14 novembre 2019

Raymond Poulidor était venu dans la région de Louviers. Mais à pied et en voiture.


Poupou. ©Jean-charles Houel
Les hasards du journalisme — c’est ce qui fait le bonheur de ce métier — conduisent à rencontrer des personnalités de tous genres, de tous sexes, de tous les horizons. Durant ma carrière à La Dépêche, j’ai ainsi eu le plaisir de partager un moment avec Raymond Poulidor qui vient de mourir à l’âge de 83 ans. Cette rencontre l’avait rien de sportif mais était tout de même liée au cyclisme puisqu’il représentait dans une grande surface locale une marque de cycles portant son nom et celui de quelques autres.
J’ai le souvenir d’un Raymond Poulidor assez distant, très conscient de son rôle d’homme sandwich utilisé pour sa formidable aura d’éternel second mais surtout d’éternel sportif capable de courir vite et loin jusqu’à 40 ans ! Poulidor c’est 17 tours de France dans le peloton et des dizaines de tours comme accompagnateur, consultant ou commercial. Se recycler, si j’ose dire, c’est dur, même pour un homme de la trempe de Poupou très apprécié par les Français pour sa simplicité et son naturel qu’il lui était impossible de chasser.

13 novembre 2019

Une tribune libre de Cyril Buffet dans La Croix : comment réconcilier les mémoires allemandes ?


Cyril Buffet, ancien assistant parlementaire de François Loncle et de Jack Lang, docteur en relations internationales et en histoire germanique, récemment invité par la Société d’études diverses de Louviers pour évoquer la chute du mur de Berlin a publié le 9 novembre dans le journal La Croix une tribune libre faisant le point sur la situation de l’Allemagne d’aujourd’hui. Cette tribune exprime le point de vue d’un homme libre, curieux observateur de l’Allemagne réunifiée, particulièrement bien documenté et informé pour exprimer sa « vision » d’un pays qu’il apprécie et où il a passé une grande partie de sa vie d’étudiant et où il séjourne régulièrement. J’ai sollicité de Cyril Buffet l’autorisation de publier sur ce blog cette tribune, ce qu’il accepté avec élégance. Je l’en remercie. 

Cyril Buffet. ©JCH
«Nous sommes un peuple» criaient à l’automne 1989 les manifestants est-allemands, aspirant à la fin de la division de l’Allemagne. Trente ans plus tard, la réunification est-elle réalisée? Au contraire des célébrations antérieures, le débat public ne tourne plus guère sur le Mur ou sur la RDA. Il se focalise sur l’évolution du pays depuis trois décennies, se demandant si le processus de «l’unité intérieure» est un succès ou un échec.
Les résultats électoraux depuis deux ans laissent croire à la persistance d’une forte distinction entre l’Est et l’Ouest de la République fédérale. Lors du dernier scrutin national, l’AfD a envoyé plus de 90 députés au Bundestag, devenant la troisième force politique du pays. Ce parti est surtout implanté dans les nouveaux Länder où il a remporté de gros succès lors des élections régionales de cet automne, puisqu’il a réuni de 23 à 27% des suffrages en Saxe, au Brandebourg et en Thuringe.


L’AfD s’est imposée comme un mouvement protestataire, xénophobe et nationaliste. Elle s’affiche surtout comme un parti identitaire est-allemand. Elle attire une population frustrée qui se sent abandonnée par l’État et les partis gouvernementaux mais aussi «colonisée» par l’Ouest.
«Des citoyens de seconde classe»
Ses électeurs ont l’impression de vivre dans des régions marginalisées que les jeunes quittent, où la natalité recule, dont la population vieillit. Ils estiment que de fortes inégalités territoriales subsistent entre l’Est et l’Ouest et que la réunification s’est soldée pour eux par un déclassement social: ils ne cessent de répéter que «les Allemands de l’Est sont des citoyens de seconde classe».
Mais ce n’est pas tant un «mur dans les têtes» qui sépare les Allemands qu’un fossé d’incompréhension mutuelle. À leurs compatriotes de l’Est qui se présentent en victimes, les Allemands de l’Ouest leur reprochent leur ingratitude, leur rappelant les 260 milliards d’euros transférés dans les nouveaux Länder au titre du Pacte de solidarité. Après la chute du Mur, la motivation principale des Allemands de l’Est était, selon l’historien Jürgen Reiche, de vouloir rapidement «vivre comme à l’Ouest». Dans cette optique, ils votèrent massivement pour l’Union chrétienne-démocrate (CDU) qui précipitait le mouvement unitaire.


