7 mars 2018

Pour la liberté de la presse et les droits des journalistes, tous au Trocadéro samedi !


En 1976-77, les journalistes (SNJ) de Paris-Normandie se sont battus contre Robert Hersant.©jean-Charles Houel
Samedi 10 mars, le Syndicat national des journalistes fêtera ses 100 ans. Cent ans de combat collectif et de conquêtes sociales, loi de 1935 donnant un statut à la profession, convention collective dès 1937, obligation d'affilier les journalistes rémunérés à la pige à la sécurité sociale (1963 !) puis loi Cressard (1973), lutte contre les concentrations, défense de la liberté de la presse...
Samedi 10 mars, à l'occasion du Centenaire du SNJ, le syndicat organise un grand rassemblement sur l'Esplanade des Droits de l'Homme (Paris Trocadéro), à partir de 14 heures. Il appelle tou-te-s les journalistes à se joindre à son rassemblement.
Il reste tant à faire. Pour lutter contre la précarité qui gangrène la profession, affaiblit les collectifs de travail et asservit les rédactions. Pour renforcer la protection du secret des sources des journalistes, libérer la presse du secret des affaires et des procédures-bâillons. Pour protéger les journalistes, la presse, les médias, de leurs propres turpitudes. Pour lutter contre les ennemis de la liberté qui prônent la haine des journalistes et des médias, et voudraient les mettre au pas, quand des confrères et consoeurs sont assassiné-es pour leurs écrits à deux heures de Paris. Il reste tant à faire !
Samedi, rejoignez-nous au Trocadéro !



6 mars 2018

L'augmentation de la CSG : un député LREM invite les retraités à « se ressaisir » et à la fermer !


Eric Alauzet, le député LREM.
Un député LRM du nom de Eric Alauzet (ancien acupuncteur) invite les retraités à se montrer discrets voire silencieux après la hausse de la CSG qui ampute leur pouvoir d’achat. Qu’ils fassent donc profil bas, intime-t-il ! Ce député sait que ces foutus retraités vont avancer le même argument : « on a trimé toute notre vie, cette retraite on ne l’a pas volée, c’est dur de voir son montant diminuer. » Tout cela après le gel du point pendant plusieurs années. L’honorable parlementaire défend cette hausse de la CSG afin de venir en aide à ceux qui entrent dans la vie active ou tout au moins tentent d’y entrer. Un peu de solidarité et de désintéressement siérait…pour le moins. Tel est le message qu’on doit faire entrer dans nos petites têtes de retraités grincheux.

A l’Assemblée nationale, ils sont nombreux celles et ceux qui pensent comme lui, comme le président et comme le gouvernement. Ils pensent grosso modo : « On ne vous a pas pris en traître puisqu’on vous avait prévenus pendant la campagne. » Ceux qui ont voté Macron savaient donc qu’ils se feraient hara-kiri…mais il y a loin de la virtualité et d’une promesse de campagne à une feuille de paie réelle et 1,7% de pension en moins. Eric Alauzet, rapporteur du budget de la sécurité sociale a ajouté : "S'ils ont travaillé toute leur vie, ça ne suffit pas comme argument au moment où il faut trouver de l'argent pour renflouer les caisses de l'État. Il faut que les retraités se ressaisissent et comprennent que ces mesures accompagnent ceux qui travaillent."

Vais-je me ressaisir sachant que je suis de ceux qui subissent la hausse de la CSG ? D’ailleurs que veut dire le député quand il nous demande de nous ressaisir ? Le député nous invite-t-il à retrouver notre sang-froid, comme si on en manquait, à retrouver notre calme…comme si on l’avait perdu ! Se ressaisir a un autre sens dans l’esprit du député : vous devriez être contents de vous montrer solidaires, même forcés par la loi, car on prend l’argent là où il est ! Le député ajoute : les retraités d’aujourd’hui ont une retraite « dorée ». Qu’ils se la ferment avant même qu’ils l’aient ouverte. Pour mémoire l'augmentation de 1,7 % de la CSG concernera les pensions annuelles au-dessus de 11018 euros (une personne seule) ou 16 902 euros pour un couple. J'avais une autre conception des retraites dorées.

