17 novembre 2017

Entre Riss (Charlie Hebdo) et Plenel (Médiapart) il faut choisir…


L’éditorial de Riss, dans Charlie Hebdo, est à la fois saignant et émouvant. Après la polémique enclenchée avec Edwy Plenel, fondateur de Médiapart, mis en cause par la Une du journal satirique dans l’affaire Tariq Ramadan, accusé de diverses violences sexuelles (1) le rédacteur en chef de Charlie reproche à l’ancien directeur du Monde, de désigner l’équipe rédactionnelle qu’il dirige comme étant de nouvelles cibles de djihadistes en mal d’attentats mortels.

Depuis l’attentat qui causa la mort de douze membres de l’équipe de Charlie Hebdo et souleva une émotion exceptionnelle dans notre pays, tout ce qui touche à la laïcité, l’islamisme radical, l’islam, liberté de caricature entraînent nombre de débats le plus souvent passionnels. Tariq Ramadan, l’islamologue mondialement connu, ne semble pas être la personne qu’il dit qu’il est. Rigoriste à l’extrême — peut-être est-ce dû à l’influence qu’exerça sur lui son grand père créateur des Frères musulmans — Ramadan a une lecture primaire du Coran. Cette lecture le conduit à exiger, notamment de la part des femmes, une conduite qu’une bonne musulmane doit suivre à la lettre. Mais quand on apprend que ce père fouettard du dogme prend de nombreuses libertés avec les textes sacrés, le donneur de leçons devient piteux voire condamnable judiciairement.

Edwy Plenel là-dedans. Le fait qu’il ait participé à des débats publics avec Tariq Ramadan ne me gêne pas. Notre pays, celui qu’on aime, autorise la liberté d’expression et l’expression de la liberté de pensée…ce qui est plus embêtant, c’est la confusion que, semble-t-il, il affectionne entre islam et islamisme. Après l’attentat de Janvier 2015, Plenel avait usé de précautions sémantiques afin qu’on ne mette pas tous les musulmans dans le même panier — ce qui est légitime — mais s’était cru autorisé à reprocher à Charlie Hebdo ses attaques…contre l’islamisme radical. Charlie hebdo ne ménage aucun extrémisme religieux qu’il soit catholique, musulman, juif ou autre. Ses journalistes exècrent la pensée unique et ils ont bien raison.

On peut donc comprendre que les journalistes de Charlie aient saisi l’occasion qui leur était offerte de mettre en cause Tariq Ramadan et Edwy Plenel, devenus…alliés objectifs, au corps défendant du dernier cité évidemment, après les accusations de plusieurs femmes a priori victimes du comportement violent de Ramadan. La défense à tout crin de ses positions passées a conduit Plenel à déclarer « qu’une gauche égarée en était arrivée à faire la guerre aux musulmans. »

Faire la guerre aux musulmans ! Fichtre. L’accusation est gravissime. J’espère que les propos de Plenel ont dépassé sa pensée. A aucun moment, en effet, les journalistes de Charlie Hebdo n’ont mis en cause la pratique de quelque culte que ce soit. Ils ont toujours veillé à ne pas dépasser des limites que l’intelligence commune réprouve. Les désigner à une vindicte dont on connaît les conséquences est aussi fâcheux que lamentable. Edwy Plenel ne me fera pas regretter mon désabonnement à Médiapart que j’avais jusqu’alors en grande estime.

(1) Tariq Ramadan est accusé par plusieurs femmes « sous emprise » de les avoir agressées sexuellement et pour certaines de les avoir violées.

15 novembre 2017

Emmanuel Macron devrait relire (ou lire) les œuvres complètes de Pierre Mendès France


PMF : un grand inspirateur
L’élection d’Emmanuel Macron et celle de la majorité des députés en Marche ont bouleversé le paysage politique hexagonal. La droite se déchire avec un Wauquiez en quête des voix des électeurs du Front national, l’extrême droite n’en finit pas d’essayer de digérer la lourde défaite de Marine Le Pen dont l’avenir s’assombrit, la gauche  a le choix entre deux options : le jusqu’auboutisme d’un Jean-Luc Mélenchon qui reconnaît avoir perdu « le point » dans la bataille de la loi sur l’emploi et un PS en convalescence dirigé collégialement par 28 cadres dont aucun militant n’est capable de donner le nom.

