partenariat avec l’Université populaire, la projection du film documentaire de Christian Clères, J’aime pas Flaubert, le mardi 9 novembre à 18 h 30, dans la salle du Moulin, rue des Anciens combattants d’Afrique du Nord. Christian Clères a déjà été accueilli à Louviers et à deux reprises, pour la projection des films qu’il a consacrés à Michel Bussi et à Marcel Proust. Beaucoup ont sans doute pu apprécier ses talents de réalisateur.

J’aime pas Flaubert : sous ce titre volontairement provocateur, Christian Clères demande à des spécialistes de l’écrivain de lui donner les raisons pour lesquelles il faudrait aimer Flaubert. Grâce aux divers intervenants, dont notamment Yvan Leclerc, professeur émérite de littérature à l’Université de Rouen, et la romancière Marie-Hélène Lafon, le film offre l’occasion de parcourir la vie et l’œuvre de l’auteur de Madame Bovary, dont la Normandie célèbre, cette année, le bicentenaire de la naissance. La projection se déroulera en présence du réalisateur et sera suivie d’un débat avec le public.

22 octobre 2021

Quand la saillie de M. Eric Zemmour fait mouche, une arme à la main

La scène est spectaculaire. On voit le candidat Zemmour, une arme à la main, qui met en joue les journalistes placés face à lui lors d’une visite au salon de l’armement. Cette scène a fait les gorges chaudes du monde médiatique auquel pourtant on reproche l’affichage obsessionnel de l’ancienne vedette de Cnews et du Figaro. Je pense qu’on a tort. Car cette scène, a priori facétieuse, en dit beaucoup sur la psychologie de celui dont 80 % des Français jugent qu’il n’a pas l’étoffe d’un président de la République.

 

A vrai dire, qui en doutait ? Un polémiste-éditorialiste, marchand de livres dont le commerce est fondé sur la haine de l’islam et de l’islamisme (sans nuance aucune entre les deux) ne peut, le temps d’une pré-campagne électorale, prétendre jouer un rôle essentiel dans la course à la victoire au second tour de la présidentielle, l’élection pivot de la constitution de la 5e République. Jean-Marie Le Pen avait déjà joué ce rôle dans les années quatre-vingt avec le succès que l’on sait : battu au second tour de 2002 par Jacques Chirac en récoltant 17 % des suffrages. Déjà, les Français et les Françaises mesuraient bien le danger venant de l’extrême droite.

 

Certes, les temps changent. Et Jean-Marie Le Pen, toujours lui, considère que la judéité d’Eric Zemmour lui permet d’affirmer les mêmes énormités avec plus de crédibilité : l’extrême droite — ou la droite extrême — aurait gagné la bataille des idées. On verra bien au mois de mai. Mais revenons à notre arme. Eric Zemmour n’est pas, et on ne lui reprochera pas, ce qu’on pourrait appeler un homme baraqué. Il doit donc affirmer sa virilité (lui que les femmes indisposent tant par ailleurs) par d’autres moyens que les seuls muscles de son corps. Et là, le fusil à la main, il tient en respect des gens qu’il méprise ou exècre, c’est selon, en pointant une arme dans leur direction en leur disant (sur un ton moqueur et avec le sourire) « je ne vais pas vous rater. »Le plus petit caporal ou le plus mauvais chasseur sait que, jamais, au grand jamais, on ne doit viser quelqu’un avec une arme qu’elle soit chargée ou pas. Cette règle vaut pour tous et encore plus pour un homme aspirant aux plus hautes fonctions.

 

J’avais un ami pour qui le signifiant et le signifié voulaient dire quelque chose. En l’occurrence, la saillie ( !) de M. Zemmour fait mouche si vous me permettez cette expression en ce qu’elle dit de sa volonté de mettre les médias au garde à vous et de supprimer ce qu’il appelle les contre-pouvoirs. Une société autoritaire, voilà ce qu’il veut. Mais, et c’est une antienne, l’autoritarisme n’est pas l’autorité. Autrement dit, Eric Zemmour est bien plus proche de Bénito Mussolini que du général De Gaulle de 1940. Quand l’un peut être grotesque, l’autre atteint la grandeur.

20 octobre 2021

Peut-on espérer une exposition des œuvres de Lily Mendès France, artiste peintre méconnue ?