Le coup de la solidarité destinée à culpabiliser les retraités, on connaît. Plutôt que de se lancer dans des demandes de contrition à forme religieuse, Eric Alauzet aurait mieux fait de se taire et laisser le gouvernement justifier son choix. Les récentes élections partielles ont montré que les retraités — justement — avaient rechigné à voter LREM. La leçon de cette histoire : il faut que les efforts soient partagés. Si une catégorie de la population se sent exclusivement visée, elle rue dans les brancards. Et pourtant, nous ne sommes pas de mauvais chevaux. Retraite dorée ou pas.

5 mars 2018

La « haine » de Jean-Luc Mélenchon à l'égard des médias sera-t-elle contagieuse ?


Le style de Jean-Luc Mélenchon, c’est ce qui fait son succès d’ailleurs, est franc, brutal, non critiquable…de son point de vue. Sur son blog, récemment, il a appelé à la « haine » générale contre les médias qu’ils jugent inféodés au pouvoir de l’argent — ce qui n’est pas tout à fait faux —  et soumis au pouvoir politique, ce qui n’est pas démontré. Le mot haine est un mot fort. Quand un homme politique aussi intelligent que lui l’emploie, c’est qu’il a une stratégie : valider une théorie complotiste à vocation populiste. Le président des insoumis, très chatouilleux en matière de vocabulaire, ne l’a évidemment pas choisi au hasard. Il s’agit pour lui de constituer des bataillons de militants, le couteau entre les dents, prêts à agresser tout ce qui bouge dans le monde de la presse. Mais la haine est plus du ressort des tripes que de la raison. La haine, c’est le carburant du pauvre. C’est un sentiment négatif, défensif, un aveu d’impuissance. La haine c’est aussi la colère des faibles.

Que Jean-Luc Mélenchon se sente « isolé » dans le monde des médias est une évidence. Il se sent traqué, attaqué, diffamé. Comment pourrait-il en être autrement quand un leader politique important (3e à la présidentielle !) vous abreuve d’insultes caricaturales ! Pour avoir porté sur lui, un temps, un regard bienveillant, mon opposition à son égard est devenue aussi tenace que réfléchie. Au fil des années, j’ai vu avec quel mépris, quelle condescendance, quelle arrogance ils traitaient tous ceux et toutes celles qui ont vocation d’informer pour le meilleur souvent et pour le pire parfois. Jeunes, vieux, hommes, femmes, service public, chaînes privées, personne ne trouve grâce aux yeux de Mélenchon, guidé qu’il est par son seul discours, raidi par sa personnalité « exceptionnelle », animé par sa seule vérité. Au point même que son entourage est devenu une phalange d’admirateurs béats, copiant les tics du maître, reprenant les mots du gourou, nourrissant le flot de la subjectivité anti-médias. Dans ce domaine Alexis Corbière (qu’on voit sur tous les plateaux pourtant) mérite la palme d’or.

Face à ce mur d’hostilité, Jean-Luc Mélenchon croyait avoir trouvé la parade. En suscitant la création d’un « média » (1) forcément différent, forcément militant, animé par des proches ou des supporteurs, il pensait sortir enfin de la pensée « unique » et atténuer les effets du soi disant Mélenchon-bashing. Il imaginait trouver parmi les millions de Français qui ont voté pour lui en mai dernier un public attentif. Mais, patatras, on apprend que des dissensions internes à la rédaction, des comportements autoritaristes, des prises de position étranges (sur la Syrie notamment) mettent à mal l’apparente unanimité des journalistes invités à la fête.

Noël Mamère a quitté le navire très tôt. Des personnalités, peu suspectes d’être des agents du pouvoir actuel, retirent leur soutien. Gérard Miller, la cheville-ouvrière du projet, a du mal à se dépêtrer des contradictions mises au jour. Autrement dit, informer n’est pas une sinécure. Il ne suffit pas de rassembler quelques amis (même compétents) pour devenir crédibles. Il ne suffit pas de créer un média pour qu’il devienne fréquentable. Bien des partis — dont le PS — ont cru que disposer de son propre outil d’information pourrait suffire à faire oublier le bruit de fond. Avec le temps, on sait que c’est peine perdue. Mélenchon est en train de l’apprendre à ses dépens.

(1) Ce média nouveau genre a même trouvé le moyen d’annoncer que le candidat insoumis de la législative partielle de Guyane faisait la course largement en tête cette nuit. En réalité, il finit second à 8 % derrière le candidat sortant de la République en Marche favori du second tour. Méfions-nous des « vérités » provisoires et des fake news.