Pour un homme ou une femme de gauche « contraint » au second tour de la présidentielle de choisir le président actuel (face au FN), est-il facile de se reconnaître dans les propositions de la France insoumise ou celle de la gauche dite nouvelle ? Sans doute pas facilement. Le regard porté sur l’action de la majorité nouvelle, elle, pour le coup, est évidemment teinté de bleu tant les premières mesures gouvernementales favorisent objectivement les plus aisés. Pourtant, la condamnation de l’action en cours censée favoriser les riches demeure modérée (malgré 62% de mécontents) comme si la majorité de mai attendait d’en savoir et d’en voir plus sur le long terme. Qu’il est difficile de se renier !

Cela dit, il faut plus que du courage pour transformer un citoyen en militant. C’est bien pourquoi les effectifs des membres des partis politiques fondent comme neige au soleil. Au PS, ils seraient 40 000 aujourd’hui quand on a compté plus de 200 000 adhérents pour soutenir  Ségolène Royal ! Pour un PS qui, en 2012, dominait les assemblées nationales, départementales, locales, le niveau d’influence du parti de Blum et Mitterrand est devenu marginal. Je ne mets pas en doute la sincérité et le désir de « refondation » — comme ils disent — des animateurs du PS actuel mais la route sera longue avant que les socialistes retrouvent une crédibilité susceptible de les rendre majoritaires en France. Car le quinquennat Hollande va laisser des traces durables dans les mémoires. L’affaire Cahuzac, si mal gérée par le pouvoir, la déchéance de nationalité si mal acceptée par les tenants de l’état de droit, vont masquer durablement le potentiel réformateur de la gauche de gouvernement. Sans insister lourdement sur la dérobade (y a-t-il un autre mot ?) de François Hollande en décembre 2016.

Alors quoi ? Faut-il baisser les bras et subir ? Sûrement pas. Le besoin de justice sociale est plus que jamais indispensable. Mais la France a besoin de se ressourcer à l’intérieur de ses frontières et au-delà. Emmanuel Macron, dont le chantier est immense eu égard aux lâchetés et abandons passés, a fait le choix d’occuper une place centrale et de rejeter les extrêmes qu’il a choisis comme adversaires privilégiés. Sa stature verticale manque singulièrement d’humilité mais doit on attendre d’un président « jupitérien » plus d’action et moins de bavardage.

Il serait bien qu’Emmanuel Macron relise les œuvres complètes de Pierre Mendès France. Les écrits de celui que je considère comme une référence morale autant que politique, serviteur de la vérité situé très haut dans le domaine du service de l’Etat, présentent une actualité jamais démentie. S’il est vrai que les institutions actuelles sont aux antipodes de celles que souhaitaient PMF, il avait fini par s’en arranger en insistant sur le contrôle exercé par les élus et surtout par la vigilance citoyenne. Il appartient à chacun de nous, quel que soit notre niveau de responsabilité, d’agir de manière éthique, responsable, collective, quoi.

11 novembre 2017

Laissons la dépouille du général de Gaulle reposer en paix

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Pierre Mendès France et le général de Gaulle à Louviers après la libération.
Pathétiques. Pathétiques, oui, toutes ces personnalités — j’ai envie d’écrire tout ce «personnel» — politiques ou plutôt politiciennes venues ce 9 novembre au cimetière de Colombey-les-deux-Eglises pour se recueillir sur la tombe du général Charles de Gaulle. Mais que diable allaient-ils faire devant cette tombe ceux et celles dont les mouvements politiques avaient combattu le général de Gaulle, deuxième formule, de 1958 à 1969 ? Que diable ont-ils à gagner en tentant de s’emparer d’une partie de sa dépouille, fût-elle symbolique,  alors que l’homme du 13 mai revint aux affaires dans les conditions antidémocratiques que l’on sait.

Il n’est pas bien évidemment question de mettre en cause l’homme de la France libre, farouche défenseur des intérêts français, face aux Américains qui se méfiaient de lui comme…d’un général éventuel futur putschiste et face à l’empire britannique qui, bien qu’ayant accueilli les FFL sur son territoire, n’était pas forcément désespéré de voir son empire rival européen en difficulté. Le général de Gaulle sut s’en souvenir, lui qui refusa à plusieurs reprises l’entrée de la Grande-Bretagne, dans la communauté européenne. Il savait qu’entre le continent et le grand large, les Anglais choisiraient toujours la seconde solution. Ils l’ont prouvé depuis.