La réunification s’est opérée sur une double illusion. Les Allemands de l’Ouest ont pensé que le processus ne leur coûterait rien et les Allemands de l’Est ont cru à la promesse d’Helmut Kohl de créer des «paysages florissants». Les premiers ont payé et les seconds ont souffert. Au contraire de la plupart des ménages ouest-allemands dont la vie a continué comme avant, l’existence de très nombreuses familles est-allemandes a été complètement bouleversée. À la suite des privatisations, le tissu industriel périclita, provoquant un chômage de masse qui frappa durement une population qui ne l’avait jamais connu.
Le retard économique a été rattrapé
Ce traumatisme a profondément marqué la psychologie des Allemands de l’Est, d’autant qu’ils eurent le sentiment d’être dépossédés de leur destin puisque s’opéra, dans les années 1990, «un transfert d’élites de l’Ouest vers l’Est». D’après le quotidien berlinois Der Tagesspiegel, seulement cinq des 196 directeurs des 30 plus grandes entreprises allemandes proviennent de l’Est et seulement 6% des juges de haut rang. Cette situation a nourri le mécontentement.



Pourtant, l’Est a largement rattrapé son retard économique. L’économiste Oliver Holtemöller évoque même «une performance sensationnelle». En matière d’infrastructures, les disparités sont désormais minimes entre les anciens et les nouveaux Länder qui disposent du même niveau d’équipements (garderies, écoles, routes, voies ferrées, établissements culturels…) et de salaires presque équivalents. Le chômage a reculé: alors que la moyenne nationale se situe à 4,8%, il atteint 5% en Thuringe. Dresde, Iéna, Leipzig et la région Teltow-Fläming se sont développés en nouveaux centres dynamiques.
Néanmoins, des différences perdurent. Hormis Berlin, l’Est manque de métropoles attractives comparables à Munich, Francfort ou Stuttgart. Les grandes entreprises innovantes y sont absentes et aucune des 30 plus importantes sociétés allemandes n’a son siège à l’Est. La productivité y reste inférieure, représentant 80% de celle de l’Ouest. Mais il y a 30 ans, elle n’était que de 30%!

Prendre en compte le vécu est-allemand
En fait, la ligne de séparation ne court plus tant entre l’Est et l’Ouest qu’entre régions décrochées et régions prospères, entre villes et campagnes. Les inégalités territoriales ne concernent pas seulement les nouveaux Länder, mais également la Sarre, la Ruhr et Brème où le chômage s’élève à 10%.
Depuis 1990, les pouvoirs publics se sont principalement souciés de solidarité économique; ils ne sont guère préoccupés de comprendre les profondes mutations socioculturelles survenues à l’Est. Une nouvelle approche est nécessaire pour renforcer la cohésion nationale. Il convient de prendre en considération le vécu est-allemand depuis la chute du Mur, de l’inscrire dans la conscience collective. C’est un enjeu essentiel.
Il en va même de la stabilité de la République fédérale. En effet, la population est-allemande se montre réservée à l’égard du système démocratique. Selon une récente étude de l’Institut Allensbach, seulement 42% des Allemands de l’Est considèrent la démocratie comme le meilleur régime politique, contre 77% à l’Ouest.
Le gouvernement fédéral semble avoir retenu la leçon puisqu’il a mis en place une commission chargée d’établir «des conditions de vie équivalentes», en luttant notamment contre la désertification de certaines régions. L’anniversaire de la chute du Mur a, en tout cas, mis en valeur la nécessité de partager les expériences vécues de part et d’autre de l’Elbe, de réconcilier les mémoires allemandes. C’est à cette condition que l’Allemagne sera finalement un pays, sinon uni, tout au moins unifié.

11 novembre 2019

L'exposition lovérienne consacrée à la reconstruction du cœur de ville doit préparer l'avenir


La rue du Maréchal Foch, exemplaire de la reconstruction. ©JCH
Je ne sais que penser de l’exposition inaugurée vendredi dernier au musée en grande pompe par les élus de Louviers et un nombre important de citoyens intéressés par le passé et l’avenir de leur ville. L’encenser, ce serait trop. La blâmer, ce serait ridicule eu égard aux efforts déployés sur le temps long et par respect pour les promoteurs. Contentons-nous de regarder le paysage urbain de la ville avec des yeux neufs et, qui sait, une curiosité toujours en alerte.