27 février 2018

La situation des transports ferroviaires en Normandie : les élus socialistes et républicains écrivent à Hervé Morin, président de région

Les élus socialistes de la région Normandie viennent d'adresser un courrier à Hervé Morin, président de l'Asssemblée régionale, pour attirer son attention sur la situation des transports ferroviaires en Normandie. Je publie cette lettre reçue ce jour.
Départ en vacances. ©Jean-Charles Houel

« Monsieur le Président,
Nous souhaitons vous alerter sur la situation et les inquiétudes des Normands vis-à-vis du train en Normandie. Il est temps que la Région agisse. Depuis plusieurs mois maintenant, les conditions d’utilisation du service public ferroviaire se sont considérablement dégradées :  le nombre de rames en circulation sur les lignes Le Havre-Rouen-Paris et Cherbourg-Caen-Evreux-Paris a drastiquement diminué ; il n’y a plus assez de places, les passagers voyagent souvent debout dans des conditions inacceptables. Les retards au départ comme à l’arrivée sont désormais monnaie courante ; plusieurs guichets ferment (Vire, Mézidon-Canon) ou sont en passe de l’être (Avranches, Pontorson, Villedieu les poêles, Coutances) ; après la remise du rapport Spinetta sur la SNCF, de nombreuses « petites » lignes, pourtant cruciales pour l’aménagement et le désenclavement des territoires, sont menacées. C’est notamment le cas des liaisons Cabourg-Trouville, Serquigny-Elbeuf, Saint-Lô-Coutances-Granville, Argentan-Granville, Fécamp-Bréauté-Beuzeville, Abbeville-Le Tréport. Mais aussi des lignes entre la Manche et la Bretagne (Folligny-Dol-de-Bretagne) ou entre l’Orne et l’Eure-et-Loir (Surdon-Dreux). Ces tronçons menacés pourraient remettre en cause le fonctionnement des lignes Paris-Granville, Caen-Tours et Caen-Rennes. Certes, le Premier ministre a annoncé lundi qu'il n'engagerait pas -pour l’instant- de "réforme des petites lignes". Néanmoins l'inquiétude demeure quand on sait ce qu'une privatisation des lignes ferroviaires peut engendrer sur des tronçons jugés, depuis Paris, les moins économiquement 'rentables'. Par ailleurs, qui va payer pour la maintenance et le renforcement du réseau capillaire, si l’Etat se désengage ? Les majorités précédentes en Haute- et Basse-Normandie avaient investi massivement pour le réseau et le service public ferroviaire normand: mise en service de nouvelles rames Régiolis sur Paris-Granville et Rouen-Dieppe ; mise en place du plus grand plan de rénovation des gares normandes (Rouen, Yvetot, Fécamp, Bréauté-Beuzeville, Val-de-Reuil, Auffay, Vernon, Bernay, Argentan, Alençon, Bayeux, Coutances, Valognes, Avranches…) ; construction de centres de maintenance à Granville et Sotteville-lès-Rouen ; avancement des études de la Ligne Nouvelle Paris Normandie et inscription au Contrat de Plan Interrégional Etat-Régions de la Vallée de la Seine ; réouverture de plusieurs lignes qui avaient été fermées par l’Etat (Bréauté-Fécamp, Serqueux-Gisors)… et qui sont à nouveau menacées aujourd’hui ! 


Vous avez poursuivi la politique, décidée en juillet 2015 par l’Etat et qui concerne toutes les Régions, de renouveler les rames Intercités sur les lignes Paris-Normandie. Nous le saluons. Mais ces nouvelles rames n’arriveront pas avant 2020, au mieux. Il est impensable que les conditions de transport actuelles perdurent d’ici-là. Il est impensable que la Région ne fasse rien d’ici-là. Par ailleurs, vous avez fait le choix contestable et financièrement périlleux de prendre à la seule charge de la Région Normandie la totalité du déficit de gestion des cinq lignes Intercités, toutes les autres Régions françaises ayant, elles, négocié une compensation financière substantielle de l’Etat. Votre décision représente plusieurs dizaines de millions d’Euros par an. Elle prive potentiellement la Région de marges de manoeuvre qui seraient bien utiles aujourd’hui pour préserver le service public TER, investir dans les gares de proximité, dans le réseau capillaire, dans ces « petites lignes » qui sinon risquent d’être abandonnées. Qui les confortera, si l’Etat se désengage et si la Région n’a plus les moyens ? Dès 2016, nous vous avions alerté sur le risque que cette régionalisation des liaisons normandes vers Paris faisait peser, non seulement sur les finances publiques, sur le service public ferroviaire de proximité, mais aussi sur le projet stratégique de Ligne Nouvelle Paris Normandie (LNPN), qui risquait du coup de ne plus être considéré d’intérêt national par l’Etat. C’est malheureusement ce qui est en train de se passer : le calendrier de la LNPN est remis aux calendes. L’arrêt à La Défense, pourtant stratégique pour le développement économique normand, est enterré. Et l’on voit bien que l’Ile-de-France, partenaire décisif du projet, pourtant présidée par votre amie Valérie Pécresse, traite la Normandie et ses enjeux avec, au mieux, une indifférence polie.