Dupont-Aignan, Wauquiez, Philippot, Hidalgo, Lebreton…LR, ex-PS, Ex-FN, FN, Debout la France, ils sont venus en bus ou en taxi les bras chargés de gerbes…à faire gerber. Qu’aurait pensé le général de Gaulle de tous ces hommages hypocrites chargés d’arrières pensées et de calculs bien pauvres ? Mais qu’en 2017, des politiques sans idées et sans colonne vertébrale soient obligés de se réclamer des cendres du grand homme, me paraît aussi abusif qu’inutile. Abusif quand on mesure l’étendue de la solitude du général de Gaulle après mai 1968, inutile quand on croit se draper dans un manteau bien trop porté pour être sans tache. Laissons la dépouille du général de Gaulle reposer en paix.

Les cérémonies du 11 novembre aux carrés militaires du cimetière en 1977…il y a quarante ans !


Jean Bart (à droite) cérémoniaire averti.
Dans les années quatre-vingt, les cérémonies du 11 novembre se déroulaient en divers endroits de la ville. Un défilé avait lieu dans Louviers qui conduisait les anciens combattants, avec à leur tête l’harmonie municipale, au cimetière où les carrés militaires des guerres mondiales étaient fleuris par les autorités civiles et militaires.
C’était encore l’époque où Jean Bart, président du comité d’entente des anciens combattants, épaulait les élus pour rehausser les cérémonies placées sous le sceau du souvenir.
Au cimetière près du carré militaire 14-18.
M. Lambert, rescapé de 14-18.
Tous les poilus n’étaient pas morts à l’image de M. Lambert, ancien combattant de 14-18, revenu handicapé des champs de bataille et véritable témoin de ce que les combattants de la grande guerre eurent à affronter pendant ces années terribles.
En regardant de près ces photos, on ne manquera pas de retrouver des visages familiers de toutes ces familles lovériennes qui ont payé un lourd tribut en défendant le sol d’une patrie qui faisait sens. Reconnaissons qu’à l’heure de l’Europe de la paix, ces souvenirs indispensables peuvent sembler anachroniques pour les jeunes générations qui devraient pourtant mieux connaître notre histoire et en tirer des conclusions pacifistes mais lucides.

7 novembre 2017

Gérard Longuet : « si des centaines de milliards d'euros ne viennent pas dans les caisses de l'Etat, tant mieux…»


Gérard Longuet ne manque pas d'air : il soutient l'évasion fiscale.
"Si ces centaines de milliards d’euros ne viennent pas dans les caisses de l’Etat, tant mieux, parce que l’Etat le gaspille assez largement et dépense de l’argent inutilement. Que l'Etat se remette d'abord à vérifier ses dépenses avant de prendre dans l'argent des autres."

Cette phrase prononcée par Gérard Longuet, sénateur, ancien ministre de notre République, en dit long sur les pensées profondes de ceux qui, jusqu’au bout, ont soutenu François Fillon lors de la présidentielle. Face au scandale dénoncé par le consortium international de journalistes d’investigation qui ont travaillé pendant une année, on sait mieux comment les grandes fortunes et les grands groupes dissimulent leurs bénéfices et échappent à l’impôt. On pourrait attendre d’un représentant de la nation, parlant au nom du peuple français qui l’a élu, moins de morgue et plus de commisération pour les citoyens qui, eux, paient leurs impôts et leurs taxes. Ils en paient d’ailleurs plus qu’ils ne devraient si 20 milliards d’euros ne disparaissaient chaque année dans les paradis fiscaux situés à notre porte.

Bien sûr, on évoque les Bermudes ou les îles vierges. Mais sait-on que l’île de Man ou le Luxembourg ou les Pays-Bas, ou l’Irlande, ou Jersey, se sont organisés pour rafler le produit tantôt de l’évasion fiscale, tantôt de l’optimisation du même nom.
Les cabinets d’avocats se défendent en invoquant les failles des systèmes fiscaux des états. Comme dirait Donald Trump, répondant à une attaque d’Hillary Clinton qui lui reprochait de ne pas avoir payé d’impôts fédéraux depuis 20 ans : « c’est que je suis intelligent. » Je ne suis pas certain que l’expression soit adaptée au personnage. Malin et bien conseillé certainement. 