Cette exposition est consacrée au cœur de ville si cher à notre maire et il serait injuste de ne pas reconnaître, entre autres, les qualités esthétiques des photographies de Hugo Miserey qui nous restitue une ville contemporaine inspirée de la reconstruction, celle des années cinquante avec toute la nostalgie et la mémoire s’y rattachant.
Oui mais après ? Michel Natier, directeur du musée, a raison de noter que les plans des immeubles et maisons affichées sont peu lisibles pour un profane, que les photographies prises avec hauteur évoquent une ville contemporaine nécessitant travaux de restauration et de rénovation. Cette exposition était une gageure à réaliser. Il y a fallu toute la science de Patrice Gourbin, docteur en histoire de l’architecture et spécialiste de la reconstruction, pour lui donner un sens et une vie que les déambulations quotidiennes routinières ne font pas forcément apparaître. Et puis Louviers n’est pas la seule ville normande à avoir été bombardée et en partie détruite. Un appel à projets a même été lancé par la Région pour mettre en valeur le patrimoine architectural de la reconstruction. Mais Louviers n’est pas Le Havre. Notre ville n’a pas eu la chance de voir les frères Perret se pencher sur son sort. Les Rivier, Muller, et leurs comparses Beghin et Mollier, n’ont pas eu la renommée de leurs confrères…

Justement, la reconstruction ? Pourquoi maintenant ? L’imminence des municipales y est sans nul doute pour quelque chose. Intervenue dans les années cinquante, j’ai des souvenirs d’enfance sans doute un peu flous mais fidèles quant à ce centre commercial transféré sur les boulevards et la place du Champ de ville où les bouchers et les marchands de télé par exemple poursuivaient leur activité en attendant de retrouver toits et murs. Après le bombardement allemand de juin 1940, le centre historique de Louviers fut dévasté par des incendies. Le feu détruisit la plupart des maisons à pans de bois construites des décennies avant que la seconde guerre ne provoque des dommages considérables. Dès 1941, les élus en charge des affaires locales se sont interrogés sur la reconstruction du centre mais il fallut attendre les années cinquante et le versement des dommages de guerre pour permettre aux propriétaires lésés de retrouver logements et maisons bâtis sur des ruines. Une question vitale se posait aux élus et aux investisseurs : Quoi reconstruire, comment, selon quel plan urbanistique avec quelle architecture ? Sachant qu’à cette époque pointaient les première exigences en matière sanitaire (WC, cabinet de toilettes, ascenseur dans les étages) sans oublier que l’isolation des bâtiments n’était pas un souci prégnant puisque l’énergie (le charbon surtout) était disponible à gogo et à pas cher.
 
cartes postales souvenirs.
La collection de photographies de Robert Régnier (surnommé « monsieur Kodack ») correspondant local de La Dépêche (au Vaudreuil) apporte certaines réponses. En 2001 le musée a acquis cette collection (collée sur papier peint !) illustrant sur plusieurs années les phases de la reconstruction. On y voit des îlots au système constructif évolutif notamment après la visite d’Eugène Claudius-Petit, le ministre de la reconstruction, sollicité par Pierre Mendès France alors président du conseil général de l’Eure. Le ministre voulait qu’on aille plus vite et à moins cher pour accélérer le processus destiné à fournir un habitat « moderne » à des sinistrés aux fortunes diverses. Je note avec une pointe d’ironie que Me Machu, notaire, eut droit à une reconstruction de sa maison en pierre de taille et qu’il racheta des dommages de guerre lui permettant de devenir propriétaire d’immeubles situés rue de la Citadelle, place du Champ de ville, par exemple, illustrant les capacités financières d’un notable gardant pignon sur rue bien des années après la guerre qu’il passa d’ailleurs comme conseiller municipal nommé par Vichy. Il devint ensuite le notaire de la ville et M. Panier, son premier clerc, fut l’interlocuteur privilégié de nombreux maires désirant constituer un patrimoine foncier municipal.

Il est remarquable, d’autre part, que les décideurs de l’époque n’aient pas profité de la situation — un centre-ville détruit et rayé de la carte — pour refonder le plan de circulation du centre et qu’ils aient restitué la géographie d’ensemble à l’imitation du Louviers d’avant-guerre. Il est vrai que l’automobile ne jouait pas le rôle qu’elle joue aujourd’hui et que les garages des cours intérieures préfiguraient mollement les besoins qui sont dorénavant les nôtres. Les cours intérieures obsèdent les élus et les propriétaires…sans copropriété et donc sans interlocuteur responsable. La place de la halle est demeurée en place…sans halle. Jusqu’à très récemment puisque la municipalité Priollaud a entrepris de remettre un toit sur cette place de marché devenue parking…