Le Premier ministre est normand. Le Ministre de l’Economie, qui tient les cordons de la bourse, est aussi élu dans notre région. Tous sont vos amis politiques et vous ont soutenu depuis des années. Vous êtes vous-même Président « au carré » : Président de Région, Président de l’Association des Régions de France. Nous vous avons laissé une Région Normandie en excellent état financier. Bref, vous avez tous les leviers nécessaires pour agir. Vous avez annoncé un "plan Marshall" pour le train en Normandie ; pour l’instant, les Normands ont surtout vu de rutilants portiques en gare Saint-Lazare, qui ont coûté une fortune et dont l'utilité peine à convaincre. Alors que les usagers normands du train voyagent dans des conditions plus déplorables que jamais, que les agents de la SNCF sont confrontés à des conditions de travail difficiles et à des évolutions de leur statut, que le Gouvernement vient d’annoncer une réforme de la SNCF qui met l’avenir même du service public ferroviaire en débat, nous vous demandons de prendre la mesure de l’enjeu et d’agir, dès maintenant, pour le train en Normandie : 1. en pesant sur la SNCF et l’Etat pour que la qualité de service soit très rapidement restaurée sur les grands axes reliant notre région à Paris ; 2. en intervenant auprès du Gouvernement et de vos amis politiques pour que nos projets ferroviaires stratégiques (LNPN en particulier) redeviennent prioritaires ; 3. en lançant un plan massif d’investissement pour l’ensemble du réseau ferroviaire normand, garantissant en particulier que le réseau des « petites lignes » soit préservé et renforcé ; 4. en sanctuarisant, enfin, les gares et les dessertes du service TER de la Normandie.
Comptant sur votre engagement, nous vous prions de croire, Monsieur le Président, en l'assurance de notre respectueuse considération. »


1 Nicolas MAYER-ROSSIGNOL Président du groupe "Socialistes, Radicaux et Citoyens" à la Région Normandie, Benoît ARRIVE Maire de Cherbourg-en-Cotentin Conseiller régional de Normandie, Laurent BEAUVAIS Conseiller régional de Normandie Président de Argentan Intercom, Hélène BURGAT Maire de Mondeville Conseillère régionale de Normandie, Raphaël CHAUVOIS Conseiller régional de Normandie, Valérie GARRAUD Conseillère régionale de Normandie, Valérie GIBERT-THIEULENT Conseillère régionale de Normandie, Estelle GRELIER Conseillère régionale de Normandie, Franck GUEGUENIAT Maire d'Epron, Conseiller régional de Normandie, Marc-Antoine JAMET Maire de Val-de-Reuil Conseiller régional de Normandie, Muriel JOZEAU-MARIGNE Conseillère régionale de Normandie, Claudie LAUNOY Conseillère régionale de Normandie, Emmanuel MEZERAY Conseiller régional de Normandie, Oumou NIANG-FOUQUET Conseillère régionale de Normandie, Gaëlle PIOLINE Conseillère régionale de Normandie, Frédéric SANCHEZ Président de la Métropole Rouen Normandie Conseiller régional de Normandie, Catherine TROALLIC Conseillère régionale de Normandie, Timour VEYRI Conseiller régional de Normandie, Yvon ROBERT Maire de Rouen, Christophe BOUILLON Député de Seine-Maritime, Laurence DUMONT Députée du Calvados, Corinne FERET Sénatrice du Calvados, Didier MARIE, Sénateur de Seine-Maritime, Joaquim PUEYO, Député de l'Orne, Nelly TOCQUEVILLE, Sénatrice de Seine-Maritime, Gilles DETERVILLE Président du groupe Socialiste du Calvados, Janick LEGER, Présidente du groupe Socialiste et Républicain de l'Eure, Frédéric LEVEILLE, Président du groupe Socialistes et apparentés de l’Orne, Anna PIC, Présidente du groupe Socialistes et Républicains de la Manche, Nicolas ROULY Président du groupe Pour les Seinomarins socialistes et apparentés Département de Seine-Maritime, Caroline DUTARTE, Conseillère départementale du canton de Rouen 3, Eric VEVE Conseiller départemental du canton de Caen 5.

