8 avril 2018

Contre la réduction du nombre de parlementaires, une mesure essentiellement démagogique


La suppression d’un tiers des membres du sénat et de l’Assemblée nationale, pour être populaire, n’en est pas moins une mesure démagogique. L'air du temps veut qu'on vilipende les élus, devenus les boucs émissaires des maux de la société. Aucune raison objective ne vient pourtant au secours de cette proposition du candidat Macron devenu président de la République. Si l’on regarde attentivement le territoire et le découpage des circonscriptions, on constate que, grosso modo, toutes les régions et tous les départements sont représentés par un corps législatif homogène capable de voter la loi et de contrôler l’action du gouvernement.

Réduire le nombre de députés et de sénateurs d’un tiers et en en faisant élire 15 %, a priori, au scrutin proportionnel va obliger le gouvernement à un redécoupage sanglant des circonscriptions. Cela aura pour effet d’agrandir sensiblement les territoires représentés et d’éloigner, par la force des choses, les élus des citoyens. Je vois mal le député du coin passer son temps à bord de sa voiture pour se rendre, le week-end notamment, à telle ou telle manifestation où sa présence est souhaitée. Le risque est d’avoir des élus hors sol, loin du terrain, loin des préoccupations quotidiennes des Français. Les députés ne sont pas des chauffeurs !

L’un des arguments du président est qu’ainsi réduits le sénat et l’assemblée nationale travailleront mieux ! C’est un pari. Risqué d’ailleurs. Car aujourd’hui, avec la loi sur le cumul des mandats, les parlementaires le sont déjà à temps complet et peuvent donc se consacrer à 100 % à leur tâche. Constate-t-on pour autant un progrès dans la présence en commissions ou sur les sièges du Palais Bourbon ? S’ils le veulent vraiment, les élus de la nation ont actuellement la capacité de proposer des amendements, de discuter les projets de l’exécutif, de le contrôler à temps complet. 

Réduire la compétence d'une assemblée au nombre de représentants qui la compose est illusoire…ou l’objet d’un calcul politicien. Briguer les suffrages des électeurs c’est un engagement. Un acte militant au sens noble. Je souhaite que les parlementaires refusent de se faire hara-kiri et réfléchissent bien avant de céder à la facilité toujours éphémère.

30 mars 2018

« Évreux à travers les siècles » par Solange Krnel, auteur de « Petite histoire d’Évreux racontée à mes élèves »


Dans le cadre de ses animations mensuelles, la Société libre d’agriculture, sciences, arts et belles-lettres de l’Eure, association laïque fondée en 1798 sous le Directoire, a invité le samedi 7 avril Solange Krnel pour une conférence intitulée : « Évreux à travers les siècles ». Elle aura lieu comme de coutume aux Archives départementales de l’Eure à Évreux, 2 rue de Verdun, à 14 h 30.

Depuis des décennies,  la Société Libre de l'Eure contribue, en particulier par sa revue « Connaissance de l'Eure » et ses conférences, à la découverte de notre département,  de ses origines à  nos jours, en présentant ses différents aspects, tant historiques,  géographiques que scientifiques ou sociologiques.

Ancienne directrice d’école, et aujourd’hui administratrice de la Société libre de l’Eure, Solange Krnel a su, durant toute sa carrière d’enseignante, transmettre à son jeune public sa passion pour l’histoire locale. Un partage qui aboutit à ce livre très documenté : « Petite histoire d’Évreux racontée à mes élèves » édité très récemment par la Société libre avec le soutien de la Ville d’Évreux. La modestie de son titre cache des années de recherches assidues et un très gros travail de réalisation. De la préhistoire à la création de l’agglomération, ce livre retrace en 200 pages richement illustrées les grandes lignes de notre histoire nationale, vues à travers celle de la ville d'Évreux.

Voici donc une nouvelle et très importante contribution de la Société Libre de l’Eure à la connaissance de la « Cité jolie ». Grâce à Solange Krnel, les Ébroïciennes et les Ébroïciens, et tous les amateurs d’histoire, jeunes et moins jeunes, disposent maintenant d’une histoire complète de la capitale de l’Eure.