Finalement, Gérard Longuet est de cette trempe-là. On le savait peu ou prou. Il est de ceux qui n’aiment l’Etat que pour les privilèges qu’il lui apporte. Il aime un état faible, paralysé…car quand on ose affirmer que l’Etat dépense de l’argent inutilement c’est faire peu de cas des revendications des agents hospitaliers, des policiers, des magistrats, des ultra-marins, etc. lesquels demandent plus de moyens, plus de personnels pour satisfaire les services publics.

Gérard Longuet n’est-il pas de ceux qui se plaignent également du manque de moyens des collectivités locales ? Que certaines Régions, certains Départements, certaines grandes villes dirigées par la droite se remettent d’abord à vérifier leurs dépenses avant d’implorer l’Etat et ses subventions !

5 novembre 2017

DSK : « Je souhaite que le PS disparaisse » ! Pas de mai 68 pour Emmanuel Macron ?


DSK : « je souhaite que le PS disparaisse »
Dominique Strauss-Kahn souhaite la disparition du Parti socialiste sous sa forme actuelle. C’est ce qu’il a déclaré à des journalistes venus l’interroger à Marrakech où il possède un riad. DSK est-il le mieux placé pour commenter l’actualité politique française ? Après tout pourquoi pas. On peut être moralement discrédité sans devenir pour autant un paria sans cervelle. Surtout quand, comme lui, on a fréquenté les allées du pouvoir pendant des décennies. Et quand une majorité de Français se disaient prêts à voter pour lui à l’élection principale de notre démocratie.
Ce qu’il veut ? La résurrection d’un centre gauche. Il est vrai que les militants, les élus et les dirigeants socialistes semblent un peu perdus au milieu de l’agitation macroniste et après le coup de pied donné dans la fourmilière par les électeurs de la présidentielle et des législatives. DSK voudrait que le président de la République « soit de droite et de gauche » et « non ni droite ni gauche ». Pour l’ancien candidat devenu un supporteur de M. Macron, la politique actuelle présente nombre d’aspects positifs : « il fait ce qu’on a refusé se faire pendant 30 ans ! »
Le PS et ses 40 000 adhérents ne pèsent plus très lourd dans le débat politique actuel. De là à souhaiter leur disparition, il y a un pas que l’histoire même de la gauche nous interdit de franchir. Le PS est confronté à de vraies questions : comment s’opposer efficacement après une si lourde défaite ? Avec quelles forces ? Sur quelles bases idéologiques et politiques ? Les quatre ans et demi qui nous séparent de 2022 suffiront-ils pour redonner du sens à la gauche socialiste ?

Pas de mai 68 pour Emmanuel Macron ?
Une barricade… (DR)
Emmanuel Macron, si l’on en croit les gazettes dominicales, ne commémorera pas mai 1968. Il faut croire que le président de la République a été sensible aux commentaires peu amènes des conservateurs qui voient en mai 68 et ses événements une période de troubles et de « chienlit ». Comme il ne faut pas défriser la droite qui le soutient, le président préfère reculer et ignorer l’un des faits historiques majeurs du 20e siècle en France et en Europe voire dans le monde.
Mai 68 ce fut une révolte estudiantine et une période de conquêtes sociales. Les deux portées par un irrépressible besoin d’air et de dignité. 
Séparés dans un premier temps, les « travailleurs » et les universitaires ont cheminé ensemble contre les violences policières et l’archaïsme de ceux qui voulaient que rien ne bouge. Mai 68, ce fut le départ de nombreux mouvements dont l’action agit en ombre portée jusqu’aujourd’hui : l’autonomie communale, le féminisme, la libération sous toutes ses formes ! Quand j’entends M. De Calan, candidat à la présidence des Républicains, déplorer que mai 1968 fut le temps de l’excès de jouissance et de désir, je comprends mieux pourquoi la droite, même jeune, semble souvent compassée…ou dépassée.