Samedi 17 mars au Moulin de Louviers : « Des Français sans histoire »…conférence, film, livret historique


Le samedi 17 mars, au Moulin de Louviers, à partir de 16 heures auront lieu :
La conférence : « De Louviers à Jargeau : l'internement des Tsiganes eurois pendant la Seconde Guerre mondiale (1940-1945) » par Vanina Gasly, responsable des Archives de la Communauté d'agglomération Seine-Eure (CASE). Du 22 novembre 1940 au 7 mai 1941, près d’une centaine de Tsiganes du département furent internés à Louviers, avant d'être pour la plupart dirigés vers le camp de Jargeau (Loiret), dont certains ne furent libérés qu'à la fin de l'année 1945. Certes toujours vivant dans la tradition orale tsigane, cet épisode a peu à peu été oublié de la mémoire collective. Pourtant des archives existent, qui permettent de retracer la vie de ce camp et le parcours de ces internés « oubliés de l'Histoire ». C'est ce que se propose de faire la conférence de Mme Gasly, véritable synthèse du travail de recherche patiemment mené par le service des Archives de la Communauté d'agglomération Seine-Eure.

La présentation du livret historique consacré au camp d'internement de Louviers (1940-1941) et rédigé par des élèves du Lycée Marc-Bloch de Val-de-Reuil, avec le concours des enseignants Mme Issad (lettres classiques) et M. Jeanne (histoire-géographie).

 La projection du film documentaire de Raphaël Pillosio « Des Français sans histoire ». La France a interné des hommes des femmes et des enfants catégorisés comme « nomades » durant la seconde guerre mondiale. À la recherche des dernières traces de ce passé ce film raconte l’histoire méconnue d’une population qui est marginalisée et stigmatisée depuis plus d’un siècle par la France.

On aura tout vu : Mélenchon volant au secours de Wauquiez !


On aura tout vu, tout lu. Mélenchon volant au secours de Wauquiez ! Dans un monde parallèle, un monde virtuel fantasmé, le récent billet de blog de Jean-Luc Mélenchon pourrait s’expliquer. Mais en France, en 2018, incroyable ! Comme dirait Donald Trump jamais avare d’adjectifs excessifs. Que dit le billet du leader de la France insoumise ? Il dénonce « la caste médiatique aux superpouvoirs », le fameux système  dont l’objectif principal serait de faire taire les purs et sans taches, de gommer le parler « vrai » d’un Mélenchon…ou d’un Wauquiez. Si vrai qu’il ne faut pas que ça sorte de la salle !

Jean-Luc Mélenchon à Lyon. (capture d'écran)
Alors que toutes les voix un peu sensées — et pas forcément bien accueillies à l’Elysée où l’on tient la presse à distance — considèrent que les sorties de Wauquiez devant les étudiants de l’école de commerce de Lyon, sont soit fausses, soit insultantes, soit insincères, il se trouve donc un député français pour hurler avec les loups et crier contre la CIA médiatique ! Et pas n’importe lequel puisqu’il s’agit d’un homme qui a failli être présent au second tour de la présidentielle !

Quelle mouche a piqué Jean-Luc Mélenchon ? D’abord, le contexte ne lui est pas favorable. La révision de ses comptes de campagne et la révélation de quelques manœuvres grossières (notamment en jouant du statut d’auto-entrepreneur si décrié par LFI) atteignent le fonctionnement d’un parti qui se veut différent des autres. Ensuite, ce qui se passe au sein de la rédaction de Media, le nouveau journal télévisé proche de LFI, porte atteinte à ce qui serait une nouvelle pratique du journalisme. La rédactrice en chef affirme qu’elle a été licenciée, Gérard Miller (l’un des gérants) nie ce fait mais Noël Mamère annonce son départ de la rédaction eu égard au climat régnant dans la rédaction. Il veut rester libre !