Cette conférence sera illustrée par la projection de nombreuses photographies et reproductions de documents anciens. L’auteur procèdera ensuite à une séance de dédicaces de son ouvrage. Samedi 7 avril 2018 à 14 h 30 aux Archives Départementales de l’Eure.
Entrée libre et gratuite.
Société libre de l’Eure, 2 rue de Verdun 27025 Evreux cedex. – http://societe-libre-eure.org

28 mars 2018

Chantal Dossin signera son livre samedi 31 mars 2018 A la Page à Louviers

Chantal Dossin, longtemps "professeur d'histoire" a beaucoup travaillé avec ses élèves sur les camps nazis . A la  retraite, elle a repris des recherches et publie un second livre qu'elle dédicacera samedi prochain (31 mars) a la librairie "A la page".

27 mars 2018

Jacky Vassard, cet élu FN lovérien qui compte pour rien


Jacky Vassard dans ses œuvres hier soir. (capture d'écran)
Pour la CFDT : Rien ! Pour la CGT : Rien ! Pour les Amis de Timia : Rien ! Pour le Secours populaire : Rien ! Et la liste est longue des associations lovériennes que Jacky Vassard, le seul élu Front national de l’assemblée municipale, veut saquer. Cet ostracisme à l’égard des associations syndicales, humanitaires, ou favorables au co-développement, ne date pas d’hier. En fidèle exécutant des ordres venus d’en haut, le seul élu FN du conseil propose de matraquer financièrement le tissu associatif de Louviers, là où les solidarités, le bénévolat, l’engagement désintéressé sont des valeurs irremplaçables.

Après les saillies de Jacky Vassard, plusieurs élus tels Anne Terlez ou Marie-Pierre Dumont, les ont jugées « scandaleuses ». Enfermé dans son obstination sectaire, l’élu d’extrême droite n’a même pas daigné leur répondre se contentant d’affirmer que le budget de la ville pourrait récupérer 15 500 euros mieux utilisés ailleurs selon lui. Le maire, de son côté, a condamné l’attitude de l’élu FN vantant les mérites des nombreuses associations locales symboles d’une vitalité citoyenne dont une ville ne peut se passer. Mise aux voix, hier soir, le conseil municipal a largement approuvé la liste des subventions, seul J. Vassard votant contre. 

Comme il a été le seul à voter contre la délibération approuvant les conventions passées entre la ville et moi-même suite aux donations effectuées récemment d’une collection de Dépêche, des archives politiques liées à l’histoire de Louviers, de l’ensemble des clichés photographiques réalisés au cours de ma carrière journalistique. Jacky Vassard a voté contre en assurant : « je vote contre Houel, avec lui La Dépêche n’était pas un journal, c’était un tract. » Contre le Front national, partout et toujours. Car la presse ne doit jamais se coucher devant ceux qui prônent la haine, la xénophobie ou justifient les lois liberticides. 

26 mars 2018

La mort de Gérard Martin, ancien adjoint d'Henri Fromentin, de 1976 à 1983


Gérard Martin (2e à droite au 3e rang) lors de l'accord CAG-PS en 1989.
Gérard Martin, c’était une grosse voix. Et un grand cœur. Cet instituteur honoraire, militant politique engagé, avait la République et la laïcité chevillées au corps. Militant de gauche depuis son retour d’Algérie où la guerre l’avait abîmé moralement, il était devenu, au fil des ans, un enseignant fier de son métier et terriblement apprécié de ses élèves. Derrière un physique généreux se cachait un homme sensible, humain, dévoué aux causes collectives. N’avait-il pas dirigé les centres de loisirs municipaux aux côtés de Louis Vallée, un autre ardent acteur des CEMEA, ces centres d’entrainement aux méthodes d’éducation active ?
Militant du Comité d’Action de gauche, membre du PSU (Parti socialiste unifié) à une époque où ce parti défendait « l’autogestion » c’est tout naturellement qu’il devint un élu sur la liste Fromentin, dès 1976, avant d’être confirmé dans ses fonctions d’adjoint en 1977. Plus tard, après la disparition du PSU, Gérard adhéra au NPA où il poursuivit un travail basique mais fondamental pour la sincérité de la pratique politique.
En ce cinquantième anniversaire des événements de mai 68 auxquels il prit part activement à son niveau de professionnel et de militant, ses camarades dont je suis ne peuvent que déplorer sa disparition et assurer Francis, son frère et sa famille de toute leur sympathie.