Puisqu’on lit, ici et là dans l’exposition que l’œuvre de la reconstruction doit bénéficier d’une rénovation urbaine (car tout se délite avec le temps même les meilleurs ciments) les élus jugent utile d’associer la population aux choix futurs. On ne peut leur reprocher cette approche participative. Elle appartient à l’ADN de Louviers. Reste à connaître les modalités de cette participation : quelle information préalable ? Sous quelles formes (experts et citoyens mêlés) en groupes de travail, en commissions municipales ouvertes ? Pendant quel laps de temps ? D’autant que les élections municipales se profilent à l’horizon de mars 2020 et que les listes en lice n’auront pas toutes les mêmes préoccupations.

Comme il n’y a pas de hasard, l’opération « cœur de ville permet à François-Xavier Priollaud de créer le bruit de fond de sa liste « Louviers au cœur ». Qu’importe. L’essentiel est que les Lovériens prennent à bras le corps le destin d’un centre dont les aléas architecturaux, commerciaux, sont ceux de bien des centres des villes moyennes. Le réhabiliter sera une opération de longue haleine. Si toutes les administrations (ville, agglomération, département, région, Etat) s’y mettent, si les élus savent faire preuve d’imagination et de confiance en des hommes et femmes de l’art créatifs, le centre de Louviers pourrait, enfin, répondre aux attentes de ses habitants et de ceux qui y vivent.
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8 novembre 2019

Manifestation samedi 9 novembre à Louviers pour défendre le bien être animal dans les cirques


Une lionne en cage chez Pinder
On nous communique :
Le bien-être des animaux du cirque Seneca n'est pas respecté. Nous demandons au maire de faire appliquer les obligations légales
Depuis plusieurs jours, un cirque s'est installé sur la place du champ de ville à Louviers. Alertés par les associations de défense des animaux, des membres de « Changer Louviers » sont allés constater la situation sur place.

Nous avons, comme nous l'appréhendions, découvert des animaux sauvages et domestiques (autruches, kangourous, chameaux, poney, ânes, yacks...) placés dans des conditions de vie contraires à leurs besoins élémentaires. En effet, nous n'avons constaté aucune présence d'herbe, de paille, sable ou sciure sous les pattes de tous ces animaux contraints de dormir à même le goudron, en contradiction avec les obligations réglementaires de l'article 27 de l'arrêté du 18 mars 2011.

Nathalie Van Hoorne, militante écologiste membre de « Changer Louviers » décrit : "Un kangourou hagard, cherchant quoi faire sur ce béton au milieu d'autres animaux qu'il ne croiserait probablement jamais dans son milieu naturel, des vaches, des autruches, des chameaux couchés (rangés) sur des places de parking comme de vulgaires voitures. Je n'ose même pas penser au traitement qu'on doit leur infliger pour qu'ils exécutent les numéros que les enfants et leurs parents iront applaudir ces prochains jours..."
Philippe Brun, tête de liste de « Changer Louviers », et Alexis Fraisse, conseiller municipal écologiste, demandent au maire de Louviers de faire usage de son pouvoir de police générale pour obliger le cirque Seneca à respecter, au minimum, la réglementation en vigueur sur le bien-être des animaux dans les cirques.
Si rien n'est fait, nous alerterons également le préfet de l'Eure, compétent en matière de police des cirques, afin que toutes les mesures utiles soient prises pour que le respect de la réglementation en vigueur soit assuré.
       
Au-delà du simple aspect réglementaire, nous devons nous poser des questions morales sur le bien-être animal et l'exploitation des animaux dans les cirques. Nous donnons rendez-vous à tous les citoyens conscients sur la place du Champ de Ville le samedi 9 novembre à 10h30 pour protester contre cet esclavage animal qui n'a plus lieu d'être au XXIème siècle.