Jean-Luc Mélenchon, en soutenant Laurent Wauquiez, veut laver plus blanc que blanc. On a le droit de parler vrai tout de même ! Je n’ai jamais placé sur le même plan Mélenchon et le président de LR. L’un s’est construit sur des décennies, l’autre veut brûler les étapes au lance-flammes. L’un est cohérent, éloquent et parfois convaincant quand l’autre vit surtout de l’insulte et du mensonge. Jean-Luc Mélenchon a tort de placer Wauquiez à son égal. A moins qu’il n’ait adopté dorénavant la fameuse formule, « les ennemis de mes ennemis sont mes amis. »

26 février 2018

Quelques réflexions au débotté : train supprimé sur Rouen-Paris, le recul de Hulot sur le glyphosate, Johnny ou Laeticia ? L'Italie à la veille d'un vote décisif


Train supprimé : Saint Lazare priez pour nous !
Pensons d’abord aux usagers de la SNCF
Une loi d’habilitation pour changer la SNCF ! Edouard Philippe n’hésite pas à agiter le chiffon rouge des ordonnances. Malgré les déclarations hostiles et enflammées des syndicats de cheminots, le gouvernement a décidé de bousculer le système. On ne touchera pas aux petites lignes si appréciées des élus ruraux. On encouragera les régions à améliorer la circulation des trains (TER) neufs payés par elles d’ailleurs. On attendra des dirigeants actuels de la SNCF un plan de modernisation daté et financé.
Mais la dette abyssale devra d’abord être résorbée par la SNCF elle-même. Une dette de 55 Milliards d’euros ! Une broutille, une bagatelle…mais ce sera « aide toi d’abord », l’état t’aidera ensuite. Quant au statut des cheminots, si les salariés actuels sont consolidés les nouveaux entreront dans le cadre normal du code du travail. Emmanuel Macron a décidé de profiter de l’inertie des oppositions de droite et de gauche pour enfoncer le clou. Et puis Sarkozy n’a-t-il pas inventé le service minimum ? Alors, la grève du 22 mars sera-t-elle reconductible ? Quant aux usagers, ils vivront ce que j’ai vécu ce soir : la suppression d’un train pour Paris au départ de Val-de-Reuil. Résultat : une grande débrouille et des rendez-vous manqués. « Vogue la SNCF », comme dirait Juppé, tout va pour le mieux…

Nicolas Hulot recule sur le glyphosate
Dans un entretien réalisé avec un journaliste du JDD, Nicolas Hulot explique que le délai de trois ans laissé aux agriculteurs pour leur permettre d’utiliser le glyphosate pourra être exceptionnellement prolongé dans des cas très particuliers. Autrement dit, il y a fort à parier que les cas exceptionnels seront nombreux. Entre l’engagement du militant associatif et les responsabilités de ministre, il y a un gouffre que Nicolas Hulot est bien obligé d’assumer. Certes, assure-t-il, la France a réussi à limiter à trois ans l’usage du pesticide sur le territoire de l’Union européenne alors même que la Commission proposait un délai de cinq ans. Mais dès que des dérogations peuvent être obtenues, la porte est grande ouverte. Les déclamations d’Emmanuel Macron au Salon de l’agriculture s’adressant à un agriculteur qui protestait contre l’interdiction future du Glyphosate n’en prennent que plus de sens. Comment fermer les yeux, en effet, sur les inconvénients d’une molécule dont nombre d’experts certifient la dangerosité…pour les agriculteurs eux-mêmes d’abord et l’humanité tout entière ensuite.

Un père digne de ce nom ne déshérite pas ses enfants
La saga Hallyday suite au décès de Johnny et les affres de la succession n’en finissent plus de mobiliser avocats, journalistes, amis, parrains, notaires et autres spécialistes du droit des familles. Les avis sont tranchés : Jacques Dutronc, Eddy Mitchell, Gérard Depardieu…considèrent que déshériter ses enfants, ce n’est pas bien. Sylvie Vartan affirme que Johnny n’était pas homme à agir ainsi.
Donc, si Laura et David (qui ne manquent de rien) ont été oubliés dans le testament du rockeur, c’est la faute de Laeticia. Ah Laeticia ! Comme elle est jeune, comme elle est belle, mais comme elle est maligne et surtout comme elle aime l’argent. Il paraît qu’elle a de qui tenir avec une grand-mère âpre au gain. Ils sont où les sentiments ? Ils sont où les liens dont personne ne sait grand-chose. J’admire tous ceux et toutes celles qui dissertent sur la nature de la relation entre Johnny et Laeticia et leurs deux jeunes enfants devenus des légataires en puissance. Qui est dans la famille au sein du couple, cette alchimie complexe, insaisissable pour tenter de comprendre sinon d'expliquer. On pourra toujours gloser…en fait personne ne sait rien.