Les facilités diarrhéiques de l'homme au parka rouge


Il fallait s’y attendre et cela n’a pas tardé. Wauquiez et Le Pen, de conserve, critiquent la « naïveté coupable » d’Emmanuel Macron et demandent le rétablissement de l’état d’urgence comme des mesures d’internement et d’expulsion pour les fichés S ! Qu’il est difficile d’être un opposant digne et responsable ! Se vautrer dans la facilité diarrhéique semble être la voie la plus simple à emprunter pour tenter de rassurer l’électorat de droite extrême pour lequel rien ne sera jamais assez entrepris pour assurer la soi-disant sécurité. Certains en sont même à demander le rétablissement de la peine de mort, l’assignation à résidence permanente, le regroupement et l’enfermement des salafistes quand bien même ils n’auraient commis aucun acte délictueux !

Comment vivre dans une démocratie réelle avec tous les risques et les dangers tout en respectant les droits humains ? Comment protéger la société contre les entreprises mortifères de fanatiques suicidaires souvent passés par la case délinquance ? Telle est la difficulté de l’équation à laquelle n’échappe et n’échappera jamais aucun pouvoir, fût-il dans les mains des donneurs de leçons.
De quelle naïveté parle Wauquiez ? Celle d’avoir installé dans le droit permanent les mesures « appropriées » de l’Etat d’urgence ! La Ligue des droits de l’homme a fustigé cette propension à faire du droit d’exception une règle ordinaire. Et encore, il a fallu se battre pour que le juge judiciaire prenne le pas sur le juge administratif ! De quelle naïveté parle-t-on quand un ministre de l’Intérieur nous apprend que depuis le début de l’année huit actes de terrorisme ont été déjoués !

L’assassin de Carcassonne était radicalisé. Sa compagne aussi. Soit. L’homme vivait chez ses parents dans le quartier de son enfance, avait connu la prison et la délinquance. Surveillé, il l’était donc. Mais les terroristes savent aujourd’hui comment se faire oublier ! Qui plus est, il est paradoxal d’entendre Wauquiez demander plus de moyens en hommes quand le gouvernement Sarkozy qu’il soutenait a supprimé des milliers d’emplois dans les forces de police et de gendarmerie entraînant des retards et une vulnérabilité difficile à rattraper. Décidément, diriger l’opposition demande une force de caractère qui manque fortement à l’homme au parka rouge.

25 mars 2018

La Place Thorel de Louviers va changer de visage et devenir « une place à vivre » sur Seine-Eure Avenue


MM. Leroy, Priollaud et Lecomte. ©Jean-Charles Houel
Voilà plus d’un siècle que la Place Thorel a le visage qu’elle montre aujourd’hui. C’est là que le général De Gaulle, en octobre 1944 vint rendre hommage, aux côtés de Pierre Mendés France à ceux et celles qui avaient bravé les dangers en soutenant la Résistance française. C’est là aussi que les Lovériens aimaient flâner avant que la circulation des automobiles l’ait rendue inaccessible. Mais foin de souvenirs et de nostalgie.
Placée sur la ligne directe entre le cœur de Louviers et la gare SNCF de Val-de-Reuil, cette place devait être repensée pour jouer un rôle important dans le nouvel urbanisme de ce début de 21e siècle. Bernard Leroy, président de la CASE et François-Xavier Priollaud, maire de Louviers, ont invité les Lovériens à une séance de présentation du projet sorti des cartons des techniciens de l’Agglomération et destiné à être concrétisé avant la fin de 2019 sachant que « Seine-Eure Avenue » (1) doit être aboutie en 2021.
Pour le maire de Louviers, deux ou trois faits sont d’ores et déjà acquis : « la place Thorel ne sera pas une gare terminus de la ligne de bus », « La ville de Louviers n’a pas vocation à devenir piétonne » ! « La place Thorel doit être réduite, apaisée, reformulée. »