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Bruno Questel, le député de Louviers, ne soutiendra pas la liste de François-Xavier Priollaud


Bruno Questel à Louviers
Dans l’article que j’ai écrit hier sur ce blog, j’ai fait état du détachement de Bruno Questel, député La République en marche de Louviers, à l’égard des élections municipales de mars 2020 dans la ville principale de la circonscription qu’il représente. En fait de détachement c’est plus une opposition à la liste conduite par François-Xavier Priollaud pourtant membre du MODEM — lequel appartient à la majorité gouvernementale — qu'il faut évoquer.
Pourquoi cette opposition ? Pour la justifier Bruno Questel nous a déclaré s’appuyer sur trois constatations.
— Primo, si des élus sortants appartiennent à la République en Marche, Bruno Questel leur reproche de ne pas hisser leur drapeau assez haut afin que la liste soit clairement située dans la ligne Macron. Ces élus se reconnaîtront puisqu’il s’agit de Mme Hafida Houadah, conseillère départementale qui plus est, et Jacky Bidault, l’un des principaux acteurs de la municipalité actuelle. Mais comme le maire veut une liste sans étiquette, brandir un étendard n'est pas conforme à ses exigences.
— Secundo, le député ne peut, selon lui, soutenir une liste qui comprend des adversaires acharnés et militants contre la majorité parlementaire qui comprend LREM et le MODEM ! Ces élus, M. Jubert et Mme Marie-Dominique Perché, n’ont jamais caché leur préférence partisane (LR) et s’ils acceptent de figurer sur la liste Priollaud, c’est parce que celle-ci défend avant tout une politique locale. Du moins est-ce le discours habituel en pareil cas.
— Tertio, Bruno Questel dit avoir pris langue avec François-Xavier Priollaud il y a plusieurs semaines afin d’étudier ensemble la situation municipale lovérienne. Les deux élus devaient se revoir mais le maire sortant semble avoir décidé de déclarer de manière unilatérale ses intentions sans que le député soit associé, d’une façon ou d’une autre, à ces dernières.
Ainsi, si le contexte demeure ce qu’il est, Bruno Questel ne s’engagera pas dans la campagne à Louviers aux côtés du maire sortant ni dans la campagne locale sauf peut-être si une liste faisait une place vraiment identifiable à des candidats LREM actifs. Faut-il comprendre que des têtes de listes (autres que François-Xavier Priollaud) sauraient se montrer compréhensives envers les désirs du député ?

7 novembre 2019

Sans surprise, François-Xavier Priollaud annonce qu'il est candidat à sa succession à la tête de la mairie de Louviers


Ce n’est pas à proprement parler un événement. François-Xavier Priollaud, maire de Louviers, a annoncé ce matin dans la presse locale qu’il est candidat à sa succession et qu’il concourra donc lors des prochaines élections municipales de mars 2020. Cette annonce était, comme je l’ai déjà écrit sur ce blog, attendue et prévisible. Il est rare, en effet, qu’un maire ayant accompli un mandat refuse d’en tenter un second. Lors d’un premier mandat, on doit assumer l’héritage de votre prédécesseur (bon gré, mal gré) préparer des projets nouveaux afin d’imprimer sa marque sur la gestion, mettre au point un programme d’investissements nouveaux démontrant le rôle et l’importance de la ville de Louviers dans le concert donné par l’agglomération Seine-Eure dont le centre de gravité se déplace au rythme des adhésions nouvelles. Et elles ne manquent pas.
La patinoire ? Une réalisation de l'agglomération.©JCH
En fait, bien des projets attribués à la gestion « lovérienne » par facilité ou manque d’informations, sont surtout des projets de l’agglomération. Ce fut le cas de CASEO (la piscine) c’est le cas de la patinoire et c’est bien évidemment le cas des travaux d’aménagement du centre-ville dont l’exemple caractéristique est la place Thorel. Comme François-Xavier Priollaud a le titre de vice-président de la CASE et les attributions qui vont avec, il est évidemment associé de près à l’avenir de toute la région lovérienne qu’il s’agisse des parcs industriels ou des équipements structurants. Sa vice-présidence à la Région Normandie ne peut non plus lui nuire. Cela c’est pour l’aspect institutionnel et administratif, un aspect qu’on ne peut d’ailleurs pas réduire à sa seule personne eu égard à un entourage solide qui lui permet de couvrir bien des champs de l’action locale.

Qu’en est-il de l’aspect politique ? Membre du MODEM après avoir été adhérent de l’UDI, François-Xavier Priollaud a rejoint le parti de François Bayrou sur les conseils d’Anne Terlez, première adjointe et militante centriste depuis des lustres. Rappelons que tous les deux s’étaient présentés au premier tour des municipales de 2014 sur des listes différentes et que l’union des droites et du centre parvint ainsi à battre la liste du maire sortant, Franck Martin.
Stratégiquement renouveler l’accord d’union, c’est aussi aujourd’hui un moyen d’éviter une candidature du député en Marche de Louviers (Bruno Questel) dont on voit d’ailleurs mal l’intérêt qu’il aurait à mettre les mains dans le cambouis lovérien. Devra-t-il apporter un soutien public à la liste Priollaud ? Sans doute mais pas maintenant. Autour de lui, FXP rassemble donc des militants de La REM, du MODEM et aussi des Républicains puisque M. Jubert semble avoir décidé de demeurer élu à Louviers. D’autres candidats, sans carte ou étiquette, se retrouvent dans l’offre du maire actuel. Bizarre attelage que celui-là mais pas exceptionnel en France puisque de nombreuses communes seront dirigées par des équipes « et de droite et de gauche. »