Pierre Mendès France et son épouse à Louviers en 1954

 

Une grande dame. Sans doute très (trop) discrète. Mais quand on a pour mari un homme d’Etat d’une intelligence exceptionnelle et d’un charisme non moins flamboyant, qu’on vit dans une France de la tradition fondée sur des rôles assignés, qu’on est mère de deux enfants, comment se construit-on une vie personnelle ? Ce fut le dilemme de Lily Mendès France, épouse de Pierre, dont Claude Cornu s’est plu, ce mardi soir au Moulin, à narrer les vicissitudes et les épanouissements que lui autorisèrent une vie qui ne manqua pas d’épisodes dramatiques.

 

Qu’on en juge. Un père aimant assassiné par des cambrioleurs au Caire où il avait créé le premier grand magasin ; la mort d’une sœur adolescente emportée par une septicémie ; un mari arrêté par la police de Vichy, condamné pour une désertion totalement fabriquée par des magistrats aux ordres de Pétain ; un exil de plusieurs années aux Etats-Unis où la famille séparée connut bien des difficultés matérielles…et enfin la maladie ponctuée par une mort prématurée en 1967.

 

Lily Jeune

Lily Mendès France rayonnait par sa beauté, son élégance mais aussi et surtout par un indéniable talent pictural trop méconnu. C’est cet aspect-là de sa vie que le conférencier d’un soir réunissant les adhérents de la SED et de l’Université populaire a voulu mettre au jour. En fait, il s’agissait simplement d’une légitime reconnaissance à l’égard de celle qui se tint toujours droite et debout auprès d’un homme politique accaparé par les affaires du monde « dont l’histoire se souviendra » comme le dit si bien François Mitterrand lors de l’hommage national organisé dans la cour d’honneur du Palais Bourbon après la mort de PMF en 1982.

Rosy Cicurel soeur de Lily 1915-1941

 

Lily Mendès France pratiqua très tôt le dessin et la peinture. Une formation classique lui donna l’occasion d’aspirer à être plus qu’un peintre du dimanche. Elle participa à plusieurs salons jusqu’à ce qu’elle devienne l’épouse (le 26 décembre 1933 à Louviers) du frère de son amie Marcelle. Il est vrai que la naissance de Bernard et Michel, peu d’années après le mariage de Pierre et Lily, obéra sensiblement les temps de loisir d’une femme tout entière occupée à satisfaire les besoins de ses enfants et à soutenir un mari très engagé dans la politique. Les Lovériens l’aperçurent (notre photo) lors de la visite de Pierre Mendès France à Louviers quand il devint Président du Conseil et donc chef du gouvernement.

 

Pourtant, Lily ne manquait pas de talent. Ses dessins sont précis, ses personnages teintés d’une forme de mélancolie, ses natures mortes inspirées, sans doute, de Giorgio Morandi, de Paul Cézanne voire d’Amédée Ozenfant. Mais la « patte » reste originale. Les critiques de la presse spécialisée, au milieu d’une foule d’exposants, remarquèrent ce trait assuré et ces couleurs magnifiquement déployées. Excepté deux ou trois expositions personnelles, jamais Lily Mendès France ne se lança dans une carrière où un épanouissement reconnu aurait pu couronner son talent. Discrète, elle souhaita le demeurer si fortement que toutes ses œuvres sont restées dans la famille Mendès France, à Louviers ou à Paris. Parmi les toiles et les dessins projetés sur écran ce mardi, comment ne pas citer cette toile en fort mauvais état que des soldats allemands zélés criblèrent de balles dans la maison des Monts investie par les nazis ? « Jeu bête » écrira-t-elle. Ou plutôt fanatisme débridé, qui sait ?


 

Claude Cornu (notre photo) se plut enfin à espérer, comme ce fut le cas lors de l’exposition de 2012 au musée dans une salle dédiée (1), qu’une exposition plus large des œuvres de Lily Mendès France soit programmée dans un futur proche. J’ignore si les responsables municipaux lovériens y songent. En tout cas, Michel Mendès France et Michel Natier, ancien directeur du musée, en avaient discuté. Le conférencier fit le vœu, encore, que la correspondance de Pierre et de Lily fasse l’objet d’une publication…

(1) L’exposition consacrée à la vie de Pierre Mendès France fut inaugurée par François Hollande, président de la République.