N’oublions jamais que le fascisme est né en Italie.
C’est là qu’il a prospéré pour atteindre l’Allemagne, l’Autriche dans une Europe où les démocraties ont montré bien des faiblesses. Les droites extrêmes et les extrêmes droites ont retrouvé de la vigueur sur le dos des réfugiés, des migrants, devenus les boucs émissaires. La campagne électorale actuelle montre que les droites italiennes de toutes obédiences et sous toutes les formes risquent de pouvoir former un gouvernement d’union puisque le mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo veut gouverner seul.
La loi électorale modifiée ne permettra certainement pas que les populistes ébouriffés dominent la scène italienne. Gangréné par la corruption et les malversations d’élus de première importance, le mouvement cinq étoiles pâlit sensiblement. Ce sera donc le retour de Berlusconi malgré ses démêlés judiciaires et ses déclarations d’amour pour l’Europe.

23 février 2018

Armer les enseignants pour lutter contre les tueries de masse : une « trumpade » de plus !

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Donald Trump veut armer les enseignants pour lutter contre les « tueries » répétées dans les lycées et universités américaines. Comment le président de la première puissance mondiale peut-il évoquer une solution aussi incongrue et évidemment aussi inefficace ? Un enseignant armé, même formé, sera-t-il aussi rapide à intervenir que le policier présent dans l’établissement de Floride resté sans rien faire pendant plusieurs minutes et « viré » depuis pour son impuissance voire sa lâcheté. Eh oui, les hommes sont fragiles. 
Même formés à tuer, même entraînés, Donald Trump ne pourra jamais rien contre la subjectivité des policiers ou des enseignants et l’attitude de chacun face au danger mortel. Qu’il veuille armer un million d’enseignants ne pourra que ravir la NRA, ce lobby des armes habitué à subventionner grassement les hommes politiques Républicains au nom du fameux second amendement de la Constitution des Etats-Unis.
Face aux adolescents meurtris mais courageux qui, depuis la fusillade, tiennent le haut du pavé — une grande manifestation se prépare à Washington — certains sénateurs, invités à modifier les lois, n’ont pas bronché. C’est que les millions d’euros accordés pour financer leur campagne pèsent lourd dans la balance. Au-delà du fait qu’une majorité d’Américains, armés jusqu’aux dents, ne veulent pas modifier la loi sur les armes comme ils ne veulent pas supprimer la peine de mort, il faudrait des gouvernants assez audacieux pour s’opposer au lobby des armes, fut-ce contre la majorité d’un peuple drogué aux armes semi-automatiques et autres Winchesters.
Peut-on, de notre France, donner des leçons aux Américains ? On le peut au nom des droits humains et aussi en citant l’exemple de l’Australie qui, depuis 20 ans, après une loi réglementant la vente d’armes, a vu le taux de meurtres de masse chuter sensiblement tout comme les suicides par armes à feu eux aussi en forte diminution. 
On sait qu’il faut des lois pour gouverner les passions humaines. La civilisation avance avec des garde-fous, des protections collectives contre les errements individuels. La solution que préconise Trump n’est qu’un trompe l’œil. Il fallait voir le peu de compassion manifestée par cet homme lors de sa visite dans les hôpitaux de Floride auprès des blessés de la tuerie. Tout, chez lui, respire l’égoïsme et l’indifférence aux autres. Proposer d'armer les enseignants n'est qu'une façon de botter en touche puisque cette solution ne sera jamais mise en œuvre : une « trumpade » de plus.