Si la situation à droite est décantée — j’exclus l’extrême-droite du Rassemblement national dont on sait le mépris qu’il parvient quand même à dissimuler à l’égard des classes moyennes —  le paysage de la gauche paraît encore aujourd’hui mal établi. Trois listes ont vocation à concurrencer FXP. Diego Ortega et Philippe Brun, deux têtes de listes rendues publiques, semblent prêts à s’unir dès le premier tour. Chacun, certes, doit montrer ses muscles pour arriver à la table de négociations en position de force. Mais comme une 3e liste, inspirée par d’anciens socialistes, veut aussi gouverner Louviers, voilà une équation pas très simple à résoudre pour ceux et celles qui se disent de gauche. Au soir du premier tour, si la division continue de régner chacun comptera ses suffrages, élément stabilisateur s’il en est, dans la mesure où il établit un classement propre à rendre intelligents les plus obstinés.

Il est remarquable enfin que les têtes de listes principales aient décidé de rendre publiques leurs intentions avant le mois de décembre. Une campagne électorale est une course de fond, il ne faut pas partir trop tôt et encore moins trop tard. Les Lovériens vont devoir s’habituer aux nouveaux visages et sans doute assister à des joutes que la démocratie exige. Our faire son choix, il y faut du temps et de la réflexion. Gageons que les directeurs de campagne vont faire preuve d’imagination pour intéresser les citoyens à cette élection majeure. Une part importante de leur mode de vie (culture, éducation, urbanisme, emploi…) dépend du choix qu’ils feront en mars prochain. Cela, il faut l’avoir constamment en tête.

4 novembre 2019

Quelques réflexions au débotté : le pari (risqué ?) de Boris Johnson, Trump fanfaronne, finissons-en avec le voile, les municipales à Louviers


Le Brexit et les élections : les riches menacent de fuir !
Le 12 décembre prochain, les Britanniques se rendront aux urnes pour élire leurs députés. En Grande-Bretagne le système est simple : est élu(e) celui ou celle qui obtient le plus grand nombre de suffrages en un tour. Autrement dit pas de calculs ni d’alliances possibles le jour du vote sauf à renoncer à présenter des candidats ou à soutenir le moins éloigné des postulants de votre choix. Les Conservateurs de Boris Johnson sont en tête dans les sondages ce qui lui permettrait de faire passer l’accord qu’il vient de rédiger avec Michel Barnier et les 27 états de l’Union européenne.
Cela c’est le possible. Même si les Travaillistes sont très en retard dans les sondages, ils viennent de recevoir un coup de main imprévu de la part des super-riches qui affirment vouloir quitter l’île bien aimée pour protéger leurs fortunes et leurs intérêts au cas où Mister Corbyn deviendrait le Premier ministre. On est habitué à ces déclarations tonitruantes destinées à faire peur. Nous avons connu ces menaces en France avant l’arrivée de la Gauche au pouvoir. L’élection de François Mitterrand avait entraîné un contrôle des changes et diverses dévaluations s’en étaient suivies. Le pouvoir de l’argent est décidément intraitable et le système démocratique s’avère insuffisamment armé pour lutter contre.

Trump se paie le mur
Donald Trump avait assuré que le mur séparant les Etats-Unis du Mexique serait infranchissable ! Le Washington Post nous apprend que des trafiquants de drogue plus habiles et plus malins que d’autres, ont réussi, sans trop se forcer, à scier les barreaux en plusieurs endroits du mur rendant les Etats-Unis facilement accessibles aux étrangers. Autrement dit, et ce n’est pas la première fois, Trump le fanfaron doit se rendre à l’évidence. Aucun mur n’est assez hermétique, surtout sur des centaines de kilomètres, pour empêcher le passage de gens déterminés. Le mur de Berlin lui-même, constamment renforcé au fil des années, a fini par céder et par permettre la réunification des deux Allemagnes.Et quand Trump parle d'ériger un mur entre le Colorado et le Mexique, il oublie que l'Etat américain dont il parle n'a pas de frontière commune avec Mexico !