15 octobre 2021

Le couple Pécresse-Bertrand n'est pas à une génuflexion près

Qu’il s’agisse de Michel Barnier ou de Valérie Pécresse, le ton est le même. Alors que le premier cité a négocié le Brexit et défendu les intérêts de l’Union européenne pendant plusieurs années, le voilà devenu un défenseur des lois nationales qui, dans la hiérarchie des normes, devraient primer sur les textes européens. Quelle tristesse. Alors que cet homme présentait les meilleures qualités morales, le voilà pris dans le piège d’une campagne électorale à droite pour le moins surprenante. Pour ne pas être en reste, Mme Pécresse entonne le même refrain imitant les Polonais et les Hongrois bienheureux de bénéficier — et largement — des subventions européennes. Tomber à bras raccourcis sur l’Europe a toujours été le sujet favori de l’extrême droite et maintenant de la droite. On ne se refait pas.

Et pourtant. Chaque état sait en rejoignant l’union, qu’il devra veiller à l’application des lois européennes et voter la transcriptions des dites lois dans les textes nationaux. La Grande-Bretagne en avait d’ailleurs fait son cheval de bataille et Boris Johnson revient à la charge dans le cadre du projet de nouveau protocole sur l’Irlande du nord et la frontière avec l’UE. Bojo a beaucoup menti et il ne lui sera pas beaucoup pardonné.

Un homme (ou une femme) politique ne peut pas tout se permettre. Je sais bien que les promesses n’engagent que ceux et celles qui les écoutent mais tout de même : « Quand les bornes sont franchies, il n’y a plus de limites » aimait à dire le sapeur Camenbert. M. Barnier et Mme Pécresse, candidats…à la candidature dans le cadre du congrès de l’UMP devraient se montrer plus regardants quant à la manière de conduire leur campagne.

L’Europe à 27, à 30 ou 32 ( ?) ne peut fonctionner que si les règles communes sont acceptées par tous. Quand le gouvernement polonais « vire » les juges qui ne lui plaisent pas du tribunal constitutionnel pour les remplacer par des magistrats à la botte pressés de dire le nouveau droit « supérieur » au droit européen, il sort de la règle commune et doit en assumer les conséquences. Sortir de l’UE ? Vous n’y pensez pas. La vache est bien grasse et peut encore servir. 

Quant à Mme Pécresse et M. Bertrand, ils viennent de toucher le fond en annonçant qu’ils allaient tous deux adhérer de nouveau au Parti républicain. Ils avaient pourtant claquer la porte de leur parti avec fracas jurant leurs grands dieux qu’on ne les y reprendraient plus. Face au congrès des militants (un cercle fermé donc) les deux candidats principaux auront besoin des finances de LR et de son soutien logistique. L’argent reste souvent la principale motivation des candidats putatifs de la droite républicaine. Le couple Pécresse-Bertrand n’est pas à une génuflexion près.

13 octobre 2021

Le frelon oriental, un nouveau prédateur d'abeilles recensé dans le sud de la France

Le frelon oriental est présent dans le Sud-Est de l’Europe, dans le Nord-Est de l’Afrique, dans le Moyen Orient et l’Asie centrale et le Sous-continent indien. On trouve également des populations isolées dans les oasis sahariennes et il a été introduit à Madagascar.

 

Cette espèce ressemble beaucoup au frelon européen. Il se distingue par sa couleur roux de rouille beaucoup plus étendue, en particulier sur l’abdomen. Seulement la face antérieure de sa tête et une bande de son abdomen sont jaune.

Sa taille est comparable à celle de Vespa Crabo communément appelé le frelon commun. Les reines mesurent de 25 à 35 mm de long. Les mâles et les ouvrières sont plus petits et atteignent rarement 25mm.

 

Découvert récemment dans la région de Marseille, le frelon oriental est susceptible de se répandre sur l’ensemble du territoire national. Si par hasard vous rencontrez ce frelon soyez aimable de me le faire savoir en m’envoyant un commentaire sur ce blog. Merci d’avance de votre attention.

 

 


11 octobre 2021

Les antivax en prennent pour leur grade : la vaccination anti-COVID efficace à plus de 90 %

Au centre de Louviers

Les antivax en prennent pour leur grade. Une étude a été publiée aujourd’hui. Elle porte sur 22 millions de personnes dont une moitié vaccinée et une autre non vaccinée. Et les résultats sont éloquents : les personnes vaccinées (toutes des adultes) ont 90 % de « chances » en moins de contracter la COVID 19. Autrement dit, 9 neuf personnes sur 10 ne seront pas touchées par la maladie ! Et cela pendant des mois puisqu’au 5e mois de la vaccination, les personnes sont toujours protégées.