Trump : encore trois ans à subir
Une année de Trump ! N’en jetez plus ! Même les Américains (à 66%) rejettent la politique, les manières, le style du président des Etats-Unis. DSK assure que Donald Trump ne respecte ni règles ni codes ce qui en fait un dirigeant imprévisible donc dangereux. En un an, Trump a démontré qu’il était le roi des fake news ces fausses nouvelles qu’il reproche si promptement aux journalistes non inféodés au maître de la maison blanche. Et de tweeter à tort et à travers, en mal plutôt qu’en bien, de susciter l’effroi jusque dans les rangs des Républicains de moins en moins nombreux à le soutenir. Le Trump raciste et machiste, roi de la télé réalité ne semble pas avoir perçu qu’il avait changé de monde. Président ou animateur, ce n’est pas le même métier. Que vont être les trois années qui viennent ? Car s’il n’est pas destitué suite à l’enquête conduite par le procureur spécial Mueller dans l’affaire des liens de campagne des siens avec la Russie de Poutine, Trump a encore pas mal de temps devant lui pour entraîner bien des dommages. Je ne suis pas certain que le lancement d’essuie tout dont il est devenu spécialiste suffira à remplir les livres d’histoire.

Tariq Ramadan enfin dévoilé sous son vrai jour ?
Tariq Ramadan est la bête noire de Caroline Fourest. Depuis des années, la journaliste-essayiste essaie de montrer le prêcheur islamiste sous son vrai visage mais l’homme est retors, il possède plus d’une corde à son arc d’où la difficulté de le cerner et de le dénoncer pour ses multiples turpitudes. Plusieurs femmes ont aujourd’hui le courage de dénoncer les viols qu’elles ont subis ou les agressions sexuelles que le prêcheur islamiste aurait commises contre elles. Des journaux helvétiques évoquent même des relations sexuelles avec des mineures !
Si les faits reprochés à Tariq Ramadan viennent à être étayés et donc prouvés, il en sera fait de la crédibilité de cet homme à deux voire trois visages. Il en va souvent ainsi avec les pères-la-rigueur, ils s’imposent rarement à eux-mêmes ce qu’ils veulent imposer aux autres. Les temps changent. La domination masculine, consciente ou non, perd de sa superbe. Les Weinstein et autres harceleurs-violeurs savent que  leur toute puissance arrive à son terme. Les femmes ont raison de se révolter.

30 octobre 2017

« Si tu ne crois pas celle-là, je t'en raconterai une autre » ou les fables d'Eric Woerth


Un ami aime à me répéter une phrase clé quand le mensonge est évident : « si tu ne crois pas celle-là, je t’en raconterai une autre. » Prenons M. Eric Woerth, l’actuel président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale. On ne peut pas dire que l’homme présente mal. Au contraire, il a cette élégance innée des habitants de Chantilly et des admirateurs des courses de chevaux de haut niveau. Mais c’est un homme de parti. Qui dit parti, dit partisan. Et souvent, malgré une éducation sans doute exemplaire autant que morale, il peut arriver que les objectifs à atteindre exonèrent les plus convaincus d’entre eux du minimum de…sens commun.

Éric Woerth, une première fois, a été mêlé à l’affaire Bettencourt. Il a fallu le silence maîtrisé de certains témoins pour empêcher les juges d’instruction de le traduire devant le tribunal correctionnel faute de preuve, autrement dit faute d’aveu de ceux ou celles qui ont fait passer les enveloppes kraft remplies de billets ou qui ont vu les manigances. M. Woerth s’est vanté d’avoir été blanchi. Et donc d’être innocent. C’est plus compliqué que cela quand on lit les attendus de l’ordonnance dans laquelle les juges n’épargnent pas les copains de Sarkozy puisque finalement le bénéficiaire potentiel était bien le candidat Sarkozy.

Alors quand j’ai entendu, il y a 48 heures, M. Woerth, ancien trésorier de l’UMP, affirmer qu’en 2007, « si certains membres de l’équipe de campagne avaient été payés en liquide, c’est parce que des donateurs anonymes avaient adressé cet argent au parti par la poste ! » j’ai éclaté de rire. Car de quoi s’agit-il ? De l’affaire du financement libyen de la campagne, encore lui, de Sarkozy. Les juges chargés d’instruire cet éventuel délit remontent lentement mais sûrement jusqu’aux protagonistes de ce qui serait un véritable scandale d’Etat, d’autant plus que Sarkozy a été élu ! Qui croira, en effet, que des sommes importantes en espèces ont transité par notre réseau postal ? Qui va gober une affirmation pareille ? Éric Woerth, habitué à se sortir de situations scabreuses, n’a trouvé que cette solution pour expliquer l’inexplicable. Si ça marche, chapeau l’artiste ! Mais les juges ne sont pas tous dupes.