Ah le foulard ! 
Que de crimes verbaux on commet en ton nom. Et le problème est pourtant simple bien qu’il empoisonne notre vie démocratique depuis plus de trente ans. Il n’y a qu’à appliquer la loi. Elle autorise la liberté dans l’espace public. Point barre. Ceux et celles qui veulent porter la kipa, se promener avec une croix sur la gorge, afficher un voile islamique, le peuvent sans qu’on puisse leur reprocher quoi que ce soit. Et les mamans accompagnatrices scolaires aussi puisqu’elles n’ont aucun lien matériel ou contractuel avec l’Education nationale. La droite extrême et l’extrême droite aussi, bien sûr, se régalent de ces débats interminables qui permettent aux chaînes d’info ou à « Valeurs actuelles » de consacrer des dizaines d’heures et des centaines de pages à de faux problèmes. Quand notre démocratie se montrera-t-elle adulte et responsable ? Surtout après qu’on apprend que Marine Le Pen fait la course en tête pour la prochaine présidentielle. Mais tout cela a heureusement encore le temps de changer et on n’a pas fini de prendre des photos provisoires de l’opinion (donc sans valeur) d’ici l’élection.

Les municipales à Louviers
Anne Terlez et François-Xavier Priollaud à la patinoire.
J’ai parfois évoqué la situation de la gauche lovérienne en cours de préparation pour les prochaines élections municipales. Trois listes se réclamant peu ou prou de cette gauche-là sont actuellement en lice sans qu’on sache très bien si les envies d’y aller sont définitives. Philippe Brun a présenté la liste Changer Louviers il y a quelques semaines et l’opinion a compris qu’il avait reçu le soutien de la France Insoumise, d’Europe-Ecologie-les-Verts, sans oublier la présence symbolique mais active d’Ingrid Levavasseur, dont le récit connaît un certain succès de librairie. Qui sait si une union dès le premier tour entre certaines de ces listes, aujourd’hui improbable, deviendrait soudain possible face à une conjoncture défavorable à la gauche.

A droite ou au centre-droit, la situation devrait se décanter dans les semaines à venir. François-Xavier Priollaud n’a aucune raison de renoncer à tenter un second mandat pas plus qu’Anne Terlez (MODEM tous les deux) ou Jacky Bidault et Hafida Houadah (LREM). La situation des Républicains est plus confuse. M. Jubert a-t-il encore un espace où exprimer les idées des Républicains ? Habitant de Saint-Pierre-du-Vauvray, certains disent qu’il aurait intérêt à tenter sa chance dans cette commune ?
Le Front national (pardon le Rassemblement national) délègue un concurrent-voyageur. M. Thimotée Houssain, très proche de l’élite régionale du RN, vient braconner sur les terres lovériennes après avoir tenté l’entrée dans la carrière politique ailleurs. Ce qu’il cherche ? Non pas la victoire mais une tribune. Marine Le Pen a en effet décidé de présenter un maximum de candidats dans les villes moyennes afin de répandre une idéologie loin d’être majoritaire en France. Le sortant, M. Vassard, s’est surtout illustré par quelques saillies scandaleuses et des réflexions inopportunes.
L’extrême gauche, enfin, sera-t-elle présente en 2020 elle qui a eu des élus dans le passé lesquels ont démontré une faculté de travail et d’interpellation parfois sans nuance mais toujours argumentée.

31 octobre 2019

A la société d'études diverses : « La Reconstruction en Normandie (1940-1964) : réparer le passé, préparer l’avenir »


La prochaine conférence de la Société d’Études Diverses aura lieu le samedi 16 novembre à 16 heures, dans la salle Pierre Mendès France, à l’Hôtel de Ville de Louviers. La SED accueillera M.
La ville vue de la route de Montfort
Patrice Gourbin, maître de conférences à l’École nationale supérieure d’architecture de Normandie. Sa conférence constituera un complément particulièrement intéressant à l’exposition qui s’ouvrira le 8 novembre au musée et dont il est le commissaire (« Louviers hier, aujourd’hui, demain »). C’est la reconstruction des villes normandes après les destructions de la Seconde Guerre mondiale qu’il évoquera, illustrations à l’appui : « La Reconstruction en Normandie (1940-1964) : réparer le passé, préparer l’avenir ».
En Normandie comme dans l’ensemble du territoire français, la reconstruction a été mise à profit par l’État pour aménager des villes modernes et fonctionnelles, mais aussi esthétiques, où l’histoire et le site physique étaient mis en valeur. La reconstruction a donc un double visage : à la fois réparation des dommages de guerre et modernisation. Cette nouvelle modernité urbaine n’était pas aussi radicale que celle prônée par l’avant-garde. Le résultat est un urbanisme et une architecture de compromis, conservant un certain nombre de dispositions traditionnelles. La reconstruction inventa aussi, simultanément, de nouvelles formes urbaines ou architecturales, dont le nombre se multiplia au fur et à mesure du temps. La reconstruction apparaît donc comme un laboratoire urbain, préfigurant la construction massive de logements dans les années 1960 et 1970. Aujourd’hui, elle est perçue comme un patrimoine en devenir, dont les qualités esthétiques et fonctionnelles méritent d’être préservées.