On savait, eu égard aux constatations des laboratoires pharmaceutiques (Pfizer, Moderna, Astra Zeneca) que la protection avoisinait 90 % et plus. C’est la première étude portant sur un aussi grand nombre de personnes et dont les résultats sont incontestables. Je suis évidemment vacciné. Et je ne comprends pas comment ni pourquoi des esprits éduqués, dont les enfants reçoivent les vaccinations obligatoires, peuvent se montrer hostiles (parfois violemment) au vaccin anti-COVID. Les arguments du genre « on n’a pas assez de recul » ne tiennent pas quand six milliards d’humains ont reçu les doses nécessaires à une protection très importante et avec les résultats que l’on connaît. Et puis, comment expliquer le recul de la pandémie, sinon par une vaccination systématique ? Les 12 à 15 % des Français(e)s non vacciné(e)s devraient courir au centre le plus proche pour bénéficier du bouclier vaccinal. La vaccination c’est comme l’abstention : quand on ne participe pas, il ne faut pas se plaindre.

Zemmour favorable à la peine de mort : une raison suffisante pour ne pas voter pour lui

Le président de la République et Robert Badinter se sont retrouvés, récemment, au Panthéon, pour fêter le 40e anniversaire de l’abolition de la peine de mort en France ! On a peine à imaginer que la patrie des droits de l’homme était à la traîne alors même que les révolutionnaires des Lumières, d’abord, avec Condorcet, et plus tard, Victor Hugo, avaient exprimé leur volonté de voir supprimer cet acte barbare, déshonneur de la justice française.

François Mitterrand, ancien ministre de l’intérieur, à l’origine de plusieurs exécutions de militants algériens luttant pour l’indépendance, a regretté d’avoir manqué de lucidité lors d’une période troublée de notre histoire. En 1981 quelques semaines avant le premier tour de l’élection présidentielle, alors que les sondages indiquaient qu’une majorité de Français était favorable à la peine de mort, le candidat socialiste à la magistrature suprême se déclara hostile à la peine de mort. C’était assurément un acte politique audacieux.

Il n’était pas seul. Son ministre de la justice, Robert Badinter, avocat inlassable de l’abolition fut celui qui, au cours d’une séance mémorable, invita l’Assemblée nationale à l’approuver. Sur tous les bancs de de celle-ci, une importante majorité de député(e)s décida que la guillotine devait être reléguée dans les poubelles de l’histoire. Alors que de grandes démocraties (celle des Etats-Unis notamment) continuent d’appliquer ce châtiment inhumain, le nombre des pays décidant l’abolition s’accroît chaque année. Il ne reste plus guère que des dictatures ou des « démocratures » (comme la Chine) pour croire encore aux vertus pédagogiques de la suppression sociale de la vie ! En France, les adeptes de la peine de mort se recrutent surtout à l’extrême-droite. Notre appartenance à l’Union européenne et notre constitution ont sanctuarisé l’abolition. Mais Zemmour, toujours lui, se déclare ouvertement favorable au rétablissement de la peine de mort en France. S’il n’y avait qu’un mobile pour refuser de voter pour lui (s’il est candidat…mais il le sera bien un jour) ce serait bien suffisant.

10 octobre 2021

Mélanie Boulanger lavée de tout soupçon mais elle a vécu « le pire moment de sa vie »

Mélanie Boulanger « a vécu le pire moment de sa vie »

J’avais été sidéré d’apprendre que Mélanie Boulanger, la maire de Canteleu, l’une des vice-présidentes de la métropole rouennaise et aussi récente tête de liste aux élections régionales pour le PS et Europe Ecologie les Verts, avait été interpellée et placée en garde à vue par les enquêteurs dans le cadre d’un trafic de stupéfiants et d’association de malfaiteurs.

Pour avoir approchée Mélanie Boulanger du temps où elle travaillait au sein du cabinet de l’actuel maire de Val-de-Reuil, sa personnalité et son comportement ne cadraient pas avec celle et celui d’une délinquante. Les journaux nationaux dont « Le Monde » et régionaux dont « Ouest-France » ont été prompts à faire leurs gros titres sur cette information. On peut les comprendre. Ce n’est pas tous les jours qu’une jeune élue locale voit son nom mêlé à un trafic ayant des ramifications au Maroc ou aux Pays-Bas.