27 octobre 2017

Laurent Wauquiez : une mentalité de faussaire


photo Paris Match
Extraordinaire ! Voilà un important parti politique. Il réunit son bureau national pour en exclure certains membres. Mais ses responsables oublient de vérifier que leur décision sera valide juridiquement. Ce parti s’appelle les Républicains. Et toute la France politique seule — car c’est un point de détail de l’Histoire — de rire à gorge déployée au point que Rachida Dati a déclaré : « cette soirée me rappelle le dîner de cons. »
M. Accoyer a bien pris la peine de tenter de justifier cet accident de parcours, faute de présents en nombre suffisant, rien n’y fait. Les Républicains continuent de pédaler dans la choucroute. Ils vont avoir fort à faire avec leurs trois candidats à la présidence dont un seul paraît pourvoir gagner : Laurent Wauquiez.
Ce Wauquiez, il démarre très fort. Il parait que la droite est de retour. Si j’en juge par certaines décisions fiscales et financières de ce gouvernement, elle n’est jamais partie. Mais M. Wauquiez n’en a cure. Quand il parle d’une droite qui soit vraiment de droite, il pense sécurité, immigration, les deux mamelles de l’extrême droite où il espère pêcher les déçus de Marine Le Pen.

Le roi de « l’assistanat » qu’il dénonce avec tant de vigueur vient de se distinguer à nouveau en coulant Pôle emploi au pilori : " J'ai vu ces situations qui nous révoltent où un demandeur d'emploi pousse la porte de Pôle Emploi pour trouver un emploi et on lui répond: vous avez deux ans d'assistance chômage, ne vous pressez pas, profitez un peu de la vie ". Quel culot. La secrétaire du syndicat CFDT de pôle emploi s’est étranglée en entendant un homme qui aspire aux plus hautes fonctions traiter avec dérision le problème du chômage et de son traitement. Alors que les dernières statistiques indiquant que le nombre de demandeurs d’emplois de la catégorie A a baissé de 65 000 unités (un record) il existe sur le marché politique des bonimenteurs pour nier les évidences et sortir de belles âneries. Voilà pourquoi le débat au sein de l’UMP ne peut intéresser les Français. Ils en ont assez de ces pourfendeurs systématiques dont finalement, on n’attend rien.

24 octobre 2017

Quelques réflexions au débotté : une taxe de 10 milliards à rembourser, la retraite de Christine Boutin, interdisons le glyphosate, l'assassinat d'une journaliste maltaise


Il faut interdire définitivement le glyphosate
Il est bien évident que les 54 députés LRP qui demandent l’interdiction définitive du glyphosate ont raison. Même si Nicolas Hulot éprouve de nombreuses difficultés à faire admettre cette interdiction au niveau national d’abord et européen ensuite, les études scientifiques conduites par le laboratoire Monsanto ont prouvé que ce pesticide était cancérogène et donc nuisible à la santé humaine.
Je ne comprends même pas que le sujet fasse débat. Comment les agriculteurs hexagonaux,  soumis à l’influence de ces produits dangereux  peuvent-ils réclamer la poursuite de l’utilisation du Round-Up (nom commercial) pour les dix à venir ? Je ne comprends pas non plus que notre ministre de l’agriculture les soutienne dans ce combat où la raison et la prévention, commandent de changer de logiciel.
Il est vrai que des laboratoires sont très forts pour glisser subrepticement des molécules dangereuses pour l’homme ou la biodiversité. Il en va ainsi de la mise sur le marché de néonicotinoïdes de type nouveau si nuisibles aux colonies d’abeilles déjà affectées par le changement climatique, le varroa, le frelon asiatique, et autres destructeurs des mouches à miel.
J’ai pensé qu’Emmanuel Macron, notre nouveau président, saurait entendre les voix des unions de défense des abeilles et des groupements de défense sanitaires. Je n’ai pas le sentiment que M. Macron s’intéresse de près à la survie des abeilles françaises.