La rue du 11 novembre
Au cours de la soirée projection, les 150 personnes présentes ont découvert le nouveau visage de la rue du 11 novembre : large de 24 mètres jusqu’au garage Ford actuel, accessible aux bus sur voie dédiée, aux cyclistes, aux voitures, et bien sûr aux piétons avec des trottoirs dignes de ce nom et des arbres plantés pour lutter contre le minéral trop utilisé. Les travaux s’inscriront dans l’aménagement général de l’avenue reliant Louviers à la gare de Val-de-Reuil. Les 37 millions d’euros de travaux prévus permettront d’habiller un parcours de plusieurs kilomètres desservant également des parcs industriels, des centres d’activités tels que le hub lovérien (2) en passant par le Cavé (au Vaudreuil) et la route des Falaises de Val-de-Reuil. Avant d’engager des travaux neufs (pour des logements par exemple) des démolitions s’imposeront dans cette rue lovérienne historique.
Quelques questions ont été posées par le public : que devient la zone artisanale actuelle de la rue des Martyrs (elle demeure). Les sens des circulations (un plan global sera mis au point) sans oublier le maintien desdites circulations pendant les travaux. Quel avenir pour le terrain du Kolysé ? Celui-ci sera démoli même si le bowling va rester encore quelques mois en activité en attendant son transfert rue du Canal. Quid encore de ce terrain stratégique : logements, extension du hub, équipement public ?

Jean-Pierre Duvéré commente la ligne BHNS.©JCH
Le trajet en bus : Jean-Pierre Duvéré, au nom de la CASE veut ramener la durée du transport « Louviers-gare de Val-de-Reuil » à 15 minutes contre les 25-30 actuelles. Pour lui, le succès d’un transport collectif tient en quelques mots : fréquence, sécurité, confort. A condition, bien évidemment, que la SNCF offre des trains qui arrivent à l’heure et ne soient pas supprimés dans la surprise ! François Charmot ayant contesté le montant des travaux « 37 millions pour gagner 10 minutes », Bernard Leroy a rappelé que « c’est la taxe transport des entreprises qui finance majoritairement ce service. » Le contrat d’agglomération permettant d’obtenir des subventions de l’Etat, la Région, le Département. Pour le président de la CASE une avenue qui dessert une zone d'activités de 10 000 emplois doit être attractive et donner une image globale positive.
Ce plan est susceptible de modifications.

La Place Thorel elle même : Irriguée par nombre de voies (rues Saint germain, du 11 novembre, boulevard de Crosne, Achille Mercier, Saint-Louis, Pierre Mendès France) cet immense giratoire (8000 m2 d’emprise) sera traversé en son centre par la ligne de bus, prioritaire, dont le terminus sera la gare actuelle (près de la Halle).
La rue Saint Louis sera transformée en impasse permettant la création d’un espace piétonnier entre le siège de la CASE et le musée municipal.
La rue Achille Mercier va voir son rôle évoluer : la construction d’une résidence intergénérationnelle et de logements (sur l’ancien entrepôt Renault) entraînera une jonction douce entre le boulevard de Crosne et la médiathèque. La rue Mercier devrait perdre son statut de voie express vers la Porte de l’eau.
A la place de l’ancien magasin Lidl et du garage Citroën, démolis, des habitations devraient être construites sans exclure des locaux d’activités (commerciales ? artisanales ? libérales ?). Les commerces actuels ne seront pas modifiés, les places de stationnement seront augmentées (de six).
Les piétons, enfin, auront accès au centre de la place Thorel redevenue fréquentable. Et les cyclistes ? Alexis Fraisse, conseiller municipal lovérien, toujours vigilant, a appris avec plaisir qu’une piste cyclable bidirectionnelle relierait Louviers à Val-de-Reuil (largeur 2,50m) et que la place Thorel serait dotée, elle aussi, d’une voie cyclable réservée. Reste la question de la priorité, non résolue à ce jour.
La durée des travaux financés par la CASE : les techniciens prévoient une durée de huit mois se terminant en 2019.