J’aurais aimé qu’ils soient aussi rapides à informer leurs lecteurs de la remise en liberté de Mélanie Boulanger contre laquelle aucune charge n’a été retenue par les policiers. Dans les affaires de trafic de drogues la garde à vue peut durer au maximum 96 heures. Mélanie Boulanger a été élargie, comme on dit, au bout de 48 heures. Je me mets à la place de son compagnon et de sa fille ainsi que des élus et électeurs(trices) qui lui ont accordé leur confiance. A la sidération s’ajoutait le doute même infime. Il est rassurant et positif que l’honneur de Mélanie Boulanger soit intact et qu’elle soit lavée de tout soupçon. 

 Elle a même tenu, ce lundi 11 octobre, une conférence de presse à la mairie de Canteleu au cours de laquelle elle s'est étonnée de sa mise en garde à vue qui lui a causé « le pire jour de sa vie ». Elle en a profité pour regretter que l'Etat n'ait pas tenu ses promesses sur les effectifs policiers et la lutte contre les trafiquants lesquels ne sont pas privés de la menacer au cours des  dernières années. Elle a, fort heureusement, constitué un dossier béton prouvant ses interventions et ses décisions (police municipale, caméras de surveillance) au bénéfice de cette ville de la banlieue rouennaise où la vie associative, sportive, culturelle, est intense.

9 octobre 2021

La Société d'études diverses reprend son cycle de conférences : le 19 octobre « Lily Mendès France peintre méconnue »

La SED peut enfin reprendre le cycle de ses conférences mensuelles. En octobre et novembre, elle propose deux rendez-vous, en partenariat avec l’Université populaire. Ces deux manifestations auront lieu non, comme d’habitude, à l’Hôtel de ville, mais dans la salle du Moulin, rue des Anciens combattants d’Afrique du Nord. Il faudra évidemment respecter les consignes sanitaires en vigueur dans tous les lieux culturels : si le port du masque est recommandé mais facultatif, chacun devra, en revanche, présenter son passe sanitaire (ou, à défaut, une attestation de vaccination) pour entrer dans la salle.

 

Le mardi 19 octobre, à 18 heures, la SED reprogramme la conférence de Claude Cornu, deux fois annulée en 2020, « Lily Mendès France, peintre méconnue ». Le 27 novembre 1967, Lily Mendès France, l’épouse de l’ancien député-maire de Louviers, décédait des suites du cancer dont elle souffrait depuis plusieurs années. Les Français avaient découvert cette femme discrète et élégante en 1954, lorsque, Pierre Mendès France étant devenu Président du Conseil, elle était apparue à ses côtés dans les cérémonies officielles. Mais si elle avait choisi, depuis son mariage, de s’effacer devant la carrière de son mari et de se tenir à l’écart des manifestations publiques, elle s’adonnait avec passion à la peinture, bâtissant à l’abri des regards une œuvre dont le public ne prit connaissance qu’après sa disparition, lors d’une unique rétrospective organisée dans une galerie parisienne. La conférence, qui sera accompagnée d’illustrations, est donc l’occasion de découvrir une femme qui fut aussi une Lovérienne d’adoption et de cœur.

 

Le mardi 9 novembre, dans la même salle mais à 18 heures 30, aura lieu la projection du film documentaire de Christian Clères, J’aime pas Flaubert, en présence du réalisateur. Sous ce titre provocateur, le film offre, grâce aux divers intervenants, dont notamment Yvan Leclerc, professeur émérite de littérature à l’Université de Rouen, et la romancière Marie-Hélène Lafon, l’occasion de parcourir l’œuvre de l’auteur de Madame Bovary, dont la Normandie célèbre, cette année, le bicentenaire de la naissance. La projection sera suivie d’un débat avec le public.

8 octobre 2021

Quelques réflexions au débotté : Tapie coule Wonder, Zemmour ment sur Pétain, Boris Johnson face au Brexit, Les Polonais jouent perso…

Bernard Tapie à Louviers en 1987. (photo JCH)


Tapie et Wonder ou comment couler une boite

On en a fait des tonnes sur Bernard Tapie, son débat musclé avec Jean-Marie Le Pen, les matches de foot truqués, la victoire de l’OM en coupe d’Europe, l’arbitrage à 404 millions d’euros, sans oublier le Phocéa et autre signe extérieur de richesse. François Mitterrand avait un faible pour lui et c’est ainsi qu’il le choisit pour couler Michel Rocard aux européennes et devenir ministre du gouvernement de la République.