21 octobre 2019

Le boycottage d'Eric Zemmour sur C News est plus que légitime car le racisme n'est pas une opinion


«Nous, personnes engagées contre la stigmatisation des boucs émissaires dans notre pays, nous n’irons plus chez CNews tant que la chaîne maintient son projet d’émission qui donnera tous les soirs la parole au polémiste d’extrême droite Eric Zemmour. Entendons-nous bien, ce n’est pas la pluralité des opinions que nous réfutons. Le débat d’idées, les désaccords sont nécessaires à la démocratie. Des voix s’expriment tous les jours sur nos chaînes de télévision, se positionnent sur l’immigration, les droits des femmes, des homosexuels, des étrangers, soit. Mais il y a un moment où certaines voix, d’inspiration suprémaciste, dépassent toutes les bornes, tombent sous le coup de la loi, et qu’il devient criminel de leur donner une telle audience. Le racisme, l’appel à la haine et à la violence contre les minorités sont des délits !» 

Ce texte est signé par un certain nombre de personnalités ne désirant plus cautionner, par leur présence, le discours que tient Eric Zemmour à l’égard des musulmans. Lors de la convention dite de la droite, alors que les propos tenus sortaient tout droit d’un  bréviaire d’extrême droite, le polémiste s’en est pris aux musulmans et a cautionné la théorie du grand remplacement tout comme il a prononcé des attaques homophobes, sexistes et pour tout dire racistes.
Zemmour n’en est pas à son coup d’essai. Il véhicule depuis des années, sur nombre d’ondes ayant pignon sur rue, des propos condamnables et d’ailleurs condamnés par la justice pour incitation à la haine raciale et religieuse. Jean-Michel Apathie, pour lequel je n’ai pas de sympathie (ni d’antipathie d’ailleurs) particulière a raison de demander le boycottage de Zemmour sur les antennes. Faisant le parallèle avec Dieudonné, lui aussi condamné pour des raisons similaires, on ne trouve plus de responsables de chaînes pour l’inviter et lui permettre de diffuser son venin.

Pourquoi Eric Zemmour bénéficierait-il d’un privilège exorbitant ? C’est une vraie question. Elle exige une vraie réponse. Qu’on ne vienne pas nous rebattre les oreilles avec des atteintes à la liberté d’expression. Celle-ci permet à toutes les opinions et pensées de se diffuser. Mais le racisme est un délit et non une opinion. En tant que telle, elle est condamnée par la loi.
Si les directions des chaînes d’informations ne prennent pas l’initiative de boycotter Eric Zemmour, la société doit se défendre et agir. C’est ce que font les signataires du texte publié en tête de cet article. On ne saurait le leur reprocher.

20 octobre 2019

Un million de manifestants à Londres pour rester dans l'Union européenne


photo GH
photo GH
Boris Johnson ne sait plus où il habite non plus que tous les Brexiters atteints du syndrome de l’hésitation. Après un vote, hier de la Chambre des Communes, le plaçant en minorité, le Premier ministre britannique a adressé une série de lettres contradictoires au président de l’Union européenne pour demander un report de la décision finale annulé par une volonté réaffirmée de tout régler au 31 octobre. Comprenne qui pourra.
Les remainers, eux, favorables au maintien dans l’UE ont fait une démonstration de force dans les rues de Londres, ce samedi. Ils étaient près d’un million à défiler sous un ciel gris. Manifestants venus en cars, en trains et à pied pour les Londoniens, qu’ils soient Britanniques, ou étrangers.
Parmi eux, j’avais deux envoyés spéciaux très heureux de m’adresser quelques photographies de la manif, une manif déterminée, calme, peuplée d’hommes et de femmes conscient(e)s que les semaines à venir vont être décisives pour le sort de la Grande-Bretagne et de tous les ressortissants européens quelle que soit leur nationalité.