Les grandes lignes du projet « agglo-ville » étant définies, Il semble difficile de modifier le projet global. La réunion publique avait pour objectifs d’informer les Lovériens mais aussi d’écouter leurs éventuelles doléances ou remarques. Les modifications pourront intervenir à la marge seulement et sur des points de détail. Quand Franck Martin voulait faire de cette place Thorel un terminus de ligne de bus, les élus actuels ont préféré un mixte « sans idéologie » affirme le maire lequel s’empresse de préciser que le stationnement à Louviers restera gratuit et que tous les modes de mobilité et de déplacement pourront cohabiter. C’est un choix. Ou un pari dans la mesure où les technologies de mobilité évoluent rapidement, les besoins commerciaux aussi et les impératifs d’écologie durable également.

(1)  Seine-Eure avenue ? Pourquoi pas Avenue Seine-Eure…
(2)  Le hub. Il se situe à l’emplacement des anciennes usines Cinram. Il accueille la cité numérique et des équipements destinés aux cyberactivités. Une conférence sur l’intelligence artificielle tenue à La Filature y a accueilli récemment 700 personnes.

20 mars 2018

En Russie, le bourrage des urnes se fait sous l'œil des caméras !


Les scènes filmées de bourrage des urnes sont éloquentes et saisissantes ! Des employés tenant les bureaux de vote en Russie, dimanche, se moquent totalement de la présence des caméras et viennent devant l’urne les bras chargés de bulletins ! Au nom de qui ? Je vous laisse le deviner.
A cette élection présidentielle russe, il ne serait venu à l’idée de personne de pirater le système informatique de recensement des votes tant les jeux étaient faits d’avance. Qui ose parler d’un vote démocratique ? Alors que le principal opposant s’est vu interdire sa participation au scrutin, les six autres n’ont été que de pâles figurants permettant de laisser la vedette à Vladimir Poutine.
D’ailleurs on peut s’interroger sur le zèle des tricheurs alors que tous les sondages annonçaient un triomphe de Poutine et que seul le niveau de participation demeurait inconnu. Il fallait faire passer cette élection pour un plébiscite : c’est réussi !
sSns légende
On me dit, la démocratie russe n’a rien à voir avec la démocratie à l’occidentale. Dans un pays où le pouvoir tient tous les leviers : présidence, gouvernement, assemblées, médias (télés radios, journaux) où la propagande est érigée en vertu, où les opposants sont soit tués, soit en prison, soit interdits…on ne voit pas bien ce qui pouvait empêcher l’ancien chef du KGB d’obtenir un 4e mandat.
Pourtant, tout n’est pas rose en Russie. Je passe sur les libertés formelles, inexistantes, pour ne retenir que l’échec économique de ce grand pays de 145 millions d’habitants. Sans le pétrole et le gaz, la Russie serait à genoux, ce que personne ne souhaite. Il faut les jeux olympiques ou la coupe du monde du football pour que Vladimir Poutine tente de faire oublier la Crimée, le Donbass, la Syrie et les assassinats ciblés des espions devenus des traîtres comme à Salisbury récemment.
Avec le temps, Poutine est devenu un maître dans l’art de la désinformation. On l’a vu en Amérique avec l’élection de Trump qu’il a soutenue et favorisée, on le voit partout où Russia today propage les vérités dites alternatives, où Spoutnik inonde les réseaux de fake news, faisant de la cyberguerre, une guerre bien actuelle.
Poutine restera en poste jusqu’en 2024. On dit qu’il pensera alors à se retirer. Si sa fortune actuelle estimée à des dizaines de milliards d’euros continue de croître, gageons qu’une datcha au bord de la mer noire ne lui suffira pas.