10 milliards à rembourser : merci M. Eckert !
Il paraît que Gilles Carrez, ancien président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale avait mis en garde le gouvernement Ayrault et M. Eckert son créateur contre une taxe de 3 % sur les dividendes des sociétés. En 2012 il fallait trouver de toute urgence une somme de 10 milliards pour boucher le trou laissé par Nicolas Sarkozy. La Cour de justice européenne, d’une part et le Conseil constitutionnel, d’autre part, viennent d’annuler cette taxe et obligent le gouvernement actuel à rembourser ces sommes dont les intérêts moratoires sont gigantesques. 10 milliards d’euros ne se trouvent pas sous le pied d’un cheval notamment quand le gouvernement veut diminuer le déficit du budget de l’Etat. Un ancien membre de la Cour des comptes suggère d’augmenter la taxe sur les bénéfices des sociétés. On donnera d’une main ce qu’on reprendra de l’autre.

Adieu Christine Boutin et bon débarras !
J’ai rencontré Christine Boutin dans le cadre de mes activités de journaliste. Invité, à l’époque, par Bernard Leroy, alors député, avant 1993 donc, elle avait disserté lors d’une soirée organisée à Louviers sur ses obsessions teintées de religiosité et d’aversion pour la contraception, l’avortement…ses positions sur le PACS et le mariage pour tous allaient se fondre quelques années plus tard dans la même veine de l’intolérance et de la soumission.
Elle a décidé de mettre fin à sa carrière politique, abandonnant le seul mandat qui lui restait, comme conseillère départementale des Yvelines. Franchement, elle ne nous manquera pas. D’autant qu’elle a tiré une ultime salve contre les femmes agressées sexuellement ou harcelées qui prennent la parole pour dénoncer les « porcs. » « Tout cela c’est du dégueulis,  » a-t-elle déclaré, vantant « a grivoiserie » à la Française. Le viol : une grivoiserie ! Adieu Christine Boutin et sans regrets.


Les journalistes dans le collimateur des corrompus

La mort violente d’une journaliste blogueuse sur l’île de Malte (après l’explosion programmée de sa voiture de location) nous rappelle que la démocratie et la liberté d’expression ont parfois un coût anormalement élevé. Daphne Caruana Galizia avait dans le collimateur nombre de politiciens véreux et corrompu. Elle avait même démissionné du journal dans lequel elle travaillait pour recouvrer sa totale indépendance. On ignore, à l’heure actuelle, qui est le commanditaire de cet assassinat mais si les policiers cherchent bien, ils finiront par trouver les auteurs. L’entourage du premier ministre de l’île peuplée de 400 000 habitants, devrait être concerné par les investigations policières et judiciaires.

Ne nous faisons pas trop d’illusions. Si le premier ministre actuel offre une récompense, c’est pour la forme. Il a versé des larmes de crocodile après la mort de Daphne Caruana Galizia et il faudrait faire appel à des enquêteurs neutres ce qui semble impossible. Je ne serais pas surpris que des lampistes paient à la place des vrais responsables de ce meurtre.

 



23 octobre 2017

A la société d'études diverses : « La Renaissance dans l'Eure » avec France Poulain


France Poulain. (DR)
La prochaine conférence de la Société d’Études Diverses aura lieu le samedi 18 novembre, à l’heure et au lieu habituels : à 16 heures, dans la salle Pierre Mendès France, à l’Hôtel de Ville de Louviers. Mme France Poulain, architecte des Bâtiments de France, chef de l’Unité départementale de l’Architecture et du Patrimoine de l’Eure, nous convie à une découverte des richesses artistiques de notre région : « La Renaissance dans le département de l’Eure ».
Souvent réduite à une affaire de style, la Renaissance ne doit pas être limitée à une collection d’objets architecturaux ou mobiliers. En effet, la période de la Renaissance voit se finir le Gothique vieillissant, éclater quelques architectures extraordinaires comme le château de Gaillon, de nombreuses églises se doter d’éléments mobiliers mais aussi émerger les prémices du Baroque et du Style classique. En parcourant de multiples lieux et édifices de l’Eure, nous pourrons redécouvrir plus largement ce que ce vocable de « Renaissance » contient.