Je ne nie ni la force mentale du personnage ni son immense courage face à la maladie. Mais j’ai devant les yeux l’image des salariés de l’usine Wonder, virés du jour au lendemain d’une industrie mythique à Louviers qui occupa des centaines d’ouvriers avant de partir en capilotade. Je les revois, salués par un Jean Hedern-Hallier provocateur iconoclaste venu narguer Tapie sur le site des Jonquets. Je revois leurs larmes et leur colère tellement justifiée.

 

Zemmour ment sur Pétain. Qui vole un bœuf…

En 2021 il se trouve un futur candidat à l’élection présidentielle française pour oser affirmer que le régime de Pétain a sacrifié les juifs étrangers pour sauver les juifs français ! Cette affirmation est un énorme mensonge que seuls les ignares peuvent gober. Il est en effet totalement contraire aux faits historiques d’avancer de telles énormités. Les descendants des familles juives françaises savent bien que nombre de leurs aïeux ont fini leur vie dans les camps d’extermination pour la simple raison qu’ils étaient juifs.

Ce n’est pas tout. Qui a édicté le statut des juifs en octobre 1940 leur interdisant un grand nombre de professions (artistes, comédiens, journalistes, fonctionnaires, enseignants, etc.) ? Qui a créé des numerus clausus pour devenir médecin ou avocat ? Qui a imposé le port d’une étoile jaune stigmatisant des Français et des Françaises dont Hitler et Pétain voulaient qu’ils (et elles) disparaissent dans la nuit et le brouillard?

Eric Zemmour, puisqu’il s’agit de lui, se disqualifie totalement. Si par malheur il devenait président de la République (ce que je n’imagine pas) notre pays regorgerait de haine dans une société violente. Souhaitons que les électrices et les électeurs de notre beau pays n’écoutent pas cette sirène de malheur.

 

Les Polonais jouent perso

Le tribunal constitutionnel polonais vient de déclarer qu’il est inadmissible que les décisions de la Cour européenne de justice soit au-dessus, dans la hiérarchie et dans ses décisions, des lois strictement nationales.  Il s’agit pourtant des textes fondateurs de l’Union européenne ce dont veulent s’affranchir certains dirigeants comme Orban et le président tchèque un eurosceptique en chef.

C’est simple. Plutôt que de récriminer et de se lamenter, il suffit de couper le robinet des subventions à ces pays qui refusent de jouer le jeu collectif. On ne peut pas d’un côté, tendre la sébile, comme disait Maurice Druon, et de l’autre refuser des règles qui s’imposent à tous. Sans les fonds européens, que deviendraient les Polonais, les Tchèques ou les Hongrois ?

 

Boris Johnson boira-t-il le calice du Brexit jusqu’à la lie ?

La Grande-Bretagne manque de tout : les rayons des supermarchés se vident, les pompes à essence aussi, les pêcheurs ont du mal à écouler leurs prises…Même si BoJo invoque l’épidémie de COVID pour masquer ses erreurs et ses insuffisances, viendra le moment de vérité. La vérité du Brexit que de nombreux citoyen(ne)s britanniques commencent à découvrir dans toutes ses conséquences fâcheuses.

Et la vérité c’est que la Grande-Bretagne, quand bien même elle aura trouvé un accord avec le grand frère américain et le cousin australien dans le cadre de l’affaire des sous-marins, réalise 50 % de ses échanges avec l’Union européenne.

Le Premier ministre britannique va plus loin. Il remet en cause des accords signés il y a quelques mois régissant les relations de la République d’Irlande et l’Irlande du nord avec le reste de la Grande-Bretagne. Comme il complique à loisirs des permis de pêche des armateurs français qu’il refuse de renouveler, Clément Beaune, chargé des relations européennes au sein du gouvernement français, suggère de rationner la fourniture d’électricité à l’île de Jersey durant les mois à venir en mesure de rétorsion. Je ne suis pas certain que punir Boris Johnson de cette façon permettra d’améliorer les rapports avec un pays allié important dans le cadre du système de défense européen et dans la lutte contre le terrorisme. Il faudra certainement inventer autre chose.