19 mars 2018

La société d'études diverses de Louviers sera associée à la mise en valeur des monuments de la ville

FX Priollaud, JP Binay, Claude Cornu. ©JCH
Plus de cent ans ! 125 exactement. C’est le bel âge affiché par la Société d’études diverses de Louviers et de sa région. Si, comme l’a bien expliqué Claude Blanluet lors de l’assemblée générale tenue samedi au Moulin, les membres qui la composaient originellement représentaient surtout la bourgeoisie notariale, la société d’érudits a heureusement évolué au fil du temps. Elle est passée sous la houlette d’entrepreneurs locaux avertis pour renaître en 1961 sous l’influence des enseignants, surtout.
Depuis de nombreuses années, présidée par Louis Béquet d’abord, un Andéen rigoureux et attentif à la protection de la langue française dans tous les travaux engagés, la SED est passée sous la direction Claudine Jeulin, déjà active dans les années soixante, de Bernard Bodinier, enseignant chercheur très attaché à la Normandie puis, aujourd’hui, de Jean-Pierre Binay, à la tête d’une équipe homogène. Au sein de cette dernière, on retrouve en effet Mme Jeulin, infatigable, Claude Cornu, vice-président chargé du programme des conférences sans oublier Christian Gateau, Gilles Bethon, trésorier, et tous les membres bénévoles présents et actifs. C’est ainsi que la SED, seule ou en association avec l’Université populaire, propose un programme de conférences élaboré avec des invités talentueux, chacun (e) dans son domaine.
François Xavier Priollaud, maire, membre de la SED, présent à cette assemblée générale exceptionnelle, amené à conclure la séance formelle avec approbation des rapports, émit le vœu que « dans le respect des cheveux blancs », de plus en plus nombreux à la SED, des jeunes de la région s’investissent dans la SED à l’image des lycéens rolivalois sur le dossier tsigane et renouvellent ainsi les rangs qui, pour être plus que centenaire, veut encore vivre. 
Louis Béquet : un grand président.© JCH

Le premier magistrat ne dit pas que cela. Le maire souhaite, en effet, que dans le cadre du projet régional d’urbanisme consacré aux villes de la reconstruction, la SED apporte sa contribution savante (1) aux textes permettant de présenter (sous une forme à définir) aux Lovériens et aux touristes, les différents monuments de la ville actuellement livrés à eux-mêmes. Le maire imagine un parcours touristique jalonné de pauses savantes autour de panneaux avec photos et textes narrant l’histoire des monuments de la ville : église, école de musique, musée, fabrique Decrétot etc.…
Dans le cadre des efforts accomplis dans le centre, la municipalité est prête également à réhabiliter les immeubles de la reconstruction consécutive aux destructions dues à la guerre de quarante. Une grande exposition devrait avoir lieu dans la seconde partie de l’année 2019 montrant le Louviers d’hier et celui d’aujourd’hui. Il appartiendra à Michel Natier, conservateur du musée, de concrétiser ce projet.
Sur sa lancée, François-Xavier Priollaud évoqua également les actions pour la paix qu’il engage et soutient au sein du Conseil régional ou de la délégation régionale présente à Bruxelles. Les temps incertains rendent, selon lui, nécessaire, l’union des bonnes volontés. L’année 2018 devrait être riche de rencontres symboliques.

(1) Le maire est même prêt à passer une convention avec la SED évitant le recours à un cabinet privé moins bien intégré à la vie locale.