20 février 2018

Laurent Wauquiez ? Une formidable machine à se créer des ennuis et des ennemis


Mais qu’a donc ce porte-parole des Républicains contre les ajusteurs et contre le CAP ? Afin d’afficher son mépris à l’égard des journalistes de l’émission Quotidien de Yann  Barthès sur TMC, Gilles Platret, issu de l’entourage de Laurent Wauquiez a comparé leur travail à celui du titulaire d’un CAP d’ajusteur-monteur ! Pris en flagrant délit de dédain de la voie professionnelle, ce politicien a tout simplement avoué les vrais sentiments qu’il éprouve à l’égard des travailleurs manuels les considérant comme des moins que rien. Je rappelle, quand même, que Pierre Bérégovoy, ancien Premier ministre, était titulaire d’un CAP d’ajusteur ! De fait, l’affaire Wauquiez a plusieurs mérites. Conduire ses suppôts à parler vrai n’est pas le moindre d’entre eux.

Pour corriger l’image déplorable de son chef, M. Platret n’a fait que rajouter une couche d’ignominie aux propos tenus devant les étudiants de l’école de commerce de la région de Lyon où il assurait quelques heures supplémentaires pas encore défiscalisées. Depuis trois jours, les réseaux sociaux et les tribunes libres s’en donnent à cœur joie. L’idée de commenter les déclarations « trash » du chef des Républicains est devenue un lieu commun, un cliché tant ses attaques contre Emmanuel Macron, Alain Juppé, Valérie Pécresse, Justin Trudeau, Angela Merkel, ou l’affirmation que « la France est une dictature » dépassent les bornes du débat politique.

On est face à un névrosé narcissique, dépassé par l’ampleur de la tâche qui l’attend et surtout, formidable machine à se créer des ennuis et des ennemis. Je pense aux malheureux porte-parole de LR. On les voit se ratatiner sur les plateaux télé, avancer de misérables arguments sur les méthodes journalistiques, sur l’illégalité du procédé sans même tenter de venir au secours, sur le fond, de leur chef même pas au niveau du militant moyen (avec ou sans CAP) pourtant peu enclin à la retenue ou à la réflexion.  

Les constats de tout cela ? Une chance pour le pouvoir macronien en baisse dans les sondages, une perte totale de crédibilité de la part du principal opposant, un naufrage pour des Républicains dont un grand nombre attendait de voir ce qu’allait donner l’élection de Wauquiez. Ils ont vu : dès le premier combat, leur chef est à terre. Et pour longtemps. Leur départ de LR n’est plus qu’une question de jours.

17 février 2018

Wauquiez a perdu une belle occasion de se taire : la classe politique et les Français rient à ses dépens


Laurent Wauquiez.
Les saillies de Laurent Wauquiez devant des étudiants de la région lyonnaise n’étaient pas destinées à être rendues publiques. Le « prof » d’occasion ayant exigé qu’aucun enregistrement de ses paroles ne soit réalisé y est allé franco sans retenue et sans ménagement dans le cours occasionnel qu'il dispense. Évidemment — et c’est maintenant de notoriété publique — aucun homme politique de haut ou de bas étage ne peut prétendre museler l’information. Il va de soi que lorsque le président des Républicains vient faire le malin devant 50 personnes, il est prévisible que ses paroles soient diffusées très largement même quand il menace d'un procès ceux qui les ont enregistrées.
Yann Barthès, dans son émission « Quotidien » a éprouvé un plaisir non dissimulé en répandant les propos bruts et brutaux du nouveau chef de LR. Quelques exemples : Sarkozy ? Il faisait mettre sur écoute les ministres de son gouvernement ! Macron ? Il est le maître d’œuvre de l’affaire Fillon ! Darmanin ? Un futur Cahuzac qui boira le calice jusqu’à la lie…et le reste à l’avenant.
Confus, le Wauquiez pataud a présenté des excuses à Nicolas Sarkozy qui n’en pense pas moins. Le chef LR a même poussé la plaisanterie en affirmant que tout cela était teinté d’humour…mais alors un humour au 4e degré inaccessible à tout auditeur d’intelligence moyenne.
Franchement je vois mal cet homme-là appelé à un grand avenir. L’opposition est, normalement, la situation la plus confortable qu’un homme politique puisse connaître. En se ridiculisant plus souvent qu’à son tour, le président de la région lyonnaise montre des signes constants de faiblesse. Or, une campagne présidentielle nécessite des nerfs solides, une carapace épaisse et une maîtrise du verbe que visiblement Wauquiez ne possède pas. J’en connais une qui doit se frotter les mains ! N’est-ce pas Valérie Pécresse !