18 mars 2018

Les Tsiganes du camp d'internement de Louviers : des oubliés de l'histoire d'« un passé qui ne passe pas » (1)


Portraits de tsiganes internés. Les familles Léger, Waiss, Saultier…et tant d'autres.© Jean-Charles Houel
Pendant quelques mois, de 1940 à 1941, une carrière située au pied de la falaise crayeuse de la cote d’Elbeuf, à la sortie de Louviers, a servi de camp d’internement où 200 adultes et enfants de tous âges, considérés comme des êtres « asociaux et dangereux » ont vécu dans des conditions effroyables. Ces gens du voyage, ces tsiganes, après avoir été fichés, surveillés pendant des décennies, ont été plus de 20 000 en France à subir les affres et les souffrances de la marginalisation xénophobe ou raciste ou sont morts en déportation dans les camps de la mort nazis pour plusieurs centaines d’entre eux.

A l’initiative de Vanina Gasly, archiviste de la CASE, encouragée par Bernard Leroy, président de l’agglomération ,une conférence a été donnée ce samedi, au Moulin, devant une salle comble narrant l’histoire si méconnue de « ces Français pourtant sans Histoire » rehaussée par la participation de lycéens de Val-de-Reuil. Ces derniers, encadrés par plusieurs professeurs du lycée Marc Bloch, ont travaillé en effet sur l’itinéraire de ces familles dont les noms et les photographies appartiennent dorénavant à l’histoire locale et régionale. Donner un nom, mettre un visage, n’était-ce pas le premier pas de la réinsertion dans la communauté ?
 
Vanina Gasly. ©JCH
Jamais je n’aurais imaginé, moi qui ai fréquenté tous les quartiers de Louviers pendant des années, que le site ayant permis l’aménagement d’un broyeur à ordures ménagères (dans les années soixante-dix) avait servi bien des années auparavant de « refuge » obligatoire (entouré de barbelés, avec maintes interdictions à respecter scrupuleusement) à des familles françaises qu’un régime sans conscience voulait « sortir » de la société.

Les chefs de famille ont dû tout vendre : roulottes, chevaux, matériels divers, certains habitant même dans les grottes si peu hospitalières. Un témoignage filmé et projeté en fin de rencontre nous apprend que pendant quelques semaines, les occupants du camp purent continuer à rempailler, préparer les paniers, notamment, spécialités manuelles de ces familles nombreuses. Elles comptaient sept huit voire dix enfants qu’il fallait vêtir et nourrir dans les pires conditions. Vanina Gasly a réussi à restituer leur mémoire à ces familles françaises en narrant leur parcours de Louviers à Jargeau, dans le Loiret, où elles ont été internées jusqu’en 1945 après avoir quitté Louviers. Le fait est que, placé sous administration française, ces dernières ont eu la vie sauve mais après quelles privations : de liberté, de mouvement, de nourriture, de dignité bien sûr.

Profitant du 125e anniversaire de la naissance de la Société d’études diverses qui a servi de cadre à ces récits mémoriels, une cinquantaine de personnes, dont  le maire François Xavier Priollaud, ont participé, samedi matin, à la pose d’une plaque souvenir près du camp aujourd’hui disparu. Il faut croire que le secret de l'existence de ce camp fut bien gardé puisqu’il n’existe que peu de documents d’archives sur cet épisode de la seconde guerre mondiale, certains Tsiganes ayant pourtant dû contribuer à l’évacuation des gravats d’un Louviers bombardé !
Les Lycéens de Marc Bloch avec Bernard Leroy (CASE), Jean-Pierre Binay et Claude Cornu (SED). ©JCH
Au-delà de l’émotion compréhensible des descendants de ces familles, présents au Moulin hier, s’ajoutait un climat général empreint de compassion mais aussi d'une forme de «culpabilité» partagée à l’égard d’actions menées au nom de l’Etat français, un état qui ne pouvait plus porter le nom de République puisque la liberté, l’égalité et la fraternité avaient évidemment disparu. La SED est évidemment dans son rôle quand elle contribue à élargir le domaine de nos connaissances générales et particulières. D'autres initiatives seront à mettre à son actif en 2018.

(1) D'après le titre du livre d'Henri Rousso et Eric Conan.